L’émission radio « Le jour où » sur Vivre FM avec Quentin Tousart invité de Cendrine Genty

L’émission radio « Le jour où » sur Vivre FM avec Quentin Tousart invité de Cendrine Genty

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Cendrine Genty reçoit Quentin Tousart, Entrepreneur passionné par l’Innovation et co-Auteur du livre  » Partir de soi pour changer le monde à son échelle avec les méthodes effectuales. »

LES CIRCONSTANCES DE LA VIE NOUS IMPACTENT TOUS. CELA A ETE LE CAS POUR QUENTIN DONT L ENFANCE A ETE MARQUÉE PAR UN CONTEXTE PERSONNEL AUX REPERCUSSIONS FORTES QUANT A SES CHOIX POUR SA VIE FUTURE. JUSQU’AU JOUR OÙ D’AUTRES CIRCONSTANCES ENCORE, LUI ONT OFFERT L’OPPORTUNITE D’UNE PLEINE BASCULE.

Alors que Quentin n’a que 5 ans, sa maman tombe malade. Dès lors, le petit garçon, puis le jeune homme ne va avoir de cesse que de chercher à comprendre. Et se prend de passion pour la recherche de connaissances. Au moment de choisir sa voie, le jeune bachelier choisit la recherche. Il poursuivra ainsi se quête d’informations et de compréhensions du monde. Tout en se sentant protégé de ce monde en menant ses futures recherches seul dans son coin. Mais l’histoire n’est jamais linéaire et c’est au cours de son année de licence que Quentin se retrouve face à une situation inattendue. qu’il va rapidement transformer en formidable opportunité. Un choix qui va changer le cours de sa vie. Et le propulser de plein fouet dans le monde du business, de la levée de fond, du développement d’entreprise, mais également des méandres de la vie avec associés, des mésententes naissantes, des chemins divergents, de la revente avec succès. Ou même, du crash pur et simple. 

Dans « Le jour où… Quentin nous raconte ce parcours mené depuis ce jour où, soudain, il pris la décision inopinée de quitter ses études pour créer sa première start-up, sans rien y connaître. Et de sa vie passée dans l’action pure, jusqu’au jour où… une nouvelle rencontre fut nouvelle source d’une opportunité majeure. Celle de Dominique Vian, chercheur. Ensemble, les deux hommes co-écrivent leur livre à destination des entrepreneurs mais pas que. Et créent leur méthode afin de permettre « à chacun de devenir créateur de changement à son échelle.(…) Reprendre le contrôle, retrouver le pouvoir d’agir, dans des situations complexes et d’incertitude généralisée – Identifier votre surcapacité, ces aptitudes particulières qui vous sont propres (votre identité), qui vous permettent de contribuer à la société de manière significative en les mettant à profit pour créer un projet viable. » cf Balustrade, le site de Guilaine Depis leur attachée de presse.

« Dans Le jour où… » Quentin Tousart nous montre « comment le fait de devoir se protéger au départ de sa vie a pu faire naître une sorte de moteur autour de la curiosité qui se traduit aujourd’hui dans sa surcapacité qui est de comprendre ce qui passe autour de lui. « 

« Le Jour où… » de Dominique Vian par Cendrine Genty sur Vivre FM

Cendrine Genty reçoit Dominique Vian dans « Le jour où… ». Docteur en sciences de gestion diplômé de Télécom PAris Tech, spécialiste en cognition entrepreneuriale, et auteur de la méthode FOCAL, une méthode accessible à tous, destinée à trouver des solutions à des problèmes complexes. 

Le jour où Dominique Vian rencontre Quentin Tousart, de nouveaux horizons s’ouvrent à lui. Car par-delà sa passion pour la recherche et l’entrepreneuriat, il découvre la puissance de la vulgarisation. Ensemble ils co-écrivent « Partir de soi pour changer le monde, à son échelle avec les méthodes effectuales. » Leur duo va offrir à Dominique de toutes nouvelles perspectives de diffusion de ses connaissances, grâce à cette alliance de leurs savoirs-faire : recherche et vulgarisation.. Avec comme objectif partagé, permettre au plus grand nombre d’avoir accès à ces connaissances. Et de pouvoir devenir eux aussi créateurs de changements à leur propre échelle. 

