Atlantico : Alexandre del Valle interviewe Christian de Moliner sur La Croisade du mal-pensant (Pierre-Guillaume de Roux)

Atlantico : Alexandre del Valle interviewe Christian de Moliner sur La Croisade du mal-pensant (Pierre-Guillaume de Roux)

Alexandre del Valle s’est entretenu cette semaine avec l’essayiste Christian de Moliner pour faire le point sur les polémiques autour de l’islamogauchisme, du massacre antisémite de Sarah Halimi, resté impuni, des dérives néo-racialistes des indigénistes, de la mode croissante de l’islamiquement correct un peu partout en Occident sous prétexte de combattre l’islamophobie, ou de la banalisation du discours anti-blancs sous couvert de lutte contre la racisme ou de « réparations » post-coloniales.  

Ancien professeur en classe préparatoire, Christian de Moliner est un auteur prolifique, dont les recherches, essais et romans ont tous comme fil conducteur l’analyse de nos sociétés occidentales complexées et de plus en plus rongées de l’intérieur par le phénomène de la bien-pensance diversitaire dont le postulat philosophique est que l’Occidental devrait s’auto-détruire ou se déconstruire, comme l’a récemment déclaré Emmanuel Macron dans les médias américains, pour expier ses fautes éternelles. Celles-ci sont en effet imprescriptibles,  transgénérationnelles, et donc impardonnables. Les peuples d’Occident constitueraient en effet la civilisation bourreau par excellence coupable d’avoir asservi et « humilié' » toutes les autres, à commencer par les peuples musulmans ou/et issus des anciennes colonies africaines de la France. De Moliner vient de publier ainsi La croisade du mal pensant, un roman plus qu’en phase avec les événements comme l’affaire des deux professeurs de l’IEP de Grenoble dénoncés comme islamophobes par une affiche; les propos d’Audrey Pulvar « autorisant » les Blancs à assister à des réunions de racisés, mais à la condition qu’ils se taisent… ou encore les propos incroyables du Président Emmanuel Macron sur la nécessité de « déconstruire » notre histoire pour satisfaire les minorités ex-colonisées ou leurs descendants. Il raconte l’histoire d’un prof d’université proche de la retraite qui, un matin, se révolte parce qu’on a distribué un tract demandant la création d’un « espace sans Blancs » (safe space) au sein de l’Université où il travaille… Un phénomène en pleine explosion aux Etats-Unis qui est déjà en train de gagner l’Europe culpabilisée.

Alexandre del Valle :  Avant d’aborder le thème, connexe, de votre roman réaliste, j’aimerais avoir votre opinion concernant les propos d’Emmanuel Macron qui a déclaré, au cours d’un entretien diffusé par la chaîne américaine CBS le 18 avril dernier, des propos sidérant de la part d’un chef d’Etat – censé théoriquement défendre les intérêts et l’identité de son peuple – selon lesquels la France devrait «déconstruire sa propre histoire».

Christian de MOLINER : cette sortie est absolument stupéfiante de la part d’un chef d’État ! Que faudrait-il faire selon lui ? Réécrire l’Histoire de notre pays en ne cessant de demander pardon pour les prétendues horreurs que nous aurions commises ? M. Macron se place dans l’auto-flagellation que décris dans mes livres. La France n’a pas perpétré plus de crimes que ses voisins. Quand on fait les comptes pour les pays que nous avons colonisés, la balance est souvent proche de l’équilibre. Le Bénin était un État esclavagiste voire cannibale jusqu’à sa conquête par la France. L’Algérie qui nous fait tant de reproches a pratiqué l’esclavage de chrétiens jusqu’en 1830. Envisage-t-elle de demander pardon ? Non, bien sûr ! La conquête de l’Algérie a été brutale, mais les atrocités ont été équitablement réparties entre les deux camps comme l’ont été les exactions entre 1954 et 1962. Les horreurs ne sont jamais unilatérales. En outre, quoi que nous fassions, nous serions toujours accusés et les critiques deviendront de plus en violentes et ridicules, comme la sortie d’un ministre algérien qui prétend qu’avant la conquête française tous les Algériens savaient lire, mais que ce taux a chuté, car nous aurions massacré les alphabétisés (donc 100 % de la population !) Il n’y a aucun moyen de nous assurer l’indulgence de nos détracteurs, puisque pour eux nous sommes le mal absolu. En outre, derrière cette posture agressive à notre égard se cache l’espoir d’une indemnisation. Certains médias Algériens ont avancé une note (astronomique) que nous devrions régler. Tout est basé sur l’illusion que la prospérité de la France tient aux territoires qu’elle avait conquis, alors que des pays qui comme la Suisse n’ont jamais eu de colonies sont plus prospères et que nous ; c’est parce que nous étions riches que nous avons pu faire tant de conquêtes. De ce point de vue, je pense que M. Berlusconi – qui a indemnisé en 2008 la Libye pour la sanglante et courte colonisation de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine – a rendu un très mauvais service à l’Occident.

Alexandre del Valle : Quelle est votre réaction à un autre scandale, encore plus grave, celui de la récente décision de la Cour de cassation, de ne pas juger et de considérer comme irresponsable le meurtrier barbare de Sarah Halimi, le franco-malien Kobili Traoré, qui a séquestré, frappé durant une heure, puis défenestré le sexagénaire française en hurlant « Allah Ouakbar » puis en la traitant de sale juive et en appuyant son crime – digne des pires massacres jihadistes – d’allusions aux passages du Coran appelant à tuer les juifs.

