Le Monde donne aussi raison à l’hypothèse du romancier de science fiction Bernard Woitellier

Energie : « La tempête solaire est un de ces événements peu probables mais dont l’effet est tel qu’on ne peut les ignorer »

Le professeur Charles Cuvelliez et l’assureur Emmanuel Michiels pointent, dans une tribune au « Monde », le risque que fait peser une toujours possible éruption solaire sur les réseaux électriques de la planète.

Tribune. En mars 2019, le président Trump a signé une ordonnance relative à une nouvelle menace militaire : les impulsions électromagnétiques, connues depuis longtemps comme un dommage « collatéral » des explosions nucléaires. Elles ont été découvertes en 1962 lors d’un essai nucléaire au-dessus du Pacifique. Sur un rayon de 1 400 km, des équipements électriques furent endommagés. Les Etats-Unis et l’Union soviétique ont alors investigué le potentiel de destruction de cette arme, mais elle a été jugée trop destructrice, puisque à même de stopper définitivement le fonctionnement d’un pays.

Une impulsion électromagnétique d’origine nucléaire a trois phases, dites E1, E2 et E3. Durant la phase E1, les rayons gamma émis par l’explosion arrachent des électrons aux atomes de la haute atmosphère. Ces derniers arrosent ensuite le sol et l’ensemble des équipements électriques, qui agissent comme des antennes pour les capter. Les dégâts sont immenses.

La phase E2 résulte des rayons gamma secondaires qui ont pu interagir avec la haute atmosphère. Leur effet est alors similaire à des orages, contre lesquels les protections habituelles peuvent fonctionner.

Enfin, la phase E3 a le même effet que les tempêtes solaires : c’est la phase « magnétohydrodynamique », qui déforme le champ magnétique terrestre et crée, du fait de cette interaction, des courants électriques géo-induits dans les équipements au sol.

Une arme aux mêmes effets, mais sans son côté nucléaire, pourrait mettre un adversaire hors de combat sans combat. Voilà qui est attirant pour les stratèges et les politiques. Les « e-bombes », appelons-les ainsi, ont aussi l’élégance, tout comme les cyberattaques, de ne tuer personne, ou presque (les porteurs de pacemakers et les patients sous assistance électronique dans les hôpitaux). Une e-bombe aurait été testée, dit-on, pour stopper le réseau de propagande de Saddam Hussein en 2003.

Une étude rassurante

S’il n’y a pas besoin d’une arme nucléaire pour produire une e-bombe, des pays moins développés pourraient la développer. Il n’en fallait pas plus, dans le contexte actuel, pour voir les Etats-Unis s’en inquiéter avec ce décret de Donald Trump, repris dans le National Defense Authorization Act.

Mais certains doutent de la réalité d’une telle menace et observent que cette loi a été portée par l’ex-faucon John Bolton, alors conseiller à la sécurité nationale, évincé depuis. D’autres affirment que le décret est le résultat du lobby du secteur électrique, qui veut moderniser son réseau sous prétexte de sécurité grâce aux subsides du Pentagone…

Fin avril 2019, le laboratoire de recherche de l’industrie électrique américaine Electric Power Research Institute (EPRI) publiait une étude plutôt rassurante à ce sujet (« High-Altitude Electromagnetic Pulse and the Bulk Power System : Potential Impacts and Mitigation Strategies »). Oui, une émission E1 peut endommager le réseau de transport d’électricité du fait des survoltages qui en résultent.

Les relais de protection qui détectent les défauts sur les lignes peuvent résister à E1 mais peut-être pas au survoltage des lignes de communications auxquelles ils sont reliés. Quelques mesures élémentaires suffiraient : fibres optiques, câbles blindés avec mise à la terre appropriée, dispositifs ou filtres de protection contre les surtensions, amélioration du blindage des sous-stations…

Un précédent en… 1859

La combinaison des effets E1 et E3 donnerait, c’est vrai, une panne électrique, mais elle serait de l’ordre du déjà-vu, à l‘échelle régionale. Pas de quoi s’inquiéter, mais l’EPRI n’a pas regardé les effets sur la production même d’électricité, ni sur le réseau de distribution. Bref, le flou persiste.

Or il existe un précédent, l’effet des tempêtes solaires sur les réseaux électriques, comparables aux effets E3. La référence est l’« événement Carrington » de 1859, du nom de l’astronome [britannique Richard Carrington (1826-1875)] qui a observé une soudaine activité solaire, traduite dix-huit heures plus tard par des perturbations du réseau télégraphique sur toute la Terre… et par des aurores boréales observées jusqu’aux tropiques. Il y eut peu d’impact sur l’activité économique, alors peu dépendante à l’époque du simple télégraphe.

Que produirait un tel événement sur notre société moderne ? C’est un « cygne noir », un de ces événements peu probables mais dont l’effet est tel qu’on ne peut les ignorer. Un article de la revue Nature estime sa probabilité entre 0,46 % à 1,88 % seulement dans les dix prochaines années, sur la base d’une hypothèse contre-intuitive, selon laquelle plus du temps s’est écoulé depuis un événement, moins celui-ci a de chances de se reproduire (« Probability estimation of a Carrington-like geomagnetic storm », David Morina, Isabel Serra, Pedro Puig et Alvaro Corral, 20 février 2019).

