Résumé de « Pompéi, le sang et la cendre » de Michèle Makki

Michèle MAKKI, Pompéi, le sang et la cendre

 

Récit agréable à lire, on suit avec plaisir le chemin des personnages empruntés aux différentes castes de la société pompéienne et romaine, récit instructif et détaillé des normes sociétales, des coutumes latines (repas, hospitalité, hygiène, fête d’Apollon…), tableau vivant et réaliste de la société antique, récits de la vie de Néron, récit des combats de gladiateurs… et les tragédies de l’époque : éruption du Vésuve, incendie de Rome, peste.

 

Résumé :
C’est tout d’abord une rencontre entre une jeune femme pompéienne, Vera, et un gladiateur qui lui ôte sa virginité.

Pompéi, an 78 apr. J.-C. : Vera est promise par son père à un riche Pompéien, Quintus Tullius; Vera attend beaucoup de ce mariage qui la libérera de sa vie à la campagne, dans la villa de son père, mais ses espoirs d’amour et de bonheur sont vite déçus : Quintus préfère les hommes. Le père de Vera meurt, suivi bientôt de Quintus, laissant Vera seule avec pour unique parente la veuve Sexta.

Vera rencontre grâce à Livia, son amie éhontée et libertaire, qui l’emmène à un banquet, le gladiateur Albanus dont elle tombe amoureuse malgré son statut social qui le lui interdit. Elle lui rend visite, mais refuse à plusieurs reprises de lui donner son corps avant de lui céder.

Mercilius, riche marchand, souhaite se marier avec la jeune veuve, mais on lui révèle, sous le sceau du secret, les amours de Vera avec un gladiateur. Mercilius ne se décourage pas et entreprend alors de faire la cour à Vera au moyen de différents cadeaux que Vera refuse : il lui offre, entre autres, un paon qui finira dans l’assiette de ses esclaves.

 

Vera, pour soutenir Albanus, envoie un de ses esclaves, Metellus, demander les services de Burrus, gladiateur affranchi. Metellus s’arrête dans une auberge et se laisse charmer par Melina, prostituée dont il s’éprend et qui lui vole l’argent que Vera lui a confié. Cet épisode permet à Burrus de rencontrer la patronne de l’auberge, Sabina. Finalement, l’ancien gladiateur Burrus accepte de rencontrer Albanus et de l’entraîner au combat. Albanus, ainsi privilégié, provoque alors sans le savoir la haine de l’entraîneur officiel, Merranus, jaloux de Burrus, ainsi que la jalousie des autres gladiateurs, prêts à se venger.

Tandis que Vera continue de fréquenter Albanus, Mercillius, toujours intéressé par le projet d’un mariage, projette de l’enlever pour arriver à ses fins.
Retour chez Sexta : Metellus fugue et retrouve Melina. Il devient un familier de l’auberge et contribuera à l’enlèvement de Vera à l’insu de Burrus.

 

Oleus, homme à tout faire de la caserne des gladiateurs, apprend à Vera qu’un riche vacancier romain, Rufus Fulvius, a payé pour que les gladiateurs Albanus et Dionysos s’affrontent chez lui. Vera, désespérée à l’idée que son amant puisse perdre la vie, trouve secours auprès de sa parente Sexta qui a de hautes relations dans la société pompéienne. Sexta, en effet, se sert de ses rapports avec Marcia, épouse d’un notable pompéien, pour obtenir que Vera et elle soient conviées au combat, permettant au moins à Vera de voir son amant une dernière fois s’il est vaincu. À cet événement sont conviés des Romains en villégiature, parmi eux, Ursus et le chevalier Marcus. Chez Rufus Fulvius, l’aristocrate romain qui a commandé le combat, Vera a la surprise d’apprendre que l’épouse de l’hôte n’est autre que son amie Livia, qui s’est remariée après son divorce. Heureuse de retrouver son amie, elle se heurte à sa froideur : Livia, en épousant le Romain, est devenue hautaine et refuse de s’abaisser au rang des provinciaux. Mais elle a conservé son caractère audacieux et profite de la nuit pour séduire Albanus qui cède à son charme. Albanus vainc Dionysos.

