« Islam radical : comment sortir de l’impasse ? » un essai de Christian de Moliner chez Pierre-Guillaume de Roux le 6 juin 2019

Après le succès de La Guerre de France* (retrouvez l’essentiel de la presse sur « La Guerre de France » sur ce lien https://guilaine-depis.com/category/christian-de-moliner/la-guerre-de-france/(éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2018), un haletant thriller qui imaginait une guerre civile entre les islamistes et les nationalistes, l’écrivain Christian de Moliner publiera aux mêmes éditions Pierre-Guillaume de Roux un essai corollaire à ce roman sur le même thème (guerre islamistes/nationalistes si présent dans l’actualité)

le 6 juin 2019 : (argumentaire à télécharger ici argu islamisme)

Photo ci-contre de Christian de Moliner avec Eric Zemmour

*« La Guerre de France a su capter une réelle angoisse »  VALEURS ACTUELLES 06/09/18

*« La Guerre de Franceest un très bon roman : Même si aucun avenir n’est sûr dans l’histoire, ce roman, en développant une des possibilités en germe dans notre présent, sonne, à côté de ceux de Michel Houellebecq et de Boualem Sansal, comme un avertissement.» ROBERT REDEKER 15/09/18

*« Le titre du livre n’est pas sans mettre la puce à l’oreille et faire entrer le fictif brutalement dans une actualité délicate : en effet, en juin 2018, une organisation dont le site internet était nommé « guerre de France » préparait, semble-t-il, des assassinats contre des imams et des femmes voilées. Ni l’auteur, Christian de Moliner, ni son éditeur, Pierre-Guillaume de Roux, n’en savaient rien au moment de déposer le titre du livre, qui tenait tant à cœur à son auteur depuis de longues années. » CAUSEUR 30/08/18

Contact presse : guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Présentation de son nouveau livre à paraître le 6 juin 2019  Islamisme radical : comment sortir de l’impasse ? par Christian de Moliner – EAN : 9782363713025 – Prix : 19 euros TTC

Une minorité, seule une minorité des musulmans représente, en France, une source permanente de conflits, eux-mêmes générateurs de stigmatisation pour l’ensemble de la communauté : les islamistes dits radicaux.

D’après Christian de Moliner, seul un statut particulier doté d’une autonomie relative lui permettra de trouver son équilibre et de coexister pacifiquement avec les autres citoyens.

Les nombreux précédents historiques, présents ici et ailleurs, alimentent sa réflexion notamment sur le terrain juridique. Quelles seraient les dispositions de la charia susceptibles d’être retenues ? Jusqu’où s’étendrait l’autonomie des enclaves ainsi créées ? les droits fondamentaux édictées par notre Constitution seraient-ils préservés ?

Ni ghetto, ni zone de non-droit, ni poudrière dissimulant l’existence d’un État dans l’État, l’enclave née du statut particulier accordé à cette frange de la population française devrait, à long terme, se révéler l’instrument d’un apaisement durable et, qui sait, d’une réconciliation décisive.

Christian de Moliner, chroniqueur, essayiste, romancier, apporte, ici, un développement substantiel à l’idée qu’il avait d’abord présentée dans «Partition, remède à l’islamisation ? », un article paru surwww.causeur.fr en novembre 2017. Face au retentissement international – mais aussi aux malentendus – qu’il avait suscités, il fournit des réponses argumentées tout en démontrant sa connaissance profonde des lois islamiques issues du Coran et en anticipant les réactions des différents mouvements politiques en France.

La sélection du Prix de la Fondation Charles Oulmont (Fondation de France) compte « Juste avant ma mort » au milieu d’auteurs très célèbres de grandes maisons.

