Le magazine GRAZIA met à l’honneur la Gymnosophe Anne Bouillon

Gymnosophie : qu’est-ce cette nouvelle pratique qui allie gym et philo (oui, oui)

Si vous hésitiez encore entre philosopher avec Nietzsche – et ses compères- et une séance de gym pour faire un sort à votre nouveau tapis, ce n’est plus la peine de choisir, la « gymnosophie » est la pratique qu’il vous faut.

Le confinement c’est dur… Sur les réseaux sociaux c’est pire. On ne compte plus les initiatives farfelues censées nous divertir et nous maintenir en forme. J’ai, comme beaucoup d’entre-nous, passé des heures à scroller sur Instagram et sur Facebook. J’ai fini par atterrir sur la page « la gymnosophe » créée par une certaine Anne Bouillon. Cette trentenaire au physique de Betty Boop (en blonde) a décidé de lier ses deux passions, la philosophie et le yoga pour en faire une activité rémunératrice, autrement dit, son métier.

Gymnosophie, la discipline qui allie travail du corps et de l’esprit

« Le yoga ne se limite pas à la pratique des postures (les asanas) mais il englobe aussi la philosophie de la connaissance (sâmkhya), sa base théorique« , affirme t-elle. Ce nouveau concept tout droit sortie de la cuisse d’Anne Bouillon était en fait plutôt sortie de celle de Jupiter (ou de ses contemporains ) si l’on en croit la page Wikipédia datant cette pratique et cette philosophie de vie au II ap J-C.

Je n’y connais rien en yoga. Je n’avais donc rien à perdre à tester ce qui paraissait sur le papier une initiative originale. Je me suis donc rapidement rendue sur la page Facebook à l’heure indiquée pour un cours en live. La jeune femme accueille ses élèves, assise en tailleur, un livre à la main pour citer Nietzsche.

Son chien apparaît à l’écran à maintes reprises, il vient se placer devant la caméra et détourne en grande partie mon attention. Après quelques tentatives, mon corps me signale qu’il y a encore du travail a effectué pour être une yogi digne de ce nom.

Gymnosophie : comment se passent les cours ?

Je décide après coup d’aller à la rencontre (virtuelle) de celle qui a remis au goût du jour une pratique vieille de plus de 2000 ans.

Grazia : quels sont les philosophes que vous citez dans vos cours et pourquoi ces choix particuliers ?

Anne Bouillon : les philosophes que je cite m’apportent des idées et inspirations pour répondre à des questions qui m’ont été posée ou bien pour suivre une problématique générale. Le thème de réflexion n’a pas tellement d’importance, c’est surtout l’occasion d’apprendre des choses, et les questions des participants fusent d’elles-mêmes et c’est toujours inattendu et passionnant. Par exemple, pendant mes cours en live axé sur le confinement, thème qui s’imposait de lui-même, j’ai lu Le Livre rouge de Jung, qui m’a semblé répondre parfaitement aux questionnements que suscitent la solitude, le retour en soi-même, la traversée du désert et sans nul doute, la peur.

Tout type de yoga comporte sa part de spiritualité. Votre spécificité est d’y ajouter de la philosophie. Comment construisez-vous vos cours ?

Si on revient à ce qu’est intrinsèquement le yoga, on s’aperçoit que la philosophie n’en a jamais été séparée, sauf peut-être à notre époque où le yoga des réseaux sociaux paraît en partie dévoyé en un nouveau culte du corps. Lire, apprendre, comprendre, sont indissociables du yoga. Si on en néglige cet aspect, on ne fait pas vraiment de yoga.

Quel est votre parcours et quel a été le déclic ? À quel moment de votre vie le yoga a fait son entrée ?

