#MeToo La Métropole, site du Québec, soutient « Une autre voix » pour « faire réfléchir la foule lyncheuse » – Bravo à Marie Desjardins pour avoir lu Valérie Gans

La Question interdite, Valérie Gans

La Question interdite, Valérie Gans

Valérie Gans, une autre voix pour établir une nuance – grande absente du discours ambiant

Longtemps critique littéraire au Figaro Madame, Valérie Gans a publié de nombreux romans dans des maisons d’édition dont le nom n’est plus à faire. Lattès, Payot, Flammarion…Ses sujets touchent les femmes et les hommes, le couple, la famille, l’amour et ses affres, la vie de tous les jours. D’autres romans sous despseudos confirment sa prolificité – un petit côté chick lit mais littéraire, habile, léger et soudainement profond : des phrases qui marquent, obligeant à s’arrêter pour mieux les absorber.

Une question se pose, au sujet de son tout dernier roman, intitulé La question interdite, justement… Pourquoi ne pas l’avoir publié dans une de ces maisons dont le nom n’est plus à faire? N’en aurait-on par hasard pas voulu dans les milieux de l’édition mainstream – les milieux dominants – où tout se joue?

En effet, Une Autre Voix est le nom de la maison d’édition que Valérie Gans vient de fonder à Paris. Premier roman paru, le sien. Quel courage, quel enthousiasme, alors que La question interdite et l’éditrice fraîchement débarquée sur le terrain ont toutes les chances d’être broyées par le bulldozer officiel. Mais peut-être pas. Valérie semble solide, déterminée. Longtemps expatriée au Moyen-Orient, la journaliste a œuvré dans le monde cruel de la publicité, des médias, de l’édition. Jusqu’à maintenant, si l’on en croit les notices à son sujet, elle y a été fort bien accueillie.

C’est l’indignation qui a conduit Valérie Gans à publier son roman dans sa propre maison d’édition et à s’avancer sur la piste avec audace et résolution, comme un Cessna suivrait un 747 de toute la puissance de son seul moteur. Le tarmac n’est-il pas le même pour tous les appareils? Il y aurait peut-être lieu d’aller fouiner dans la tour de contrôle, pour voir réellement ce qui se passe.

Ce qui se passe, c’est que, de nos tristes jours, tout ne peut pas être dit. L’éditrice, la romancière, l’essayiste, tout compte fait, n’en peut plus de cette censure, de cette hypocrisie galopante – un sérieux Covid, cette fois clairement létal – une maladie nommée wokisme ayant germé dans les miasmes de la doctrine appelée rectitude politique, un virus d’une extrême perfidie qu’on attrape avec ou sans masque, avec ou sans vaccin – très peu d’épargnés dès lors roués de coups, bombardés de pierres et d’injures, exécutés. De quoi vomir. En effet. Si on tient à sa vie, il vaut mieux se camper du côté de la sphère de la victimite transformée en culte, sinon pas de salut. Les « donneurs de leçons, philosophes de comptoir, justiciers sur la toile », décrit Gans, ont tous les pouvoirs. Ils dévoreront leur proie jusqu’à l’os.

Dans ces conditions, comment proposer à l’édition mainstream (celle qui engage maintenant des sensitive readers pour obtenir les prix vendus d’avance) un roman sur l’inverse de ce que prêche la pensée unique, le sacro-saint narratif – la doxa? Un roman allant à contre-courant du seul courant en vigueur ne sera pas publié, point final. Cela n’est plus possible depuis que pour survivre selon le code des nouvelles convenances, il faut marcher sur des œufs, prendre des gants blancs, se munir de pincettes, se vautrer dans les euphémismes, se confondre en bienveillance, se moudre dans l’inclusion, se réclamer d’une morale immaculée, d’une vertu irréprochable – quelle satisfaction de léviter en intouchables, aux yeux et au vu de toute la société. Une jouissance, certainement. Alors un roman sur une jeune fille de quatorze ans manipulée par sa mère et responsable du suicide du vidéaste qui l’a filmée nue, c’est La question interdite, le sujet interdit, le thème interdit. On n’y touchera pas. 

