Lancement de « La Chambre de Léonie » d’Hélène Waysbord à l’IMEC le 18 septembre à 16h30, animé par Jean-Yves Tadié

Rencontre avec Hélène Waysbord “La Chambre de Léonie” (ed. Le Vistamboir, 2021) – Animé par Jean-Yves Tadié à l’IMEC abbaye d’Ardenne, 18 septembre 2021, Saint-Germain-la-blanche-herbe.

Rencontre avec Hélène Waysbord “La Chambre de Léonie” (ed. Le Vistamboir, 2021) –

Animé par Jean-Yves Tadié
IMEC abbaye d’Ardenne, le samedi 18 septembre de 16:30 à 18h.

Premier confinement, Hélène Waysbord quitte Paris et se réfugie dans sa maison de Normandie. Ce mois de mars 2020, France culture diffuse une série d’émissions consacrées à Céleste Albaret, la fidèle gouvernante qui veillera sur Proust jusqu’à son dernier souffle. Hélène Waysbord est bouleversée. Aujourd’hui, elle s’interroge : “Pourquoi l’attrait envers Proust et la Recherche comme s’il créait une chambre d’émotions qui coïncide avec la vie profonde, enfouie ?” Dans ce roman personnel, Proust, fantôme qui hante l’espace normand de la narratrice, révèle et cache à la fois le secret. “L’auteure découvre ses propres secrets en croyant chercher ceux de Proust” (J.Y.Tadié). Au cours d’une saison décisive, les battements du temps et la pulsation de l’écriture vont se confondre par delà toute chronologie. Biographie : Hélène Waysbord est née à Paris dans une famille de juifs étrangers, déportés à Auschwitz. Cachée en Normandie et devenue pupille de la nation, elle fit des études classiques et enseigna en classes préparatoires au Lycée Malherbe à Caen. Elle fut à partir de 1982 conseillère de François Mitterrand pour les Grands projets. Au début des années 2000, Présidente de la Maison des enfants d’Izieu et haut fonctionnaire au ministère de l’Education nationale, elle conduisit des missions successives sur le thème de la mémoire pour lutter contre l’antisémitisme et le racisme. Amoureuse de la région normande elle y vit la plupart du temps et se consacre à l’écriture.

INVITATION 10ème anniversaire du Prix Émile Perreau-Saussine Prix de Philosophie Politique

INVITATION 10ème anniversaire du Prix Émile Perreau-Saussine
Prix de Philosophie Politique
Bruno BOUCHARD Vice-président du Conseil scientifique de l’Université Paris Dauphine – PSL 
et 
les Membres du jury 
sont heureux de vous inviter à 
la remise du Prix Émile Perreau-Saussine 
Mardi 12 octobre 2021 à 18h30 
Salle A 709 (7ème étage – aile A – fond du couloir) Place du Maréchal de Lattre de Tassigny, 
Paris 16ème (Entrée Boulevard Lannes)
 
Sponsorisé par Le Point – R.S.V.P. : guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85
Le Prix Emile PERREAU-SAUSSINE a été créé en 2011 par sa famille afin d’honorer sa mémoire. Il a vocation à récompenser un lauréat de moins de 40 ans ayant publié, dans l’année civile précédent la remise du Prix, en langue française, un livre ou un article particulièrement remarqué dans le domaine des sciences politiques, de l’histoire des idées politiques, de la philosophie politique ou du droit public.  
Président du jury :
Pierre Manent, Directeur de recherches émérite à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales 
Le jury :
Sophie Basch, Professeur de Littérature française à La Sorbonne (Sorbonne Université) 
Laurent Bouvet, Professeur de Sciences Politiques à l’Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines 
Rémi Brague, Membre de l’Institut, Professeur de Philosophie politique émérite de l’Université Paris-I-Panthéon-Sorbonne 
Brice Couturier, Journaliste, essayiste 
Claude Habib, Professeur de Littérature française à la Sorbonne-Nouvelle 
Guillaume Lagane, Haut Fonctionnaire 
Frédérique Leichter-Flack, Professeur de Littérature et d’Histoire des idées politiques à Sciences Po Paris 
Guillaume Métayer, Chargé de recherche au CNRS 
Christophe Ono-dit-Biot, Directeur adjoint de l’hebdomadaire Le Point 
Sylvie Pierre-Brossolette, Membre de la Fondation des Femmes 
Philippe Raynaud, Professeur de Sciences Politiques à l’Université Panthéon-Assas
Deux finalistes en 2021 : 

Les meilleurs n’auront pas le pouvoir – Une enquête à partir d’Aristote, Pascal et Tocqueville d’Adrien LOUIS, publié aux PUF

et

Le populisme au secours de la démocratie de Chloé MORIN, publié dans la collection Le Débat chez Gallimard