Christian de MOLINER : je ne peux que souligner, comme beaucoup d’autres avant moi, la contradiction de la jurisprudence : pour un accident de la route, fumer du haschich est un acte aggravant, avoir bu de l’alcool avant de tuer un chien n’amène aucune indulgence bien au contraire. Mais fumer du cannabis avant de jeter dans le vide une vieille dame juive exonère de toute poursuite le criminel ! On voit mal quels principes de droit sous-tendent la décision de la Cour de Cassation. Si commettre un crime ou un délit commis lors « d’une bouffée délirante » permet d’échapper au jugement, dans ce cas-là, la « folie » est provoquée par la consommation d’un produit illicite. Tant que le meurtrier est détenu en hôpital psychiatrique, il subit quand même une forme de sanction. Mais s’il venait à être rapidement libéré, l’injustice serait totale. 

Alexandre del Valle :  Dans un registre ubuesque finalement proche, quelle est votre analyse du phénomène des Black Lives Matter, que vous semblez bien connaître, sachant que la demi-douzaine de « Blancs » américains opposés aux manif violentes des BLM qui ont été tué par ces derniers n’ont jamais fait la une des médias US et même occidentaux ?

Christian de MOLINER : qu’on sanctionne un policier qui dépasse les bornes ou pire assassine de sang-froid un suspect lors d’une interpellation est normal ; les forces de l’ordre ne doivent bénéficier d’aucune impunité s’ils n’appliquent pas les consignes réglementaires. Mais à mes yeux Black Lives Matter va beaucoup trop loin. Ce mouvement a déclenché une violence que par idéologie on n’a pas voulu réprimer alors qu’elle était illégitime. Des conseillers municipaux de Seattle ont été jusqu’à prétendre qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre un Noir s’il s’emparait d’un bien dont il était dépourvu. C’est évidemment la porte ouverte à tous les excès, à la destruction de la propriété privée et au retour à la loi du plus fort. Je suis également effrayé par le nouveau maccarthysme provoqué par ce mouvement. Il faut le dire franchement : les États-Unis sont en train de devenir un pays fasciste, un état où il est interdit d’être conservateur, où la moitié de la population est privée d’une partie de ses droits ! Des professeurs d’université sont contraints à la démission, pour avoir fait des remarques de bon sens, des personnes perdent leur travail pour avoir exprimé une opinion considérée comme « dissidente » (trop à droite !) sur les réseaux sociaux.

Alexandre del Valle: Justement, à propos des réseaux sociaux, comment analysez-vous le bannissement de l’ex-président américain Donald Trump des réseaux sociaux, après avoir été diabolisé et ostracisé par l’ensemble de l’Establishment américain et occidental?

Christian de Moliner: Le bannissement de Donald Trump de Twitter est, quoiqu’on dise, un déni grave de démocratie. Des entreprises privées n’ont pas à décider qui a le droit de s’exprimer ou pas, ce rôle est dévolu à la justice d’un pays et uniquement à celle-ci. Que peu de conseillers de Donald Trump aient retrouvé un travail du fait des menaces de boycott contre les entreprises qui se risqueraient à les embaucher est d’ailleurs plus que préoccupant. Les listes de proscription sont toujours malsaines et sont surtout le signe d’une démocratie malade et moribonde. La cancel culture, le mouvement woke sont, en dépit des intentions de leurs promoteurs, par essence totalitaires et antidémocratiques. De quel droit peut-on décider d’effacer du débat public une opinion qui déplaît ? Le summum du ridicule a été atteint quand d’obscurs sycophantes ont décidé que J.K Rolling n’était plus l’auteur d’Harry Potter parce qu’elle s’était demandé comment appeler des femmes ayant des règles ! Elle aurait donc commis un tel crime que les livres qu’elle avait écrits devaient lui être retirés. Du délire à l’état pur, que personne ou presque n’a souligné. 

Alexandre del Valle: Avez-vous écrit votre ouvrage très récemment afin de coller à l’actualité récente des débats houleux autour de l’indigénisme, des réunions non-mixtes antiracistes interdites aux Blancs, des BLM, de l’islamo-gauchisme ou encore du projet de financement de la grande mosquée de Strasbourg du mouvement islamiste turc Milli Görüs par la municipalité écolo (EEVL) ?

Christian de MOLINER : pas du tout. J’ai conçu l’intrigue en février 2020 et j’ai affiné le style pendant plusieurs mois. Il était prêt en mai 2020. Mon éditeur, le regretté Pierre-Guillaume de Roux, ayant rencontré quelques difficultés techniques, mon roman n’est sorti qu’en février 2021. Je l’avais écrit en me basant sur quelques incidents qui s’étaient déjà déroulés, sur le désir de safe space de nombre de « racisés ». Quand en juin 2020, j’ai donné à lire mon roman à un ami, celui-ci a traité d’invraisemblable, voire de caricatural, le sujet paraissant alors tellement loin selon lui de la réalité. Or nous avons vu avec l’explosion du mouvement Black Lives Matter, l’affaire de Grenoble et les propos de Mme Pulvar combien mon sujet d’écriture était en fait fort actuel.

Alexandre del Valle : le héros de votre roman, pas du tout en phase avec le politiquement correct, Samuel Meiersohn, est-il en fait votre double littéraire ?

Christian de MOLINER : il partage avec moi des goûts communs, notamment celui de l’Histoire et des croisades (bien que j’ai été professeur de mathématiques en CPGE). Nous avons le même auteur préféré, le brillant René Grousset et son excellente « histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem ». Mais ces emprunts sont limités. L’existence de Samuel Meiersohn diverge nettement de la mienne. En parallèle de la lutte contre les racialistes, j’ai voulu dresser le portrait d’un homme désabusé, proche de la retraite qui s’interroge sur sa vie et ne lui trouve aucun sens.

Alexandre del Valle : Samuel Meiersohn a des mots très forts pour (dis)qualifier cette demande de safe space sans blancs ; il la compare aux exigences des nazis qui interdisaient certaines zones aux Juifs ainsi qu’à l’apartheid de l’Afrique du Sud. N’est-ce pas un peu excessif ? Validez-vous l’idée de comparer au fascisme et même au nazisme le politiquement correct radical des « néo-racisés » et autres minorités tyranniques?

