Yannick Urrien interviewe Guy Vallancien pour Kernews

Guy Vallancien : « Il y a des bribes de la proton intelligence dans les structures les plus rustiques de la nature. »

 Le professeur de médecine pionnier de la robotique médicale réfléchit sur la nature humaine

Guy Vallancien est professeur honoraire des universités, membre de l’Académie de médecine et de l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et technologiques, et président de CHAM (Convention on Health Analysis and Management) qui a pour objectif de réfléchir à la transformation des systèmes  européens de santé. Le professeur Guy Vallancien est aussi connu dans le monde pour être le pionnier de la robotique médicale. Dans son nouveau livre, il nous invite à réfléchir sur ce qui constitue l’homme, ce qui le rend singulier et précieux, face aux robots de l’intelligence artificielle. Cet ouvrage permet aussi de s’interroger sur l’avenir de l’espèce humaine face à l’émergence de l’intelligence artificielle. Guy Vallancien a accordé une longue interview d’une heure à Yannick Urrien. Diffusée en deux parties sur Kernews, elle est également disponible en vidéo sur le site de Kernews.

« À l’origine des sensations, des émotions et de la raison. J’aime donc je suis. » de Guy Vallancien est publié chez L’Harmattan.

Première partie de l’entretien avec Guy Vallancien

Deuxième partie de l’entretien avec Guy Vallancien

Kernews : Vous commencez par souligner que des êtres aussi incroyables et aussi perfectionnés que nous le sommes, ne sont finalement rien et, qu’à partir de rien, la rencontre entre le spermatozoïde et l’ovule produit cet être humain complexe qui réfléchit, qui s’inquiète, qui pense, qui aime…

Guy Vallancien : J’ai passé ma vie à opérer les corps, en pénétrant à l’intérieur de l’anatomie, qui est absolument superbe. Un cœur qui bat, c’est fascinant… J’ai voulu aller plus loin pour savoir qui nous étions et je me suis aperçu que nous ne sommes faits de rien puisque nous sommes à 99 % faits de vide, et non pas de matière. En plus, nous sommes à 70 % faits d’eau… Il est assez étonnant de voir qu’à partir de ce presque rien, on arrive à faire une machine aussi exceptionnelle, complexe et amoureuse…

Vous affirmez que l’homme est intrinsèquement bon…

Oui : si nous n’étions que méchants, nous nous serions tous descendus les uns les autres… Bien évidemment, nous avons des capacités de destruction et de méchanceté inimaginables, comme aucun animal n’en a : parce que nous pouvons faire le mal pour le mal, alors qu’un animal ne mord ou ne tue que parce qu’il en a besoin. Nous, par vengeance, ou par esprit tordu, nous pouvons parfois faire du mal. Mais quand on regarde l’histoire humaine, on va quand même vers le mieux. Lentement, mais sûrement. Des instances internationales tentent de gérer un peu mieux le monde et, si l’on voit d’où nous venons, je pense que, fondamentalement, la bonté prime sur la méchanceté.

Une vision politique considère que l’homme n’est pas bon et que l’État doit intervenir pour mettre tout le monde dans des cases, tandis que selon une conception plus libérale de la société, les imperfections vont se réparer. Vous faites partie de ce second camp de pensée…

L’auto-organisation, avec la sélection naturelle, sont les deux grands moteurs de la vie. Darwin n’a jamais parlé des plus forts, mais des plus adaptés. La preuve : les insectes ne sont pas les plus forts, mais ils seront là quand nous aurons disparu. Ces toutes petites bêtes que nous côtoyons en leur marchant dessus sont bien plus fortes que nous. Nous sommes sur une auto-organisation comme le sont les insectes sociaux, comme les abeilles ou les fourmis. La reine fourmi, en réalité, ne règne pas. Elle est juste là pour pondre tous les jours des millions d’œufs, c’est son seul rôle, elle n’a aucun pouvoir sur les autres. Et puis, vous avez les ouvrières qui assurent toute l’organisation, comme la nourriture et le lavage des lieux, vous avez les fourmis soldats et, en plus, vous avez 66 % de fourmis qui ne font rien !

C’est un peu le système fiscal français !

Exactement ! C’est très intelligent. La plupart des fourmis sont là pour se faire les ongles et se faire coiffer et, tout d’un coup, vous en avez une qui part parce qu’elle a faim, elle va revenir pour aller en chercher une autre, et ainsi de suite. On utilise finalement juste ce qu’il faut pour faire le maximum. Nous, les hommes, nous dépensons beaucoup pour peu de résultats. Les animaux, jamais. Ils utilisent le minimum d’énergie pour le maximum d’efficacité ! Les fourmis sont un peu les intermittents du spectacle, elles sont payées pour ne rien faire, jusqu’au moment où il faut faire… C’est la préfiguration du travail de demain puisque, avec la robotisation, on va voir disparaître un certain nombre de métiers et on va en créer d’autres. Probablement, nous aurons des employés qui seront utiles de temps en temps, pas toujours, mais qu’il faudra payer tout au long de l’année. C’est un peu le revenu universel et ce n’est pas une mauvaise idée…

Pourquoi les êtres faibles que nous sommes, par rapport à des gorilles, par exemple, sont-ils toujours là ? Est-ce notre capacité à communiquer qui a permis la transmission ?

Nous sommes un être assez médiocre, car, quand on regarde la nature, nous n’avons aucune capacité particulière. Nous avons de nombreuses lenteurs, des réflexes extrêmement lents par rapport à l’animal, mais nous avons deux éléments qui nous ont fait émerger : notre intelligence et notre capacité de collaboration. Tout cela est lié au langage. Les animaux communiquent. Il y a les chants d’oiseaux, le singe a un cri différent selon la nature de l’ennemi, c’est étonnant déjà, mais il n’est pas capable d’aller plus loin. Nous sommes dans une précision sémantique exceptionnelle et c’est ce qui nous a permis d’augmenter notre intelligence. Vous avez de l’intelligence partout depuis le début de la création. L’Occident rationaliste a défendu cela. Je descends un peu Descartes dans le livre, car considérer que les animaux sont des machines est une erreur monstrueuse. Descartes avait un chien qu’il adorait, mais il le considérait quand même comme une machine…

Il y a cette collaboration entre les humains, celle entre les humains et les animaux, celle entre les humains et la nature, mais aussi une collaboration entre les humains et le vide : c’est-à-dire, ce que l’on ne capte pas…

Nous sommes un certain nombre, aujourd’hui, notamment des philosophes et scientifiques américains et australiens, à penser qu’il y a des bribes de la proton intelligence dans les structures les plus rustiques de la nature, comme les atomes ou les particules qui jouent entre elles. Il y a des haines de particules comme il y a des amours de particules. Nous n’en avons pas la preuve scientifique, mais la science est un moyen exceptionnel de découvrir le monde. Je raconte que le monde est une sorte de saucisson et que la science le découpe en tranches pour voir à l’intérieur. Or, quand on découpe un saucisson en tranches, on ne peut plus le reconstituer, donc on a une perte d’informations… Je suis un scientifique, la rationalité est quelque chose d’important, mais au-delà, nous avons probablement des communications insoupçonnées avec des éléments sidéraux qui sont à des distances exceptionnelles. C’est un peu ce que l’on appelle l’intrication quantique.

