La sculpteure Isabelle Béné invitée au 20ème Salon Culture et Jeux mathématiques

Découverte de la spirale dans la vie par Isabelle Béné

Rendez-vous Place Saint-Sulpice Dimanche 26 mai 2019 15h

 Inhérente à la structure de l’univers, la spirale est présente dans une multitude d’expressions de la vie, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Partie intégrante des mathématiques, non algébrique et unifiante, elle symbolise une forme reliante. Coquillages, cornes d’animaux, ADN, formes galactiques, mais aussi pratiques d’arts martiaux : toutes ces formes m’ont amenées à explorer la complexité et la splendeur de la spirale. 

Argoul voit « la shakti, l’énergie féminine de la déesse Parvati » dans la sculpture d’Isabelle Béné

Exposition Camille ailleurs d’Isabelle Béné

Camille Claudel a signalé avec force sa présence au monde contre son maître Rodin par une sculpture toute empreinte de sa démesure. Isabelle Béné aime à explorer les intérieurs comme le marin fouille la mer pour y trouver au hasard des perles ou du poisson. C’est la rencontre de ces deux femmes d’art, se colletant à la matière et éperdues de voyages intérieurs, qui donne lieu à cette exposition.

Architecte des Beaux-Arts de Paris, Isabelle Béné aime à toucher la substance de la terre et de la pierre « depuis l’âge de 4 ans », me dit-elle. Elle dessine pour le regard mais surtout elle sculpte pour ajouter aux sens le toucher et la couleur. Originaire de Paimpol, elle aime le bleu et l’or, ces nuances que le ciel et la mer ont avec le soleil. La Piste du goéland est une aile d’or attachée toute prête à l’envol vers l’astre solaire.

« Mais c’est la traversée du Sahara que j’ai faite seule avec mon mari pendant un mois et demi, qui a modifié le ressenti que j’avais du monde : dans l’espace sans fin des dunes de sable, des roches sombres et lunaires lorsque la Land Rover s’arrêtait en fin de journée, avant la venue de la nuit, notre immersion dans le silence du désert devenait initiatique », écrit-elle. De quoi s’interroger sur ses propres abimes – ce que le désert accomplit sur tout être intelligent, au risque de déstabiliser les âmes fragiles.

Le travail dans les pays d’Asie et l’approche de leurs cultures a permis au voyage intérieur d’Isabelle Béné de s’affiner. Elle a découvert « le féminin de l’être » qu’on appelle le Yin dans la coque historiquement plutôt masculine des œuvres humaines. Elle a voulu approfondir et Camille Claudel a surgi comme une évidence : sa relation fusionnelle avec son maître Rodin l’a forcée à introduire cette petite graine de Yin dans le grand œuvre trop mâlement sculpté. Par Isabelle, le visage de Camille apparaît voilé, comme peinant à respirer – à exister – sous la toile de son mentor ; elle crie et cet appel silencieux s’envole vers le futur, en interrogation.

Celte, Isabelle Béné baigne dans la dualité cosmogonique. La vie ne surgit du chaos qu’en tension et toute œuvre créatrice garde quelque chose en elle de la pression vivante. Les sculptures ne sont pas des objets mais des concentrés d’énergie qui font réagir le spectateur, à quelque sexe qu’il appartienne. La couleur provoque ou attire, le mouvement des formes entraîne et tourbillonne, l’esprit se meut avec le regard et se frotte à la matière.

La spirale est le grand thème du sculpteur car elle est le mouvement même de l’énergie, celle au cœur de l’univers comme celle qui fait germer et croître toute vie. Le coquillage est spirale, comme notre galaxie – peut-être comme notre esprit même, qui use de dialectique pour se frayer un chemin de raison parmi les contraires.

L’or est feu, fusion nucléaire et soleil qui fait germer. D’où peut-être cette Camille souriante, apaisée, qui apparaît sous les doigts d’Isabelle comme sortant de l’onde bleutée, les cheveux en spirale, le sourire énigmatique, le petit point du Yin comme le joyau de l’être au centre du front. C’est la shakti, l’énergie féminine de la déesse Parvati.

Rien n’est dû au hasard dans les œuvres d’Isabelle Béné. La pierre vibre, Camille Claudel renaît.

Un bel hommage.

L’exposition se tient du 12 mars au 13 avril 2019 de 13h à 19h à la Galerie Marie de Holmsky 80 rue Bonaparte à Paris 6ème du mardi au samedi.

