Le roman de Philippe Olagnier à l’honneur dans France Net Infos

“Les bras d’Odin” le nouveau roman historique de Philippe Olagnier par Dominique Iwan

Les amateurs des « Vikings » série canado-irlandaise, de « The last Kingdom » série britannique ou simplement d’histoire anglo-saxonne et scandinave vont sans doute adorer le dernier livre de Philippe Olagnier paru aux Editions de l’Onde en septembre 2020.

Conférencier, Philippe Olagnier est aussi un auteur qui appuie son acte d’écriture sur des contextes historiques ou sociétaux extrêmement bien documentés. C’est le cas de son dernier roman historique “Les bras d’Odin”  …

… Nous sommes dans les années 900 environ dans un des nombreux fjords sur les côtes d’Europe du Nord … Asgeir chef de clan, devenu Jarl dès ses vingt hivers passés, a convoqué l’assemblée du Thing (mot dérivé du vieux danois désignant une assemblée dans les anciennes sociétés d’Europe du Nord), pour la convaincre d’organiser une expédition vers l’Angleterre avec l’aide d’Arvid …

… Arvid, jarl installé sur les terres normandes et adoubé par Asgeir pour y créer une colonie viking est l’allié idéal par nécessité et par devoir.

Alliant “la force du commandement pour conquérir dans un premier temps, et l’habileté du négociateur pour parvenir, dans des conditions favorables aux vikings, à rester sur une terre et à cohabiter avec les peuples indigènes d’abord soumis par l’épée”, Arvid avec cette double faculté, a une compréhension très fine de la situation géopolitique de la région.

Tenant compte dans un premier temps, de la difficulté de leur installation en Normandie conquise de haute lutte par de lourds combats puis par des négociations en vue d’un traité durable …

… et d’autre part de la présence de plus en plus prégnante de cette nouvelle religion le christianisme, qui implante des monastères  et accumule en ces lieux des richesses énormes en imposant prélèvements et impôts …

… Arvid réalise qu’il ne peut plus croiser le fer en Normandie pour éviter à sa colonie devenue prospère de casser les équilibres avec les Francs, mais par contre est tout à fait favorable à un raid en Angleterre contre les nouveaux monastères et contre les moines conquérants qui moquent les traditions et ridiculisent les dieux vikings.

Tous ces arguments rassurent Asgeir  et le confortent dans sa décision d’organiser cette expédition, mais pour lui la situation est bien plus compliquée, les contrées du Nord où son clan est installé connaissent depuis deux années une vague de froid sans précédent, ses derniers combats avec les Inuits les ont affaiblis et leurs terres donnent peu en termes de récoltes … cette prochaine opération est donc vitale.

L’alliance entre les deux clans et le raid sont votés par l’assemblée du Thing ainsi que la préparation des fameux Drakkars …

Quelques mois auparavant, en Europe germanique, la question de l’évangélisation et de la conversion de certaines communautés encore païennes s’impose de plus en plus …

… C’est Adalbert jeune noble germain ayant l’oreille de l’Empereur qui réunit une assemblée pour établir une stratégie …

… et c’est Frère Thomas jeune ecclésiaste recommandé à Adalbert par la récente papauté qui par son érudition, son expertise et une foi missionnaire implacable, qui s’exprime ainsi : “Nos premiers missionnaires, même les plus doués, ont tous échoué dans l’oeuvre de ridiculisation de leurs divinités (…) nous devons réfléchir  plutôt à les récupérer qu’à les combattre de front.” Frère Thomas sera le bras séculier de cette stratégie.

Une bataille nous conduira aux portes du Walhalla … mais je n’en dis pas plus tant ce roman “les Bras d’Odin” nous emporte dans l’ère viking qui s’est révélée un apport important dans l’histoire de notre continent.

Un roman étrange et jouissif, très prenant (…) Puritains et conformes s’abstenir.

Frederika Abbate, Les anges de l’histoire

Sixième roman étrange d’une autrice de 60 ans née à Tunis quatre ans après l’indépendance, Les anges de l’histoire sont une fiction à la Philip K. Dick. Nous sommes dans notre monde mais en parallèle, dans une dystopie possible d’ici quelques décennies. C’est ce qui fait le charme de ce roman de réalité anticipée, nourri d’art, de sexe et de cybernétique.

