La bioéthique (filiation PMA, GPA, euthanasie, eugénisme etc) de Joaquin Scalbert

Un écrivain engagé souhaitant une société solidaire et humaine

La démarche de Joaquin Scalbert : simplement l’envie de mettre en évidence la violence qui peut exister dans notre société. 

Celle de nos élites bien pensantes et donneuses de leçons qui profitent de la modernité pour sacrifier l’humain sur l’autel de l’égoïsme et du profit.

Joaquin Scalbert écrit sur une société de confort où les individus travaillent à leurs seuls projets personnels indifférents au bien commun, négligeant les dommages collatéraux et bien souvent directs qu’ils font subir à leurs congénères.

Les nouvelles élites ont les moyens financiers de tirer le meilleur parti des réels progrès scientifiques de notre XXIe siècle (pourtant orienté vers une nouvelle ère de la solidarité !), au profit d’une ‘’modernité régressive’’ où le souci de l’autre devient accessoire.

C’est ainsi que les plus fortunés de nos ‘’anywhere’’ peuvent louer le ventre de femmes démunies en toute bonne conscience ou bien choisir sur catalogue le géniteur de leur ‘’projet d’enfant’’.

Sans discours moralisateur et avec ironie Joaquin Scalbert met en évidence la violence faite aux hommes et aux femmes auxquels on impose le silence : le rejeton d’un donneur anonyme que l’on prive de son droit à connaître ses origines ou la personne en fin de vie qui a seulement demandé moins de souffrance et à laquelle on propose la seringue pour clore le dialogue.

Joaquin Scalbert met en évidence des contradictions telles que celle de pouvoir supprimer la vie d’un enfant à quelques heures de sa naissance alors que des lois sont bientôt mises en place pour éviter que les embryons de poussins mâles (voir texte ci-après) soient détruits après le 3èmejour, moment où le cœur du gallinacé se mettrait à battre. Il réagit devant la résignation des proches qui acceptent la demande parfois un peu prématurée d’un médecin qui va prélever un organe sur un patient selon la formule anglo-saxonne « aussi mort que nécessaire, aussi vivant que possible ».

Il s’insurge devant le fait que des voix aient pu s’élever sans soulever d’indignation pour suggérer une gestion de la crise sanitaire au profit des plus jeunes laissant partir les plus anciens et les plus fragiles.

Il constate que l’eugénisme n’est plus le fait d’un Etat idéologique et totalitaire, mais celui de nombreux individus qui font fi à bas bruit de la dignité humaine au bénéfice de leur seul confort et désirs hérités d’une société tournée vers la consommation.

Joaquin Scalbert égratigne ses contemporains dans leur manque de discernement et de curiosité sans donner de leçon, car il croit que la vie restera la plus forte. Trop optimiste ?

Nouvelles du temps présent – Archives du lendemain
de Joaquin Scalbert aux Editions Douin 
 
Parution en France le 2 avril 2021
123 pages, 14 €
 

La vie, la mort… Procréation médicalement assistée Expérience de mort imminente…

Comment Zoël va-t-il réagir en retrouvant à vingt ans son père biologique ?
Victor va-t-il accepter ce bouleversement ?
Frédérik le sceptique, se laissera-t-il convaincre par la belle Stella qu’une autre forme de vie que la vie corporelle peut exister ?

Pour les uns, des questions intemporelles qui suscitent réflexion. Pour les autres, des enjeux de confort dans une société à bout de souffle.
Les personnages de ce recueil, préfacé par le Dr. Christian Champion, illustrent combien certaines réponses apportées par la doxa contemporaine peuvent être insuffisantes face à des questionnements actuels bien légitimes.

“On risque autant à croire trop qu’à croire trop peu.” aurait dit Denis Diderot. Dans un vaudeville du XXIe siècle, Joaquin Scalbert s’amuse des conséquences inattendues du nouvel eugénisme.
L’auteur : Joaquin Scalbert, ancien dirigeant d’agences de communication publicitaire et aujourd’hui conseil en recrutement, a publié chez Desclée de Brouwer Parole et Désir dans l’entreprise, aux Editions Pourquoi-Pas ? Nouvelles du Temps Présent, Archives de voisinage et aux Editions Douin Des Femmes et des Adieux.