Dans « Le jour où… », Dominique Vian partage avec nous ses méthodes et prend le temps de nous les expliquer. De nous les transmettre et décrypter avec passion. Au fil de son parcours Dominique nous livre les coulisses de ses choix professionnels jusqu’au jour où il « rencontre » son métier de chercheur. A travers son histoire, il nous confie ce que sa place de petit dernier au sein d’une famille de huit enfants lui a permis de développer comme capacité à se faire entendre et se faire écouter. Et ce que sa rencontre avec Quentin Tousart lui a offert en lui permettant d’offrir à chacun, grâce à l’écriture croisée de leur livre, cette opportunité fabuleuse d’apprendre à décoder des situations complexes. Et parvenir à trouver les réponses et solutions à partir de soi. 

Comment partir de soi pour transformer des situations vues comme inextricables, complexes, insurmontables… et les transformer en formidables opportunités de réussite, d’accomplissement, de transformation ? Dominique Vian nous dit tout dans cette émission « Le jour où… » 

« Vers une résolution inattendue du conflit israélo-palestinien » avec les méthodes effectuales de Quentin Tousart et Dominique Vian

Vers une résolution inattendue du conflit israélo-palestinien

Longtemps considéré comme l’épicentre des tensions mondiales, le conflit israélo-palestinien est l’illustration parfaite d’une situation à la fois inextricable et ancienne. La chronique d’un affrontement immémorial qui, depuis sa genèse, a fauché la vie de milliers de personnes, mettant à mal l’équilibre fragile de la région et créant une discorde internationale persistante.

Par Dominique Vian et Quentin Tousart, auteurs de « Partir de soi pour changer le monde à son échelle » avec les méthodes effectuales (https://effectual-impact.com/

Dans ce contexte de crise aiguë, la situation humanitaire à Gaza représente une urgence des plus critiques. La diplomatie s’efforce alors de concentrer ses efforts autour de l’aide humanitaire, tâchant de réduire les pertes humaines conséquence d’une intervention israélienne en cours. Mais ne faudrait-il pas aussi envisager d’autres moyens d’agir, en tirant parti des dimensions plus complexes de la situation ?

C’est ici que nous devons prendre un moment pour réfléchir à notre processus de prise de décision. En général, nous avons tendance à suivre une séquence systématique : nous identifions un problème, nous déterminons la cause que nous jugeons principale, puis nous cherchons une solution qui annule cette cause. Dans le cas présent, le raisonnement pourrait être le suivant : le Hamas a attaqué Israël, le Hamas est une organisation terroriste qui veut la mort d’Israël, donc il faut l’éliminer. C’est un raisonnement réflexe, une réponse instinctive à une situation de crise.

Cependant, ce type de raisonnement peut nous enfermer dans une logique de confrontation et nous empêcher de voir d’autres options. Il est important de comprendre que chaque problème est un nœud dans un réseau complexe de causes et d’effets. En se concentrant uniquement sur la cause immédiate, nous risquons de négliger d’autres facteurs qui pourraient offrir des pistes pour agir efficacement et durablement.

Pour sortir de ce raisonnement réflexe, nous pouvons proposer une expérience de pensée. Au lieu de se concentrer sur le problème immédiat (l’attaque du Hamas), nous pouvons nous demander : « Qu’est-ce qui changerait si ce problème était résolu ? » En d’autres termes, nous pouvons envisager les implications globales d’une résolution du conflit.
Cette approche nous permet de voir au-delà du conflit immédiat et de comprendre comment sa résolution pourrait affecter d’autres domaines. Par exemple, la fin du conflit pourrait permettre le développement des échanges commerciaux entre Israël et la Palestine, apaisant ainsi les tensions régionales. Elle pourrait également ouvrir la voie à une cohabitation pacifique entre Israéliens et Palestiniens, transformant ainsi les relations internationales.