Ma préhistoire, gymnaste. Mon histoire : docteur en philosophie. Mon présent et mon avenir : gymnosophe. Pendant mes études de philosophie, j’ai été frappée par une incohérence : tout ce qu’on apprenait visait selon moi une pratique, un art, une technique, mais jamais on ne nous suggérait de faire l’expérience du vécu vivant de la pratique, du « gai savoir » (union de la pensée et de la vie) nietzschéen que l’on mettait par ailleurs en avant. Montaigne reprend à Socrate l’idée devenue un poncif selon laquelle « philosopher, c’est apprendre à mourir« , alors quoi, apprenons donc concrètement à mourir au lieu de causer et gribouiller de mauvaises pages !

Je me suis mise un par hasard au yoga en voulant me challenger au Bikram yoga (une série de 26 postures par 40 dégrés), et ça a été une révélation. Tout m’a toujours semblé trop lent, je vais très vite, très vite, toujours trop vite : il me fallait donc apprendre à maîtriser ma vitesse, mon rythme, mon intensité et le yoga était parfait pour cela. Apprendre à ralentir. Plutôt qu’une révélation, le yoga a été une réminiscence, car je me suis alors souvenue que ma mère m’avait initiée à quelques postures de yoga et aux spiritualités indiennes et orientales quand j’étais enfant, toute une part de moi-même que j’avais oublié dans le rationalisme sceptique. C’est aussi ma mère qui me lisait les grands mythes grecs avant que je m’endorme.

Qui sont vos élèves ?

Mes élèves sont tous singuliers, et c’est vraiment ça qui est formidable. Ils vivent et incarnent postures et pensées à leur propre manière et me surprennent toujours. Je travaille avec des enfants, des hommes et des femmes de tous les âges, genres et appartenance sociale et culturelle. Je suis si heureuse qu’ils puissent s’inspirer de mes cours dans leur vie. Leur point commun, c’est qu’ils sont tous plus doués, intelligents et beaux que moi !

Lors de vos cours en live, on aperçoit votre chien à maintes reprises, cela apporte quelque chose de familier. Est-ce comme ça que vous envisagez la discipline (avec un côté humain et personnel) ?

Je considère que les animaux sont des personnes comme vous et moi. Alors, comme par la force des choses, les cours en live du confinement ont lieu dans mon salon, je laisse mon chien Clotaire et ma chatte Sidonie participer librement. Je n’ai même pas songé à leur interdire l’accès à la pièce où je travaille. Pourquoi les priver de participer ? L’important, c’est ce lien inconscient, cet état de conscience caché dans la zone intime du cœur (qui s’appelle en sanskrit turiya) et qui nous met tous, plantes, animaux, animaux-humains, au diapason. C’est ainsi que l’on peut trouver dans notre propre singularité la part universelle qui nous relie tous.

Débutant tous les jours de 16h45 à 17h45

Tous niveaux, tous les jours de 18h à 19h

Tarifs :

10 euros le cours

75 euros la carte (10 cours).

lagymnosophe.com

OPERATION CORONAVIRUS : un texte inédit de La Gymnosophe

Balustrade Coronavirus, auteurs vertus du confinement

Balustrade coronavirus, auteurs sur les vertus du confinement

Anne Bouillon, docteure en philosophie et professeure de yoga dite « La Gymnosophe » Durant le confinement, Anne Bouillon propose des cours de gymnosophie (philo-yoga) gratuits que vous pouvez suivre à 18h sur sa page facebook en direct ici : https://www.facebook.com/lagymnosophe/

Ce retrait du monde social qui nous est imposé est en vérité une chance inouïe et inespérée, l’occasion de nous retrouver, voire de nous chercher nous-mêmes pour la première fois, de plonger en soi et de suivre le chemin de nos âmes parfois perdues dans l’agitation perpétuelle, la course effrénée dans vers le néant. Dans cet anéantissement provisoire d’une partie de notre « moi social », il nous est offert la possibilité de nous élever métaphysiquement, spirituellement, de réapprendre à contempler. (…) En tant que docteur en philosophie et professeur de yoga, contrainte comme grand nombre de personne à cesser mon activité professionnelle ordinaire, j’ai décidé de donner tous les jours de 18h à 19h20 un cours en live afin de faire découvrir la philosophie et le yoga, où vous pourrez puiser des clefs pour dépasser vos peurs et retrouver la liberté : la liberté n’est pas dehors, elle est intérieure, elle est en vous. Informations ici : https://lagymnosophe.com Lire la suite de son texte en cliquant ICI https://guilaine-depis.com/operation-balustrade-coronavirus-cours-de-philo-yoga-gratuits-avec-la-gymnosophe/