« Homo Emoticus » de Thierry Paulmier : L’intelligence émotionnelle au service des managers

La Balustrade de Guilaine Depis vous propose pour la période de avril 2021/novembre 2021:
(pour demander un livre, merci d’adresser un mail à guilaine_depis@yahoo.com et pour interviewer l’auteur sms 06 84 36 31 85)
 
Homo Emoticus – L’intelligence émotionnelle au service des managers
de Thierry Paulmier – Préface d’Anne Lauvergeon  
aux Editions Diateino (groupe Trédaniel) 
Parution en France le 2 avril 2021 – 495 pages, 23 €
Nos émotions sont aux commandes : Bien avant le succès du film d’animation Vice-versa (Disney & Pixar, 2015) Thierry Paulmier a consacré toute sa vie à les étudier et à concevoir grâce à elles un puissant outil d’analyse universel des relations interpersonnelles dans le domaine professionnel public comme privé. 
 
– Ce livre à la structure rigoureuse, ponctuée de schémas aussi évidents qu’inédits, concentre le fruit de son travail durant plus de sept années de recherches passionnées. 
– Riche en anecdotes, en études scientifiques et en évocations littéraires et philosophiques, cet ouvrage vous invite à explorer la psychologie des émotions et donne tous les repères pour voir en chacun un artisan et un volontaire.
– Indispensable pour actionner les bons leviers émotionnels et révolutionner le quotidien de vos équipes, comprendre votre entourage dans l’entreprise et dans le monde.
 
La force de son modèle « homo emoticus » est son universalité dans son application
* Il permet de renouveler la réflexion et d’agir concrètement sur des questions telles que le bien-être au travail, la motivation au travail, la QVT, les RPS, le management, la communication, la négociation, la résolution de conflit, la gestion de crise, la conduite du changement, etc.
 
Thierry Paulmier est conférencier et consultant en intelligence émotionnelle. 
Docteur en sciences économiques et en sciences politiques, il forme au modèle de l’homo emoticus dans les entreprises et les administrations, notamment le Secrétariat général du gouvernement, ainsi que dans nombreuses écoles (ENA, EDHEC Business School, École de Guerre…).
A l’étranger, il enseigne à l’ENAP à Brasilia (l’ENA brésilien) ainsi qu’à L’Institut Basil Fuleihan à Beyrouth. Son impressionnant parcours professionnel a fait voyager Thierry Paulmier dans une soixantaine de pays. Il a notamment été fonctionnaire à l’ONU à Genève (2003-2009) et a vécu à New-York (2010-2012). Dans chacune de ces villes, il a profité de son séjour pour faire le conservatoires d’art dramatique. Il a été formé à la négociation à la John Kennedy School of Government (2005).

Le Président Macron a cédé aux « passions tristes » des Français par Thierry Paulmier, consultant en intelligence émotionnelle

Dans son livre programme Révolution publié en novembre 2016, le candidat Emmanuel Macron écrivait : «Car notre situation actuelle n’est ni acceptable ni tenable. Nous sommes comme recroquevillés sur nos passions tristes, la jalousie, la défiance, la désunion, une certaine forme de mesquinerie, parfois de bassesse, devant les événements[1] ». Le candidat Emmanuel Macron voulait réveiller les passions joyeuses des Français : c’était le but de son engagement. Une fois élu, il n’a d’abord pas dévié de cette ligne de conduite. A de nombreuses reprises, il a évoqué les passions tristes dont les Français étaient, selon lui, la proie, au point que le 3 octobre 2017, le Huffington Post publiait un article intitulé : « Décidément, Macron est vraiment passionné par les « passions tristes » de ses opposants[2] ». L’article relatait, qu’interpellé par une journaliste de l’AFP, en marge d’une visite chez un sous-traitant de Whirlpool près d’Amiens, à propos des critiques émises contre sa politique économique qui favoriserait les plus fortunés, le chef de l’État avait fustigé « ces formules dans lesquelles les passions tristes françaises aiment s’enfoncer».

