François de Coincy invité par Catherine Rouvier à la radio

Catherine Rouvier reçoit : François de Coincy, chef d’entreprise, écrivain 

Sujet : Nous contentons-nous de naître ? ; Naît-on homme ou femme, ou bien le devient-on ? ; Confession d’un enfant hors du siècle ; La grande famille ou règlement […]

Réécouter l’émission ici (François de Coincy y parle dans la première partie de la 28ème minute à 1h06 après le début de l’émission) 

François de Coincy critique le livre de Bruno Le Maire

L’ANGE ET LA BÊTE PAR BRUNO LE MAIRE

« Brexit : l’Europe d’après » par François de Coincy sur Economie Matin

BREXIT : L’EUROPE D’APRÈS

L’Europe d’après Brexit doit être moins intrusive dans la politique intérieure et plus déterminée sur le plan international notamment en construisant une Force Militaire Européenne.

L’Europe sans Shakespeare, Newton, Smith et les autres…

La France finance l’Union européenne à hauteur de 17%.

La signature d’un accord de séparation ne peut masquer l’échec que représente un divorce au bout de 48 ans de vie commune.

L’Europe avec le Royaume-Uni c’était le rassemblement des pays fondateurs des démocraties modernes. L’Europe historique pouvait devenir la grande Europe une fois qu’elle aurait réussi à coordonner les qualités des nations qui la composent. Elle en avait la capacité économique, humaine, culturelle et militaire. L’Europe sans Shakespeare, Newton, Smith et les autres c’est un peu la musique sans Beethoven.

Les politiques et les hauts fonctionnaires européens ont regardé avec dédain le non français de 2005 en expliquant qu’aux référendums, les électeurs ne répondaient pas à la question qui leur était posée. Ils ont imputé le Brexit à la sottise des élites politiques coupables d’avoir demandé son avis à une population incapable de juger où était son intérêt. On ne peut indéfiniment dire que les autres ont tort, lorsque autant de citoyens ne veulent plus de l’Europe, il devient nécessaire de se remettre en cause.

Le château kafkaïen

Le système politique européen est vécu comme le château kafkaïen où ses habitants ne savent où ni comment ni pourquoi se prennent des décisions dont le sens même est flou. Cette impression vient de la multiplicité des organismes européens qui se superposent ou s’entremêlent avec les organes de décision nationaux. En théorie les responsabilités sont définies mais en pratique les élus européens donnent un avis sur à peu près tout, soit dans un objectif absurde d’uniformisation de l’Europe, soit à partir de motivations idéologiques. Cette situation engendre des pressions qui poussent la Commission à mener de plus en plus d’actions en dehors de son domaine exclusif.

La confusion qui ressort des règlements, directives, décisions, recommandations ou autres avis a donné à beaucoup d’Européens le sentiment d’une bureaucratie invasive dans les fondements de leur mode de vie. Si l’Europe décide de tout, à quoi servent les nations ? Si l’idéologie majoritaire européenne est plus importante que le consensus national historique, pourquoi être Français ?

Ce malaise a été général mais le désaveu européen est majoritairement venu des classes populaires des pays les plus riches, celles qui ont eu le sentiment d’être perdues par la mondialisation et l’immigration.

La mondialisation a pu être mal vécue car elle a entrainé des pertes d’emplois dans les pays comme la France qui ont choisi le «traitement social du chômage » et une précarité chez les Britanniques qui ont joué sur la flexibilité. Mais elle n’a pas eu d’effet négatif global sur le niveau de vie et n’a pas été une cause de rejet de l’Europe.

Les solidarités nationales sont mises à mal par le traitement de l’immigration

Les immigrations intra-européenne et extra-européenne ont été la cause principale du sentiment anti-européen des populations nationales les plus modestes des pays riches. Non seulement les travailleurs étrangers viennent prendre leurs emplois mais en plus ils perçoivent des aides payées par leurs impôts. Si ces étrangers peu qualifiés viennent travailler dans ces pays européens, c’est parce que la rémunération qui leur est versée inclue, en plus du prix de marché, des transferts de revenus parfois plus importants que la valeur de leur travail même.