Christian de MOLINER : je ne peux que paraphraser le tract que mon personnage principal distribue devant sa faculté : Il y a soixante-quatorze ans, un état raciste a capitulé sans conditions. Un procès s’est tenu pour purger le monde de cette horreur, pour que plus jamais on ne sépare les hommes et les femmes suivant leur origine. Cette leçon est désormais perdue. Des militants veulent créer une zone d’où seraient exclus ceux qui n’auraient pas la bonne couleur de peau au nom d’un évanescent privilège blanc qu’il faudrait combattre. Dites non à ce nouveau racisme. On a beau se cacher derrière des grands mots d’égalité, de victimisation, écarter quelqu’un parce qu’il est Blanc est un acte raciste et affirmer qu’une telle exclusion se justifie parce que les Blancs seraient des privilégiés ou, pire, parce qu’ils seraient d’abominables racistes même s’ils pensent ne pas l’être est encore plus raciste, car on attribue à une « race » un défaut que tous ses membres auraient systématiquement. Ce dénigrement va très loin : en Australie ou aux États-Unis, des écoles ont demandé à des enfants blancs de s’excuser pour ce qu’aurait fait leur ethnie aux Noirs, de la même façon qu’en Union Soviétique ou des descendants de « bourgeois » devaient s’excuser pour leurs origines non prolétaires. Or personne ou presque ne proteste contre ces dérives dans les médias.

Alexandre del Valle : quelle est votre interprétation de la haine racialiste et des nouveaux antiracistes. Pourquoi cette banalisation de la haine anti-occidentale et cette mode de dénonciation de l’Homme blanc ?

Christian de MOLINER : la haine antiblanc existe depuis longtemps, au moins aux États-Unis. Elle est une conséquence des émeutes raciales des années 1968 et de la revendication exprimée dans les années 1970 d’un état noir séparé. On retrouve des traces de cette haine dans des livres de science-fiction comme « Tous à Zanzibar » de John Brunner. Des auteurs ont été jusqu’à imaginer une enclave noire à Détroit, prospère grâce à l’automobile, et qui n’accepterait que les personnes ayant un pourcentage suffisant de sang noir, pourcentage qui ne cesse d’augmenter au fil du temps. Cette entité séparée aurait été dirigée caricaturalement par « le grand noir ». On voit donc que le mouvement actuel a des racines idéologiques lointaines ; or contrairement aux positions défendues par Martin Luther King ou par Nelson Mandela, le but de BLM n’est pas vraiment une réconciliation des races, mais la vengeance et l’abaissement des Blancs. On se rapproche presque du slogan « un colon, une balle » des extrémistes zoulous. Les élucubrations anti-blancs existent donc depuis longtemps, mais ce qui a changé depuis les années 1960 est le regard porté sur elles par la grande majorité des médias. Ceux-ci ont pris fait et cause pour BLM et appuient la moindre de leurs revendications mêmes les plus ridicules, sans recul, sans jugement. Ils jugent inadmissibles les critiques même de bon sens contre BLM tandis que les journalistes Blancs s’auto-incriminent et battent leur coulpe. On retrouve l’attitude des Soviétiques pendant les grandes purges qui admettaient sans sourciller les pires horreurs pour ne pas discréditer leur parti. Les médias ont transformé des idées autrefois marginales, racistes comme il en existe depuis le Néolithique dans toutes les communautés humaines, en des vérités incontournables. La haine anti-blanc ne prospère que parce que des journalistes (blancs) lui font un large écho. S’auto-flageller, se repentir pour ce qu’on est une tendance lourde chez l’humain. Peut-être est-ce une façon d’éloigner de soi le mauvais sort ?

Alexandre del Valle : La dédicace de votre livre à votre petite fille fait réfléchir…: « À Louise Dumont-de-Moliner, ma petite-fille, en espérant qu’elle vivra toute son existence dans une France ouverte, réellement démocratique où toutes les opinions, quelles qu’elles soient, de droite comme de gauche, seront autorisées.

Christian de MOLINER : oui j’ai voulu souligner le danger qui pèse sur notre société : j’ai vraiment peur qu’elle ne devienne hémiplégique, qu’être conservateur ne soit plus autorisé à l’avenir, qu’une sorte de ministère de la vérité ne se mette en place. On a déjà un avant-goût avec les fausses nouvelles traquées par les décodeurs partisans des médias. On décrète que certaines informations sont intrinsèquement fausses, on sermonne ceux qui leur accordent du crédit. On déclare qu’il existe une réalité intangible. Ainsi, on s’est moqué pendant des années des théories liées au Grand Remplacement, avant de concéder que la France s’était créolisée et que ceux qui parlaient de grand Remplacement avaient raison. De même les grands esprits de gauche nient l’insécurité et assurent, encore ces derniers mois par la bouche du Garde des sceaux, qu’elle n’était qu’un fantasme. Le résultat de ces dénis de réalité est une perte de confiance dans les médias, quels qu’ils soient. Si le Front National est aux portes du pouvoir, c’est en grande partie à cause de tous ces mensonges.

Alexandre del Valle : Finissons avec votre passionnant roman. votre héros obtient-il gain de cause ?

Christian de MOLINER : je laisse au lecteur le soin de le découvrir. En tout cas, il se bat jusqu’au bout, sans saisir les multiples perches qu’on lui tend. Le président de l’Université pourtant son ami et qui en privé défend les mêmes positions que lui, ne le soutiendra pas publiquement. Il cherchera juste à lui éviter une sanction trop sévère. Au vu des différentes affaires qui ont éclaté (Grenoble, Paty,…), c’est malheureusement la réaction de l’administration : s’écraser devant les exigences d’une minorité revendicatrice.