Le 14 octobre 2017, le Président Emmanuel Macron, donnait un entretien au Der Spiegel dans lequel il affirmait : « Je ne céderai pas au triste réflexe de l’envie française. Parce que cette envie paralyse le pays». Car l’expression « passions tristes » qu’il emprunte au philosophe Spinoza, désigne le plus souvent la passion de l’envie (synonyme de la jalousie dans le langage courant). En octobre 2018, le mouvement des Gilets jaunes éclatait suite à une hausse du prix du carburant en raison de l’augmentation de la TICPE par le gouvernement. Ce mouvement trouvait sans doute en partie son origine dans la passion de l’indignation causée par un sentiment d’injustice mais aussi dans celle de l’envie, voire dans celle du ressentiment, c’est-à-dire dans l’envie impuissante. Les actes de vandalisme qui ont émaillé les manifestations et notamment la destruction du restaurant le Fouquets, au slogan « Fouquets à nous », en sont la plus belle illustration.

Confronté à une colère populaire sans précédent, le président Macron a choisi de sacrifier en victime expiatoire, l’ENA, érigée en bouc émissaire de tous les maux dont les Français souffraient, et notamment de la déconnexion des élites de leur réalité. En d’autres termes, il a choisi de céder aux passions tristes qui ne peuvent supporter le principe même de la méritocratie puisqu’elle remplace une aristocratie de naissance par une aristocratie de diplôme. Les envieux abhorrent le mérite.

Thierry Paulmier, auteur de Homo Emoticus, préface d’Anne Lauvergeon (éditions Diateino) ; il enseigne l’intelligence émotionnelle notamment à l’ENA.

[1] Emmanuel Macron, Révolution, p.34.

[2]https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/03/decidement-les-passions-tristes-de-ses-opposants-passionnent-vraiment-macron_a_23231587/

Le Point annonce la Chasse au Trésor de l’Entente cordiale

Une chasse au trésor franco-britannique met 750 000 euros en jeu

La chasse au trésor de l’Entente cordiale a commencé jeudi. À gagner ? Un coffret offert par Édouard VII à Émile Loubet en 1903, rapporte Europe 1.

En 1903, le roi Edouard VII avait offert un coffret d'or au president francais Emile Loubet pour symboliser l'Entente cordiale entre le Royaume-Uni et la France (illustration).
En 1903, le roi Édouard VII avait offert un coffret d’or au président français Émile Loubet pour symboliser l’Entente cordiale entre le Royaume-Uni et la France (illustration).© 1 / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Par 

Franck Archimbaud, de cuisinier militant à écrivain philanthrope

Franck Archimbaud – «Je crois que l’on peut changer le monde en changeant son monde»

Franck Archimbaud publie L’homme qui voulait Otrechoze, un livre autobiographique qui retrace son chemin depuis son enfance dans une modeste famille normande, son école hôtelière, son évolution dans le milieu de la restauration et jusqu’à la fondation de sa société Otrechoze, une enseigne à consonance singulière qu’il a créée et qui renvoie à un mode de restauration mettant au centre les filières locales et durables. Un parcours parsemé de rêves, de projets, de réussite et d’échecs, de remise en cause et de rebondissements, bref une vie bien remplie d’ idéaux et de volonté  capable de faire pousser les limites, une quête de sens, de spiritualité et d’amour à donner aux autres.

Dès les premières pages de votre livre, vous parlez d’un « précieux secret appelé à être partagé » et de votre travail d’écriture comme d’« un moment de rare d’intensité ». Occasion de vous interroger sur les raisons profondes qui vous ont poussé vers ce projet. Comment est né ce livre et à quel appel intérieur vous concernant répond-il ? 

Ce livre est la matérialisation, le résultat d’un besoin viscéral et irrépressible de transmettre ce que la vie m’a enseigné.

