Soirée Christian de Moliner présenté par Paul-François Paoli du Figaro à la Nouvelle Librairie

Rappel ! c’est ce mardi 19 février soir à la Nouvelle Librairie, 11 rue de Médicis, dès 18h, une soirée présentée par Paul-François Paoli du Figaro – Christian de Moliner dédicacera ses livres, un verre de l’amitié sera offert, et nous serons tous solidaires de la Nouvelle Librairie ! Fiers d’y être accueillis et de résister à l’ignorance, la bêtise et la haine des antifa !

« Juste avant ma mort » de Christian de Moliner aux éditions Picollec (parution 19/02/19)

Parution le 19/02/19

Résumé : Polémiste aigri et rageur, Augustin Miroux est atteint d’un cancer du poumon au stade terminal. Alors que sa femme tourne doucement la page de leur vie commune, il s’enfuit à Dijon, sa ville natale pour se confronter aux fantômes de son passé. Il contacte la fille d’une camarade de classe dont il redoute d’avoir provoqué jadis le suicide et se fait passer auprès d’elle pour son père qu’elle ne connaît pas. Lui qui est froid et distant avec ses fils, construit rapidement une relation chaleureuse avec sa fausse enfant, mais celle-ci dérape et Augustin est à nouveau saisi par le vertige du mal. Sombrera t-il, comme jadis, dans un cloaque pestilentiel ? Ou parviendra t-il enfin à surmonter ses démons ?

Ce roman poignant et captivant dresse le portrait attachant de deux êtres qui essayent, en se rapprochant, de donner un sens à leur vie marquée jusqu’alors par la solitude.

Biographie

Christian de MOLINER est né le 2 décembre 1956 à Dijon.
Il est marié à Sylvie et est le père d’Anne. 
Il est agrégé de mathématiques et à été longtemps professeur de classes préparatoires au lycée Wallon de Valenciennes. 
Il est passionné d’histoire et de chroniques anciennes.
En préretraite il se consacre désormais à son métier de coeur l’écriture. 
Il a publié une vingtaine de romans et deux livres d’informatique.

Sputnik a souhaité interviewer Christian de Moliner

 

Dans un roman futuriste et prophétique, des nationalistes russes et des islamistes saoudiens tentent de trouver une issue à une guerre civile en France. Comment est-ce possible? Christian de Moliner donne à Sputnik certaines clés pour résoudre cette énigme.

«La guerre civile fait rage en France»: dès le 4e de couverture de ce roman, nous voilà plongés dans le vif du sujet. Si cette phrase peut propulser le lecteur dans la sphère rassurante de l’invraisemblable, une fois que l’on a lu dans le même paragraphe que cette guerre imaginaire «oppose islamistes et nationalistes», on atterrit dans un présent nettement moins hypothétique et l’on perd quelques plumes d’optimise au passage.

Pourtant, la question se pose: pourquoi les Russes sont-ils immédiatement associés au sujet? Christian de Moliner, l’auteur du roman, développe son hypothèse:

«Quand on regarde bien, les nationalistes identitaires en France se tournent de plus en plus vers la Russie. On voit une certaine vénération de la Russie de M. Poutine. J’estime que s’il y a un conflit d’ordre religieux qui éclatait en France, naturellement, les plus extrémistes nationalistes se tourneraient vers la Russie qui serait la protection des chrétiens.»

Une opinion qui risque de semer un doute dans l’esprit du futur lecteur, puisque les fameux nationalistes identitaires ne sont pas forcément plongés dans la chrétienté (encore moins les nationalistes extrémistes). Mais admettons ce parti-pris de l’auteur. Mais dans ce cas, l’héroïne du roman ne devrait-elle pas être une #JeanneDArc, un symbole de l’opposition à l’«envahisseur»? Pourtant, l’héroïne est bien différente de cette image d’Épinal:

«J’ai voulu choisir une fille qui soit de nom arabe et musulmane, mais non croyante, précise à Sputnik l’auteur, par contre, son père est nationaliste. Je pensais que pour l’intrigue du roman, c’était très important.»

