Un extrait de « Applaudissez-moi ! » dans Economie Matin

APPLAUDISSEZ-MOI ! (EXTRAIT)

Rencontre Zoom de Philippe Zaouati et ses lecteurs le samedi 14 novembre à 17h

Dans le cadre de l’exposition DYSTOPIA qui dénonce le profit immédiat et ses dérives écologiques et humaines, la galerie TAGLIALATELLA a le plaisir de vous convier à un visio-moment d’échange avec Philippe Zaouati
 
à l’occasion de la sortie de son nouveau roman
 
« Applaudissez-moi ! »
 
Editions Pippa
 
Le samedi 14 novembre à 17H
 
Lien Zoom : 

https://sciencespo.zoom.us/j/3235758347 

Philippe Zaouati, un écrivain qui observe la crise derrière les lunettes de son expertise en finance durable

SUPPLÉMENT FINANCE SOLIDAIRE

«On est loin d’être dans un moment de décroissance»

Par Didier Arnaud

Philippe Zaouati est directeur général de Mirova, filiale de Natixis, une société de gestion spécialisée dans l’environnement responsable.

Il a créé une société de gestion pour investir dans l’économie durable, les énergies renouvelables, le marché des obligations vertes… «Investir dans la nature, c’est rendre son exploitation plus soutenable, tenir compte de l’impact de l’environnement sur la biodiversité… S’occuper du capital naturel, de la culture durable, du recyclable», énumère Philippe Zaouati, 53 ans, directeur général de Mirova. «Au bout du bout, poursuit le financier, il y a ce besoin de s’orienter vers des solutions qui protègent la nature.» 

«Crise». On l’avait joint ce printemps au début du confinement. Depuis, son entreprise connaît «une croissance extrêmement forte. Les performances des fonds responsables sont au-dessus des autres, les plans de relance orientés vers le développement durable marchent. Je crois qu’on a eu cette année, une tendance sous-jacente depuis trois ans, un mouvement très fort de l’économie, et la finance a fini par s’en rendre compte.»

Philippe Zaouati a été précurseur dans le secteur, mais il poursuit ainsi : «La transition écologique et énergétique, la crise sanitaire ont montré que cette rotation se faisait de manière réelle et brutale. En parallèle de cela, se met en place toute la valorisation financière du développement durable. Beaucoup d’entreprises innovent, l’essentiel des plans de relance va s’orienter dans cette direction, le marché financier anticipe cette rotation de l’économie cela « parle » aux épargnants et aux investisseurs qui se disent : « Ça y est, on a de la création de valeur. » Il faut en inventer un écolo productivisme, réussir la transition écologique, il faut investir dans de nombreux domaines. On est loin d’être dans un moment de décroissance, il faut des investissements massifs pour changer de modèle.» 

«Sens». Philippe Zaouati s’inquiète un peu pour la suite. «Cette deuxième phase est plus douloureuse à vivre que la première d’un point de vue moral. Il y a de la lassitude et de la démoralisation qui arrivent, dues à l’absence de visibilité et de perspective. Le problème aujourd’hui, c’est la difficulté d’y voir clair, de se lancer dans de nouveaux projets, de trouver du « long terme ». Cela déprime. Malgré tout, en novembre, on lance une grosse levée de fonds pour investir dans la transition écologique, les énergies renouvelables… Les gens se disent : « Je mets mon argent dans des fonds qui créent de l’emploi, pour moi, cela a du sens. » L’épargne est aussi faite pour répondre à des problématiques sociales.» 

Finance et Crise sanitaire : « Applaudissez-moi ! » le roman de Philippe Zaouati

Télécharger le PDF de ce nouveau ROMAN avec les liens qui fonctionnent (CV de l’auteur très médiatisé pour son précédent livre sur la finance durable aux Editions de l’Observatoire, interviews etc) sur Finance et Covid ICI – visuel en corps de mail. 

