Grand entretien – Catherine Bonnet-Litzler dans Lettres capitales

Interview. Catherine Bonnet-Litzler : « Tout vient de la beauté du monde extérieur, faut-il encore la voir »

Du 7 au 17 octobre 2021 vous pourrez visiter la première exposition de peinture de Catherine Bonnet-Litzler  “AU FIL DE L’EAU”,  à la Galerie 5 – 5 rue Jacques Callot – 75 006 Paris (du lundi au samedi de 11h à 19h30) (présence quotidienne de l’artiste près de ses œuvres). Il s’agit d’une occasion unique d’admirer ce que cette artiste peintre appelle « le jaillissement joyeux du mouvement », dans deux séries de tableaux dédiées aux poissons et aux fleurs.

Bonjour Catherine Bonnet-Litzler, la première question qui me vient à l’esprit est liée à cette affirmation que vous écrivez dans le préambule de votre présentation : «  La peinture est pour moi une seconde vie ». Cela me fait penser à cette citation de Pierre Bonnard qui dit : « Il ne s’agit pas de peindre la vie. Il s’agit de rendre vivante la peinture ». Êtes-vous d’accord avec ce rapprochement ? Dans quelle mesure vous concerne-t-il ?

Bonjour. Je suis particulièrement émue que la première question évoque Pierre Bonnard car il est un de mes peintres préférés et pour lequel j’ai une grande admiration.

À un moment de mon parcours, et après avoir travaillé longtemps le dessin et l’apprentissage des techniques de la peinture, j’essayais de faire des tableaux « bien faits » en essayant de respecter le plus possible ce que j’avais appris. Un jour, voyant mon travail, un ami m’a demandé si ce que je faisais me plaisait.

Je ne regardais pas mon travail avec cet œil-là mais avec l’œil de celle qui veut bien faire, respectant le mieux possible les techniques apprises. Et j’ai réalisé que je n’avais pas envie d’accrocher mes tableaux chez moi !

À partir de ce moment, qui a été une révélation, j’ai commencé à travailler, non pas avec ma tête, mais avec mes « tripes ».

Ça à l’air très évident dit comme cela, mais ça m’a pris beaucoup de temps avant de trouver mon écriture, mon propre sens de la peinture.

Je pense que c’est ce que Bonnard veut nous faire passer comme message. Rendre la peinture vivante, c’est faire ressentir, en la regardant, la sincérité que le peintre y a mise, son émotion, qui aura peut être un écho dans le regard du spectateur.

Je ne cherche pas à faire passer un message dans ma peinture, mais j’essaye le plus possible d’être sincère, d’exprimer ma joie d’être en vie et le bonheur que j’ai de peindre.

Si l’on ressent cela en regardant mes toiles, alors peut être qu’elles sont un peu vivantes, comme le dit Pierre Bonnard.

Vous évoquez également, en parlant de votre parcours, un long cheminement et un apprentissage méticuleux. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce parcours, sur vos maîtres et sur l’école de peinture à laquelle vous avez été formée ?

Le cheminement est de deux sortes : en premier lieu, celui d’apprendre le métier que j’ai eu la chance de faire auprès d’un professeur extrêmement doué et passionné, Patrice de Pracontal à l’Atelier de Recherche Pictural qu’il a créé à Issy Les Moulineaux. J’ai eu la chance d’être acceptée dans son école où se côtoient des jeunes apprentis-restaurateurs, d’autres déjà peintres venant se perfectionner, et d’autres, comme moi, débutants mais passionnés, volontaires, voire acharnés… Patrice nous mettait à l’épreuve en nous faisant dessiner un compteur électrique pendant de longues semaines, jusqu’à ce que les dimensions, l’emplacement des interrupteurs soient parfaitement exact ! et ce, avant de toucher le moindre pinceau.

Je pense qu’il testait nos aptitudes, mais également notre patience, notre sens de l’effort et la véracité de notre engagement.