Je souhaite partager le long cheminement de pensée qui m’a conduit à ce mystérieux Otrechoze. Le mot, le livre sont imbriqués. Imprégné d’un constant esprit de synthèse, j’ai toujours tout analysé en cherchant à créer des liens entre les idées et les choses. Touché par les déséquilibres, écologiques et sociaux, de notre société, j’ai réfléchi à ce changement nécessaire. Individuel et collectif. C’est ainsi que j’ai inventé Otrechoze, fruit d’une quête altruiste. J’ai rêvé d’un processus universel. Suffisamment dépouillé, aisément transposable et appropriable. Un mot familier, qui parle à tous, mais orthographié autrement pour être clair sur les intentions. J’ai pu prendre conscience très tôt de ma fragilité et de ma finalité en tant qu’être humain. J’ai expérimenté le fait qu’un seul mot peut tout changer, structurer la pensée. J’explique ce cheminement dans mes conférences.

C’est comme une percée, une porte qui s’ouvre vers un monde inconnu, vers ce qui n’est pas prédéfini.

La mise à l’arrêt forcée par la pandémie a favorisé ce travail en m’offrant un temps inédit. Un temps pour me consacrer au délicat exercice de l’écriture. D’ordinaire, les gens comme moi ne prennent jamais le temps de se poser pour écrire, pris dans la roue infernale du travail.

Vous parlez, en évoquant votre adolescence, de « la Simplicité du chemin vers soi-même » qui a été pour vous une garantie de bonheur au sein de votre famille. Quelles ont été les valeurs qui vous ont construit et qui vous ont été transmises au sein de votre famille ? Et pourquoi parlez-vous d’une « angoisse existentielle intrinsèque à l’héritage paternel » ?

Le moment du repas concentrait toutes les valeurs familiales. En particulier celui du dimanche midi. Le repas incarnait à la fois l’acte de partage et de réconfort, la convivialité, l’esprit chaleureux, le plaisir, la satiété, la bonne chère. Le bonheur, c’est à table qu’on le trouvait. Pour moi, les repas étaient également source d’informations. Observer quelqu’un manger s’avère riche d’enseignements.

Mon héritage familial comporte aussi des zones d’ombres. Mon père, angoissé par sa mort, en faisait planer le spectre sur notre foyer. Par la suite, j’ai intégré ses peurs, et elles ont influencé ma vision de la vie. Je me suis surtout retrouvé dans une course perpétuelle contre la montre. Avoir peur de mourir prématurément signifiait que tout était urgent. N’avaient de sens à mes yeux que les choses pouvant être faites très rapidement. Ce trait de caractère me fut utile dans la restauration où il faut toujours faire vite.

Lors d’une sortie scolaire, vous assistez pour la première fois à une représentation théâtrale, Le Malade imaginaire de Molière. Du haut de vos dix ans, vous avez la révélation d’avoir trouvé la pleine mesure de votre « voix », de votre « voie ». Que voulez-vous exprimer par ce jeu de mots, si imagé et si explicite à la fois ?

Lors de cette pièce de théâtre, je fus émerveillé, en particulier par les voix. Celles des comédiens parvenaient à mes oreilles dans toute leur clarté, leur pureté et leurs émotions. C’est bien après, en analysant ce que j’avais vécu ce jour-là, que j’ai compris ce qui avait touché l’enfant que j’étais. En favorisant l’expression de la voix, dans mon imaginaire, le théâtre permet d’incarner sa voie, son chemin personnel. Dans ma vie, face aux perches tendues pour m’aider à aller vers ce qui m’inspirait, je restais généralement sans voix.

Comment êtes-vous entré à l’école hôtelière ? Peut-on dire que vous avez pris conscience très tôt de ce que vous allez appeler par la suite votre vocation ? Ou c’est le hasard qui vous a guidé vers cette carrière ?

Comme je l’expliquais, au sein de ma famille, nous avons toujours entretenu un rapport étroit à la nourriture. Dès mon plus jeune âge, j’avais un lien passionnel avec les aliments.

