Actualités (NON EXHAUSTIF)

Un extrait de « Applaudissez-moi ! » dans Economie Matin

APPLAUDISSEZ-MOI ! (EXTRAIT)

l’AFP consacre tout un article à l’Opération Condor grâce au livre de Pablo Daniel Magee

Agencia AFP

Libro de investigador francés arroja luz sobre el Plan Cóndor en América Latina

París, 19 Nov 2020 (AFP) -La lucha del abogado y defensor de los derechos humanos paraguayo Martín Almada, que desembocó en el hallazgo de toneladas de documentos del siniestro Plan Cóndor, es el eje de un libro que acaba de publicar en Francia el escritor y periodista Pablo Magee.

Almada, acusado de « delito de terrorismo intelectual » sobrevivió a cuatro años en las cárceles del dictador paraguayo Alfredo Stroessner. En 1978 fue liberado gracias a la presión internacional y se exilió en Francia, donde trabajó en la Unesco.

A fines de 1992, con la ayuda de un juez paraguayo y de su propia esposa, María Stella Cáceres, actual directora del museo de Las Memorias en Asunción, Almada logró sacar a luz los ‘Archivos del Terror’ sobre el plan perpetrado conjuntamente por fuerzas militares de varios países, sobre todo del Cono Sur americano, apoyadas por la CIA a partir de mediados de la década de 1970.

« íEsto es grande! » había destacado la mujer tras aquel hallazgo histórico.

Pablo Magee (París, 1985), un intelectual francés que reside en Paraguay desde hace tiempo, conoció a Almada y creó un vínculo poderoso que se tradujo en un libro al que dedicó siete años y que es tan atípico como fundamental para interpretar aquellos años de terrorismo de Estado.

« La noche en que conocí a Martín en su casa hablamos durante seis o siete horas sin parar. Me contó su historia personal y su descubrimiento de aquellos archivos », que integran el Archivo de la Memoria del Mundo de la Unesco, contó Magee a la AFP.

Desde entonces, Almada y él recorrieron medio mundo y, entre otros, éste convenció al papa Francisco para que abriera los archivos del Vaticano sobre el Plan Cóndor.

Magee había encontrado una razón ideal para escribir. No es casual que fuera nada menos que el escritor republicano español Jorge Semprún, sobreviviente de los campos de concentración nazis, quien le inculcara « la obsesión por el deber de hacer memoria », cuando era estudiante en el liceo Frédéric Mistral de Aviñón, en Francia.

La vocación de Magee no se limita a su relación con Semprún. Cuando estudiaba en Londres tuvo como profesora a una persona que trabajó para el secretario de Estado estadounidense Henry Kissinger (premio Nobel de la paz en 1973), en momentos en que la CIA colaboró en el golpe de Estado en Chile contra Salvador Allende, y que renunció y partió al Reino Unido al descubrir la línea de la política exterior de su país.

« Ella me inoculó el virus por intentar comprender el funcionamiento de las dictaduras en América Latina », afirma.

Pero la investigación en Paraguay para « Opération Condor » (Éditions Saint-Simon, París 2020), « no fue nada sencilla », confiesa.

« Advertí que estaba bajo escucha y que era vigilado desde muy cerca. Luego llegaron las amenazas y ataques informáticos contra mi correo electrónico. Un día, todos los e-mails vinculados a mi investigación fueron borrados. Todo aquello no fue fácil de sobrellevar pero, supongo, forma parte de ese universo », explica.

Para Magee, « la defensa de los derechos humanos y de la memoria no es terreno neutral en ninguna parte y menos aún en América Latina donde estos asuntos son muy recientes o actuales ».

En ese sentido, Martín Almada afirma por su parte que aquel cóndor « todavía vuela », en virtud de los últimos acontecimientos políticos en América Latina, citando el auge de la extrema derecha.

El libro de Magee fue prologado por Costa Gavras, cineasta muy interesado en el tema de las dictaduras en América Latina, con películas como « Missing » (o « Estado de sitio »). « Un broche de oro para este ciclo », destaca Magee.

La publicación en español de « Opération Condor » está prevista en Buenos Aires en una fecha aún por determinar, según el autor.

age/mar

AFP

Le roman de Philippe Olagnier à l’honneur dans France Net Infos

“Les bras d’Odin” le nouveau roman historique de Philippe Olagnier par Dominique Iwan

Les amateurs des « Vikings » série canado-irlandaise, de « The last Kingdom » série britannique ou simplement d’histoire anglo-saxonne et scandinave vont sans doute adorer le dernier livre de Philippe Olagnier paru aux Editions de l’Onde en septembre 2020.