Une fois adoubée, j’ai pendant 8 années appris les techniques de la peinture en faisant des natures mortes, des copies, en regardant et en écoutant ce maître très érudit, qui ne se lassait pas de nous parler de peinture, d’histoire, des peintres, mais également de chimie et de physique pour que nous comprenions l’alchimie des couleurs et de la lumière sur la toile.

J’ai ensuite rejoint Edgard Sailen à l’atelier Artien de Montrouge. Il m’a beaucoup aidée à franchir ce pas du « lâcher prise », grâce à sa pédagogie et à sa bienveillance.

Il faut en effet trouver sa voix et suivre son propre chemin. C’est le moment le plus difficile car cette liberté s’accompagne d’errements, de doutes et d’incertitudes permanents alors qu’en même temps, il faut montrer de la détermination, voire de l’obstination au moment où l’on est dans la confusion la plus totale.

La peinture est une école de l’humilité, de la patience et de la persévérance. Et il ne faut jamais renoncer à ses idées.

Une autre phrase que vous écrivez dans la même présentation a certainement une valeur de credo esthétique : « Ce travail très exigeant m’a appris à regarder, à m’arrêter sur les choses, et à les voir, tout simplement ». Quelle place occupe pour l’artiste que vous êtes cet éloge du regard patient, apte à surprendre l’unicité et la beauté du monde ?

Tout vient de la beauté du monde extérieur, faut-il encore la voir. Pour cela il faut savoir être attentif, curieux et il ne faut jamais relâcher l’attention. C’est un apprentissage au quotidien, ce regard n’est pas inné, il s’acquiert et s’enrichit chaque jour.

La chose la plus importante que m’a apprise Patrice de Pracontal, c’est m’arrêter sur les choses pour vraiment les regarder, puis les voir, en dépassant la vérité objective que l’œil renvoie à l’esprit, et n’en garder que l’émotion.

Cela oblige à se libérer du savoir, s’emparer du monde extérieur avec tout son être, pour ne conserver que les sensations. C’est un exercice proche de la méditation.

Mais plutôt que l’unicité du monde, ce sont bien les multiples facettes de la beauté qui m’interpellent, qui vont me surprendre et m’aider dans l’acte de création.

Évidemment, tout vient de la beauté du monde extérieur, je n’invente rien, mais la façon dont je vais la regarder va m’aider à en saisir quelque chose.

Et c’est aussi la beauté de ce travail de peintre, car plus on est dans cette contemplation, plus on affute son regard et plus on approfondit sa vision du monde. On est alors heureux de parcourir ce chemin.

Puisque nous évoquons la beauté du monde qui nous entoure et notre manière de l’admirer, je souhaiterais vous demander de commenter cette citation prononcée par François Cheng dans LGL du 29 janvier 2020 : « La beauté n’est pas un simple ornement. La beauté est un signe par lequel la création nous dit qu’elle a du sens ». Que pensez-vous en tant qu’artiste peintre maniant les proportions et les couleurs à la recherche de ce sens de la création dont parle le grand écrivain ?

Selon François Cheng, la beauté nous montre que la création du monde ne s’est pas faite par hasard mais qu’il y a eu une intentionnalité. Il pense qu’il y a donc un pouvoir supérieur, et cette transcendance nous vient par le biais de la beauté. Et il lie ce pouvoir supérieur à l’existence de l’âme, qui serait le champs de la création artistique, du ressenti, de l’émotion.

Je ne suis évidemment pas philosophe et je ne réfléchis pas au sens philosophique de la beauté. Mais lorsque je regarde la nature, j’ai plutôt le sentiment que c’est l’élan vital qui m’inspire et me subjugue. C’est la croissance permanente de la nature, sa fécondation exubérante et incessante qui la fait pousser dans tous les sens, s’élever, s’enrouler et se mélanger qui m’enthousiasment.

C’est cette beauté là que j’ai envie de saisir.

Même si la recherche des belles proportions a été longtemps un élément déterminant de la beauté, la peinture d’aujourd’hui vise à autre chose. En cela je suis d’accord avec les propos de François Cheng, le simple ornement ne suffit pas.