Le déclic est venu lors d’une visite scolaire dans une boulangerie – pâtisserie du quartier. Le patron, sympathique et chaleureux, nous a accueillis les bras ouverts et avec bonhomie, offrant à chacun un pain au chocolat. La chaleur réconfortante de la boulangerie contrastait avec le froid hivernal. Ici, tout sentait bon et appelait à la gourmandise. Je fus conquis. Alors, quand vers douze ou treize ans – qui demeure selon moi un âge trop jeune pour décider de son destin, on m’a demandé quelle orientation je souhaitais prendre, j’ai répondu : pâtissier. Quelque temps après, j’ai finalement choisi de m’engager vers le métier de cuisinier, jugeant qu’il m’offrirait plus de potentiels et de perspectives d’évolution.

Avec votre entrée dans cette l’école, une autre dimension viendra rejoindre votre désir de rêve : il s’agit d’apprendre « la valeur de l’excellence » dont vous dites qu’elle restera gravée pour toujours dans votre crédo professionnel. Que pourriez-vous nous dire de ces valeurs transmises lors de vos études ? Comment pourriez-vous décrire votre parcours pendant ces années d’études ?

J’ai eu la chance d’évoluer dans une école hôtelière de cuisine française renommée. Les cours étaient délivrés par des chefs ayant fait carrière dans de grandes maisons. Les conditions d’apprentissage étaient royales : une immense cuisine, digne d’un palace, composée de plusieurs postes équipés distincts. Je me sentais privilégié, et, en même temps, si jeune pour entrer dans la vie active en tant qu’apprenti. J’ai découvert le luxe, l’élégance des dressages, la préciosité de la vaisselle, le beau selon les codes de la gastronomie française. Un tel niveau d’excellence s’accompagne immanquablement d’un haut degré d’exigence et de courage. Le métier est dur. Il faut se remonter les manches et se lever tôt. Je me suis très vite accroché au métier.

Que signifie « le vertige des sens » qui intervient pendant vos études, à tel point – dites-vous – que « l’on sort du cérébral pour se plonger dans la sensation » ? Et pourquoi définissez-vous le cuisinier comme « un alchimiste » ?

En mangeant, nous entrons dans un rapport à la matière qui suscite émotions et sensations diverses. Lorsqu’on est face à un plat, tous nos sens se mettent en éveil afin d’en décrypter la teneur. Le parfum, l’esthétique, les textures, la palette des saveurs, et, parfois, les sons, nous enveloppent. C’est ce qui nous fascine dans la nourriture. La cuisine, c’est de l’alchimie. L’association de matières brutes pour devenir des mets.

Le mot cuisiner vient d’ailleurs du latin cuire. C’est sous l’action de la chaleur que les ingrédients deviennent des plats. Ces dernières années, je me suis formé à la cuisine. Une cuisine qui a de l’avenir et meilleure pour la santé.

Vous parlez de votre carrière comme « d’une course folle » qui réclame du temps et de l’énergie et surtout une grande capacité à gérer des situations difficiles et des moments inattendus. Quelles qualités ou sacrifices vous a demandé un tel travail, que ce soit en Grèce ou dans le nord ou le sud de la France ?

Pour exceller en gastronomie, il faut avoir le sens du service absolu. Tout donner. L’abnégation, l’oubli de son ego, sont de rigueur. Tel un sportif, savoir mettre tout en œuvre pour atteindre rapidement l’objectif fixé est également nécessaire. Je me sens comme un Vatel des temps modernes. Mon tempérament perfectionniste et ma ténacité à toute épreuve m’ont toujours été d’une grande utilité. Et comme le temps m’a toujours paru être une ressource rare, j’ai sans peine réussi à tenir cette course folle.

Être créatif demande cependant d’apprivoiser le paradoxe entre abnégation et connexion à sa singularité.

Mon parcours est aussi le reflet d’une revanche personnelle. Vouloir autre chose pour moi-même que l’avenir tracé. C’est, ça aussi, mon Otrechoze.

C’est un cri du cœur pour aider toutes celles et tous ceux qui choisissent de s’extirper.