En résumé, plus les scientifiques s’évertuent à tenter de démontrer que Dieu n’existe pas, moins ils arrivent à le prouver…

Je ne sais pas, mais je peux dire que plus l’on avance en science et plus l’on se pose de questions ! À chaque fois, on remet tout en cause quand on a découvert quelque chose qui permet de mieux cerner le monde. Nous sommes en recherche en permanence. Personnellement, je suis athée, mais je suis religieux dans le sens où je pense que nous sommes tous liés. C’est ce que disait Saint-François d’Assise dans son fameux cantique de Frère Soleil. Tout cela est vrai. On a coupé l’univers en minéral, végétal, animal et humain, et nous avons tort. Même le minéral peut nous dire des choses. Il est sans doute vivant, mais il vit sur des milliards d’années. Une montagne ou un glacier, cela bouge ou se transforme. Même la pierre peut nous dire quelque chose. Cela a un côté peut-être très oriental de ma part, mais je suis effectivement intéressé par ces philosophies de l’être, qui ne sont pas des philosophies de la norme et du fait scientifique, mais des philosophies cosmiques où l’homme est à l’intérieur d’un tout. C’est très asiatique et cela m’intéresse. Je ne suis pas allé dans un ashram voir des gourous, mais je me dis qu’il y a du vrai dans ces réflexions, face à notre Occident rationaliste.

Vous expliquez qu’il n’y a qu’une sorte de chimie qui nous permet, comme un logiciel, de capter des sons, de voir des couleurs, des images et de percevoir des sensations. En quelque sorte, l’humain a un logiciel identique chez l’émetteur et le récepteur, mais ce n’est pas un logiciel universel. Ainsi, si des extraterrestres débarquaient, peut-être ne nous entendraient-ils pas et ne nous verraient-ils pas comme nous sommes et, en plus, ils estimeraient que nous communiquons par la pensée… À l’inverse, ils se parleraient entre eux mais, comme nos fréquences ne sont pas conçues pour eux, nous estimerions qu’ils communiquent par la pensée…

C’est exactement cela. Je dis que le présent n’existe pas puisque, par nos sens, nous recevons déjà les messages avec retard. Le physique dicte notre pensée. Dans une salle de concert, j’entends les sons de l’orchestre avec un centième de millième de retard de seconde, le temps que les ondes arrivent. C’est la même chose pour la vue et ce que je vois est en retard par rapport à l’événement. Donc, je suis en permanence un être artificiel. Nous recevons les informations de nos cinq sens et nous les intégrons dans notre cerveau en reprenant les cartes mémoires que nous avons. C’est par la mémoire que je reconstruis le monde. En gros, je suis un être virtuel, même si l’on peut se toucher, mais il y a un côté virtuel dans notre présence consciente. Nous ne sommes jamais au présent, même en se touchant la main, donc la distance de l’influx à travers les nerfs me met déjà en retard. Nous sommes les imaginations de nous-mêmes et nous construisons notre monde qui n’est jamais le même. Nous sommes totalement différents et il n’y a pas d’être normal, puisque nous sommes tous des anormaux. L’homme normal n’existe pas, il y a un bipède, mais cela s’arrête là.

En analysant notre intelligence et notre conscience, vous en arrivez à la conclusion qu’il n’y a pas d’idiots sur Terre…

Il n’y a pas d’idiots sur Terre. Le quotient intellectuel est la plus belle des conneries, parce que ce n’est pas ce qui détermine un homme. Vous avez des êtres dont l’intelligence conceptuelle n’est pas importante, mais qui ont des capacités d’empathie et d’amour exceptionnelles. On est dans une chasse au quotient intellectuel, les Asiatiques sont en train de nous doubler, mais ce n’est pas cela qui fait le monde. Je refuse que l’on juge l’homme sur ses capacités d’intelligence mathématique et conceptuelle. Vous avez des êtres simples qui sont des amours de personnes capables de donner des choses que le plus intelligent des êtres Asperger, complètement renfermé, en train de se bouffer les ongles, sera incapable d’avoir. Pas la moindre réaction sociale…

Cela signifie que le chef d’État soucieux de ses semblables doit rétablir le poinçonneur de métro afin que chacun ait sa place…

Bien évidemment, chacun doit avoir sa place dans la société. Certaines personnes ont des pathologies fortes qu’il faut traiter, mais arrêtons de croire que le quotient intellectuel est le moyen de discriminer les hommes. C’est faux.

Dans vos travaux sur les origines de l’homme, vous citez la Bible et Dieu qui créa le ciel et la Terre. Dieu appela le sec terre et les eaux mer, puis arrive le troisième jour… Quand on rapproche ce texte des études scientifiques, on se dit que ce n’est pas très éloigné de la réalité…

Ce qui est tout à fait fascinant, c’est de regarder les grands mythes sumériens, chinois ou bibliques, car on s’aperçoit qu’il y a des vérités physiques incroyables. Le déluge, par exemple, a bien existé puisque la Terre a subi des millions d’années de pluie et c’est ce qui a fait les océans. C’est tout à fait étonnant. D’où viennent ces mémoires ? Probablement de choses qui ont été encodées chez des êtres minéraux, puis végétaux, avant d’être animaux. Tout cela est arrivé jusque dans nos mémoires. L’idée Inuit que la terre provient d’astéroïdes, tout comme l’eau, c’est passionnant parce que mes collègues astrophysiciens sont en train de le découvrir. C’est curieux de retrouver de telles vérités.

Vous allez plus loin en expliquant qu’il subsiste quelque chose de nous après notre mort…

Effectivement, lorsque nous mourons, ce sont nos formes qui disparaissent, mais nos éléments primaires, nos particules, persistent. Elles sont presque immortelles. Elles ont des milliards de durée de vie. J’ai peut-être en moi quelques atomes de Pol Pot, de Martin Luther King, d’Attila, de Mère Teresa ou de Nelson Mandela…

Mais certains étaient vivants de votre vivant…

Non, nous ne sommes pas dans le samsara. Ces particules partent dans la nature, les atomes se retrouvent partout, nous disparaissons en tant que formes, mais nos milliards d’atomes se retrouvent partout. Peut-être dans une forêt…

Vous ne croyez pas en l’âme, mais que reste-t-il de nos sensations ultimes ? En ce qui concerne le suicide, on dit que l’âme de la personne souffre éternellement après s’être donné la mort. Qu’en pensez-vous ?