À l’heure de #MeToo, du mouvement « Balance ton porc! » et de slogans genre «Acteur, violeur, ta bite dans un mixer! », ce qui sera digne de publication est l’histoire du gros dégueulasse pédophile qui a abusé la pauvre ado perdue et traumatisée, celle du grand-père libidineux, de l’oncle pervers, du réalisateur vicieux, du comédien salace, celle des chairs abusées, des jeunes innocentes perdues et traumatisées, des psychés foutues à vie. On vous vénère, victimes, on n’en a que pour vous. On veut lire votre malheur, en parler, le répandre, et surtout pas passer à autre chose après avoir essayé de comprendre, puisque comprendre n’est pas juger… Mais on sait cela, n’est-ce pas?

Quant aux petites anonymes de neuf ans, tripotées, harcelées, brisées par un instituteur, un concierge, un chauffeur d’autobus, un jardinier! Allez vous rhabiller. Ce sont les porcs célèbres, ceux qui ont de l’argent, du pouvoir, de la superbe et du succès qu’on veut abattre – des artistes flamboyants, des politiques aussi. Il faut bien alimenter la nouvelle de l’actualité à même les meilleures tables. Bien sûr, cela ne veut pas dire que les agresseurs n’existent pas. Là n’est pas la question.

Interdite ?

Valérie Gans est représentée à Paris par l’attachée de presse Guilaine Depis, directrice de l’agence Balustrade (son agence). Une autre qui n’a pas froid aux yeux et qui s’insurge contre les dérives d’un mouvement qui, au départ, au tout départ, évidemment, avait du bon. Mais depuis ce temps déjà très ancien, le macho a disparu dans un trou de souris, l’homme a été psychiquement bien castré et se comporte désormais comme un lobotomisé, pourquoi encore en rajouter une couche? Guilaine Depis défend les indéfendables d’aujourd’hui, chevauchant les médias sociaux avec son sourire éblouissant, sa grâce d’écuyère accomplie – une guerrière aux allures de star discourant comme un ministre qui aurait quelque chose à dire. Ça fait du bien de voir ça. Ça change. Ça repose de la bêtise devenue dogme, enfin on a le droit de reprendre son souffle.

Le communiqué de presse qu’elle a concocté pour présenter Une Autre Voix est parfaitement clair. Cette nouvelle maison d’édition veut ouvrir les yeux, être libre, briser le déni parce que par peur, nous sommes soumis à la Cancel Culture, au wokisme, au #MeToo, à la réécriture de l’Histoire et des livres, à la déconstruction des relations hommes-femmes et de l’amour…

L’amour…

Tiens!

Et s’il revenait, au lieu de la haine et du mépris généralisé véhiculé sur tous les écrans de ce monde?

Des femmes comme Valérie Gans et Guilaine Depis tentent actuellement une manœuvre audacieuse, voire risquée : faire la part des choses. De nos jours, cela tient pratiquement de la gageure. Cependant, il s’agit bien de la seule voie pour rétablir l’équilibre. Beaucoup de funambules du discours officiel gagneraient à s’en souvenir.

Ainsi la nouvelle maison d’édition souhaite aborder tous les sujets de société sous tous les angles.

Pas de censure chez Valérie Gans. 

Ambitieux programme lancé avec La question interdite pour, lit-on dans le communiqué, « faire réfléchir la foule lyncheuse qui prend du plaisir à haïr à l’emporte-pièce dès la moindre accusation portée sur un homme par une femme, avant les résultats d’enquêtes, et les verdicts des vrais tribunaux; chambouler certaines formules imbéciles comme « Victime on te croit » érigées en dogmes du nouveau monde, avide de déboulonner les statues et de salir les idoles du passé».

Dans le monde d’aujourd’hui, une telle initiative relève de l’exploit. Chapeau à Valérie Gans et à Guilaine Depis qui la soutient.

Ce roman est à lire. Bien construit, vif,ponctué de nombreux rebondissements bien amenés. Il tient en haleine, jusqu’à la fin. Un élégant petit tour de force qui dénonce un danger réel et bien davantage une très grave réalité –en l’occurrence le bûcher embrasé par la nouvelle asphyxiante bien-pensance, terrifiante inquisitrice. L’Histoire l’a montré : les victimes ont été rôties, et après elles les bourreaux. Le vent tourne, mais on n’apprend rien de l’Histoire. Valérie Gans a le mérite de vouloir s’imposer dans ce chaos, en appeler à la réflexion, afin que le délire batte en retraite.