Seul face au cancer, Christian de Moliner aimerait partager ce qu’il ressent, est prêt à témoigner de ce qu’il ressent…

Le roman vrai bouleversant d’un écrivain en fin de vie regardant la mort droit dans les yeux avec dignité et recherchant un peu d’amour pour l’accompagner dans son ultime voyage

Un roman déjà sélectionné pour le Prix littéraire Fondation de France 2019 (catégorie Fondation Charles Oulmont, sous l’égide de la Fondation de France)

https://www.fondationdefrance.org/fr/fondation/fondation-charles-oulmont

Etaient présents dans la réunion du jury littéraire du 28 mars 2019 ayant retenu ce roman de Christian de Moliner : Joël Schmidt, Philippe Oulmont, Jean Picollec, Laurence Plazenet, Patricia Reznikov, Florence Roussel et Marie-JoséStrich. (avec Cécilia Dutter et Nicole Jeanson excusées)

Restent dans la course dans la catégorie Romans : Jérôme Bastianelli (Grasset), Alexis Brocas (Phébus), Hélène Frappat (Actes Sud), Cyril Gely (Albin Michel), Caroline Lamarche (Gallimard), Arnaud Leguern (Le Rocher), Didier Le Pêcheur (Lattès), François-Guillaume Lorrain (Flammarion), Isabelle Marrier (Flammarion), Colette Mazabrard (Verdier), Christian de Moliner (Picollec), Nathalie Piégay (Le Rocher), Pauline Préval (Albin Michel), Olivia Resenterra (Serge Safrzan), Gwenaëlle Robert (Robert Laffont).

Prochaine réunion du jury le 4 juin 2019 à 15h.

 

 

Breizh-info met à l’honneur « juste avant ma mort » de Christian de Moliner aux éditions Jean Picollec

Interview de Christian de Moliner sur Breizh-info https://www.breizh-info.com/2019/04/02/115308/interview-christian-de-moliner-roman-juste-avant-ma-mort

Christian de Moliner vient de publier un roman, Juste avant ma mort, chez l’éditeur breton Jean Picollec. Jean Picollec qui est un « menhir » du petit monde de l’édition parisienne n’a jamais oublié ses racines bretonnes. Notamment, il a mis en place et anime le prix Bretagne décerné chaque année à un ouvrage qui parle de cette belle région. Au stand qu’il tient chaque année au salon du livre de Paris, nombre de ses « compatriotes » viennent le saluer, car ils savent qu’ils recevront le meilleur accueil.

Juste avant ma mort de Christian de MOLINER, éditions Jean Picollec, 14 € 

Augustin Miroux est au stade terminal de son cancer du poumon. Meurtri par l’attitude de sa femme qui envisage sa vie sans lui, il se réfugie dans sa ville natale, Dijon, pour se replonger dans son passé. Il contacte la fille d’une camarade de classe, dont il redoute d’avoir jadis provoqué le suicide, et se fait passer auprès d’elle pour son père qu’elle n’a pas connu. Lui, qui est froid et distant avec ses trois fils, construit rapidement une relation chaleureuse avec sa fausse fille, mais celle-ci dérape et Augustin est à nouveau saisi par le vertige du mal. Sombrera-t-il comme jadis dans une turpitude déshonorante ? Parviendra-t-il à dompter ses démons ? Ce roman poignant, au suspense prenant, dresse le portrait attachant de deux êtres qui essayent, en se rapprochant, de donner un sens à leur vie marquée jusqu’alors par la solitude.

Breizh Info : Votre héros, Augustin Miroux, est professeur agrégé de mathématiques comme vous. Est-ce un ouvrage autobiographique ?

Christian de MOLINER : J’ai prêté en effet quelques-uns de mes traits à mon personnage : ses études au lycée Carnot de Dijon, son agrégation de mathématiques et surtout sa maladie. Comme lui, je suis atteint d’un cancer du poumon d’origine génétique alors que je n’ai jamais fumé. Mais la comparaison s’arrête là : j’ai une fille et non trois garçons et surtout j’espère être plus sympathique que mon « héros » ! Augustin est égocentrique, peu ouvert sur les autres. Alors que l’issue fatale se rapproche, il est désemparé, car il se sent seul, bien qu’il soit marié et qu’il ait trois fils.

Breizh Info : Le personnage qui devient plus humain alors qu’il va mourir est un grand classique de la littérature !

Christian de MOLINER : J’ai essayé d’être original sur ce sujet qui, en effet, a été traité dans de multiples romans et le plus souvent de la même façon. La « rédemption » d’Augustin est ambiguë et s’appuie sur une forfaiture. Il se fait passer pour son père auprès de Caroline, la fille d’une ancienne camarade de classe dont il redoute d’avoir provoqué le suicide. Arrivera-t-il à avouer la vérité à Caroline ?