Il faut expliquer ce phénomène : Une entreprise paie aux salariés des salaires et charges sociales d’une valeur égale au produit de leur travail. Mais les charges sociales des salaires inférieurs à la médiane donnent des avantages dont la valorisation est plus importante que la cotisation.

Prenons par exemple les cotisations d’assurance maladie d’un salarié modeste. Elles sont proportionnelles à son salaire mais elles ne suffisent pas à couvrir le coût de sa santé. La différence est payée par la cotisation des salariés les mieux payés. Il y a là un transfert de revenu comme il en est de même pour les cotisations chômage, retraites etc.. Au total le salarié perçoit plus en avantages sociaux que la valeur des cotisations prélevées sur son travail. Lorsqu’on ajoute les différentes aides directes au titre du logement , de la politique familiale, etc… on peut comprendre que les salariés les plus modestes acceptent mal que la solidarité nationale s’applique aux étrangers alors qu’ils ont eux-mêmes des conditions de vie difficile.

L’Europe est constituée de pays dont l’essence est la solidarité nationale. Si cette solidarité « nationale » s’applique aux étrangers, alors les mots n’ont plus de sens et les pays perdent l’unité qui est leur raison d’être. Sans les Nations l’Europe disparaitra.

La libre circulation en Europe des hommes, des idées, des biens et des capitaux n’est pas contradictoire avec la solidarité nationale.Il suffit de faire une clarification dans ce qu’on appelle les charges sociales entre la part qui relève de l’assurance et celle qui relève du transfert de revenus, la première accessible à tous et la deuxième relevant de la solidarité nationale réservée aux nationaux. La même clarification devrait être faite sur les allocations diverses.

De telles dispositions limiteront les mouvements de travailleurs à ceux réellement utiles sur le plan économique en restreignant ceux qui veulent profiter seulement de l’effet d’aubaine des transferts de revenus. Rien n’empêche par ailleurs que les étrangers cotisent soit à des caisses complémentaires spécifiques soit aux organismes de leur pays d’origine.

L’Europe ne doit pas se substituer aux pays qui la composent

D’une manière générale, l’Europe est riche de la diversité qui la compose et c’est une erreur que de vouloir tendre vers son uniformisation en matière de mœurs, de goût, ou de mode de fonctionnement. Autant la libre circulation des hommes, des biens et des services relève bien de l’Europe, autant les fondements des solidarités nationales doivent relever de chaque pays. Certains voudront des transferts sociaux plus élevés, d’autres jugeront préférable une taxation moins forte. Que chaque pays développe son consensus original national et puisse éventuellement servir de modèle aux autres.

Plutôt que d’accroitre son influence au détriment de chaque pays, l’Europe devrait porter ses efforts sur le domaine qui devient essentiel au sein d’un monde en développement où la Chine prend de plus en plus de place et où la « Pax Américana » disparait. La défense européenne sera dans l’avenir, si elle se constitue, le vrai ciment de l’Europe. Sans elle nos démonstrations en faveur de la liberté apparaissent déjà pathétiques. Avec elle, devenant une puissance mondiale réelle, et en étant moins invasive à l’égard des Nations qui la composent, l’Europe redeviendra attractive pour le Royaume-Uni.

« Un livre iconoclaste » avec « des idées décoiffantes » (Breizh)

Chronique Littéraire. Mozart s’est-il contenté de naître ?

Voilà un livre iconoclaste à une époque où on ne cesse de parler d’égalité économique entre tous les êtres humains, où on s’efforce de faire culpabiliser ceux qui gagnent le plus et où on rêve du revenu universel.

Pour beaucoup de nos compatriotes, dans une société idéale, ceux qui sont au RSA toucheraient 1 000 € par mois tandis que les travailleurs les plus productifs ne gagneraient mensuellement que 3 000 €. Mais une telle société ne serait-elle pas cauchemardesque  et en décourageant les initiatives individuelles n’amènerait elle pas une misère généralisée ?