Qui aime bien châtie bien. Ainsi, on déplorera – hélas – certaines failles de ce premier ouvrage : une police de caractères défectueuse rognant les lettres jouxtant des apostrophes, de multiples coquilles et lieux communs, le non-choix entre l’orthographe traditionnelle ou l’horrible nouvelle, l’excès de mots anglais francisés, comme s’il fallait se ranger à cette mode virale (c’est un langage, c’est vrai), et l’absence de tirets cadratin indiquant les dialogues, un parti-pris qui n’apporte rien à la forme, et suscite l’agacement.

Néanmoins, l’anglais étant parfois irremplaçable, le souhait à formuler ne saurait être mieux servi que par cette locution consacrée : God save Une Autre Voix ! Que le Cessna décolle et qu’à défaut de dépasser le Boeing, puisque ce n’est pas possible, qu’il fasse assez de figures de voltige pour attirer l’attention des pondérés et fermer le clapet aux insupportables glapisseurs de notre affligeante époque. Alors le but de Valérie Gans aura été atteint : faire réfléchir la foule lyncheuse – la plus à plaindre et la plus nocive de toutes les dérives hystériquement dénoncées.

La Question interditeUne autre voix.

Auteur de romans, d’essais et de biographies, Marie Desjardins, née à Montréal, vient de faire paraître AMBASSADOR HOTEL, aux éditions du CRAM. Elle a enseigné la littérature à l’Université McGill et publié de nombreux portraits dans des magazines.

« La question interdite » de Valérie Gans par Grégoire Delacourt

La réponse interdite.

Valérie est une femme et une auteure courageuses. Elle n’a jamais hésité à mettre la plume là où ça fait mal. Souvenez-vous. Emprise, qui traitait déjà des pervers narcissiques, de surcroît en Arabie, Sans titre, de la (fausse) valeurs de certains artistes, Des fleurs et des épines, de la délicate question de la GPA. La revoici, à l’heure bien avancée de #MeToo, à celle, assassine désormais, de la haine sur les réseaux sociaux, et du féminisme ultra-militant, avec un sujet explosif, une proche dystopie terrifiante, car pas si dystopique que cela : la parole d’une victime — elle a 14 ans, lui plus du double — et surtout l’avalanche de ses conséquences.
Mais voici que j’en dis déjà beaucoup et ne voudrais pas vous priver du plaisir de la découverte. 
Juste ajouter que Valérie est une femme et une auteure libres. Son livre en témoigne. Il ne prend qu’un seul risque. Et pas des moindres.
Celui de nous faire réfléchir.*La question interdite, de Valérie Gans, aux éditions Une autre voix. En vente depuis le 15 septembre 2023.

« Non à la victimisation des femmes » : Interview de Valérie Gans dans Eléments

Valérie Gans : « Non à la victimisation des femmes »

Valérie Gans : « Non à la victimisation des femmes »

Souhaitons la bienvenue à une nouvelle maison d’édition : Une Autre Voix. Sa fondatrice, Valérie Gans, journaliste, chroniqueuse, critique littéraire, romancière, a franchi le pas en créant à l’été 2023 sa propre enseigne. Une gageure, d’autant qu’elle n’a pas l’intention de verser dans le discours victimaire et le fémininement correct en vogue. Tout le contraire. #MeToo ? Pas elle ! Exaspérée par le climat de chasse à l’Homme, elle est bien décidée à faire entendre « une autre voix »…

ÉLÉMENTS : Que diable allez-vous dans cette galère de l’édition ? Vous étiez jusqu’ici une romancière comblée, publiée par Jean-Claude Lattès, et une critique au Figaro Madame. Tout allait bien pour vous dans le meilleur des mondes possibles. Or voilà que vous vous jetez à l’eau, dans la fosse aux requins. Pourquoi ? L’édition mainstream surferait-elle trop sur la vague féministe et ne laisserait-elle guère de place aux femmes qui ne se présentent pas avec un cahier de doléances et un acte d’accusation contre les hommes ?

VALERIE GANS. J’étais comblée mais je n’étais pas libre. Au fil des ans, certains mots devenaient proscrits, certains sujets étaient interdits… Un jour mon éditrice, qui était pourtant une grande dame de l’édition, m’a même dit que je devrais m’inventer une histoire victimaire pour susciter l’empathie. En un mot, m’inventer un personnage autre que celle que je suis, juste pour « plaire », et par capillarité, pour vendre. C’était le début de cette mouvance grotesque de la victimisation, qui satisfait l’appétit voyeur de notre société, ce que j’appelle l’« ère victimaire ». La langue allemande a un mot extraordinaire pour qualifier un phénomène semblable : Schadenfreude. On se réjouit du malheur des autres. On ne s’intéresse aux autres que parce qu’ils souffrent. L’ont bien compris ceux qui font de la souffrance, réelle ou inventée, instrumentalisée, un fond de commerce.