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

Vernissage de l’exposition « Camille ailleurs » de la sculpture Isabelle Béné à la Galerie Marie de Holmsky

Exposition « Camille ailleurs » d’Isabelle Béné du 12 mars au 13 avril 2019 (des oeuvres INEDITES seront achevées et prêtes pour figurer, en plus de celles déjà connues, dans cette exposition à la Galerie Marie de Holmsky)
 
Invitation au Vernissage le 12 mars 2019 de 18h30 à 21h30 en présence de Reine Marie Paris 
 
Galerie Marie de Holmsky, 80 rue Bonaparte 75 006 PARIS – ouverture du mardi au samedi  de 13h à 19h 
RSVP inscriptions au vernissage  : attachée de presse guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85 
Site officiel ici : http://www.beneisabelle.com 

Articles sur Isabelle Béné ici : https://guilaine-depis.com/category/isabelle-bene/ 

 
Dans le prolongement du succès de l’exposition d’Isabelle Béné « Dans l’espace des bleus camaïeu, Camille Claudel et lui en duo »  à la mairie du 8ème arrondissement de Paris, la galerie Marie de Holmsky présente 80 rue Bonaparte les sculptures d’Isabelle Béné.
L’exposition « Camille ailleurs » évoque certains aspects des paysages intérieurs de Camille Claudel. Femme d’avant-garde, elle a osé signer sa présence au monde au travers de faits vécus ou sculptés empreints de sa démesure : depuis ses jeunes années, par ses œuvres et au travers de son histoire, Camille a induit en nous le ressenti de son profond rayonnement. Isabelle Béné
 
Sur mon site https://guilaine-depis.com/category/isabelle-bene/ : vous avez déjà beaucoup d’articles concernant cette artiste dont mon entreprise de relations presse Balustrade déjà l’année dernière. Et des photos de ses oeuvres. Son travail est centré sur la relation Camille Claudel et Rodin. 
 
Ici, le très beau portrait que la journaliste Claire Steinlen a fait d’Isabelle Béné pour le Télégramme de Brest l’été 2018 suite au grand succès de son exposition à la Mairie du 8ème arrondissement : https://guilaine-depis.com/le-tres-beau-portrait-disabelle-bene-par-claire-steinlen/
 
Là vous avez son CV impressionnant, Isabelle Béné a eu des tas de prix et elle a exposé dans le monde entier : https://guilaine-depis.com/biographie-de-la-sculpteure-isabelle-bene/
 
 
Je suis à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et pour vous mettre en relation avec l’artiste et organiser vos interviews.
 
Vous remerciant de votre attention, bien cordialement,
 
Guilaine Depis, attachée de presse 06 84 36 31 85

 

Exposition « Camille ailleurs » de la sculpteure Isabelle Béné à la Galerie Marie de Holmsky

Exposition « Camille ailleurs » d’Isabelle Béné du 12 mars au 13 avril 2019

Vernissage le 12 mars 2019 de 18h30 à 21h30 en présence de Reine Marie Paris

Galerie Marie de HOLMSKY, 80 rue Bonaparte 75 006 PARIS – ouverture du mardi au samedi de 13h à 19h 

attachée de presse guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Dans le prolongement du succès de l’exposition d’Isabelle Béné « Dans l’espace des bleus camaïeu, Camille Claudel et lui en duo »  à la mairie du 8èmearrondissement de Paris, la galerie Marie de Holmsky présente 80 rue Bonaparte les sculptures d’Isabelle Béné.

L’exposition « Camille ailleurs » évoque certains aspects des paysages intérieurs de Camille Claudel. Femme d’avant-garde, elle a osé signer sa présence au monde au travers de faits vécus ou sculptés empreints de sa démesure : depuis ses jeunes années, par ses œuvres et au travers de son histoire, Camille a induit en nous le ressenti de son profond rayonnement.

Isabelle Béné

 

Le très beau portrait d’Isabelle Béné par Claire Steinlen

Photo DR
Photo DR

Isabelle Béné, sculptrice aux origines paimpolaises, vient de terminer une exposition à Paris sur Camille Claudel et Rodin, avant de repartir exposer en Allemagne à la rentrée. Cette ancienne architecte a dû désapprendre son premier métier pour vivre sa passion.

 À 32 ans, j’étais sur une plage de Turquie avec deux amies d’enfance quand j’ai une révélation », explique Isabelle Béné. Cette sculptrice, carré blond et voix douce et posée, était architecte quand elle décide de tout plaquer pour se concentrer sur son art.

Diplômée des Beaux-Arts, elle venait de terminer une grande maison à Bangkok, en Thaïlande, que ses habitants appelaient pompeusement Le Château. « Je sculptais depuis que j’avais 4 ans, et, ce jour-là, je me suis dit que je ne terminerai pas ma vie sans assouvir cette passion. Que je n’étais pas sur les bons rails. Mais il a fallu désapprendre l’architecture pour dessiner et sculpter. Tout le monde m’a dit que c’était une folie, moi je sentais que j’avais enfin trouvé ma voie ».