 

Après la soirée, Livia réalise qu’elle s’est fait voler un collier précieux ; elle accuse alors une de ses esclaves qui sera cruellement punie. Ursus, Pompéien de bonne famille qui était également invité par Rufus Fulvius, le rapporte quelques jours plus tard en avouant que sa femme est responsable du forfait. Rufus Fulvius ne lui en veut pas ; il espère, en se montrant conciliant, se faire un allié chez les Pompéiens.

Retour à Mercilius, qui fait suivre Vera par un de ses esclaves déguisé en mendiant, Niger. Mercilius se paie également les services du devin Xerxès, qui lui prédit confusément un mariage. Niger qui s’arrête quelquefois à l’auberge de Sabina, y rencontre l’esclave Metellus qui va pouvoir espionner pour le compte du marchand Mercilius. Celui-ci fomente l’enlèvement à l’aide des deux videurs de l’auberge, Ajax et Crassus qu’il paie.

 

L’empereur Vespasien meurt, le règne de Titus commence.

Livia demande à son mari que le gladiateur Albanus devienne son garde du corps, ce que Rufus Fulvius finit par lui accorder. Il s’arrange avec le magistrat Caius pour truquer les combats lors des jeux donnés en l’honneur d’Apollon de sorte qu’Albanus soit vainqueur, mais au dernier moment, Caius ne tient pas parole. Les Pompéiens le tiennent à l’écart malgré sa bienveillance envers Ursus. Heureusement, Albanus parvient à vaincre son adversaire, Minos de Tarente, par ses propres forces et gagne alors sa liberté. Il pense à réaliser son rêve : retrouver ses enfants et leur mère, réduits en esclavage, qui ont été vendus à un nouveau maître. Mais il comprend que c’est une entreprise désespérée et y renonce.

 

Après le combat, Ajax et Crassus profitent de la foule pour enlever Vera, mais Crassus, pour se venger de Mercilius qui lui a promis deux fois moins d’argent qu’à Ajax, capture Sexta au lieu de Vera et la conduit chez Mercilius au grand désappointement du marchand. Peu après, Sexta et Mercilius annoncent leur mariage, ce qui étonne beaucoup, mais on apprend ensuite que Sexta a exigé de Mercilius qu’il l’épouse pour sauver son honneur. Après le mariage, Sexta doit se rendre à Misène pour affaires. Son tout nouveau mari l’accompagne ainsi que Marcus, chevalier romain, chrétien en secret, qui doit se rendre à Misène pour remettre des témoignages de chrétiens martyrisés. Marcus engage Albanus comme garde du corps. Vera participe à l’expédition, car Sexta ne veut pas la laisser à Pompéi. Comme tout le monde, elle ignore la liaison de Vera et d’Albanus, car ils se voient à l’insu de tous.

 

Octobre 79 : Vera, Sexta, Marcus et Albanus arrivent à Misène. À Pompéi, l’éruption du Vésuve met brutalement un terme aux conversations badines de Metellus, Ajax et Melina qui finissent par quitter l’auberge et cherchent leur salut dans la fuite.  Rufus et Livia s’enfuient eux aussi. Metellus périt. Livia cherche de l’aide auprès de l’entraîneur Merranus, mais finit par mourir dans la caserne des gladiateurs.

À Misène, on assiste aux débuts de l’éruption, la panique règne, les foules se dispersent, Vera se perd et finit par trouver de l’aide auprès de deux hommes qui lui offrent une croix qu’elle prend pour une amulette. Vera retrouve Albanus qui achète de force un char à son propriétaire pour y installer Marcus blessé. On assiste au désespoir des notables de Pompéi angoissés par la perte de leurs biens ; cependant, Sexta a sauvé tout son or en le cachant dans un sac. Marcus a perdu femme et enfants. Vera se sépare d’Albanus, car Sexta lui a dressé un tableau funeste de son avenir si elle restait auprès de lui.