« La croisade du mal-pensant » de Christian de MOLINER, 196 pages, paru aux éditions Pierre-Guillaume de Roux 14 €

Peut être commandé sur les sites d’Amazon et de la Fnac et dans les librairies par l’intermédiaire de Cyberscribe.

Boulevard Voltaire interviewe Christian de Moliner

Christian de Moliner : « Par rapport à l’explosion de l’intolérance qui a commencé à l’été 2020, La Croisade du mal-pensant reste un texte mesuré »

Christian de Moliner, votre roman La Croisade du mal-pensant, publié récemment aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux, rencontre un écho tout particulier, ces derniers jours, avec l’affaire de « Sciences Po Grenoble »… À qui pensiez-vous, en créant le personnage de Samuel Meiersohn ? 

J’ai écrit ce roman en février 2020, ou du moins, j’ai bâti l’intrigue et je l’ai couchée par écrit à cette époque. J’ai passé, ensuite, quelques mois à ajuster le style afin qu’il soit le plus percutant possible. Au lecteur de dire si j’ai rempli ou pas ce dernier objectif.

En février 2020, le mouvement Black Lives Matter n’existait pas encore et la cancel culturen’avait pas pris son envol. Un ami, qui avait lu une des premières versions de mon livre, m’a certifié qu’il trouvait son thème exagéré, invraisemblable et que, selon lui, ce roman n’intéresserait personne, si ce n’est quelques obsédés d’extrême droite. Pourtant, par rapport à l’explosion de l’intolérance qui a commencé à l’été 2020, La Croisade du mal-pensantreste un texte mesuré. Les adversaires de Samuel Meiersohn ne sont pas caricaturaux. Leurs arguments sont « recevables » pour qui partage la doxa de la bien-pensance, alors que, dans la réalité, la cancel culture a sombré depuis le début dans l’outrance et la démesure.

Vouloir nier que J.K. Rowling soit l’auteur de la saga Harry Potter parce qu’elle a « osé » affirmer qu’il y avait des femmes qui ont des règles et d’autres qui n’en ont pas est le sommet du ridicule. Pourtant, ceux qui émettent ce genre de fatwas n’ont pas conscience de l’absurdité de leurs ostracismes. Ce qui n’empêche pas les médias de les relayer avec complaisance et en dit long sur la déliquescence de la culture des journalistes et surtout de leur bon sens.

Quand j’ai écrit mon roman, j’avais en tête les réunions sans hommes ou sans Blancs organisées par des syndicats comme SUD. Je pensais également aux espaces protégés des universités américaines où les minorités peuvent se réfugier pour éviter d’être « agressées » par la majorité blanche. J’ai donc imaginé une faculté où une demande d’une salle sans Blancs est formulée, où seul un universitaire s’élève contre cette prétention en la rapprochant (avec raison ou abusivement, c’est au lecteur de trancher) de la volonté des nazis de créer des espaces sans Juifs. Mon héros a lui-même un huitième de sang israélite, mais le seul héritage de cette religion est son nom de famille. Pourtant, ses adversaires vont le ramener à ses origines en le traitant de « sioniste », qualificatif infamant pour eux et qui est le faux nez de l’antisémitisme.

L’affaire de Grenoble est bien plus grave, en réalité, que l’histoire contée dans mon roman. Mon héros provoque les « bien-pensants » et tient des propos que certains pourraient trouver excessifs. Or, l’un des deux professeurs est mis en cause – et a même été blâmé officiellement – pour avoir simplement affirmé qu’on ne pouvait mettre sur un même plan antisémitisme et . Ce qui est une évidence pour quiconque est de bonne foi. Il a également dénoncé l’attitude de l’islam envers les femmes et établi une comparaison avec le christianisme où Jésus pardonne à la femme adultère. Ses propos relèvent de la critique d’une religion et leur légalité est garantie par notre Constitution.

En outre, en France, les actes antimusulmans sont bien moins nombreux que les actes antijuifs ou antichrétiens. Et on ne parle que rarement des incidents où des personnes d’origine maghrébine sont prises à partie violemment parce qu’elles ne portent pas le voile ou ne font pas le ramadan. Ces violences-là ne sont pas décomptées alors qu’elles sont particulièrement racistes.

En dehors des deux femmes qui traversent ce récit – dont la relative empathie semble plus procéder d’un réflexe naturel de compassion que d’un attachement réel au héros – aucun collègue, ami, proche ne lui tend la main… N’est-ce pas un regard bien noir sur la société ?

Difficile de vous répondre ! Un auteur est prisonnier de sa plume, il ne bâtit pas vraiment une intrigue de son plein gré, celle-ci lui est imposée par son inconscient ou, du moins, c’est ainsi que je procède. Une amie ayant lu la plupart de mes romans m’a fait remarquer qu’ils ont en commun la solitude de mes héros, luttant seuls contre leur destin. Dans le cas de Samuel, intervient également le poids de la bien-pensance qui a squatté le début du XXIsiècle. Malheur à quiconque sort des rails de la doxa officielle, personne ne l’aidera, de peur d’être aspiré dans sa chute. Cette censure totalitaire, triomphante et bien plus efficace que l’ancienne, celle qui, au XIXe siècle, luttait contre les accrocs à la morale bourgeoise et a essayé de faire condamner Baudelaire et Flaubert.

Votre livre se termine bien sombrement. Il n’y a donc pas de rédemption pour Samuel Meiersohn ?

J’ai senti que mon roman devait se terminer ainsi et pas autrement, que sa fin était logique. Elle est ouverte, chacun peut imaginer ce qui est arrivé à Samuel Meiersohn. La bien-pensance est un monstre froid, jusqu’à présent tout-puissant. Elle écrase ses adversaires après les avoir humiliés, voire dépouillés de leur humanité. On peut trouver sombre ma vision, mais on licencie désormais, aux États-Unis, des personnes pour leur opinion politique trop conservatrice ou même trop centriste ; le monde est vraiment devenu fou. Mon but, en écrivant ce roman, était de dénoncer, à mon niveau qui est modeste, cette folie pour, peut-être, un jour l’arrêter.