Breizh Info : Qu’est-ce que la G.S.A dont est atteinte Caroline ?

Christian de MOLINER : En anglo-saxon, « genetic sexual attirance », en français « attirance sexuelle génétique ». C’est un trouble hypothétique qui frappe un frère et une sœur, un père et une fille, une mère et un fils qui ont été séparés à l’enfance et ne se retrouvent qu’à l’âge adulte. Celui qui est atteint de cette névrose confond attirance affective et sexuelle.

Breizh Info : Juste avant ma mort est le deuxième tome d’une série Les voyages glacés. N’est-ce pas gênant ?

Christian de MOLINER : Ce roman est autonome et il n’est nul besoin d’avoir lu le premier opus, Thanatos et Éros, pour suivre l’intrigue. Je suis en train de finir le dernier tome qui s’intitulera L’orée de la nuit. Lui sera entièrement autonome.

Breizh Info : Votre roman se déroule à Dijon.

Christian de MOLINER : En effet ! La capitale des ducs de Bourgogne est effectivement un des personnages de mon livre, et Jennifer Monot de Francenet.info, qui a écrit une critique de mon ouvrage et qui a vécu à Dijon, l’a bien souligné.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

« Juste avant ma mort » : un héros vraiment antipathique ou simplement humain ?

Juste avant la mort de Christian de Moliner, suite au Panégyrique de l’empire

 Augustin Miroux, le héros, un personnage pour le moins peu sympathique 

Here an author who features his hero under not very congenial facets

Dans son dernier livre, Juste avant ma mort, Christian de Moliner, remet en scène Augustin Miroux, ce personnage très antipathique que nous avions connu dans le précédent roman : Panégyrique de l’empire.

Revenu de Prague, notre personnage est sous traitement car il est atteint d’un cancer. Ne supportant pas le traitement, un jour au lieu d’aller à l’hôpital, il prend le train pour se rendre à Dijon. Il sait que sa femme va être inquiète, mais il est loin de culpabiliser : tout d’abord il sait qu’elle a un amant avec qui elle doit partir à Venise après son décès, mais en plus il craint qu’elle n’arrive à le convaincre de revenir. Dijon, ville de son enfancequ’il a quittée pour ses études et dans laquelle il n’est jamais revenu. Dijon, ville de son premier amour, mais aussi des premiers ravages qu’il a fait aux autres. Hélène, ne s’est-elle pas suicidée de sa faute ? Il a fui et Dijon et lui-même après qu’elle se soit jetée de la tour de Bar de l’ancien palais ducal. De fait, on apprend les causes de ce suicide, et il est certain qu’Augustin par son égocentrisme et son total irrespect de ce qui n’est pas son nombril y est pour beaucoup ( lui, il s’absout en quelque sorte en se disant qu’à l’époque il n’était qu’un jeune homme immature. De fait il n’a pas beaucoup évolué !).

Mais il est quand même capable de faire pire. A Dijon il prend contact avec Caroline, la fille d’Hélène et quand celle-ci lui dit qu’il est son père, après de très brefs moments de scrupules, il ne fait rien pour la détromper. Il trouve une excuse à tout (en plus il va mourir et est très occupé à se lamenter sur son sort). Il sait qu’il fait du mal, mais en quelque sorte ce n’est pas de sa faute, toujours celles des autres (s’il a des relations plus que distendues avec ses fils c’est qu’ils ne l’ont pas compris et qu’ils refusent de lui pardonner ses absences et ses turpitudes, Caroline est en souffrance, ce serait la faire encore plus souffrir que de lui dire la vérité (du moins de son vivant, il se promet de prendre les mesures nécessaires pour qu’à sa mort son notaire lui dise qui est son vrai père en lui versant une assurance-vie)) et tout à l’avenant. De fait il explique sa vie, essentiellement parce qu’il est issu d’un milieu modeste et que les autres n’étaient que des bourgeois. Et oui, il est méchant et envieux !

Bon, il a quand même des scrupules, surtout d’avoir couché avec la belle Lizaviéta à Prague, et il est très fier de lui d’avoir résisté aux pulsions sexuelles le poussant à faire de même avec Caroline. Et puis il devient lucide se trouvant : « inconséquent, incohérent, grotesque et méchant ». Mais cela ne l’empêche pas de se plaindre beaucoup sur ses malheurs.