Cette hypothèse est vérifiée dans beaucoup de phénomènes géologiques ou astronomiques. Une autre caractéristique des phénomènes naturels extrêmes est leur autosimilarité : leur intensité n’a pas d’effet sur la régularité de leur apparition.

L’incertitude des « cygnes noirs »

Mais d’autres études ont montré des probabilités de survenance d’une tempête solaire de 3 % à 10,3 %, ou encore de 4 % à 6 % sur les dix prochaines années… Ce à quoi il faut ajouter qu’une telle tempête peut « rater » la Terre. Bref, comme toujours avec les cygnes noirs, c’est l’incertitude…

Le sujet préoccupe aussi les assureurs (« Expert Hearing on solar storms », Swiss Re, mars 2016). Il est vrai que si une tempête solaire provoque la mise hors service de 10 % des transformateurs dans une région, le rétablissement du réseau risque d’être long… et coûteux. Hydro-Québec avait subi en 1989 les effets d’une tempête solaire et y avait perdu tout de même 3 % de ses transformateurs.

Prévoir une tempête solaire suffisamment à l’avance est un facteur dit de « mitigation » du risque car, si tant est que des mesures de protection soient possibles, on limite les dégâts en les activant à temps. Aujourd’hui, les satellites d’observation solaire tels que SOHO, lancé en 1995, et Stereo nous donnent avec leurs coronographes six heures pour réagir à une tempête solaire, avec une capacité de détecter une suractivité du Soleil trois à quatre jours avant.

Notre capacité d’observation et de compréhension s’est accrue avec le lancement du satellite européen Solar Orbiter le 10 février 2020 et a été complétée avec les capacités du satellite américain Parker Solar Probe, en place depuis août 2018. De nouveaux satellites pourraient allonger la préalerte à six à sept jours et prédire l’arrivée de la tempête à quatre heures près.

Faut-il assurer ?

Pour un assureur, un tel événement est la quadrature du cercle : les conséquences (et donc les dommages à assurer) se déroulent en cascade, certaines conséquences en amenant d’autres sur de larges échelles, très vite régionales.

Dans quelle mesure les contrats d’assurance en cours couvrent-ils des dommages causés directement ou indirectement par les tempêtes solaires ? Faut-il exclure ces dommages ? Ou les couvrir pour inciter à la mise au point et la mise en place de systèmes de protection ? Peut-on développer un produit d’assurance qui couvre l’interruption de service sans le dommage physique qui l’aurait causé ? Faut-il prévoir le concept de « cause immédiate » afin de limiter ce qui est couvert aux dommages causés par la seule activation des mécanismes de sécurité du réseau ?

On retrouve la même problématique qu’avec le Covid-19 et les pertes d’exploitation qui en ont résulté sans qu’on puisse les lier à un dégât physique.

Faut-il les assurer ? Le débat est en cours à Bercy. Les cyberassurances mènent aussi ce débat : que couvrir exactement ? Les dommages directs (dégâts occasionnés) ou indirects (pertes de revenus) ? Quand le virus informatique Stuxnet est envoyé contre l’Iran mais finit par toucher le monde entier, une assurance doit-elle couvrir ce dommage ? L’attaque est-elle un acte de guerre (toujours exclu des assurances) ? Le découplage entre le dommage et sa cause directe pourrait bien devenir la marque de fabrique des nouvelles formes de risques.

Les Echos rejoignent le scénario envisagé par Bernard Woitellier dans sa saga de science fiction : Après le covid, les prévisionnistes s’intéressent aux cygnes noirs. C’est le moment de lire « Le Maître de la Lumière »…

Les Echos du 24 juin 2020 rejoignent le scénario envisagé par Bernard Woitellier dans sa saga de science fiction « Le Maître de la Lumière » !

Extrait : « La probabilité qu’une super tempête solaire frappe la Terre est encore plus élevée. Ce risque-là a beau venir d’une centaine de millions de kilomètres, il n’a rien de la science-fiction. En 1989, une éruption de particules électromagnétiques avait provoqué une panne d’électricité au Québec pendant neuf heures. La même année, une autre éruption solaire avait entraîné l’arrêt des échanges à la Bourse de Toronto. Rien de bien méchant, des broutilles comparées aux « dommages bien plus importants » que provoquerait une tempête solaire aussi violente que celle de Carrington en 1859, « ainsi nommé d’après l’astronome qui l’a enregistré. C’est la plus grosse tempête géomagnétique connue à ce jour », indique Henry Allen. »

PAR MARJORIE ENCELOT | INVESTIR.FR | |

Pandémie, tempête solaire, éruption volcanique, guerre. Deutsche Bank s’est appuyé sur des travaux scientifiques pour débusquer la catastrophe impensable qui, après le Covid-19, a des chances de mettre à sac, à son tour, l’économie.