 

  1. de Coincy rappelle que l’égalité est un leurre, que si les 20 % les plus riches  touchent 38,2 % de l’ensemble des revenus, ils produisent 80 % de la richesse nationale, qu’en réalité ils sont très fortement taxés au profit des plus démunis de leurs compatriotes. Or la République a posé comme principe l’égalité des droits, pas l’égalité économique. Celle-ci est-elle souhaitable ? Est-elle morale ? Comme se le demande l’auteur, Mozart s’est-il contenté de naître ? N’a-t-il aucun mérite personnel ? Est-ce injuste s’il reçoit les bénéfices de ses efforts ?
  2. de Coincy nous donne un cours complet d’économie : il démontre que le PIB est un très mauvais indicateur de la richesse produite, car les investissements sont comptés deux fois. Si on rétablit les chiffres réels, le poids des prélèvements par rapport à la richesse créée devient exorbitant (70% ) tandis que la dette monte à 150% de ce qu’on produit effectivement en un an. En outre, le travail des administrations et du secteur public est surévalué, ce qui fausse encore plus les résultats.

L’auteur a une idée décoiffante pour résorber définitivement à moindre coût le chômage : il suggère que l’État verse 1500 € par mois par travailleur aux entreprises privées. Si tous ceux qui sont éloignés de l’emploi étaient mis au travail par le biais de cette subvention,  cette mesure coûterait 300 milliards d’euros. Les entreprises qui ne paieraient plus que 600 € par mois leurs ouvriers les moins qualifiés, pourraient à nouveau rivaliser avec des pays à faible coût salarial comme le Vietnam ou l’Indonésie.

Les relocalisations suivraient et le tissu industriel du pays serait reconstitué. De plus, les économies engendrées par cette mesure (le RSA serait réduit, les charges pour les bas salaires seraient supprimées, le traitement social  du chômage deviendrait inutile) se monteraient à 385 milliards d’euros  tandis que les comptes sociaux (sécurité sociale, caisse de retraite) redeviendraient excédentaires. Le PIB croîtrait modérément (2 % à 3 %), mais au lieu d’une société où 25 % de la population potentiellement active serait oisive tout en étant financée par les 75 % de travailleurs, on passerait à une société où 100 % de la population active le serait vraiment. Pour éviter tout dérapage et tout effet d’aubaine au niveau mondial, cette subvention par travailleur devrait être strictement réservé à ceux actuellement présents en France. Dans une Europe ouverte, cette condition sera très difficile à mettre en œuvre et est à la limite de la légalité.

Dernière idée, l’auteur suggère que l’impôt sur les sociétés ne porte plus sur les investissements et de modifier la comptabilité actuelle qui le répartit sur 5 ans. Selon M. de Coincy cela boosterait  l’investissement.

L’essai de M. de Coincy est intéressant, mais il fait l’impasse sur le rôle des « ultra riches ». Ceux-ci gagnent 10  % des revenus, mais que fournissent-ils réellement en contrepartie ? M. Bezos le PDG d’Amazon voit chaque année sa fortune augmenter de quelques milliards par an, n’a pas travaillé autant pour mériter cette somme. Son entreprise oui, mais pas lui personnellement. D’une certaine façon, il confisque la plus value produite par ses employés.

Christian de Molinier

« Mozart s’est-il contenté de naître ? » François de Coincy 18 € (à commander ici)

Crédit photo : DR
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François de Coincy à nouveau dans Le Figaro, sur la dette

«La dette de l’État ruine l’économie réelle et nuit au redressement économique»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Pour l’essayiste et économiste François de Coincy, le financement du déficit par la création de nouvelles dettes épongées par l’épargne des Français est une escroquerie, et surtout ne favorise pas l’investissement et donc la relance.

François de Coincy est l’auteur de Mozart s’est-il contenté de naître?(Bookelis, 2020).
Il est assez facile à l’État de financer son déficit budgétaire en utilisant une pyramide de Ponzi qui tienne dans le temps: il lui suffit de rester raisonnable et résister à la tentation d’en faire trop. L’astuce est de ne pas faire de déficit supérieur au besoin d’accroissement d’épargne des Français, ainsi les nouvelles épargnes compenseront les retraits et les accroissements compenseront les déficits.

Il faut que le véhicule d’épargne proposé par l’État apporte un avantage fiscal ou représente une nécessité réglementaire et soit bloqué sur une longue période. Il faut par ailleurs imposer au système monétaire des taux bas (négatifs si possible).