Autant Caroline est touchante dans sa quête de son père, prête à se rattacher à n’importe qui, pourvu qu’il la fasse rêver, autant Augustin est vraiment ignoble, lâche et vraiment très, très antipathique.

Rare sont les romans où le personnage est autant dénué d’empathie et avec un ego si sur-développé.

Émile Cougut


Juste avant ma mort
Christian de Moliner

éditions Picollec. 14€


Christian de Moliner est né le 2 décembre 1956 à Dijon.
Il est marié à Sylvie et est le père d’Anne. Il est agrégé de mathématiques et à été longtemps professeur de classes préparatoires au lycée Wallon de Valenciennes.
Il est passionné d’histoire et de chroniques anciennes. Il a publié une vingtaine de romans et deux livres d’informatique

« Mauvaise nouvelle » signe un très beau papier sur « La Guerre de France ; Paul Sunderland est un EXCELLENT lecteur

Lire l’article sur le site où il est paru : http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=livres-la-guerre-de-france-de-christian-de-moliner–1363

Dans un futur proche (entre 2035 et 2040), la France se compose en gros de trois entités rivales :

  • L’Etat, qui semble ne plus contrôler grand-chose en matière de sécurité.
  • Le Front des croyants, organisation islamiste responsable d’attentats innombrables sur le territoire français.
  • L’Armée secrète française, composée de nationalistes tout aussi déterminés que les précédents.

L’enjeu n’est ni plus ni moins que la maîtrise du territoire. Cette guerre n’a pas commencé dans un monde fictif mais, selon l’auteur, à l’occasion des attentats du 13 novembre 2015. Il n’est donc pas aisé de dire à quel point ce roman est une anticipation. Dans ce contexte, la dernière chance pour la paix se joue à l’initiative des Russes et des Saoudiens : la conférence de Chisinau, Moldavie, doit déboucher sur un accord de cessez-le-feu entre les nationalistes et les islamistes.

Une étudiante en journalisme, Djamila Loufi, est approchée par les services secrets français afin de servir d’intermédiaire entre les deux factions ennemies. Le choix n’est pas fait par hasard : Djamila, qui jusque-là se croyait née de père inconnu à la suite du viol de sa mère, apprend qu’elle est la fille de François Bavay, le chef de l’Armée secrète. Elle ne dispose pas d’ailleurs d’une grande marge de manœuvre : si elle ne coopère pas, sa meilleure amie Pauline, qui a été kidnappée, mourra.

Kidnappée par qui ? Les Français ? Peut-être, mais c’est là une des ambiguïtés voulues du roman : on ne sait pas qui manipule qui, en définitive. Avant même son arrivée à Chisinau, Djamila est victime de tentatives de meurtre. Ou d’intimidations ? Le danger demeure omniprésent tandis que, sur fond de surveillance russe, Djamila, contre son gré, fait la navette entre François Bavay et El Idrissi, l’émir du Front des croyants.

Tout procède par écartèlements. Que ce soit à l’interne ou dans son rayonnement, la France n’est plus rien. Intra-muros, le pays est quotidiennement défiguré par des attentats commis par le Front des croyants et l’Armée secrète. Climat psychique sinistre que nous commençons à bien connaître : « La vie continue… était désormais le leitmotiv d’un peuple extraordinairement résilient. » « Les Français dominaient les tueurs en faisant comme s’ils n’existaient pas, comme s’il n’y avait pas plusieurs milliers de morts chaque année. Il n’existait pas d’alternative. Au début, on avait multiplié les commémorations et les meetings de protestations, avant de comprendre l’inanité de ces rassemblements. » Par le biais d’une comptabilité macabre, les deux adversaires ne peuvent paradoxalement s’entendre que sur la base d’un accord voyant la création de deux zones géographiques d’exclusion mutuelle, à l’intérieur de la France métropolitaine. Les critères d’appartenance à l’une ou l’autre zone sont d’ailleurs assez intéressants ; nous allons y venir.