Et je suis d’accord avec l’idée qu’il ne s’agit pas simplement de bien manier les proportions, mais qu’il doit y avoir quelque chose en plus qui vient du tréfonds de soi ; l’émotion, le ressenti, mais aussi et surtout, une très grande sincérité.

Je comprends que c’est ce que François Cheng appelle l’âme.

Les sujets des tableaux choisis pour votre exposition concernent les poissons et les fleurs, alors que vous avez peint également des paysages et des portraits. Pourquoi ce choix ?

Ce n’est pas une décision objective de ma part, les choses se sont passées ainsi. Comme je vous l’ai indiqué, j’ai essayé à un moment de faire une peinture qui me plaisait, alors j’ai laissé mon imagination errer sur la toile.

Je suis naturellement influencée par ce qu’on fait les peintres, par mes visites de musées. Mes influences viennent essentiellement des peintres de la moitié du 19e siècle jusqu’à la moitié du 20e siècle, les impressionnistes et post impressionnistes, Degas, Monet, Gauguin, Soutine, Bonnard et les autres nabis, mais aussi plus tard Nicolas de Staël, Poliakov, Truphémus, et puis les expressionnistes abstraits américains, comme Richard Diebenkorn. Mais il y a également des peintres moins connus comme Roger Mühl que je collectionne, et beaucoup de peintres actuels comme Elisabeth Cummings, Jean Pierre Ruel, Vincent Tanguy, Véronique Lafont, Marion Robert… etc la liste est infinie et ma curiosité incessante.

Alors je cherche, je visite, je fouine, je regarde, j’admire puis « j’ingurgite », je prends des idées, des images, des couleurs, des formes aussi. Le travail des autres peintres me remplit de sensations, d’envies et d’inspirations.

Je n’ai pas peint les séries de poissons et de fleurs à la suite, mais en faisant de nombreux allers et retours. Il y a certains tableaux qui sont apparus avec fulgurance, et puis ensuite, plus rien. Je n’essaye pas de faire pour faire, car ça se sent immédiatement et le tableau est raté.

En revanche, il faut travailler avec obstination pour qu’un jour apparaisse quelque chose.

Pour l’exposition « Au fil de l’eau », j’ai réussi à peindre une quarantaine de toiles avec une certaine unité.

En ce qui concerne les paysages, j’ai fait quelques toiles mais je me suis ensuite dispersée. Je les ai donc mis de coté.

J’y travaille de nouveau en ce moment et j’aimerais que les paysages et les maisons du bord du lac surgissent au milieu de l’eau, du ciel et des montagnes.

Le milieux aquatique est symboliquement identifiable comme biotope primordial portant l’origine de la vie. Vos poissons sont saisissants à la fois par leur dynamique en mouvement et par le regard étrange qu’ils renvoient vers celui qui les regarde. De quelle beauté ces insaisissables silhouettes sont-elles le nom ? Et de quelle idée de liberté ?

Je vis une partie de l’année au bord d’un lac, et l’eau est une composante très importante de ma vie. Il paraît que j’ai su nager avant de marcher, il faut donc croire que j’ai depuis toujours une relation très forte avec l’eau.

Un tableau de Jacques Truphémus m’a beaucoup inspiré : « Retour de marché » où l’artiste a peint des poissons jetés en vrac sur une table, probablement au milieu de la glace, le tableau étant à dominante de roses et de jaunes. J’y ai puisé mon inspiration et ai voulu mes poissons ainsi, « jetés » sur la toile, mais je les ai peint dans un univers bleu et ils sont vite devenus vivants, se déplaçant en banc.

J’ai laissé mon geste m’entraîner en structurant mes tableaux avec de grandes horizontales, où les tâches de couleurs sont devenues des poissons, souvent grâce à leurs yeux : c’est une tâche noire entourée de blanc qui font que ces poissons sont vivants. Dans « Sauve qui peut », le geste autour de l’œil donne au poisson un air mauvais, presque méchant, d’où le titre que j’ai donné au tableau.

