Le grand Pierre Monastier, sévère sur le livre de Pascuito, trouve « Ambassador Hotel » indéniablement réussi.

LES 80 ANS DE ROMY SCHNEIDER ET LA MORT DU ROCK

Aurélia Gantier, écrivain mais aussi femme engagée et belle personne

Aurélia Gantier – Les Volponi, Genèse tunisienne

Aurélia Gantier, co-Fondatrice, Vice-Présidente & Trésorière Bénévole du Women’s WorldWide Web (www.W4.org) et co-Fondatrice & Directrice Adjointe Bénévole du Women’s Worldwide Web (WWW.W4.org), prend très tôt conscience par son histoire familiale personnelle de la difficulté d’être une femme.

Cette militante resplendissante et passionnée des droits de l’Homme en général et des droits de la femme en particulier voue une admiration sans borne aux femmes de sa lignée auxquelles elle rend hommage dans une saga en trois tomes : les Volponi.

Moteur de sa création littéraire comme de ses combats politiques humanistes, l’héritage familial de l’auteure trouve avec cette saga trouve une véritable sublimation dans ce récit qui rend ses aînées éternelles. Elles inspirent fortement des personnages de roman.

Servi par une écriture remarquable, le premier tome de cette saga centrée autour du personnage de Crocefissa (un vieux prénom sicilien, littéralement « Crucifiée », tout un programme !) recèle de toutes une mine d’informations considérables sur le statut des femmes siciliennes de Tunis, emblématique de celui de tant de femmes dans le monde victimes au mieux du machisme, au pire de violences de la part des hommes – parfois encore de nos jours.

La richesse des « Volponi » réside tant dans le plaisir de lecture du roman que dans le témoignage historique de ce que subissaient les femmes d’autrefois (et de toujours ?).

Certains passages délicieusement érotiques, comme scène de la perte de virginité de l’héroïne, décrits avec la précision d’un scalpel, sonnent authentiques et chauds.

Mais les Volponi, ce sont surtout une myriade de personnages tous plus attachants et denses les une que les autres, qui dévoilent au fil des pages autant de nouvelles facettes de leurs personnalités. Ils évoluent en prenant toujours davantage de densité au fil du roman jusqu’à incarner parfaitement tels les personnages de Molière des types humains.

Aurélia Gantier signe avec ce premier roman le début de sa « Comédie humaine », nous embarque avec grâce au pays de ses origines et nous accueille parmi les siens.

Profession spectacle rapproche Christian de Moliner de Claire Bauchart

AU RIVAGE DES MOTS : ÉLÉONORE DE MONCHY, CLAIRE BAUCHART ET CHRISTIAN DE MOLINER

(…) Dans La Guerre de France, Christian de Moliner se lance dans un roman d’anticipation : la guerre civile fait rage en France entre islamistes et nationalistes, au rythme d’attentats réguliers et sanglants. Un sommet est organisé en Moldavie pour faire taire les armes. En marge des négociations officielles, tout juste bonnes à donner le change aux journalistes, des échanges ont lieu entre les deux parties, menés (contre son gré) par une jeune femme, Djamila Loufi, musulmane par sa mère et – ce qu’elle apprend dans les premières pages – fille du leader nationaliste. (…)  Lire la totalité de l’article sur le site ici : https://profession-spectacle.net/au-rivage-des-mots-eleonore-de-monchy-claire-bauchart-et-christian-de-moliner/

Robert Redeker trouve que « La Guerre de France » est un très bon roman (sa chronique sur la radio juive)

De quoi la situation française est-elle grosse ? L’office du romancier ne tient pas seulement dans l’exploration du présent, comme fit Balzac, mais aussi de celle des possibilités les plus plausibles, sans devenir nécessaires pour autant. Michel Houellebecq s’y exerça en écrivant Soumission. Christian de Moliner, s’appuyant sur un constat sociologique, culturel et politique, analogue à celui qui inspira Houellebecq, le complétant, s’applique au même exercice avec son dernier roman La Guerre de France.[i]Ce titre est à la fois beau et terrible –  sans doute par sa facture classique. La réalité que son récit instaure s’avère atroce : notre pays, la « douce France », est déchiré jusqu’au feu et au sang par une guerre civile mettant aux prises les islamistes et les nationalistes.