Eruption solaire du 16 avril 2012

Eruption solaire du 16 avril 2012  | Crédits photo : Nasa

La chasse aux cygnes est lancée. Cette année, la saison démarre avec six mois d’avance. Le Covid-19 a hâté le calendrier. Dans le monde d’avant, l’exercice attendait la période légère des fêtes de fin d’année : les affaires sérieuses étaient bouclées, les stratégistes et économistes pouvaient alors se dégourdir les méninges à imaginer des scénarios catastrophes. De la fiction tenue à l’écart des prévisions officielles car trop improbables, en queue de distribution de la loi sur les probabilités. En « Extremistan », situe le mathématicien-philosophe Nassim Taleb dans son livre Le Cygne Noir, nom qu’il donne à un événement aussi imprévisible que destructeur. « Avant la découverte de l’Australie, l’Ancien Monde était convaincu que tous les cygnes sans exception étaient blancs. »

Le coronavirus n’avait, lui, rien d’imprévisible ; c’est un cygne blanc, « un risque dont on était pratiquement certain qu’il se concrétiserait à un moment donné. » Toujours est-il que l’animal a rappelé au monde que les scénarios catastrophes s’imprimaient aussi dans la vraie vie. Du coup, dans les banques, on a commencé à faire mouliner les modèles, les équipes de recherche se sont mises en branle pour débusquer le prochain monstre qui viendra terrasser la planète et mettre à sac l’économie. « L’idée est d’alerter les clients sur les risques qui sont minorés par le marché ou même totalement ignorés », explique Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque qui, chaque année, en décembre, publie ses prévisions chocs. « Parfois, ils vont jusqu’à intégrer certains risques dans leur stratégie d’investissement à long terme. »

Chez Deutsche Bank, dans une note datée du 16 juin, l’analyste Henry Allen s’interrogeait : après le Covid-19, quel sera le prochain « tail risk » ou, en français, évènement rare qui provoquera des pertes extrêmes ? Question qui ratisse large. La réponse est à chercher quelque part entre l’impensable et l’improbable. Mais voilà l’analyste parti à la recherche d’il ne sait quoi, à la manière des chasseurs de Snark de Lewis Carroll. Mais ici, pas de fourchettes pour poursuivre le monstre, pas d’action d’entreprise de chemin de fer pour le menacer, pas de savon pour le charmer. Henry Allen s’est armé de statistiques pour le traquer.

Une pandémie quatre fois plus mortelle

« Le coronavirus nous a rappelé que nos sociétés et nos économies pouvaient basculer du jour au lendemain […]. Comme le montre la crise actuelle, les pandémies sont l’une des plus grandes menaces auxquelles nous sommes confrontés », commence-t-il. La prochaine pourrait être l’une de celles qui, comme la grippe asiatique (1957-58) ou la grippe de Hong Kong (1968), provoquera plus d’un million de morts, deux fois plus que le coronavirus. Et qui, contrairement au Covid-19, frappera plus largement la population et pas seulement les personnes âgées « de manière disproportionnée ». Si le prochain virus « touchait un grand nombre d’enfants, on pourrait s’attendre à ce que la population soit encore plus prudente dans son retour à la vie normale, et à ce que les mesures de confinement et les restrictions soient plus sévères. »

Le Covid-19 est responsable d’un peu moins de 500.000 morts au travers le monde, ce qui représente 0,0056% de la population. C’est deux fois plus que le bilan de la grippe porcine de 2009-2010, mais cinq fois mois que la grippe de Hong Kong de 1968-1970.

Le Covid-19 est responsable d’un peu moins de 500.000 morts au travers le monde, ce qui représente 0,0056% de la population. C’est deux fois plus que le bilan de la grippe porcine de 2009-2010, mais cinq fois mois que la grippe de Hong Kong de 1968-1970.


« Bien que l’amélioration des conditions sanitaires et les progrès scientifiques nous permettent d’être bien mieux préparés, nous vivons dans un monde beaucoup plus urbanisé et globalisé, ce qui augmente les risques de propagation des maladies. »
Henry Allen rappelle qu’en 2017, avant que le Covid-19 ne frappe, une équipe de chercheurs de Metabiota, une entreprise spécialisée dans la modélisation du risque épidémique, avait calculé que, chaque année, il y avait une chance sur cinquante qu’une pandémie de grippe fasse 2,2 millions de morts dans le monde, là où normalement, en moyenne, une grippe saisonnière est responsable de 290.000 à 650.000 morts, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette probabilité annuelle de 2%, mesurée par Nita Madhav et ses collègues, « signifie qu’il est plus probable qu’improbable qu’une telle pandémie se produise sur une période de 40 ans », traduit Henry Allen.