« Tout le monde m’a dit que c’était une folie, moi je sentais que j’avais enfin trouvé ma voie »

L’Ankou et la poudre de marbre


Poussée par son mari, cette « Bretonne de Paris » comme elle se définit, s’inscrit à l’école communale pour croquer, tous les soirs, des modèles vivants. « Beaucoup de temps passé à dessiner fait du bien, ça détend le geste », explique la sculptrice qui n’a pas voulu prendre de cours. Elle le sait : « Le premier langage de l’homme passe par la main ».

Dans son atelier du quartier de Saint-Germain-des-Prés,de la rue d’Assas, à deux pas du jardin du Luxembourg, elle débute sa nouvelle vie sans moyens pour acheter de la matière mais ce dénuement l’inspire. Tout est bon pour créer. Sac de ciment, caisses de bois récupérées sur les marchés du quartier, morceaux de bois… Ses premières sources d’inspiration sont bretonnes. Et terrifiantes ! « J’ai beaucoup créé autour de l’Ankou, des légendes celtes et la mythologie bretonne : Chrétien de Troyes, le Roi Artur, Merlin l’enchanteur… La culture celte ne s’est jamais départie de cette croyance du Moyen Âge, de la sorcellerie, de cette proximité avec la nature ».

Elle se fait aussi livrer pour quelques francs de la poudre de marbre de Carrare, qu’elle malaxe avec de la résine. Les déesses mères l’inspirent, puis la féminité dans son ensemble.

Mais le dessin fait aussi partie de son travail. Elle s’essaie aussi à la sanguine (craie rouge naturelle) avec lesquelles elle croque des portraits de chefs d’État, comme l’Allemand Willy Brant dans les années 80. Rapporte des feuilles d’or de Thaïlande dont elle couvre ses sculptures, des poudres colorées de Shiraz et d’Ispahan, de la houille de Silésie, un charbon végétal doré… Le monde s’invite dans ses créations.

Mongolie, Sahara, Perros-Guirec


« Tous les artistes travaillent par période », relève l’artiste, qui créé aujourd’hui des formes de spirale blanches, représentant chaque être humain et leur spirale d’énergie, comme un ADN sans fin. Isabelle Béné voyage, en Asie, au Tibet, elle est exposée en Corée, en Mongolie, New York ou Amsterdam…

Isabelle Béné crééé aujourd’hui des formes de spirale blanches, représentant chaque être humain et leur spirale d’énergie, comme un ADN sans fin. (Photo DR)

Avec son mari – décédé il y a quatre ans -, elle entreprend un rêve : traverser le Sahara. Lui qui a fait la guerre d’Algérie rêve d’y retourner, elle le suit. Pendant un mois et demi, ils marchent, dans la chaleur du jour et le froid de la nuit. Une « expérience initiatique » qui la fascine et la terrorise, elle qui a peur des bêtes et dormait la nuit dans la voiture, mais qui l’inspire pour renouveler ses sculptures.

« La forme des dunes, com

Isabelle Béné crééé aujourd’hui des formes de spirale, représentant chaque être humain et leur spirale d’énergie, comme un ADN sans fin. (Photo DR)

me celle des vagues » parle à cette Bretonne fascinée par la mer et l’équilibre des éléments. Elle est fière de la licorne imaginée pour une maison privée à l’Ile d’Yeu. Et réalise une pierre tombale pour un chef breton, près de Perros-Guirec, alliant une pierre blanche d’Inde et un Triskell. Le mélange, toujours, des racines et de l’inspiration des voyages.

Biographie de la sculpteure Isabelle Béné

Architecte DPLG, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris et sculpteure, je dessine et façonne la matière depuis l’âge de 4 ans. Une première exposition de mes dessins se fera six ans plus tard dans une école aux Etats-Unis.

Avant comme après mon diplôme, j’ai travaillé dans des agences d’architecture. Plus tard, j’ai construit des habitations à Bangkok. Lors des congrès de l’Union Internationale des Femmes Architectes, mes sculptures ont été exposées en Corée du Sud, Japon et Mongolie. Mais c’est la traversée du Sahara, que j’ai faite seule avec mon mari pendant un mois et demi, qui a modifié le ressenti que j’avais du monde : dans l’espace sans fin des dunes de sable, des roches sombres et lunaires lorsque la Land Rover s’arrêtait en fin de journée, avant la venue de la nuit, notre immersion dans le silence du désert devenait initiatique.

Par mal suite, c’est un « voyage intérieur » qui m’a interpellée. J’ai exprimé en sculptures et en dessins le thème du « féminin de l’être » que l’on nomme YIN dans certains pays d’Asie.