Ainsi avons-nous affaire à un roman d’anticipation politique se déployant selon les codes et les arcanes d’un roman noir, qui surprend le lecteur par son rythme, celui de la série télévisée. La série est la grande invention esthétique de ce nouveau siècle ; La Guerre de Franceen adopte le rythme. Campons le décor – pas plus, pour ne dévoiler la narration. Une jeune femme (Djamila et Anne à la fois) est attirée dans un engrenage qui va la placer au cœur des négociations de paix appelées à déboucher sur le découpage de notre pays en offrant une région aux musulmans, qui serait régie par la seule charia, et une autre, autour de Boulogne-sur-Mer, aux nationalistes purs et durs, interdite, celle-là, aux musulmans. Le premier acte de cette guerre, inaperçu alors en sa vérité, fut l’attentat du Bataclan. Cette situation autorise l’auteur de dresser le portrait de ce qui peut nous arriver – c’est un futur qu’il donne à voir, mais, heureusement, un futur seulement contingent. Ce livre ressuscite en son lecteur les souvenirs de la récente guerre de décomposition de la Yougoslavie – en particulier sous deux aspects : d’un côté par l’affrontement entre les musulmans, caporalisés derrière le drapeau de l’islamisme, et les nationalistes intransigeants, et de l’autre côté par la partition et le dépeçage résultant de cette guerre. Car c’est bien sur l’éventuelle décomposition de la France que ce livre offre des aperçus.

Parlons philosophie. Tout le monde se souvient que Thomas Hobbes a trouvé les termes permettant de sortir de la guerre civile qui ravagea l’Europe durant le XVIème siècle, anarchie que le penseur anglais assimilait à l’état de nature, la guerre de tous contre tous. La guerre civile était alors le vrai nom de l’Europe, ou bien son synonyme. Le roman de Christian de Moliner dévoile cette situation, à laquelle Hobbes voulut mettre fin, comme devenant notre avenir imminent, comme revenant. Parlons politique. Ce fut Richelieu qui, en imposant l’Etat moderne, mit à mort ce désastreux et inhumain état de guerre civile. Avant son action, catholiques et protestants se partageaient le territoire national. Il existait en France des enclaves protestantes fort ressemblantes à l’enclave musulmane exigée par le chef des islamistes du roman, El Idrissi. Dans ce climat de partition du royaume la violence idéologique régnait : aux sanguinaires Michelinades de Nîmes répondirent à dix ans de distance les non moins sanguinaires massacres de la Saint Barthélémy. Richelieu fut à la politique ce que son aîné Hobbes fut à la philosophie : le point final de la guerre civile, l’entrée dans la modernité politique. Le livre de Christian de Moliner projette dans le futur, avec des acteurs inédits (islamistes et nationalistes remplaçant protestants et catholiques), une situation politique qui caractérisa la préhistoire de la modernité.

A la faveur d’un suspense haletant, le lecteur suit deux pistes : celle du drame familial de cette jeune femme, Djamila-Anne, bref la petite histoire, et celle de la grande histoire, cette  tragédie où règnent la mort et les passions ravageuses, le mal et la destruction comme le signale Hegel. La grande histoire où, toujours selon Hegel, les individus sont sacrifiés. Bref, la politique et la géopolitique.  Dans ce proche avenir, brossé par le romancier, nous reconnaissons sous des traits amplifiés une réalité que nos yeux ont vu naître du temps où l’on commençait à parler des territoires perdus de la République. De ces « territoires perdus… » au dépeçage national, passant par la guerre,  supposé par le romancier la conséquence va de soi.  La Guerre de Franceest son apocalypse. Même si aucun avenir n’est sûr dans l’histoire, ce roman, en développant une des possibilités en germe dans notre présent, sonne, à côté de ceux de Michel Houellebecq et de Boualem Sansal, comme un avertissement.

[i]Christian de Moliner, La Guerre de France, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 213 pages, 19,90€

Robert Redeker, professeur agrégé de philosophie, pose ici à l’occasion de la sortie de son livre « Le Soldat Impossible », aux Editions Pierre Guillaume de Roux.
C’est lors d’une visite chez son éditeur que ce boulimique des tribunes et des polémiques a accepté de prendre la pause quelques instants. Rappelons qu’en 2006, après avoir publié dans les colonnes du Figaro une tribune, il avait reçu des menaces de mort d’un djihadiste fou, décédé depuis dans une opération kamikaze contre la CIA en Afghanistan.