Premier point : la cybernétique est désormais intégrée au monde humain avec le progrès de la vitesse et de la miniaturisation des puces ; chacun manipule du code ou est manipulé par lui, en direct ou via des algorithmes. Second point : l’art est plus que jamais indispensable pour penser le monde et se le concilier – une sorte de nouvelle « religion » selon Malraux (du religere latin : qui relie). Troisième point : l’art et la vie sont indissolublement mêlés, et la vie est avant tout sexe, acte social et génésique, jouissance suprême qui fait entrevoir la fusion avec le cosmos.

Vous l’aurez compris, ce roman met en scène tout cela dans des descriptions torrides d’unions sexuelles orgiaques entre individus, entre genres, entre espèces, la cybernétique permettant la manipulation (génétique et psychologique) de façon à démultiplier les occasions d’« art ».

Malgré un récit d’enfance un brin étriqué sur quelques pages – mais la limite légale des 15 ans est indispensable à notre société puritaine volontiers réactionnaire en ce qui concerne l’enfance – le personnage principal du livre, Soledad (qui est un garçon malgré ce prénom), parvient vite à sa maturité. Orphelin né en Lorraine mais adopté à Dieppe, il ne sait pas aimer même s’il tombe amoureux. Le lien n’est pour lui que sexuel ou informatique depuis qu’à l’âge de 15 ans cette carcasse « préhistorique » s’est retrouvé empalée sur une fille plutôt en marge qui créait des formes sur ordinateur. Cela lui révèle que « l’amour » est un langage codé.

Tout alors se précipite : le dérèglement irraisonné de tous les sens, la fugue du domicile pour vivre sous les ponts, la drogue et la baise, la philosophie de chambrée universitaire où il squatte par curiosité pour l’informatique, la rencontre d’une femme riche qui le sauve de la déchéance et lui permet de s’exprimer par la sculpture, le voyage initiatique en Thaïlande avec le frère de cette femme et sa découverte chamanique de l’amour tantrique où il le sodomise pour faire une expérience, une Faustine archéologue qu’il sauve des marais, sa première exposition de sculptures dans une galerie de Bangkok qui le fait connaître, la commande d’une œuvre par un Russe qui l’invite dans sa datcha sur une île au nord de Saint-Pétersbourg, et puis…

… sa révélation d’un Paris devenu en quelques années en proie au chacun pour soi du fric, où l’hyper-capitalisme à la Trump fracture durablement la société entre riches qui peuvent tout et pauvres à jamais soumis. Des tanks sur les boulevards tirent carrément sur une manifestation d’« Ombres », sortes de Gilets jaunes en capuches noires qui se disent oubliés. Soledad le solitaire rencontre des résistants au Système. Ils agissent dans la canopée d’une forêt qui a poussé anarchiquement sur les ruines du quartier de Saint-Germain qui retrouve son nom des Prés. La forêt comme signe de la vie qui toujours va. Il rencontre Laura aux cheveux bleus qui jouit magnifiquement, Markus le géant expert informatique, Dov l’hermaphrodite qui gère un bordel spécialisé. Il sauve Ariel, un enfant aux bras piqués, à l’esprit déstructuré par ce que ses parents puis la société lui ont fait subir.

Car dans le nouveau monde du chacun pour soi égoïste, la morale a volé en éclats. Seuls comptent les désirs et la réalisation des fantasmes. Toutes les barrières tombent, entre âges et entre espèces, des hybrides d’humains et d’animaux se vendant en bordels exotiques pour le plaisir et la douleur des pervertis par l’absence de tout cadre social, des enfants étant enlevés ou vendus pour viols, torture ou prélèvement de sang où se baigner en jouvence. Les vices humains alliés à la puissance de l’informatique et du pouvoir de l’argent vont très loin. Il s’agit moins d’un « complot » que d’une dérive systémique, le transhumanisme transgressant tout sens via le dérèglement raisonné de tous les sens. Ce qui est vérité n’est pas dans le fait mais dans ce que l’on croit ou ce que l’on désire. La vérité appartient à ceux qui ont le pouvoir, les moyens, l’audace. Tout le reste n’est que vie appauvrie de looser, « des humains transformés en automates » p.210, conditionnés au travail, aux transports, à la consommation – à la reproduction en masse de la masse – « la conspiration des endormis », disait Soledad à 15 ans.