Le suicide n’est pas pour moi une tare ou quelque chose de malsain. C’est même notre seule liberté, puisque nous ne choisissons pas de naître. Nous avons peu de choix dans la vie. Nous sommes très déterminés par notre famille, nos traditions et la société dans laquelle nous vivons, donc notre seule vraie liberté est le suicide. Je suis de ceux qui pensent que le suicide devrait être possible quand on sent que l’on a fini sa vie, avant de se retrouver dans un EHPAD à gâtifier avec d’autres pauvres vieux qui sont dans le même état sordide. Personnellement, je suis certain que je n’hésiterai pas. Nous devons pouvoir sortir le mieux possible de cette vie tout en laissant nos atomes à d’autres. Pourtant, même les personnes âgées qui défaillent ont encore des moments extraordinaires de convivialité et d’empathie.

Il y a le miracle d’aimer que nous partageons avec les animaux : tout cela à partir de rien…

J’aime donc je suis. C’est pour répondre à René Descartes, je pense donc je suis. Mais la pensée vient après les sensations et ce sont les sens qui font les sensations. Les sensations sont la récupération de l’excitation par les sens. Elles deviennent des émotions, puis on passe aux sentiments qui sont dans la durée, et on arrive progressivement à la raison. Cette raison est utile, mais elle a aussi un côté destructeur ; parce que si l’on ne pense que par la raison, on perd ce qui fait tout le reste de l’humain, qui est cette relation indicible qui fait que l’on s’aime sans se parler. C’est aussi un autre langage. Il est très étonnant de voir que l’on peut se retrouver en relation sans s’exprimer. Nous sommes également les seuls à écrire et à créer des écoles, ce que les animaux ne peuvent pas faire. À l’inverse, nous sommes des êtres très lents en termes d’émancipation : il faut des années et des années pour faire un adulte, sans doute parce que nous sommes aussi les êtres les plus complexes. Les sens sont prioritaires et précèdent la raison.

Vous abordez aussi la question des inégalités. Nous sommes tous différents, chaque être humain a sa place sur Terre, mais nous ne sommes pas égaux…

On peut reprendre la Déclaration des droits de l’homme qui stipule que tous les hommes sont égaux en droits, bien évidemment, mais lorsque l’on a dit cela, il n’y a pas d’égalité : il y a des grands, des petits, des gros, des maigres… Tout cela fait nos différences et heureusement ! Si nous étions les mêmes, ce serait horrible, c’est tout le problème de la perfection. Les transhumanistes rêvent de l’homme parfait qui aurait la puissance physique et la puissance intellectuelle, mais c’est débile parce que la perfection est une, donc nous serions tous les mêmes si nous étions parfaits. Ce qui est intéressant dans le monde, ce sont les différences.

La perfection n’est pas globale, un grand intellectuel peut aussi être un pervers, tandis que quelqu’un de très beau peut être très bête…

Heureusement, nous sommes tous imparfaits. Cela permet cette diversité exceptionnelle entre les êtres et nous tendons à mieux vivre ensemble. Mais la perfection est inatteignable. Je n’ai pas du tout envie de l’immortalité. Si je vivais dix mille ans, je m’emmerderais à mourir ! D’abord, parce que je pourrais tout faire, puisque j’aurais le temps, donc, le désir disparaîtrait. Puisque l’on peut tout faire, il n’y a plus de choix, donc il n’y a plus de désir. Ensuite, je me retrouverais, sauf cas particulier où il faudrait m’augmenter régulièrement, comme Cro-Magnon s’il était balancé demain à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle ! En effet, l’évolution c’est la mort et la transmission, mais pas la vie. Le temps de l’homme est limité et, si l’on allonge mon temps, je reste le même. Les sociétés les plus solides, celles qui resteront après nous, sont les sociétés qui vivent extrêmement brièvement, comme les insectes, tous ces animaux tout petits qui vivent parfois seulement quelques jours et qui mutent. Chaque individu est déterminé pour un temps donné.

Vous revenez sur la loi de la nature, les forts qui triomphent contre les faibles, ceux qui vivent dans le confort et qui ne se protègent plus. Des intellectuels font une analogie entre la chute de l’Empire romain et ce que vit l’Europe en ce moment. Sommes-nous dans une civilisation où l’Européen classique entend rester passif dans son confort pendant que celui qui arrive, plus fort et plus malin, entraîne un changement de civilisation ? Que pensez-vous de cette théorie ?

C’est une question majeure à laquelle je n’ai pas de réponse aujourd’hui, mais une inquiétude très forte. Nous sommes dans un trou d’air, avec cet Occident européen et chrétien, que l’on a refusé de reconnaître au niveau européen alors que ce sont nos racines. Nous sommes arrivés à un niveau de qualité de vie exceptionnel par rapport aux autres êtres humains. Nous sommes des assurés sociaux, banalisés, puritanisés… Donc, on n’a plus envie de vivre… Si vous demandez à un jeune de 18 ans pour quelle cause il serait prêt à mourir, il serait incapable de répondre… Auparavant, nous étions confrontés à des dangers physiques. Quand j’étais jeune, je me serais battu contre le communisme… Aujourd’hui ,on ne sait plus.

Alors, inversons la question posée à ce jeune de 18 ans : tu ne sais pas pourquoi tu serais prêt à mourir, mais sais-tu pourquoi tu as envie de vivre ?

Il n’y a pas de réponse non plus. Si c’est pour avoir des télévisions et le dernier iPhone, tout le monde en a marre… Donc, on voit bien que nous sommes dans un trou, dans un moment extrêmement difficile. Une Europe qui se délite politiquement et une absence de soif d’être. Après nous le déluge… Nous sommes agrippés sur nos acquis et nous allons le payer très cher. Quand on voit la puissance évolutive de la Chine, c’est inimaginable ! Trump est ce qu’il est, mais l’Amérique résiste, elle reste la première puissance militaire du monde et, en termes de technologie, elle est encore la première. Et nous, nous n’avons aucun géant du numérique à mettre sur le marché… Nous avons soi-disant les meilleurs ingénieurs, c’est vrai,et  les meilleurs techniciens, c’est vrai. Mais on nous les pique et nous sommes incapables de créer des géants mondiaux du numérique.

Vous soulignez que l’intelligence humaine n’est absolument pas conçue comme l’intelligence artificielle : dans l’intelligence artificielle, on multiplie des couches avec des informations nouvelles, c’est de l’auto-apprentissage, alors que l’intelligence humaine n’est pas basée sur l’auto-apprentissage…

Si vous voulez un ordinateur capable de faire la différence entre un chat et un chien, il lui faut des millions d’images, alors qu’un gamin de 18 mois a déjà compris cela. Nous avons des capacités intégratives exceptionnelles et le cerveau ne fonctionne pas comme un ordinateur. L’intelligence artificielle est un mot absurde ! Il a été créé en 1956, lors d’un congrès aux États-Unis, parce que les chercheurs de l’époque se sont dit que cela ferait du buzz et que cela leur permettrait d’avoir des moyens financiers. En réalité, nous sommes dans l’imitation artificielle. Bien sûr, la machine calcule plus vite, sur des masses de données beaucoup plus importantes, mais elle n’a aucune intuition. Elle n’aime pas, donc elle est froide. Je voudrais la machine à côté de moi pour faire les calculs : à côté, pas dedans. Je ne veux surtout pas recevoir des puces électroniques pour augmenter mes capacités neuronales, sinon je deviendrais l’objet de celui qui m’aura mis la puce, ou la victime des pirates. Quand je vois des gens qui veulent se faire greffer des puces RFID, je leur dis qu’ils rentrent dans un truc terrible et qu’ils ne seront plus eux-mêmes.

