Hélène Waysbord à l’Institut Culturel du Judaïsme de Lyon le dimanche 7 novembre 2021 à 15h

L’Institut Culturel du Judaïsme (317 rue Duguesclin 69 007 Lyon) reçoit Madame Hélène Waysbord le dimanche 7 novembre 2021 à 15h

Lecture d’extraits choisis par Hélène Waysbord et échanges avec Patricia Drai et Joëlle Vincent

Réservations indispensables au 04 12 04 05 18 ou contact@icj-lyon.org avant le 31/10/21

Pass sanitaire et port du masque obligatoires

Le Nouveau Cénacle a bien lu le magnifique lire d’Hélène Waysbord, merci à Julien Leclercq

Hélène Waysbord publie La Chambre de Léonie aux éditions Le Vistemboir (avec une préface de Jean-Yves Tadié). Un récit touchant en même temps qu’une analyse très fine de l’oeuvre de Marcel Proust.

Et si la littérature était une affaire de compagnonnage, voire d’amitié ? Et si la lecture était une histoire d’amour, exclusive et particulière, avec un auteur élu parmi tous ? Et si lire était l’affaire d’une vie ? C’est en tout cas ce que suggère Hélène Waysbord dans ce récit particulièrement sensible et intelligent, à travers lequel elle revient sur La Recherche du temps perdu qui a traversé son existence.

Proust apprend à lire comme à se lire, c’est tout l’enseignement du Temps retrouvé. Hélène Waysbord comprend tout de l’oeuvre, y compris la volonté proustienne d’édifier une cathédrale intérieure : « Je n’avais pas pensé jusqu’ici que mon identité juive brouillée, une éducation catholique, un élan vers la beauté qui m’était révélée par cette église, le goût du rituel, était une parenté avec l’auteur, élevé dans la tradition catholique paternelle et si fort amoureux d’une mère juive ». La religion catholique imprègne effectivement La Recherche, non pas comme un objet de foi, mais comme un symbole visible de notre architecture intérieure.

Le judaïsme traverse le récit de Hélène Waysbord, pupille de la nation et fille de déportés à Auschwitz, tout comme le « petit monde » de la Recherche apparaît au fil des pages : Bergotte, Swann, Charlus … Ancienne conseillère de François Mitterrand, la figure de l’ancien Président surgit parfois, tantôt pour restituer une conversation, tantôt pour évoquer une visite chez un libraire qu’il affectionnait.

Léonie et Céleste

L’oeuvre de Proust n’aurait pas été celle qu’elle est sans les femmes. Elles sont présentes dans toute son oeuvre : la mère, bien sûr, mais aussi la grand-mère, Françoise, Albertine et la tante Léonie. Dans sa vie, nous pensons bien sûr à Céleste, que Hélène Waysbord entend à la radio lors du premier confinement, et qui fait ressurgir en elle mille et une impressions.

Céleste, la précieuse Céleste, qui a veillé Marcel jusqu’à son dernier souffle, qui arrangeait ses brouillons, corrigeait ses textes, recueillait ses confidences lorsqu’il rentrait tardivement. Son ange gardien, qui confiait : « L’une de mes fiertés, dans l’aide modeste que j’ai pu lui apporter, est de l’avoir tiré d’affaire dans le problème de ses ajouts. Car le gros de son travail était qu’il ajoutait, ajoutait sans cesse, en corrigeant ».

Le lecteur ressent d’ailleurs au fil des pages une tendresse toute féminine à l’égard de Proust, qu’il inspirait très certainement de son vivant à cause de sa fragilité. La Chambre de Léonie est un texte raffiné, sensible et subtil qui est, en somme, à l’image de Marcel Proust. 

Julien Leclercq

« La Chambre de Léonie » d’Hélène Waysbord sur Charybde, superbe lecture

Note de lecture : « La chambre de Léonie » (Hélène Waysbord)

À la recherche de la recherche.

