Conférence-débat François de Coincy « Comment redresser notre économie ? »

Conférence-débat de François de Coincy, entrepreneur venant de publier « Sept idées libérales pour redresser notre économie » (L’Harmattan) avec son préfacier Alain Sueur, docteur en sciences politiques de Paris 1 et membre de la Société française des analystes financiers. Cette conférence dont l’essentiel est ici filmé a été organisée par Balustrade (guilaine-depis.com) et a eu lieu à l’Hôtel La Louisiane 60 rue de Seine 75 006 Paris mercredi 6 avril 2022 de 18h30 à 23h.

Dans Politique Matin, François de Coincy critique Emmanuel Macron

LE PROGRAMME D’EMMANUEL MACRON EST LA PROLONGATION DU « QUOI QU’IL EN COUTE »

Alors qu’on attendait, préparé dans le secret, un programme présidentiel présentant quelques mesures fortes, nous n’avons eu qu’une étude ennuyeuse et convenue. Si on en oublie les mesures cosmétiques et les vœux pieux, il en reste trois points significatifs : le nucléaire, la retraite à 65 ans et la suppression du chômage.

Contre sa précédente politique et contre l’avis de sa mirifique Convention citoyenne sur le climat, la volte-face du Président sur le nucléaire fut une surprise il y a quelque mois. Compte tenu des problèmes climatiques et d’indépendance énergétique, la mesure trouve aujourd’hui dans la majorité des formations politiques un consensus qui ne doit pas faire oublier que le nucléaire présente des risques réels, que sa maîtrise sur le long terme est incertaine et que son coût sera élevé. La situation financière d’EDF et son incapacité à traiter ses déchets sont des problèmes à mettre sur la table. Les montants à investir dans ce programme n’auront des retombées positives que dans plus de 10 ans et, dans l’intervalle cet engagement, qui pèsera sur le pouvoir d’achat des Français, augmentera mécaniquement la dette nationale.

Le Président, qui en cinq ans n’a pas réussi à mettre en œuvre sa réforme des retraites, nous annonce aujourd’hui vouloir reporter à 65 ans l’âge de départ la retraite. Il semble abandonner toute réforme structurelle qui permettrait de clarifier la répartition entre ce qui relève de la cotisation qui doit être intégralement payé par les bénéficiaires et ce qui relève de la solidarité qui doit être payé par l’impôt. Dans tous les cas, compte tenu de l’application progressive de ces mesures, on ne peut en espérer un allégement financier sur les cinq prochaines années.

Emmanuel Macron promet de continuer à faire baisser le chômage comme il l‘aurait réussi ces deux dernières années. Mais c’est abusivement en oublier la cause : les gens n’ont pas travaillé plus, ils ont été payés à ne rien faire. Ainsi s’explique cette corrélation atypique entre la baisse de l’activité, la hausse de l‘emploi ainsi d’ailleurs que la baisse des faillites.

La diminution du chômage est due aux soutiens financiers qui ont permis aux entreprises de conserver des salariés qui ne produisaient plus. Cela a été possible grâce aux milliards déversés à crédit et dire que cette méthode permettra de résorber le déficit alors que c’est ce déficit même qui a permis la résorption du chômage, est une insulte au bon sens.

Oui, il suffira de faire travailler quelques heures les gens au RSA pour les sortir des statistiques du chômage. Cela ne fera qu’empirer l’exclusion d’une partie de la population et aggravera encore notre situation financière.

On voit par ces trois exemples, que le programme d’Emmanuel Macron est la prolongation du « quoi qu’il en coûte », basé sur l’assistanat et le déficit perpétuel.

L’univers Macron-Lemaire est un métavers où le travail et l’effort ne sont pas nécessaires

En privilégiant sa réussite personnelle plutôt que celle des Français Emmanuel Macron peut continuer durant la campagne à faire des chèques. Cela ressemble à de l’achat de votes et des esprits scrupuleux dénonceraient une atteinte à la démocratie.

Les électeurs s’en moquent, ce qui est acquis est toujours bon à prendre et ils sont satisfaits de la manière dont on leur a évité les désagréments de la lutte contre le réchauffement climatique, de la pandémie et maintenant de la guerre. La méthode Macron-Lemaire consiste à payer chaque fois qu’il y a un problème sans demander d’effort aux Français, en recourant à l’argent magique de la BCE depuis qu’elle s’est affranchie de ses règles fondamentales.

L’univers Macron-Lemaire, c’est ce monde parallèle, régi par des règles et de l’argent, un Monopoly de financiers et de bureaucrates ou, pour être plus à la mode, un métavers où le travail et l’effort ne sont pas nécessaires.