De l’Initiation à l’Hadès via la Canopée Soledad, l’abandonné solitaire, va trouver en trois parties le sens de sa vie et une identité dans la résistance. Le sexe conduit à l’art qui conduit au décryptage des codes – c’est aussi simple que cela. Au fond, s’il n’y avait pas la mort, y aurait-il la vie ? Si nous ne devions pas mourir un jour, vivre aurait-il un quelconque prix ? Dès lors, remplacer l’homme par l’être cybernétique a-t-il un sens ? « Dans l’amour (…) se réalise l’union du charnel, du mental et de l’affectif. Nous faisant vivre des moments exquis, exceptionnels. Baignant dans l’harmonie du charnel et de l’invisible, nous éprouvons alors très fortement le sentiment d’exister » p.163. Soledad se veut le créateur d’un art sous forme de code qui fera se rejoindre l’âme et le corps. Il ne peut que réprouver ceux qui créent un code pour les séparer en niant le corps !

Un roman étrange et jouissif, très prenant, qui évoque Philip K. Dick avec sa puissance d’anticipation par l’imaginaire. Puritains et conformes s’abstenir.

Frederika Abbate, Les anges de l’histoire, 2020, Nouvelles éditions Place, 308 pages, €23.00

Site officiel de l’autrice

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

Un extrait du nouveau livre de Pierre Ménat dans Economie Matin

L’UNION EUROPÉENNE EST-ELLE ÉLOIGNÉE DES CITOYENS ? (EXTRAIT)

Emploi, santé, immigration, climat, retraites : telles sont les principales préoccupations des citoyens européens. L’accès au système de soins et la confiance en celui-ci se sont élevés au premier rang en 2020 du fait du coronavirus. Or ces mêmes citoyens, au demeurant inégalement confiants dans leurs gouvernements nationaux, n’ont pas l’impression que l’Europe soit en mesure de faire mieux et davantage. Dans la plupart des cas, ils ne savent d’ailleurs pas quelle pourrait être la valeur ajoutée de l’UE.

Il faut reconnaître que la crise sanitaire née de la pandémie de COVID 19 a initialement montré la faible réactivité de l’Union européenne. Certes, la santé est de compétence nationale, mais face à un phénomène touchant tous les États membres et au-delà l’ensemble des pays du continent, on aurait pu s’attendre à des initiatives rapides sur deux plans : la solidarité face à la maladie (par exemple au travers de la mise en commun de certains matériels ou de la recherche) et surtout des mesures énergiques face à la crise économique qu’engendre ce virus. Il a fallu attendre des semaines pour que des initiatives, d’une portée encore incertaine, soient prises.

Pour l’immigration, le cadre européen semble adapté, mais les décisions sont peu appliquées. En ce qui concerne le changement climatique, l’attitude de l’Union européenne, comme nous l’avons vu, est très honorable, mais son action est mal connue des opinions. Dans son discours de démission du gouvernement, en août 2018, Nicolas Hulot n’a même pas prononcé le mot « Europe ». En revanche, dès qu’un problème se pose, comme pour le chômage ou les retraites, les responsables politiques nationaux, pas seulement ceux de la mouvance populiste, sont prompts à montrer Bruxelles du doigt.

Cet éloignement des citoyens des décisions européennes varie selon les pays. Après le grand élargissement, les Européens de l’Est semblaient plus enthousiastes à l’égard de l’Union que leurs voisins de l’Ouest déjà blasés. Mais cette période n’a pas duré : les peuples de certains nouveaux États membres n’ont pas tardé à être sensibles aux discours stigmatisant les atteintes par Bruxelles à leur souveraineté, qu’ils pensaient avoir recouvrée après 1989.

Si l’on prend le cas des Français, force est de constater qu’ils n’ont aucunement le réflexe de se demander ce que l’Europe peut leur apporter dans leur vie quotidienne ou lors d’une crise. Ils entendent au contraire que l’Union est une gigantesque machine dont le seul objectif est de les punir ou de leur porter préjudice. Il n’est pas certain que l’annonce des 40 milliards d’euros dont bénéficiera notre pays dans le plan de relance suffise à corriger cette tendance.

