Emmanuel Jaffelin dans Livr’arbitres par Denis Marquet

Célébrations du bonheur, ou la sagesse qui rend heureux – article de Denis Marquet sur le livre d’Emmanuel Jaffelin
 
Le bonheur est un thème à la mode. De nombreux philosophes, coachs ou thérapeutes se sont penchés sur la question, proposant diverses recettes pour accéder à ce Graal que tout le monde convoite, mais dont on ne sait pas bien, finalement, ce qu’il signifie. Loin du simplisme des recettes, Emmanuel Jaffelin, dans Célébrations du bonheur, propose un véritable chemin philosophique, décapant bien des idées reçues et proposant une transformation de la manière dont nous vivons. Le grand mérite de ce livre est de présenter ce chemin avec une totale simplicité, dans un dialogue avec son lecteur au ton léger marqué par un agréable tutoiement. Ainsi, le propos est clair et concret, instillant le désir de le pratiquer.
 
En quelques pages, l’auteur expédie d’abord les promesses de bonheur que font les religions, y compris la dernière religion de la modernité, la science. Jusqu’au milieu du XXe siècle, celle-ci laissa en effet espérer que ses réalisations mettraient fin au malheur humain. Outre les dangers de ce qu’il appelle la « technoscience » (le nucléaire, l’écologie et le climat, etc.), Emmanuel Jaffelin montre bien que les progrès de la science, en augmentant l’espérance de vie, rendent la mort de moins en moins supportable et accroissent donc l’angoisse et le mal-être. Lorsque nous étions habitués à la mort des enfants en bas âge et aux dangers récurrents, la mort était familière ; aujourd’hui, nous rêvons d’un monde où nous serions en sécurité, ce qui est impossible : nous sommes donc beaucoup plus vulnérables psychologiquement à ce qui nous menace.
La conclusion s’impose : notre bonheur ne vient pas de l’extérieur. Nous sommes responsables de notre bonheur comme de notre malheur. Certes, cette vérité est difficile à entendre lorsqu’on est victime d’une personne malveillante. Mais, l’auteur le démontre implacablement, la victime et le bourreau ont un point commun : la passivité. « Le méchant » est passif parce qu’il est la proie de ses passions. Sa victime, quant à elle, subit certes physiquement ce qui lui arrive. Mais ce qui la rend malheureuse, c’est une passivité psychique : ayant écarté l’événement douloureux de sa conception de la réalité, elle l’a nié en tant que possibilité et n’a pas pu l’anticiper. Ainsi, « la victime se trompe logiquement : elle prend ce qui arrive comme une anomalie ». La passivité, c’est se refuser à considérer le vol, le viol, le crime, l’accident, la maladie, la mort naturelle comme des événements normaux. Demeurer actif, ainsi, ce serait connaître le réel dans toutes ses éventualités afin d’y être prêt.
À notre époque où la victimisation est le sport le plus à la mode, et où l’on n’est jamais aussi bien considéré que lorsqu’on peut désigner son bourreau à la vindicte publique, cette analyse a le courage de la lucidité. La référence à la sagesse stoïcienne est explicite : les événements qui me frappent ne dépendent pas de moi, en revanche, ma relation à ces événements et les pensées que je forme à leur propos sont le fait de ma liberté et la condition de mon bonheur ou de mon malheur. Le propos n’est pas seulement théorique. Emmanuel Jaffelin donne de nombreux exemples d’êtres frappés par la souffrance physique, la maladie et qui, pourtant, parviennent à être heureux. Il n’hésite pas à convoquer sainte Thérèse de Lisieux, animée par une joie intérieure parfaite dans la plus grande souffrance physique, et même un cas de guérison inexpliquée associée à la foi en cette sainte. Sans prendre position sur la dimension miraculeuse ou non de cette guérison, l’auteur conclut simplement que « la vie est une volonté positive qui vaut mieux que la plainte et l’enfermement dans la position de victime ».
La conclusion est paradoxale et heurte le sens commun de notre époque qui a renoncé à la sagesse, mais elle est d’une profonde justesse : le refus de ce qui nous arrive nous place dans la passivité, seule l’acceptation nous rend actifs ; or, nous ne pouvons être heureux qu’en étant actifs. Implicite, l’influence de Spinoza peut aussi se lire, pour qui la joie est une augmentation de notre puissance d’agir.
 