« Une histoire grotesque à la Münchausen, mais si bien trouvée » pour « Prince de Galles »

Raphaël Passerin, Prince de Galles

Premier roman d’un auteur de 40 ans épris de culture britannique et de protestantisme, fan des Beatles et d’études bibliques. Ce fut un jour à Lourdes, repaire de catholiques superstitieux, qu’il entreprit de prêter sa plume aux vagissements de son premier bébé littéraire.

L’histoire est burlesque et compliquée comme l’époque semble aimer ; l’auteur mêle à plaisir la faute et le désir, l’abandon et l’adoption, le sexe avec les filles et avec les garçons, le milieu littéraire et la communauté juive, le pasteur protestant et les Gallois ; il nous mène de Paris à Londres puis aux Malouines avant cette colonie kymrique improbable d’Argentine… Est-il humain, est-il machine ? Il ressent le besoin constant de rebooter son programme, changeant de nom, de langue, de préférences sexuelles ; traducteur orphelin, il oublie totalement l’anglais lorsqu’il tombe dans les escaliers, il oublie aussi qu’il est jusqu’ici hétéro mais – ce qui est le plus loufoque – retrouve ses paramètres d’usine lorsqu’un autre choc, émotionnel, le renvoie aux premières années de sa vie.

Est-ce une histoire de quête identitaire ? Une ode à la famille – qui manque cruellement lorsqu’elle fait défaut ? Une conception post-moderne de la « liberté » – qui fait changer de masque comme de sexe au gré du vent ? Traduire, c’est trahir, disent volontiers les Italiens ; pour l’auteur, il en va de même pour écrire. Il laisse dire qu’il a volontairement oublié la langue néerlandaise, pourtant longuement apprise, à la suite d’un violent dépit amoureux. Il transpose sa vie dans l’imaginaire, ce qui est toujours délicat car que sera le roman suivant sans imagination au-delà de soi-même ?

Au total, un premier roman est toujours sympathique et les chapitres sont enlevés, plutôt bien écrits même si l’argot de rigueur et un brin de jargon branché viennent parfois interférer. L’histoire est grotesque à la Münchausen et l’on n’y croit pas une seconde, mais le lecteur se laisse faire car, si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé.

Raphaël Passerin, Prince de Galles, 2018, éditions Valeurs d’avenir, 254 pages, €17

« L’AGONIE DE GUTENBERG » DE FRANÇOIS COUPRY : DES PENSÉES PAS SI VILAINES, pour Frédéric DIEU

« La démocratie, c’est l’opium du peuple » (elle est à vrai dire aussi l’opium de nombre d’intellectuels…). Ou encore : « Depuis des années nous n’avons que le mot “crise” à la bouche – qui remplace le cri : “cheese”, pour sourire sur les photos ». Voilà ce qui sort de la bouche de François Coupry, ou de celle de son double, M. Piano.

Ces deux citations liminaires pour dire d’emblée que les pensées de François Coupry, qu’elles se présentent comme les siennes ou qu’elles se drapent dans le vêtement de son double, ne sont pas seulement vilaines (le livre publié par les éditions Pierre-Guillaume de Roux, intitulé L’agonie de Gutenberg, porte en sous-titre : « vilaines pensées 2013/2017 »), elles sont aussi drôles. Il y a beaucoup de blagues dans son blogue, car il faut préciser ici que les pensées en question sont issues du blogue que tient l’auteur, le livre papier prenant ainsi sa revanche sur la désincarnation numérique. Cela invalide déjà en partie le titre choisi par l’auteur, ce dont ce dernier semble tout à fait conscient. (…)

(lire la suite de l’article ici : https://www.profession-spectacle.com/lagonie-de-gutenberg-de-francois-coupry-des-pensees-pas-si-vilaines/)

(…) Fin de l’article : Plus que de vécu, le lecteur a besoin de rêvé, d’imaginé, de projeté. D’où ce conseil à qui veut écrire : « Au lieu de raconter notre monde, ses soucis d’argent, ses drames conjugaux, la réussite d’un pharmacien de Caen, tu racontes un autre monde, extraordinaire, avec d’autres règles physiques et morales, où par exemple il n’y a pas de rues et où l’on doit circuler de maisons en maisons par les fenêtres ».

N’est-ce pas alors Plume que nous retrouvons ? « Étendant les mains hors du lit, Plume fut étonné de ne pas rencontrer le mur. “Tiens, pensa-t-il, les fourmis l’auront mangé…” et il se rendormit. Peu après, sa femme l’attrapa et le secoua : “Regarde, dit-elle, fainéant ! Pendant que tu étais occupé à dormir, on nous a volé notre maison”. En effet, un ciel intact s’étendait de tous côtés. “Bah, la chose est faite”, pensa-t-il ».