Jusque-là, tout va bien, il est très intelligent de semer la graine du conflit au cœur du personnage principal pour que sa vie intérieure reflète en permanence le conflit extérieur, amplifiée. La connaissance de soi, l’évolution de l’âme du protagoniste sont toujours intéressantes à observer, d’autant plus qu’elle grandit avec le déroulement des évènements. Mais l’auteur en décide autrement:

«J’ai aussi voulu placer quelqu’un qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe. Placée au centre de l’intrigue, l’héroïne se rend compte qu’elle est indispensable pour faire un lien entre les différents partis, mais ne comprend absolument pas ce qui se passe. Elle sent qu’elle est manipulée, mais ne sait pas comment. Je voulais y mettre une fille pour que ça soit quelqu’un de fragile.»

Comme l’action du roman se situe dans 20 ans, vers 2038, les choses peuvent encore évoluer. Mais pour l’auteur, il est clair que «cette probable guerre civile se basera sur le fond ethnique et religieux, les deux confondus.» Se voulant être une prophétie du futur, l’histoire de la «Guerre de France» est pourtant solidement ancrée dans le passée, puisque les deux factions de cette guerre civile se sont inspirées d’exemples historiques: le «Front des croyants» fait référence au «Front islamique du salut» (FIS) lors de la guerre civile en Algérie et s’oppose à «L’Armée secrète française», qui est une sorte d’«Organisation de l’armée secrète», (OAS), «ceux qui ont essayé de lutter contre l’abandon de l’Algérie française en 1960», précise l’auteur.

Et les Russes dans cet imbroglio franco-français? Bonne nouvelle pour nos collègues de RT: la chaîne d’information existerait toujours dans 20 ans, puisque l’un de ses journalistes arbore ouvertement sa casquette «médiatique» dans le roman de Christian de Moliner. Pourquoi donner des éléments si concret? Insinuer que c’est juste une couverture? Pas de réponse précise de la part de l’écrivain: «Je ne sais pas si la chaîne existera encore… Le temps que j’écrive mon roman, ils ont changé le nom. Dans l’intrigue, il lui fallait avoir une couverture. Et, dans un ancien temps, beaucoup avaient une couverture de journaliste.» Pour jouer les méchants, devrions-nous ajouter?

Christian de Moliner ne déplace pas par hasard une grande partie de l’action de son livre à Chișinău, capitale moldave, puisque les discussions autour du statut de la Transnistrie reviennent régulièrement dans la presse occidentale, un élément reconnaissable de plus pour assurer le succès du roman. Et cela permet également de «repasser une couche» sur le rôle du réseau prorusse dans le conflit imaginaire français, sans trop s’y avancer:

«Je suis au courant qu’en Moldavie existent deux courants: pro-UE et prorusse, dit Christian de Moliner. Pour l’instant, ce sont les pro-Européens qui sont au pouvoir. Mais l’action se passe dans 20 ans et c’est sciemment que j’ai dit que les « Russes se sentent chez eux en Moldavie », parce que je pense que tôt ou tard l’influence russe va de nouveau s’étendre sur la Moldavie.»

Mais, malgré l’apparition d’agents du GRU, le service de renseignement militaire russe, dont le profil reste flou et quelque peu schématique, le vrai nœud gordien de l’intrigue du roman est étatique. C’est là que réside l’inquiétude de l’auteur, toujours nourrie par les réminiscences historiques de 1958, juste avant le retour du général de Gaulle, quand «le gouvernement était complètement dépassé».

«C’est ce parallèle historique que je prends. La guerre d’Algérie- c’est ce qui risque de se passer en France: la guerre ethnique et religieuse. On a occulté le côté religieux de la guerre d’Algérie, mais qui existait.»

Christian de Moliner n’a peur de rien, ni d’éventuelles critiques, ni des représailles islamistes, puisqu’il a «déjà écrit un livre sur l’Islam et n’a pas été attaqué». Pour lui, il n’y a pas de danger de ce côté-là, «d’autant plus que je présente honnêtement le point de vue islamiste. Je ne juge pas,» se défend l’auteur. Mais cela ne l’empêche pas d’enfoncer le clou:

«La guerre serait telle que le gouvernement serait complètement impuissant.»