C’est cela qui m’a plu, les tableaux prenaient forme au fur et à mesure, sans une intention précise.

Ces poissons sont donc l’expression de la liberté de créer à l’état pur, sans aucune autre intention que celle d’exprimer le bonheur de peindre.

Le même mouvement régit vos tableaux de fleurs. Est-ce que cet élan vertical porte pour vous le message d’un hommage à la victoire de la vie ?

Si j’ai peint mes premiers poissons il y a plus de 5 ans maintenant, j’ai commencé la série des fleurs juste après le deuxième confinement quand j’ai pu retourner en Italie. Cette peinture a été comme un jaillissement après l’enfermement, car pendant le premier confinement, je suis restée chez moi à Paris, dans une pièce assez petite et mal disposée pour la peinture, et j’ai donc essentiellement dessiné ou travaillé des portraits à partir de photos.

Ça me touche évidemment que vous parliez d’un hommage à la victoire de la vie, car avant la peinture, mon parcours a longtemps été compliqué, sombre, dominé par des écueils et des problèmes de santé.

Là aussi, l’apprentissage de la vie s’est fait sur la durée, avec beaucoup de patience, d’envies et de détermination.

Il y a évidemment des choses qui vous tombe dessus, mais chaque parcours est une longue suite de choix, de décisions qui vous mènent là où vous voulez si vous avez assez de patience, de volonté et ne craignez pas le travail.

Sur une toile, on fait ce que l’on peut et non ce que l’on veut comme le répétait  souvent Gauguin. Mais si l’on est sincère lors de l’exécution d’une toile, peut être qu’il y a quelque chose de ce que l’on « veut » qui finit par émerger.

Ce que vous ressentez, c’est clairement l’élan de vie car c’est bien cela qui me plaît, ce à quoi j’aspire et qui me porte.

J’ai toujours confiance en la vie, je suis une éternelle optimiste et je le traduis dans mes couleurs, dans ma gestuelle.

C’est très consciemment un hommage à la victoire de la vie.

Deux éléments attirent ici encore le regard : la multiplication des sujets sous forme de bouquet de chardons, de fleurs champêtres, etc. et la cinétique qui suggère leur communication secrète. Comment construisez-vous l’architecture de vos tableaux afin d’obtenir l’harmonie nécessaire ?

Mes fleurs ne sortent pas totalement de mon imagination : chaque tableau est peint à partir de celles que j’ai vues dans la nature et que j’ai photographiées.

J’ai une photothèque immense que je conserve par thèmes pour les utiliser le moment venu, et qui me servent de support. Je fais souvent un croquis avant de me lancer sur la toile.

En revanche, je les restitue avec une grande liberté et je peux mélanger diverses sources d’inspirations.

Je commence souvent par des à-plats de couleurs qui viennent structurer les grandes masses de mon tableau. Puis j’y incorpore les éléments de verticalités pour créer l’architecture de la toile.

Je place les couleurs sombres, ensuite je pose les taches de couleurs, puis je retravaille le fonds et je reviens sur les demi teintes.

Je multiplie les couches, j’utilise un médium que je fais moi-même en mélangeant huile cuite et huile crue de lin, plus onctueuse.

Je mélange souvent les couleurs directement sur la toile pour que l’œil fasse son propre mélange, mais je peux également laisser la toile sécher et les à-plats se superposer.

C’est par un geste plus libre et une utilisation d’une plus grande quantité de médium entre les éléments, que je cherche à suggérer leur mouvement.

Mon travail est le résultat de nombreuses étapes successives. Je reprends régulièrement mes toiles et quand je n’y arrive pas, je peux laisser mon tableau en « jachère » pendant des jours, des semaines, voire des mois.

L’harmonie des couleurs vient au fur et à mesure de ce travail, et quand par bonheur elle apparaît, je m’arrête, même si j’ai le sentiment que ça n’est pas complètement fini.