Frédéric DIEU

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François COUPRY, L’agonie de Gutenberg, Vilaines pensées 2013/2017, Pierre-Guillaume de Roux, 2018, 269 p., 23 €

Le roman exceptionnel de Marie Desjardins pour revivre les années rock

RENTREE LITTERAIRE 2018 : AMBASSADOR HOTEL

La mort d’un Kennedy, la naissance d’une rock star

Un roman de MARIE DESJARDINS*

Editions du CRAM (CANADA) ISBN: 978-2-89721-166-0 * 712 pages Format: 5,5 x 8 po.

Contact presse : Guilaine Depis 06 84 36 31 85 / guilaine_depis@yahoo.com

Les derniers articles de la presse française surAMBASSADOR HOTEL :

« Les sources d’inspiration artistique y sont parfaitement comprises et restituées par Desjardins. » Paul SUNDERLAND Magazine Mauvaise Nouvelle

« Dans cette autopsie du rock, Marie Desjardins réunit plusieurs dimensions déjà présentes dans ses œuvres précédentes : l’art de la biographie, un goût pour les musiciens (Vic Vogel) et l’attrait pour des existences presque sulfureuses (Irina Ionesco). Reconnaissons que ce roman faussement biographique a tout d’une passionnante chronique historique, tant l’auteure restitue fidèlement la lettre et l’esprit d’une époque. » Pierre MONASTIER – PROFESSION SPECTACLE

« La tournée la plus sexy à laquelle vous n’aurez jamais assisté. Le roman dont vous êtes le rockeur. » BENJAMIN BERTON – Sun burns out 

Résumé :

  • 4 juin 1968, Ambassador Hotel, Los Angeles. RIGHT, un nouveau band rock britannique, y débarque pour enregistrer un album. La nuit même, Bob Kennedy est assassiné dans les cuisines de l’hôtel.
  • Un meurtre inspirant : « Shooting at the Hotel » devient aussitôt un hit et propulse le leader du groupe, Roman Rowan, au rang de rock star.
  • Quelque cinquante ans plus tard, RIGHT fait sa dernière tournée mondiale. Occasion d’un bilan pour Roman Rowan, d’un immense retour sur le passé, d’une réflexion torturée sur les tristes circonstances d’un succès planétaire.
  • Dans ce roman, Marie Desjardins décrit brillamment l’archétype de la rock star britannique des années 1960continuant de performer sur les scènes mondiales.
  • Un texte très bien ficelé tenant du thriller psychologique et de la biographie foisonnante de détails, sur fond d’Histoire rigoureusement documentée. Les pistes y sont savamment brouillées – plus réelles que le réel. Un page turner littéraire, troublant et remarquablement écrit. Un éclairage profond et décapant sur le chanteur d’un band légendaire.
  • Au fil des pages, c’est toute la vie de Roman Rowan que le lecteur découvre – enfance, famille, ascension vers le succès, rivalités et querelles, femmes, luxure, tours du monde, et, surtout, une profonde introspection du personnage. Peu à peu, les vérités se révèlent, mais aussi cette femme, la déroute d’un amour avorté, le secret d’une vie.
  • Un éblouissant portrait du rock, d’une époque, d’un chanteur en fin de parcours.

 Premier article de Pop-rock Canada par Ricardo Langlois (pays où vit l’auteure)

Comment vit-on lorsqu’on est une rock star? Existe-t-il un mode d’emploi? L’auteure nous propose un voyage dans le temps. Le lecteur, pris à témoin, traverse une succession de paysages. Des espaces-temps bien définis. Le leader du groupe RIGHT, Roman Rowan se raconte. Les débuts (le chaos, la frénésie charnelle et existentielle) et la fondation d’un band. Le chanteur est messager, prophète, amant, martyr, confident ou simplement une âme qui cherche son ciel. Un événement bouleverse la destinée. En 1968, alors que le groupe se trouve à l’Ambassador Hotel, Bob Kennedy sera assassiné.