Pour le recevoir ou interviewer l’auteur, merci d’envoyer un mail à guilaine_depis@yahoo.com ou un sms au 06 84 36 31 85

Philippe Zaouati, directeur général de Mirovaune société de gestion d’actifs spécialisée dans l’investissement durable, qu’il a créée au sein de Natixis en 2014, reconnue comme l’un des pionniers de la finance verte et durable a beaucoup écrit durant le premier confinement ; il est l’auteur de « Applaudissez-moi ! » (en référence aux soignants), roman imaginé à partir de la crise sanitaire…et de son vécu dans la finance

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« Applaudissez-moi ! » le troisième roman de Philippe Zaouati (thème : crise sanitaire & confinement & finance))

« Applaudissez-moi ! »

le troisième roman de Philippe Zaouati

Pour recevoir le livre / interviewer l’auteur, contact presse : guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Parution octobre 2020 aux éditions Pippa

Samuel K. est un financier de haut-vol. Depuis la crise financière de 2008, il s’est reconverti dans le financement du développement durable. Nous sommes en août 2020, en plein coeur de l’épidémie de Covid-19. Il est convoqué par la brigade financière de Paris pour y être interrogé à propos d’un soupçon de détournement de fonds. A-t-il quelque chose à se reprocher ? La crise sanitaire l’a-t-elle fait replonger dans les eaux troubles de la finance opaque et spéculative ? Par petites touches, en revenant sur ses souvenirs et ses obsessions, il dévoile ses intentions à l’inspecteur qui l’interroge.

 

ARGUMENTAIRE

Le déclenchement de l’épidémie de Covid-19 est un choc pour Samuel K. Enfermé dans son appartement luxueux de l’île Saint-Louis, il rumine sa frustration, s’enfonce progressivement dans la déprime et décide de couper les ponts avec le monde extérieur. L’arrivée inattendue d’une infirmière va modifier le cours des événements. Samuel K. prend conscience de son incapacité à agir. Il se sent inutile, admire le courage de cette femme qui se bat contre le monstre. Il s’interroge sur le sens de sa vie depuis qu’il a quitté la banque Lehman Brothers, jeté dehors avec un carton sur les bras, au plus fort de la crise financière. Les souvenirs de sa fuite en Afrique lui reviennent. A-t-il vraiment appris ? « Ça recommence », se dit-il. Comment rebondir ? Pourquoi rebondir ? Quel acte fort peut-il accomplir pour être enfin fier de lui ?

 

« Il m’a fallu du temps pour comprendre que je servais d’alibi à un système qui ne subsiste qu’en persistant dans ses errements (…). »

« Les applaudissements, c’est bon pour les théâtres et les opéras, parce qu’on a payé sa place. 

Je n’ai pas le sentiment d’avoir payé ma place pour ce spectacle. 

Je suis un passager clandestin dans cette salle. Le mieux que j’aie à faire, c’est de rester silencieux pour qu’on ne me démasque pas.»

Philippe Zaouati dirige la filiale d’un grand groupe bancaire spécialisé dans la finance environnementale. 

Il est l’auteur de plusieurs essais et de trois romans.

Entretien de Philippe Zaouati sur « Applaudissez-moi ! » pour Variances

Entretien avec Philippe Zaouati, ENSAE 1989.

CEO Mirova

Mots-clés : Covid-19, Finance, Femmes, Roman

 

Philippe Zaouati est Directeur Général de Mirova. Après une carrière dans différentes institutions financières, dont la Caisse des Dépôts et le Crédit agricole, il se consacre depuis une dizaine d’années au développement de l’investissement responsable. Membre du groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable de la Commission Européenne en 2018, co-fondateur et Président de l’initiative Finance for Tomorrow, auteur de plusieurs ouvrages dont « La finance verte commence à Paris » en 2018 et « Finance durable : l’heure de la seconde chance » en 2020, il a contribué à l’évolution du marché et de la réglementation en France et en Europe.

Il est par ailleurs co-fondateur et Président du think-tank Osons le Progrès.

Philippe est l’auteur de plusieurs romans, dont « Les refus de Grigori Perelman », dont la traduction anglaise sera publiée par l’American Mathematical Society.

Il enseigne la finance durable à Sciences Po.

 

Variances : Philippe, tu publies ton quatrième roman qui s’intitule « Applaudissez-moi ? », c’est un livre écrit pendant le confinement, c’était un besoin ? 

 

Philippe Zaouati : Oui, une sorte d’évidence. Quand le confinement a commencé mi-mars, j’avais la conviction que cela durerait plusieurs mois. Nous étions tous très occupés par la poursuite de nos activités professionnelles à distance, mais j’avais du mal à imaginer que cette période particulière ne donne pas naissance à des choses nouvelles, et pour moi cela passe toujours par l’écriture.