Même si l’Etat tente de sauver la face, la France, dans ses rapports à l’extérieur, semble morte. Pourtant, et c’est un autre paradoxe, ce cadavre est l’objet de convoitises géopolitiques : autour de la conférence de Chisinau se tiennent, plus ou moins visibles, les Russes, les Saoudiens et les Américains. Christian de Moliner touche ici du doigt un très ancien et très sensible débat sur l’identité, pour ne pas dire le rôle providentiel de la France dans l’Histoire mondiale, rôle fait d’éminence et d’abaissement dans l’ordure. Que l’on s’attache à la prophétie de saint Rémi (le Grand Monarque) ou au débarquement des saintes Maries en Camargue (avec le Graal), ces traditions n’envisagent de toute façon la France que comme royaume.

Côté Front des croyants, il faut renoncer à la loi républicaine et se soumettre à la loi coranique (pléonasme). Sur un territoire en principe régi par la première, nous voyons là une extrapolation possible, dans ses conséquences extrêmes, de l’abandon de l’autorité, pour ne pas dire de la « trahison des clercs ». Cela dit, insistons quelque peu sur le discours tenu à ce sujet par le chef du Front, un homme austère répondant au nom d’El Idrissi : « Nous, les croyants, nous ne pouvons pas et ne souhaitons pas conquérir la France tout entière, et nous ne voulons pas la convertir à la foi du Prophète. » Le même déclare : « Les terroristes qui se réclament de l’islam ne m’obéissent pas. » S’agit-il là d’un discours hypocrite derrière lequel se retrancher en cas d’échec des négociations ?

El Idrissi, en tout cas, est d’apparence plus hiératique que Bavay. Son nom évoque le prophète Idris, équivalent musulman du prophète hébreu Hénoch et aussi, selon certaines traditions, d’Hermès Trismégiste. Il peut également faire penser à la figure du Mahdi, rédempteur eschatologique dont plusieurs personnes ont déjà revendiqué la fonction au cours des siècles. De nom d’état civil, point. Ce qui est ici bien souligné par l’auteur, c’est la différence entre le discours à prétentions traditionnelles avancé par El Idrissi et celui, d’aspect plus « profane » (ce qui ne veut pas dire illégitime), de Bavay. La Guerre de France oscille, de par ses protagonistes et ses péripéties, entre le roman apocalyptique et la tragédie grecque. Dans la perspective musulmane aussi, il est question de fin des temps et de dévoilement. El Idrissi serait donc une sorte d’hypostase, la manifestation dans l’Histoire de quelque chose de plus grand que le seul individu ayant revêtu sa fonction et avec lequel Djamila Loufi se retrouve en contact. Bavay, en comparaison, est plus « historicisé », il se réfère moins à l’aspect providentiel des événements et se tourne davantage vers l’influence civilisatrice, pourrait-on dire « horizontale », qui a été celle de la France. Cela dit, la figure d’El Idrissi demeure ambivalente dans la mesure où il ne détient peut-être pas entièrement le contrôle du mouvement qu’il prétend diriger ; d’autres personnes se tiennent peut-être derrière lui, dans l’ombre ; des factions dissidentes du Front des croyants entendent peut-être faire valoir leurs propres revendications. En cela, El Idrissi aurait un point commun (en dehors de leur point de vue concordant sur la fin désormais consommée de l’Etat de droit en France) avec Bavay qui, lui-même, a maille à partir avec des éléments de son propre camp refusant la moindre compromission avec le Front.