Après l’analyse du malheur compris comme événement infortuné, l’auteur se demande si les événements favorables, ceux que nous désirons, peuvent nous apporter le bonheur. Par opposition au malheur, il les appelle joliment l’Heur (mot qui signifie, étymologiquement, chance ou bonne fortune). L’Heur a-t-il le pouvoir de nous rendre heureux ? Quelques exemples bien choisis montrent le contraire : le coup de foudre qui mène à la mort (Roméo et JulietteBelle du Seigneur), le gain au loto qui se transforme en cauchemar… Si nous attendons notre bonheur des événements extérieurs, la joie, toujours éphémère, se transformera en souffrance. La raison en est simple : nous avons alors mis notre vie entre les mains du hasard, c’est-à-dire de ce qui arrive indépendamment de nous. Ainsi, nous avons nié notre liberté. En tant que conscience en effet, nous avons la capacité de transcender les événements. Encore faut-il, pour cela, décider de ne pas en dépendre. En évoquant divers trajets de vie saisissants, Emmanuel Jaffelin démontre que l’épreuve, en nous montrant la vanité d’associer notre bonheur aux événements du monde, a le pouvoir de nous ramener à cette intériorité dont nous nous détournons trop souvent.
En filigrane, se dessine une analyse de ce que les bouddhistes appellent l’impermanence : si j’attache mon bonheur à un événement favorable, je me condamne à être malheureux très vite ; en effet, l’infortune suit de près la fortune dans ce monde où tout change, où toute action engendre une réaction, où rien n’est durable. Dans la vie, nous ne pouvons demeurer tout en haut ; puisque nous devrons immanquablement redescendre des sommets de notre existence, autant nous munir de ce que l’auteur nomme avec humour un parachute : celui-ci consiste simplement à ne pas être dupe des moments favorables, à ne pas les associer au bonheur que nous cherchons profondément, à en profiter simplement en sachant qu’ils ne dureront pas. Là encore, la clé est d’être actif et non passif. Si nous laissons les événements décider de notre bonheur, nous nous maintenons dans la passivité et notre félicité tournera nécessairement en affliction. La santé, la richesse et la gloire sont sans doute préférables à la maladie, la pauvreté et l’anonymat. Mais, du point de vue de notre bonheur, les stoïciens l’affirment : ils sont indifférents.
D’un ton léger et en douceur, Emmanuel Jaffelin démonte ainsi les certitudes sur lesquelles repose l’édifice de notre société de consommation. Aucun objet, aucune possession, aucune somme d’argent ne peut nous rendre heureux, pas davantage qu’un succès amoureux ou les diverses fortunes du quotidien dont nous nous faisons gloire sur nos réseaux sociaux.
 
Mais alors, qu’est-ce que le bonheur ? Pour le cerner, il s’agit d’abord de cesser d’en faire un objectif. Le bonheur n’est pas un but, il est une conséquence. Mais la conséquence de quoi ? D’un travail de libération intérieure affirme l’auteur.
La première chose dont il nous invite à nous libérer, c’est du désir et de l’aversion. Lorsque nous nous tendons vers une chose où nous raidissons contre une autre, nous sommes dans l’inconfort de la tension, et le plaisir d’obtenir l’objet convoité ou d’éloigner celui que nous craignons consiste simplement dans la cessation de cette tension : il nous ramène donc à zéro. « Négation du négatif », le plaisir est donc « un jeu à somme nulle » qui, loin de nous apporter le bonheur, nous maintient dans l’esclavage par rapport aux événements.
Que nous craignions ou fuyions quelque chose, nous y sommes attachés et cet attachement est le contraire de notre liberté. Épictète est cité : « il n’y a rien de plus déraisonnable que de vouloir que les choses arrivent comme nous les avons pensées (…) : la liberté consiste à vouloir que les choses arrivent, non comme il te plaît, mais comme elles arrivent. »
Ici, le raisonnement est subtil. Nous ne sommes pas libres là où nous croyons l’être : lorsque nous croyons « manipuler la réalité », en fait c’est la réalité qui nous manipule, car nous avons laissé notre intériorité dépendre de ce qui ne dépend pas de nous. Nous n’avons pas la puissance de provoquer ce qui arrive à nos vies, lesquelles sont soumises à un déterminisme (que les stoïciens appelaient le destin). Mais nous avons la liberté de ne pas le subir passivement. Il s’agit donc de nous entraîner à être libre là où nous le sommes : « si tu ne maîtrises pas la cause de ce qui t’arrive – ce qui n’est pas un défaut mais la réalité –, tu peux maîtriser les représentations que tu t’en fais », résume l’auteur. Or, les représentations qui nous rendent malheureux sont celles de ce qui aurait pu arriver à la place de ce qui arrive.
La deuxième chose dont nous pouvons nous libérer, c’est donc de nos pensées passives : celles qui nous séparent de la réalité. Mon meilleur ami est mort ? Il est impossible qu’il ne le soit pas, puisqu’il l’est. Au lieu de souffrir en imaginant qu’il ne soit pas mort, n’est-il pas préférable de me remémorer les moments réels que j’ai vécus avec lui et qui m’ont rendu heureux ? L’auteur nous invite à distinguer sans cesse, à la suite des stoïciens, ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. La mort de mon ami, comme tout événement qui arrive, ne dépend pas de moi. En revanche, dépendent de moi les pensées que je forme à propos des événements. « La maîtrise des représentations conduits à l’ataraxie, autrement dit à la sérénité de l’âme » affirme Emmanuel Jaffelin. Qui s’exerce chaque jour à maîtriser son âme rencontrera un jour le bonheur, sans avoir cherché autre chose que la sagesse. Car le bonheur, conclut joliment l’auteur, est « la marque joyeuse du sage ».
 