Face à un problème insoluble, une possibilité inattendue peut émerger d’un raisonnement non intuitif. C’est ici qu’intervient la méthode FOCAL qui propose de systématiser une réflexion autour des effets du problèmes qui se trouvent être des enjeux de notre volonté d’agir. Plutôt que de se focaliser exclusivement sur le conflit lui-même, la méthode FOCAL propose d’élargir notre regard pour englober ses implications plus larges.

Imaginez un instant une situation où les dirigeants israéliens et palestiniens s’accordent sur une solution à deux États. Les effets d’une telle résolution seraient loin de se limiter à la cessation des hostilités. Ils déborderaient bien au-delà des frontières de ces deux nations, ayant un impact sur l’économie, la politique et la société sur une échelle globale.

L’un des premiers effets serait le développement des échanges commerciaux entre les deux États et leurs partenaires internationaux. Cela apaisera non seulement les relations avec ces derniers, mais aussi celles des pays accueillant d’importantes diasporas israéliennes ou palestiniennes. Les peuples israélien et palestinien eux-mêmes pourraient envisager un futur de cohabitation pacifique.

Mais les conséquences s’étendent encore plus loin. La résolution du conflit pourrait débloquer des coopérations internationales sur des enjeux majeurs, tels que le climat, qui sont souvent relégués au second plan en temps de crise. Elle pourrait aussi marquer le début d’une ère de coopération inédite ouvrant la voie à une transformation majeure du paysage diplomatique mondial. Si une coexistence pacifique entre Israël et la Palestine devient possible, alors elle deviendrait envisageable partout. Ainsi, par cette démarche, nous sommes amenés à reconsidérer nos connaissances et à envisager de nouvelles possibilités d’action mais cette fois-ci au niveau des effets.

Agir en considérant l’enjeu climatique permet de penser que le terrorisme et de nombreux états qui veulent changer l’ordre mondial sont très souvent financés grâce à la manne financière du pétrole, du gaz ou du charbon. C’est le cas notamment des États comme l’Arabie saoudite, l’Iran qui finance le Hezbollah, le Qatar et la Russie.

Ainsi, il semble que le climat et la sobriété énergétique deviennent de potentielles clefs pour la paix, non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans nos propres contrées. En reliant les problèmes entre eux, on ouvre de nouvelles perspectives d’actions et l’on trouve ici de nouveaux arguments pour accélérer la transition énergétique.

Parallèlement, le changement climatique perturbe le Moyen-Orient avec des sécheresses de plus en plus fréquentes et des migrations de population à venir. En accélérant la transition énergétique, nous pourrions faire d’une pierre plusieurs coups : assécher les sources de financement de nombreux Etats voyous, réduire les migrations de populations, sources de perturbations géopolitiques supplémentaires.

Dans un monde complexe comme le nôtre, n’est-il pas temps d’affronter nos problèmes en exploitant toutes les possibilités offertes par la logique moyens effets (logique effectuale). En somme, la méthode FOCAL nous invite à repenser nos modes de raisonnement, pour affronter avec ingéniosité et pragmatisme les défis majeurs de notre époque.

Finalement, ce mode de raisonnement n’est pas nouveau et à montré que dans l’histoire, certains ont su nous faire sortir d’impasses. C’est le cas de l’abolition de l’esclavage en Angleterre au 19° siècle très bien décrit dans le film Amazing Grace de Michael Apted (2012). William Wilberforce aidé de l’avocat James Stephen a lutté pour l’abolition de l’esclavage en décidant de s’attaquer à un maillon critique du système : le transport maritime. En retirant la protection des navires sous pavillon de complaisance américain, l’esclavage est devenu non rentable car le coût du transport des esclaves a été immédiatement renchéri. Plus aucun armateur ne voulait risquer de perdre son bateau devenu impossible à assurer. Une main d’œuvre locale payée devenait moins chère qu’un travail gratuit de personnes transportées. Ceci met en lumière trois règles pour surmonter des défis complexes.