Reste le « cas » Djamila Loufi. Ici revient avec force l’aspect plus spécialement tragique du roman, dans ce personnage qui éprouve les pires difficultés à se positionner idéologiquement d’une part et à traiter la vérité irréfutable de sa double origine : elle est bel et bien la fille de Bavay. La petite histoire vient se mêler à la grande, mais les souffrances, de part et d’autre, sont terribles. C’est précisément parce qu’elle est la fille de Bavay qu’elle peut approcher celui-ci dans le jeu dangereux des négociations avec le Front des croyants. Malgré cela, et autant le dire de manière brutale, Djamila Loufi peut donner l’impression d’être une impulsive petite dinde survitaminée à la bien-pensance. Son père lui détaille sa vision pour la France : « Ma zone sera basée sur la religion et la culture, et non sur la race. Un pur aryen converti à l’islam ne pourra pas y habiter, mais un Arabe qui a rompu avec la foi de ses ancêtres sera le bienvenu, s’il respecte nos valeurs. » Pour autant, tout ce que sa fille trouve à lui répondre est un discours préfabriqué : « votre racisme est odieux », « préjugés tenaces, idée haineuses et arguments nauséeux ». N’est-elle rien d’autre qu’une excroissance docile de son alma mater ? Christian de Moliner présente en effet Sciences-Po comme une université pratiquant l’auto-censure et dans laquelle les étudiants n’abordent que des thèmes jugés neutres. Lui-même est-il en phase avec le personnage de Djamila Loufi ou a-t-il sciemment élaboré une caricature ? Dans une de ses rares notes de bas de page, il propose la définition suivante du terme « remigration » : « La remigration est une théorie raciste qui propose d’expulser les musulmans hors de France et d’imposer une immigration à l’envers vers les pays du Maghreb. » Ce n’est pas tout à fait ce que dit François Bavay, c’est même en définitive (outre la réaction de Djamila) plus proche du discours d’El Idrissi : « La  »remigration »est une illusion et une chimère. » On peut en conclure que La Guerre de France ne fera pas l’unanimité chez les réactionnaires.

Il n’en demeure pas moins que ce roman est un prudent exercice de futurologie, prudent et pessimiste malgré la toile de fond des négociations visant un accord durable entre les groupes en présence. Comme le dernier roman de Jean-Louis Costes, La dernière croisade, qui est une autre spéculation sur l’avenir proche (quoique proposée dans une perspective très différente), La Guerre de France (publié chez Pierre-Guillaume de Roux) narre des événements très ponctuels dans le temps et l’espace et dont les conséquences n’auront de cesse de se déployer à grande échelle. Le pessimisme qu’on y inhale à grandes goulées vient de l’écart minimal entre le futur imaginé et notre actualité. On n’y trouvera donc pas les allégories et ironies propres à une certaine science-fiction, mais une ambiance oppressante bien restituée, même s’il n’est pas demandé d’avoir de l’empathie pour la protagoniste.

Jennifer Monnot, première lectrice de « Juste avant ma mort » de Christian de Moliner sur France Net Infos.

Augustin Miroux est au stade terminal de son cancer du poumon. Alors qu’il devait aller à une de ses séances de chimiothérapie, ses vieux démons refont surface … Meurtri par une épouse qui ne rêve que d’aller à Venise avec son amant après sa mort et 3 enfants indifférents à son sort, il éprouve le besoin soudain de retourner dans sa ville natale, Dijon, qu’il a quitté il y a près de 40 ans suite à une tragédie …

Il cherche alors à retrouver la fille d’une ancienne connaissance de son passé qui s’est suicidée avant qu’il ne parte de Dijon. Croyant être responsable de cette mort tragique, il se retrouve à se faire passer pour le père qu’elle n’a jamais connu et à s’embourber dans un mensonge qui le dépasse.

« Juste avant ma mort » de Christian Moliner parait aux éditions Jean Picollec. Ce roman assez sombre nous surprend par le portrait attachant d’un homme qui sait qu’il ne s’en sortira pas et celui d’une jeune fille qui croit absolument avoir retrouvé le père qu’elle n’a jamais connu. Leur relation devient alors assez ambigües, la solitude les ayant au final rapprochés. Christian Moliner a su nous transporter à Dijon, dans ses rues et dans son patrimoine. Ancienne Dijonnaise, j’ai pu facilement me plonger dans ce roman qui m’a rappelé ma ville d’adoption lorsque j’étais étudiante. Tout le long du roman, on se demande ce qui ronge réellement Augustin et finalement on le comprend de vouloir rechercher un peu d’affection. Un joli roman qui se lit d’une traite et qui nous rappelle combien nous aimerions nous aussi avoir quelqu’un à qui on manquera avant de mourir.

Soirée Christian de Moliner présenté par Paul-François Paoli du Figaro à la Nouvelle Librairie

Rappel ! c’est ce mardi 19 février soir à la Nouvelle Librairie, 11 rue de Médicis, dès 18h, une soirée présentée par Paul-François Paoli du Figaro – Christian de Moliner dédicacera ses livres, un verre de l’amitié sera offert, et nous serons tous solidaires de la Nouvelle Librairie ! Fiers d’y être accueillis et de résister à l’ignorance, la bêtise et la haine des antifa !