Après la méthode Madoff-Ponzi au niveau de la finance privée, et tant que nous aurons autant de gogos pour y croire, nous subirons la martingale Macron-Le Maire pour la finance publique à moins que la BCE les interdise de chéquiers.

Car tout ceci va s’arrêter à cause de l’inflation générée par la baisse de la valeur de la monnaie et parce que les Allemands n’accepteront plus longtemps de prendre le risque d’une trop grande dévalorisation monétaire et financer par leurs excédents les déficits de la France.

L’alternance républicaine possible avec Valérie Pécresse a été ruinée par le non-soutien volontaire de Nicolas Sarkozy

La victoire annoncée de Macron nous amènera dans un quinquennat perdu où, ligoté par ses promesses et ses actions passées, il n’aura aucune possibilité de réforme. Pour l’électeur soucieux de l’avenir et trop attaché à la liberté politique et économique pour se tourner vers les extrêmes, il ne restait plus que la candidate des Républicains.

Contre toute attente, Christian Jacob avait réussi un sans-faute dans la mise en œuvre d’une candidature rassemblant toutes les composantes du parti. Valérie Pécresse était en situation de battre Emmanuel Macron et pouvait ramener la France à une politique raisonnée. Cette perspective a été ruinée par le non-soutien affiché par Nicolas Sarkozy qui diminue également les chances de survie du parti qui l’a tant aimé et soutenu. Le débauchage d’Eric Woerth en pleine bataille électorale était négligeable, mais voir l’ancien Président jouer contre son camp, sans daigner expliquer pourquoi, est insoutenable. Une attitude que même Ponce Pilate n’aurait pas adoptée s’il s’était agi de sa famille.

S’ils veulent exister les Républicains doivent dénoncer rapidement et sans indulgence l’attitude de Nicolas Sarkozy.

Invitation à un débat pour TOUS « Comment redresser l’économie de la France ? » (6 avril 2022)

Invitation à un débat pour TOUS

« Comment redresser l’économie de la France ? »

avec

François de Coincy,

analyste économique (Figaro, Challenges, Entreprendre, CNEWS, Economie Matin…)

« Sept idées libérales » (L’Harmattan)

et

Alain Sueur,

docteur en sciences politiques de Paris 1,

membre de la Société française des analystes financiers

Suivi d’un cocktail dînatoire

Mercredi 6 avril 2022 à partir de 18h30

hôtel La Louisiane, 60 rue de Seine 75 006

RSVP (pour le cocktail) par sms 06 84 36 31 85

Des sympathisants de chacun des principaux candidats à l’élection présidentielle seront invités à confronter leurs idées économiques.

Le trompe-l’œil des résultats économiques de Bruno Le Maire. Par François de Coincy

Le trompe-l’œil des résultats économiques de Bruno Le Maire

La présentation statistique peut relever de l’art du trompe l’œil.  On ne sait en constatant la mine réjouie du ministre annonçant la croissance « historique » du PIB en 2021 s’il se grise de sa capacité de manipulation des chiffres ou s’il en est sa propre victime.

Reprenant les pourcentages d’évolution vantés par Bruno Le Maire, le graphique ci-contre, diffusé dans le Figaro du 29 janvier, est particulièrement trompeur :

Cette image ne représente pas l’évolution du PIB de la France mais l’évolution du pourcentage de croissance du PIB et pour montrer à quel point cela n’est pas la même chose, regardons-en la comparaison sur les trois dernières années.

L’évolution du pourcentage (graphique A) est bien plus flatteuse que l’évolution de la valeur (graphique B), alors que c’est bien cette dernière qui correspond à celui du PIB réel. Le graphique présenté (A) n’est pas faux en soi, mais c’est une manière trompeuse de nous présenter la réalité. Si on veut être correct, il faut afficher le graphique en valeur tout en indiquant les pourcentages (B).

Le graphique de gauche (A) laisse croire que le PIB a dépassé celui des années antérieures alors qu’il n’en est rien. De plus l’image indique « +7% » alors que le trait reliant à l’année précédente a une valeur de 15% (7+8).

Ce trompe-l’œil en cache un autre.

Lorsque nous calculons le PIB, alors que la valeur ajoutée des entreprises est calculée sur ses recettes, celle de l’Administration est basée sur ses coûts sans tenir compte du solde budgétaire de l’Etat. (Cette méthode absurde fait que si l‘Etat embauchait en plus 1 million de personnes à ne rien faire, le PIB augmenterait alors que cela n’apporterait aucune production réelle).

