Emeric Lebreton parle de robots dans l’émission de Marie Casadebaig sur RFI

Un robot risque-t-il de vous remplacer au travail?

Une personne serre la main d’un robot sur le stand d’IBG Automation, lors de la Foire de Hanovre («Hannover Messe») le 23 avril 2018 à Hanovre, dans le nord de l’Allemagne.© AFP/Tobias SCHWARZ

Et si demain, c’est un robot qui travaillait à votre place ? Selon une étude du Cabinet de conseil britannique, Oxford Economics, c’est ce qui arrivera à 20 millions de personnes, dans le secteur industriel d’ici 2030. Des robots plus efficaces que des humains, comme Max qui trie les déchets pour l’entreprise Veolia, dans le nord de la France. Des travailleurs remplacés par des robots. Mais lesquels ? Et cette robotisation sera-t-elle suffisamment créatrice d’emplois pour que le progrès ne se retourne pas contre l’homme ?

Avec :
– Emeric Lebreton,
chercheur en psychologie du Travail, directeur général de Groupe Orient’Action et auteur de « Robot révolution : les robots vont-ils détruire nos emplois et notre économie ? », éditions Orient’action.

Virgil Cormier interviewe Emeric Lebreton au Salon de l’intelligence artificielle

Dans cette vidéo je vous propose une interview du Dr. Emeric Lebreton, qui vient de publier un livre « Robot Révolution », dans lequel il décrit les transformations qu’amènent l’IA et l’automation dans notre société et surtout, dans nos emplois. Il me semblait donc intéressant d’avoir son opinion sur les changements à venir et comment s’y adapter en tant que salariés notamment. Il nous propose également des éléments de prospective intéressant. Lien pour savoir si votre métier est menacé (et quand) : www.revolution-robot.fr

Le Figaro Décideurs a bien lu le remarquable « Robot Révolution » d’Emeric Lebreton

Découvrez si votre métier est menacé par un robot

« Robot Révolution », manuel militant « Toute destruction est création » d’Emeric Lebreton par Argoul

Emeric Lebreton, Robot révolution

Au secours, les robots nous envahissent ! Ou plutôt, bienvenue les robots, adaptons-nous Folleville !

Ce livre de combat, écrit par un entrepreneur en conseils d’orientation professionnelle, est un manuel militant. « Toute destruction est création », aurait dit l’économiste Joseph Schumpeter en exergue – il parlait surtout de « destruction créatrice », du genre le roi est mort, vive le roi. Ce qui signifie qu’il n’existe plus de métier d’allumeur de réverbères ni de chaisière dans les parcs et jardins car la technique a remplacé ces travaux devenus inutiles. Il en est de même aujourd’hui et parler de « révolution » est un brin exagéré, sauf que cela va plus vite.

Le terme « robot » a été inauguré en 1924 sous la plume d’un Tchèque à propos des ouvriers artificiels fabriqués par sa firme (déjà !). Il vient du mot tchèque et russe « travail » : « corvée » plutôt en tchèque, « esclavage » plutôt en russe – question de culture. Désormais, avec les puces électroniques de plus en plus puissantes, tous les métiers sont envahis. Algorithmes et « intelligence » artificielle détrônent les fonctions de service, les smartphones eux-mêmes remplacent appareil photo, caméra, boussole, thermomètre, GPS, courrier, montre, calculatrice, lampe de poche, mètre, scanner, babyphone et ainsi de suite. Ils ne font pas encore le café mais vous pouvez le commander avec eux au bar le plus proche. Babbel supprime des profs de langue (d’ailleurs inutiles, au vu des performances des élèves après 6 ans de cours !), Linky supprime des employés EDF (et leurs avantages indus en consommation d’énergie gratuite à l’heure du combat pour le climat), les chatbots (robots parlant) suppriment le secrétariat médical, le conseil bancaire ou d’assurance, les algorithmes automatiques rendent superflus les traders et certains robots écrivent même des articles de journal.

Cinq facteurs permettent de prédire la robotisation des métiers : 1/ les économies (de salaire, d’emplois, de valeur ajoutée), 2/ la solidité et la fiabilité (humains malades, mortels, fragiles, non formés), 3/ les réglementations (code du travail, code civil, code pénal), 4/ les facteurs sociaux (démographie, chômage, volonté politique, morale, attirance pour les nouvelles technologies)… et c’est tout, il en manque un car il ne nous en est présenté que quatre et pas cinq. De quoi avoir encore faim.