La même équipe de scientifiques estime à 0,2 % la probabilité annuelle qu’une pandémie de grippe provoque au moins 22 millions de décès dans le monde, « ce qui signifie, explique l’analyste, qu’il y a près de 8% de chances qu’elle se produise au cours des 40 prochaines années. »

Tempête solaire : un black-out technologique

La probabilité qu’une super tempête solaire frappe la Terre est encore plus élevée. Ce risque-là a beau venir d’une centaine de millions de kilomètres, il n’a rien de la science-fiction. En 1989, une éruption de particules électromagnétiques avait provoqué une panne d’électricité au Québec pendant neuf heures. La même année, une autre éruption solaire avait entraîné l’arrêt des échanges à la Bourse de Toronto. Rien de bien méchant, des broutilles comparées aux « dommages bien plus importants » que provoquerait une tempête solaire aussi violente que celle de Carrington en 1859, « ainsi nommé d’après l’astronome qui l’a enregistré. C’est la plus grosse tempête géomagnétique connue à ce jour », indique Henry Allen.

A l’époque, dans un monde où la technologie n’en était qu’à ses balbutiements, la population s’extasia surtout devant les aurores boréales visibles jusqu’à Cuba ; à peine fut-elle dérangée par le chaos qui toucha le réseau télégraphique, les étincelles qui jaillissaient des lignes, les incendies dans les stations. Aujourd’hui, alors que « la technologie moderne est basée sur l’électronique, il pourrait y avoir des coupures de courant majeures, ce qui aurait des répercussions sur l’ensemble de l’économie […]. Des vies pourraient être perdues si cela avait un impact sur les hôpitaux et les soins médicaux. Les communications seraient perturbées, de nombreux systèmes de paiement seraient dysfonctionnels et les satellites GPS seraient confrontés à des interférences importantes, au détriment de la population et de toutes les industries qui dépendent de services de localisation précis, notamment les avions. Les infrastructures régissant les marchés financiers mondiaux pourraient être gravement endommagées. »

La probabilité qu’une éruption solaire comme celle de Carrington se reproduise est de 12% à dix ans, estimait en 2012 le scientifique Pete Riley de l’entreprise Predictive Science. « A supposer que cette probabilité reste constante d’une décennie à l’autre, il y a 40% de chances que cela se produise dans les quarante prochaines années. Et si l’on étend la période à 55 ans, cette probabilité dépasserait 50% », projette Henry Allen.

Super volcan : « peu probable mais pas impossible »

Dans le cas d’une méga éruption volcanique, ce serait pire encore. Une explosion d’intensité VEI-7, qui expulserait plus de 100 km3 de matière volcanique, « provoquerait une perturbation majeure à l’échelle mondiale », prévient Henry Allen. Il y aurait des morts, en « très grand nombre » si l’éruption avait lieu à côté d’une grande ville et, « à mesure que les retombées se propageraient dans l’atmosphère, des restrictions sur les voyages aériens seraient mises en place, ce qui affecterait gravement les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie […]. La hausse des températures et le changement climatique affecteraient les cultures, ce qui entraînerait une hausse des prix des denrées alimentaires et des catastrophes humanitaires, notamment dans les pays émergents et les pays frontaliers. »

À la fin du 18ème siècle, le réveil du volcan islandais Laki avait plongé l’Europe dans le chaos, provoquant la famine à l’origine, dit-on, de la Révolution française. Cette éruption était d’une intensité VEI-4, comme celle de l’Eyjafjallajökull, responsable de la fermeture de l’espace aérien européen en 2010. Mais, à lui seul, l’indice d’explosivité ne dit pas tout de la dangerosité d’un volcan. Dans le cas du Laki, ce n’est pas tant l’explosion qui fut destructrice que le contenu des effusions, pleines de gaz toxiques.

N’empêche qu’une explosion d’intensité VEI-7, mille fois plus forte que celle des volcans islandais, déréglerait le climat. La dernière du type, celle du Tambora indonésien en 1815, avait conduit à un hiver volcanique, à savoir à une baisse des températures – en Asie et au-delà – « en raison de la matière volcanique qui obscurcissait le soleil. L’année suivante a été connue comme ‘l’année sans été’ […], rappelle l’analyste de Deutsche Bank. Le changement climatique fut responsable de mauvaises récoltes dans le monde entier, provoquant des famines généralisées […]. Il provoqua des émeutes de la faim [en Europe]. » L’éruption d’un super volcan est « peu probable mais pas impossible. » En 2018, les vulcanologues Chris Newhall, Stephen Self et le climatologue Alan Robock écrivaient qu’un tel évènement se produisait une à deux fois par millénaire. « Si l’on suppose qu’il y a une probabilité annuelle de 0,15% qu’un tel événement se reproduise (environ en fois tous les 667 ans), avance Henry Allen, alors les chances que cela arrive au cours des quarante prochaines années sont de 5,8%. »

Une guerre : 22% de chance d’ici à 2060

Il y a une raison à ce que les catastrophes naturelles viennent plus facilement à l’esprit de l’analyste que les guerres. Comme, il l’explique lui-même : « Nous vivons dans un monde beaucoup plus interconnecté et coopératif que dans les siècles passés. » Une guerre serait trop coûteuse. C’était aussi l’argument du journaliste britannique Norman Angell dans son livre La Grande Illusion, à la veille de la Première guerre mondiale. « Les nouveaux facteurs économiques démontrent sans ambiguïté l’inanité de la guerre », expliquait lord Esher, l’un de ses disciples et proche de la famille royale, citant « le désastre commercial, la ruine financière et les souffrances individuelles. » Le Comittee of Imperial Defense, qui conseillait l’Empire sur la stratégie militaire, pensait une guerre d’autant plus impensable que la Lloyd’s of London assurait la marine allemande. Mais les nations ne sont pas toujours rationnelles.