Puis l’histoire de la sculpteure Camille Claudel que j’ai évoquée sous forme de modelages, m’amènera à m’exprimer plus récemment avec la même technique, la relation fusionnelle qu’elle a vécue avec le sculpteur Auguste Rodin, avec ce qu’ils se sont apportés l’un à l’autre dans le cadre de leurs oeuvres respectives.

Diplômes 

Architecte DPLG

Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts, Paris 

Salon d’Art et Expositions Collectives

Salon Dialogue, UNESCO, Paris

Salon Comparaison, GRAND PALAIS, Paris

Salons Ligne et Couleur, Paris-Edimbourg Varsovie, Venise, Vérone, Stuttgart

Salon des Artistes Français, GRAND PALAIS, Paris

Salon AAPP, MAIRIE DE PARIS

Salon d’Automne, CHAMPS ELYSEES, Paris

Exposition de sculptures, MUSEE D’AMIENS

Exposition à l’I.G.S., « Couleurs 92 », Commissaire d’exposition : Véronique Taupin

Exposition chez Christie’s, Glasgow, Ecosse

Expositions A.A.A., Botega du Tintoret, Venise ; Castelvecchio, Vérone, Italie

Expositions FICF : Mairie du IVème Paris ; Téhéran ; Istanbul ; Osnabruck ; Spire ; Parlement de Bucharest, Roumanie

Expositions personnelles : 

Exposition Galerie Bouma, Amsterdam, Editions Elzewier

Exposition avec ROLAND TOPOR, Galerie Daniel Hallet, Ivrey-la-Bataille

Exposition personnelle, Galerie Monte Carlo Soft Art, Paris-Beaubourg

Exposition au Commissariat à l’Energie Atomique, Sarclay

Exposition de la sculpture monumentale « L’OISEAU SOLAIRE », Hôtel Méridien, Paris

Exposition UIFA, Musée National de Corée, Séoul ; Tokyo, Japon ; Oulan Bator, Mongolie

Exposition-rétrospective à la Maison de la Culture Gérard Philippe, Fontenay sous Bois

Concours 

Concours International, Musée Georges Pompidou : projet retenu pour l’exposition « Le geste architectural », GRAND PALAIS, Paris

Premier Prix décerné par le Public du 4ème Salon, Salon de Sculptures contemporaines à Fontenay-sous-Bois

Lauréate du Concours AFFDU, Bourse Michelle Coguillat

le troisième oeil.jpg(sculpture d’illustration : « Le troisième oeil »)

Evénements Particuliers :

Projet d’Architecture : Conception et réalisation suivant commande d’une demeure « à la française », Bangkok

Portrait sur le vif du Président allemand Willy BRANDT, Bundestag, Bonn, Allemagne

Conception et réalisation du Trophée pour le Prix Turgot, Ministère de l’Economie et des Finances et du Numérique, au lauréat du meilleur livre d’Economie Financière de l’année. Président : Jean-Louis Chambon

Conception et réalisation du Trophée pour le Prix Turgot : Prix d’Honneur, remis à Jean TIROLE, économiste, Prix Nobel d’Economie en 2014, pour l’ensemble de son oeuvre.

Médailles :

Médailles d’Argent et d’Or du « Mérite et Dévouement Français », Président Jean-Paul de Bernis

Médaille de Bronze, Salon des Artistes français, Paris

Médaille de Vermeil à la Société d’Encouragement au Progrès, Ecole Militaire, Pris

Médaille de Bronze la Renaissance française, Paris

Chevalier dans l’Ordre National du Mérite, Paris

Expositions et dons pour des oeuvres caritatives :

Réalisation d’un dessin sur vêtement pour la cause du Tibet

Exposition de dessins avec la collection « Van Cleef & Arpels », « SOS drogue International », Paris. Présidente : Régine

Texte d’Hélène Bouvard sur Isabelle Béné

Un sculpteur, tel un alchimiste qui travaille au grand’oeuvre, opère des transformations sur lui-même et se découvre au fur et à mesure qu’il dépouille et parfait son art. Il transmet sa découverte à son matériau dont les formes s’épurent et racontent son histoire. A ce prix, et à ce prix seulement il est un véritable artiste.

Depuis ses premières expositions, Isabelle Béné, tantôt consciemment, tantôt souverainement, tantôt par explosions, a réalisé cette transformation et nous l’espérons inachevée car elle a encore beaucoup à dire et à exprimer.