La première règle est de ne jamais s’attaquer frontalement à un système, car il se défendra. C’est ce qu’a appris William Wilberforce, qui a lutté pour l’abolition de l’esclavage. De même, le Hamas s’est retranché dans ses tunnels et mobilise ses alliés pour se défendre.

La deuxième règle est de s’attaquer à un maillon critique du système. Dans le cas de l’esclavage, c’était le transport maritime. Pour le conflit israelo palestinien, c’est la transition énergétique.

La troisième règle est que tout ce qui ne se voit pas ne se conçoit pas. Agir sur la périphérie du système permet d’éviter les réactions des détracteurs. Toute action de transition énergétique semble déconnectée du problème pour la plupart des gens, ce qui n’est pas le cas.

Ces règles s’appliquent à toute transformation d’un système en place et elles soulignent l’importance de comprendre comment agir dans un système complexe pour transformer des problèmes apparemment insolubles.

C’est en changeant notre façon de voir les choses et de raisonner, que nous pourrons enfin trouver des moyens d’agir en face de problèmes les plus inextricables.

Dominique Vian et Quentin Tousart

Dominique Vian est professeur associé en cognition entrepreneuriale à SKEMA Business School. Docteur en sciences de gestion de Telecom ParisTech, Dominique Vian est l’auteur de six méthodes effectuales déjà utilisées dans une soixantaine d’incubateurs, pépinières, technopoles, mais aussi par des consultants en stratégie d’entreprise, des directions générales et d’innovation (notamment ISMA360 et FOCAL).

Quentin Tousart a créé à l’âge de 22 ans, la startup e-commerce Webdistrib qu’il a pu revendre prospère en 2006. Avec un esprit créatif et novateur, il a alors créé Webpulser, une agence e-commerce qui connaît également un joli succès. Ses valeurs principales sont la coopération, l’espoir et la liberté.

l’Hebdo Bourse Plus « Dominique Vian et Quentin Tousart projettent la transformation comme une opportunité d’action et non comme un problème à subir passivement. Un petit livre étonnant de surprises. »

Littérature

Yannick URRIEN

Effectual Impact : partir de soi pour entreprendre de changer le monde à son échelle avec les méthodes effectuales.

Forbes publie « L’ère du leader co-créateur : transformer les désaccords en synergies » de Dominique Vian et Quentin Tousart auteurs de « Partir de soi pour changer le monde »

TRIBUNE DANS FORBES DE QUENTIN TOUSART ET DOMINIQUE VIAN
Dominique Vian, professeur associé en cognition entrepreneuriale à SKEMA Business School. Docteur en sciences de gestion de Telecom ParisTech, Dominique Vian est l’auteur de six méthodes effectuales déjà utilisées dans une soixantaine d’incubateurs, pépinières, technopoles, mais aussi par des consultants en stratégie d’entreprise, des directions générales et d’innovation (notamment ISMA360 et FOCAL).
Quentin Tousart, entrepreneur passionné dans l’innovation numérique
Quentin Tousart a créé à l’âge de 22 ans, la startup e-commerce Webdistrib qu’il a pu revendre prospère en 2006. Avec un esprit créatif et novateur, il a alors créé Webpulser, une agence e-commerce qui connaît également un joli succèsSes valeurs principales sont la coopération, l’espoir et la liberté. 
L’ère du leader co-créateur : transformer les désaccords en synergies

Confronté aux frictions incessantes entre individus, équipes et échelons hiérarchiques, comment le leader navigue-t-il pour réaliser des changements bénéfiques ? Consciemment ou pas, le leader adopte un style parmi trois postures que sont l’autoritarisme, le compromis ou la co-création.