Aujourd’hui, l’arme nucléaire rend une guerre encore plus inconcevable, mais pas impossible. « Il est plus difficile de mettre une probabilité sur le déclenchement d’une guerre, car soumis à des calculs humains, explique Henry Allen. Toutefois, « si nous faisons l’hypothèse prudente que la probabilité annuelle d’une guerre mondiale est de 0,625% (soit une chance sur 160 chaque année), cela signifie qu’il y a 22% de chance qu’une guerre se déclare dans les 40 prochaines années. »

Au bout du compte, calcule l’analyste, la probabilité qu’au moins un de ces quatre scénarios catastrophes se produise au cours des dix prochaines années est de 33,5%, si tant est que les probabilités soient indépendantes. « Et si l’on étend cette période à vingt ans, il est alors plus probable qu’improbable (55,7 %) qu’au moins un de ces événements se produise. »

Le roman de Bernard Woitellier c’est « ce qu’on attend d’un bon livre : être dépaysé » sur Breizh info

Chronique littéraire. Le maître de la lumière de Bernard WOITELLIER

Le 28 août 1859, la Terre a été frappée en 2 vagues par une série de tempêtes solaires inhabituelles et monstrueuses.

On a surnommé cet épisode « l’événement de Carrington » du nom de l’astronome qui a observé le phénomène. Ces tempêtes électromagnétiques ont provoqué de nombreuses aurores polaires visibles jusque dans les zones tropicales (alors qu’en principe elles dépassent rarement le cercle polaire) et ont perturbé les communications télégraphiques, électrocutant nombre de télégraphistes, certains appareils prenant même feu. Pendant un certain temps, les pôles magnétiques ont disparu, rendant inutilisables les boussoles. Ce type d’événement cataclysmique serait susceptible de se reproduire tous les 150 ans. On estime à 12% la probabilité qu’un nouvel « événement de Carrington arrive dans la décennie qui vient. Si en 1859, les conséquences ont été somme toute limitées, il n’en serait pas de même dans notre société de 2020 fondée sur l’électricité et internet.

En effet, les aurores boréales provoquent des courants électriques dans le sol qui sont sources de surtensions. On ignore l’impact que pourrait avoir une telle tempête, même si, les autorités prenant conscience du problème ont essayé dans la mesure du possible d’implanter des sauvegardes et des protections contre les délestages, d’autant plus qu’en dehors des tempêtes solaires, ce phénomène de surtension généralisée pourrait être la conséquence d’une attaque nucléaire en haute attitude, qui ne causerait aucune perte humaine directement, mais détruirait les circuits électriques, renvoyant le pays agressé à l’âge de pierre.

Woitellier nous livre un thriller dystopique qui décrit les conséquences d’une telle tempête solaire sur le monde de 2020. Il prend les hypothèses les plus pessimistes, mais qui sait si elles ne seront pas vérifiées ? Dans « le maître de la lumière », le réseau électrique ne sera jamais réparé, la société s’effondrant rapidement, rendant impossible tout effort coordonné de remise en état. Le plus frappant dans ce roman est l’absence de réaction des États et des autorités légitimes. Si une telle situation arrivait dans le monde réel, on peut penser que les gouvernements et leurs représentants locaux mobiliseraient l’armée, leur donneraient des consignes claires et réussiraient à rétablir l’ordre. Ou si le Pouvoir était vraiment défaillant, des milices d’auto-défense se constitueraient et ramèneraient le calme, les honnêtes gens étant 10 fois plus nombreux que les gangsters.

Rien de tel dans ce roman. L’anarchie puis l’anomie s’emparent du monde entier, il reste ici ou là quelques vagues réactions, la garde nationale s’efforce de maintenir en vain un semblant d’ordre dans l’Alaska, un chef de police dans les Canaries devant l’inertie du gouverneur prend le pouvoir et livre des pilleurs aux requins dans des efforts dérisoires pour maintenir l’ordre.

Dans ce thriller, la violence est reine ; les hommes tapent sur leurs compagnes ; les pervers abondent, ils ne cherchent qu’à violer les femmes et à massacrer des innocents. On suit particulièrement le sort de deux héroïnes et de leurs enfants, Thana une infirmière qui se réfugie avec son fils Tim en Alaska, Alma et sa fille Sarah qui habitent dans les Canaries. Toutes les deux essayent de survivre et de protéger leur progéniture. Seul contre-point à l’anarchie généralisé, les indiens d’Alaska réussissent à organiser une communauté basée sur la solidarité et la protection de tous. Ils seraient les mieux adaptés au nouveau monde qui se lève.