Les précédents lauréats du Prix : Guillaume Métayer, Bérénice Levet, Frédérique Leichter-Flack, Paulin Ismard,  Johann Chapoutot, Jenny Raflik, Jean-Vincent Holeindre, Stéphane Perrier, Élie Tenenbaum 
« Nous ne savons pas quel tour aurait pris l’œuvre d’Émile Perreau-Saussine s’il avait pu la poursuivre. Telle qu’elle est, riche des vertus et des talents de cet homme rare, elle prolonge et nous aide à formuler aujourd’hui l’interrogation augustinienne sur les deux cités.» Pierre Manent

Pablo Daniel Magee interviewé par Forbes sur la situation en Afghanistan

La nouvelle dictature des Talibans 

OPINION par PABLO DANIEL MAGEE

OPINION // Le retour des talibans sur le devant de la scène internationale au lendemain de la prise de Kaboul et les images bouleversantes des milliers de citoyens en fuite sur le tarmac de l’aéroport de la capitale afghane nous poussent à envisager la su site des évènements avec prudence.

Les talibans ne sont certes pas des néophytes lorsqu’on parle de gouvernement. Eux qui, à la tête de l’Émirat islamique d’Afghanistan entre 1996 et 2001, établirent l’application rigoureuse de la charia, ne laissent planer aucun doute quant à leurs intentions. Néanmoins, on peut légitimement se demander si en l’état actuel de l’économie afghane, un régime que l’on peut d’ores et déjà apparenter à une forme de dictature, a les moyens de sa pérennité. Souvenons-nous qu’un président Hamid Karzaï enthousiaste déclarait à la presse en janvier 2010 que, selon une étude réalisée par l’Institut de géophysique américain (USGS), le sous-sol de son pays renfermait l’équivalent “d’un millier de milliards de dollars” en matières premières et, qu’en conséquence, il pourrait être à la tête du pays le plus riche du monde… à condition “qu’on aide son pays à exploiter ces gisements” !

L’Histoire nous apprend que derrière chaque dictature existe un allié bienveillant. C’est notamment le cas pour le Paraguay du général Alfredo Stroessner entre 1954 en 1989, dans ce qui fût la plus longue dictature de l’Histoire – au moment de sa chute. En effet, si le Paraguay a connu une croissance économique fulgurante sous le joug de celui que Ronald Reagan appelait “Our man in Paraguay”, ladite croissance était aussi artificielle, du fait d’un déluge de dollars américains accordés dans le cadre de la lutte contre le communisme.

Une leçon que donne l’héritage des dictatures d’Amérique latine est que ces dernières ne mirent à profit leur développement économique que pour se perpétuer elles-mêmes, ne laissant dans leur sillage “que” de prospères économies parallèles telles que le narcotrafic – rappelons que l’économiste David Mansfield estime à quelque quatre cents millions de dollars le chiffre d’affaires du trafic de pavot dont héritent aujourd’hui les talibans. La France l’avait d’ailleurs prédit. Lorsqu’après sa visite au général Stroessner, en 1964, de Gaulle envoya au Paraguay une délégation française chargée d’étudier le développement économique de la dictature paraguayenne, la conclusion fut sans équivoque : le fait que la grande majorité du PIB soit investie dans le maintien d’une force armée, par ailleurs fort corrompue, interdira au Paraguay de connaître une croissance économique pérenne. De fait, on ne compte pas un seul cas dans lequel l’économie florissante d’une dictature aurait favorisé l’évolution d’un pays vers la démocratie : bien au contraire ! La Corée du Nord ou le Cameroun sont là pour nous le rappeler. 

Une chose reste certaine : pour les talibans, les alliés ne manquent pas. L’invitation à Doha de leur chef politique le 14 août dernier le démontre. Un pays allié de nombreuses dictatures africaines encourage également depuis quelques semaines le peuple afghan à “prendre son destin en main”. Le 28 juillet dernier, le ministre des Affaires Étrangères chinois, Wang Yi, recevait à Tianjin une délégation de talibans, dénonçant l’échec de la politique des États-Unis en Afghanistan. Quand le petit livre rouge embrasse la charia : serait-on en train d’assister à la naissance de la première dictature islamo-communiste à la chinoise de notre temps ?

Pour un millier de milliards de dollars…


Pablo Daniel Magee  est journaliste et écrivain français, est né le 22 avril 1985 à Paris. Il étudie les sciences politiques, la littérature, la philosophie et le journalisme à l’université londonienne de Greenwich. En 2012, il s’installe au Paraguay, où il commence à enquêter sur le Dr Martin Almada et le plan Condor. Il a publié en 2020 “Opération Condor” aux Editions Saint-Simon.
talibans  

Gilles Pudlowski voit dans « La Conversation » d’Alexandre Arditti « un brillant exercice de style qui échappe aux lieux communs »