L’autoritarisme provient d’un héritage ancien et profond

Parce qu’il accorde la suprématie au chef, l’autoritarisme permet un processus décisionnel clair. Hélas, il tue l’initiative. Les relations interpersonnelles n’étant pas valorisées, elles ne peuvent que se dégrader. A la fin, il y aura des gagnants et des perdants. Ceci génère un sentiment d’injustice voire de colère du celui qui n’y trouve pas son compte. La fin tragique de Georges Besse (Renault) en 1986 est un exemple caricatural de l’échec de l’autoritarisme.

Le compromis est inhérent à la vie en société

Le compromis, reflet de nos sociétés modernes, s’est largement développé notamment dans les organisations intergouvernementales. En permettant la prise en compte de différents points de vue, il favorise la cohésion du groupe autour d’un intérêt partagé à défendre et l’évolution pacifique. En revanche, le processus décisionnel est plus long. Il instaure une logique perdant-perdant, même si chacun cherche à minimiser sa perte. Par exemple la COP15 de Copenhague a été perçue comme un échec car seul un accord minimal a été atteint pour le climat.

Autoritarisme et compromis visent à gommer ou à diminuer l’impact des divergences tandis que la co-création les valorise en les unifiant. Ils ne seront plus l’objet d’une lutte et deviendront des ressources.

 La co-création, un concept théorisé récemment

La co-création puise ses racines dans des pratiques sociales anciennes de collaboration, mais sa conceptualisation et son essor sont très contemporains. Cette attitude peut se résumer par l’idée de poursuivre un objectif atteignable que je veux et qu’un autre veut aussi. Bien que très puissant, son développement est sans aucun doute freiné par la variété terminologique (coopération, effectuation, intégration, transformation, invention). La co-création favorise l’innovation avec une création de valeur pour tous. Elle développe la confiance car elle s’appuie sur une logique gagnant-gagnant. Elle demande en revanche des compétences en gestion de la complexité. Basée sur une liberté d’engagement, cela ne marche pas à tous les coups.

Comment développer la co-création ?

La littérature décrit ce qu’est un leader efficace. Il est celui qui comprend les sources de divergence, construit la confiance, favorise l’interdépendance et crée des conditions pour intégrer diverses perspectives dans des solutions innovantes. Cependant, elle ne nous dit pas comment faire.

Un cas rencontré récemment est celui de la demande d’un salarié qui a besoin de l’accord de son employeur pour lancer une activité extérieure à l’entreprise et ainsi disposer de revenus complémentaires. 

L’’entrepreneur ne veut pas de conflit d’intérêt, ni que cela perturbe la vie de l’entreprise. Le salarié souhaite travailler en autonomie et varier ses activités perçues comme répétitives.

L’attitude autoritaire consiste à accepter ou à refuser. Le compromis serait de définir des conditions précises de l’exercice d’une activité qui minimise la perte des deux parties. L’attitude de co-création relie des objectifs faussement disjoints. Par exemple, l’employé souhaite diversifier ses activités et le salarié aussi. Tous deux recherchent une augmentation de revenu. L’employeur recherche des opportunités et des personnes motivées, autonomes pour développer de nouvelles activités. Un partage de la valeur à créer est possible.

La méthode “effectual goals”* reprend la co-création comme moteur du changement et propose une séquence en trois étapes. La première favorise l’expression d’une pluralité d’objectifs. Ceux-ci sont ensuite reliés selon la logique moyen-effet. Enfin, la méthode vise à connecter les moyens présents aux futurs souhaités. Cette méthode s’applique à des situations d’entreprises mais aussi à des situations politiques ou géopolitiques voire personnelles. Ces approches nouvelles visent à unifier des différences plutôt qu’à les éliminer.

Quentin Tousart et Dominique Vian « Effectual Impact, Partir de soi pour changer le monde à son échelle avec les méthodes effectuales»

les méthodes effectuales pour analyser l’erreur de Poutine (Ukraine) dans Entreprendre par Quentin Tousart et Dominique Vian)

Faiblesse d’une pensée subjective dans l’analyse des effets : le cas de l’Ukraine 

Pourquoi continuons-nous à rechercher l’homme fort alors que le stratège visionnaire tout-puissant serait voué à l’échec ? Solitaire dans sa prise de décision, n’est-il pas celui qui se prive de la force du collectif ?