Opération Balustrade coronavirus : Cours de philo-yoga gratuits avec la Gymnosophe

Durant le confinement,
Anne Bouillon propose des cours de gymnosophie (philo-yoga) gratuits que vous pouvez suivre à 18h sur sa page facebook en direct ici : https://www.facebook.com/lagymnosophe/

Les retombées presse la concernant : https://guilaine-depis.com/category/actu-la-gymnosophe-anne-bouillon/

Pour l’interviewer, merci de contacter guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Son site officiel : https://lagymnosophe.com

Son texte pour Balustrade Coronavirus : Un inattendu retrait du monde

par Anne Bouillon, gymnosophe. https://lagymnosophe.com

Une expérience inédite, à laquelle nous ne pouvions sans doute pas être préparés, nous est donnée à vivre depuis le 16 mars 2020. La pandémie a certes quelque chose de millénariste, nous pensions que les avancées de la médecine, de la science et de l’hygiène (si seulement…) nous écartaient pour de bon de cela. On a bien pu imaginer une guerre civile dans notre pays divisé, une guerre mondiale ridiculisant la précédente en terme de cruauté, mais, à la revanche de l’aimable animal qu’est le pangolin, nous n’aurions pas songé, si bien que dans un livre de Science fiction, cela nous aurait semblé trop invraisemblable. Mais ce n’est pas ce point que je vais développer.

Pourquoi le confinement – je ne parle pas de la maladie et de la souffrance – pourquoi le fait de rester chez soi et d’éviter tout contact avec autrui, pourquoi la réduction du monde social au minimum (sauf pour les caissiers, policiers, employés funéraires et personnels soignants – soutenons-les autant que possible) semble-t-il autant angoisser nos contemporains, outre son aspect financier et matériel (quand il n’est pas que pure spéculation) ?

Si l’on est en bonne santé (souhaitons-le, nous n’oublions jamais de nous souhaiter la Santé au Jour de l’An ou quand nous trinquons pendant nos bien aimés apéritifs, rituels que l’on peut regretter actuellement, j’en conviens), qu’y a-t-il de si grave là-dedans ? Notons que les plaintes des gens en pleine forme sont légions, quand les malades, eux, restent fort dignes pendant leur épreuve. A méditer.

Pourquoi la plupart d’entre nous, confinés, ne se réjouit-elle pas que cette injonction à sortir sous peine d’être une loque, un rebut de la société, une merde, dit plus simplement, cette injonction à s’extérioriser, à être « actif », soit abolie et que rester chez soi soit devenu la marque de l’héroïsme ? Outre les apéritifs joyeux, que perdons-nous vraiment sur le plan mystique et spirituel ? (Le vin reste une chose de l’esprit, in vino veritas, ainsi que la compagnie aimable des véritables amis que nous retrouverons bientôt pour tout se raconter et en rire, en attendant, nous pouvons enfin prendre le temps de prendre de leur nouvelle et de les appeler).

Pour les Anciens, l’expérience du désert, de la solitude, était l’initiation préalable à toute élévation spirituelle. Le stoïcien nous enseigne de dépendre le moins possible des autres, Socrate se retire du monde social pour pouvoir atteindre la contemplation des Idées, Jésus part dans le désert quarante jours (c’est le sens du Carême), on trouve aussi cette expérience initiatique nécessaire de la solitude et du retrait du monde dans le Bouddhisme et l’Hindouisme, Nietzsche disait que tout philosophe avait été ermite avant d’être philosophe, le yoga est une pratique solitaire même s’il a une visée collective, et même Sartre, à qui on peut pas donner tort cette fois, définit les autres comme un enfer dans Huis Clos. Insociable sociabilité kantienne : nous ne supportons pas vraiment les autres mais n’arrivons pas à nous passer d’eux.