Aussi nous passons de l’étrange et de l’angoissé des premières sculptures en plâtre et matières nouvelles peintes, aux têtes épurées de divinités actuelles qui crient la féminité et son instant tragique, mais aussi la féminité dans sa puissance tellurique. Nous passons du surréalisme à une révélation profonde avec les visages qui crient leur mystère et dont les yeux de pierre dure et précieuse ne raconteront l’essentiel qu’à ceux qui les regarderont assez longtemps et sans précipitation.

Au départ, Isabelle Béné était architecte, aussi tout est non seulement modelé mais construit et cette construction vise l’harmonie même si cette harmonie ne néglige pas la terreur du chaos ; mais tout cela aboutit à des coquilles parfaites dont la spirale dégage, telle une mer ou une matrice surhumaine, un corps de déesse naissante.

Isabelle Béné, sur le chemin de sa propre découverte, de son arrachement à l’angoisse, de sa libération des ombres, atteint dans sa sculpture une dimension hiératique, une histoire digne des thèmes antiques où la tragédie de la démesure, rejoint l’harmonie, la beauté dans la forme pure de l’extase sereine.

Hélène Bouvard

#CAMILLE CLAUDEL : Carton d’invitation au vernissage de l’exposition d’Isabelle Béné à la mairie du 8ème

CARTON D’INVITATION OFFICIEL

Isabelle BÉNÉ

sculpteure

Au coeur des bleus camaïeu, Camille CLAUDEL et lui en duo

Le jeudi 31 mai 2018 à 18h30 à la Mairie du 8ème arrondissement 3 rue de Lisbonne 75008 Paris

inscription rsvp et contact presse : guilaine_depis@yahoo.com / sms 06 84 36 31 85

site web d’Isabelle Béné http://beneisabelle.com

Camille Claudel et Auguste Rodin : leur liaison fusionnelle par Isabelle Béné

Texte d’Isabelle Béné paru dans la revue Diplômées n°264-265 (La Route de la Soie Editions) de l’AFFDU (Association Française des Femmes Diplômées d’Université)

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

Camille Claudel : femme enfermée

Par Isabelle Béné

Ce texte concerne la liaison fusionnelle qui a uni les deux sculpteurs : Camille Claudel et Auguste Rodin, et, la relation de Madame Louis-Prosper Claudel avec sa fille Camille.

Camille Claudel (1864-1943) et Auguste Rodin (1840-1917) se rencontrent en 1883.

Pourtant, avant cette date, leurs travaux respectifs sont déjà imprégnés d’une forme d’expression commune à tous deux : sensibilité, style, forces semblent issus d’une même veine. Ce qui amènera Paul Dubois, alors Directeur de l’École Nationale des Beaux-arts, devant les sculptures de Camille, à lui demander : « Vous avez pris des leçons avec Monsieur Rodin ? »

Question essentielle. Arrivée fraichement à Paris avec sa famille, Camille n’avait jamais entendu parler du sculpteur. Cette remarque de Paul Dubois contenait beaucoup de l’histoire à venir entre Camille Claudel et Auguste Rodin : comme si un même génie bienfaisant-malfaisant les avaient déjà liés l’un à l’autre dans un ressenti commun où ils allaient mêler plus tard et pendant les longues années qui suivirent leur rencontre, les composantes de leurs créativités respectives. Elle, féminine, puissante, fougueuse, un rien « garçon manqué », lui, force mâle, virile, tellurique, avec sa quête du « Féminin » qu’il cherchait avant tout dans l’accomplissement de son être propre.

Rodin, alors professeur remplaçant, la vit pour la première fois dans l’atelier de sculpture d’Alfred Boucher où elle était élève. Elle était douée. Il vit ses dons immédiatement. Peu de temps après, elle devient son élève. L’art va les lier.

Par la suite, ils vont s’aimer. Avec passion.

Emportés comme en une tornade alchimique, androgyne et fructueuse, ils vont créer l’un près de l’autre des œuvres qui racontent l’histoire de ces deux inspirations plongeant leurs

1 Architecte – sculpteure (membre de l’AFFDU) – beneisabelle@yahoo.fr173

page2image17848

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

racines dans une même conscience sensorielle, exaltées par des émotions puissantes et des volontés de conquêtes.

Mêlant leurs souffles créateurs, ils vont s’enrichir de leurs échanges et démultiplier leurs ouvrages. Chacun apprenant de l’autre, ils furent un temps hors de toutes revendications d’appartenance, créateurs avant tout. Camille reçut beaucoup de ce professeur, et lui, la fit travailler sur ses œuvres tout en s’émerveillant de son talent grandissant.

Si lors de leur rencontre Rodin avait déjà créé bon nombre d’œuvres majeures, son union avec Camille Claudel décupla ses forces créatrices et l’aida à se distancier des formes académiques qui emprisonnaient sa création : Rodin était un homme indépendant.