Mon expérience sur l’île grecque de Rhodes m’a ouvert un champ de perception nouveau, influençant toute la suite de ma carrière. Au cœur de la Méditerranée, envoûté par les saveurs exceptionnelles de ses fruits et légumes gorgés de soleil, j’ai enfin compris comment fonctionnait la nature. Un ancrage sur le produit s’est opéré en moi. Un aliment est indissociable de son terroir. Alors que je venais d’apprendre toute la cuisine et la pâtisserie françaises, je découvrais, loin de la France, la valeur des produits.

Là-bas, la salade grecque traditionnelle que je croyais répétitive et ennuyeuse m’a fait prendre conscience de la palette insoupçonnée que chaque légume, chaque aliment pouvaient offrir. La « saveur unique des tomates » n’existe pas. Il existe une multitude de saveurs de tomates. Selon la variété, le terroir et la provenance, les conditions de production, de récolte et d’acheminement.

À travers votre expérience de vie telle que vous la décrivez dans votre livre, on apprend qu’au-delà du travail, de l’effort, il faut toujours garder un regard vers un rêve capable de vous pousser ailleurs. Que pouvez-vous nous dire de cette part de rêve qui vous a toujours accompagné dans la vie ? Je prends ici deux exemples : dans vos projets vous avez toujours eu le sentiment que vous pouviez/que vous deviez faire « otrechoze », mais aussi dans votre vie intime, chercher l’âme sœur et répondre à ce que vous appelez la peur de décevoir ?

Avant cette introspection j’étais toujours à la recherche d’autre chose, de stimulations. Je sais que, peu importe l’objet de ma quête, le processus va m’enrichir, me transformer. Il en va de mes projets personnels, professionnels, comme de mes rencontres amoureuses. Le rêve amoureux et son idéal de complétude par l’âme sœur furent très présents en moi. Une histoire d’amour est comme un voyage vers autre chose que soi avant de trouver l’harmonie de ce que je décris dans le livre comme « le couple royal ».

Que pouvez-vous nous dire de l’acte de courage, de la volonté d’affronter la fatalité, « d’inverser l’ordre des choses pour finalement parvenir à changer le monde ». Croyez-vous possible une telle chose ? Votre parcours de vie le prouve-t-il, et, si oui, comment l’avez-vous vécu ?

Oui, je crois que l’on peut changer le monde en changeant son monde. Pour moi, ce changement est indissociable de la notion de transmission.

Le courage, c’est celui de relever les défis en remontant la rivière à contre-courant. Hormis de rares exceptions, il est difficile de s’extraire de son milieu pour devenir un autre. Influencé par l’ancien modèle, il faut là encore s’armer de courage, fournir des efforts pour le déconstruire. Je pense que nous sommes en grande majorité le fruit de notre environnement, notre milieu, qu’il soit familial, amical, social, culturel. Décider de s’extirper et y parvenir, c’est courageux. C’est ce qui m’a animé dans mon parcours et m’a conduit vers mon Otrechoze.

Dans mon enfance, j’ai senti le poids de l’immobilisme et du conformisme qui m’entouraient et cherchaient à me happer. Ce qui l’incarnait le mieux, c’était la télévision. Je suis un enfant de la télé. Dans ma famille, comme dans bien d’autres, elle était omniprésente, sacralisée. J’observais mes proches boire religieusement ce qui en sortait et écarquiller les yeux devant la vie des autres, en oubliant la leur, devant cette brochette de présentateurs, devenus presque des membres de la famille. Ces Drucker et compagnie, ces figures d’un entre-soi aux manettes du petit écran. Avec leurs « divertissements », ils me semblaient responsables de l’inaction ambiante, de l’abrutissement des masses, quand ils auraient pu contribuer à l’éveil dans des milieux où la culture était absente. Ils auraient pu élever les consciences, mais n’ont fait que conforter le modèle politique et social de l’époque. Pendant que la majorité du peuple « s’affaiblissait » devant ces émissions, nos usines disparaissaient sans se renouveler, le chômage ne cessait de croître, et la dette de l’État par la même occasion.