Puisque nous avons déjà cité la Bible, on retrouve cet avertissement sur la marque de la Bête…

Il faut être très prudent, comme dans toute activité humaine. Vous êtes entre le Yin et le Yang, c’est la même chose avec l’énergie atomique, dont je me sers en tant que médecin mais, en même temps, cette énergie considérable peut détruire la planète. Lorsque Robert Oppenheimer a fait exploser la première bombe atomique, il a vu le nuage s’élever, il a pris peur et il a cité la Bhagavad Gita sur le destructeur des mondes et le créateur de la mort. Nous sommes toujours entre le bien et le mal et, comme nous sommes des êtres de bien, même si nous sommes capables de monstruosités épouvantables. Il faut faire attention au numérique car ce sont des immenses dangers si l’on ne sait pas s’en servir. Il faudra apprendre aux enfants à utiliser ces éléments qui ne relèvent pas de la vérité. Ce n’est pas parce que c’est dans l’ordinateur que c’est vrai. Donc, il va falloir développer l’esprit critique.

Certes, mais face à cela, certains intellectuels commencent à alléguer que l’écriture ne sert plus à rien, puisque bientôt tout va se faire via des commandes vocales…

Oui, mais l’écriture va bien au-delà du simple fait de calligraphier des mots, c’est un apprentissage intelligent, c’est de l’art… Donc, il faudra conserver le fait de savoir écrire. Moi-même, à force de taper sur un ordinateur, j’écris de plus en plus mal. Il ne s’agit pas de passer pour un vieux débile qui s’accroche au passé, mais nous aurons à garder un certain nombre de ces déterminants, tout en acceptant les outils de la modernité.

On ne sait plus écrire, mais on manifeste pour le climat… À la fin de votre livre, vous évoquez l’actualité et ces défilés de lycéens contre le réchauffement climatique…

Cela me désole, cela m’inquiète… Bien sûr que la Terre se réchauffe ! De toutes façons, nous sommes condamnés à disparaître : à 500 millions d’années, les océans seront à plus de 100 degrés, donc il n’y aura plus de vie humaine, à l’exception de quelques micro-bactéries. Mais nous disparaîtrons ! Tout cela a un côté surfait. On retrouve toute l’extrême gauche militante. En réalité, nous n’avons qu’une solution : c’est de nous barrer ! Il est absurde de penser que la Terre ne se réchauffera pas. Nous disparaîtrons; C’est terminé, donc, on doit partir au-delà du système solaire qui va exploser. Mais dans quelles conditions ? Nous devons nous transformer complètement pour accepter des conditions spatiales inimaginables. Comment a-t-on évolué par rapport aux hommes qui vivaient en Mésopotamie ou en Chine ? Sur le plan anatomique, on n’a pas évolué. Sur le plan intellectuel, ces hommes et ces femmes avaient des capacités de sentir que nous avons perdues. Nous avons perdu beaucoup de nos sens. Je ne suis pas sûr que l’on ait tellement évolué…

Vous décrivez un monde à la Walking Dead où chacun erre dans un monde en miettes, hagard, en ne s’inquiétant que de son propre sort…

Nous sommes de plus en plus individualistes, c’est le vrai problème de notre société. Il a fallu passer de sujet du Roi à citoyen de la République. Les Lumières ont été un progrès incontestable dans l’affirmation de la primauté de la personne humaine, mais nous sommes passés de la personne à l’individu et nous sommes dans une société où l’on n’a que des droits et plus de devoirs : on fait ce que l’on veut, quand on veut, et on emmerde le reste du monde ! On entend cette phrase : « Mon corps m’appartient… ». En réalité, non, nos corps ne nous appartiennent pas. Ils ont été faits par d’autres et ils disparaîtront. Donc, je suis très frappé de voir cette société qui se délite sous l’effet de l’individualisme. À côté de cela, vous avez toutes ces sociétés asiatiques, notamment en Chine, depuis la plus haute Antiquité, où l’homme est pris dans le cosmos et n’existe quasiment pas. Dès qu’il bouge un peu, il ne faut pas qu’il dérange. On voit bien que c’est le groupe qui compte, et non pas l’individu. Si vous regardez un tableau chinois, vous verrez de grandes montagnes, avec des arbres et des nuages, la montagne représentant l’empereur, et une rivière un peu tumultueuse, avec une barque noire et un tout petit bonhomme : c’est l’homme au milieu du cosmos, qui ne doit pas déranger. Si l’on compare cette œuvre d’art chinoise à nos tableaux du XVIIIe siècle, c’est tout autre chose : on voit le Roi avec sa couronne, il est glorieux, triomphant, et la nature est derrière. On voit bien que l’homme occidental a voulu dominer la nature, alors que l’homme oriental ne la domine jamais. Les Chinois détestent la guerre, ils ne veulent jamais entrer en conflit, ils attendent que l’autre s’affaiblisse… Tout cela pour dire que l’homme occidental doit revenir à plus de collaboration, plus de partage et plus de vie sociétale. Finalement, les Gilets jaunes dans les carrefours, c’était un peu cela, cette volonté de se retrouver autour d’un feu… On retrouvait les hommes de la Préhistoire. C’était le ras-le-bol d’être devant la télévision ou dans un open space… Je ne parle pas de ceux qui continuent à faire les cons, mais de la première vague des Gilets jaunes, qui m’a frappé : « Nous voulons vivre ensemble, laissez-nous vivre, ce n’est pas à l’État de nous dire d’en haut ce qu’il faut faire quand on est en région ». J’ai trouvé cela tout à fait intéressant.

Vous affirmez que les sociétés que l’on croit être les plus désorganisées arrivent à s’organiser naturellement…

Je parle des sociétés, mais pas des foules qui sont brutales et dangereuse. Comme nous sommes intelligents, nos sociétés ont besoin de chefs, ce que n’ont pas les sociétés animales. Les fourmis sont capables de construire des structures extraordinaires, avec des qualités d’habitats inimaginables. Il fait toujours 27 degrés dans une termitière, c’est exceptionnel. La masse est capable de bouger mais, quand on regarde l’histoire, ce sont toujours des individus qui ont bouleversé les sociétés. Pas forcément des grands noms politiques.

Facebook, est-ce une sorte de reconstitution de mouvements de foule ?