Intersubjectivité démocratique contre subjectivité du visionnaire

L’intersubjectivité est un concept qui se rapporte à l’intersection entre les perspectives cognitives des individus [1]. Elle est souvent considérée comme une force intrinsèque aux démocraties, car elle est le résultat d’une communication et d’une compréhension mutuelle entre des individus ayant des points de vue différents. L’intersubjectivité porte sur un point de la situation et ne nécessite pas que les personnes soient d’accord sur tout. Cela peut être un point d’accord au milieu d’un océan de désaccord.  C’est cette petite victoire qui doit être considérée comme la valeur essentielle. Contrairement à l’intersubjectivité, la subjectivité, c’est la pensée d’un seul. Dans le cas de l’Ukraine, l’analyse des effets de la politique de Vladimir Poutine montre que la subjectivité d’un dictateur peut mener à des résultats contraires aux objectifs initiaux.

Le plan Poutine : envahir l’Ukraine pour étendre l’influence russe

Le plan de Poutine visait à envahir l’Ukraine et renverser le pouvoir en place pour empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN et ainsi augmenter la zone d’influence de la Russie. Cependant, le résultat a été exactement l’inverse du résultat recherché : l’OTAN s’est renforcée et la zone d’influence de la Russie n’a pas grandi, sauf en Afrique, très loin du théâtre des opérations.

La subjectivité du visionnaire : un plan rigide et peu efficace

Le dictateur s’en tient le plus souvent à la stricte application d’un plan autour d’un objectif défini et d’une causalité devenue obsessionnelle : la perte territoriale depuis la fin de l’Union soviétique à récupérer. Pourtant, le plan est une approche causale qui, en cas de guerre, ne peut se dérouler sans à-coups, car l’adversaire travaille à déjouer les plans du camp opposé. Pas de quoi s’en offusquer si la fin justifie les moyens. Le dictateur aura toujours le moyen de  minimiser rétrospectivement l’échec d’une partie du plan.

La subjectivité du visionnaire autoritaire se manifeste également dans son besoin de persuader qu’il a raison d’où la propagande. Le plan devient un élément central pour rassurer les Russes : si tout est sous contrôle, il n’y a pas de souci à se faire pour son pays. Cependant, les effets de la situation générée ne sont pas vus, et ce phénomène est amplifié par le fait que les échecs ne sont pas facilement révélés en raison de la peur qu’inspire le dictateur. Il se coupe progressivement de la réalité et renforce sa propre bulle de subjectivité.

L’intersubjectivité dans les démocraties : un atout pour agir efficacement

Dans les démocraties, des écarts de perception existent, mais au fil du temps, les boucles de rétroaction unissent plus qu’elles ne divisent, comme dans le cas des pays de l’Ouest de l’Europe qui ont su donner raison aux pays de l’Est à propos du risque que représentait Poutine. L’intersubjectivité devient une caractéristique des démocraties et est réduite voire inexistante dans une dictature qui ne connaît pas d’opposition interne. Il n’y a de place que pour une seule pensée et un seul discours du chef suprême.

Lors du conseil de sécurité retransmis à la télévision avant le déclenchement de l’opération spéciale en 2022, le président russe Vladimir Poutine n’a pas ménagé son chef des renseignements extérieurs, en lui demandant son avis sur l’indépendance des territoires séparatistes du Donbass. Il est évident qu’il n’avait pas le choix de s’opposer. La séquence semble tout droit sortie d’un film. 

Pourtant, les approches visionnaires solitaires sont souvent valorisées, y compris dans les démocraties, comme en témoigne la tentation de rechercher l’homme fort qui nous protège et à qui l’on remet tous les pouvoirs lors des élections. Il y a là un paradoxe.