Ce n’est pas bien grave quand le déficit est faible ou lorsqu’il est identique d’une période à l’autre, mais les circonstances actuelles font qu’il donne une image déformée de la réalité.

Que donne le PIB corrigé du déficit de l’Etat ?   Les déficits ont été de 75 milliards en 2019, 211 milliards en 2020 et 155 milliards en 2021. Les PIB corrigés sont donc respectivement de 2260, 1934 et 2140 milliards d’euros (graphique C).  On est donc loin d’avoir retrouvé en 2021 le niveau de 2019 puisque on est même en dessous de 2017 (2187 milliards).

On peut ajouter qu’en général, l’accroissement de la dette publique correspond plus ou moins au déficit budgétaire mais que ces deux dernières années l’accroissement de la dette a été supérieur de 100 milliards au déficit de la période. Cette situation accroit encore le doute qu’on peut avoir sur la solidité d’une reprise sous perfusion monétaire.  

Quelle qu’en soit la représentation, nous savons l’immensité de la dette générée qui aurait pu être atténuée si on avait associé un effort populaire aux soutiens nécessités par la pandémie. Ce sujet risque d’être absent du débat électoral car si Emmanuel Macron n’a pas intérêt à en parler pour ne pas ternir le bilan du « quoi qu’il en coûte », ses compétiteurs non plus, qui seraient obligés d’en tirer des propositions de redressement peu alléchantes pour les électeurs. Ce serait aux médias d’imposer ce sujet, plutôt que de rester sur la question facile de l’immigration autour de laquelle s’est constitué un surprenant quasi-consensus national.

Après les élections, l’ère de l’argent facile va se terminer et le successeur de Bruno Le Maire risque de ne pas afficher le même optimisme. Il lui faudra un grand pouvoir de persuasion pour faire passer les pilules : l’art du trompe-l’œil n’est pas près de s’éteindre.

François de Coincy, Chef d’entreprise à la retraite, François de Coincy avait publié en 2020 Mozart s’est-il contenté de naître ? renouvelant l’analyse de la théorie économique à partir des idées qu’il a accumulées au cours de sa vie professionnelle sur l’efficacité de la liberté dans le monde économique. Ce premier essai lui a donné une crédibilité lui permettant de publier des articles dans Figaro Vox ou Economie Matin. Il publie en 2022 Sept idées libérales pour redresser notre économie (L’Harmattan) afin de nourrir les programmes des candidats à l’élection présidentielle de la France.

Réformons les droits de succession, en mettant fin à l’hypocrisie des taux élevés. par François de Coincy

Réformons les droits de succession, en mettant fin à l’hypocrisie des taux élevés.

La quasi suppression de l’héritage pour les plus riches, proposée par Jean-Luc Mélenchon, n’améliorerait pas la situation financière de la France ou des Français.

Bernard Arnaud étant crédité d’une fortune de 160 milliards d’euros, et Monsieur Mélenchon proposant de tout prendre au-delà de 12 millions, une âme candide calculant bien, pourrait penser que le décès du patron de LVMH génèrerait un pactole permettant un cadeau de 5000 euros pour chacun des ménages français.

Malheureusement la situation ne serait pas aussi rose :

Soit, pour payer les droits de succession les héritiers seraient obligés de vendre et nécessairement à des étrangers puisqu’aucun Français sensé n’achèterait une entreprise pour en être dépouillé à sa mort. Dans ce cas, chaque ménage français pourrait effectivement percevoir 5000 euros mais l’entreprise deviendrait américaine ou chinoise, en tout cas étrangère, et le patrimoine industriel français diminuerait de 160 milliards.

Soit L’Etat pourrait préempter l’entreprise et on ne pourrait distribuer aucun montant, puisque les 160 milliards sont la valeur de l’entreprise et non une liquidité, à moins qu’on ne donne à chaque ménage quelques actions de la société qui ne leur apporterait que 75 euros de dividendes par an.

Restée dans le giron de l’Etat ou répartie entre les Français, l’entreprise verrait son avenir confié à quelques hauts fonctionnaires et sa stratégie dépendre des péripéties politiques, électorales et syndicales. On serait alors loin de la préservation patrimoniale obtenue par une gestion de long terme.

Le barème actuel facialement très élevé est grevé de multiples abattements qui génèrent inégalités et faible rendement.

Notre Candide préfèrera s’en tenir à la situation actuelle et découvrira que le législateur a créé un barème spoliateur lui permettant d’afficher une politique égalitariste populiste et en même temps de multiples dispositions dérogatoires afin d’éviter de bloquer l’économie du pays.