Ce retrait du monde social qui nous est imposé est en vérité une chance inouïe et inespérée, l’occasion de nous retrouver, voire de nous chercher nous-mêmes pour la première fois, de plonger en soi et de suivre le chemin de nos âmes parfois perdues dans l’agitation perpétuelle, la course effrénée dans vers le néant. Dans cet anéantissement provisoire d’une partie de notre « moi social », il nous est offert la possibilité de nous élever métaphysiquement, spirituellement, de réapprendre à contempler. Cet aspect positif de ce malheur qui arrive à l’humanité n’est pas des moindres. La Terre ne cesse pas de nous demander de ralentir : est-ce au fond Gaïa, la déesse Terre, élémentaire et primordiale qui, à sa manière, sauve l’ensemble de ces créatures, y compris une partie de l’humanité, en nous obligeant à ralentir ? Écoutez le chant des oiseaux, pensez aux dauphins dans les rues de Venise, aux écureuils bientôt à vos fenêtres, aux canards sur le périphérique parisien, observez le silence, la quiétude, retrouvez alors la joie et la sérénité, la sagesse et la grande santé. La santé des hommes n’est que le reflet de la santé de la Terre, disait Héraclite. Alors il est vraiment urgent de s’arrêter.

En tant que docteur en philosophie et professeur de yoga, contrainte comme grand nombre de personne à cesser mon activité professionnelle ordinaire, j’ai décidé de donner tous les jours de 18h à 19h20 un cours en live afin de faire découvrir la philosophie et le yoga, où vous pourrez puiser des clefs pour dépasser vos peurs et retrouver la liberté : la liberté n’est pas dehors, elle est intérieure, elle est en vous.

Informations ici : https://lagymnosophe.com

 

Carte blanche à Anne Bouillon dans le Journal du Yoga (numéro 211- décembre 2019)

Les noces du yoga et de la philosophie :

La gymnosophie – pour une sagesse de la gymnastique

Le yoga et la philosophie sont nés dans les mêmes circonstances : le constat d’une ignorance métaphysique accompagnée de douleur. Il semblerait pourtant qu’aujourd’hui, le yoga ne rime plus qu’avec « asanas » (les postures), qu’il soit devenu une mode qui se consomme dans leculte du corps – culte de la surface, du narcissisme, du « selfie mon beau selfie », qui est en son fond l’exact contraire du yoga.

C’est que le yoga ne se limite pas à la pratique des postures. Il englobe ce qui n’est rien moins qu’une philosophie de la connaissance (sâmkhya), et qui n’est pas si éloignée du fameux « connais-toi toi-même ! » socratique, lui-même provenant d’une ancienne inscription sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes et dans lequel on a pris l’habitude de voir la naissance de la philosophie.

Se connaître, c’est-à-dire non seulement saisir ce que l’on est, mais remonter à l’être lui-même, celui de Parménide, immuable, muet, au-delà de la parole (et qui, évidemment, aura fait couler des hectolitres d’encre et suscité des milliers de disputatio), mais qui, moins que susciter une exégèse savante, se pose d’abord commeexpérience initiatique du « repos en soi », de l’immobilité, de « l’enstase » – terme forgé par Mircea Eliade signifiant « expérience de mystique naturelle »–, tout à fait comparable à celle du samadhi des yogis, et qui constitue le but du yoga tel que Patanjali le définit dans les Yoga Sutras. Parménide, dont Platon dit qu’il est le véritable père de la philosophie et que le jeune Socrate aurait rencontré, est d’ailleurs décrit par la tradition comme sage et guérisseur à la fois, qui nous donne la vérité de l’être  – véritable « gymnosophe » avant la lettre !