La conversation d’Alexandre Arditti

Article du 19 août 2021

Quand sa rédactrice en chef, à l’heure de partir en vacances, demande à Charlotte, jeune journaliste stagiaire, frais émoulue de Sciences Po, d’interviewer, au coeur de l’été, l’ancien  président de la République récent prix Nobel de la Paix, Victor Esménard, celle-ci va y voir forcément une chance, une aubaine, une occasion à ne pas manquer. La rencontre se passe au Plaza Athénée, commence dans la galerie, se prolonge à table. Le politicien rusé, censé détester les journalistes, use de séduction, pratique l’art de la conversation avec un sens aiguisé du monologue, use de l’aphorisme, de la citation, sans en abuser, médit de l’époque, glisse d’utiles conseils d’écriture (toute la page 80 sur le thème de « si vous vouez écrire, écrivez écrivez... »), se gausse de ses contemporains, vante les vertus du vin et du cognac, de la bonne chère aussi, évoque la douceur de vivre et se défie de l’avenir. Bref, donne, sans y prendre garde, des leçons de sagesses. Charlotte, elle, encaisse, réplique, ruse, et se trouve piégée en bout de course. On ne vous dira pas comment. Cette conversation, premier roman d’Alexandre Arditti, est un brillant exercice de style qui échappe aux lieux communs, à la redite, à la banalité. Et se suit avec un constant plaisir.

La conversation, d’Alexandre Arditti (les Presses Littéraires, 121 pages, 12 €).

Les femmes de Joaquin Scalbert par François Cardinali

Parfums de femmes

Roman psychologique

Une histoire de chasse et d’amours : avec Des femmes et des adieux, Joaquin Scalbert signe un polar doublé d’un roman psychologique où les hommes témoignent sur des incidents amoureux.

On le sait, les parties de chasse n’ont pas toujours bonne presse auprès de la gent féminine. Comme le note Victor Charvet, interrogé par la lieutenant Patricia Léonetti, un participant de dernière minute à ces trois jours de chasse : « (…) j’hésite à me joindre à leurs activités cynégétiques, ayant souvent et à regret constaté que des personnages dignes d’intérêt dans la vie courante, se muaient une fois le fusil accroché au mur et dès la fin du dîner, cognac à la main, cigare aux lèvres, en mâles fats et machistes. » Le petit « détail », qui ouvre Des Femmes et des adieux, c’est que la partie de campagne a tourné au drame. Un accident de chasse survient lors d’une réunion entre amis. Le récit de la soirée qui l’a précédé met en scène des femmes et des hommes dans des situations bien souvent au détriment de ces derniers : de fait, chaque participant accepte d’évoquer ces dames « autrement qu’en termes de seules conquêtes« .

« Tantum ergo » de Maurice Daccord sélectionné dans RMTnews International

Une première aventure d’un duo improbable

Tantum Ergo* de Maurice Daccord

Le titre du roman lui-même nous plonge d’emblée dans une intrigue qui nous mènera jusque dans un couvent où s’est jadis déroulé un drame. Un jeune curé tombe amoureux d’une jeune élève du couvent et fuira avec elle. Hélas!, tous deux mourront dans un accident d’avion….

Maurice Daccord nous plonge dans une enquête aux contours classiques, avec ses rebondissements et son dénouement à la Chandler ou à la Simenon. Néanmoins, nous sommes intrigués par le personnage d’Eddy Baccardi. Ce dernier exerce un drôle de métier : il offre contre rémunération ses services d’écoute et de bon sens  à ceux et celles qui ont été brisés par une séparation, avec une bien énigmatique désignation  « Après le mariage ». Discrétion assurée.  

Son commerce est fleurissant jusqu’au jour où ses clientes se font mystérieusement assassinées, l’assassin laissant trois petits cercles de cendre sur son passage, signant ses meurtres du cantique Tantum Ergo. Eddy le vieux beau séducteur trouvera sur sa route le commandant Léon Crevette, un flic bougon mal embouché à la carrure impressionnante qui enquête sur ces meurtres étranges.

Au cours de leurs échanges lors de dîners en ville répétés, naîtra une amitié durable entre les deux hommes, Baccardi aidant Crevette dans son enquête, écoutant ses maux et le conseillant dans sa relation avec Fanny. Tous deux remonteront le fil d’Ariane jusqu’au monastère du château d’Hautval, perdu dans les montagnes.

L’écriture est vive et enlevée ; la verve, gouailleuse, savoureuse, entre franc parler populaire et dialogues à la Clouzot, avec un sens de la formule bien senti. Le style est agréable et l’intrigue, portée par deux personnages hauts en couleur, bien ficelée.  On se prend de sympathie pour le duo ainsi formé et on attend de lire une autre de leurs aventures avec une certaine curiosité.

DVDM

*Tantum Ergo : chant d’adoration au saint sacrement, cantique extrait de l’hymne Pange Lingua, écrit par saint Thomas d’Aquin pour la liturgie des heures.

EAN : 9782343213149/ 218 pages /Éditeur : Editions L’Harmattan (2020)