En effet si les héritiers de Bernard Arnaud devaient payer suivant le barème (45%) 70 milliards, ce serait au final quel que soit leur financement, un transfert de l’investissement productif vers le budget des dépenses de l’Etat et donc à terme le désinvestissement total du pays.

C’est pour cela que le rendement réel de l’impôt sur les successions est très en dessous des taux affichés : Le patrimoine des Français est de l’ordre de 12000 milliards et s’il est transmis en moyenne tous les 40 ans cela représente 300 milliards par an ramenés probablement à 250 compte tenu de l’exonération des petites successions. Comme les droits réellement perçus sont de 15 milliards, le taux réel moyen ne ressort qu’à environ 6% (chiffre cependant bien au-dessus de ce qui se pratique dans la majorité des pays comparables).

Simplifions le système avec un taux unique de 10% et une exonération des petites successions.

Supprimons les tranches à taux progressifs qui découragent l’investissement de long terme et empêchent la constitution de patrimoines familiaux. Appliquons un taux unique de 10% et les recettes de l’Etat augmenteront, même en tenant compte de la suppression de l’IFI qui n’est qu’une autre forme bureaucratique d’impôt sur les transmissions.

Supprimons également les abattements, exonérations, régimes discriminatoires et toutes ces mesures qui désavantagent ceux qui ne sont pas informés et font supporter aux autres les honoraires de conseillers fiscaux et financiers.

Le problème posé par une puissance excessive des entreprises mondiales ne concerne malheureusement pas les sociétés françaises.

On ne peut ignorer le problème posé par la puissance de plus en plus grande prise par les sociétés des hyper riches dont le pouvoir pourrait aller contre l’intérêt de leur pays. Il me semble que ce risque est très exagéré dans nos pays démocratiques qui ont la capacité d’adapter leurs lois si nécessaire. En ce qui concerne les GAFAM, les autorités américaines sont partagées entre volonté de limiter leur puissance et crainte de brider leur expansion économique mondiale. Malheureusement la France n’a pas d’entreprises si importantes qu’elle soit confrontée à ce qui n’est qu’un dilemme de riches.

Notre fiscalité est déjà très élevée et si la réduire est une gageure compte tenu de l’importance du déficit budgétaire, essayons au moins de la rendre plus simple et moins décourageante.  

 François de Coincy, 

Chef d’entreprise à la retraite, François de Coincy avait publié en 2020 Mozart s’est-il contenté de naître ? renouvelant l’analyse de la théorie économique à partir des idées qu’il a accumulées au cours de sa vie professionnelle sur l’efficacité de la liberté dans le monde économique. Ce premier essai lui a donné une crédibilité lui permettant de publier des articles dans Figaro Vox ou Economie Matin. Il publie en 2022 Sept idées libérales pour redresser notre économie (L’Harmattan) afin de nourrir les programmes des candidats à l’élection présidentielle de la France.

 

 

Entreprendre publie « Les dérives d’un système technocratique : les fossoyeurs du scandale des EHPAD » par François de Coincy

« Les dérives d’un système technocratique : le scandale des EHPAD »

Les dérives d’un système technocratique : les fossoyeurs du scandale des EHPAD.

Alors que la société ORPEA avait le label RSE, bénéficiait de financements « éthiques » et mis en place un système qualité, il semble que son comportement était détestable voire frauduleux. Tout montre que ces labels à la mode n’étaient que du vent, mais ses investisseurs voulant sauver leur mise en rajoutent en voulant en faire une entreprise « à mission » dernier habillage marketing à la mode.

ORPEA serait responsable de maltraitance sur des personnes vulnérables et de détournements de fonds publics alors qu’elle n’a été l’objet d’aucun reproche notable du Ministère de la Santé qui est censé contrôler son bon fonctionnement et l’usage des fonds alloués au titre du soutien aux personnes dépendantes

Victor Castanet décrit dans « Les Fossoyeurs » un système de management amenant des salariés à avoir honte de ce qu’ils acceptent de faire.

Le livre de Victor Castanet décrit comment, par un centralisme bureaucratique, les décisions d’une Direction Générale peuvent amener les acteurs de l’entreprise à un comportement insupportable sur les personnes qui leur sont confiées au point qu’ils aient honte à la fois de leurs actions et de leur soumission. Comme les Directeurs d’établissement n’ont aucun pouvoir et que tout est décidé par quelques personnes au siège, les problèmes ne sont littéralement pas traités, faute de budget ou de personnel accordé, et les dysfonctionnements deviennent la règle.

