« un premier roman original et personnel qui sort du nombrilisme pour accéder à une quête universelle. » (Argoul)

Emmanuel de Landtsheer, Le petit roi

Le petit roi c’est moi, dit le narrateur qui semble un double de l’auteur. Il conte son enfance en à peine un chapitre, son adolescence sans marquer l’évolution de la pré à la post en passant par la prime. C’est que ce roman est moins autobiographique que réflexion personnelle sur le rapport à soi et aux autres.

Solitaire car fils unique, le petit Jami (diminutif francisé de l’anglais James – Jacques) a décidé à 5 ans de ne plus parler car les adultes, à commencer par ses deux parents, lui paraissent égoïstes et sadiques : ils ne s’intéressent pas aux autres et lui apprendre à nager se résume à lui tenir la tête sous l’eau ! Lorsqu’on est tout amour, il est cruel de découvrir que c’est trop rarement réciproque. Le petit garçon se met en retrait et devient alors observateur : de ces autres en drôles d’animaux avec quelques gentils, comme Rose sa copine pour qui le silence est d’or ; de lui-même en petit être confronté à l’humanité hostile ou indifférente.

Cette construction de soi est longue et ardue, passant par deux fois en hôpital psychiatrique – du fait des autres – pour s’être roulé tout nu de nuit sur la pelouse dans l’exubérance irrationnelle de la puberté, puis pour avoir oublié de respirer au grand dam de sa mère. Les parents, quelle énigme ! Sorti d’eux, Jami ne leur ressemble en rien. Il en souffre et se réfugie dans l’imaginaire puis dans la création. Il commence par la peinture puisqu’il n’a pas les mots, puis la sculpture pour acquérir la troisième dimension.

Mais cette recherche obstinée de la pureté est une illusion… Nul être humain ne peut vivre seul, isolé, hostile. Lorsqu’il va chercher à communiquer, ce sera par le sifflement sur le modèle des oiseaux, puis par le regard, jusqu’à accéder enfin aux mots qui civilisent, disent la mémoire et prouvent l’amour. Une danseuse en fin de vie lui ouvre sa mémoire tandis qu’une fille trop grande à l’hôpital lui ouvre son cerveau tout entier.

Je regrette que l’auteur ait cette manie de revenir à la ligne à chaque phrase comme s’il énonçait une suite de sentences définitives. Un roman n’est pas une bible que l’on écrit en versets ; plus de fluidité s’impose pour éviter l’excès de gravité du propos et l’agacement du lecteur. Reste que Le petit roi est un premier roman original et personnel qui sort du nombrilisme pour accéder à une quête universelle.

Emmanuel de Landtsheer, Le petit roi, 2020, éditions St Honoré, 159 pages, €16.90

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

« Le Petit Roi », premier roman d’Emmanuel de Landtsheer

Vient de paraître, rentrée littéraire août 2020

« Le Petit Roi » le premier roman d’Emmanuel de Landtsheer

aux Editions Saint-Honoré

Pour le recevoir en service de presse / interviewer l’auteur, merci de contacter guilaine_depis@yahoo.cm 06 84 36 31 85

Le Petit Roi, c’est l’histoire d’un enfant qui découvre le monde… avec son regard, sa compréhension, sa quête. Il n’est qu’amour, et découvre ce monde qui l’entoure qui est tout le contraire. Le Petit Roi est un observateur, il regarde tout, comprend tout.
Mais ce monde des adultes est tellement loin de lui qu’il décide de se mettre en retrait, refuse la parole, et cherche à le comprendre en rentrant dans le cerveau des personnes qu’il croise.
Il se réfugie alors dans son imaginaire, et au fil de ses rencontres se noue d’amitié, découvre l’amour, et se construit ainsi, en parallèle, avec cette conscience qui l’a toujours habité, il est là pour faire quelque chose…
Le Petit roi est un créatif, un pur, qui va chercher à s’inventer sa vie, comprenant petit à petit que les autres lui sont indispensables…

EXTRAITS DU LIVRE

« Je n’ai jamais su pourquoi, mais j’ai toujours rêvé en blanc des images vaporeuses et légères.
La plupart de ces rêves étaient très doux et je ne rêvais jamais de mes parents.
Pourtant j’avais le sentiment qu’ils m’accompagnaient partout où j’allais.
Le plus délicieux et le plus fréquent de mes rêves était celui où je marchais sur un sol très tendre d’où s’évaporait une musique douce et où chacun de mes pas révélait quelque chose d’inattendu.
Une pensée prenait une forme bien particulière et j’avais une sensation très forte que quelque chose s’animait en moi.
Marcher était peut-être une façon de se sentir vivre.
Comme si vivre, c’était marcher, à moins que ce ne soit le contraire.
Ce rêve revenait fréquemment, un peu comme une alternative au langage que je n’avais pas.
Le rêve a tenu une place énorme dans mon enfance, certainement parce qu’il était trop absent de mes journées.
À force de vouloir m’apprendre la réalité, j’ai fui dans son contraire et inventé un univers autre, où les mots plaisir et poésie avaient pour moi un sens, celui très personnel que je leur accordais.

C’était ce sens qu’il me fallait trouver, par n’importe quel moyen, même si cela devait me prendre une vie.
Ça, je m’en moquais, j’étais persuadé d’en avoir plusieurs. »

A propos de l’auteur : Emmanuel de Landtsheer

Emmanuel de Landtsheer était un enfant solitaire, un peu en retrait, observateur méfiant mais attentif à la vie des adultes. Amoureux d’une île où il passait tous les étés de son enfance, il en a retiré cette conscience que depuis une île, au centre de l’océan, tout est possible puisque tout est autour. Devenu architecte et designer, le dessin a pris le dessus sur l’usage des mots, et le besoin de renouer avec l’écriture est né au rythme des chantiers, comme des années qui s’écoulaient. Le besoin d’écrire Le Petit Roi est arrivé à la mort du père, personnage doux et tendre, mais qui n’avait pas réussi sa vie. De cette perte, il a eu besoin d’en faire quelque chose et de raconter, au travers de ce personnage, ses années d’enfance, d’adolescence, d’errance, et de cette rencontre avec le monde des adultes qui ne l’attirait pas, mais dans lequel il savait qu’il allait devoir, d’une manière ou d’une autre, s’inscrive.