La force des démocraties et l’intersubjectivité contre les dirigeants solitaires

A un moment où les démocraties pourraient avoir tendance à se flageller, l’intersubjectivité est une force intrinsèque dont ne dispose pas une dictature. L’intersubjectivité est une représentation partagée. Elle ne nécessite pas un consensus global mais elle est un point d’accord essentiel et suffisant pour décider d’une action. Il s’agit de se le rappeler pour justifier la force des démocraties et d’en tirer profit. En revanche, les dirigeants solitaires s’enferment dans leur propre bulle informationnelle, ce qui peut conduire à des résultats contre-productifs comme dans le cas de l’envahissement de l’Ukraine.

L’intersubjectivité apparaît donc comme une force essentielle pour la prise de décisions éclairées dans les démocraties, contrairement à la subjectivité qui ne peut que conduire à terme à l’échec. Elle est suffisante pour faire face à des situations complexes et permet de s’affranchir d’une prétendue objectivité qui n’est pas nécessaire pour décider de ce qu’il y a lieu de faire.

[1] https://en.wikipedia.org/wiki/Intersubjectivity

Dominique Vian et Quentin Tousart

Dominique Vian, professeur associé en cognition entrepreneuriale à SKEMA Business School. Docteur en sciences de gestion de Telecom ParisTech, Dominique Vian est l’auteur de six méthodes effectuales déjà utilisées dans une soixantaine d’incubateurs, pépinières, technopoles, mais aussi par des consultants en stratégie d’entreprise, des directions générales et d’innovation (notamment ISMA360, qui permet de choisir rationnellement un marché accessible pour une invention, et FOCAL, qui permet d’envisager des actions originales et pertinentes).

Quentin Tousart a créé à l’âge de 22 ans, la startup e-commerce Webdistrib qu’il a pu revendre prospère en 2006. Avec un esprit créatif et novateur, il a alors créé Webpulser, une agence e-commerce qui connaît également un joli succès. Ses valeurs principales sont la coopération, l’espoir et la liberté.

Quentin Tousart sur les Méthodes effectuales dans l’émission « En quête de sens »

COMMENT METTRE TOUTES LES CHANCES DE SON COTE DANS UN NOUVEAU JOB? #EQDS sur Radio Notre Dame 100.7 et RCF RADIO

Ne pas idéaliser ce nouvel environnement. Ce sera du temps gagné ensuite et cela vous permettra d’ éviter de tomber dans la désillusion ! Ne pas lâcher toutes ses cartes d’entrée de jeu mais plutôt observer en silence ce qui se dit entre les portes. Sentir la culture d’entreprise, ses codes etc…. MAIS SURTOUT : Cultiver sa différence ! Éviter à tout prix de jouer au mouton suiveur qui veut rester à distance ! Ça ne marche plus la stratégie du caméléon

Réécoutez https://radionotredame.net/emissions/enquetedesens/07-09-2023/

 

« la méthode la plus adaptée à notre rentrée de septembre » selon Bretagne actuelle (sur « Partir de soi pour changer le monde »)

Partir de soi pour changer le monde. Mettre en mouvement le plus petit dénominateur afin de participer à la modification du plus grand. Dominique Vian et Quentin Tousart projettent la transformation comme une opportunité et non comme un problème à subir. Un petit livre étonnant de surprises.

 

Il existe deux périodes de bonnes résolutions dans le calendrier. Celle où l’on engage le souhait d’un renouveau en début d’année, lorsque toutes les promesses semblent répondre aux plus merveilleux espoirs, et celle davantage professionnelle que l’on s’impose après les vacances, à la rentrée de septembre. Cette dernière pousse souvent à des achats compulsif – livres et autres méthodes – propres au cheminement de la transformation envisagée. Mais quels ouvrages choisir ? Pourquoi celui-ci plutôt que celui-là ? Entrepreneurs… Citoyens engagés… Décideurs… Et même rêveurs… Partir de ce soi pour changer le monde, s’adresse aux personnes désireuses d’une métamorphose personnelle sans savoir par où commencer.