J’aime bien l’idée que le tableau reste « ouvert ».

Sans rentrer dans des détails trop techniques, pourriez-vous nous parler du choix et de l’importance que représente pour vous les couleurs utilisées dans votre peinture ?

J’utilise une palette assez réduite d’une dizaine de couleurs environ : du Bleu ultramarine, du Cobalt, du Bleu phtalo, de l’Ocre jaune, du Jaune citron, un Rouge de cadmium, de l’Alizarine, de la Terre d’ombre brulée, du Blanc et du Noir.

J’aimerais être plus subtile dans mes mélanges mais je n’y arrive pas toujours, et ma gamme chromatique reste dans mon désir, trop égale.

La gestuelle est également très importante : ma peinture peut être déposée en petites touches, posée sur la toile avec des grands mouvements de pinceaux ou déposée en épaisseur grâce à l’usage de spatules.

Je n’ai pas peur non plus de faire des projections de peinture à l’aide d’ustensiles divers ou d’appuyer directement un tube sur la toile.

Je n’invente rien bien entendu, mais je ne m’interdis aucun mélange de style.

Et il m’arrive très souvent, à la fin d’une journée, d’enlever tout ce que j’ai fait, de gratter complètement la toile, voire de la nettoyer avec de l’essence et de recommencer le lendemain…

Mais quoi que je peigne, le bleu reste ma couleur fétiche, la base de mon inspiration. Tous mes verts viennent également de mes bleus, et je n’ajoute que rarement une touche de Vert de vessie ou d’Emeraude.

Je travaille actuellement sur des paysages qui émergent d’un univers qui pourrait être le ciel, la montagne, ou l’eau.

Toujours beaucoup de bleu.

En guise de conclusion, permettez-moi de citer ces mots de Picasso : « Un tableau ne vit que par celui qui le regarde ». Comment voyez-vous ce lien entre l’artiste, l’œuvre d’art et la personne qui la regarde ?

Je suis d’accord avec cette citation, même si mon expérience dans ce domaine est très courte.

J’ai longtemps gardé mon travail caché, je montrais très peu ce que je faisais car je craignais le regard extérieur et ne me sentais pas légitime dans ce monde de la création artistique.

Et comme je vous l’ai déjà dit, j’essayais de bien faire et ne laissais pas errer mon imagination créative.

Lorsque je me suis laissée aller à plus de liberté, j’étais en même temps contente de ce que j’avais réalisé, tout en ayant le sentiment d’un travail moins abouti.

Et c’est le regard de mes premiers spectateurs qui m’a permis de creuser dans la voie que j’entr’apercevais, et qui d’une certaine manière, m’a révélée en tant que peintre. L’intérêt porté à mes peintures m’a éclairée sur mon propre travail.

Je vais donc, avec ma première exposition, connaître ce que Picasso a écrit, à savoir laisser mes tableaux prendre vie dans le regard des autres.

J’y suis prête, même si cela m’a pris 15 ans.

Jusque là, confronter mes tableaux au regard des autres, c’était être sous le joug du jugement.

Aujourd’hui, j’ai compris que ce regard me permettait d’avancer car ce sont les interrogations du spectateur qui expliquent quelque chose du tableau et me font découvrir ce que je ne suis pas sûre d’avoir intentionnellement peint.

Et tant pis si mes tableaux ne m’appartiennent plus, je me suis moi-même approprié nombre d’autres.

En revanche, ce qui m’appartient, c’est le chemin parcouru, même si mon mari me répète régulièrement que le plus important est celui qui reste à parcourir. Et de me citer Stendhal : « Si la vie cessait d’être une recherche, elle ne serait plus rien ».

Et même lorsque je me sens complètement dans le fossé, il paraît que ça fait partie du chemin …

C’est dans tous les cas un voyage sans fin, qui me rend également infiniment heureuse, et je le vis comme une grande chance.

Propos recueillis par Dan Burcea