C’est une poubelle ! J’ai quitté Facebook. Cela m’agace de voir les copains photographier leur plat dans un restaurant… Cela veut dire qu’ils ne sont pas capables de parler à leur voisin : on est plus copain avec celui qui est à 10 000 kilomètres, qu’avec son voisin de palier… On délire complètement. En même temps, cela permet aussi de se regrouper pour des actions utiles. Mais aujourd’hui je trouve que Facebook va trop loin. Aux États-Unis, la révolte gronde, on se pose la question du démembrement des GAFA. Ces entreprises planétaires qui débordent les États devront être contrôlées demain. Elles ne paient quasiment pas d’impôts, elles font la pluie et le beau temps, et les politiques leur courent après. Nous ne ferons pas l’impasse d’une grande conférence sur ces technologies, sur la robotique, sur l’intelligence artificielle et sur la génomique, de façon à entendre ce que disent les Asiatiques sur ce sujet. Et c’est totalement différent de ce que nous disons. Nous n’avons pas la même philosophie. J’ai proposé au président de la République, Emmanuel Macron, d’organiser une telle conférence en France, la première COP Digitale. J’attends sa réponse.

Un critique sévère et exigeant est conquis par Youri Fedotoff

Youri Fedotoff, Le testament du Tsar

C’est un véritable roman d’aventures que nous livre ce descendant d’un Russe blanc et d’une comtesse hongroise né à Paris en 1959, arrière-petit-fils du général Hyppolite Savitsky, dernier commandant de l’armée blanche du Caucase. Honneur, panache, courage, le lecteur se retrouve dans Le prince Eric, version adulte.

Nous rencontrons dans les premières pages Michel Trepchine à 22 ans et déjà commandant. L’auteur n’aime pas parler des enfants ni vraiment des adolescents ; il préfère ses personnages adultes pour les faire jouer aux échecs. Et des échecs, il y en a, tant les réactionnaires refusent de voir que l’histoire ne régresse jamais et qu’il faut s’y adapter ou périr. C’est le destin de Michel et de Sacha que d’en montrer les deux faces. Michel est fils d’un comte exilé par erreur sur ordre du tsar Nicolas II, adopté comme filleul à la mort de son père. Un filleul est un fils choisi, couvé et éduqué comme le fait un vrai père. Le tsar a engendré un jeune Alexis hémophile et reporte sur Michel, parfaitement sain et vigoureux, les espoirs qu’il forme pour la dynastie.

Mais la révolution survient, la bolchevique, due surtout au conservatisme et aux lâchetés de l’aristocratie de cour. Elle est menée de main de maître par le stratège Lénine (qui n’est pas « juif » comme le dit l’auteur incidemment, malgré les accusations hitlériennes) et par le tacticien Trotski (qui est sans conteste juif et sans attaches nationales). Michel, bien jeune et à peine sorti du Corps des pages comme son ami Sacha, s’engage dans l’armée blanche. Mais pas plus celle-ci que la précédente n’est apte à faire régner l’ordre. Il manque une volonté politique et des hommes au caractère assez affirmé pour l’incarner.

Convoqué à Irkoutsk par son tuteur conseiller de la cour, le marquis de Villeneuve, un noble périgourdin descendant de chirurgien de la Grande armée laissé en Russie par Napoléon, Michel se voit confier un précieux parchemin scellé, secrètement délivré par le tsar : son testament. Il désigne Michel Trepchine comme « régent » de l’empire, faute de Romanov qui ait des couilles. Sont adjoints à ce testament deux coffrets emplis de diamants patiemment amassés au fil des siècles, une part du fameux « trésor du tsar » jamais retrouvé.

Aidé par la princesse Tin, jeune et jolie Siamoise qui fut la compagne de Villeneuve, Michel s’évade de Russie en avion via le Tibet et rejoint, muni d’un faux passeport délivré par un parent anglais de sa famille, la Suisse (où il dépose le testament à la banque) puis Paris (où il œuvre à organiser l’émigration blanche). Il a caché les diamants en un lieu isolé du Tibet et n’en garde que trois à monter en bijou pour la princesse qui l’a aidé. Archibald Blunt, l’Anglais de l’Intelligence service, est qualifié de « saphiste », joli mot mais impropre, ne s’appliquant précisément qu’aux femmes. Il aimera Michel d’un amour jaloux, puis son fils Dimitri, avant d’errer entre plusieurs fidélités depuis Cambridge…

Michel est un cosmopolite de son siècle, parlant russe et français tout comme anglais et allemand, puis hongrois et italien, et peut-être une ou deux autres langues. Il a de la famille dans tous les pays séparés alors par des frontières, artificielles aux alliances matrimoniales des grandes dynasties aristocratiques (exclusivement blanches). Son père est russe et sa mère bavaroise, apparentée à la couronne britannique, avec un passeport suisse ; sa grand-mère est hongroise et le fils de son tuteur Villeneuve est devenu américain. C’était le melting pot libéral de l’Europe d’avant 14. Puis les nationalismes sont venus, cassant la globalisation…

Après la guerre, puis la guerre civile, Michel se marie et fait deux enfants, une fille aînée Julie et un fils cadet Dimitri. Il se découvre un autre fils, Nicolas, conçu avec la princesse Tin lorsqu’ils fuyaient de concert par-dessus l’Himalaya, une épopée rocambolesque aux commandes d’un Bréguet biplan. Michel avant 1940 est un homme comblé : père, époux, riche, actif, entouré. Il souffre cependant de l’exil. La Russie devient pour lui comme un Graal, le poussant à des plans extravagants. Les Russes ont comme les Anglais, dit l’auteur, « cette étrange schizophrénie dans laquelle se côto[ie] une intelligence pratique et la faculté de lâcher prise dans des exubérances parfois très excentriques » p.290.

Son ami d’enfance Sacha Boulganov, prince russe, est passé du côté bolchevique en raison des idées modernes de la philosophie occidentale sur l’égalité et le matérialisme comme de sa déception du milieu aristocrate incapable. Mais la pratique paranoïaque de Staline ne tarde pas à le faire déchanter. Il ne doit qu’à l’amitié du vulgaire et obtus Vorochilov de n’être pas emporté dans les « procès » pour trotskisme ou trahison et il s’exile en Sibérie, dans le village même des Samoyèdes (ou Nénètses que l’auteur semble confondre avec le village savoyard de Samoëns), où Michel a passé son enfance à cause de l’oukase d’exil de son père. C’est là que l’enfant au prénom d’archange a vu de près un tigre blanc, venu lui flairer le visage en le regardant droit dans les yeux. Le fauve ne l’a pas croqué et Michel est désormais surnommé par ceux qui l’admirent « le tigre de Sibérie ». Les chamanes y ont vu un signe d’élection.

L’inique traité de Versailles, imposé par les puissances victorieuses de la Première guerre mondiale, a redécoupé l’Europe en pays artificiels où les nationalités sont souvent irrédentistes. Ce placage abstrait sur la réalité humaine va engendrer inévitablement la Seconde guerre mondiale, chacun des pays monte aux extrêmes de la passion et appelle un dictateur exécutif. Ce chaos va-t-il permettre de rétablir l’ordre divin en sainte Russie ? Michel est loyal et volontaire, mais que peut-il contre les forces sociales du destin, les intérêts commerciaux yankees et le machiavélisme bolchevique ?