Votre rêve d’enfant lié au théâtre ne vous a jamais quitté. Vous parlez même du monde « qui ressemble à un théâtre où chacun joue un rôle en le prenant au sérieux au point de se confondre avec lui ». Tenons-nous ici un des éléments qui vous ont conduit vers votre concept de restauration ?

Quand je travaillais dans une multinationale, j’évoluais dans une sorte de pièce de théâtre, où chacun jouait son rôle. Cela sonnait faux. Les gens semblaient se confondre avec leur fonction, comme s’ils étaient convaincus de leur attribution. Tout était ainsi bien orchestré pour asseoir le rapport de domination. Ceux qui savaient, ou qui disaient savoir, s’assuraient de mettre la distance nécessaire entre ceux qui ne savaient pas. Mais que deviennent la spontanéité, la créativité, l’innovation quand chacun est conforté dans son rôle ? Libérer les énergies et les personnes, voilà ce à quoi je rêvais. C’est aussi pour renverser ce monde factice que j’ai voulu Otrechoze.

Arrivé à ce numéro 11 qui a une importance particulière pour vous, permettez-moi de vous demander en guise de conclusion de nous parler plus en détail d’Otrechoze ? Que diriez-vous en guise d’invitation à mieux vous connaître au lecteur qui ouvrira votre livre ?

À travers mon livre, j’ai voulu faire passer des messages forts et qui me tiennent à cœur. Des messages que j’aimerais transmettre pour aider toutes celles et tous ceux qui veulent changer leur monde. Qui veulent que nous bâtissions un monde plus juste, plus humain, plus écologique, plus beau.

Je l’ai appliqué lorsque j’ai monté un lieu de restauration biologique valorisant les circuits courts et créant du lien en zone franche urbaine de Rouen. Créant en 2007 la surprise chez ceux qui n’étaient pas habitués à ce que le bon et le qualitatif s’invitent à leur table, il devint un lieu de vie incontournable dans cette ville.

Otrechoze, c’est un processus que l’on amorce quand on ressent intimement que ça ne tourne pas rond. Une force que l’on sollicite quand le ciel s’assombrit. On sait qu’il faut innover pour bâtir un autre modèle. Pour y parvenir, on doit se remonter les manches, mais aussi se réinventer, partir en quête. Vient alors la nécessité de se rapprocher de soi, du vrai, de notre propre lumière intérieure, de se frayer un chemin heureux en dépassant nos peurs et nos croyances, avec audace. Bien souvent, cette étape ne peut être franchie sans comprendre l’existant et sans oser sortir des conventions. Posture qui demande d’ouvrir l’œil. Quand, alors, on est prêt à recevoir, à comprendre, Otrechoze se présente à nous sous un jour nouveau. Il est ce que l’on ne connaît pas encore. Magie, étonnement, voyage, plongée dans l’après.

En cette période si chamboulée par l’épidémie de la Covid, nous prenons une fois de plus conscience que nous sommes allés trop loin dans bien des domaines. Nous découvrons que nous sous-vivions. L’esprit sait se faufiler à travers les contraintes…

À nous, maintenant, d’aller vers OTRECHOZE.

Propos recueillis par Dan Burcea

Franck Archimbaud, L’homme qui voulait Otrechoze, Éditions Scripta (12 février 2021), 442 pages.

Nicolas Carreau annonce la Chasse au Trésor de l’Entente cordiale

« Le Trésor de l’Entente cordiale » : 750.000 euros à gagner dans une chasse au trésor franco-britannique

, modifié à
La chasse au trésor de l’Entente cordiale débute ce jeudi. Neuf énigmes sont à résoudre depuis un livre d’énigmes Le Trésor de l’Entente cordiale, afin d’espérer découvrir le butin : un coffret d’une valeur de 750.000 euros, offert par Edouard VII au président Emile Loubet pour symboliser l’entente franco-britannique. 