Le thème de l’effondrement est populaire : la crise du Covid l’a remis à la mode. : certains ont cru que nous étions arrivés à ce point critique. En juin 2020, il semble qu’il n’en soit rien, à moins d’un rebond catastrophique de la maladie. D’autres collapsologues évoquent une crise écologique majeure qui emporterait la civilisation qualifiée d’occidentale. Cette peur d’un désordre majeur disloquant la société, du jugement dernier, est profondément ancrée dans l’Homme. Dans les années 1960, on a vu fleurir nombre de romans sur un monde post-nucléaire où de petites communautés prenaient le pas sur un gouvernement américain dépassé. C’est le cas de l’œuvre culte de Philip K Dick Doctor Bloodmoney paru en 1965. 60 ans ont passé, les causes avancées de l’effondrement changent, mais la terreur de l’humain devant l’effondrement possible de son cadre de vie reste la même.

Mais qu’importe si les fondements de ce roman sont réalistes ou pas, « Le maître de la lumière » est un excellent Thriller, qui suscite de l’intérêt. On suit avec appréhension les aventures des personnages, de leur lutte pour la survie. C’est ce qu’on attend d’un bon livre : être dépaysé.

Le maître de la lumière de Bernard WOITELLIER, librinova, 24,90 € 637 pages

Christian de Moliner

Illustration : DR
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

« La lecture est passionnante et l’action bien découpée, laissant le suspense agir » sur Bernard Woitellier

Bernard Woitellier, Le maître de la lumière

C’est arrivé en 1859, mais la civilisation technique n’était pas alors très avancée ; si cela arrive « de nos jours », c’est nettement plus grave, toute une civilisation s’écroule du jour au lendemain !  Mieux qu’une pandémie : ce qui arrive ? L’effet Carrington, nom de cet astronome anglais qui observa la plus grande tempête magnétique solaire jamais vue avec l’éjection d’un plasma de particules qui atteint la Terre en 17 heures. L’orage magnétique a suscité de superbes et spectaculaires aurores boréales mais n’a guère perturbé alors que le télégraphe. Il en serait autrement aujourd’hui où nous vivons en tout-électrique.

Imaginez… Plus de réseau électrique donc plus d’Internet ni de téléphone mobile, ni de GPS donc de satellites, plus de carte bancaire ni de services financiers, plus de trains (ni de voitures écolos), ni de télé, ni de congélateur ou frigo, ni de lumière artificielle, plus d’ascenseur ni d’eau potable, ni d’essence – liquides pompés électriquement. L’éruption solaire en 1989 a provoqué la chute du système de production puis l’effondrement d’une grande partie du réseau électrique d’Hydro-Québec ; mais ce n’était pas une tempête de la force de celle de Carrington. Pas plus celle du 14 février 2011 qui a brouillé les communications radios et les signaux GPS des avions long-courriers, donc leur atterrissage.

L’auteur imagine ce qui se passerait si… Dans cette distopie, il a le talent de mettre en scène quelques groupes de personnages qui vont tenter de s’adapter pour survivre. Parfois des gens moyens avec leurs problèmes intimes, parfois des super-héros qui se révèlent dans l’action. Il y a Thana (abréviation yankee de Nathanaëlle) et son fils Tim (Timothée) de 8 ans ; elle est infirmière et maquée avec un pervers narcissique qu’elle ne parvient pas à quitter pour rejoindre son amour de jeunesse, Tobias, le père biologique de Tim mais qui ne le sait pas, survivaliste à Anchorage. Il y a Aryan, métis d’indien devenu pilote d’avion-cargo MD11 qui a du mal à entretenir une relation quelconque dans ce monde qui n’a jamais été fait pour lui mais qui parvient à atterrir sans instruments ni radio. Il y a Paola l’astronome spécialiste des taches solaires obsédée par les calculs pour oublier son enfance, et son étudiant canadien Maxime de dix ans plus jeune qui prépare une thèse à l’observatoire solaire de Tenerife. Il y a Alma la serveuse de bar à Las Palmas en Grande Canarie privée de boulot en une journée, et sa fillette de 7 ans Sarah. Il y a Raul, fils de flic devenu flic, brimé sauvagement durant son enfance et qui se venge des lâches, sans pourtant résilier son humanité au fond de lui.

Lorsque la catastrophe survient, en quelques heures le monde entier est plongé dans le chaos, les villes, les régions et les îles isolées du reste du monde, sans communications ni directives – car rien n’a été prévu, pas même l’exercice du pouvoir. Les sites de production électrique sont grillés, les transformateurs hors service et leur remplacement ou réparation réclame de l’énergie pour les lever, les transporter, les installer ! Un seul regret, mais le roman est déjà long, aucune vision mondiale de ce qui se passe, des remèdes apportés, des pions géopolitiques poussés par les Etats dictatoriaux mieux organisés ou, au contraire, la résilience des Etats décentralisés qui fonctionnent sur initiatives locales. Qu’en est-il des panneaux solaires ? De l’énergie du vent ? De l’hydroélectrique ? Les microcentrales – industrielles ou bricolées – ne sont-elles pas légitimes ? Après tout, le moulin à vent ou la vapeur née de l’eau et du bois ou du charbon étaient des énergies puissantes pour une société peu industrielle. L’auteur, bien qu’aventurier et pilote professionnel, préfère les anciens militaires aux ingénieurs, ce en quoi il ne suit pas Jules Verne.