Au-delà des excès ou insuffisances de la parole politique, cette situation reflète trois déficits. D’abord un déficit d’information. Quand entend-on parler de l’Europe ? D’abord, lorsque le Conseil européen se réunit, car les déplacements du chef de l’État sont suivis par les médias. On voit le président arriver à Bruxelles ; des images de la salle où s’attablent une quarantaine de chefs d’États ou de gouvernement et quelques autres personnalités sont diffusées. Puis, pendant des heures, les caméras nous montrent le bâtiment du Conseil ; les commentateurs ne peuvent rapporter que des bruits de couloirs. Enfin, tard dans la soirée ou dans la nuit, la réunion s’achève. Le président donne sa conférence de presse lors de laquelle il rend compte des discussions. Il parle par exemple du coronavirus ou de CFP (cadre financier pluriannuel). Les journalistes présents sont des spécialistes des sujets européens ; ils posent des questions ne pouvant être comprises que par les initiés, de même que les réponses qui leur sont apportées.

On parle aussi un peu d’Europe lors des campagnes électorales, notamment celle de l’élection des députés européens. Les eurosceptiques s’en donnent à coeur joie. À leur propagande, nul n’ose répondre. Paradoxe absolu : la campagne pour les élections au Parlement européen s’est déroulée sans véritable débat sur l’avenir de l’Union. Chacun est resté dans son couloir. Et le plus grave est qu’après le scrutin, tout a continué comme avant.

Ce qui nous manque : une information factuelle, explicative, systématique sur les principaux enjeux européens. Celle-ci ne peut reposer que sur le seul gouvernement, qui serait taxé de propagande. Les médias ont une responsabilité importante. Leur problème ? « Quand on fait des sujets sur l’Europe, ça n’intéresse pas, l’audience baisse, la chaîne concurrente qui diffuse un reportage sur Johnny et les autres qui passent des séries-cultes vont faire un malheur à l’audimat ». Or il faut faire comprendre aux Français que les décisions prises à Bruxelles ont autant, sinon beaucoup plus d’impact sur leur vie que les déclarations faites dans la cour de l’Élysée.

[…]

Le deuxième déficit tient à la quasi-ignorance de la notion de citoyenneté européenne. Celle-ci a été instaurée par le traité de Maastricht, et elle figure à l’article 9 du traité sur l’Union européenne : « Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un État membre. La citoyenneté de l’Union s’ajoute à la citoyenneté nationale et ne la remplace pas ». Or dans leur immense majorité, les Européens ignorent qu’ils sont aussi citoyens de l’Union européenne. Le sauraient-ils qu’ils se demanderaient, avec raison, ce que cette qualité leur apporte. Elle n’est pourtant pas sans conséquence. Elle permet par exemple aux nationaux de tout État membre de se présenter à certaines élections dans un autre État, ou de concourir à des fonctions publiques. Certes, cela n’intéresse pas ceux de nos compatriotes souvent réticents à l’idée de s’éloigner de leur domicile pour leur activité professionnelle, mais cela concerne les centaines de milliers de Français résidant dans un autre État membre.

Par ailleurs, le traité de Lisbonne a institué un droit d’initiative populaire, jusqu’ici ignoré. Si au moins un million de citoyens provenant « d’un nombre significatif d’États membres » le souhaitent, ils peuvent inviter la Commission européenne à présenter une proposition. Or les citoyens ou leurs représentants, prompts à interpeller leurs gouvernements et souvent critiques envers la Commission européenne, ont la possibilité de se grouper avec leurs « concitoyens » d’autres États pour solliciter une proposition de la part de l’exécutif européen. Ils ne le savent pas.

De manière générale, cette notion de citoyenneté européenne mériterait d’être développée. C’est à juste titre que la France a proposé que les élections au Parlement européen se déroulent dans le cadre d’une circonscription électorale unique dans toute l’Union, avec présentation de listes transnationales. Cela permettrait d’éviter que les campagnes électorales en vue de ce scrutin se concentrent sur les seuls sujets de politique intérieure nationale et évoquent enfin les enjeux européens, qui sont quand même la raison d’être des élections européennes. Cette idée a été repoussée par le Parlement européen pour 2019. Gardons-la à l’esprit pour l’avenir.

