« Mon poing sur les I », un essai de Philippe OLAGNIER à paraître en septembre 2020 aux éditions de l’Onde

« Mon poing sur les I », un essai de Philippe OLAGNIER à paraître en septembre 2020 aux éditions de l’Onde   

(Pensée et coups de gueule citoyens)

 « C’est leur pertinence qu’on reproche aux impertinents.” Claude Frisoni 

Propos préalable 

En décidant de compiler une série de réflexions ayant attrait à la société française et à sa politique, il convient en préalable que je limite avec réalisme et modestie, la cadre de ma démarche.

Elle est personnelle, et cette parole libérée d’un citoyen parmi d’autres n’a aucune valeur d’universalité et ne pretend à aucune vérité.

Elle n’est mue par aucune volonté, ni ambition d’engagement dans la vie publique pour laquelle, si je la respecte, je ne me reconnais ni les aptitudes, et encore moins la motivation nécessaire.

Juste un cri.

Juste un cri parmi tant d’autres, si j’en juge par les rues qui ne désemplissent pas de multiples colères ; colères qu’on feint dangereusement de ne pas entendre et pire que l’on méprise.

Un cri de désarroi devant une république fracturée, communautarisée, où chacun se replie derrière sa spécificité, l’impose parfois et trop souvent à autrui, plutôt que de travailler à ce qui pourrait et devrait nous rassembler.

Mais un cri d’amour aussi pour cette république ; et, si je suis sévère ou critique dans de nombreux passages de ce livre envers ce qu’elle devient, mon exigence témoigne de mon attachement à son histoire, à ses valeurs et à ses traditions.

Il est encore temps que la fraternité reprenne ses droits dans la cité, même si nous nous en éloignons pour le moment.

Une fois que nous aurons cessé par démagogie de tolérer l’intolérable dans une république laïque et que nous aurons eu de nouveau le bras ferme pour sanctionner et rappeler à l’ordre ceux qui entendent faire infléchir nos manières de vivre ensemble ; une fois que l’Etat sans devenir entrepreneur pour autant aura repris son devoir de régulation des inégalités et de modérations des excès ultralibéraux de l’économie, rien ne s’opposera à ce que nous rebâtissions ensemble le beau pacte social qui fut le nôtre, dans un passé encore récent.

Comme beaucoup je suis préoccupé de savoir si au nom d’un changement pour le changement, d’une confusion politique entre le mouvement et l’agitation forcenée ( marque de fabrique du dernier Président), nous ne sommes pas en train de liquider trop vite, des actifs sociétaux conquis de haute lutte par nos aînés.

Je ne suis pas nostalgique et encore moins un adepte du « c’était mieux avant «, mais j’aimerais voir cette frénésie réformiste encadrée par une vision, un projet, un dessein, un destin à moyen ou long terme.

Cette vision ne vient pas, et l’attitude d’un gouvernement qu’on peut qualifier de « circuler, y a rien à voir », ne fait que renforcer mon inquiétude.

Je fais partie de ces millions de français qui ne se reconnaissent que très peu dans l’offre politique actuelle, encore moins dans ses comportements, mais pour autant, ce livre en témoigne, la vraie politique, la vraie, celle que les philosophes grecs décrivaient si bien, j’aspire à son retour !

Alors que ce livre soit simplement pris pour ce qu’il est : un cri du cœur, pas plus, mais pas moins.

Je sais qu’une certaine élite qui dirige la bien-pensance en France et se croit autoriser à baliser ce qui peut être dit ou pas n’aime pas ce genre d’incursion populaire dans le discours politique ;

 Les gueux devraient rester à leur place.

Ceux qui aiment les propos tièdes  et creux, que cette même bien-pensance nous impose d’écouter matin et soir via des medias de plus en plus serviles n’apprécieront que modérément certaines de ces pages où mon coup de gueule est évident.

Je ne cache pas que je penche à droite, une droite populaire et sociale, profondément laïque, droite qui à mon sens a cessé d’exister ou mérite d’être rénovée au plan national.

Et je suis très profondément attaché aux destins des classes moyennes, mais surtout des classes ouvrières et paysannes, ces classes qu’on peut qualifier de grandes cocues des vingt dernières années,

Et de grandes oubliées par ce nouveau monde, dont on nous vante les mérites, mais qui embarque si peu de monde dans son train.

Je mesure le risque pris en m’exprimant ainsi.

 

Probablement je dois accepter le risque, de rejoindre dans la fosse bien pratique qu’ont inventée ceux qui n’apprécient pas l’expression populaire directe, cette fosse commune où on enterre plutôt que de débattre  avec eux ceux qu’on décrète populistes.

Comme elle est pratique, pour ne pas avoir à débattre, cette fosse commune où on enterre très vite aujourd’hui, et de leur vivant, tous les contradicteurs au système !

Tout cela m’indiffère au plus haut point.

Je suis comme le coq, notre animal national fétiche, celui d’ailleurs qui dérange désormais les citadins bobos découvrant son chant dans nos campagnes.

J’ouvre ma gueule, et je l’ouvre bien grand, ne vous en déplaise !

 Et comme cet animal, je ne chante jamais aussi fort que lorsque mes pieds sont dans la merde.

Il me semble très objectivement, que nos pieds y sont bien profondément enlisés, à de multiples égards.

Vous voilà prévenus avant de commencer votre lecture.

Philippe Olagnier