 

A vos pelles et vos méninges! La chasse au trésor de l’Entente cordiale débute ce jeudi avec la publications de l’ouvrage Le Trésor de l’Entente cordiale. Simultanément, deux livres sont publiés en France et en Angleterre, comportant des énigmes à résoudre et permettant aux chasseurs volontaires de découvrir le butin, un coffret d’une valeur de 750.000 euros. La récompense est aussi historique : il s’agit du vrai coffret remis par Edouard VII au président français Emile Loubet pour symboliser l’entente cordiale entre la Grande-Bretagne et la France.  

Deux géodes à assembler

A chaque page de l’ouvrage, on retrouve une image et un texte à décrypter. Et attention aux détails : des lettres en gras peuvent par exemple aiguiller les joueurs. Les réponses des neuf énigmes permettent de découvrir l’emplacement de la moitié d’une géode, l’autre étant enterrée outre-Manche. Une fois les deux parties réunies, les participants rencontreront Michel Becker, acquéreur du coffret en 2017 et organisateur de la chasse au trésor.

« Ces deux morceaux de géodes assemblés viennent s’insérer dans un anneau de clé. Et le fait de rentrer cette géode dans l’anneau de la clé permet de rendre la clé fonctionnelle et de lui faire ouvrir un grand coffre transparent à l’intérieur duquel se trouve le fameux coffret d’or », indique-t-il au micro d’Europe 1. 

A la recherche de la Chouette d’or

Michel Becker n’est pas un inconnu dans le monde de la chasse au trésor. Il est également l’un des organisateurs de la chasse « Sur la trace de la chouette d’or », qui a pour but de retrouver une statuette de l’oiseau d’une valeur de 150.000 euros qui n’a pas été trouvée depuis 1993, date de lancement de la chasse.

Des « Chouetteurs » et « Chouetteuses » sont encore mobilisés pour tenter de la retrouver, comme Tina Deli, qui a commencé en 1996. Elle a déjà fait deux tentatives avec sa pelle. « Honnêtement j’y suis allée beaucoup plus pour me rassurer, je n’avais pas réellement d’endroits où creuser avec ma pelle », confie-t-elle. « J’ai creusé un peu au pif, pas très profond. On fait un trou et on recommence. »

Pour ce trésor de l’Entente cordiale, il n’y a pas de date de fin prévue. La chasse au trésor devrait ainsi durer encore quelques années. Entre « quatre et cinq ans » selon ses créateurs, cités par Le Parisien.

Europe 1
Par Nicolas Carreau, édité par Mathilde Durand

Un bon résumé du jeu de la Chasse au Trésor

Chouette chasse au trésor

Le 8 avril 1904 était signé entre la France et le Royaume-Uni le traité de l’Entente cordiale. Le roi Edouard VII et le président Emile Loubet ont trempé leur plume avant d’y apposer leur paraphe.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, en 1994, les éditions de la Chouette d’or lancent une chasse au trésor pour commémorer l’événement – mais la fameuse chouette créée par l’artiste Michel Becker n’a jamais été trouvée et l’auteur des énigmes est mort avec les solutions.

Le 8 avril 2021, après la pandémie et le Brexit, les éditions de la Chouette d’or lancent une nouvelle chasse avec de nouvelles énigmes. Toute une aventure !

Chacun peut trouver la réponse aux énigmes dans un livre publié par les éditions de la Chouette d’or, Le trésor de l’Entente cordiale, dans lequel figure le conte de Pauline Deysson Le trésor des Edrel, traduit en anglais par Stephen Clarke. Une carte au trésor et une boite à outils vous y aident. Si vous y parvenez, vous aurez résolu la moitié du chemin. En effet, la chasse est lancée simultanément en France et au Royaume-Uni et seules les deux moitiés de clé pourront déverrouiller l’écrin de cristal contenant le Coffret d’or d’une valeur de 750 000€, exposé prochainement au musée du Château d’eau de la ville de Rochefort.

Cette nouvelle chasse est organisée avec la collaboration de Vincenzo Bianca, créateur de jeux et expert reconnu mondialement pour la conception d’énigmes.

Michel Becker, Stephen Clarke, Pauline Deysson, Vincenzo Bianca, Le Trésor de l’Entente Cordiale, éditions de la Chouette d’or, 8 avril 2021, 156 pages, €24.90

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com