La mécanique est alors prête: l’augmentation des besoins d’épargne finance les déficits, sans qu’il y ait besoin de faire marcher la planche à billets qui aurait engendré de l’inflation. Il n’y a pas d’excès de liquidité, la monnaie empruntée au système monétaire pour payer les dépenses en excès de l’État est reversée au système monétaire par les épargnants. C’était la technique de Madoff: tant qu’il y a suffisamment de nouveaux épargnants le système continue de tourner.

Les limites du système

On invoque souvent le rapport dette/PIB du Japon ou des États-Unis pour soutenir l’idée que l’accroissement de la dette n’est pas un problème, mais ce ratio n’est pas pertinent. Les critères d’octroi d’un crédit sont la capacité à rembourser l’annuité et la richesse de l’emprunteur.

Alors qu’au Japon et aux États-Unis la ponction sur le contribuable, payeur en dernier ressort, peut facilement être augmentée car elle y est raisonnable, la France, championne mondiale des prélèvements obligatoires, n’a plus de réelles marges de manœuvre.

La dette du Japon, pourtant bien plus élevée que la nôtre, a des annuités (capital + intérêt) plus réduites du fait de ses échéances très longues. La dette des États-Unis s’appuie sur des contribuables dont la capacité financière est bien plus élevée que la nôtre.

Pour ces raisons, la dette française est bien plus critique que celle des États-Unis ou du Japon même si elle est d’un poids relatif inférieur. Il est cependant aussi difficile de dire quand elle va générer un défaut que de prévoir l’éruption d’un volcan ou l’écroulement d’un château de cartes.

Le système peut tenir longtemps mais une dégradation de la situation sanitaire, un évènement social, une défaillance du système monétaire, bref un évènement imprévu peut bousculer notre système de Ponzi en entraînant les Français à utiliser leur épargne, soit pour leur consommation soit pour faire des investissements réels. Les retraits devenant plus élevés que les apports, l’État ne pourra plus financer ni déficit ni remboursement de dette.

Si le château de cartes s’écroule, on répartira la perte mais on n’a pas dit quelle sera la répartition entre les épargnants et les contribuables. Plus la dette sera élevée, plus la tension du système sera grande, plus la crise sera forte. Leur potentiel d’augmentation des prélèvements obligatoires donne au Japon et aux États-Unis un matelas qui n’existe pratiquement pas chez nous: nos restructurations économico-sociales en seront d’autant plus douloureuses.

La dette de l’État ruine l’économie réelle

Même si cette issue dramatique ne se produit jamais, ce mécanisme est fondamentalement mauvais pour l’économie. Le financement des dépenses communes par la dette est d’abord un non-dit puis un mensonge. D’abord on engage des dépenses sans dire aujourd’hui qui les supportera demain, ensuite on laisse croire que personne ne paie ce qui justifie toutes les gabegies politiques.

En 2014 un journaliste s’inquiétant d’une dépense à la charge des collectivités locales, François Hollande lui rétorque, dans un moment d’anthologie, «Cela ne coûte rien, c’est l’État qui paie». Ce n’était sans doute pas ce qu’il voulait dire, mais c’était inconsciemment le fonds de sa pensée.

« En facilitant le déficit public ils détruisent l’économie réelle »

La captation de l’épargne par le financement du déficit n’est évidemment pas une incitation au financement des investissements réels ; elle entraîne un affaiblissement de nos entreprises au profit de nos concurrents étrangers. Ceux qui croient naïvement que la nouvelle finance a apporté la martingale décrite ci-dessus oublient que dans l’économie réelle (pas celle des banquiers) l’épargnant est important parce que la partie du prix de son travail qu’il épargne finance les investissements. Si cette épargne finance des déficits, il n’y a plus d’investissements. En facilitant le déficit public ils détruisent l’économie réelle.