Le canevas d’une vie

Nombreuses sont les méthodes de développement personnel. Il y a celle au nom exotique de Ho’Oponopono qui aide à lâcher prise pour élaguer ses souffrances ; elle nous vient tout droit d’une tradition spirituelle de repentir hawaïen. Également celle de la Psychologie positive (ne pas confondre avec la Pensée positive) qui propose de nous faciliter la vie ; sorte de vision du monde invitant à modifier notre conduite face à telle ou telle situation. Poursuivons avec, cette fois, la Pensée positive, plus connue son le nom de Méthode Coué en autosuggestion constructive : tout va bien, je vais bien. Citons encore le Plan de développement personnel ; il favorise nos agissements selon un processus basé sur la réflexion, la prise de conscience et une mise en place d’objectifs suivant une planification stricte.

Et puis, nous avons Partir de soi pour changer le monde, dans laquelle Dominique Vian et Quentin Tousart proposent de devenir « créateur de changements » à sa propre échelle. La vôtre. La mienne. Celle de toute le monde. Leur livre engage avant tout une réflexion relative aux conjonctures professionnelles, avec toutefois la possibilité d’y voir un calque à poser sur la vie quotidienne, tel un canevas dont chacun aura pour tâche le choix des fils et des couleurs afin de l’ouvrager au plus beau. Il n’est pas question d’en dévoiler ici le contenu exhaustif, juste de reprendre quelques-unes des interrogations dont, bien entendu, les réponses sont à découvrir au cours d’une lecture exaltante. Par exemple,  faut-il être riche pour être heureux ? Non, bien entendu. Il est, en revanche, possible d’imaginer que l’épanouissement puisse venir d’une sécurité financière… Ou encore, quels sont les talents de chacun ? Un individu en possède en général cinq à six ; toutes les autres qualités doivent être envisagées comme des moyens… Etc.

De la philosophie à la méthodologie

Partir de soi pour changer le monde échafaude des solutions au long-cours d’un cheminement professionnelmais la méthode propose aussi (et surtout) des entre-lignes dont le fil rouge subodore la perfectibilité de l’être humain ; ainsi, chacun peut-il se donner la chance de parvenir au but choisi en étant honnête avec lui-même, c’est à dire en acceptant d’être vulnérable, précisément pour mieux lutter contre cette vulnérabilité afin qu’elle ne reste pas un banal handicap. Par exemple, l’un des chapitres du livre s’intéresse à la manière d’aborder les problèmes afin de saisir à bras le corps quelques bonnes résolutions pour y faire face. Notons deux types de problèmes : complexes ou simples. La stratégie pour les solutionner impose de savoir adapter la méthode à la nature du dit-problème. L’approche pour résoudre une problématique simple est toujours cartésienne puisqu’elle prend en compte des éléments connus (simples), alors que les entours de la complexité ne facilitent en rien la recherche d’une résolution idéale, car elle n’existe pas. L’explication complète se trouve page 46. Elle est passionnante. À la fois philosophique, stratégique et méthodologique.

Une existence collective

La réussite parfaite n’existe pas. Ouvrir une méthode avec l’idée que quelque chose « cloche » en soi et qu’il faudra travailler dur afin d’y remédier, n’est pas toujours La solution. Il est au contraire essentiel de savoir s’accepter tel que l’on est. La recherche de l’exploit continuel peut être dangereuse pour les personnes vulnérables ; ce que résume les auteurs en fin d’ouvrage sous cette forme paraphrasée : Ce n’est pas seulement nous OU les autres, mais nous ET les autres. L’existence devient alors collective. C’est cela, « se comporter en leader coopératif dans un cadre professionnel », mais aussi dans la vie quotidienne. En d’autres termes, Partir de soi pour changer le monde se propose d’être la méthode la plus adaptée à notre rentrée de septembre. Libre à chacun…

Romain d’H. LAND
© Septembre 2023 – Bretagne Actuelle

Partir de soi pour changer le monde, un livre de Dominique Vian et Quentin Tousart aux éditions Effectual Impact, 134 pages – 12,99€
Accessible sur Amazon et sur le site Effectual Impact