Cette tragédie deviendra une chanson Shooting at the Hotel. Dès le premier chapitre, le lecteur se trouve au beau milieu du Centre Bell à Montréal. RIGHT existait depuis 1967, nageait sur un seul tube depuis 1968, était mort deux fois pour ressusciter en 2000… (p. 19). Et puis soudainement il doit faire face à la réalité de la vie, sur une plage sublime. Le chanteur écoute les conversations de sa femme et de sa fille, penchées sur leur iPhone. Nous sommes en 2014. Presque à 70 ans? Et c’est alors que les souvenirs reviennent nous hanter. Le phénomène Beatles, le psychédélisme (p. 209). Ici et là, dans le roman, des portes s’ouvrent. Le guitariste se raconte en jouant la carte de l’humilité : Je n’ai jamais considéré que j’avais le calibre d’un Hendrix ou d’un Page mais j’étais comme l’œuf dans une mayonnaise (p. 248). Métaphore intéressante.

LE ROCK EST UN ART Le chanteur rock est une icône. L’aiguillon de la conquête. Réinventer le désir. L’Homme cherchant le premier regard inaltéré, reflet ardent de visions futures érodées par la répétition du plaisir. Être dans la NOSTALGIE, transformer sa conscience en mémoire. Il découvre son pouvoir de conteur, de troubadour, de poète. Un passé de rock’n’roll avec ses idoles comme symbole de réconciliation avec l’humilité du moment. La solitude du créateur est transgressée à plusieurs reprises.

L’historique ? Le lecteur a son propre rôle en tant qu’humain dans la société. Bob Dylan et Bruce Springsteen en ont parlé dans leurs œuvres respectives (Blonde on Blonde, Born to Run). Dans ce roman, un musicien confie : Que vous soyez une rock star, un mécanicien, un médecin de grande réputation,  quelle importance réelle cela est-il au regard de l’éternité? (p. 294) Bien sûr l’auteure explique la sagesse, le privilège de pouvoir créer, réfléchir, agir, évoluer. Le rock est un art. Elle visualise pour nous les années magiques. Tout ce qui s’est passé dès 1970 (la musique, la mode, la mort de Jimi Hendrix et de Janis Joplin, l’enregistrement d’Exile on Main Street dans un château (p. 306)…

LA BRÈCHE Cette brèche qui laisse échapper la lumière, disait Leonard Cohen… Elle traverse tout ce récit (cette immense brique). Comment ressouder le monde, ses lois, ses musiques, ses convictions, sa contre-culture, surtout sa Mémoire?

Marie Desjardins a fait un travail d’archéologie et de clairvoyance. Le temps est déréglé. Le chapitre 26, de la 3ème partie, est fabuleux : un fan devenu journaliste (et fan fini de RIGHT) a écrit et rencontré Mick Jagger, Joe Cocker, Stevie Nicks, Eric Clapton, Robert Plant, Elton John, Steve Tyler…entre deux lignes de coke, il écrit sur son ordinateur. Il a grandi et vénérant Jim Morrison, mais Rowan est un sujet de prédilection. Il va écrire une biographie non autorisée. Cette saga d’une rock star est un pari sur l’existence. La plénitude d’une conscience et surtout un chemin vers la reconnaissance. La musique rock permet de nous élever vers quelque chose de plus grand que nous. Il y a des moments où tout bascule. Je m’arrête sur la fameuse nuit d’août 1969, l’actrice Sharon Tate et des amis qui ont été poignardés à mort… Un sujet de chanson? Roman se sent insulté et se retrouve en prison (p. 521). Pourquoi l’auteure ne fait que survoler un moment aussi fort? (petit bémol ici)

INSPIRÉ PAR NIETZSCHE ? Nietzche a peut-être inspiré l’auteur, qui sait?  Jim Morrison est mort trop jeune et pourtant, il s’en inspirait. Pour le chanteur de RIGHT, le poète épique vit heureux parmi ces images, ne prend plaisir qu’à elles seules et ne se lasse pas de les contempler amoureusement  (p. 41. La naissance de la tragédie, Folio 1986).

Une autobiographie philosophique et intemporelle. Plus loin, un aveu sur Shooting at the Hotel : Chaque fois que je la chante, je demande pardon à mon père et à Bob Kennedy. Ce n’est pas si facile (p. 300).  Un mouvement de gratitude s’installe. J’ai pensé à un acte de contrition à la manière de Dante (Le Purgatoire).

La grande finale, il faut lire l’épilogue. Une femme qu’il a rencontrée lui fera connaître la face cachée de son destin.

Intense, rock’n’roll et recherche philosophique sur notre passage ici- bas. 

L’auteur : Marie DESJARDINS Écrivain nord-américain de langue française, a enseigné la littérature à l’Université McGill, fait paraître de nombreuses critiques littéraires et publié des essais, biographies et fictions.