Dans l’économie réelle l’épargne est compensée par les recettes futures d’un investissement (de manière moindre, elle peut dans les crédits de consommation être compensée par une épargne sur un travail futur). Enfin le financement du déficit au niveau européen par l’altération de la valeur de l’Euro va entrainer une perte de confiance généralisée, dans la monnaie qui va être faussée en tant qu’instrument de mesure, dans le système monétaire qui spolie les épargnants, dans l’Europe qui n’arrive pas à s’appliquer à elle-même la rigueur qu’elle demande à ses membres. Alors que l’Euro est le symbole de la réussite européenne, il serait dramatique de le sacrifier aux aberrations du populisme monétaire.

Le recours à l’emprunt accompagné de l’augmentation du temps de travail

La pandémie par son ampleur mondiale justifie de mettre en place des mesures exceptionnelles mais il ne suffira pas de multiplier le déficit. Augmenter les impôts, c’est faire payer le contribuable, augmenter la dette c’est faire payer l’épargnant, ce sont souvent les mêmes et ces deux solutions ne sont que des transferts sociaux qui n’améliorent pas la situation globale .

Le redressement économique ne peut venir que d’une augmentation de la production des actifs. Il faudrait que le gouvernement propose une solution claire en demandant un effort à tous.

Cela fait trop d’années que les contribuables et les épargnants supportent de manière directe ou indirecte cette baisse continue du temps de travail d’une grande partie des Français qui est la cause première de nos déséquilibres.

« Un livre utile qui prône l’esprit critique. Décapant ! » selon Argoul spécialiste d’économie et de finance

François de Coincy, Mozart s’est-il contenté de naître ?

Voici un petit livre décapant, iconoclaste, qui revisite l’économie en mots simples accessibles à tout le monde. Les raisonnements sont limpides, bien que mis bout à bout sans structure d’ensemble.

Si je tente de me placer en hauteur, l’exposé semble être le suivant : seul le travail crée de la richesse et seule la liberté permet le travail efficace. Nous avons la chance de vivre encore en société de libertés – ce pourquoi tant d’immigrés veulent y tenter leur chance – ne gâchons pas nos talents au profit de fausses valeurs telle l’égalitarisme, la subvention, le règlement, le pouvoir autoritaire technocratique. C’est en gros la philosophie générale d’un libéral qui n’est ni libertaire ni libertarien, ne sacrifiant pas l’effort ni l’épanouissement des talents à l’hédonisme de l’assistanat ou au seul droit du plus fort. Il est pour une société régulée, mais qui décide librement en démocratie participative.

Si je tente d’entrer dans les détails, ce ne sera que pointilliste tant manque l’organisation de l’ensemble en discours cohérent aboutissant à un projet global clair. Car la succession des treize chapitres ne fait pas un plan ni ne dégage de lignes directrices, pas plus que le titre, contestable : le pauvre Mozart est peut-être devenu célèbre grâce à la combinaison de son talent et d’un travail acharné, mais quelle existence contrainte dès le plus jeune âge qui a formé un singe savant puis abouti à un adulte infantile mort jeune ! Est-ce un modèle d’individu libre et épanoui à suivre ? C’est dommage car le propos de François de Coincy mérite d’être connu et débattu, développé à l’aide d’exemples concrets de l’actualité (il y en a trop peu).

Les français sont inégaux… en production pour le pays : « Alors que le rapport des contributions [à la richesse nationale] entre la moyenne des tranches extrêmes est de l’ordre de 12, celui du niveau de vie est de l’ordre de 3. En rappelant que la contribution, c’est ce que l’on produit et que le niveau de vie est ce que l’on consomme, on constate que 60% des Français consomment plus que ce qu’ils produisent »p.38. Ce rapport inégal mesure le poids de la solidarité. Elle est un choix de société, pas une morale permettant de voler aux riches pour donner aux pauvres. Confondre l’égalité et la solidarité est le meilleur moyen pour faire fuir les talents, les entreprises et la contribution fiscale. Partir tôt en retraite ou laisser filer l’immigration de travailleurs pauvres diminue la richesse produite, donc le niveau de vie de chacun (p.47). Ce pourquoi la mesure du PIB est fausse car l’investissement compte deux fois le travail (p.77), ce qui biaise la perception de ce qui est et l’action politique.