La démarche de Socrate ne sera pas si différente : grâce à la « maïeutique » (accouchement), il fait naître l’esprit de son interlocuteur à lui-même, lui révélant le monde invisible de la vérité et selon une méthode qui est une sorte de « connais-toi toi-même » jusqu’au-boutiste, satsanggrec s’il en est.Encore une fois, il s’agit de nous retrouver en accédant à l’être pur. Et ce que la philosophie grecque théorise, le yoga le réalise. En effet, le yoga converge avec la réminiscence platonicienne : le yoga, c’est retrouver qui nous sommes mais que nous avions oublié.

Docteur en philosophie et professeur de yoga, ma méthode consiste à intégrer pensée occidentale et pratique orientale et aller ainsi à la découverte de la pensée corporelle, et ce faisant, dans un espace joyeux et décomplexé ne demandant aucune connaissance ou expérience particulière préétablie.L’idée est simplement de poser une question, de présenter un problème ou un paradoxe, à travers un court texte (d’un grand auteur ou de soi-même !), d’en discuter, de l’incarner dans les postures et de le laisser filer pendant la relaxation. Toute problématique est bienvenue, les questions bêtes n’existant pas (contrairement aux réponses inappropriées !). À la fin, nous clôturons la « classe de yoga » par un « satsang maïeutique », questions et réponses constituant le bilan la séance et synthèse résolue des problèmes. La vie active, sociale, peut alors reprendre dans la détente et le renouveau.

Voilà donc la gymnosophie, expérience physique et spirituelle à laquelle je vous invite,par laquelle chacun de nous peut se retrouver, puiser en son être initial et effleurer en lui ce qu’il y a de sacré.

Anne Bouillon

Pour me contacter : www.lagymnosophe.com

annegymnosophe@gmail.com

instagram : la_gymnosophe

Marie-Hélène Cossé met à l’honneur Anne Bouillon dans le site MidetPlus

De quoi s’agit-il ? De yoga et de philosophie… Le rapport me direz-vous ? Et bien allier une discipline de l’esprit, la philosophie, à une pratique physique, le yoga, afin de donner du sens à sa vie, se réconcilier avec soi-même et permettre de se transformer tant physiquement que spirituellement.

Rétablir l’équilibre entre le corps et l’esprit

Nous sommes incarnés et nous emmenons sur le chemin corps et esprit. Bien souvent nous connaissons mal notre corps et ne l’écoutons pas, ni ne le respectons. Quant à notre mental, comment faire pour arrêter son bavardage incessant, comment venir à bout de nos préjugés, croyances et superstitions ? C’est l’ignorance de soi-même qui génère la souffrance. La pratique conjuguée du yoga et de la philosophie permet justement de réconcilier l’équilibre entre corps et esprit.

Le yoga apporte quelque chose de plus qu’un sport, il demande un effort intérieur. Dès son origine, il fut une philosophie comprenant tout un versant théorique que le yogi se devait de ne pas ignorer. Yoga et philosophie prennent en charge les mêmes noeuds humains et s’intéressent en premier lieu à la connaissance de soi-même, le fameux « connais-toi toi-même » de Socrate. Rendre à notre époque de l’image où les réseaux règnent sans partage la philosophie au yoga semblait la moindre des choses.

De philosophe à gymnosophe

Anne Bouillon a suivi un entraînement physique intensif de 7 à 17 ans pour être gymnaste. Ses parents la poussant à faire des études, elle étudie la philosophie jusqu’au doctorat. « La philosophie m’aidait à identifier les mauvaises énergies, les comprendre, les analyser. » explique Anne. Puis elle enseigne pendant 10 ans à l’université. Platon, Spinoza, Nietzsche, c’est ce qu’Anne a trouvé le plus proche de la gymnastique sur le plan mental, une discipline d’esprit. Aujourd’hui reconvertie en gymnosophe (ou yogi philosophe), elle propose des cours et des ateliers de philo-yoga où, à chaque séance, une thématique est abordée qu’elle appelle le noeud philosophique du jour (se connaitre soi-même, comprendre son corps, de quel corps suis-je capable, quel est mon mental, etc.) sur lequel la pratique qui suit se concentre.