Conférencier, Philippe Olagnier est aussi un auteur qui appuie son acte d’écriture sur des contextes historiques ou sociétaux extrêmement bien documentés. C’est le cas de son dernier roman historique “Les bras d’Odin”  …

… Nous sommes dans les années 900 environ dans un des nombreux fjords sur les côtes d’Europe du Nord … Asgeir chef de clan, devenu Jarl dès ses vingt hivers passés, a convoqué l’assemblée du Thing (mot dérivé du vieux danois désignant une assemblée dans les anciennes sociétés d’Europe du Nord), pour la convaincre d’organiser une expédition vers l’Angleterre avec l’aide d’Arvid …

… Arvid, jarl installé sur les terres normandes et adoubé par Asgeir pour y créer une colonie viking est l’allié idéal par nécessité et par devoir.

Alliant “la force du commandement pour conquérir dans un premier temps, et l’habileté du négociateur pour parvenir, dans des conditions favorables aux vikings, à rester sur une terre et à cohabiter avec les peuples indigènes d’abord soumis par l’épée”, Arvid avec cette double faculté, a une compréhension très fine de la situation géopolitique de la région.

Tenant compte dans un premier temps, de la difficulté de leur installation en Normandie conquise de haute lutte par de lourds combats puis par des négociations en vue d’un traité durable …

… et d’autre part de la présence de plus en plus prégnante de cette nouvelle religion le christianisme, qui implante des monastères  et accumule en ces lieux des richesses énormes en imposant prélèvements et impôts …

… Arvid réalise qu’il ne peut plus croiser le fer en Normandie pour éviter à sa colonie devenue prospère de casser les équilibres avec les Francs, mais par contre est tout à fait favorable à un raid en Angleterre contre les nouveaux monastères et contre les moines conquérants qui moquent les traditions et ridiculisent les dieux vikings.

Tous ces arguments rassurent Asgeir  et le confortent dans sa décision d’organiser cette expédition, mais pour lui la situation est bien plus compliquée, les contrées du Nord où son clan est installé connaissent depuis deux années une vague de froid sans précédent, ses derniers combats avec les Inuits les ont affaiblis et leurs terres donnent peu en termes de récoltes … cette prochaine opération est donc vitale.

L’alliance entre les deux clans et le raid sont votés par l’assemblée du Thing ainsi que la préparation des fameux Drakkars …

Quelques mois auparavant, en Europe germanique, la question de l’évangélisation et de la conversion de certaines communautés encore païennes s’impose de plus en plus …

… C’est Adalbert jeune noble germain ayant l’oreille de l’Empereur qui réunit une assemblée pour établir une stratégie …

… et c’est Frère Thomas jeune ecclésiaste recommandé à Adalbert par la récente papauté qui par son érudition, son expertise et une foi missionnaire implacable, qui s’exprime ainsi : “Nos premiers missionnaires, même les plus doués, ont tous échoué dans l’oeuvre de ridiculisation de leurs divinités (…) nous devons réfléchir  plutôt à les récupérer qu’à les combattre de front.” Frère Thomas sera le bras séculier de cette stratégie.

Une bataille nous conduira aux portes du Walhalla … mais je n’en dis pas plus tant ce roman “les Bras d’Odin” nous emporte dans l’ère viking qui s’est révélée un apport important dans l’histoire de notre continent.

Un roman étrange et jouissif, très prenant (…) Puritains et conformes s’abstenir.

Frederika Abbate, Les anges de l’histoire

Sixième roman étrange d’une autrice de 60 ans née à Tunis quatre ans après l’indépendance, Les anges de l’histoire sont une fiction à la Philip K. Dick. Nous sommes dans notre monde mais en parallèle, dans une dystopie possible d’ici quelques décennies. C’est ce qui fait le charme de ce roman de réalité anticipée, nourri d’art, de sexe et de cybernétique.

Premier point : la cybernétique est désormais intégrée au monde humain avec le progrès de la vitesse et de la miniaturisation des puces ; chacun manipule du code ou est manipulé par lui, en direct ou via des algorithmes. Second point : l’art est plus que jamais indispensable pour penser le monde et se le concilier – une sorte de nouvelle « religion » selon Malraux (du religere latin : qui relie). Troisième point : l’art et la vie sont indissolublement mêlés, et la vie est avant tout sexe, acte social et génésique, jouissance suprême qui fait entrevoir la fusion avec le cosmos.

Vous l’aurez compris, ce roman met en scène tout cela dans des descriptions torrides d’unions sexuelles orgiaques entre individus, entre genres, entre espèces, la cybernétique permettant la manipulation (génétique et psychologique) de façon à démultiplier les occasions d’« art ».