Jamais dans l’histoire nous n’avons autant maîtrisé notre environnement, possédé autant de biens, vécu dans un tel confort. Pourtant, avec les progrès matériels augmente notre consommation d’antidépresseurs. « Le bonheur est une idée neuve en Europe » disait le révolutionnaire Saint-Just. La modernité a cru pouvoir rendre l’homme heureux par la politique, l’économie ou la science. Célébrations du bonheur nous démontre qu’il s’agissait d’une illusion, non pour nous désespérer mais, au contraire, pour nous montrer le chemin du véritable bonheur. C’est un chemin intérieur et tout homme, quelle que soit sa situation, peut le pratiquer. Épictète n’était-il pas esclave et maltraité, tout en étant sage donc heureux ? Avec ce livre, Emmanuel Jaffelin retrouve le sens originel de la philosophie : l’amour de la sagesse.

Causeur publie « Comment peut-on être heureux au temps du Covid ? » une tribune du philosophe Emmanuel Jaffelin

Comment peut-on être heureux au temps du Covid ?

Une tribune du philosophe Emmanuel Jaffelin, auteur de « Célébrations du Bonheur » (Michel Lafon)

La pandémie nous invite à repenser notre définition du bonheur. Être heureux est une affaire de volonté, nous ont appris les stoïciens…


La question est aussi pertinente que celle qui aurait pu être posée en 1918 alors qu’il n’y avait pas de vaccin. Pouvait-on être heureux pendant cette période (1918) de grippe (dite) espagnole [1]? Pourtant, autant cette question paraît, au moins en France, pertinente en 2021-2022 tant les hommes vivaient, avant l’apparition de ce virus, dans le monde pacifié de la consommation, autant elle n’est pas évidente si l’on ne définit pas clairement le Bonheur (Xingfu en chinois, Happyness en anglais).

Il va de soi que, dans notre société consumériste – qui est aussi une société de médicaments – le bonheur paraît une suite du plaisir, soit un plaisir plus intense, soit un plaisir plus durable. En fait, si l’on y réfléchit, le Bonheur n’est ni l’un ni l’autre. En grec antique, le Bonheur (eudemonia) n’a rien à voir avec le plaisir (hédonè). Ainsi, loin de tout hédonisme, disons que le Bonheur est un état de l’âme qui se caractérise par l’aptitude d’un être dit «heureux», à accueillir tous les événements, bons comme mauvais.

Mais un tel état de l’âme, l’équanimité, suppose de ne pas faire du Bonheur un but de l’existence. Disons alors qu’à défaut d’être un but de l’existence, le Bonheur ne peut être qu’un effet de la sagesse. Et précisons qu’une telle sagesse est celle qui est offerte (et non vendue!) par la philosophie stoïcienne. En pleine période de ce virus Corona (Covid-19), il n’est donc pas impertinent de nous demander:

1- si nous pouvons être heureux.

2- si nous pouvons l’être lorsque nous nous nous retrouvons atteints par un tel virus qui (nous) rend malade et peut entraîner notre mort.

3- si nous pouvons l’être lorsque nous perdons un proche qui a été contaminé par ce Corona.

1- Pour répondre à la première question,  rappelons d’abord que l’équilibre de l’âme – l’équanimité – est le produit de la volonté et d’un apprentissage à la sagesse qui ne découle jamais d’un événement positif (ou d’une série d’événements positifs) qui nous arrive(nt) comme, par exemple, le fait de gagner à la loterie, ou de voir la naissance d’un enfant désiré, ou de constater que les ennemis deviennent des amis, etc. Si ces événements sont indéniablement vus comme étant «positifs», il s’avère négatif que votre bonheur découle de tels événements extérieurs. Epictète nous apprend ainsi, dans son Manuel, qu’il y a deux sortes de choses: celles qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous. Or, les événements évoqués ci-dessus relèvent évidemment de la deuxième sorte de choses. Il est facile de comprendre que ces événements vont faire plaisir à celui qui les vit et reçoit, mais il ne les conduira nullement au Bonheur. La joie est une passion qui nous remplit de bonne humeur, mais qui reste étrangère et hétérogène au Bonheur, attitude de l’âme et de la personne qui se produit aussi bien quand de mauvais événements se produisent que lorsque de «bons» événements arrivent. Le Bonheur n’est donc ni une passion, ni une action; il est, toutefois, le fruit d’une action,  de la volonté intelligente, qui consiste à anticiper ce qui peut nous arriver afin de l’accueillir (quelle que soit sa prétendue négativité: mort, maladie, accident, etc.).