Dans les semaines et les mois qui suivent la catastrophe, la police est impuissante à réprimer la sauvagerie qui refait surface, comme à chaque fois qu’une occasion se présente, voyez les « casseurs » dans n’importe quelle manif ordinaire. Les femmes sont particulièrement visées, revanche de machos qui ne pensent qu’à les violer, et plus elles sont jeunes, mieux c’est, vieux fantasme de mâle dominateur que révèle déjà le Coran. L’auteur semble avoir une particulière dent contre les « Bataves » et les « Danois » dans cet élan de brutes.

Chacun va alors tenter de regagner le nid originel, sa famille ou sa tribu, pour refaire le monde comme avant l’industrialisation. Bernard Woitellier, par atavisme, privilégie les Indiens, réputés être restés en phase avec leurs ancêtres. Indiens de la région d’Anchorage, Indiens canariens. Certains vivent encore de façon traditionnelle avec puits et cuisine au bois, chasse, pêche et traditions. Ils les revivifient tout simplement en délaissant tout ce qui est électrique, même si les instruments à piles ou à batterie peuvent encore fonctionner. Retour à l’énergie du vent, de la vapeur, des bras. Retour à une sorte d’autarcie médiévale comme les écolos mystiques en rêvent. Chacun chez soi, le village bien défendu.

Le roman, au titre peut engageant, est bâti comme un thriller, sur le modèle premier d’Airport, roman d’Arthur Hailey paru en 1968 dont a été tiré un film qui a mené le genre à la célébrité. Le maître de lumière est un livre fort qui appelle à l’initiative mais pas seulement : Thana et Tim seront adoptés par les Indiens d’Anchorage, Maxime par les Indiens des Canaries. La lecture est passionnante et l’action bien découpée, laissant le suspense agir. Même si un tel renversement reste très improbable, vous n’avez qu’une envie une fois le livre fini : vous former aux techniques de survie, de camouflage, de culture vivrière, d’autosuffisance. Un idéal de commando très en phase avec le catastrophisme ambiant.

Bernard Woitellier, Le maître de la lumière, 2019, Librinova, 641 pages, €24.90 e-book Kindle €3.99

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

Opération Balustrade Coronavirus, le texte de Bernard Woitellier

Le texte de confinement de Bernard Woitellier, auteur du roman « Le Maître de la Lumière » :

En ces temps inédits, je vis cette période de confinement de manière étrange. J’ai la sensation d’assister à un film de science-fiction. Rien n’a changé ; les montagnes n’ont pas bougé de place, et lorsque je descends faire les courses, les rayons des magasins sont toujours pleins. Si ce n’étaient les clients qui portent comme moi un masque, je pourrais croire à la normalité des choses. Seule ma perception du temps semble avoir évolué vers « un infini présent ». C’est comme dans le film « Un jour sans fin ».

J’ai pourtant reçu bon nombre de messages de mes lecteurs qui me disent : « C’est comme dans ton livre ! » Je leur réponds que dans mon livre, c’est bien pire ! L’effondrement est plus brutal. Immédiat. Dans la réalité, beaucoup de gens ne vont plus travailler et leur vie semble momentanément à l’arrêt. Mais elle va redémarrer, peut-être très vite si les conditions sanitaires sont favorables.

Tout fonctionne encore.

La situation que je décris dans « Le Maître de la Lumière » est bien plus étrange. Et bien plus dramatique. Tout pourrait fonctionner. Rien n’est détruit comme lors d’une guerre. Et pourtant, le monde s’arrête pour une très longue période, comme si l’édifice complexe de notre société avait été non pas rasé, mais paralysé. L’électricité est la circulation sanguine de notre monde. Si elle s’arrête, tout s’écroule.

Quand en 1859, deux éruptions solaires violentes, espacées de trois jours, frappent la Terre, les dégâts sont minimes. Il n’y a aucune victime, à part peut-être un naufrage ou deux dans les brumes de Terre-Neuve, de bateaux perdus à cause d’un compas devenu fou. Les mêmes tempêtes aujourd’hui occasionneraient de violents – mais invisibles–dégâts à notre civilisation. Il ne s’agirait pas de récession, mais d’un effondrement brutal ; d’après les experts, la population mondiale diminuerait de 20 % la première année.