 

À Rome, Mercilius est devenu un banal citoyen parmi d’autres alors qu’à Pompéi il était un personnage important. Il visite la Capitale et s’éprend de la ville aux sept collines. En se retrouvant dans le quartier mal famé de Rome, Subure, il y croise Albanus. Vera, apprenant cela, s’échappe de la demeure de Marcus, qui les héberge, et rejoint Albanus à Subure. Elle voudrait l’épouser, mais Albanus la confronte à la réalité : c’est impossible dans leur société telle qu’elle est.  Quant à Sexta , elle veut marier Vera, qui a perdu toute sa fortune,  à un artisan pour la détourner du gladiateur et lui donner un avenir.

Mercilius se découvre une passion pour la gladiature et rêve de donner des combats ; il rencontre Albanus qui continue à se battre comme gladiateur libre. Albanus confie à Vera qu’il n’a pas oublié ses enfants et veut se mettre à leur recherche ce que Vera ne peut accepter. 

Nouvel incident à Rome cette fois : un incendie ravage la ville pendant trois jours et trois nuits. Marcus accueille chez lui quelques rescapés de ce désastre.

Tandis que Sexta recommande à Albanus de partir retrouver sa famille, car elle y voit une échappatoire à la déchéance de Vera, Mercilius luiconseille de rester pour profiter de sa renommée de gladiateur. Albanus finira par suivre les conseils de Sexta et par partir, laissant Vera dans un immense chagrin ; néanmoins, il lui fera ses adieux.

 

Vera apprend qu’elle est enceinte et se met à haïr secrètement Sexta qui a fait partir son amant. Sexta  projette d’abandonner le nouveau-né. Une épidémie de peste frappe la ville. Mercilius succombe laissant Sexta veuve pour la seconde fois. Marcus désire se marier avec Vera pour la secourir, et accueillir son enfant ; Vera accepte et donne naissance à une fille à qui Marcus donne le prénom d’Aléthéia.

 

Thèmes traités :

Destins croisés de l’Histoire, celle de Pompéi, de Rome, de l’empereur Néron, et des histoires particulières des citoyens confrontés à cette Histoire.

Pérégrinations d’une jeune femme qui, après avoir vécu à la campagne, s’éveille à vie citadine à Pompéi d’abord à Rome ensuite.

Condition de la femme dans la société romaine.

Doutes et désillusions amoureuses, éducation sentimentale, itinéraire amoureux d’une Pompéienne du 1er siècle.

Homosexualité.

Amours impossibles d’une dame de la haute société et d’un gladiateur.

Les débuts cachés d’une nouvelle religion : le christianisme.

La fracture sociale entre les différents milieux sociaux : gladiateurs, esclaves, affranchis, commerçants, aristocrates, notables.

Ambition politique et aspiration aux hautes sphères de l’État, jalousie des hommes, valeurs romaines : honneur, hospitalité…

Inversion des valeurs opérées par les chrétiens : primauté de la charité sur l’honneur ou la sauvegarde des apparences.

Vanité des relations mondaines, superficialité des rapports fondés sur l’argent ou le pouvoir Art de la conversation.
Jeux du cirque.
Fragilité de l’homme confronté à la mort

Condition des esclaves.
Amitié déçue (celle de Vera et de Livia est rompue par la fracture sociale et la mondanité de Livia).

 

« Pompéi, le sang et la cendre » un roman historique monumental et exceptionnel de Michèle Makki

Parution le 14 novembre 2019 de « Pompéi, le sang et la cendre »

un roman historique de Michèle Makki aux éditions Baudelaire

Pour le recevoir en service de presse / interviewer l’auteure, merci de contacter guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Vera s’était échappée pour le rejoindre. Il lui ouvrit les bras dans une chambre d’où était absent le dieu du foyer, où manquaient le feu du mariage et le rire des amis ; ils n’étaient que deux amants réunis pour seulement quelques heures.

L’Antiquité divise les êtres humains en deux parties : les citoyens libres, qui ont le droit de se marier, et les esclaves, considérés comme du bétail. On leur concède l’accouplement, pas le mariage.