Le livre montre l’absence de contrôle de l’Administration alors que c’est elle qui accorde les autorisations d’exploiter, c’est elle qui doit veiller à ce que le cahier des charges de cette mission de service public soit respecté, c’est elle qui est responsable des allocations qu’elle verse aux EHPAD. L’Administration n’intervient pas, (sans doute parce que ORPEA reste dans la limite des budgets fixés) et rien ne freine l’accroissement des dysfonctionnements puisque les clients, du fait même de leur état de dépendance, ne peuvent protester des mauvais traitements qu’ils subissent.  

Victor Castanet explique que la maltraitance résulte d’une part des économies sordides faites sur des produits d’hygiène ou d’alimentation et d’autre part de la tricherie sur des dépenses remboursées par l’Etat.

On peut espérer que les enquêtes internes et externes qui vont se mettre en place expliqueront pourquoi une Direction a pu s’engager dans une démarche allant contre l’intérêt de ses propres clients. Alors que l’entreprise vise une clientèle plutôt haut de gamme et que ce marché est en fort développement, cette stratégie, contraire à la philosophie affichée, ne pouvait manquer d’aller dans le mur à terme.  

Pour éviter de telles dérives, on pourrait mettre en place dans chaque établissement un « comité des proches »

Si le livre « Les Fossoyeurs » expose des faits et des interrogations sans en tirer de conclusions pour le futur, il en ressort cependant que le développement des dérives vient d’un rapport de forces totalement déséquilibré entre l’EHPAD et ses résidents. Les personnes dépendantes n’ont pas la capacité de demander au jour le jour le respect de la qualité des soins à laquelle ORPEA s’est engagé, et leurs proches, qui viennent occasionnellement, ne sont pas organisés pour obtenir le respect des clauses contractuelles.

En 2019, Hella Kherief avait publié « Le scandale des EHPAD », livre excellent tant par la clarté de la description du fonctionnement interne des EHPAD que par la force des témoignages. Elle suggérait notamment de développer la coordination des aidants familiaux pour en faire « une sorte de syndicat familial des résidents »

Il me semble qu’il faudrait reprendre et développer ce concept en créant dans chaque établissement un comité des « proches » constitué des référents désignés par chaque résident dans un état de dépendance. Ce comité, réuni périodiquement, éventuellement par internet, nommerait des représentants autorisés à circuler dans l’établissement et reconnus légalement comme des interlocuteurs officiels et de l’EHPAD et des autorités publiques.

Ainsi plutôt que de créer de nouvelles normes ou d’inventer de nouvelles autorités de contrôle, on disposerait de la solution la plus humaine, mobilisant la responsabilité des proches des personnes dépendantes en leur donnant un statut pour qu’elles aient un réel moyen d’action.

Cette organisation, permettant aux proches de vérifier la qualité des soins, devrait être appliquée dans tous les établissements traitants des personnes dépendantes, qu’ils soient privés ou public.

Remettre les acteurs défaillants dans le droit chemin ne suffira pas, l’augmentation prévisible de la dépendance est un vrai défi budgétaire et sociétal.

Ayant oublié son objet social et son client, ORPEA a échoué. Inutile d’en faire une entreprise de « mission » avec des grands mots, il lui suffit de remettre le client au centre du jeu.

Pour se relancer ORPEA devrait, sans attendre d’y être contrainte, mettre immédiatement en place ces « comités des proches » et établir la concertation qui permettra de corriger radicalement l’insuffisance des soins donnés aux personnes vulnérables. Si à court terme cela entrainera nécessairement une baisse des résultats, à long terme ce sera une politique gagnante.

Il faudra toutefois que l’on arrive à régler le problème du financement des besoins croissants du financement de la dépendance alors que le gouvernement a finalement renoncé fin 2021 à sa loi « Grand âge et autonomie » originellement prévue en 2019. La France devra décider quels moyens elle entend consacrer à la solidarité envers les personnes âgées. Les entreprises privées devront alors ne pas se contenter d’être pour l’Etat un sous-traitant commode pour respecter une enveloppe budgétaire, mais prouver qu’elles apportent globalement le meilleur service.

 François de Coincy, 

Chef d’entreprise à la retraite, François de Coincy avait publié en 2020 Mozart s’est-il contenté de naître ? renouvelant l’analyse de la théorie économique à partir des idées qu’il a accumulées au cours de sa vie professionnelle sur l’efficacité de la liberté dans le monde économique. Ce premier essai lui a donné une crédibilité lui permettant de publier des articles dans Figaro Vox ou Economie Matin. Il publie en 2022 Sept idées libérales pour redresser notre économie (L’Harmattan) afin de nourrir les programmes des candidats à l’élection présidentielle de la France.