Il ne vous reste plus qu’à lire l’ouvrage paru aux Éditions Pierre Guillaume de Roux et à juger par vous-même s’il s’agit d’un «thriller mené à cent à l’heure», comme le mentionne sa notice promotionnelle, d’une sombre prophétie ou encore d’un roman d’espionnage… ce qui risque d’être le plus alléchant pour le lecteur français, par ces temps où l’actualité ramène tous les jours son lot de spéculations sur les agents de l’ombre.

Boulevard Voltaire met en lumière « La Guerre de France » par une interview

Livre : La Guerre de France, de Christian de Moliner

Christian de Moliner, les lecteurs de Boulevard Voltairevous connaissent bien à travers vos chroniques, notamment économiques, et vous venez de publier, chez Pierre-Guillaume de Roux, un roman, La Guerre de France, dans lequel vous racontez la guerre civile entre islamistes et nationalistes qui déchirerait notre pays en 20… en quelle année, selon vous ?

Selon moi, elle a déjà commencé. L’attentat du Bataclan marque le début de cette guerre civile ethnique et religieuse. Les événements que je décris se déroulent entre 2035 et 2040. Dans mon récit, la crise actuelle s’est amplifiée. Aux attentats d’extrémistes musulmans se rajoutent des représailles sanglantes de nationalistes. Ceux-ci assassinent des civils musulmans dans la rue. J’ai pris pour modèle la guerre d’Algérie où, au sein de chaque communauté, des terroristes s’efforçaient de tuer le maximum d’innocents appartenant à l’autre camp.

La question de la partition de notre territoire est évidemment au cœur de votre roman. Annoncez-vous la fin de la France ?

Quelle France ? Celle qui a existé jusqu’en 1970 et qui n’évoluait que très lentement est morte en quatre décennies. Il y a peu de rapports entre notre pays actuel et celui de Charles de Gaulle. Le Général serait horrifié, sans doute, s’il revenait à la vie, mais nous ne pourrons jamais retourner en arrière, sauf si une dictature sanglante se mettait en place et ordonnait des expulsions massives. Je redoute une telle dérive, car le prix humain à payer serait alors terrifiant.

Mon thriller décrit une des solutions possibles : donner l’indépendance aux enclaves musulmanes en échange de la création d’une zone autonome où aucun fidèle du prophète n’aurait le droit de résider. Un début de séparation ethnique qui permettrait de « préserver » la France de toujours dans une fraction de l’Hexagone. Mais cette solution est raciste et elle ne serait acceptable que dans le cas où, comme dans mon livre, la France est en plein chaos.

L’idéal, bien sûr, serait l’intégration des musulmans dans un modèle laïque, où les communautés coexisteraient sans tensions et où aucun culte ne serait privilégié. Cette « fusion » harmonieuse semble malheureusement impossible et les fidèles rigoristes (un tiers des musulmans) s’éloignent de plus en plus de leurs compatriotes athées, chrétiens et juifs ou même des croyants modérés.

Autre solution : une soumission à la Houellebecq. Dans ce scénario, nous finirions par donner les clés du pouvoir aux musulmans (pourtant minoritaires), qui nous « octroieraient » un statut de dhimmitude. Malheureusement, la politique actuelle favorise cette option, car nous réagissons de plus en plus mollement aux empiétements de l’islam dans la vie courante. Dans ce cas, nous assisterions à la fin définitive de la France. Nous devrions même, en principe, changer de nom, car la nouvelle entité n’aurait plus rien à voir avec l’ancienne.

Cette guerre civile est-elle encore évitable ? Si oui, comment ?

Le nombre de musulmans ne cesse d’augmenter. En face, les nationalistes se renforcent d’année en année. Ils rejetteront de plus en plus l’islam (au point de frôler le racisme) et pourraient être tentés par la lutte armée, surtout si les attentats sanglants reprennent. Et il suffit, parfois, d’une atrocité pour basculer en quelques jours dans l’horreur. Le FLN, en 1955, était sur la défensive et le mouvement indépendantiste s’essoufflait. Le conflit était de basse intensité. Les massacres effroyables de femmes et d’enfants européens à Philippeville ont entraîné des représailles sans nuances qui ont révolté la majorité des musulmans algériens : ils sont passé du côté du FLN. Enfin, le pire n’est jamais sûr.