Le progrès technique emporte toute valeur morale et précipite l’efficacité avec l’avènement du type humain du Travailleur selon Ernst Jünger, le rouage sans âme de la Technique ; les anciennes pulsions libérales et humanistes, d’essence aristocratiques, sont balayées, engendrant les millions de morts des deux guerres mondiales et un chaos planétaire dont nous ne sommes pas encore sortis. Le monde matériel change trop vite pour que les humains adaptent leur mental ; ils n’ont pour réponse que la crispation intransigeante sur les idées d’hier et la violence jusqu’au massacre pour imposer leur droit. Seule peut-être la musique, dont l’épouse de Michel est experte, exprime la part des anges de l’humanité terrestre malgré la « médiocrité puérile des hommes » p.327 selon le chef d’orchestre Karvangler, une chimère de Karajan et de Furtwängler.

Ce beau roman d’aventures emporte et donne à réviser l’histoire tragique du XXe siècle. Il est parsemé de remarques fort justes sur la politique et les hommes, le régime de monarchie constitutionnelle et la démocratie, l’antisémitisme et le capitalisme libéral, le couple et les fils, le nazisme et le communisme. Il nous apparaît bien souvent la sagesse même parce que l’auteur, comme nous, connait la suite : l’histoire du passé se reconstitue aisément, celle du futur est plus aléatoire…

L’auteur laisse entendre que ce « testament du Tsar » pourrait être vrai, selon ce que lui a confié en 2004 son père en exil. Mais que nous importe ? Pas plus qu’un Bourbon ne règnera sans doute sur la France, un Romanov ne remontera désormais sur le trône de la Russie. Reste une aventure épique dans la lignée morale des scouts devenus aujourd’hui pères et grands-pères.

Le sous-titre du roman laisse entrevoir une suite, la période après 1945 étant à la fois plus délicate et plus proche, dédiée aux fils.

Youri Fedotoff, Le testament du Tsar – Chaos 1917-1945, 2019, Y&O éditions, 418 pages, €23.00 e-book Kindle €9.99

Le site de l’auteur

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

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Déjeuner de gastronomie diététique pour les journalistes le 16 octobre à 13h (sur inscription)

Déjeuner de gastronomie diététique, mercredi 16 octobre à 13h, pour les journalistes santé / bien-être / beauté : inscription auprès de l’attachée de presse guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85 (adresse dans le 16ème communiquée après inscription validée)

Sophie Reverdi, la spécialiste parisienne du coaching comportemental et culinaire, qui fête les 15 ans de sa méthode Smart and Light ainsi que la sortie de son livre « L’intuition du zéro coupé », vous propose de venir déguster et expérimenter les spécialités gastronomiques light et bio de son programme, dans son centre de l’Avenue Mozart.

Diplômée d’une grande école Suisse, passionnée de “Grande Cuisine”, mais aussi de santé, et de bien-être, Sophie s’est attachée pendant plus de 20 ans, à mettre au point et à compiler les ingrédients d’une grande cuisine savoureuse, qui permettrait d’aider ses clients en surpoids et obèses à maigrir, tout en continuant à honorer le plaisir des sens, et en leur permettant de manger en quantité illimitée, pour ne subir aucune contrainte, et n’avoir “plus aucune excuse”, à ne pas entamer et réussir leurs parcours de transformation.

Lors de cette dégustation qui vous permettra de mieux comprendre la sensorialité du programme qu’elle a mis au point avec passion, elle vous fera voyager aussi à travers l’histoire qui lui a permis de construire son rêve d’enfant plein de bienveillance,  sur plusieurs continents, ( Europe, Afrique et USA) et d’aider plus de 3000 personnes dans le monde à récupérer non seulement leurs poids de santé, mais aussi une qualité de vie incomparable. Un grand nombre de ses clients disent tout simplement qu’elle leur a sauvé la vie… De nombreux experts en obésité, diabète, nutrition et cardiologie l’ont toujours soutenu avec ferveur et parlent d’une méthode pleine de bon sens.

Elle sera encadrée lors de votre venue, de Jana Vitezova, sa toute première cliente,  qui a perdu en 2003  63 kilos et qui est aujourd’hui, coach certifiée Smart and Light au Luxembourg, après avoir été pendant 6 ans coach à ses cotés en Tunisie, mais aussi de deux ou trois autres de ses clientes et clients parisiens, qui témoigneront des bienfaits de leurs parcours, sachant que ses autres clients sont en Tunisie, au Royaume Uni, et aux Etats-Unis.

L’un de ses fils, Valentin Reverdi, considéré comme le leader de la génération Z dans les médias ( génération uber eats et qui mange mal…) sera aussi présent, et racontera sa vision du programme, évoquera aussi la nouvelle chaine Youtube qu’il est en train de lancer pour parler du travail de sa maman dont il est témoin depuis son plus jeune âge …

Lien vers une vidéo du premier anniversaire du centre de Sophie Reverdi à Tunis: 

https://www.youtube.com/watch?v=LUeXa04lr60

Lien( en bas de la page)  d’une vidéo du Professeur Nagati, son mentor: https://www.smartandlight.com/pf/khemais-nagati/

Quelle place pour la femme dans l’Egypte antique ? Par Philip Kayne

THEMES AUTOUR DE LA FEMME DANS « LES CONQUERANTS D’ATON » Tome 1 « La Part de Vérité »

1)   LA MERE BIEN AIMEE :  

A la première syllabe, le prince Khetara (nom de jeunesse d’Akhenaton) reconnait la voix de sa mère, la reine Tiy (p 31-35). C’est l’enfant plus que le jeune adulte qui entend la voix maternelle. Mère, vous êtes là ?…La joie des retrouvailles l’assaille avant même qu’il ne voit l’objet de son amour. Le prince la découvre enfin, allongée sous un arbre et ne peut s’empêcher de la dévorer des yeux. Maintenant, il a besoin de la toucher et il lui embrasse les mains avec tendresse, presque de la dévotion ; d’ailleurs, il l’appelle Divine Mère ! La tendresse est à son comble et le prince laisse déborder son cœur …revoir le visage que mes yeux ont vu pour la première fois sera toujours le plus grand des bonheurs…

L’amour filial, exacerbé par l’absence, prime sur toutes autres considérations, sur le monde qui entoure la mère et son fils. Et sa mère le retient, comme si, elle-aussi, souhaitait prolonger l’étreinte. L’amour de sa vie serait-il dans ses bras ? Il est vrai que les études du prince les avaient séparés depuis plusieurs années. Mais qu’importe, puisqu’à présent ils sont à nouveau réunis ! Un moment intense se passe, à la limite de l’acceptable. Son père, le Pharaon Amenhotep III mettra d’ailleurs fin à l’envolée. Mais la reine Tiy n’a pas dit son dernier mot (dont elle jurerait pourtant, en bonne épouse, qu’il appartient a Pharaon…) et si c’est bien elle qui va laisser son royal époux rassurer leur fils Khetara quant à son devenir, on comprend bien que la Tiy a donné son assentiment. 