« Le but est de chercher des possibilités, pas de faire des choses impossibles. »

Nos vies trépidantes nous conduisent à dissocier corps et esprit. Partons à la recherche de l’équilibre en utilisant la sagesse directement héritée des gymnosophes. Nous en avons besoin plus que jamais !

Marie-Hélène Cossé

©Cours MargueriteAnne Bouillon, professeur de yoga et docteur en philosophie, annegymnosophe@gmail.com, Facebook, Instagram, lagymnosophe.com (à partir de décembre 2019).
Cours de yoga-philo Chez Marguerite Paris 14 avenue Victoria, Paris 1er, métro Châtelet, les lundi 11h15-12h30, jeudi 18h30-19h30, vendredi 18h30-20h00, €25 la séance. Cours particulier de yoga €60 (se déplace dans Paris). Atelier de yoga-philo de 2h30 €120.

La Bretagne célèbre Anne Bouillon sur le site Breizh info – merci à Christian de Moliner

Anne Bouillon rend au yoga la philosophie

 

Anne Bouillon est docteur en philosophie et est l’auteur de Gilles Deleuze et Antonin, l’impossibilité de penser, essai magistral sur deux êtres crucifiés par la vie, la maladie et le suicide. Elle a écrit également de nombreuses chroniques dans divers manuels scolaires, magazines ou sites Internet.

https://www.youtube.com/watch?v=MSZk-SHqidw&feature=emb_logo

Après dix années d’enseignement universitaire, elle a décidé de prendre des chemins de traverse, comme dirait Deleuze, et vient de fonder un nouvel art original et fécond, fusion entre le yoga et la philosophie qu’elle exerce donc sous le nom de Gymnosophie, inspiré par les Présocratiques, notamment Parménide, à qui Platon attribuait la paternité de la philosophie, Héraclite l’obscur et Hippocrate lui-même, celui au nom de qui les médecins prêtent serment. Anne Bouillon se fait fort d’apporter du mieux-être aux Parisiens qui pratiquent avec elle cette discipline renouvelée, au nom fort ancien dont Platon évoquait lui-même l’importance pour retrouver l’équilibre entre le corps et l’esprit, retrouver son unité.

Selon Anne Bouillon, tous les problèmes nouveaux sont en fait très anciens : yogis, philosophes, penseurs et sages de tous pays et de toutes cultures les ont déjà portés et ont fourni des éléments de réponse.

Le mot sanskrit  yoga signifie « relier » « unir ». Son contraire, la maladie, se nomme dans cette langue antique Roga. Yoga et Roga, on voit ainsi que la pensée indienne, à l’instar de la grande métaphysique occidentale, aime manier l’art du paradoxe, et pour y répondre, a développé l’idée du philosophe-médecin.

Fidèle à la tradition, Anne Bouillon nomme les asanas (postures de yoga) en sanskrit, car ces termes  sont plus signifiants, profonds, essentialistes, si l’on veut, moins pâles que leurs traductions en Français ou en Anglais ; néanmoins elle enseigne un yoga occidental, ne se prétendant pas gourou, initié ou guide spirituel, mais ayant à cœur la quête de plénitude de ses contemporains.

Cette nouvelle approche du yoga apporte bien plus qu’un sport : elle permet de se retrouver, de se ressourcer et de découvrir en soi-même sa part de sacré.

Connais-toi toi-même

Yoga et philosophie visent la même connaissance de soi, le connais-toi toi-même de Socrate étant mis en exergue. Mais pour cela, il faut s’offrir du temps pour soi, afin qu’unies, philosophie et yoga donnent un sens à la vie, autrement, permettent de retrouver son propre centre.