 

Variances : C’est aussi le thème de ce roman, pourquoi ?

 

PZ : Ce n’est pas un journal de bord du confinement comme on a pu en lire dans la presse, mais cette parenthèse d’isolement obligatoire nous pousse à une forme d’introspection. Le monde va-t-il redémarrer comme avant ? Y aura-t-il un « monde d’après » ? Sera-t-on meilleurs en sortant du confinement ? Quelles leçons doit-on en tirer ?

 

Variances : Est-ce que l’écriture peut-être une réaction à l’actualité ?

 

PZ : Non, pas une réaction à l’actualité, plutôt une façon de prendre du recul. Ce roman est en fait la suite du premier roman que j’ai écrit en 2011, « La fumée qui gronde ». Il racontait la descente aux enfers d’un trader de Lehman Brothers, humilié par la crise financière, golden boy déchu qui se retrouve un matin sur le perron de la banque avec une boite en carton contenant ses affaires personnelles sur les bras. C’était l’histoire de sa fuite et d’une prise de conscience. Dans « Applaudissez-moi ! », on retrouve ce personnage quinze ans plus tard, il a tiré les leçons de son expérience et se dédie à l’investissement responsable. Il veut sauver le monde. L’épidémie agit comme une deuxième lame. Il doute. Les vieux démons ressurgissent. Quel est le sens de cette nouvelle crise ?

 

Variances : On a du mal à croire que toute cette histoire est inventée, c’est un roman autobiographique ? 

 

Je crois qu’on écrit toujours sur soi. Même lorsque le thème est éloigné de sa vie, comme c’est le cas par exemple dans mon roman précédent « Les refus de Grigori Perelman » qui raconte un épisode de la vie du grand mathématicien russe qui a trouvé la solution à la conjecture de Poincaré et qui a refusé de recevoir la médaille Fields. On parle toujours de soi, mais je n’aime pas l’auto-fiction. J’ai besoin de faire ce petit pas de côté qui permet de basculer dans la fiction. Il y a des choses vraies et vécues dans « Applaudissez-moi ! » ; en même temps, rien n’est vrai dans ce roman.

 

Variances : Tu y parles de finance durable et nous connaissons ton implication dans ce domaine. Le personnage principal semble désabusé. « Il m’a fallu du temps pour comprendre que je servais d’alibi à un système qui ne subsiste qu’en persistant dans ses errements (…) », dit-il. La finance responsable est-elle un échec ?

 

PZ : J’espère que non, et pourtant j’ai des doutes en permanence. Agir pour améliorer les choses ne peut pas être un échec, mais ne tombe-t-on pas trop facilement dans l’euphorie, l’auto-satisfaction, voire l’aveuglement ? L’état de la planète, les inégalités croissantes, l’effondrement de la biodiversité, est-ce que cela n’appelle pas une réaction plus radicale ? La fiction est une façon d’aborder ces questions en s’affranchissant d’une obligation de rationalité, en étant moins raisonnable. Le réel nous enferme dans nos certitudes.

 

Variances : Samuel, le héros du roman, est convoqué, en plein mois d’août, à la brigade financière de Paris. On le soupçonne de malversations et de détournement de fonds. C’est du vécu ?

 

PZ : Non, bien heureusement. Le livre commence comme cela en effet. Samuel se retrouve dans un petit bureau, dans l’immeuble du nouveau siège de la Police Judiciaire. L’inspecteur de la brigade financière le place en garde à vue, pendant une longue journée, il va chercher à comprendre, et bien sûr tenter de le piéger. Qu’a-t-il fait au juste ? Quelles sont ses motivations ? Pour y répondre, Samuel avance ses pièces, celles d’un puzzle dont certaines remontent à la crise financière de 2008.

 

Variances : Nous n’en dévoilerons pas plus évidemment. Est-ce qu’on peut dire malgré tout que c’est un roman féministe ?