C’est la toute la finesse et le pouvoir d’une reine qui pèse sur les décisions politiques et religieuses (p35-37)  jusqu’à décider elle-même des orientations politiques lorsque la santé d’Amenhotep III deviendra chancelante, qui sera le ministre de l’ombre de son fils (p 288-294). Et puis, encore, cet amour filial entre une mère et son fils (p 37,fin p 288 et 289) jusqu’au décès douloureux et magnifique de Tiy(p 325-327)          

2)   LA RENCONTRE AMOUREUSE 

      Le prince Khetara est doublement malheureux ; au cours d’un banquet, il assiste aux fiançailles arrangées de son frère ainé, Touthmôsis, avec leur demi-sœur, la princesse Sitamon (p43). Si cette dernière, belle plante rosissantecomme l’appelle Khetara, se fait à l’idée d’une pareille union (le prince héritier est un bel athlète et aussi le futur Pharaon…) Touthmôsis, lui, se retrouve démuni devant la décision de Pharaon ; une mascarade ou ses sentiments les plus intimes se voient bafoués…De plus, la chasse au lion le laisse gravement blessé à la cuisse et tout autant dans son amour propre…Dans l’Egypte pharaonique, les mariages consanguins étaient autorisés au sein de la famille royale, pour préserver le précieux sang royal. Les unions incestueuses participent de la même logique, quoique ce type d’union fût le plus souvent rituel. Le prince Khetara lui aussi consentira, par amour, à épouser sa cousine NefertitiLa belle est venue, telle qu’on l’appelait sans doute avec raison (p113-115). 

Elle deviendra la Grande Epouse Royale c’a d la reine d’Egypte, l’égale de son mari, devenu le Pharaon Akhenaton. On prétendait même que si Pharaon célébrait le lever de Ra, jamais celui-ci ne se couchait sans que Nefertiti ne l’eut salué au cours de l’Oblation du soir (p16)…Son beau visage dissimulait sans doute un esprit bien fait et son corps élancé un cœur vaillant.  Six filles, sans tare apparente, naitront de l’amour indissoluble que se voua lecouple solaire et, en dernier, un fils du nom de Toutankhaton (p339-340), victime à la fois de l’âge relativement avancé de sa mère, pour l’époque, et, dans son cas, des effets délétères de la consanguinité. 

Celui-ci deviendra ce roi connu de l’univers entier sous le nom de Toutankhamon et épousera sa sœur ainée Ankhensenamon qui sera son bâton de route. Dans un pareil contexte de consanguinité aggravée, la jeune femme fera sans doute plusieurs fausses couches (deux fœtus non viables ont été retrouvés momifiés dans la tombe de Toutankhamon).    

3)   KYA, LA CONCUBINE DE L’ADOLESCENCE DE KHETARA ET EPOUSE SECONDE

A dire vrai, nous ne savons pas grand-chose de Kya, femme de pouvoir, d’intrigues et qui donnera à son prince Khetara, son fils premier né, Semenkhara. Encore une fois, ce sera l’épouse-sœur de ce dernier, Meritaton, qui l’épaulera jusqu’à sa disparition brutale. Quant à Kya, après avoir mené un combat sans merci contre sa rivale Nefertiti (p192-193 p281-282 p346-347) – chacune d’elles avait un fils susceptible de devenir Pharaon… elle disparaitra sans laisser de traces (p360-365). Nous voyons bien que si Pharaon règne, la reine joue un rôle très important, parfois même déterminant dans la conduite des affaires de l’Etat. 

Ce sera particulièrement vrai tout au long de la XVIIIème Dynastie, la Dynastie impériale qui fera de L’Egypte le royaume le plus puissant du Moyen-Orient durant de nombreux siècles. D’ailleurs, on peut raisonnablement penser que l’un des secrets de la longévité du système pharaonique tient peut-être dans la répartition pragmatique du pouvoir, dans ce tandem homme-femme, porté au paroxysme par le couple de légende formé par AKHENATON-NEFERTITI qui mèneront une révolution des idées sans précèdent dans l’histoire de l’humanité et qui restera unique, tout comme la divinité qu’ils prônaient.

4)   MOUTNEDJEMET, SŒUR CADETTE DE NEFERTITI

Comment cette jeune et sans doute jolie femme (p115-116) aurait-elle pu rester en retrait alors que sa sœur avait épousé le prince héritier Khetara ? Dévorée par l’ambition, intrigante de charme, Moutnedjemet (p125-126) épousera le sémillant général Paatonheb qui deviendra plus tard le Pharaon Horemheb, le fossoyeur sans état d’âme de l’œuvre entreprise par ses prédécesseurs directs ! On peut se demander si Moutnedjemet n’a pas aidé à la disparition de Kya ?…(p360-365)       

5)   MOUNA, LA GOUVERNANTE ET LA CONFIDENTE DE NEFERTITI

La plupart du temps, le rôle de confident(e) était dévolu à la nourrice, mère de substitution pour les princes et princesses (p99-103). La momie de la reineHatchepsouta d’ailleurs était découverte grâce à celle de sa nourrice, allongée à ses côtés. Dans le cas de Néfertiti, l’affaire est plus nébuleuse et il semble que sa nourrice fut épousée en deuxième noce par son père Ay, tant cette dernière fut attentive au bien être de l’enfant. Il est donc plausible que le rôle éminent de confidente pût échoir à une gouvernante, choisie pour ses affinités avec et envers sa divine maitresse. Dans ce cas-là, il s’agit d’une relation d’amitié, profonde et durable. 

6)    LA BEAUTE ET LES SOINS CORPORELS

Voilà un thème de prédilection dans l’Egypte antique ! Oui, l’Égyptienne prenait soin d’elle, de son apparence. Déjà, dans un pays chaud, le confort demande de porter des vêtements légers, d’autant plus que l’on grimpe dans l’échelle sociale ; le lin blanc fera plus que vêtir les égyptiennes, il enveloppera les corps aux courbes souvent sensuelles, l’arrondi ou le fuselé des formes. Sous Akhenaton et Nefertiti, la mode vestimentaire se fera vaporeuse et la Reine n’hésitera pas à dévoiler ses formes, arborant des tuniques transparentes et ouvertes. Comme nombre de ses contemporaines, Nefertiti possédait des coffrets à fars, sorte de beauty case avant la lettre qui contenaient une grande variété de produits à usage cosmétique. 