Alors oui, il m’a semblé important, et même nécessaire, de larguer les amarres, toutes les amarres, et de construire mon propre vaisseau. Je n’ai rien d’une victime, je n’ai rien contre les hommes, ni personnellement ni idéologiquement. Je suis une femme libre, désireuse de faire entendre la voix de millions de femmes libres qui ont des choses à dire elles aussi, et qu’on ne laisse pas s’exprimer parce qu’elles ne sont pas des victimes. Et la voix des hommes aussi.

ÉLÉMENTS : Sur votre site, vous vous présentez comme « femme », « blanche », « cis », « mère de famille ». Tous ces termes – « femme », « blanche », « cis », « mère de famille », a priori hétérosexuelle (encore qu’aujourd’hui tout soit possible) – comptent-ils autant pour vous ou y en a-t-il un auquel vous êtes plus attachée et qui sera le propre de votre maison d’édition ?

VALERIE GANS. Ils sont tous aussi importants ! Même si je trouve consternant pour ne pas dire discriminant et même raciste, d’avoir à se déterminer aujourd’hui par sa couleur de peau, son genre et son inclination sexuelle, il semble qu’il faille désormais constamment asséner les évidences. Alors oui, femme, blanche, cis, mère de famille, hétérosexuelle, je suis tout cela à la fois et le revendique fièrement. D’une banalité déconcertante, me direz-vous, et là encore pas du côté des victimes. Mais Une Autre Voix, dont la philosophie est de ne discriminer personne, accueille aussi volontiers des hommes blancs hétérosexuels avec des pénis… et, j’ose l’espérer, ce qui va avec !

ÉLÉMENTS : Pourquoi « Une Autre Voix » ? Vous vouliez que cette voix soit « autre » ? C’est quoi, c’est qui cette « autre » ? Un éloge de l’altérité (ce que dit l’étymologie) ? L’autre pour un homme, c’est une femme, et réciproquement. Cette autre voix témoignerait-elle en faveur de la différenciation sexuelle ?

VALERIE GANS. L’«autre » d’Une Autre Voix est l’altérité. Et je dirais même plus : l’altérité de l’altérité. Aujourd’hui, avec les dogmes du wokisme, la théorie critique de la race, la théorie du genre et le pompon, cette grande fumisterie intellectuelle qu’est la théorie intersectionnelle, l’altérité est à sens unique : celui de la victime, de la minorité.

La mission que se donne Une Autre Voix est de faire entendre toutes les voix, en particulier celles que l’on fait taire, et qui sont nombreuses. Plus nombreuses peut-être… Et la voix du bon sens. Qui témoigne, entre autres, de la différenciation sexuelle. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux.

ÉLÉMENTS : Comment vous situez-vous par rapport à #MeToo, à #BalanceTonPorc, au wokisme, à la cancel culture ? Et comment se situera votre maison d’édition ?

VALERIE GANS. #MeToo et #BalanceTonPorc sont abjects, le wokisme et la cancel culture sont des fourvoiements intellectuels, voire des manipulations totalitaires dont je n’arrive toujours pas à comprendre qu’ils soient aussi suivis. C’est à croire que le bon sens, la nuance, la réflexion, l’observation même ont complètement disparu de notre civilisation.

Soljenitsyne disait : « Pour faire le mal, l’homme doit d’abord croire qu’il fait le bien. » C’est exactement ce qui est en train de se passer avec #MeToo, #BalanceTonPorc, le wokisme et la cancel culture ! On stigmatise les uns et les autres en les répartissant en deux ensembles : celui des oppresseurs et celui des oppressés. On les incite à la haine. On embrase les masses avec un discours victimaire, afin qu’elles prennent parti du côté des « minorités opprimées ». Et on efface socialement toute personne qui oserait prôner un avis contraire. Aussi ahurissant que cela puisse paraître, ça marche ! Pire : cela a tellement pénétré les mentalités que d’aucuns vous diront aujourd’hui : « Le wokisme ? On n’en parle plus, il y a un retour en arrière ! » alors qu’il n’a jamais été aussi présent. Simplement, tel un virus, il nous a infectés, et poursuit désormais ses dommages de l’intérieur.