Riposte laïque admire le roman de Christian de Moliner

La croisade du mal-pensant : un prof s’en prend aux racistes noirs !

Publié le 17 mars 2021 – par – 8 commentaires – 894 vues

Christian Moliner a déjà publié plusieurs livres, dont certains ont valu à l’auteur des critiques sévères de ma part, notamment quand il envisage des enclaves islamistes en France, et une partition, pour éviter la guerre.

Christian de Moliner : des enclaves islamistes pour éviter la guerre !

La réserve, avenir du Français de souche ? par Christian de Moliner

Raison de plus pour dire tout le bien que je pense de son dernier livre, intitulé “La croisade du mal-pensant”, édité chez le regretté Pierre-Guillaume de Roux qui vient de nous quitter.

L’histoire est fort simple. Elle se passe à Saint-Paul, qui ressemble beaucoup à Dijon. Le héros, Samuel, est un professeur d’université âgé de 63 ans, qui, bien que pouvant postuler à la retraite, espère pouvoir enseigner encore quatre ans. Tout simplement parce que sa vie est dramatiquement vide : pas de compagne, pas d’enfants, peu d’amis, et l’écriture d’un livre qu’il a commencé il y a plus de vingt ans, et qui paraît ne jamais devoir se terminer.

Avec les femmes, c’est peu brillant, un divorce, après la mort d’un enfant à la naissance, et une relation curieuse avec une femme d’origine syrienne, nettement plus jeune que lui, qui dure depuis quinze ans… sans sexe.

Sa vie bascule quand, un matin, en prenant son travail à l’université, il voit une femme voilée distribuer un tract, où il est écrit que les racisés ont besoin de pouvoir disposer de salles où les Blancs seraient exclus.

Cet homme, qui déteste les gauchistes et leurs idées, mais les a toujours subis sans réagir à leur main-mise sur la faculté, décide qu’il ne peut accepter ce qu’il considère comme un tract raciste.

Lui, si calme d’habitude, hurle contre l’étudiante, et la vire du couloir, estimant que le racisme est interdit par la République.

Il apprendra, après un tel épisode, que sa vie ne sera plus jamais comme avant. Il deviendra la cible de Zaynab N’Golo, l’Indigéniste de service, et de ses troupes de choc. Et comme, non seulement il refuse de s’excuser, mais qu’il persiste et signe, et décide, à 63 ans, de ne plus baisser la tête et de rendre coups pour coups, cela lui promet de joyeux lendemains.

Un livre plein d’actualité, un roman – hélas – fort crédible, après l’affaire du professeur de philosophie de Trappes, et surtout des deux enseignants de la faculté de Grenoble, pointés du doigt et dénoncés nominativement par les islamo-gauchistes, avec le soutien de la hiérarchie de l’Education nationale.

Un livre agréable à lire, qui se lit vite, et qui nous confirme, hélas, que, dans les universités, il faut être très courageux, ou fort bien organisé, pour résister au nouveau fascisme et au nouveau racisme qui y fait la loi.

Jeanne Bourdillon

Christian de Moliner, La croisade du mal-pensant, Éditions Pierre-Guillaume Le Roux, 2021, 206 pages.

Breizh info s’intéresse au dernier livre publié par Pierre-Guillaume de Roux

Christian de Moliner : « Les racialistes et les racisés imposent leurs délires sans rencontrer d’opposition »

Christian de Moliner, que nos lecteurs connaissent sans doute puisqu’il écrit souvent sur Breizh-info, vient de sortir un livre intitulé « la croisade du mal pensant » aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

Voici la présentation du livre :

Samuel Meiersohn, un universitaire désabusé et proche de la retraite, entame une croisade contre des étudiants et des professeurs « racisés » qui veulent créer au sein de sa faculté, un espace sans Blancs. Rejetant le prétendu « privilège blanc »,  il va se heurter à son administration et à la démission de la société française si prompte en 2019 à accepter les thèses radicales, aussi absurdes qu’elles soient.

La croisade du mal-pensant est un roman passionnant et mélancolique qui brosse le portrait tout en nuances d’un homme au soir de sa vie.

Nous avons interroge l’auteur au sujet du livre.

Breizh info : votre roman « la croisade du mal-pensant » évoque la cancel culture, le prétendu privilège blanc, la volonté des racialistes d’interdire certains lieux aux Blancs. Avez-vous été inspiré par la déferlante Black Lives Matter ?

Christian de MOLINER : en fait non : j’ai écrit ce roman en février 2020, bien avant la vague de l’été 2020. Le phénomène était déjà sous-jacent. Black Lives Matter n’a fait que le rendre visible.

Breizh info : le titre de votre ouvrage utilise le mot « croisade ». C’est un terme fort.

Christian de MOLINER : il  évoque d’une part le côté sacré de la mission que se donne mon personnage principal, lutter contre les racialistes qui veulent créer un espace sans Blancs au sein de la faculté où il exerce. En même temps, il est lié au pensum auquel « mon héros » Samuel Meiersohn consacre une grande partie de son temps libre depuis 15 ans. Historien de formation, il écrit un ouvrage sur les croisades en choisissant une perspective uchronique. Que se serait-il passé si les croisés l’avaient emporté à Harran en 1104 ? Si Saladin avait été tué à Montsigard en 1177 ? Samuel baigne dans l’esprit des croisades et naturellement il assimile son combat à celles-ci. Sans réfléchir, sans penser aux conséquences, il se lève et se lance dans une lutte qu’il n’a pratiquement aucune chance de remporter parce qu’il l’estime juste et nécessaire.