En effet, les pharmaciens du Palais concoctaient un grand nombre de potions, onguents et crèmes qui servaient à soigner mais aussi à embellir la peau, mélangeant extraits végétaux, animaux et matières inertes. Les médecines chinoises et indiennes procèdent encore de la sorte aujourd’hui, preuve que la méthode fonctionne ! Il en va de même pour les différents parfums et senteurs florales, si prisées dans tout le Moyen-Orient. Les fleurs (jasmin, lotus et autres fleurs du Nil) étaient broyées ou froissées et incluses dans une solution grasse qui permettait de conserver le parfum floral et servait aussi de baume pour la peau.     

7)   LA CONTRACEPTION

Encore un domaine innovant et d’excellence où intervenait la pharmacopée des produits végétaux, animaux et matières inertes ! En fait, les Egyptiens étaient les grands spécialistes de la médecine antique et leurs « Sinous » donnaient des consultations à tout ce que le monde antique possédait comme dirigeants ou personnalités d’importance. Et les méthodes de contraception, en particulier, faisaient partie de cette maitrise recherchée. 

Ainsi, les femmes qui souhaitaient éviter une grossesse indésirable humectait un tapon de lin avec un macérât de diverses substances spermicides comme le miel mélangé à du jus fermente de dattes, de la gomme d’acacia et du natron. Il suffisait alors d’enfoncer ledit tampon profondément dans le vagin pour obtenir l’effet recherché…qui allait parfois bien au-delà des espérances puisque, d’après certains papiri, l’infertilité pouvait se prolonger et devenir dans certains cas définitive…La chose devait sans doute arranger certaines catégories « socio-professionnelles » comme les prostituées et autres courtisanes. Les tests de grossesse existaient également et semblaient eux-aussi très performant, comme le signalaient l’Egyptologue Christiane Desroches-Noblecourt. 

Un tampon de lin imbibé d’échantillon d’orge et d’amidonnier et humecter d’urine était sensé indiquer une grossesse éventuelle ainsi que le sexe de l’enfant à naitre…Enfin, il ne faut surtout pas oublier l’art divinatoire sous toutes ses formes et les oracles car l’ésotérisme imprégnait la vie de tout un chacun ! (p156-159) Les astronomes Egyptiens sont les inventeurs de l’astrologie avec ses signes, ses décans et l’influence de ceux-ci sur l’existence des hommes.         

  

EN BREF… 

 

La société égyptienne accordait donc une grande place à la femme, dans de très nombreux domaines, pratiquement à égalité avec les hommes et toujours de concert avec eux. 

Malgré le fondement patriarcal des institutions, la femme possédait des biens, les gérait, disposait de sa personne, indépendamment de sa position sociale. 

Bien sûr, c’est dans la haute société, lieu de tous les jeux du pouvoir, que la femme trouvera la meilleure place pour s’exprimer, qu’elle soit reine, nourrice, gouvernante ou mère… 

Même la spiritualité était placée sous le signe de la dualité des sexes, jusqu’à la complémentarité sous le règne d’Akhnaton et Néfertiti

 

Indubitablement, la femme était l’avenir de l’homme…et inversement…quelle leçon de modernité, pour notre époque !    

Un roman à partir d’une chatte réelle, la célèbre Jasmine Catou

Christian de Moliner, Jasmine Catou détective

S’il existe des chiens policiers, les chats sont beaucoup plus rares. Seule Lilian Jackson Braun a instauré la série Le Chat qui… Dame Agatha elle-même montre peu de minets dans ses pages, son Hercule est seulement un vieux beau. Mais si l’article ne se trouve pas chez Christie, Christian le produit.

Jasmine Catou est le nom d’une chatte réelle, étalée d’ailleurs en couverture sur ce qui fut un jour mon lit d’une nuit. Comme dans le livre, elle vit à Paris chez sa « mère »qui est aussi maitresse d’amants plus ou moins attentionnés et dans l’attente de « l’homme de sa vie ». Situation qui produit des rencontres, des quiproquos, des rébus, tous ingrédients fort utiles aux énigmes.

Cinq d’entre elles nous sont contées, parmi les innombrables que la chatte a vécu. C’est que l’appartement est petit, mais« bordélique », et que les choses ont une fâcheuse propension à se perdre tandis que l’exiguïté des lieux oblige les convives à se serrer, jusqu’à l’empoisonnement. Un éditeur tueur, dragueur et vaniteux en fait les frais au café, après un délicieux poulet accompagné de tomates confites au four (Jasmine se pourléchera des restes, prendra encore 100 g en plus de ses 6 kilos bien fourrés).

Catou est une chatte, donc observatrice et impitoyable aux détails. Elle ne parle pas (évidemment) mais sait s’exprimer (évidemment – tous les compagnons de chats le savent) : frottement, griffes dehors, miaulement, saut léger pour faire tomber les objets. Pas n’importe lesquels ! Ceux qui permettent à maitresse Agathe (hommage à la reine du crime anglaise) et à son amie Armelle (prof de math éprise de logique) d’orienter leurs hypothèses sur la plus probable.

J’ai l’honneur de connaître la bête et son théâtre d’opération, niché dans un recoin proche de Saint-Germain des Prés. Jasmine condescend à se laisser parfois caresser et à jouer, considérant tout de ses yeux verts. Tout est vrai (sauf le lave-vaisselle, qui n’existe pas) et tout est inventé, pour le plaisir de la lecture. Car un chat policier, et dans le 6ème arrondissement, dame, cela ne s’est jamais vu !

Christian de Moliner, Jasmine Catou détective, 2019, éditions du Val, 109 pages, €6.50 e-book Kindle €4.50 

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

Dédicace de Philip Kayne à la librairie SORBONNE MASSENA d’ANTIBES le 12 octobre 2019

Philip Kayne dédicacera sa saga « Les Conquérants d’Aton » à la librairie LA SORBONNE MASSENA samedi 12 octobre à Antibes de 10h à 19h.adresse : 10 avenue Robert Soleau, 06600 ANTIBES JUAN LES PINS

Il vous attend nombreux !

Coup de coeur de Patrick Poivre d’Arvor, il est d’ores et déjà invité au prochain Salon du Livre de Monaco en avril 2020.

Trois événements prestigieux autour de « La Défense d’aimer »

Pour les amoureux du Ring… et de l’amour !

 

Un roman recommandé par le Cercle National Richard Wagner de Paris

Trois grands rendez-vous avec l’auteur autour du livre : 

 

      Mardi 12 novembre à 19h, 

soirée de lancement du livre par la Librairie Gallimard 

suivie d’un cocktail dînatoire proche (inscription auprès de l’attachée de presse par mail guilaine_depis@yahoo.com) 15 boulevard Raspail 75 007 Paris

 

      Dimanche 8 décembre à 15h15, présentation du livre au Cercle National Richard Wagner de Paris à l’Hôtel Bedford 17 rue de l’Arcade 75 008 Paris (aux membres)

 

      Jeudi  26 mars 2020, en prélude aux « Moments musicaux de l’Hermitage » à la Baule, soirée « Coup d’éclat » à Pornichet de présentation du livre par Guilaine Depis et entretien avec l’auteur Domitille Marbeau Funck-Brentano