C’est, pour reprendre l’expression géniale de Mathieu Bock-Côté, le totalitarisme sans le goulag.

Pas de ça chez Une Autre Voix !

ÉLÉMENTS : Que vous inspirent toutes ces « affaires », de Polanski à Depardieu, en passant par dix autres mâles blancs de plus de 50 ans ?

VALERIE GANS. Une chasse aux sorcières. Et une manne économique.

Je m’interroge sur deux points : pourquoi la cabale ne s’applique-t-elle qu’aux personnalités connues et « bankables », et pourquoi, comme vous le soulignez fort justement, ne parle-t-on que des mâles blancs de plus de 50 ans ? Serait-ce à dire qu’eux seuls sont des prédateurs ? Ou que, selon les principes du wokisme ambiant, eux seuls sont des prédateurs politiquement et médiatiquement fustigeables ?

Souvent, je pense à toutes ces gamines qui se font violer jour après jour et dont on ne parle pas. Parce que leur malheur, à elles, ne rapporte rien à personne. Ne sont-elles pas les premières victimes du grand cinéma #MeToo ?

ÉLÉMENTS : Disant cela, vous n’ignorez pas qu’on ne manquera pas de vous accuser de servir la « domination masculine », pour ne rien dire de la violence masculine. Que répondrez-vous ?

VALERIE GANS. Ce n’est pas servir la domination – ou la violence – masculine que de faire preuve de discernement. Certaines « affaires » sont réelles, brutales et tout à fait dramatiques… mais ce sont rarement celles qui font la Une des journaux. Ces crimes n’ont généralement pour écho que le silence assourdissant des néo-féministes.

ÉLÉMENTS : La « voix » du féminisme – et un féminisme agressif et belliqueux – a fini par recouvrer la voix des femmes. C’est une frustration pour vous que ces féministes aient le monopole du discours féminin et en viennent à parler en votre nom ? Pourquoi ne vous reconnaissez-vous pas dans ce discours ? Que lui reprochez-vous ?

VALERIE GANS. Plutôt que de défendre les femmes de manière positive, ce qui était au départ la raison d’être du féminisme, en leur ouvrant la voie de l’éducation, de l’égalité dans l’entreprise, en leur donnant le droit de vote, etc., le féminisme aujourd’hui ne se construit que contre les hommes. Nous sommes là encore dans cette optique binaire de bons et de méchants, de victimes et d’oppresseurs.

C’est simpliste. Et pour nous, les femmes, c’est dégradant. C’est faire insulte à notre intelligence et à notre liberté que de nous reléguer constamment au rang de victimes. Les harpies du féminisme, tout comme les pleurnicheuses, desservent notre cause en voulant la défendre. Mais veulent-elles seulement la défendre, ou n’est-ce qu’un prétexte facile pour conspuer des hommes qu’elles haïssent ?

Le féminisme aujourd’hui a triste mine, en ce sens qu’il détruit plus qu’il ne construit, et ne grandit pas celles qu’il prétend défendre.

ÉLÉMENTS : Vous annoncez la sortie d’un roman, La Question interdite. Quel en sera le sujet ?

VALERIE GANS. Il est déjà en vente sur le site d’Une Autre Voix !

Inspiré de faits réels, La Question interdite raconte l’histoire d’un homme accusé par une jeune fille. Avant même d’avoir été jugé, acculé par des campagnes de haine tant dans la presse que sur les réseaux sociaux, il perd tout. Y compris la vie.

Vingt ans après et contrairement à ce qui se passe actuellement, à l’heure où des femmes dénoncent des histoires passées et souvent juridiquement prescrites, l’héroïne, au lieu d’accuser l’homme, va tenter de le réhabiliter et de défendre sa mémoire.

Prenant le contrepied de #MeToo, interrogeant la présomption d’innocence et le fait de pouvoir remettre en cause – ou non – la parole des femmes et des jeunes filles, ce roman devait être publié par mon éditeur historique. Pour une raison que j’ignore encore à ce jour, celui-ci a pris peur et s’est désisté.

N’étant pas le seul auteur confronté à cette omerta, j’ai décidé d’être libre et de ne dépendre de personne. Et de faire bénéficier de mon expérience et de cette liberté à tous les écrivains ostracisés par le wokisme ambiant.

Une Autre Voix est la voie de cette liberté.

Pour aller sur le site d’Une Autre Voix : www.uneautrevoix.com