« Un livre qui peut fournir des énergies neuves en politique » (sur François de Coincy)

François de Coincy, Sept idées libérales pour redresser notre économie

Je suis et demeure un libéral, malgré hier les sirènes de la gauche social-démocrate et, aujourd’hui, celle de la souveraineté radicale. Être libéral signifie que l’on préfère la liberté par principe à l’égalité forcenée, laquelle liberté se doit cependant d’être encadrée par des règles décidées en commun, démocratiquement, imposées par la loi et surveillées sans laxisme par le gouvernement en charge (qu’a-t-il surveillé la spéculation bancaire avant la crise de 2008 ? qu’a-t-il surveillé de l’islamisation de haine des mosquées salafistes ? qu’a-t-il contrôlé des EHPAD ?…). Être libéral ne signifie donc pas être libertarien, tels les trumpistes et les zemmouriens semblent le souhaiter, tout en prônant un pouvoir fort – une contradiction flagrante.

Dans un livre précédent, François de Coincy, qui fut entrepreneur et a désormais du temps, réfléchit à ce que l’économie peut et doit nous donner : la production la plus efficace possible dans le moins de contraintes possibles mais avec la volonté d’être soutenable et durable. Je l’ai chroniqué il y a peu.

Dans ce nouveau livre, destiné aux candidats à la présidentielle qui vont pour cinq ans orienter le pays, l’auteur expose un certain nombre d’idées originales assez faciles à mettre en œuvre mais qui restent iconoclastes. Il faudrait ainsi remplacer les aides et subventions par le produit social, selon les besoins de chacun, rendre l’investissement des entreprises déductible des impôts, sécuriser les dépôts bancaires pour éviter la dérive spéculative des banques sur les marchés, libérer le système monétaire, régionaliser l’Education nationale pour une meilleure adaptation aux terrains et aux populations, rendre l’écologie plus libérale que dévote, enfin réformer avec bon sens le système de retraite.

Entre les extrémismes, la philosophie libérale est celle des limites. L’État est utile mais les entreprises aussi ; les employés et ouvriers sont indispensables mais les ingénieurs et les cadres également ; les moyens sont vitaux mais l’organisation fait l’essentiel. Rien ne sert de réclamer toujours plus si c’est pour le gaspiller en ne changeant rien aux façons de faire ni au millefeuille de l’administration. Il serait plus efficace de calculer l’apport de chacun (le produit social), d’inciter les entreprises à innover plutôt qu’à tenter de maquiller les bénéfices (l’investissement immédiatement déductible), de sécuriser les dépôts bancaires à la Banque centrale pour éviter tout krach systémique par effet domino, d’éviter aussi au secteur financier le dirigisme qui n’a jusqu’ici pas vraiment réussi, de rendre l’éducation plus souple, l’écologie moins prophétique et plus concrète.

L’écologie, justement, est tiraillée entre la volonté de contraindre par les règles et les taxes, et l’idéal de libérer par l’initiative locale et les économies personnelles d’énergie, de matières premières et de sobriété dans la consommation. Il y aurait un volume entier à écrire sur une écologie soutenable. Or rien de mieux que le libéralisme pour l’assurer.

Ces sept idées simples forment un réservoir pour les équipes de ceux qui concourent à la magistrature suprême. Loin des slogans et des mesures idéologiques toutes faites, des principes comme la charge sociale négative, les dépôts tenus de fait à la Banque de France, la libération des initiatives dans l’éducation, un prix du carbone pour inciter aux économies d’énergie, la distinction des cotisations pour les retraites de celles du transfert social, et ainsi de suite. Facile à lire, sous forme d’exposé clair, un livre qui peut fournir des énergies neuves en politique.

François de Coincy, Sept idées libérales pour redresser notre économie, 2022, éditions L’Harmattan, 120 pages, €14.00

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

François de Coincy dans Forbes se met dans la peau d’un Président de la République

Si j’étais candidat, je proposerais… | François de Coincy : “Rendre l’investissement des entreprises intégralement déductible des impôts”

La démarche qui nous amène à croire qu’une entreprise est bénéficiaire alors qu’elle n’a pas encore récupéré sa mise provient de notre système de comptabilité en base annuelle qui répartit l’investissement par amortissement de manière arbitraire sur les périodes futures.

Toute entreprise ne commence à gagner réellement de l’argent que lorsque le cumul de ses revenus nets a excédé le coût de ses investissements. Avant, le résultat comptable affiché n’est qu’une fiction, dépendant du taux d’amortissement retenu. Ce résultat peut être positif sur une période alors que finalement, le cumul des résultats ne couvrira jamais l’investissement initial. Ce bénéfice comptable n’est en réalité qu’un indicateur, un indicateur utile, mais il n’est pas la représentation d’un résultat réel.