L’homme heureux, par sa capacité d’anticipation des événements, accueille donc les événements qui lui arrivent, quelle que soit leur tonalité positive ou négative (établie par la psychologie moderne). Ainsi, ce qui arrive et qui est estimé «négatif» rend malheureux le non-sage, c’est-à-dire celui qui ne pense pas et n’anticipe pas les événements de sa vie [2].

2- Le fait d’être atteint par le virus Covid-19 ou l’un de ses variants, suppose d’en chercher la cause. Si celui qui l’a «attrappé» n’a appliqué aucune des contraintes obligées ou recommandées, la moindre des conséquences logiques et philosophiques est qu’il se reconnaisse comme responsable [3] de sa maladie. Une telle conscience de soi est difficile à pratiquer dans une société qui préfère reconnaître ses citoyens comme des victimes potentielles ou réelles plutôt que comme des responsables, d’où le rôle de l’avocat lors d’un procès dans un tribunal correctionnel, avocat qui s’efforce de mettre en évidence les facteurs qui n’excusent pas, mais qui diminuent la part de responsabilité du criminel dans le meurtre qu’il a commis. Ce virus est donc l’occasion [4] non seulement de faire des tests pour savoir si l’on en est atteint, mais surtout de se préparer à être responsable. Dès lors, le fait d’être contaminé par le virus n’est positif que si celui qui l’a reconnaît, non sa malchance, mais sa responsabilité.

3- Dès lors, si vous perdez des proches à la suite de cette contagion, mieux vaut la lucidité que la tristesse. Vous devez savoir que cette (ou ces) personne(s) est (ou sont) morte(s) à la suite d’un mauvais usage de leur liberté. Bien sûr, tous ceux qui nagent dans l’idéologie de la victimité auront du mal à entendre ce lien de la liberté et de la vérité.

Les plus sages sauront accepter ces événements dits «négatifs» en les replaçant dans un contexte où la liberté a sa place. Par conséquent, le Bonheur stoïcien consiste à accepter ce qui arrive, même si ce qui arrive est estimé négatif par notre entourage. Mais attention, il ne s’agit pas d’accepter ce qui arrive parce qu’il arrive, mais de l’accepter car nous nous y sommes préparés en l’anticipant. 

Comme l’écrivait Shakespeare: dès qu’un enfant est né, déjà il est assez vieux pour mourir. Bref, le Bonheur est un effet d’une structure de l’âme qui a l’intelligence du réel!

Célébrations du bonheur

Price: 12,00 €

16 used & new available from 3,60 €


[1] De mars 1918 à juillet 1921, la « pandémie grippale de l’année 1918 » a fait entre 20 et 100 millions de morts dans le monde, dont environ 400 000 en France.

[2] Ce que les compagnies d’assurance font pour lui, en lui proposant de le dédommager selon les types d’événements supposés négatifs qui peuvent lui arriver et qui rendent les assurances joyeuses car fructueuses ! L’Avenir est pavé de bonnes intentions ! Pour l’Enfer, on l’a déjà vu.

[3] Du latin responsus signifiant: Qui doit répondre de ses actes

[4] ou la chance

Invitation : le bonheur dans la sagesse, rencontre avec deux philosophes (jeudi 13 janvier 2022 à 19h 60 rue de Seine Paris 6ème)

Balustrade vous invite à une soirée

Trouver le bonheur dans la sagesse

Jeudi 13 janvier 2022 de 19h à 22h

Cocktail dînatoire offert aux inscrits

Avec les philosophes Emmanuel Jaffelin (« Célébrations du Bonheur », Michel Lafon)

et Denis Marquet(« Dernières nouvelles de Babylone » (Aluna)

A l’Hôtel la Louisiane 60 rue de Seine 75 006 Paris – Pass sanitaire obligatoire

Inscription obligatoire pour le cocktail par sms 06 84 36 31 85

Le grand philosophe Robert Redeker a lu « Célébrations du bonheur » d’Emmanuel Jaffelin pour Marianne

LE BONHEUR EST UN EFFET, NON UN BUT

Et si nous avions tort de courir après le bonheur ? De le considérer comme la fin de toutes nos activités ? Rien de plus trompeuse que cette recherche à perdre haleine : elle ne conduit qu’à la déception, qu’à l’amertume, qu’au désespoir ! Nous prenons l’heur, lorsqu’il complaît à nos désirs, pour le bonheur, oubliant qu’il se renversera bientôt en son contraire.

C’est dans cet heur, pourtant, que nous plaçons nos rêves de félicité. Nous succombons au coup de foudre, et voilà que tout tourne mal ! Nous donnons la vie à un enfant, et voilà qu’il meurt ! Nous avons gagné au loto, et voilà que nous perdons en qualité d’existence ! Notre faute de logique : nous plaçons notre bonheur dans ce qui ne dépend pas de nous.