Le « Féminin » fut une des grandes composantes de ce que Camille Claudel lui a transmis, et, c’est à cette passion partagée que correspondent les années les plus fécondes de son évolution.

Camille avait été comme préparée à une rencontre décisive : son amour inconditionnel pour la sculpture, l’attention de son père pour son don, sa relation fraternelle et complice avec Paul, son frère, pendant leur jeunesse, l’amenèrent à côtoyer avec naturel le personnage puissant qu’était Rodin.

Lui de son côté pressentit chez elle, belle, talentueuse, au travers de ses pulsions créatrices desquelles émanait un peu de sa texture à lui, celle qui allait l’amener à explorer l’union du féminin et du masculin sur un plan charnel, accompli donc spirituel. Si Rodin, jeune avait pensé entrer au séminaire, c’est par la sculpture et plus particulièrement le modelage qu’il exprima son désir d’absolu.

À la Ferté en Tardenois où enfant elle avait vécu, Camille commença très jeune à modeler la terre. Rodin de 24 ans son ainé avait déjà un long parcours de sculpteur derrière lui, au moment de leur rencontre : début d’une histoire, d’un échange artistique qui allait durer plus de dix ans.

Pendant le temps de cette embellie, emporté par Camille, ses ressentis, ses audaces, Rodin va s’affranchir de l’image manichéenne qu’il avait de la femme, et de laquelle il n’osait pas faire sortir sa nature profonde, sensible et érotique.

174

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

Sa rencontre avec Camille va le libérer de ses entraves, et le corps de la femme, qui dans ses créations, avant de la connaitre, n’avait aucune présence sensuelle, en se révélant à lui va l’amener à modeler des formes plus ressenties au Féminin. Le caractère viril, robuste de son œuvre laissera alors place un temps à des formes plus gracieuses, étonnantes venant de lui. Il exprima avec une grande plénitude artistique ce nouvel aspect de lui-même, dans une série de 9000 dessins aquarellés, érotiques pour la plupart. Traités avec liberté, ils font de lui un novateur à sa façon et à son époque. Il dira plus tard de cette œuvre en marge : « c’est la clé de mon œuvre ».

Camille, praticienne à l’atelier de Rodin travaillait aux côtés du maître. Il aimait ses conseils, ses réflexions spontanées, pertinentes. Parallèlement à ses propres créations, inspirées parfois par celles de ce professeur, elle intervenait de temps à autre à même les sculptures de Rodin, à la demande de celui-ci. Un peu comme cela se pratiquait à la Renaissance dans les ateliers d’artistes, souvent en Italie : les sculptures pouvant être accomplies par « plusieurs mains ». Et Rodin, dans la proximité de Camille qui rayonnait, fut inspiré de son côté par les créations de cette élève douée qui enrichissait sa propre vision de la sculpture.

Camille va évoluer un temps dans « La planète Rodin » comme en une « matrice ». Et lui, attentif à ses dons, la voit cheminer vers son propre génie de sculptrice. Pendant ces années, la qualité et l’abondance de leurs travaux seront imprégnées par la profondeur de leur échange artistique.

Camille vint au monde 16 mois après la mort d’Henri premier né, des enfants du couple Claudel, qui décèdera 15 jours après sa naissance.

Fille, Camille ne pourra pas être pour Mme Claudel cet enfant de substitution qu’un garçon aurait pu représenter à ses yeux. C’est Paul, son dernier né qui prit cet avantage : s’il en fut !

Camille est un prénom pour les filles comme pour les garçons : le rejet de Mme Claudel pour cette petite fille nommée Camille s’explique en partie par l’attente quelle avait quant au sexe de ce deuxième enfant, arrivé de plus trop vite après la mort d’Henri. Une histoire ratée entre mère et fille, avec l’impossibilité de

175

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

s’entendre. C’est Louise la deuxième fille des Claudel qui sera aimée de sa mère.

Camille aura la sculpture.

Femme de caractère, mais ayant été trop privée de la présence de son père qui, travaillant au loin, était souvent absent, Camille fut fragilisée par cette relation difficile avec sa mère. Depuis sa petite enfance, elle s’était construite dans ce manque d’amour maternel qu’elle dut souvent affronter seule. Pour pallier à ce rejet, très jeune elle modela la terre, développa son don pour la sculpture et prit à elle Paul, petit frère alors malléable, imprégné, lui, de l’amour maternel. Tous deux furent très proches dans leur enfance. Les jeux, les bavardages, les rires, les promenades dans la campagne, les rêves devant ces rochers aux formes fantasmagoriques abrités par les forêts avoisinantes, la créativité « émerveillante » de Camille. Ils partagèrent beaucoup. Paul dû souffrir de l’autorité parfois excessive que sa sœur exerçait sur lui. Comme ces enfants mal aimés qui cherchent à prendre avantage sur les plus jeunes ou les plus aimés et les tyrannisent.