Breizh info : ce qui je trouve frappant dans votre roman, c’est la démission totale de la hiérarchie de Samuel. « Pas de vagues »  est le slogan de la direction.

Christian de MOLINER : en effet, c’est malheureusement le reflet de la société actuelle. Les racialistes et les racisés imposent leurs délires sans rencontrer d’opposition. Ils organisent des réunions excluant  les Blancs sans être poursuivis par la justice. Des locaux sont prêtés par les universités sans sourciller pour un usage qui contrevient d’une manière grave à la loi. Quand des activistes décident d’interdire une pièce ou la conférence d’un orateur qui leur déplaît, les doyens de facultés annulent ces manifestations sans état d’âme, sans résister.  Marc, le président de l’université de Samuel partage les vues de ce dernier, pense comme lui, pourtant il le désavoue totalement. Il ne le soutient pas. Il cherche juste à lui éviter les conséquences les plus funestes. Marc pratique sans vergogne la politique des accommodements raisonnables, qui en fait ne le sont pas et cachent mal une capitulation totale. En cela, son comportement est typique de beaucoup de responsables actuels qui sont paralysés face au racialisme. Il suffirait que tous ensemble ils se lèvent pour dire « non », pour que la farce prenne fin, mais ils se couchent et accèdent à toutes les demandes même les plus saugrenues.

Breizh info : dans votre livre, vous qualifiez les racialistes de racistes.

Christian de MOLINER : oui en effet. Prétendre qu’un être humain du fait de sa couleur de peau blanche, serait nécessairement arrogant, méprisant ou posséderait je ne sais quel défaut lié à sa « race » est une attitude abjecte et est caractéristique du racisme. La prétendue « race », la couleur de peau n’ont rien à voir avec les qualités d’une personne et affirmer le contraire est passible des tribunaux. Hélas, personne ne poursuit les racialistes pour ce qu’ils sont : de vulgaires racistes. Si on le faisait systématiquement cette idéologie mortifère serait en recul. Le pire est la complaisance avec laquelle ces thèses malsaines sont accueillies par les « élites ». Une grande entreprise américaine a ainsi organisé des séminaires pour apprendre à ses employés leucodermes à être moins blancs. Ses dirigeants, ceux qui ont permis ce délire, devraient à mon sens être jugés et être sévèrement condamnés. Imaginez que dans les années 30, une société ait mis sur pied un stage pour que  ses employés professant la religion de Moïse apprennent à être moins juifs ? Nous aurions touché l’horreur absolue, le racisme le plus abject. Il n’y a pourtant absolument aucune différence avec le stage organisé pour apprendre comment être moins blanc.

Breizh info : à côté de la lutte de Samuel contre un espace excluant les Blancs, « La croisade du mal-pensant » développe une intrigue assez triste, voire poignante. Est-elle inspirée par votre propre vie ?

Christian de MOLINER :  pas du tout ! Heureusement pour moi ! Présenter la vie personnelle de Samuel Meiersohn était à mon sens une nécessité, car elle ne se dissocie guère de son combat contre la cancel Culture. C’est aussi en partie parce qu’il se sent dans une impasse qu’il se révolte contre les racialistes. Je me suis efforcé de dresser des portraits psychologiques crédibles de mes différents personnages. Au lecteur de dire si j’ai réussi.

Propos recueillis par YV

Photo d’illustration : DR
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Eurotribune, Hérault direct et Occitanie tribune ont sélectionné « La Croisade du mal-pensant »

Eurotribune a sélectionné « La Croisade du mal-pensant »

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LA CROISADE DU MAL-PENSANT – Christian de Moliner

Par LIBRE-LIVRE Rubrique SHOPPING, le 01 Mars 2021

  • Un roman ultra contemporain en résonance avec l’actualité immédiate autour du « racialisme ».
  • Le héros, courageux professeur accusé de non complaisance avec l’idéologie militante des « racisés », nous remémore celle tragique de Samuel Paty face au totalitarisme islamiste.
  • Une fresque lucide et subtile des conflits générationnels et civilisationnels qui ébranlent nos sociétés.
  • Un personnage au premier abord sans charisme auquel on s’attache et on s’identifie au fil des pages.
  • Une histoire qui nous tient en haleine jusqu’à son épilogue sanglant.
  • Un roman passionnant et mélancolique qui brosse le portrait tout en nuances d’un professeur au soir de sa vie.

Samuel Meiersohn, un universitaire désabusé et proche de la retraite, entame une croisade contre des étudiants et des professeurs « racisés » qui veulent créer au sein de sa faculté, un espace sans Blancs. Rejetant le prétendu « privilège blanc », il va se heurter à son administration et à la démission de la société française si prompte en 2019 à accepter les thèses radicales, aussi absurdes qu’elles soient.

 » Une étudiante s’approcha de lui et lui tendit un tract qu’il prit. (…) il résistait à l’injonction bien- pensante de confondre allègrement progressisme, sens de l’histoire et usages islamiques. »

Auteur:

Christian de Moliner a publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux un autre roman La Guerre de France (2018) et un essai Islamisme radical. Comment sortir de l’impasse ? (2019). Collaborateur au Figarovox, Causeur, Boulevard Voltaire, Breizh info …mondialement connu pour avoir créé le buzz en imaginant la partition de la France dès 2018 – (Moliner est plus célèbre en Russie, Angleterre, Hongrie, Roumanie, Italie, Allemagne etc qu’en France), ses essais de citoyen engagé dans l’analyse des problèmes du vivre-ensemble de son époque nourrissent l’inspiration de ses romans de politique-fiction, et réciproquement afin de former une œuvre littéraire cohérente et forte.

Agrégé de mathématiques et passionné d’histoire, ses connaissances pointues sur l’islam impressionnent beaucoup ses interlocuteurs.