Déficit de proximité enfin. « L’Europe, c’est loin. L’Europe, c’est les autres (tel l’enfer sartrien) ». C’est ce que pensent les Français. Ils n’ont pas de sentiment d’appartenance à l’Union, ne se sentent pas proches des Estoniens ou des Bulgares. Là encore, une fracture existe. Les jeunes, notamment diplômés, et les catégories aisées ont l’habitude de voyager. Certains citoyens engagés, notamment les agriculteurs, ont parfois l’occasion de rencontrer leurs homologues d’autres États européens. Mais il demeure un grand nombre de Français qui n’ont jamais pris l’avion. Certes pourraient-ils communiquer sur le net, mais l’obstacle des langues reste dirimant. Ce n’est pas seulement de l’Union européenne que les Français se sentent éloignés mais aussi des nationaux d’autres États.

Ceci est un extrait du livre « Dix questions sur l’Europe post-covidienne : Entre défiance et puissance » écrit par Pierre Ménat paru aux Éditions Pepper (ISBN-10 : 234321154X, ISBN-13 :  978-2343211541). Prix : 12 euros.

Reproduit ici grâce à l’aimable autorisation de l’auteur et des Éditions Pepper.

« Dix questions sur l'Europe post-covidienne : Entre défiance et puissance » de Pierre Ménat

L’Hebdo Bourseplus consacre trois pages au livre de François de Coincy

Littérature

Hebdo Bourse Plus n°1063

Yannick URRIEN

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Mozart s’est-il contenté de naître ?

La période de confinement a au moins le mérite de nous permettre de découvrir des auteurs qui publient des essais uniquement en format numérique et qui ont parfois des analyses intéressantes. Tel est le cas de François de Coincy, chef d’entreprise à la retraite, qui développe des idées libérales en partant d’une analyse quasi philosophique sur l’inné et l’acquis dans son ouvrage intitulé « Mozart s’est-il contenté de naître ? ».

L’auteur, que nous avons interrogé, revient sur
l’origine de ce titre : « Il y a une question que l’on peut
se poser et qui va définir un choix de société et, en
fonction de ce choix de société, la réponse économique apparaît plus claire. Le choix d’une économie, c’est aussi le choix d’une vie et d’une philosophie d’existence. Si l’on choisit la liberté plutôt que le collectivisme, c’est parce que, fondamentalement, on a envie d’être libre et d’être soi-même. C’est une philosophie d’existence. Si l’on n’est pas capable de répondre à la question posée, on doit déjà essayer de se poser la question pour se comprendre soi-même. »

Selon lui, lorsque l’on entend le gouvernement expliquer que l’on résoudra tout par la croissance, cela ne signifie pas grand-chose car, derrière la croissance, il y a l’emploi : « Il y a surtout des projets. Les hommes sont faits pour faire des projets car sans projet, on n’existe pas. Notre existence est d’abord ce que l’on a envie de réaliser, même si on ne le réalise pas. Notre activité, c’est de pouvoir se projeter pour faire quelque chose, car c’est ce qui donne un sens à notre existence. C’est le mouvement et l’action. C’est pour cela qu’il ne faut pas se tromper de sens quand on réfléchit sur l’économie. Donc, c’est l’emploi qui fait la croissance et ce n’est pas la croissance qui fait l’emploi. »

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Derrière l’emploi, il y a aussi l’analyse que nous pouvons faire sur notre contribution

https://www.bourse.fr/hebdo-bourse-plus/1063/120/hebdo-article.html

personnelle au système économique et l’auteur nous incite à réfléchir sur la richesse que nous apportons individuellement : « On se compare souvent par rapport à ses revenus, sans se poser la question de ce que l’on apporte comme richesse. Il n’y a pas uniquement le revenu que l’on tire, c’est ce que l’on apporte qui est intéressant. C’est ce qui justifie une certaine inégalité dans les revenus. Les gens ont des capacités productives très différentes. Elle est très forte chez certains et plus faible chez d’autres. C’est ce qui justifie la nécessité d’avoir une grande solidarité entre les gens. Mais il ne faut pas oublier que la richesse se crée. Dans un monde libre, si les gens sont riches, ce n’est pas un hasard. Dans un monde contraint, c’est différent, la richesse n’est pas nécessairement celle de notre travail. Le principe de la liberté, c’est que l’on a droit au produit de son travail et la richesse n’est pas un système de répartition, mais d’abord un système de production. »