Lorsque surgit l’événement contraire, la maladie, la ruine, la séparation, la disgrâce, la mort, nous nous croyons malheureux. Le malheur est une question d’interprétation. En soi, il n’existe pas. Ce n’est pas l’événement qui nous fait souffrir, mais le jugement que nous portons sur lui. Il est malheur parce que nous le jugeons tel. La mort d’un enfant n’est pas un malheur en soi ; ce n’est un malheur que dans notre jugement. Nous pouvons juger qu’elle est dans l’ordre des choses. Si les événements ne dépendent pas de nous, notre jugement lui, en dépend. Le bonheur n’est pas un but de l’action, mais un effet de la liberté intérieure.

Ne nous fions pas au titre, Célébrations du bonheur. Ce livre n’est pas un sirupeux pensum de développement personnel, cette espèce littéraire aussi toxique qu’invasive, mais un véritable livre de philosophie pour tous, écrit dans la langue du quotidien. Aussi limpide que les Entretiens d’Épictète, il est un symptôme de l’inépuisable fécondité du stoïcisme, qu’Emmanuel Jaffelin remet au goût du jour.

Emmanuel Jaffelin, Célébrations du bonheur. Guide de sagesse pour ceux qui veulent être heureuxMichel Lafon, 176 p., 12 €

Robert Redeker

Le Philosophe Emmanuel Jaffelin sur Radio Notre Dame

En Quête de Sens

Émission du 13 décembre 2021 La joie est-elle à la portée de tous ?

réécouter l’émission : https://radionotredame.net/emissions/enquetedesens/13-12-2021/#

Emmanuel Jaffelin, philosophe du bonheur et auteur de « Célébrations du bonheur » (Michel Lafon)

Père Xavier de Verchere, Aumônier général des scouts et guides de France. Il publie « Toi qui cherches le bonheur » (Salvator)

Le philosophe Emmanuel Jaffelin sur le Don dans Radio fidélité

Philo & Co : La Charité Et Le Don Dans La Recherche Du Bonheur – Avec Emmanuel Jaffelin – 4/4

Philo & Co Société

Vendredi 19 novembre, Radio Fidélité à organisé son radio don ! Une journée spéciale qui permet à Radio Fidélité de rassembler les fonds nécessaires à son bon fonctionnement.

Tout au long de cette journée, les animateurs et les invités se sont succédé à l’antenne pour inciter les auditeurs à donner à la radio. Ce fonctionnement, qui permet à la radio de vivre grâce aux dons ses auditeurs, est plutôt rare dans l’économie des radios associatives. Justement, dans philo & co nous nous intéressons à ce qu’apportent la charité et le don dans la recherche du bonheur. Depuis le début du mois, Philo& co questionne la quête du bonheur avec Emmanuel Jaffelin, professeur de philosophie, auteur de nombreux ouvrages sur la gentillesse et tout récemment de « Célébrations du bonheur » chez Michel Laffon. Vous écouterez les podcasts des épisodes précédents sur notre site internet pour en savoir plus sur ce qui nous amène, ou non, à être plus heureux.Quel intérêt y a t’il à être gentil ? Pourquoi donner de façon désintéressée à l’autre ? Réponse avec Emmanuel Jaffelin.

Illustration : La Charité, d’Andrea D’AGNOLO DI FRANCESCO dit Andrea DEL SARTO – Crédit photographique : Cécile Clos/Musée d’arts de Nant

Entretien du philosophe Emmanuel Jaffelin avec le philosophe Marc Alpozzo pour Boojum

Entretien avec Emmanuel Jaffelin, auteur de Célébrations du bonheur

« Le Bonheur ne te bouffe pas ! Il te nourrit »

Je connaissais ce philosophe du bonheur, grâce à son ouvrage Éloge de la gentillesse, que je considérais comme un livre salvateur pour le début de ce nouveau siècle qui ne cesse de marteler l’idée de bienveillance, vidant le mot de son sens premier. Avec son nouvel ouvrage, j’ai trouvé un vrai philosophe, s’adressant à tous, comme le faisait autrefois Socrate, prêt à dialoguer avec le plus humble, comme le plus puissant. Nous avons réalisé un entretien, que je vous livre ici.

Marc Alpozzo : Emmanuel, je vais te tutoyer, parce qu’à la lecture de ton Manuel de sagesse, Célébrations du Bonheur, que ton éditeur nomme à tort il me semble, « Guide », tu reprends la seconde personne du singulier pour t’adresser au lecteur, comme le faisait Épicure, ou Socrate lorsqu’il s’adressait à un interlocuteur qu’il soit un ami ou un inconnu. La première personne du pluriel n’existant pas en grec ancien, il n’y avait aucune possibilité de vouvoiement, mais je pense que tu as peut-être une autre raison encore de t’adresser au lecteur par la forme du « tu », peux-tu nous éclairer sur le sujet ? Et par ailleurs, que veut dire pour toi célébrer le Bonheur ?