La conséquence fiscale est que l’État prélève de l’argent, sous forme d’impôt, sur des bénéfices hypothétiques non perçus par l’entreprise.

En ayant l’intégralité de leurs nouveaux investissements déductibles du résultat fiscal, les entreprises vont être incitées à investir chaque année, au moins l’équivalent de leurs résultats annuels.  Beaucoup de PME, dont les actionnaires sont souvent allergiques à la fiscalité, choisiront d’acheter des biens d’équipements productifs pour éviter de payer des impôts. Elles vont rechercher plus activement les occasions d’engager des projets au-delà des seuls investissements de remplacement qu’elles effectuaient habituellement. Les nouveaux projets seront plus faciles à financer puisque le temps de retour net sur investissement qui aurait été de 10 ans avec un IS à 30% se trouve réduit à 7 ans avec cette mesure.

Pour les entreprises françaises, engagées sur l’économie mondiale, investir pour localiser à l’étranger va devenir moins intéressant et pour les entreprises internationales, le choix de l’implantation française va devenir au contraire bien plus attractif. Cette mesure va générer des emplois immédiats pour réaliser ces investissements qui à leur tour produiront par la suite une activité régulière locale.

La perte de recettes de l’Etat, qui pourrait être de l’ordre de 20 milliards, est un simple décalage dans le temps. Le bien étant amorti dès la première année, les années suivantes verront la base fiscale de l’entreprise s’élargir et l’Etat récupèrera progressivement son manque à gagner initial. L’impôt payé par les entreprises, de l’ordre de 40 milliards par an, représente une assiette fiscale d’environ 150 milliards. Si ce potentiel était utilisé à raison de 50%, cela représenterait un investissement complémentaire de 75 milliards et si cet investissement était au 2/3 réalisé par des entreprises françaises, cela représenterait de l’emploi pour 1 million de personnes.

La mise en œuvre d’une telle mesure permettra donc à nos dirigeants d’avoir une vision à plus long terme, portée sur l’ investissement, que la courte vue donnée par le résultat annuel.

Par François de Coincy, ancien chef d’entreprise, auteur de « Sept idées libérales » (L’Harmattan)

<<< À lire également : La promesse d’un candidat au crible de l’expert | Éric Zemmour veut la fin de la redevance et de l’audiovisuel public >>>

Challenges publie un article de François de Coincy trouvant Gaspard Koenig pas assez libéral

Gaspard Koenig: de la sérénité à l’Enfer?

Repris par Combourse

et Yahoo Finance.

TRIBUNE – Gaspard Koenig souhaite intervenir dans la politique pour simplifier la société de plus en plus perçue comme kafkaïenne. Le débat électoral pourra-t-il s’ouvrir à d’autres thèmes que la pandémie et l’immigration? Le point de vue de François de Coincy, auteur de Sept idées libérales pour redresser notre économie (L’Harmattan), publié en 2022 afin de nourrir les programmes des candidats à l’élection présidentielle. 

Gaspard Koenig nous avait raconté, dans « Notre vagabonde liberté », son périple équestre suivant le tracé du voyage de Montaigne à Rome. Le début y ressemble à celui des navigateurs solitaires qui dans les années soixante partaient à l’aventure et commençaient d’abord à apprendre à vivre avec leur bateau de fortune. Une fois le skipper ou le cavalier au niveau exigé par la monture, le vagabondage alterne les réflexions solitaires et les contacts du hasard des escales.

On s’étonnerait presque du peu de difficultés administratives rencontrées par celui qui veut voyager à cheval au 21e siècle. Heureusement rien n’est organisé : le développement de sentiers équestres rendrait l’aventure sans intérêt et susciterait une réglementation. La pratique équestre, libre puisque presque ignorée des autorités, rend Gaspard Koenig d’autant plus sensible aux contraintes légales qui pèsent sur ses hôtes de rencontre, paysans, artisans, hôteliers ou commerçants, tous vivant directement du travail de leur entreprise personnelle.

Gaspard Koenig néglige le conseil de Platon rappelé dans les Essais : « Ceux-là entreprennent de couper la tête de l’Hydre qui prétendent ôter des lois toutes les incommodités et tous les inconvénients ». 

De la sérénité de son voyage et de l’empathie vis-à-vis de ses hôtes émerge sa décision de se lancer dans l’action contre la multiplication des contraintes générées par les milliers de lois et règlements. Il crée le parti politique « Simple » dont il explique les objectifs dans le livre « Simplifions-nous la vie » co-écrit avec Nicolas Gardère.