Malgré un récit d’enfance un brin étriqué sur quelques pages – mais la limite légale des 15 ans est indispensable à notre société puritaine volontiers réactionnaire en ce qui concerne l’enfance – le personnage principal du livre, Soledad (qui est un garçon malgré ce prénom), parvient vite à sa maturité. Orphelin né en Lorraine mais adopté à Dieppe, il ne sait pas aimer même s’il tombe amoureux. Le lien n’est pour lui que sexuel ou informatique depuis qu’à l’âge de 15 ans cette carcasse « préhistorique » s’est retrouvé empalée sur une fille plutôt en marge qui créait des formes sur ordinateur. Cela lui révèle que « l’amour » est un langage codé.

Tout alors se précipite : le dérèglement irraisonné de tous les sens, la fugue du domicile pour vivre sous les ponts, la drogue et la baise, la philosophie de chambrée universitaire où il squatte par curiosité pour l’informatique, la rencontre d’une femme riche qui le sauve de la déchéance et lui permet de s’exprimer par la sculpture, le voyage initiatique en Thaïlande avec le frère de cette femme et sa découverte chamanique de l’amour tantrique où il le sodomise pour faire une expérience, une Faustine archéologue qu’il sauve des marais, sa première exposition de sculptures dans une galerie de Bangkok qui le fait connaître, la commande d’une œuvre par un Russe qui l’invite dans sa datcha sur une île au nord de Saint-Pétersbourg, et puis…

… sa révélation d’un Paris devenu en quelques années en proie au chacun pour soi du fric, où l’hyper-capitalisme à la Trump fracture durablement la société entre riches qui peuvent tout et pauvres à jamais soumis. Des tanks sur les boulevards tirent carrément sur une manifestation d’« Ombres », sortes de Gilets jaunes en capuches noires qui se disent oubliés. Soledad le solitaire rencontre des résistants au Système. Ils agissent dans la canopée d’une forêt qui a poussé anarchiquement sur les ruines du quartier de Saint-Germain qui retrouve son nom des Prés. La forêt comme signe de la vie qui toujours va. Il rencontre Laura aux cheveux bleus qui jouit magnifiquement, Markus le géant expert informatique, Dov l’hermaphrodite qui gère un bordel spécialisé. Il sauve Ariel, un enfant aux bras piqués, à l’esprit déstructuré par ce que ses parents puis la société lui ont fait subir.

Car dans le nouveau monde du chacun pour soi égoïste, la morale a volé en éclats. Seuls comptent les désirs et la réalisation des fantasmes. Toutes les barrières tombent, entre âges et entre espèces, des hybrides d’humains et d’animaux se vendant en bordels exotiques pour le plaisir et la douleur des pervertis par l’absence de tout cadre social, des enfants étant enlevés ou vendus pour viols, torture ou prélèvement de sang où se baigner en jouvence. Les vices humains alliés à la puissance de l’informatique et du pouvoir de l’argent vont très loin. Il s’agit moins d’un « complot » que d’une dérive systémique, le transhumanisme transgressant tout sens via le dérèglement raisonné de tous les sens. Ce qui est vérité n’est pas dans le fait mais dans ce que l’on croit ou ce que l’on désire. La vérité appartient à ceux qui ont le pouvoir, les moyens, l’audace. Tout le reste n’est que vie appauvrie de looser, « des humains transformés en automates » p.210, conditionnés au travail, aux transports, à la consommation – à la reproduction en masse de la masse – « la conspiration des endormis », disait Soledad à 15 ans.

De l’Initiation à l’Hadès via la Canopée Soledad, l’abandonné solitaire, va trouver en trois parties le sens de sa vie et une identité dans la résistance. Le sexe conduit à l’art qui conduit au décryptage des codes – c’est aussi simple que cela. Au fond, s’il n’y avait pas la mort, y aurait-il la vie ? Si nous ne devions pas mourir un jour, vivre aurait-il un quelconque prix ? Dès lors, remplacer l’homme par l’être cybernétique a-t-il un sens ? « Dans l’amour (…) se réalise l’union du charnel, du mental et de l’affectif. Nous faisant vivre des moments exquis, exceptionnels. Baignant dans l’harmonie du charnel et de l’invisible, nous éprouvons alors très fortement le sentiment d’exister » p.163. Soledad se veut le créateur d’un art sous forme de code qui fera se rejoindre l’âme et le corps. Il ne peut que réprouver ceux qui créent un code pour les séparer en niant le corps !

Un roman étrange et jouissif, très prenant, qui évoque Philip K. Dick avec sa puissance d’anticipation par l’imaginaire. Puritains et conformes s’abstenir.

Frederika Abbate, Les anges de l’histoire, 2020, Nouvelles éditions Place, 308 pages, €23.00

Site officiel de l’autrice

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com