Emmanuel Jaffelin : Cher Marc, tu me marques par un tel tutoiement spontané. Mais rassure-toi, le tutoiement ne tue pas alors que le voussoiement nous noie. Je tutoie le lecteur car je pense que le fait de se plonger dans un livre par la lecture fonde un accouplement plus efficient du lecteur et de l’auteur que celui qui se plonge dans un lit avec un autre corps. Dit autrement, mon tutoiement n’est pas un harponnage du lecteur, mais une invitation à l’intimité intellectuelle sur fond de cosmos. En espérant que mon tutoiement te paraîtra plus cosmique que comique ! Et puis les écrits attribués à Épictète n’ont pas été son produit mais le fruit des notes d’un disciple[1]  qui adorait ses cours et épousait sa réflexion. A la différence de Socrate qui parlait fort sur la place publique d’Athènes, j’écris doucement, sur un ordinateur, un livre pouvant toucher le public en silence dans un premier temps, dans le bruit de mes conférences dans un second. La lecture de ce livre pourra « guider » le lecteur vers le Bonheur. A défaut de Guide, disons que ce livre est un au moins un « guidon » !

M.A. : Ton texte s’adresse à l’ami de la sagesse, à l’homme en quête de bonheur. Ce n’est pas un texte compliqué dans sa forme, mais il est très riche en explications et en analyses. Ta thèse me semble être celle-ci : n’ayez pas peur du bonheur, il sera un vampire nettement moins vorace en temps et en énergie que le malheur. Et tu ajoutes : soyez gentils, ce sera le premier pas dans le bonheur et vous gagnerez infiniment plus qu’à être méchants. Je note que tu te réfères à un mot aujourd’hui un peu désuet, la gentillesse[2], alors que le grand mot à la mode est à notre époque la « bienveillance ». Toi qui montres que « faire le mal pour être heureux » est une croyance bête du méchant, « aussi peu réaliste que de croire que l’eau produira le feu », que penses-tu de cette injonction contemporaine de bienveillance qui a envahi toutes les sphères de la société, éducation, politique, culture, etc. ?

E. J. : Cher Marc, je re-marque plusieurs questions dans celle-ci :

1- Le bonheur est-il moins vorace en temps et en énergie que le malheur ?

2- La gentillesse est-elle une marche ou un moyen d’accéder au Bonheur ?

3- Faut-il préférer la Bienveillance à la Gentillesse ?

Oui, à la première question ! Le Bonheur ne te bouffe pas ! Il te nourrit : il est donc le contraire d’un vampire en alimentant ton sang en globules et plasma plutôt qu’en te saignant !

Oui, à la seconde question : les méchants chutent en faisant chuter les autres. Il est donc logique que son opposé- le Gentil ou la Gentille – s’élève en élevant les autres par le petit service qui leur rend. Je n’hésite donc pas à dire que la Gentillesse constitue une propédeutique au BONHEUR, la méchanceté conduisant presque toujours ses acteurs au malheur ( voir la fin de Hitler ou de Khadafi).

Non, pour la troisième. Les raisons pour lesquelles notre société préfère la Bienveillance à la Gentillesse sont au moins au nombre de deux :

  • La première est lexicale et tient à l’ambiguïté (avant la parution de mes 4 livres sur la gentillesse) du terme gentil : venu du latin gentilis qui désigne le noble, le terme se dégrade et le proto-christianisme s’en empare pour désigner l’impie, c’est-à-dire le non-chrétien. Souviens-toi que Saint-Paul est connu comme l’apôtre des Gentils, ce qui ne signifie ni qu’il est gentil ni méchant, mais qu’il est le chrétien qui s’efforce à convertir les impies en chrétiens ! Gentillesse est synonyme de faiblesse en français, et les citoyens français préfèrent se faire qualifier de « sympathiques » plutôt que de « gentils » , synonyme issu du Grec antique, mais apparemment[3] plus positif. Une fois posé ce cadre lexical, il est donc aisé de comprendre que les genres préfèrent être dits « bienveillants » plutôt que « gentils ». Selon moi, ils confondent « Gentils » et « Gentillets[4] ».
  • La seconde raison de cette préférence tient au fait que la Bienveillance est une relation humaine verticale entre deux êtres humains. Le père est ainsi bienveillant pour son petit enfant, plus que l’inverse. En prison, le gardien peut se montrer bienveillant envers son détenu, non l’inverse, par exemple en acceptant de prolonger le temps d’une personne qui vient lui rendre visite. La Gentillesse, à l’inverse est une relation horizontale : un détenu peut se montrer gentil envers son gardien en l’aidant à rechercher ses lunettes qu’il a perdues car posées quelque part dans le couloir en servant le repas ou le courrier aux détenus. De même un salarié peut se montrer gentil envers un manager ou D.R.H qui lui demande de l’aider à faire quelque chose sur le lieu de travail mais sans rapport avec les compétences pour lesquelles ledit salarié est rémunéré. Il va de soi que les Entreprises, comme notre société, préfèrent la Bienveillance à la Gentillesse car elles sont paternalistes et préfèrent l’inégalité à l’égalité. En bref, la gentillesse est plus démocratique que la Bienveillance, mais elle suppose d’être le fruit d’une éducation, ce qui est loin d’être le cas.