Les postures du yoga ne sont qu’un moment de cette discipline ; lire des textes philosophiques ou mythologiques, se les approprier, les questionner, élaborer sa propre pensée en font également partie. Par exemple, quand il est difficile de méditer, une citation que l’on aime ou un poème, peut dans un premier temps servir de support à la concentration (dharana) qui rend ensuite possible la méditation (dhyana). La classe de Gymnosophie donne donc des clés, des outils, des réponses.

Les guides spirituels d’Anne Bouillon sont non seulement Gilles Deleuze et Antonin Artaud, qui, avec Spinoza, lui ont fait se poser la question de savoir quelles sont nos possibilités physiques et psychiques propres : et la réponse du yoga lui a fait comprendre que l’on pouvait, plutôt qu’à partir de l’intellect (celui de l’exigent Doctorat de philosophie), aller du plus grossier, du plus apparent, le corps physique, vers le plus subtil, afin de mieux se connaître soi-même à défaut de répondre à l’inéluctable question « Qui suis-je ? » Et pourtant, c’est Nietzsche qui propose une synthèse de cette enquête anthropologique avec son « corps je suis tout entier » – et nous voilà entièrement présent sur notre tapis de yoga – bien choisir son tapis semble alors très important !

La séance comprend un temps dédié sans jugement aux questions et aux réponses, pour tirer la synthèse de cette « leçon ».

Anne Bouillon reçoit en petit comité (sept personnes maximum) dans un magnifique appartement parisien : Chez Marguerite, au 14 avenue Victoria (Châtelet) – www.chezmargueriteparis.com (horaires et réservations).

Son propre site sera en ligne courant décembre : www.lagymnosophe.com, et en attendant, vous pouvez la retrouver sur sa page Facebook – La Gymnosophe, sur Instagram, la_gymnosophe, ou lui écrire à cette adresse : annegymnosophe@gmail.com, pour les cours particuliers ou les cours en entreprise. Anne Bouillon se déplace partout dans Paris.

Christian de Moliner

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Féminin Bio est le premier média à présenter la Gymnosophe Anne Bouillon

LES QUATRE PRINCIPES DE LA GYMNOSOPHIE, LA « SAGESSE DE LA GYMNASTIQUE »

Publié le 12 octobre 2019
Anne est une ancienne professeure de philosophie et auteure de « Gilles Deleuze et Antonin Artaud, l’impossibilité de penser », L’Harmattan, Paris, 2016. Reconvertie en professeure de yoga, qui étend l’enseignement de la philosophie à celui de la pratique du yoga, elle anime le site lagymnosophe.com.
La gymnosophie vous donnera des clefs et des outils pour forger votre horizon de pensée et de compréhension de vous-même.
La gymnosophie vous donnera des clefs et des outils pour forger votre horizon de pensée et de compréhension de vous-même.
© Anne Bouillon
 Avec la démocratisation du yoga en Occident ces dernières années, l’approche spirituelle de la pratique s’est peu à peu atténuée afin de toucher un public large. La gymnosophie permet de retrouver cette spiritualité perdue à travers la théorie des grands philosophes et la pratique du yoga.

Qu’y a-t-il de commun entre la philosophie et le yoga ? À première vue, pas grand-chose. La philosophie serait une discipline de l’esprit, le yoga une pratique physique. Les intellos d’un côté, les athlètes de l’autre, les philosophes à la bibliothèque, les yogis à la salle de gym !

Et pourtant, le yoga apporte quelque chose de plus qu’un sport. Ce plus, ce supplément d’âme, n’est autre que son aura philosophique. Yoga et philosophie entretiennent des liens intimes et prennent en charge les mêmes problèmes humains, dont le premier et pas le moindre est d’abord la connaissance de soi-même.