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À la lecture de « La chambre de Léonie », paru en septembre 2021 aux éditions Le Vistemboir, on comprend qu’un exil contraint sur les rivages de Normandie en 2020, territoire que Marcel Proust affectionnait tant, que la rediffusion radiophonique des entretiens avec Céleste Albaret, entrée au service de Monsieur Proust en 1913, ont entraîné et immergé Hélène Waysbord dans une ronde de lectures proustiennes et d’écriture, origine de ce merveilleux livre; un parcours vital en correspondances entre lecture et écriture, tissant en chapitres brefs les secrets de la « Recherche » et ceux de sa propre existence.

La lecture est l’histoire de nos vies, les vêtements imaginaires qu’elle nous prête un temps pour jouer en costumes des rôles où l’on s’apprend soi-même. Ainsi comme un livre, notre vie s’écrit par chapitres. Je vais tenter de relire, pas dans le bon ordre successif mais selon l’émergence des secrets qui m’ont été révélés.

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Pour entrer dans cette chambre d’échos entre la cathédrale proustienne et ses propres secrets, l’auteure n’a pas choisi un personnage célèbre, mais la tante Léonie, grand-tante du narrateur de la « Recherche », malade plus ou moins imaginaire alitée en permanence, qui observe depuis son lit toutes les allées et venues dans le village de Combray et en fait le récit à Françoise, la servante fidèle.

CabourgLa chambre, lieu de l’observation et du récit, est aussi pour le narrateur et pour l’auteure de « La chambre de Léonie » celle du temps de l’enfance, des premières lectures et des arrachements tragiques.

L’éloge de la chambre, comme de la lecture est une prise de possession empreinte de la violence du désir, Fragonard ou le divin Marquis. Pour qui sait regarder, le regard est un viol des secrets cachés, ainsi celui du narrateur plus tard, caché dans les buissons de Montjouvain.

La chambre, lieu du sommeil et du rêve, d’une libération de l’imaginaire, devient le lieu de la création littéraire. S’y développe une exploration fantastique, un monde total. « Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. »

L’écriture agit comme un révélateur rendant visibles les images et les correspondances, une identité juive brouillée après l’arrachement aux parents arrêtés et déportés en 1942, l’éducation catholique reçue par l’enfant cachée dans un village de campagne, l’élan vers la beauté et les vibrations de la lecture.

La guerre m’avait coupée de ma famille, j’étais devenue quelqu’un d’autre, sans archives sur mon origine, un pan de ma vie englouti dans l’oubli. Si J’essaie de démêler aujourd’hui quelle sorte d’obscurité, il m’est difficile de l’exprimer. Peut-on y voir clair dans une âme d’enfant ? Je peux dire qu’il y avait en moi un secret repoussé mais présent, ma judéité. Une menace, une différence. Proust l’était lui aussi, de façon compliquée, juif. Quand je commençai à m’initier à La Recherche, le personnage de Swann, l’intérêt passionné de l’auteur pour l’affaire Dreyfus dut m’apporter quelque chose comme une parenté avec une famille perdue que j’aurais à retrouver.

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Portrait de Marcel Proust par Jacques-Emile Blanche (1892)

L’auteure découvre ses propres secrets en croyant chercher ceux de Proust, écrit Jean-Yves Tadié dans sa très belle préface. Valse-hésitation parfaitement maîtrisée entre dissimulation et révélation, « La chambre de Léonie » apparaît aussi comme une enquête palpitante et dense sur l’écriture proustienne, celle qui permet de « raconter sans dire tout en laissant deviner, du moins soulever un pan du mystère. »

Les « écrans » proustiens, qui jalonnent le récit, la chambre de Léonie, celle de Vinteuil, ou la cour de l’immeuble du narrateur, sont constitués selon un dispositif identique : cadrage, espionnage, dissimulation.  Mais quand on pénètre plus avant le domaine risqué de la sexualité, le rideau est tiré. Plus de vision, subsiste l’audition ; les mots et le vu se disjoignent laissant place à l’imagination, ainsi Charlus pénétrant dans la loge de Jupien au terme d’une quête sans ambigüité.

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Il est tant de façons de lire Proust.

Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu la « Recherche » pour entrer dans « La chambre de Léonie », récit affûté, humble et sensible d’une lectrice perpétuelle de Proust, évocation des instants décisifs d’une vie hors norme au prisme des multiples facettes du génie romancier et des complications de la vie de Marcel Proust ; un récit fascinant qui vous incitera sans doute à aller ou à retourner dans la chambre de Combray, et à commencer ou recommencer cette éternelle « Recherche ».