Dans cet entrelacs social et juridique se débat une jeune veuve. Sa naïveté et la découverte de la sexualité la poussent dans les bras de l’anti-modèle conjugal : un gladiateur, que son métier rend socialement infréquentable, même s’il est affranchi. Vera reniera t-elle son milieu et deviendra t-elle la concubine d’Albanus ? Son bien-aimé aura t-il la patience de l’attendre ou préfèrera t-il continuer sans elle ?

Réponses dans ce roman où liberté, esclavage et amour se confrontent tout en s’enracinant sous les cendres et le feu du Vésuve dans un cadre historique précis.

Quatrième de couverture :

  • Toi et moi ? Quelle chimère ! Il fut content de la voir pâlir.
  •  Il n’y a pas d’avenir pour nous. Il insistait, volontairement cruel.
  • Tu es une dame et moi un affranchi… Nous ne pouvons pas nous marier.

Que valent les sentiments d’une jeune femme et d’un gladiateur entre Pompéi et Rome au premier siècle après Jésus Christ ? Peut-on les vivre au grand jour ou faut-il les cacher nuit après nuit ? Vera découvre l’amour et la sensualité avec un homme que la société lui défend d’aimer. Quel sera son destin ?

A travers les grandes vagues de l’histoire surgissent, dans la mosaïque de la vie quotidienne, les passions et les espoirs de ceux qui habitaient Pompéi aujourd’hui disparue. Du sang, des larmes et des rires accompagnent cette traversée des règnes de Vespasien et de Titus, gravés dans les mémoires par l’éruption du Vésuve, l’incendie de Rome et une épidémie de peste.

L’auteure : Suisse, Michèle Makki est férue d’histoire. Titulaire d’un Master en philosophie et d’un Master en littérature française, ainsi que d’un Bachelor en italien, elle a enseigné le latin et le français durant sa carrière professionnelle. Journaliste quelque temps au quotidien suisse L’Impartial, elle a dispensé des conférences sur des personnages historiques, publié des poèmes, des articles critiques dans Ecriture, Nova et Vetera (revues publiées en Suisse romande), et coécrit un livre avec Oleg Stépanovitch Kochtchouk (Michel Barde. Un homme, une cité, Editions Slatkine, Genève, 2008)

Mai 79

Où est-elle ?

La servante se leva péniblement. La jeune femme qu’elle devait garder s’était échappée de la maison. C’était de sa faute. Elle ne se réveillait jamais à temps pour lui barrer le passage.

L’aube allait se lever sur Pompéi ; il était un peu plus de trois heures du matin et on la percevait dans la nuit étoilée qui palpitait au-dessus de la ville endormie. Les rues étaient désertes, les portes et les fenêtres fermées. Les fêtards avinés ronflaient dans les auberges après une dernière partie de dés. Une chaise à porteurs descendait la Grand-Rue. Les esclaves qui la soulevaient à bout de bras avançaient à pas vifs, se repérant à la clarté des étoiles et de la lune qui se réfléchissait sur le dallage des rues. Ils se hâtaient grâce à cette luminescence qui facilitait leur orientation. Ils se dirigeaient vers la caserne des gladiateurs. A la hauteur des thermes de Stabies, ils obliquèrent à gauche, repérèrent le temple d’Isis, longèrent la masse trapue du Grand Théâtre. Là, ils ralentirent. Parvenus au coin du Petit Théâtre, ils longèrent lentement une allée de colonnes et s’arrêtèrent devant une volée d’escaliers. Ils posèrent la chaise par terre. Une femme en descendit, drapée dans son manteau de manière à ce qu’on ne puisse apercevoir son visage.

Les porteurs se doutaient de ce que leur maîtresse allait faire dans un quartier qui, de jour, était fréquenté par les acteurs, les oisifs et les femmes en quête d’aventures et, de nuit, s’enfermait derrière des murs et des portes barrées de fer. Elle souleva son manteau d’une main et descendit rapidement les marches. Ils lui emboîtèrent le pas, balançant la chaise sans plus de précautions et soupirèrent d’aise lorsqu’ils furent de nouveau à plat. Ils se taisaient, seuls leurs yeux parlaient pour eux.