Tout au long de sa jeunesse, puis jusqu’à son internement forcé, Camille modela. Inspirée autant que blessée, elle trouva son assise dans la sculpture. Terre et modelage la lièrent à Rodin qui l’aima sans la vouloir à lui. Mais Camille aspirait à une vie de couple avec Rodin. Elle souffrait de sa position marginale, mal perçue à son époque. Elle voulait une preuve d’amour, un engagement. Elle voulait que Rodin quitte sa compagne.

Depuis longtemps, bien avant de la rencontrer, il vivait avec Rose Beuret dont il ne voulait pas se séparer. S’il n’avait pas reconnu le fils qu’il avait eu avec elle, elle avait pour vertu de s’occuper de ses « terres » fraichement modelées, et de la vie du maître au quotidien. Tolérante, effacée, elle fut un lien de base pour Rodin qui par ailleurs menait son existence d’artiste dans son atelier, au milieu de ses modèles, de ses élèves, ses stagiaires, et, n’avait nulle envie d’abandonner cette double vie au cœur de laquelle il bâtissait son œuvre.

Pour lui, Camille représentait l’amante, la muse, et la créatrice. Sut-il à quel point elle l’inspira ? Peut-être. Il l’a aimée. Octave Mirbeau a dit d’elle : Camille Claudel était « quelqu’un d’unique, une révolte de la nature, une femme de génie ». Femme d’avant-

176

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

garde en son temps, dans tous les cas. Devant les refus de Rodin de quitter Rose, elle va cesser de le voir. Ils vont se séparer dans la douleur. De cet amour dans lequel elle s’était toute projetée, elle ne sortira pas indemne. Rodin, était un homme absolu et engagé avec la sculpture. Il avait décelé la fragilité de Camille. De plus, il avait d’autres liaisons. Elle s’éloigne de lui, le revoit, puis finalement sort de sa vie. Tous deux vont souffrir.

Grace à la création, elle va se projeter loin de lui et de ses inspirations, telles « les ombres », « la porte de l’enfer », « les bourgeois de Calais ». Se donnant toute à la sculpture, elle va traiter des thèmes nouveaux qui l’inspireront vers des horizons plus lumineux.

Seule, elle va contacter la part d’elle-même que sa mère lui avait refusé : le Féminin. Au travers de ses créations, elle va faire surgir une sensibilité différente, douce et puissante à la fois, qu’elle exprimera au travers de formes fluides, dansantes, gracieuses, dans des personnages qu’elle mettra en situation. Telle « la joueuse de flute » ou la « Fortune » qui expriment la symbolique d’une activité : des chefs-d’œuvre par la vibration qu’ils induisent en nous, spectateurs. Comme en réponse à ces formes qui nous interpellent en nous élevant l’esprit.

Auguste Rodin a été inspiré par Camille Claudel. Il a retenu de ses créations ce qui touchait sa sensibilité, tout comme il s’est inspiré d’œuvres de Michel-Ange, qu’il vénérait comme un maître.

Retirée dans une tragique solitude, loin du monde, plongée dans ses souffrances, obsédée par l’idée que Rodin l’avait pillée sur un plan artistique, Camille se marginalise, perd ses repères, et se dessaisit du réel : elle brisera certaines de ses sculptures, fuguera et se perdra.

Pour quelques années.

Le père de Camille, Louis-Prosper Claudel, avait pris la décision de venir s’installer à Paris avec sa famille, pour les études de Paul, mais aussi, et peut-être avant tout pour que Camille puisse améliorer ses connaissances en matière de sculptures. Information qui a été transmise par Victorine Brunet, servante attachée à la famille Claudel.

177

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

Le 3 mars 1913, il meurt. Une semaine après son décès, le 10 mars 1913, Camille est arrêtée dans son atelier, puis emmenée de force à l’asile, suite à un conseil de famille où sa mère et son frère Paul vont, seuls tous les deux, décider de la faire interner. Louise, sœur de Camille n’est pas présente.

Camille restera enfermée pendant trente années. Et bien que quelques années après son entrée à l’asile elle ait été déclarée par les médecins apte à sortir, sa mère qui n’est jamais venue la voir, a refusé sa libération. Elle a interdit formellement toutes visites, lettres et prises de contact de sa fille avec l’extérieur.

Soutenue au début de son internement par des amis, des admirateurs et bon nombre de professionnels dans le domaine du sculpté, qui tentaient en vain de mobiliser la presse face à ce scandale, Camille est tombée dans l’oubli. Séquestrée de force, emmurée dans le silence, on l’a crue morte.