M.A. : Ton livre se divise en trois chapitres : « Le Malheur », « L’Heur » et « Le Bonheur ». Comme s’il y avait une dialectique et que nous ne pouvions parvenir au Bonheur sans d’abord passer par les deux premiers termes. Si donc tu es stoïcien, tu es aussi hégélien. Ton Manuel, qui reprend la méthode de la Lettre à Ménécée d’Épicure, et du Manuel d’Épictète, utilise un très grand nombre d’exemple d’hommes et de femmes qui ont travaillé à leur bonheur, comme si l’étymologie du mot était en elle-même un leurre, et non l’Heur, et que le Bonheur n’était en réalité pas un hasard. Épictète dans l’Antiquité, Bill Sauvage durant la Seconde guerre mondiale, Sainte Thérèse au XIXe siècle, Stephen Hawking au XXe siècle ainsi qu’un journaliste un peu oublié aujourd’hui, Jean-Dominique Baudry, qui a écrit un livre remarquable, Le scaphandre et le papillon (1998). Or, ce que tu écris dans ce chapitre est pour moi très important, puisque tu montres que nos sociétés occidentales postmodernes sont des sociétés de la victimisation, que tu appelles « victimité », et qu’elles refusent de dépasser l’événement « pour faire de leur existence une énergie conduisant au Bonheur ». Ta thèse est la suivante : il faut passer de la « victimité » à la responsabilité. Qu’est-ce que cette tendance à la victimisation et aux pleurnicheries face aux événements nous dit sur nous-mêmes, et pourquoi d’après toi ce refus de se responsabiliser en recherchant le Bonheur plus que le Malheur gagne sur tout le reste ?

E.J. : En effet, l’exemple joue un rôle clé dans ma philosophie comme chez les philosophes antiques. Ce qui ne peut se prouver scientifiquement doit au moins être montré par des exemples qui ouvrent notre regard sur la réalité. Or, l’un des paradoxes de ce livre n’est pas son côté dialectique (et je ne défends pas du tout l’idée hégélienne de la négativité dialectique qui voit dans le négatif la voie du positif : je pense au contraire qu’il ne sert à rien de faire l’expérience du mal comme méchant pour être heureux), mais plutôt, dans une époque, où règne la croyance en la science, le citoyen se pense faiblement comme une victime potentielle de plein de maux pouvant lui arriver, ce qui lui fait abandonner son pouvoir de ré-pondre des événements qui lui arrivent. Cette société l’invite d’ailleurs à toujours chercher la cause de cet événement hors de sa responsabilité et de sa prévision. Cette idée de victimité est centrale dans notre société qui voit fleurir les assureurs qui nous dé-responsabilisent et nous infantilisent en prévoyant de nous offrir des dé-dommagements en cas d’avènement de ces événements (accidents, incendies, inondation, maladies etc.) Et, paradoxalement, un monde sur-assuré est plus malheureux qu’une société qui cultive la res-ponsabilité, donc l’anticipation et l’intelligence plutôt que la peur et le paiement pour la dissiper. Etre sûr de soi, ce n’est pas s’assurer, mais se rassurer soi-même ! Et c’est gratis !

M.A. : Grâce à trois grandes histoires d’amour (Roméo et Juliette, Colin et Chloé et Solal et Ariane[5]), tu définis l’Heur comme n’étant pas le Bonheur. Pour toi, l’amour sous la forme du coup de foudre n’est pas de l’amour mais un leurre, puisqu’en paraphrasant Romain Gary on pourrait dire que ça commence en s’envoyant des fleurs et que ça finit en s’envoyant des rasoirs (je cite de tête).  Pour toi, toute chance n’est pas bonheur, car toute chance se tourne un jour en mal chance, comme le coup de foudre tourne un jour en « coup de poudre ». Mais plutôt que de nous déprimer, toi le philosophe du bonheur, au contraire tu trouves un petit chemin, certes escarpé mais suffisamment large pour que l’on se fraye un passage : le don. Peux-tu expliquer aux lecteurs en quoi le don est un véritable acte d’amour qui conduit de l’Heur au bon-Heur (ce que n’est pas la passion de Roméo pour Juliette et inversement) ?

E.J. : Merci de reprendre ces trois exemples de coups de foudre, mais il faut noter que dans ce chapitre sur l’heur, mot qui vient du latin augurium qui désigne le présage, je mets en relation les coups de foudre et les gains au loto, l’amour et le jeu, pour ne pas dire l’amour comme un jeu et le jeu comme un amour : les deux sont liés pour ne pas être heureux parce qu’ils sont fondés sur un instant (gain au loto par chance, coupe de foudre en amour par pulsions inconscientes).