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L’écrivain Bertrand du Chambon rend un superbe hommage à Hélène Waysbord dans Le Salon littéraire

L’archipel des secrets

On me pardonnera peut-être la réticence qui est la mienne à entrer dans La Recherche, malgré l’amour de Swann pour Odette et les frasques de Charlus. C’est que – encore pardon ! – j’y étouffe, je m’y sens comme obligé de rester dans une chambre capitonnée, et sous la courtepointe. Que l’on apprécie donc mon courage, ma témérité consistant à lire un ouvrage qui est à la fois une rêverie à partir de l’univers proustien, un recueil de suggestions de lectures et un ensemble de fragments autobiographiques.

Il est vrai qu’on y est invité agréablement par l’excellente préface de Jean-Yves Tadié : … C’est l’histoire d’une lecture, genre qui remonte à Montaigne. Il y a en effet plusieurs manières d’être critique littéraire : la première consiste à étudier une œuvre de manière classique et universitaire. Une autre, à montrer comment on a lu, à faire l’histoire de sa lecture, à montrer comment un livre a changé votre vie ou vous a aidé à vivre.
On ne saurait mieux dire.

Hélène Waysbord a donc entrepris d’examiner ce qui la relie au monde proustien – quelques avenues parisiennes, des lettres de jadis, et bien sûr la Normandie – jonglant ensuite avec ce qu’a écrit Proust et ce qu’il a vécu, y découvrant parfois ce qu’elle a vécu elle-même. Née dans une famille de Juifs étrangers qui furent déportés à Auschwitz, cachée en Normandie, plus tard enseignante en classes prépa à Caen, elle devint la protégée de François Mitterrand qui lui demanda, entre autres missions, de présider la Maison des enfants d’Izieu.

En la lisant, on pressent la présence d’un écrivain et d’une personne d’une qualité rare. Un grand désir de révéler des pans entiers de sa vie s’entremêle à un immense besoin de secret, une hantise presque : se cacher. Entre l’envie de se livrer et le besoin de se dissimuler, Hélène Waysbord tisse une toile en laquelle les souvenirs de Marcel Proust et l’évocation de la lecture de ses œuvres sont entrelacés.  

La guerre m’avait coupée de ma famille, j’étais devenue quelqu’un d’autre, sans archives sur mon origine, un pan de ma vie englouti dans l’oubli. Si J’essaie de démêler aujourd’hui quelle sorte d’obscurité, il m’est difficile de l’exprimer. Peut-on y voir clair dans une âme d’enfant ? Je peux dire qu’il y avait en moi un secret repoussé mais présent, ma judéité. Une menace, une différence. Proust l’était lui aussi, de façon compliquée, juif. Quand je commençai à m’initier à La Recherche, le personnage de Swann, l’intérêt passionné de l’auteur pour l’affaire Dreyfus dut m’apporter quelque chose comme une parenté avec une famille perdue que j’aurais à retrouver.

Par des chapitres brefs qui sont autant de nouvelles, l’auteure nous prie de la suivre et mieux, de la connaître ; plus elle se cachera, plus nous devrons faire sa connaissance ; ainsi naîtra-t-elle avec nous. Comme toutes les personnes subtiles, Hélène Waysbord se croit devinée, et peut-être n’en dit-elle pas assez pour que nous la devinions. C’est une princesse de l’implicite.

Mais elle parvient à enchaîner ses chapitres comme des perles, bribes et fragments du passé, îlots du non-dit. Intrigués, nous la suivons et découvrons qu’il y a là mieux que des îles : un archipel.

Bertrand du Chambon

Hélène Waysbord, La Chambre de Léonie, préface de Jean-Yves Tadié, éditions Le Vistemboir, septembre 2021, 127 p.-, 19,90 €

Hélène Waysbord face à Maya Nahum dans L’Etoile et le Jasmin sur Radio J

L’étoile et le jasmin

L’Etoile et le Jasmin est une émission littéraire crée par André Nahum qui, depuis 25 ans donne, en liberté, la parole aux écrivains et à tous les artistes qui posent un regard sur le monde à travers leurs œuvres.