Votre héroïne porte un patronyme arabe et est née d’un père européen. Est-ce qu’au fond, votre livre ne pose pas à la fois la question de l’identité individuelle, familiale et celle de l’identité nationale ?

Si ! Djamila est entièrement « assimilée ». Quand on le lui demande, elle ne peut même pas dire si elle est musulmane ou athée. Elle est française à la mode Zemmour, même si son prénom est arabe. Elle n’adhère, en fait, à aucun culte, comme beaucoup de nos compatriotes dont les ancêtres étaient chrétiens ou juifs. L’identité nationale représente nos valeurs communes : respect de la loi, celui de toutes les religions sans exclusive, de la démocratie, du droit de vote. Mais elle se heurte frontalement avec l’islam des intégristes.

Et pour conclure ?

« La guerre de France » est inévitable et a déjà commencé. Elle est actuellement assoupie, mais elle risque de reprendre à tout moment et de s’aggraver, et j’ai donné les diverses façons d’y mettre fin. Cela dit, mon roman est avant tout un thriller que j’ai essayé de rendre palpitant et j’espère que je ferai passer un bon moment à mes lecteurs !

Propos recueillis par Georges Michel

Profession spectacle rapproche Christian de Moliner de Claire Bauchart

AU RIVAGE DES MOTS : ÉLÉONORE DE MONCHY, CLAIRE BAUCHART ET CHRISTIAN DE MOLINER

(…) Dans La Guerre de France, Christian de Moliner se lance dans un roman d’anticipation : la guerre civile fait rage en France entre islamistes et nationalistes, au rythme d’attentats réguliers et sanglants. Un sommet est organisé en Moldavie pour faire taire les armes. En marge des négociations officielles, tout juste bonnes à donner le change aux journalistes, des échanges ont lieu entre les deux parties, menés (contre son gré) par une jeune femme, Djamila Loufi, musulmane par sa mère et – ce qu’elle apprend dans les premières pages – fille du leader nationaliste. (…)  Lire la totalité de l’article sur le site ici : https://profession-spectacle.net/au-rivage-des-mots-eleonore-de-monchy-claire-bauchart-et-christian-de-moliner/

Robert Redeker trouve que « La Guerre de France » est un très bon roman (sa chronique sur la radio juive)

De quoi la situation française est-elle grosse ? L’office du romancier ne tient pas seulement dans l’exploration du présent, comme fit Balzac, mais aussi de celle des possibilités les plus plausibles, sans devenir nécessaires pour autant. Michel Houellebecq s’y exerça en écrivant Soumission. Christian de Moliner, s’appuyant sur un constat sociologique, culturel et politique, analogue à celui qui inspira Houellebecq, le complétant, s’applique au même exercice avec son dernier roman La Guerre de France.[i]Ce titre est à la fois beau et terrible –  sans doute par sa facture classique. La réalité que son récit instaure s’avère atroce : notre pays, la « douce France », est déchiré jusqu’au feu et au sang par une guerre civile mettant aux prises les islamistes et les nationalistes.

Ainsi avons-nous affaire à un roman d’anticipation politique se déployant selon les codes et les arcanes d’un roman noir, qui surprend le lecteur par son rythme, celui de la série télévisée. La série est la grande invention esthétique de ce nouveau siècle ; La Guerre de Franceen adopte le rythme. Campons le décor – pas plus, pour ne dévoiler la narration. Une jeune femme (Djamila et Anne à la fois) est attirée dans un engrenage qui va la placer au cœur des négociations de paix appelées à déboucher sur le découpage de notre pays en offrant une région aux musulmans, qui serait régie par la seule charia, et une autre, autour de Boulogne-sur-Mer, aux nationalistes purs et durs, interdite, celle-là, aux musulmans. Le premier acte de cette guerre, inaperçu alors en sa vérité, fut l’attentat du Bataclan. Cette situation autorise l’auteur de dresser le portrait de ce qui peut nous arriver – c’est un futur qu’il donne à voir, mais, heureusement, un futur seulement contingent. Ce livre ressuscite en son lecteur les souvenirs de la récente guerre de décomposition de la Yougoslavie – en particulier sous deux aspects : d’un côté par l’affrontement entre les musulmans, caporalisés derrière le drapeau de l’islamisme, et les nationalistes intransigeants, et de l’autre côté par la partition et le dépeçage résultant de cette guerre. Car c’est bien sur l’éventuelle décomposition de la France que ce livre offre des aperçus.