 

Oui, sans aucun doute. Nous avons tous remarqué à quel point les femmes étaient en première ligne dans cette crise. Caissières, aides-soignantes, aides à domicile, mamans qui travaillent et pallient la fermeture des écoles, et comme un symbole de cette prééminence, l’image de l’infirmière qui se bat contre le virus. Début mai, un collectif a publié une tribune dans Libération, que j’ai mise en exergue du roman. C’est excessif sans doute, mais j’aime bien l’idée que la fiction serve aussi à extérioriser les tensions de la société.

 

Variances : Tu travailles déjà sur ton prochain roman ?

 

PZ : Oui bien sûr. L’écriture est une addiction, délicieuse et presque sans danger pour la santé !

 

Philippe Zaouati, auteur de « Applaudissez-moi ! » roman imaginé à partir de la crise sanitaire…et de son vécu dans la finance

Philippe Zaouati est directeur général de Mirova, une société de gestion d’actifs spécialisée dans l’investissement durable, qu’il a créée au sein de Natixis en 2014, reconnue comme l’un des pionniers de la finance verte et durable. Après une carrière au sein de différentes institutions financières, dont la Caisse des Dépôts et le Crédit Agricole, notamment en tant qu’expert en gestion quantitative, directeur de la distribution internationale et directeur du marketing de la communication, il se consacre depuis dix ans au développement de l’investissement responsable.

Auteur de plusieurs ouvrages dont « La finance verte commence à Paris » en 2018 et « La finance durable : sonnerie d’une seconde chance » en 2020, il a contribué aux évolutions des marchés et de la réglementation en France et en Europe. Successivement président des comités d’investissement responsable de l’AFG et de l’EFAMA, membre du groupe d’experts de haut niveau sur la finance durable à la Commission européenne en 2018, co-fondateur et président de l’initiative Finance for Tomorrow, membre du One Planet Lab, groupe d’experts créé par le Président de la République française, il a notamment contribué à la création des labels d’investissement responsable et des normes de transparence sur le climat. Depuis 2015, il est particulièrement impliqué dans le développement de l’investissement d’impact, notamment dans le capital naturel.

Impliqué dans le débat public, Philippe Zaouati a contribué à la rédaction du programme présidentiel d’Emmanuel Macron sur l’environnement, avant d’être le référent de La République en Marche à Paris de 2017 à 2018. Il est co-fondateur et président du think tank Osons le Progrès qui se veut un laboratoire d’idées progressistes.

Philippe Zaouati est également l’auteur de plusieurs romans, dont « Les refus de Grigori Perelman » dont la traduction anglaise sera publiée par l’American Mathematical Society, et plus récemment « Applaudissez-moi ! ».

Philippe Zaouati est diplômé de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE) et membre de l’Institut des actuaires français. Il enseigne la finance durable à Sciences Po.

« La finance au service du vivant » par Philippe Zaouati, Directeur Général de Mirova

La finance au service du vivant.

Par Philippe Zaouati, Directeur Général de Mirova.

On a souvent critiqué la finance pour sa déconnexion de l’économie réelle, mais que dire de son lien avec la nature, avec le vivant ?

Si l’environnement est de mieux en mieux pris en compte dans le secteur financier, c’est surtout à travers les risques auxquels les entreprises sont soumis, risque de réputation dans le cas de catastrophe écologique, risque réglementaire lorsque les normes font évoluer le marché, risque financier si les gouvernements se décident à mettre en place un prix du carbone. Ces dernières années, ceci a conduit les acteurs financiers à réfléchir sérieusement à la question du climat. De nombreuses banques ont décidé de ne plus financer les entreprises du secteur du charbon, les investisseurs mesurent la « température » de leurs portefeuilles. Une norme internationale[1]a été développée pour la communication des entreprises et du secteur financier en la matière. La finance durable a pris le sujet a bras le corps, et bien que le chemin qui reste à faire est encore bien plus long que ce qui a été parcouru, la question du climat n’est plus étrangère à la finance[2].

Peut-on en dire autant de la déforestation, de la dégradation des sols, de l’impact des plastiques sur les écosystèmes marins, de la perte massive de biodiversité ? Certainement pas. La finance se préoccupe peu aujourd’hui de ces problèmes. L’impact des investissements sur la nature n’est pas mesuré. Les banques ne questionnent pas les entreprises sur ces questions. L’innovation financière ne s’est pas intéressée à la biodiversité et la nature de façon significative.