Il prend notamment comme exemple la loi qui définit de manière pointilleuse et ridicule les boissons alcoolisées autorisées dans les entreprises. Sa proposition de remplacer toutes ces prescriptions détaillées par un principe général semble cependant peu opérationnelle et il me semble que l’absurdité ne pourrait être corrigée qu’en faisant appel à la responsabilité de chacun des acteurs : on laisse à l’entreprise l’établissement de son règlement intérieur et l’individu reste seul responsable de son éventuelle ivresse dans l’entreprise comme il l’est partout ailleurs.

Le site Internet de son parti, www.vieplussimple.fr, a reçu des milliers de témoignages d’absurdités nées de la multiplication de la réglementation et en a sélectionné 42 exemples. Un tiers d’entre eux ne me semblent pas relever du combat de Gaspard Koenig, car ils sont le fait de personnes qui sont manifestement assistées par la collectivité et trouvent que le système n’en fait pas assez pour eux. Si on déduit également ceux relevant de la simple bêtise administrative qu’il est illusoire d’espérer supprimer, il n’en reste pas moins 60% d’exemples d’inepties réglementaires dont l’origine commune semble être la volonté de faire le bien de manière dirigiste sans faire appel à la responsabilité individuelle.  

L’approche quantitative de limiter les lois à 100 par sujet semble quelque peu naïve alors qu’on aurait espéré une méthodologie plus philosophique.

On se demande alors si Gaspard Koenig ne fait pas fausse route en voulant arbitrairement limiter les lois à 100 par sujet (pourquoi pas 20 ou 5 ?) et si la vraie cause n’est pas le choix d’une société d’assistance qu’il dénonce pourtant en regrettant notre besoin insatiable de sécurité. Si on fait confiance aux citoyens, si on les estime responsables, l’inutilité de beaucoup de lois devient flagrante, mais si les citoyens veulent être assistés, la bureaucratie est indispensable. Le retour à la responsabilité individuelle, qui donne les degrés de liberté permettant de s’adapter à un monde complexe, serait le remède à l’assistanat dont la prolifération des lois n’est que le symptôme.

Dans « Simplifions-nous la vie » les auteurs prennent comme exemple réussi de simplification, la mission de Robert Badinter qui avait rédigé une cinquantaine d’articles censés être la synthèse des principes du droit du travail. On avait vu au contraire la limite de cette approche dont le résultat, ignorant quasi-totalement l’entreprise, était plus un manuel de défense des droits des salariés qu’un véritable code du travail. Ce document n’avait donc eu aucune suite pratique.

Enfin, le parti de Gaspard Koenig n’indique pas que pour mettre en œuvre ces règles simples, il faudra faire appel à la responsabilité de fonctionnaires ayant la faculté de prendre des décisions appropriées au terrain à partir de principes généraux : une révolution des mentalités.

Gaspard Koenig défend le revenu universel qui permet une simplification en supprimant toutes les aides sociales.

Une autre idée avancée par le mouvement Simple est le revenu universel qui permettrait de simplifier le système social en supprimant toutes les aides multiples et variées très complexes à gérer.  C’est oublier que ce « traitement social » du chômage renforce l’exclusion de ceux qui en sont l’objet et serait inacceptable pour beaucoup de Français qui ont du mal à vivre de leur travail et ne supportent pas ceux qui vivent sans travailler.

Dans le monde imaginaire, du dernier roman de Gaspard Koenig, les règles sont simples, elles laissent le degré de liberté apparent nécessaire à l’efficacité sans permettre de sortir du système. Chacun y dispose d’une carte de crédit lui permettant des dépenses d’un montant illimité :  pourtant, malgré ce revenu universel poussé à l’extrême, il a appelé son livre l’Enfer.

De même qu’on ne peut subordonner toute la vie politique à l’écologie, on ne peut la réduire à l’objectif de simplicité. Ayant suivi avec plaisir Gaspard Koenig sur les traces de Montaigne nous aurions espéré une approche simplement libérale, mais ne chicanons pas trop sur les moyens, il faut soutenir sa lutte contre l’absurdité pour éviter de connaître le monde décrit dans son dernier ouvrage.

Par François de Coincy 

Chef d’entreprise à la retraite, il avait publié en 2020 Mozart s’est-il contenté de naître ? renouvelant l’analyse de la théorie économique à partir des idées qu’il a accumulées au cours de sa vie professionnelle sur l’efficacité de la liberté dans le monde économique. A la suite de ce premier essai, il a publié des articles dans Figaro Vox ou Economie Matin. Il publie en 2022 Sept idées libérales pour redresser notre économie (L’Harmattan) afin de nourrir les programmes des candidats à l’élection présidentielle de la France.