Parlons philosophie. Tout le monde se souvient que Thomas Hobbes a trouvé les termes permettant de sortir de la guerre civile qui ravagea l’Europe durant le XVIème siècle, anarchie que le penseur anglais assimilait à l’état de nature, la guerre de tous contre tous. La guerre civile était alors le vrai nom de l’Europe, ou bien son synonyme. Le roman de Christian de Moliner dévoile cette situation, à laquelle Hobbes voulut mettre fin, comme devenant notre avenir imminent, comme revenant. Parlons politique. Ce fut Richelieu qui, en imposant l’Etat moderne, mit à mort ce désastreux et inhumain état de guerre civile. Avant son action, catholiques et protestants se partageaient le territoire national. Il existait en France des enclaves protestantes fort ressemblantes à l’enclave musulmane exigée par le chef des islamistes du roman, El Idrissi. Dans ce climat de partition du royaume la violence idéologique régnait : aux sanguinaires Michelinades de Nîmes répondirent à dix ans de distance les non moins sanguinaires massacres de la Saint Barthélémy. Richelieu fut à la politique ce que son aîné Hobbes fut à la philosophie : le point final de la guerre civile, l’entrée dans la modernité politique. Le livre de Christian de Moliner projette dans le futur, avec des acteurs inédits (islamistes et nationalistes remplaçant protestants et catholiques), une situation politique qui caractérisa la préhistoire de la modernité.

A la faveur d’un suspense haletant, le lecteur suit deux pistes : celle du drame familial de cette jeune femme, Djamila-Anne, bref la petite histoire, et celle de la grande histoire, cette  tragédie où règnent la mort et les passions ravageuses, le mal et la destruction comme le signale Hegel. La grande histoire où, toujours selon Hegel, les individus sont sacrifiés. Bref, la politique et la géopolitique.  Dans ce proche avenir, brossé par le romancier, nous reconnaissons sous des traits amplifiés une réalité que nos yeux ont vu naître du temps où l’on commençait à parler des territoires perdus de la République. De ces « territoires perdus… » au dépeçage national, passant par la guerre,  supposé par le romancier la conséquence va de soi.  La Guerre de Franceest son apocalypse. Même si aucun avenir n’est sûr dans l’histoire, ce roman, en développant une des possibilités en germe dans notre présent, sonne, à côté de ceux de Michel Houellebecq et de Boualem Sansal, comme un avertissement.

[i]Christian de Moliner, La Guerre de France, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 213 pages, 19,90€

Robert Redeker, professeur agrégé de philosophie, pose ici à l’occasion de la sortie de son livre « Le Soldat Impossible », aux Editions Pierre Guillaume de Roux.
C’est lors d’une visite chez son éditeur que ce boulimique des tribunes et des polémiques a accepté de prendre la pause quelques instants. Rappelons qu’en 2006, après avoir publié dans les colonnes du Figaro une tribune, il avait reçu des menaces de mort d’un djihadiste fou, décédé depuis dans une opération kamikaze contre la CIA en Afghanistan.

« Un bon premier roman d’anticipation politique » selon Argoul

Christian de Moliner, La guerre de France

Christian de Moliner n’est jamais meilleur que lorsqu’il quitte le présent pour conter une histoire. Dans ce thriller de politique fiction, il imagine la France de 2035, vingt ans après les premiers attentats islamiques de 2015 au Bataclan sous le pantin mollasson qui présidait alors socialement « la démocratie ». Vingt ans et trente mille morts plus tard, c’est la guerre en France. Deux clans s’affrontent : les islamistes qui font de leurs ghettos de banlieues des forteresses où la République ne rentre plus – et les nationalistes qui organisent les représailles et pratiquent le biblique œil pour œil.