La première vertu de l’art est thérapeutique.

Mais Camille brisée, privée de tout pouvoir de rébellion, se retrouvant face à un désamour maternel, qui resurgissant avec violence avec la dénature qu’il implique, n’a plus voulu créer. Si en 30 ans d’enfermement elle n’a jamais vu sa mère, Paul n’est venu la voir qu’à peine plus de 10 fois.

À une époque difficile pour les femmes créatrices à l’esprit libre, Camille Claudel n’a pas trouvé de son vivant la place qu’elle méritait. Et quand bien même : la pleine reconnaissance à laquelle elle aspirait légitimement aurait-elle pu réparer ce refus de naître à elle-même qui lui fut imposé dès sa naissance.

Elle s’est heurtée à la pensée académique et conventionnelle que son époque opposait aux artistes novateurs et aux femmes qui osaient. À coup de déchirement elle a ouvert une voie royale à l’expression sculptée au Féminin. De l’union de ces deux artistes, naitront comme en échos des œuvres aux caractères féminins comme masculins, qui s’enrichiront les unes des autres. Ce fut la grande originalité de leur relation fusionnelle.

Camille Claudel et Auguste Rodin resteront à jamais ancrés en nous. Ils ont fait exploser des murailles : conventions, préjugés, routines, incompréhensions, interdits.

178

Diplômées N°264-265 — Les artistes empêchées

Nos mémoires, notre ressenti charnel même, demeurent imprégnés par la force de leur quête évolutive et par l’image qu’ils en ont donnée.

Lectures complémentaires :

Gaudichon B., Rivière A., (2005) Camille Claudel, Catalogue raisonné, Ed. Adam Biro.

Cassar J., Fayard J., (2008) Le dossier Camille Claudel, Maisonneuve Larose.

Bona D., (2008) La passion Claudel, Grasset.

Morel J.-P., (2009) Camille Claudel, une mise au tombeau, Impressions nouvelles.

Deveaux M., (2012) Camille Claudel à Montdevergues, Histoire d’un internement, L’Harmattan.

Paris R-M., (2012) Camille Claudel, 1864-1943, Économica.

Tissier M., (2013) De la grâce à l’exil, La femme, la folie, la création, Auto édition

Lamandé J., (2013) De la création à la folie, thèse soutenue à Rennes 2.

179

Capture d’écran 2018-05-14 à 22.42.42.png

La Revue Diplômées est une revue de l’Association Française des Femmes diplômées de l’Université. Revue scienti que à comité de rédaction, elle a pourvocation de promouvoir la recherche et la visibilité des femmes chercheusesen Europe. D’inspiration généraliste et interdisciplinaire, libre à l’égard de toute école de pensée et des modes intellectuelles. Sa périodicité est de quatre numéros par an, elle accueille ainsi des textes théoriques et de recherches.

Dans ce numéro, nous avons souhaité interroger la thématique « de l’art et desfemmes ». Quels sont leurs liens ? Les femmes ont-elles toujours été considéréescomme des artistes ou bien simplement comme des « objets » à recréer ? De la préhistoire à l’Antiquité, les femmes sont représentées comme des déesses, des héroïnes. Elles ne sont cependant pas perçues comme des artistes.

Il faut attendre le XIXe siècle pour commencer à voir des femmess’imposer comme artistes. Et c’est en poursuivant leurs combatsque le XXe siècle leur ouvre les portes des rencontres avec le public.

Rappelons qu’en 1989, des a ches sont apparues dans les rues de NewYork. Elles ont été placardées par le groupe d’activistes féministes les Guerrilla Girls. Elles souhaitent ainsi interpeller les passants. Sur lesa ches nous pouvions lire : « Faut-il que les femmes soient nues pourentrer au Metropolitan Museum ? Moins de 5% des artistes de la sectiond’art moderne sont des femmes, mais 85% des nus sont féminins ». Dans ce numéro nous avons souhaité donner la parole autant à des chercheuses qu’à des femmes artistes. Toutes témoignent de la di culté à être (artiste). C’est cela l’empêchement. À la fois visible et invisible.

Ont participé à ce numéro : Marie-Elisabeth Bagi, Isabelle Bene, Anne- Claire Boshâ, Sonia Bressler, Michelle Brieuc, Hélène Bruller, Yvette Cagan, Anne Sophie Coppin, Anne Creissels, Catherine Lopez Curval, Pierrette Germain-David, Christine Jolly, Suzanne Larrieu, Fanny Levy, Claude Mesmin, Karin Müller, Anne Rougée, Erica Mancel Salino, Maria Giuseppina Scanziani,Valérie Simonnet, Catherine Stoessel