Cependant, François de Coincy n’hésite pas à dénoncer les travers de la société : « Il y a une tentation permanente de se laisser aller vers la protection de l’État, donc vers davantage de réglementation, sans avoir beaucoup de degrés de liberté. Ce que je crois, c’est que les degrés de liberté permettent l’initiative, mais aussi de nouvelles richesses et de nouvelles avancées. Il ne faut pas oublier que seulement 40 % de la société économique est réellement libre. Le reste est un monde dirigé : je ne parle pas de réglementation, mais de marché dirigé. Quand vous avez des prix qui sont imposés, on est dans un marché dirigé. Mais quand vous avez une réglementation qui permet de clarifier les échanges, cela permet beaucoup plus de libertés. »

Cela lui donne l’opportunité de rappeler qu’un emploi de fonctionnaire a pour effet de tuer deux emplois dans le secteur marchand : « C’est une tentation permanente des politiques, parce qu’ils ont les moyens de l’État à leur disposition, des demandes permanentes, et la tentation est de répondre par un certain dirigisme en disant qu’ils vont faire toute une série de choses en embauchant des gens. Cette tentation est horrible, parce que cela nous emmène dans un monde contraint. Il faut savoir en sortir. Il aurait fallu que les décisions soient de plus en plus proches des gens : c’était l’idée de la régionalisation. Mais on a créé des régions qui n’ont en réalité aucun pouvoir et qui ne décident rien. On n’a pas réussi à créer un système politique qui nous libère davantage. »

Le point le plus important de la démarche intellectuelle de François de Coincy porte sur les paradoxes de cette société de plus en plus égalitaire, qui consiste à faire passer le plus productif pour un voleur : « Ce n’est pas nouveau. On dit depuis très longtemps qu’il est plus difficile à un riche d’aller au paradis… Donc, c’est depuis toujours. Il y a beaucoup plus de gens pauvres que de gens riches. Le principe du politique est de satisfaire une certaine demande, donc la tentation populiste est très importante. Elle a toujours existé, sous différentes formes. Je pense que l’on avait commencé à en sortir en parlant de la raison et non de la croyance, mais j’ai l’impression que l’on oublie cela. Il faudrait voir les choses avec beaucoup plus de raison que de croyance ».

C’est à partir de ce moment de notre entretien avec François de Coincy que nous revenons sur le titre de son livre. En effet, il rappelle que la société cherche à corriger les inégalités d’origine sociale à la naissance, mais pas les inégalités d’origine physique : d’un enfant riche, on dira qu’il s’est contenté de naître, ce que l’on ne dira pas d’un enfant doué… Donc, on n’a pas dit de Mozart qu’il s’était contenté de naître…

L’auteur explique : « La réponse n’est pas facile. Elle demande une réflexion assez forte sur le plan philosophique, mais il faut se poser la question. On fait ce reproche aux riches, parce que c’est le hasard, mais on ne reproche pas aux gens d’être plus intelligents que les autres. Les gens qui sont plus forts ou plus beaux ont cette chance, mais cela fait

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partie des inégalités que, clairement, on ne corrigera jamais. Il faut que chacun s’accepte en essayant de se battre avec ses moyens. Les inégalités de fait, c’est la solidarité, mais on ne doit pas rechercher l’égalité à tout prix, parce que l’on n’y arrivera jamais. »

Dans le cadre de ce débat sur l’égalité et sur les inégalités à la naissance, on en arrive à la question de l’héritage, que certains technocrates veulent remettre en cause. François de Coincy a une approche presque royaliste en la matière : « Je dis qu’il faut voir l’héritage comme une perspective. Si l’on considère que l’on est unique et que tout disparaît après nous, effectivement l’héritage n’a plus aucun sens. Si l’on se considère dans une continuité, on ne travaille pas pour soi, mais pour les gens qui vont nous succéder. C’est cette vision qu’il faut avoir. Si l’on prend un haut fonctionnaire qui va diriger une entreprise, il a comme seul horizon l’État et c’est relativement à court terme. Un patron de PME va penser autrement. C’est un peu comme le forestier qui plante un arbre : quand il le plante, il le voit avec les yeux de ses futurs petits-enfants. C’est en cela que l’héritage peut être une bonne chose, parce que cela engage les gens à investir, plutôt que de consommer et de dépenser. Investir, c’est travailler en n’ayant rien en compensation, l’investissement est au bénéfice des autres. En réalité, le riche est celui qui ne consomme pas ce qu’il a produit. D’une manière générale, il y a un esprit qui arrive à se construire au sein d’une famille et l’on va être plus tenté de faire prospérer une saga, que d’aller s’acheter un yacht ou une villa dans les Caraïbes. La vie d’un entrepreneur, c’est quand même de faire des projets et de faire de nouvelles choses. »