Quant au Don, donc, seul solide fondement de l’amour, il suppose que je ne suis pas vide et donc pas en manque, mais plein. Seuls ceux qui sont « vides » prennent, volent, capturent, enlèvent. Les prédateurs sont donc plus vides que les donateurs et je parle d’un vide plus psychique, intellectuel et moral que physique, économique et vital !

M.A. : Je vais peut-être terminer cet entretien par dire que la lecture de ton Manuel est un véritable Bon-Heur (si tu me permets) et je vais aussi en dévoiler la fin (je vais spoiler le sus-pense, pour reprendre une terminologie à la mode) en disant que le bonheur est moins une affaire de chance que de « construction », de méthode. Si tant de gens ont peur du bonheur c’est qu’ils ne savent pas que ce n’est pas une chance ni que c’est intimement lié aux événements, mais que le Bonheur est bien une construction à l’intérieur de soi et que cela demande d’abord une conversion intérieure, ainsi qu’un dépassement de nos peurs et de nos angoisses (ce dont tu parles dans ton ouvrage) ; cela demande que l’on mette un terme à la peur de l’accueil de l’inconnu en soi. Celui qui se met en quête du bonheur n’est pas un homme qui compte sur la chance, (ce qui le rendrait dépendant de l’événement et créerait tôt ou tard son mal-Heur) comme le joueur au Loto, mais plutôt un sage qui ne se préoccupe que de ce qui dépend de lui et ne se préoccupe pas de ce qui ne dépend pas de lui, selon la formule d’Épictète dans son Manuel[6]. Penses-tu que cette capacité à accueillir les événements sans chercher à leur imposer en vain sa volonté est une méthode suffisante pour garantir son bonheur, et pourquoi penses-tu que ce Bonheur-là n’est pas une illusion ?

E.J. : Je te remercie de cette terminaison bienheureuse et de ta trahison altruiste qui vaut Don et également mon par-don. Oui, le Bonheur doit être dégagé de cette manie sociale actuelle qui est bassement matérialiste. Il y a des gens jeunes, riches, en pleine forme et malheureux tandis que d’autres sont vieux, pauvres, gravement malades et très heureux.

La thèse d’Épictète est plus facile à comprendre qu’à pratiquer : accepter tout ce qui nous arrive, même ce que nous estimons négatif (maladie, accident, etc). Une telle pratique de cet accord avec le réel ou, hors écologie, de cette harmonie avec la nature[7] est le fondement de la sagesse stoïcienne qui mérite d’être développée vu ce que l’humanité s’apprête à voir dans les prochaines décennies ( Réchauffement, climatique, montée du niveau de la mer, etc. sans parler des volcans et des météorites…). Et rappeler que la thèse de ce livre est du stoïcisme est que : le Bonheur ne doit pas être un but de l’existence ; il ne peut être qu’un effet de la sagesse comme harmonie avec le cosmos, sagesse qu’il importe de se donner comme but. En espérant que Marc marquera des buts par cette interviou !

Heureusement tienne, lecteur !

Emmanuel Jaffelin, Célébrations du Bonheur, Guide de sagesse pour ceux qui veulent être heureux, Michel Lafon, septembre 2021, 175 pages, 12 euros


[1] -Arrien a recueilli les propos d’Épictète qui furent regroupés en plusieurs ouvrages (huit) dont il ne reste plus que deux : le Manuel et Les Entretiens, deux livres centrés sur la manière de conduire sa vie pour atteindre la sagesse. Vraiment un bon Arrien !

[2] Emmanuel Jaffelin a écrit un Éloge de la gentillesse, Paris, François Bourin, 2010 (Pocket, 2016), et un Petit éloge de la gentillesse, Paris, François Bourin, 2011 (J’ai lu, 2015). Puis Un Eloge de la Gentillesse en Entreprise (First Editions, 2015, en poche ; Osez la Gentillesse en Entreprise, Le Passeur éditeur, 2020) et, enfin, last but not least, un Cahier d’exercices de Gentillesse (Editions Jouvence,2016).

[3] – l’Étymologie nous renvoie en Grec antique à sym-patheia et donc à pathos : nous partageons la souffrance d’autrui en éprouvant pour lui de la sympathie. Sympathique est donc moins positif que le premier sens romain de gentil (à avoir « noble »), mais plus que le second qui est chrétien (l’impie)

[4] – Adjectif qui désigne une personne faible et se laissant mener par le bout du nez, s’avérant incapable dire « non ».

[5] Respectivement Roméo et Juliette de Shakespeare, L’écume des jours de Boris Vian, Belle du seigneur d’Albert Cohen.

[6] Incipit.

[7] – « Vivre conformément à la nature » est l’adage stoÏcien par excellence qui consiste à accepter le réel. En Grec ancien : homologoumenon te phusei.