Six questions sont à se poser selon l’auteur pour prédire l’automatisation d’un métier : cet emploi est-il 1/ répétitif ? 2/ complexe ? 3/ pénible ? 4/ attractif ? 5/ d’interagir avec des humains ? 6/ bien payé et concerne de nombreux salariés ? Si oui – robotisation en marche forcée !

Comment s’adapter ? Se poser la question de ce que les consommateurs veulent encore acheter seulementà des humains et si des entreprises veulent encore travailler. Ce que les salariés doivent faire ? Réponse assez basique : 1/ un bilan de compétences, 2/ se former, 3/ évoluer professionnellement (expertise, reconversion, créer sa boite) – en bref de l’hyperindividualisme capitaliste.

Compétences à développer : la base (rechercher et trouver des infos, capacité à créer des relations, influencer et convaincre, curiosité et ouverture d’esprit), compétences techniques (couplées au digital, maîtrise des langues étrangères), aptitude à changer (contrer routine et stress grâce à l’intelligence émotionnelle). Autrement dit, mieux vaut une tête bien faite, qui allie cœur et sens, plutôt qu’un crâne d’œuf inapte aux relations humaines ! C’est plutôt encourageant – mais « les diplômes » ou « le concours », ces sésames bien franchouillards, sont nettement dévalorisés par la nouvelle donne… et les « écoles de commerce » (globishées en Business Schools) nettement avantagées !

Comme à chaque génération, de nouveaux métiers vont apparaître. L’auteur en cite 15 exotiques, parmi eux coach en curiosité, fermier urbain, croque-mort numérique, praticien en désintoxication digitale, coach holistique (travailler sur toutes les dimensions de son être…), pilote de drone. Il oublierait presque le sien : conseil en formation globale.

Emeric Lebreton est aussi radical qu’un écolo sur le climat : « les entreprises (y compris l’entreprise-Etat) qui ne prendront pas le virage de l’automation seront balayées ». Je ne crois guère à la disparition des Etats pour cause de paperasserie non digitale… Pour les entreprises, « il faut » élaborer « un plan à trois ans » pour évaluer les compétences digitales des salariés, mettre en place des outils de communication et former ses employés. Quant à l’Etat, il doit fabriquer les infrastructures de télécommunication (très haut débit, télétravail, autoroutes de l’information), offrir un crédit d’impôt pour favoriser l’automation des entreprises et des particuliers, créer un système de formation digital, agir sur l’éducation, réduire la fiscalité sur le travail pour protéger l’emploi en phase de transition – autrement dit plus de dépenses et moins d’impôts ! Mais « veiller à ce que le monde reste humain » parce que les règles se multiplient dans le même temps que les capacités de contrôle social se renforcent, restreignant la liberté. Le capitalisme le plus implacable assaisonné d’une couche de « social » pour faire passer. L’auteur a très bien appris sa leçon de culture yankee, sans même songer à un autre modèle à l’heure où les Yankees se rencognent en leurs frontières et font la guerre économique, culturelle et militaire au reste du monde, « alliés » inclus.

« La France fait du surplace, donc elle recule », alors qu’en 2034 les robots seront moins chers que la main d’œuvre africaine selon l’Overseas Development Institute et que les classes moyennes, moyennement qualifiées, seront les plus touchées, créant une société en sablier : les riches en haut, les pauvres en bas et presque rien au milieu.

Une bibliographie sommaire de cinq titres seulement, dont deux sur les tares françaises et deux de l’auteur lui-même, éminemment modeste – manière de dire que la réflexion théorique c’est bien, mais que la pratique décisionnelle c’est mieux. Orient’action, société de conseils en orientation professionnelle créée en 2014 par l’auteur, a tout intérêt au développement des robots (en général américains) pour mieux « coacher » les salariés déboussolés. Simple à lire pour se faire peur, cet essai stimulant n’est donc pas innocent, même s’il est intéressant.