Pourtant, comme c’est le cas pour le climat, la mobilisation du secteur financier est indispensable, autant pour réduire les atteintes à la nature que pour orienter le capital vers les solutions qui permettent de la préserver.

La finance peut-elle se mettre au service du vivant ? J’en suis profondément convaincu, comme elle doit se mettre plus généralement au service de l’intérêt de tous. La crise financière de 2008 nous a montré qu’une finance déconnectée de l’économie réelle constituait un risque majeur pour la stabilité financière. La crise sanitaire nous montre aujourd’hui que les entreprises dépendent de la santé publique et que la pression que nous faisons subir à la nature peut se retourner contre l’économie.

Comment faire ? Pour que la finance prenne naturellement en compte le climat ou la nature, il faudrait une remise en cause profonde du fonctionnement des marchés, et notamment de tout ce qui favorise la priorité au court-terme. En attendant que cela devienne à l’ordre du jour, la finance durable nous apporte quelques éléments de réponse. Je les résumes en trois objectifs : mesurer, créer des normes, investir dans les solutions basées sur la nature.

Mesurer.Le climat bénéfice d’une métrique simple, la tonne d’équivalent CO2. Il n’existe pas d’équivalent pour la protection de la nature ou la perte de biodiversité. La matière est éminent plus complexe et nécessite d’agréger des données de nature différentes, de la consommation d’eau douce à la surface cultivée, en passant par l’impact des polluants chimiques. Plusieurs méthodologies sont en cours de développement pour synthétiser ces données en un seul indicateur, citons par exemple le Global Biodiversity Score(GBS) de CDC Biodiversité[3]. Reste que la première étape consiste à produire des données de base pour toutes les entreprises. C’est l’objectif que se sont assignés quatre institutions financières françaises en lançant un appel à candidature pour créer une base de données des impacts des entreprises sur la nature[4]. Une trentaine d’investisseurs représentant plus de 6.000 milliards d’euros leur ont emboité le pas en signant une déclaration en mai 2020.

Créer des normes.Disposer de ces données ne suffira pas si elles restent trop disparates. Il faudra converger vers une norme, comme la communauté financière a réussi à le faire sur le climat et, dans un deuxième temps, rendre cette transparence obligatoire. Lors de la réunion du G7 Environnement à Metz au printemps 2019, une dynamique a été lancée par Brune Poirson et la présidence française, le WWF, AXA et l’OCDE. Il reste à traduire cette volonté en réalité, en donnant mandat à une institution internationale pour construire ce référentiel de normes.

Investir dans les solutions basées sur la nature.Dès aujourd’hui, rien ne nous empêche d’investir dans le capital naturel. Des modèles économiques viables existent dans les domaines de l’agriculture régénératrice, de la reforestation, de la pêche durable, de la conservation des zones côtières, du recyclage des plastiques en mer. De nouveaux entrepreneurs se mobilisent sur le terrain. Néanmoins, ces projets sont encore perçus comme trop risqués par les investisseurs privés. L’intervention des états et des banques de développement est donc nécessaire pour dé-risquer ces investissements, ainsi que pour incuber les projets à leur démarrage. L’investissement dans le capital naturel en est à ses balbutiements. Il faut accélérer, il faut passer à l’échelle. Cela implique une large coalition d’acteurs publics et privés.

Le Congrès de la nature devait se tenir à Marseille au mois de juin. Il a été reporté à mi-janvier en raison de la pandémie. Ce sera une occasion unique pour avancer sur cet agenda. Le Président de la République a annoncé la tenue d’un One Planet Summitle 15 janvier. Faisons-en un moment clé, en lançant une coalition pour une finance au service de la nature, incluant les acteurs financiers publics et privés et les entreprises, avec des objectifs concrets : développer les données, créer des normes, favoriser la chaine de l’investissement de l’incubation des projets jusqu’au financement massif par le marché.

[1]Voir les travaux de la TCFD : https://www.fsb-tcfd.org/

[2]Voir « Finance durable, l’heure de la seconde chance », juillet 2020, aux éditions de l’Observatoire.

[3]https://www.cdc-biodiversite.fr/gbs/

[4]AXA IM, BNP Paribas AM, Mirova et Sycomore AM ont lancé un appel à développer un outil précurseur de mesure d’impact biodiversité, 28 janvier 2020.