Editeur : Editions Pierre-Guillaume de Roux

Nbres de pages : 205 pages

Prix : 16,00 euros

 

« en résonance avec l’actualité immédiate autour du « racialisme » »

La Croisade du mal-pensant de Christian de Moliner

La Croisade du mal-pensant de Christian de Moliner est un roman ultra contemporain en résonance avec l’actualité immédiate autour du « racialisme ».

La Croisade du mal-pensant

Voici un roman passionnant et mélancolique qui brosse le portrait tout en nuances d’un professeur au soir de sa vie. C’est Une fresque lucide et subtile des conflits générationnels et civilisationnels qui ébranlent nos sociétés. Une histoire qui nous tient en haleine jusqu’à son épilogue sanglant.

Le héros, courageux professeur accusé de non complaisance avec l’idéologie militante des « racisés », nous remémore celle tragique de Samuel Paty face au totalitarisme islamiste.

Samuel Meiersohn est un personnage au premier abord sans charisme auquel on s’attache et on s’identifie au fil des pages.

Résumé

Samuel Meiersohn, un universitaire désabusé et proche de la retraite, entame une croisade contre des étudiants et des professeurs « racisés » qui veulent créer au sein de sa faculté, un espace sans Blancs.

Rejetant le prétendu « privilège blanc », il va se heurter à son administration et à la démission de la société française si prompte en 2019 à accepter les thèses radicales, aussi absurdes qu’elles soient.

Christian de Moliner

L’auteur : Christian de Moliner a publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux un autre roman La Guerre de France (2018) et un essai Islamisme radical. Comment sortir de l’impasse ? (2019).

Collaborateur au Figarovox, Causeur, Boulevard Voltaire, Breizh info …mondialement connu pour avoir créé le buzz en imaginant la partition de la France dès 2018 – (Moliner est plus célèbre en Russie, Angleterre, Hongrie, Roumanie, Italie, Allemagne etc. qu’en France), ses essais de citoyen engagé dans l’analyse des problèmes du vivre-ensemble de son époque nourrissent l’inspiration de ses romans de politique-fiction, et réciproquement afin de former une œuvre littéraire cohérente et forte.

Agrégé de mathématiques et passionné d’histoire, ses connaissances pointues sur l’islam impressionnent beaucoup ses interlocuteurs.

Lettres capitales rend hommage au dernier livre publié par Pierre-Guillaume de Roux

« La croisade du mal-pensant », le roman percutant de Christian de Moliner

À soixante-sept ans, Samuel Meiersohn mène une vie tranquille de professeur d’université à Saint-Paul, une ville de province qui ressemble à celle de Dijon, si l’on suit les indications données par l’auteur dans sa Préface. Divorcé, vivant seul dans un deux pièces, il consacre son temps à préparer ses cours et à travailler à l’ouvrage de toute une vie intitulé Civilisation et consacré aux croisades, sans penser qu’un jour il sera lui-même embarqué dans une croisade d’une rare violence, inattendue et absurde à la fois.

Résumé de cette façon, le quotidien du héros du roman de Christian de Moliner, La croisade du mal-pensant¸ ressemble à celui d’un protagoniste d’une tragédie moderne qui finit dans le tourbillon d’un procès kafkaïen. En 2019, période pendant laquelle se déroule l’action de ce roman, cette mésaventure a tendance à être qualifiée de « dérive », terme préféré par la novlangue pour nommer le drame humain qu’un tel incident déclenche dans la vie jusque-là paisible de Samuel Meiersohn. Sauf que ce combat pour défendre ses idées s’avère plus tenace que le présume la bien-pensance contrariée dans son confort, dans ses certitudes et son conformisme. En cela, l’histoire de Samuel gagne à la fois dans sa modernité et dans sa veine classique, et donc exemplaire, ramenant à l’universel une quête de justice vieille comme le monde qui, depuis les plus anciennes tragédies, réclame son rituel de réparation à travers le destin douloureux d’une victime expiatoire.  

C’est ainsi que petit à petit se mettent en scène tous les éléments de cette tragédie. Une étudiante faisant partie d’un groupe racialiste distribue des tracts réclamant un espace interdit aux blancs à l’intérieur de l’université. Le professeur Samuel Meiersohn réagit avec vigueur l’interpellant et déchirant son tract. Il s’agit selon lui d’un acte fasciste, car le fait de séparer les gens selon leur couleur de peau touche la mémoire sensible des tragédies des années ’30. La riposte du groupe racialiste dirigé par Zaynab n’Golo ne va pas se faire attendre. Samuel sera traité de « sioniste ».  Désormais, l’amphithéâtre, le campus, voire l’université dans son ensemble vont se transformer en un camp retranché où l’idéologie va remplacer toute réflexion et finira par l’emporter au bénéfice d’une intolérance grandissante.

Comment va réagir Samuel ? Si pour le moment aucune stratégie de renoncement n’est envisageable de sa part, se considérant être dans son droit d’exprimer son opinion et de combattre ce qui pour lui est indéniablement une forme de racisme anti-blanc, il ne tardera pas à constater le changement d’attitude de la direction de l’université en la personne de son président Marc Vieri qui, plus est, c’est un ami. Peut-il encore agir malgré cette opposition ? Est-il encore possible de défendre ses idées, surtout lorsque la logique des faits est complétement inversée ? Où est le juste, ou sont les convictions qu’il croyait inscrites dans le marbre de la vie universitaire et démocratique ? À quoi riment cette lâcheté et cette désertion ? Ce retournement de situation aura un effet dévastateur sur cet être à fleur de peau, en grand déséquilibre affectif, suite à un drame survenu au début de sa vie de couple et enfui dans un coin de sa mémoire. Samuel commencera à douter de lui tout en cherchant un appui dans son combat qu’il continue à considérer comme juste. Le scepticisme qui va gagner du terrain le fera-t-il renoncer à son combat ?