Emeric Lebreton, Robot révolution : les robots vont-ils détruire nos emplois et notre économie ? 2019, éditions Orient’action, 335 pages, €24.90 e-book Kindle €9.99

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

« Robot Révolution – Les robots vont-il détruire nos emplois et notre économie ? » de Emeric Lebreton

Pour interviewer Emeric Lebreton/recevoir « Robot Révolution », merci de me contacter guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Nouveauté été 2019 : La révolution des robots est en marche. Hier cantonnés aux secteurs agricole et industriel et aux métiers les moins qualifiés, les robots investissent maintenant tous les secteurs (finance, ressources humaines, management, commerce etc.). Avec le développement de l’intelligence artificielle, ils sont présents à tous les niveaux de responsabilité, jusque dans les conseils d’administration. Les robots se multiplient. Chaque jour, ils voient leurs compétences augmenter. Ce faisant, ils détruisent et créent des emplois à une vitesse vertigineuse. Ils changent l’économie et les rapports sociaux. Ils questionnent l’éthique, la morale et le droit. Ils sont à la fois un risque majeur et une opportunité formidable. Un salarié peut perdre son emploi ou acquérir une compétence inaccessible aux robots et se rendre ainsi indispensable. Un dirigeant peut voir son entreprise balayée par un concurrent plus innovant ou utiliser les robots pour la rendre plus productive, améliorer ses marges, investir, innover et se développer. L’État peut rester sur ses acquis ou moderniser ses administrations pour fournir des services publics de qualité tout en réduisant les coûts et ainsi favoriser le retour à une fiscalité plus douce. Ce livre s’adresse aux salariés qui veulent anticiper leur avenir professionnel et faire des choix d’orientation éclairés, aux décideurs et notamment aux dirigeants d’entreprise et à leurs services de ressources humaines qui veulent saisir l’opportunité de l’automation pour accélérer la croissance de leur entreprise, mais aussi aux hommes et aux femmes politiques qui veulent accompagner intelligemment les transformations technologiques et leurs impacts socio-économiques. La révolution des robots est un défi de plus dans la longue histoire de l’humanité. Ce livre est fait pour vous aider à comprendre ce qui va se passer, pour agir et faire de la révolution des robots une chance. Salariés, décideurs, hommes ou femmes politiques, ce livre est fait pour entrer dans le XXIème siècle.

L’auteur : Après avoir été pendant plusieurs années enseignant-chercheur à l’université et dans les grandes écoles (Audencia, Ecole des Ponts…), Emeric Lebreton a fondé le groupe Orient’Action*, un réseau national de cabinets de conseil qui accompagnent les salariés, les entreprises et les administrations dans le domaine de l’orientation professionnelle, de l’emploi et de la formation. Parallèlement à ses activités de dirigeant, il poursuit activement ses recherches en sciences humaines sur des sujets comme l’accompagnement au changement, les mutations sociales et technologiques et leurs impacts sur l’emploi et l’efficacité économique. Son credo : la connaissance au service de l’action dans un objectif de progrès et d’humanisme.

Le site d’Orient’Action : https://www.orientaction.com

ISBN 9791096667208

Prix : 24,90 € TTC

« Stratégies » met à l’honneur Emeric Lebreton, auteur de « Robot Révolution »

Entretien par Cécilia DI QUINZIO

attachée de presse guilaine_depis@yahoo.com

06 84 36 31 85

Emeric Lebreton, docteur en psychologie, chercheur en sciences humaines et spécialiste des questions emploi et formation, bouscule les idées reçues sur l’impact de l’automatisation sur le secteur tertiaire dans son dernier ouvrage « Robot Révolution : les robots vont-ils détruire nos emplois et notre économie ? »

Quelle est votre définition du robot à l’usage de l’emploi ?

Pour moi, un robot est un terme générique qui regroupe tout système automatisé capable de réaliser une tâche de manière autonome (pas forcément de façon intelligente d’ailleurs) : chatbots, logiciels de rédaction, marketing programmatique… Derrière ce terme se cache en réalité une multitude d’outils différents, loin de l’image du robot humanoïde qui imiterait l’homme.

Quels sont les métiers les plus touchés par la révolution robotique ?

Absolument tous les métiers sont découpables en séquences qui peuvent se confier à une machine. Chacun croit que son métier est à l’abri… Puis du jour au lendemain, une innovation de rupture peut venir ébranler totalement son activité. Même le secteur tertiaire est désormais touché par la robotisation : les avocats, les journalistes, les professeurs ou encore les médecins. La médecine est, du reste, la prochaine grande profession qui va s’automatiser. C’est un corps de métier qui coûte cher, qui connaît des manques de personnel… On aurait tort de penser que les fonctions qui impliquent des relations humaines sont exemptes de cette révolution. Pour moi, seules les interactions créatives restent aujourd’hui hors de portée des robots, c’est-à-dire qui ne se limitent pas à un jeu de questions-réponses.