La chose qui disparaîtrait immédiatement de notre quotidien serait l’alimentation en eau. En l’espace de quarante-huit heures, les immeubles seraient à sec. Dans un laps de temps à peine supérieur, l’approvisionnement en nourriture serait réduit à néant. Les soins et traitements médicaux s’évanouiraient en l’espace d’une semaine, le temps que les stocks de médicaments et de carburant pour faire tourner les groupes électrogènes s’épuisent. Les banques seraient fermées, devenues inutiles ; les stations-service aussi. Il faudrait un peu plus de temps pour que les structures mêmes du pays se délitent.

Le seul point commun entre les deux situations, celle que nous vivons et celle que j’imagine, c’est l’invisibilité d’une menace qui pourrait détruire notre société, mettant en évidence sa fragilité, et notre capacité à ignorer cette menace. Pas parce que nous n’avons pas les moyens de la déceler, mais par la volonté de fermer les yeux devant toute cause qui pourrait remettre en question notre mode de vie. C’est cet aveuglement que j’entends dénoncer.

Présentation de Bernard Woitellier, auteur de « le Maître de la Lumière »

Lancement presse été 2020 de « Le Maître de la Lumière »,

le premier roman de Bernard Woitellier

Pour le recevoir en service de presse/interviewer Bernard Woitellier : guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

« L’hiver des hommes vient. Crois-moi il va durer longtemps ; sur toute sa longueur, il fera des victimes. »

Un monde plongé dans le noir à la suite d’une éruption solaire violente, une civilisation qui s’effondre du jour au lendemain. Une humanité confrontée à ses faiblesses, sa noirceur. Des personnages contraints de faire face à une catastrophe sans précédent – et tout à fait plausible d’un point de vue scientifique.
Le Maître de la lumière nous parle de Thana, femme abusée par son mari, Aryan, le pilote dont le courage est à la mesure de ses propres tourments, Jorge, capitaine d’un équipage plus que fidèle, uni par un terrible passé ; mais aussi de Paola, la brillante scientifique qui suit avec effroi l’évolution orageuse de notre plus proche étoile.
À travers le destin de ces différents protagonistes, plongez dans une dystopie qui nous livre les angoisses, les peurs et l’espoir d’une société pour qui la survie devient l’unique obsession. Poussés par le sort, ils se révéleront pour le meilleur comme pour le pire…
De victime à héros, de héros à anti-héros, ce black-out va les lier à tout jamais.

Et vous, que feriez-vous dans un monde privé d’électricité pendant plusieurs années ?

Le premier roman de Bernard Woitellier est fidèle à la vie de son auteur : impressionnant.

On tend d’abord à se demander dans quel esprit surdoué une histoire aussi folle que crédible et scientifiquement documentée a pu germer. Le parcours hors du commun de Bernard Woitellier livre des pistes d’explications : Zèbre HPI, comme son père pilote de chasse et grand mélomane humaniste assassiné durant la guerre d’Algérie, Bernard Woitellier suivit d’abord des traces à l’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble. 

Epris avant tout de liberté, il  fonce dans toutes les aventures qui se présentent à lui pour s’extraire de cette « prison » : tuyauteur sur un porte container sud africain, chanteur dans un groupe à Hambourg, technicien de laboratoire et même baroudeur en raffinerie de pétrole. Pour lui, la vie doit aller vite et avoir pour socle de belles valeurs humaines. Dès qu’il sent une injustice, dès qu’il s’ennuie ou qu’il s’ennuie, il part en quête de sens.

Ainsi, son diplôme de commerce international le conduit à New-York où il en profite pour visiter les Etats-Unis, avant de réaliser son rêve de jeunesse en finissant par décrocher son brevet de pilote professionnel.

De retour en France, tour à tour chauffeur VIP puis voiturier au Ritz, il a l’occasion de servir les Grands de ce monde, avant de jouir de la plus belle période professionnelle de sa vie au sein du service d’assistance d’un constructeur automobile, où on lui fiche une  paix si royale qu’il prend le temps de s’initier à la navigation.

Avec la même émotion que lors de ses vols en deltaplane, il s’émerveille des beautés de la nature. Nomade dans l’âme, Bernard Woitellier s’épanouit à parcourir les mers et les montagnes.

Fin 2016, lui vient l’idée du « Maître de la lumière », roman dans lequel il raconte une éruption solaire entraînant une catastrophe soft.

Que ce soit l’Algérie ou la Marseille de son enfance, il n’aura de cesse de chercher le soleil, y compris dans le coeur des gens lorsqu’ils sont du nord ; et comme l’oiseau il s’envole avec grâce sautillant d’une jolie rencontre humaine à l’autre. Allergique à la bêtise, il se fie à l’intuition. La sienne, précieuse, lui a sauvé plusieurs facettes de sa vie aventurière. L’écriture représente pour lui l’âge de la maturité : toutes les observations qu’il a emmagasinées nourrissent aujourd’hui son inspiration. Il a pour maître en littérature l’écrivain américain best-seller Sébastien Junger (avec lequel il partage la foi dans l’intuition) et a donné pour titre à son premier livre « Le Maître de la lumière » en hommage au Prix Goncourt Pierre Lemaitre.