En conclusion, notre chronique littéraire dédiée à cet ouvrage numérique, ou e-book, permet de mettre en exergue cette réflexion : « L’acceptation individuelle de l’inégalité est possible dans un monde libre où la modification de son destin est choisie. » Cet entrepreneur a donc voulu partager avec ses lecteurs ses idées libérales en expliquant en quoi elles permettent de faire progresser la société et de nous faire progresser nous- mêmes.

« Mozart s’est-il contenté de naître ? » de François de Coincy est publié par Bookelis.com (uniquement en e-book)

Une vision courageuse d’Algériens sans frontières (suite au boycott massif du référendum sur la Constitution de l’Algérie du 1er novembre 2020)

UNE VISION COURAGEUSE

La réalité.

La Constitution est le socle commun sur lequel se construit les fondements juridiques, culturels et coutumiers d’une société. En plus du cadre légal régissant les activités des institutions, on y trouve la matrice de l’inspiration collective. Cette Loi fondamentale est dictée par une histoire commune, par des constantes et des symboles admis communément par les citoyennes et les citoyens.

Au regard de ces impératifs, comment peut-on concevoir ou appliquer une constitution qui ne soit pas le reflet de la volonté collective ? Comment sans écueil, sans mettre à mal les droits et les désirs du peuple, imposer à celui-ci une vision désavouée par avance.

Or en Algérie, avec le référendum du 1ernovembre 2020, nous avons assisté à un triste spectacle. Le taux officiel de participation avoisine les 23 %, tandis que le taux d’approbation arrive à peine à 15 % voire moins !  La population a été invitée à se prononcer pour ou contre un texte qui n’a pas fait l’objet de consultations, ni de débats préalables. On impose comme d’habitude, comme si le peuple ne peut réfléchir, décider ou choisir. D’ailleurs, à défaut d’être sourd le Hirak, ce mouvement populaire pacifique algérien né le 22 février 2019, ne cesse de clamer à qui veut entendre ses revendications légitimes.

Le Peuple algérien est ambitieux, il a droit à un meilleur avenir. Il est en droit de prétendre à la rédaction d’une constitution conformément à sa volonté et à ses souhaits. Du 13 au 20 août 1956, le Congrès de la Soummam a enfanté le 1ertexte fondateur de l’Etat algérien, un texte qui malheureusement n’a pas été appliqué dans son intégralité. Le Hirak revendique depuis le début que la renaissance ou la refondation de la Loi fondamentale intègre les aspirations de la Soummam.

Cela dit, il y a du pain sur la planche. Le débat démocratique et partisan ayant été atomisé par le règne du président Abdelaziz Bouteflika pendant ces vingt dernières années, il est à constater que la relève incombe désormais à chaque citoyen. Bien entendu, il est également à espérer que la parole des partis politiques deviendra audible et surtout sans compromission conjoncturelle ou de circonstance.

L’actualité nous interpelle également dans nos sociétés occidentales dites démocratiques. L’exemple flagrant est celui de la démocratie américaine dans laquelle finalement le peuple n’exerce pas sa souveraineté en totalité et pleinement. Les élections présidentielles récentes confirment ce constat. Par le mode électoral indirect induisant le vote de grands électeurs, le pouvoir du peuple s’effrite finalement.  C’est également le cas dans la désignation des sénateurs en France, par le suffrage universel indirect.

Nous sommes en droit de poser le débat sur la gouvernance des démocraties et les modes d’exercice de la souveraineté du peuple.

Une alternative :

Pouvons-nous être ambitieux et souhaiter le meilleur pour son pays ?
La réponse est évidente mais encore faut-il définir et puis avoir le courage de partager ce meilleur.

La Constitution idéale, rêvée, décrite dans l’ouvrage * de Lachemi Belhocine et de Reza Guemmar ne peut laisser indifférent plus d’un.

Toute loi fondamentale est perfectible. Celle figurant dans cet ouvrage a plusieurs mérites, notamment ceux de la stabilité et de la modernité, en sus de son efficience.