C’est donc l’impasse et le gouvernement reste impuissant malgré ses moyens régaliens, empêtré de tabous et de morale.

C’est alors qu’une étudiante à Science Po habitant rue du Dragon, Djamila Loufi, est abordée dans la rue par un mystérieux agent qui se fait appeler Charles Maur… non, pas lui, Maurras, mais Mauréan. Ce qu’il lui propose est inouï : aller rencontrer les deux chefs des clans islamique et nationaliste à la conférence de Chisinau, organisée conjointement par les Russes et les Saoudiens dans la minuscule République de Moldavie, à peine 500 000 habitants, coincée entre l’Ukraine et la Roumanie.

Pourquoi elle ? Parce qu’il lui révèle qu’elle est la fille du dirigeant nationaliste, issue « d’un viol » selon sa mère, sa condisciple étudiante (devenue bizarrement aide-soignante) avant de se suicider quatre ans auparavant. Mais « le viol » – ce fantasme récurrent de l’auteur – est une histoire construite par la mère, pas forcément la réalité… C’est ce que va découvrir peu à peu Djamila/Anne, étant forcée d’accomplir malgré elle tout ce qu’on lui demande. Car sa copine Pauline a été enlevée et une voiture manque de l’écraser dans la rue ; mais elle est désignée major du concours de journalisme à Science Po et obtient passeport et visa en deux jours.

La guerre de France va-t-elle faire une pause grâce à la négociation, sinon s’arrêter ? Car aucun des deux clans ne peut gagner pour le moment ; les islamistes comptent à terme sur leur natalité galopante, les nationalistes sur le rejet croissant des valeurs incompatibles avec la république – et cela fait vingt ans que cela dure.

Tout citoyen peut contester le parti-pris historique de l’avenir en objectant par exemple que l’Etat – pourtant quasi-monarchique sous la Ve République avec l’article 16 de la Constitution – a bien plus de pouvoir que le lamentable exemple hollandais a laissé ; que « les Français » ne supporteraient pas vingt ans d’attentats croissants et un tel nombre de morts sans élire « démocratiquement » un gouvernement fort sur l’exemple autrichien, hongrois, italien, américain et même allemand, qui n’hésiterait pas à remettre en cause les « aides sociales » aux terroristes et à déchoir de nationalité puis expulser les pires ; que la minorité religieuse qui se met volontairement en infraction avec les lois républicaines ne pourra qu’être rejetée massivement par les électeurs si elle devient trop menaçante – avec l’aide probable des autres pays européens affectés des mêmes maux ; que les tabous de la morale ne résistent pas longtemps quand on tue vos enfants.

Mais l’intérêt du livre est de projeter une hypothèse vraisemblable sur le futur, comme Jean Raspail l’avait fait en son temps sur l’immigration venue de Méditerranée avec Le camp des saints. L’arrestation, après que ce livre fut écrit, d’une cellule anti-islamiste qui se proposait de répliquer par des attentats ciblés aux attentats ciblés – prémisse d’une guerre de France – vient conforter la fiction.

Ce livre qui sort le 30 août devrait alimenter le débat lors de la rentrée littéraire. Il offre un divertissement utile en forçant à penser l’impensable : comment éradiquer le terrorisme ? comment faire vivre en bonne entente des communautés sous une même loi laïque ? ou comment expulser in fine les incompatibles ? L’histoire est écrite sans fioritures, les caractères approfondis et l’action progresse de chapitre en chapitre sur un alléchant mode complotiste. Voici un bon livre, dans la lignée de l’étude sur l’islam en pratique mais surtout du premier roman d’anticipation politique qu’est Trois semaines en avril et qui forme une suite. Qu’on se le lise !

Christian de Moliner, La guerre de France, 2018, Pierre-Guillaume de Roux, 140 pages, €23.00

Les œuvres de Christian de Moliner chroniquées sur ce blog

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85