Votre ouvrage dresse un constat assez paradoxal : les employés les mieux rémunérés sont ceux qui ont le plus de chances de voir leurs emplois remplacés par des robots…

 La perception la plus répandue demeure que les robots détruisent plutôt des emplois faiblement qualifiés. Or, si l’on raisonne à partir de facteurs économiques, on s’aperçoit que les entreprises ont plutôt intérêt – et sont encouragées – à supprimer des emplois dont la rémunération est plus forte. Les robots ne se limitent plus aux secteurs agricole et industriel mais investissent désormais tous les secteurs (finance, ressources humaines, management, commerce, etc.). Avec le développement de l’intelligence artificielle, ils sont présents à tous les niveaux de responsabilité, jusque dans les conseils d’administration. Et les humains se retrouvent à gérer des tâches beaucoup plus simples. Ce changement de paradigme est bien réel et déjà à l’œuvre.

Comment le secteur du marketing et de la communication est-il impacté ?

C’est un secteur qui est frappé de plein fouet par la robotisation. L’achat publicitaire est de plus en plus confié à des algorithmes ; la création de contenus, de vidéos, de sites web, d’appli, s’automatise… Si au départ, l’avènement du marketing digital a été synonyme de création d’emplois, on observe dans le même temps un phénomène de compression du personnel. On sent que le secteur est bousculé, précarisé, par la transformation des métiers, notamment en agences. Même les créatifs sont challengés par l’automatisation. La narration, le storytelling, semblent encore préservés des robots, et pourtant, même cette spécialité doit pouvoir être découpée en une série de séquences… On peut tout à fait envisager un logiciel dans lequel on rentrerait les objectifs d’une campagne, le produit, la cible, le budget, et en fonction des tendances, l’intelligence artificielle créerait des histoires. Ce qui raccourcirait le processus de créativité. Pour autant, il est plus juste d’imaginer la disparition d’une ou plusieurs parties de l’activité des publicitaires, plutôt que l’extinction intégrale de la profession.

Comment lutter contre « l’illettrisme digital » que vous évoquez dans l’ouvrage ?

La clé principale est d’acquérir en permanence de nouvelles compétences. Il n’est plus possible, comme autrefois, de se former tous les trois ou quatre ans. Aujourd’hui, la formation doit être continue. Il s’agit d’engranger constamment de nouveaux savoir-faire, de nouvelles connaissances, pour non seulement s’adapter aux changements technologiques incessants, mais aussi pour se démarquer et rester attractif sur le marché de l’emploi. Un attaché de presse, par exemple, aura tout intérêt à gérer sa base de données, la rédaction et l’envoi de ses mails de manière automatisée… Une occasion de gagner du temps et de sortir du lot par la maîtrise d’outils innovants. Dans le secteur du marketing, il est plutôt admis que posséder des aptitudes dans le domaine numérique est incontournable. Mais dans d’autres secteurs, cela est beaucoup moins ancré. Nombreux sont les experts comptables par exemple qui n’ont aucune connaissance des systèmes automatisés… J’ajoute qu’un fossé important se creuse entre les grandes métropoles et les villes de taille moyenne. À Paris, Berlin ou Londres, tout ce qui concerne la mobilité, la restauration ou encore le logement passe par les applications. Les habitants y sont obligés d’être connectés en permanence, de savoir comment naviguer en ligne, de trouver les informations au travers des interfaces numériques, etc. Préparer au mieux la société à cette révolution passera par l’école, où l’enseignement au digital et aux nouvelles technologies est encore très succinct en France.

Êtes-vous plutôt pessimiste ou optimiste ?

Sur le constat, je suis assez pessimiste. Je vois que la robotisation va détruire énormément d’emplois, bien plus qu’elle ne va en créer. Je pense aussi que cette révolution attaque frontalement la classe moyenne: tous les niveaux intermédiaires de compétences sont menacés. Mais paradoxalement je demeure plutôt optimiste. Comme pour tout changement, il représente aussi des opportunités, pour celui qui saura en tirer parti. Et qui saura se doter de nouvelles compétences pour se démarquer et réussir.

Robot Révolution : les robots vont-ils détruire nos emplois et notre économie ?  est paru aux éditions Babelio, février 2019.