Maya Nahum

Maya Nahum, diplômée d’histoire et de lettres. Auteure, chroniqueuse et scénariste elle a travaillé pour plusieurs médias ( Libé, radio France , a présent Causeur). Elle a enseigné l’écriture pendant 15 ans.
Elle présente un jeudi sur deux à 10h35, l’émission « L’étoile et le jasmin » au micro de Lise Gutmann.

Réécoutez l’émission ici : 

Lise Gutmann

Aprés des études avancées d’anglais et de yiddish elle a aujourd’hui une double carrière: journaliste et professeur de Yiddish.

Lauréate de deux prix du yiddish pour son action en faveur de la langue et de la culture, les prix Cukierman et Korman, elle anime le 10/11h de Radio J du lundi au vendredi.

« La chambre de Léonie est un livre littéraire et passionnant de révélation de soi qu’on lit et qu’on relit »

Hélène Waysbord, La chambre de Léonie

La chambre de Léonie est un autre livre du Confinement. C’est en effet parce qu’elle se trouvait pour voter dans sa maison de Normandie lors des municipales de 2020 à Courseulles-sur-Mer que l’auteur s’est trouvé bloquée en province, oisive, sans possibilité de relations sociales autres qu’à distance. Dès lors, quoi faire sinon lire ? Un volume de Proust qui traîne et voilà que revivent les souvenirs. Car le jeune Marcel est un grand observateur sensitif et le Proust adulte un grand malade forcé à garder la chambre. Il ne vit dès lors qu’en imagination, recréant les sensations, les émotions, les réflexions. Ce pourquoi La Recherche du temps perdu est si précieuse.

Non seulement sur une époque, non seulement sur une sexualité particulière, mais surtout pour chacun. A 85 ans, la chargée de mission des grands travaux de Mitterrand se remémore sa vie en s’imbibant de Proust. Elle en avait fait son thème de mémoire en licence de Lettres à propos de la métaphore chez l’auteur. Ce fut un premier pas. Au crépuscule de sa vie, elle se redécouvre en lui. Comme Proust à sa mère juive, elle a en effet été très attachée enfant à son père juif ; comme lui elle a connu la ségrégation d’être différente ; comme lui elle a été éduquée catholique et insérée dans la vie mondaine parisienne ; comme lui elle a côtoyé les plus grands et a pu observer leurs mœurs.

De ces affinités électives, ce qu’elle conclut, à l’issue de chapitres d’impressions de relectures, est une révélation. « Au départ, j’avais mis mes pas dans les siens sans savoir où il conduisait. (…) Je comprends maintenant, il s’agit – comment dire ? – d’une remontée tactile née de sensations du présent qui en rappellent d’autres dans la profondeur du senti. Chaque être sans doute reste le corps vibrant des traces d’origine qui l’ont comblé, seules quelques-unes seront revivifiées. Proust apprend cela si on s’abandonne à lui » p.120. C’est un langage du corps indépendant de la mémoire raisonnée, où passé et présent coexistent dans la sensation. Une perception qui renaît comme un déjà vécu en certains moment rares de réminiscence. « L’intelligence de Proust s’est consacrée à élucider ces instants de temps à l’état pur, arrachés aux contingences du moment, à toute la chronologie de ce qui serait déjà joué. Des images instantanées de l’éternité » p.120.

Dans cette lecture à la Montaigne, qui suscite un écho en vous et vous fait dire ou écrire, le livre aide à vivre. Il prolonge l’élan spontané qu’a l’adolescence à « aimer » un livre ou un auteur – bien loin de la cuistrerie analytique sommaire des cours scolaires, qui incite au contraire par sa sécheresse et son décorticage sans but à « détester » un livre ou un auteur.

L’écoute des entretiens de Céleste Albaret, la bonne de Proust, a incité Hélène Waysbord à s’intéresser à la tante Léonie, la malade imaginaire d’Illiers-Combray qui se goinfrait de ragots de village autant que de madeleines au thé. De son poste d’observation au-dessus de la place, dans sa chambre close où elle recueillait la vie du dehors, la tante Léonie est le prototype de Marcel, la révélatrice que l’œuvre qu’on écrit révèle votre vie même.