Sinon, comment va-t-il résister ? Il y aura d’abord les femmes de sa vie, Jeannine el Bahr, la syrienne à laquelle il va déclarer sa flamme, Elisabeth, son ex, il y aura ensuite l’appui de son ex beau-frère, avocat prêt à le défendre en justice. Tout cela pourrait jouer en sa faveur, sauf que petit à petit, sa fragilité gagnera du terrain et sera de plus en plus visible et de plus en plus pesante. Le destin de Samuel Meiersohn est loin d’être écrit à ce stade. Laissons aux lecteurs le plaisir de découvrir la fin de son histoire.

Précisons surtout qu’à travers son roman Christian de Moliner aborde un sujet d’une extrême actualité qui met à l’épreuve les valeurs de notre société et invite à réfléchir à la survie de notre démocratie. Son roman n’est pas un simple exercice de rhétorique, il est surtout ancré profondément dans l’actualité que nous vivons à présent et reprend une problématique qui fait l’objet de débats philosophiques et sociétaux contemporains. Il ne s’agit pas seulement de nous interroger sur nos prises de position mais aussi sur nos hésitations et nos peurs, sur notre lâcheté et notre désertion. Aurons-nous le courage de défendre nos idées contre l’ordre établi, quitte à passer pour un mal-pensant comme Samuel, ou nous contenterons-nous de notre confort intellectuel si semblable à une commune médiocrité dorée ? Avouons que les absurdité qui surgissent actuellement à tous les coins de rue sont de plus en plus nombreuses.

Bousculant nos consciences, l’auteur nous oblige à nous positionner par rapport à la vie commune de la cité et à notre propre vie. Son héros a choisi sa voie, à nous de revisiter la nôtre, car, si son courage le pousse à se battre contre vents et marées, c’est à nous de quitter les forteresses qui nous empêchent d’agir et partir en campagne pour défendre les causes qui nous tiennent à cœur. Les peurs que font peser sur Samuel la foule assourdissante des agitateurs et l’administration qui tremble devant tout événement venant troubler l’ordre établi, sont en réalité les deux faces d’une monnaie qui illustrent le prix à payer contre l’aveuglement et l’illusion d’une paix sociale condamnée à l’implosion.

Vrai regard lucide sur le monde actuel, La croisade du mal-pensant est en même temps cette interrogation que Christian de Moliner pose devant nous comme un miroir, pour nous rappeler que nous devons agir si l’on ne veut pas que les pires gangrènes du passé ne ressuscitent dans les relents des caniveaux de l’Histoire et s’insinuent dans nos vies comme un poison mortel. Devant un tel désastre, nous ne serons pas seulement des victimes mais aussi d’impardonnables complices.

Un triste hasard fait qu’au moment où paraît cette chronique, on apprend la mort de son éditeur Pierre-Guillaume Le Roux qui, malgré sa maladie, avait tenu à publié à tout prix le roman de Christian de Moliner. Hommage soit rendu à sa mémoire.

Dan Burcea

Christian de Moliner, La croisade du mal-pensant, Éditions Pierre-Guillaume Le Roux, 2021, 206 pages. 

Un nouveau roman de Christian de Moliner aux éditions Pierre-Guillaume de Roux

La Balustrade de Guilaine Depis vous propose pour la période de février 2021/juillet 2021:
(pour demander un livre, merci d’adresser un mail à guilaine_depis@yahoo.com et pour interviewer l’auteur sms 06 84 36 31 85)

La Croisade du mal-pensant,

un roman de Christian de Moliner
aux Editions Pierre-Guillaume de Roux (parution 23 février 2021)
 
– Un roman ultra contemporain en résonance avec l’actualité immédiate autour du « racialisme » 
– Le héros, courageux professeur accusé de non complaisance avec l’idéologie militante des « racisés », nous remémore celle tragique de Samuel Paty face au totalitarisme islamiste.
 
– Une fresque lucide et subtile des conflits générationnels et civilisationnels qui ébranlent nos sociétés.
 
– Un personnage au premier abord sans charisme auquel on s’attache et on s’identifie au fil des pages.
 
– Une histoire qui nous tient en haleine jusqu’à son épilogue sanglant.
 
– Un roman passionnant et mélancolique qui brosse le portrait tout en nuances d’un professeur au soir de sa vie.
Résumé : Samuel Meiersohn, un universitaire désabusé et proche de la retraite, entame une croisade contre des étudiants et des professeurs « racisés » qui veulent créer au sein de sa faculté, un espace sans Blancs. Rejetant le prétendu « privilège blanc »,  il va se heurter à son administration et à la démission de la société française si prompte en 2019 à accepter les thèses radicales, aussi absurdes qu’elles soient. 
« Une étudiante s’approcha de lui et lui tendit un tract qu’il prit. (…) il résistait à l’injonction bien-pensante de confondre allègrement progressisme, sens de l’histoire et usages islamiques. »
 
L’auteur : Christian de Moliner a publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux un autre roman La Guerre de France (2018) et un essai Islamisme radical. Comment sortir de l’impasse ? (2019). Collaborateur au Figarovox, Causeur, Boulevard Voltaire, Breizh info …mondialement connu pour avoir créé le buzz en imaginant la partition de la France dès 2018 – (Moliner est plus célèbre en Russie, Angleterre, Hongrie, Roumanie, Italie, Allemagne etc qu’en France), ses essais de citoyen engagé dans l’analyse des problèmes du vivre-ensemble de son époque nourrissent l’inspiration de ses romans de politique-fiction, et réciproquement afin de former une œuvre littéraire cohérente et forte
Agrégé de mathématiques et passionné d’histoire, ses connaissances pointues sur l’islam impressionnent beaucoup ses interlocuteurs.