En effet, cette œuvre est issue d’une étude comparative de 130 constitutions à travers le monde. Les auteurs se sont attachés notamment aux principes de jurisprudence et aux mécanismes juridiques qui ont fait leurs preuves depuis très longtemps.

La démocratie est très certainement une conception qui varie d’un pays à un autre. Par cette proposition du Projet de constitution de l’Algérie Nouvelle, les auteurs semblent privilégier une démocratie et une organisation de la vie politique et culturelle spécifiques aux us et coutumes de l’Algérie. Cette proposition de démocratie à l’algérienne est soucieuse des valeurs historiques et culturelles algériennes.

Dans le préambule du projet, il est fait référence aux valeurs de la culture algérienne et à l’esprit du Congrès de la Soummam.

Oui comment ne pas être ambitieux lorsqu’il est proposé ?

  • La neutralité et l’impartialité de l’Etat dans le domaine des cultes.
  • Une égalité parfaite entre les femmes et les hommes
  • Une démocratie participative (souveraineté du peuple).
  • Une indépendance du pouvoir judiciaire (avec une autonomie organisationnelle et budgétaire)
  • Une réforme de l’État (décentralisation du pouvoir exécutif, autonomie communale, mise en place d’une armée républicaine et protéger l’Institution militaire de tout clivage politique, et la mise en avant du référendum).

Au point, le vote direct est plébiscité, le Sénat est supprimé au profit d’une assemblée des Sages. Cette assemblée est restreinte, un sage ou deux par région. Ces sages seront élus au suffrage universel direct !

Enfin comme disait Aristote, » le commencement est plus que la moitié de l’objectif  », donc osons être ambitieux pour l’Algérie et nos sociétés modernes en invitant au débat constructif et salvateur mais sans exclure aucune sensibilité.

Le mérite revient aux citoyennes et aux citoyens qui ont su exprimer depuis longtemps des revendications légitimes de changement. Par la concrétisation et la mise à disposition de cet ouvrage, les auteurs sont également pour ainsi dire les plumes de ce digne peuple algérien.

Donc oui la constitution est la clef pour définir de nouvelles modalités d’existence dans un monde où les gouvernances sont transversales.

Lyazid Benhami

  • Livre : Projet de constitution de l’Algérie Nouvelle chez La Route de la Soie – Editions.

Les droits d’auteurs seront réservés aux associations caritatives algériennes

Une heure d’émission radio avec Bernard Woitellier

Bars et restos fermés, pratique des sports impossible, ne pas pouvoir se retrouver à 20 ou 30 pour fêter un heureux évènement ou encore être forcé de commander tout le non essentiel sur internet…. Nos nerfs semblent sacrément mis à rude épreuve en ce moment! Un peu comme si dame pandémie jouait avec nos humeurs…. et en plus par temps gris…. Car il est loin le confinement du printemps sous le soleil…. Bref Comment compenser toutes les frustrations liées à la crise sanitaire ?

« Dans cette période il ne faut pas oublier que l’on peut entraîner son optimisme », Professeur Michel Lejoyeux

Réécouter ici https://radionotredame.net/emissions/enquetedesens/10-11-2020/

Professeur Michel Lejoyeux, Responsable du département de psychiatrie et d’addictologie Bichat-Beaujon et auteur des « 4 temps de la renaissance – Le stress post-traumatique n’est pas une fatalité » (JC Lattès)

Bernard Woitellier, ancien de l’Ecole des Pupilles de l’Air de Grenoble il épousé plusieurs carrières. Tuyauteur sur un porte container sud africain, chanteur dans un groupe à Hambourg, technicien de laboratoire et même baroudeur en raffinerie de pétrole. Fin 2016, lui vient l’idée du « Maître de la lumière », roman dans lequel il raconte une éruption solaire entraînant une catastrophe soft.

Rencontre Zoom de Philippe Zaouati et ses lecteurs le samedi 14 novembre à 17h

Dans le cadre de l’exposition DYSTOPIA qui dénonce le profit immédiat et ses dérives écologiques et humaines, la galerie TAGLIALATELLA a le plaisir de vous convier à un visio-moment d’échange avec Philippe Zaouati
 
à l’occasion de la sortie de son nouveau roman
 
« Applaudissez-moi ! »
 
Editions Pippa
 
Le samedi 14 novembre à 17H
 
Lien Zoom : 

https://sciencespo.zoom.us/j/3235758347