La chambre de Léonie est un livre littéraire et passionnant de révélation de soi qu’on lit et qu’on relit, préfacé par l’actuel spécialiste de Proust, éditeur de ses œuvres en Pléiade, Jean-Yves Tadié.

Hélène Waysbord, La chambre de Léonie – préface de Jean-Yves Tadié, 2021, éditions Le Vistemboir (Caen), 125 pages, €19.90

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

L’Humanité a eu un coup de coeur pour « La Chambre de Léonie »

Alain Nicolas a bien lu « La Chambre de Léonie » d’Hélène Waysbord

« Le point fixe et douloureux de mes préoccupations » C’est de sa chambre que parle Marcel Proust dès le premier chapitre de « Du côté de chez Swann ». Chambres habitées, chambres rêvées, chambres écrites, la Recherche s’écrit de chambre en chambre, jusqu’à celle, tapissée de liège, où l’auteur s’enferme pour construire sa cathédrale, « monarque couché » n’admettant à ses petits levers que quelques privilégiés. Hélène Waysbord a consacré un mémoire à la métaphore chez Proust. C’était dans les années 1950, quand l’auteur était peu étudié. Revenant sur cette attraction, elle fait de kla chambre une figure centrale, le jalon d’un parcours où la lecture de l’oeuvre et les souvenirs de sa propre vie se côtoient sans se confondre. Il faut de l’audace pour prendre le risque d’être prise pour celle qui se prend pour Proust. Hélène Waysbord tient ce pari et nous livre quelques clés d’un itinéraire étonnant, qui conduisit la petite fille juive cachée à la campagne sous les ors de la République, comme conseillère de François Mitterrand pour les grands projets, sans jamais perdre le goût de la madeleine. Alain Nicolas dans L’Humanité

Lancement de « La Chambre de Léonie » d’Hélène Waysbord à l’IMEC le 18 septembre à 16h30, animé par Jean-Yves Tadié

Rencontre avec Hélène Waysbord “La Chambre de Léonie” (ed. Le Vistamboir, 2021) – Animé par Jean-Yves Tadié à l’IMEC abbaye d’Ardenne, 18 septembre 2021, Saint-Germain-la-blanche-herbe.

Rencontre avec Hélène Waysbord “La Chambre de Léonie” (ed. Le Vistamboir, 2021) –

Animé par Jean-Yves Tadié
IMEC abbaye d’Ardenne, le samedi 18 septembre de 16:30 à 18h.

Premier confinement, Hélène Waysbord quitte Paris et se réfugie dans sa maison de Normandie. Ce mois de mars 2020, France culture diffuse une série d’émissions consacrées à Céleste Albaret, la fidèle gouvernante qui veillera sur Proust jusqu’à son dernier souffle. Hélène Waysbord est bouleversée. Aujourd’hui, elle s’interroge : “Pourquoi l’attrait envers Proust et la Recherche comme s’il créait une chambre d’émotions qui coïncide avec la vie profonde, enfouie ?” Dans ce roman personnel, Proust, fantôme qui hante l’espace normand de la narratrice, révèle et cache à la fois le secret. “L’auteure découvre ses propres secrets en croyant chercher ceux de Proust” (J.Y.Tadié). Au cours d’une saison décisive, les battements du temps et la pulsation de l’écriture vont se confondre par delà toute chronologie. Biographie : Hélène Waysbord est née à Paris dans une famille de juifs étrangers, déportés à Auschwitz. Cachée en Normandie et devenue pupille de la nation, elle fit des études classiques et enseigna en classes préparatoires au Lycée Malherbe à Caen. Elle fut à partir de 1982 conseillère de François Mitterrand pour les Grands projets. Au début des années 2000, Présidente de la Maison des enfants d’Izieu et haut fonctionnaire au ministère de l’Education nationale, elle conduisit des missions successives sur le thème de la mémoire pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme. Amoureuse de la région normande elle y vit la plupart du temps et se consacre à l’écriture.