« Connais-toi toi-même ! », Socrate

C’est pourquoi on s’offre vraiment un temps pour soi, on revient authentiquement à soi-même pendant une classe de gymnosophie. Philosophie et yoga donnent du sens à la vie et permettent de prodigieuses transformations tant physiques que spirituelles. Les postures du yoga, cela n’est pas toujours connu, ne sont qu’un moment du yoga. Lire les textes philosophiques, se les approprier, les questionner, élaborer sa propre pensée, en fait aussi partie. Avec les sages et philosophes, osons observer les paradoxes et explorer les chemins qu’ils ouvrent.

À partir de cela, vous pourrez élaborer votre propre rituel philosophique et choisir des citations qui vous touchent particulièrement comme support pour vous concentrer. En cela, la « classe » de gymnosophie vous donnera des clefs, des outils, des réponses, pour forger votre horizon de pensée et de compréhension de vous-même.

Dans un espace joyeux et décomplexé, la classe commence par la présentation d’un problème ou d’un paradoxe, comme une courte leçon. Par exemple, on me demande souvent comment passer du corps à l’esprit et de l’esprit au corps. Voilà une immense question métaphysique comprise par le yoga et la philosophie, qui définit le deuxième principe de la gymnosophie :

La gymnosophie rétablit l’équilibre entre le corps et l’esprit

En métaphysiciens qui s’ignorent parce que pris dans nos vies trépidantes, tout se passe comme si nous étions en train de chercher des passages entre deux maisons, l’une étant celle de l’esprit, l’autre étant celle du corps. Ces passages, ces chemins, constituent le nœud de la métaphysique occidentale, qui aura forgé notre vision du monde et nos modes de vie. Platon disait que le but de la philosophie était l’équilibre entre corps et âme, sagesse empruntée explicitement aux gymnosophes. Il est manifeste qu’aujourd’hui, nous en ayons plus que jamais besoin.

C’est alors que, suite à l’aspect théorique, dans un deuxième temps, la pratique du yoga, vient faire vivre les questions et que nous nous redécouvrons selon ce troisième principe :

« Corps je suis tout entier », Nietzsche

À partir de la pratique physique du yoga, nous allons du plus apparent, du plus grossier, vers le plus subtil, afin d’appréhender les possibilités inattendues de notre propre corps. Ici, nous nous apercevons que si nous sommes parfois ignorants de nous-mêmes et que cela peut être source de souffrance, d’erreurs, de mauvaises rencontres, d’insatisfaction à exister, et de ce sentiment d’être comme bloqué dans une impasse, nous ne connaissons pas mieux notre propre corps ! Or le corps détient une sagesse, une pensée, que nous méconnaissons. Comme l’a écrit Spinoza, « ce que peut le Corps, personne jusqu’à présent ne l’a déterminé, […] ce qui montre assez que le corps lui-même peut bien des choses qui font l’admiration de son Esprit. » Et c’est là le quatrième principe de la gymnosophie :

Corps et esprit s’aiment sans se discriminer dans la joie de l’instant présent

Après la relaxation, un temps est dédié sans jugement et dans la bonne humeur aux questions et aux réponses, constituant la synthèse résolue de la classe du jour. Toutes les questions sont bienvenues, sans connaissances pré-requises, qu’elles portent sur la théorie ou la pratique, ou sur les impressions les plus personnelles, une expérience à partager. Une chose paraît certaine, comme Socrate, nous savons que nous ne savons rien, de quoi chasser la gravité et l’esprit de sérieux pour libérer la parole. Ensuite, la vie active peut reprendre son cours dans la détente et le renouveau.

Les gymnosophes ont beaucoup à nous apprendre. Tous les problèmes nouveaux sont en réalité très anciens : yogis, philosophes, penseurs, et sages les ont portés pour nous. C’est avec eux que je vous invite à venir vous retrouver, vous ressourcer et découvrir en vous-même votre part sacrée.

Anne Bouillon, professeur de yoga et docteur en philosophie.
annegymnosophe@gmail.com
Retrouvez-moi sur Facebook, Instagram
lagymnosophe.com (à partir de novembre 2019)