Marx comme Keynes ou les monétaristes, ces trois piliers de la théorie économique contemporaine, tordent la réalité. « Karl Marx a vu dans le capital l’essence de l’économie de marché, alors que le moteur en était l’esprit d’entreprise. En ne tenant pas compte de tout le travail réalisé par le capitaliste entrepreneur, il enlève toute cohérence à la relation économique et en contestant la répartition inique du travail et du profit, il occulte la réalité du travail/profit de l’entrepreneur capitaliste. Pour lui, dans l’activité économique, l’entrepreneur n’existe pas, il n’y a que l’argent » p.106. Or l’argent n’est qu’une unité de compte pratique, pas un « bien ». Ce que mesure l’argent, c’est le travail accumulé (l’épargne) qui peut être prêté (le capital) pour produire des biens ou des services nouveaux (investissement) et suscitant une dette (qui peut être vendue). Le capital n’est que du travail réalisé avant, pas un fief féodal par droit de naissance. L’investissement, dont nos politiciens ont plein la bouche, génère le crédit et pas l’inverse : quel entrepreneur investira-t-il s’il n’a pas de débouché à sa production ? « Il n’y a aucune relation mathématique entre le montant de l’investissement et la création d’emploi ; cela dépend des projets » p.99. Or le projet est un pari d’entrepreneur, pas une décision administrative.

Le prix d’un bien ne reflète pas le travail accumulé pour le produire + le profit, mais le niveau de pouvoir d’achat que la demande sur ce bien est prête à investir. Ce qui dépend de la conjoncture, de l’utilité, de la mode, de l’imitation sociale et de bien d’autres choses. Un bien, pas plus qu’une entreprise n’a de « valeur en soi », mais seulement une valeur d’échange sur le marché. C’est ainsi que les analystes financiers évaluent la rentabilité d’une ligne de production, d’une société mise en vente ou d’un bien immobilier par le flux futur des bénéfices dégagés (actualisation des cash flows futurs).

Le système monétaire, quant à lui, est un jeu d’écritures et la spéculation ne produit rien, sinon un passe-temps à somme nulle où le risque est artificiellement joué au-delà de sa probabilité. « Ce marché des écritures est le principal générateur des crises financières » p.122. De même, la dette d’Etat est une insuffisance d’impôts qui permet de vivre au-dessus de ses moyens au détriment des générations futures. Un truc pratique à méditer : pour chaque foyer fiscal, la dette de l’Etat en France est de 25 fois l’impôt sur le revenu annuel du foyer (p.125).

Beaucoup de bon sens, des formules imagées comme cette délicieuse Main invisible d’Adam Smith comparée à un régulateur d’allure pour bateau à voiles, et une redéfinition des mots-valises trop usés des médias et des politiciens tels que croissance, crédit, dette, redistribution, profit, investissement et ainsi de suite. « La confusion est devenue la règle quand on nomme ‘droit au logement’ ou ‘droit au travail’ ce qui est en réalité un ‘droit du logement’ ou un ‘droit du travail’. On transforme en vérité morale ce qui est une convention sociale. Une telle déformation du sens des mots entraîne nécessairement désillusion et amertume » p141. D’où la perpétuelle tentation selon Aristote pour la démocratie de dégénérer en démagogie, portée ces dernières années par « la morale populiste » (p.137). Avec sa contradiction de fond : « sans inégalités, la solidarité n’a plus de sens » p.149.

Aujourd’hui retraité, l’auteur qui a occupé plusieurs fonctions financières dans le groupe Hachette puis créé un groupe immobilier avant de présider la Compagnie de Chemins de Fer Départementaux de 1977 à 2018, prône de calculer le produit national de chacun, de supprimer toutes les niches fiscales et les aides aux entreprises, et en contrepartie de créer un produit social pour compenser les distorsions de concurrence des pays à bas salaires. Entre autres.

Un livre utile qui prône l’esprit critique. Décapant !

François de Coincy, Mozart s’est-il contenté de naître ?, 2020, autoédition bookelis.com, 205 pages, €18.00 e-book €9.99

Blog de l’auteur

Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com

Le Figaro (papier + web), qui a remarqué son livre, commande un papier à François de Coincy

«La fascination d’Emmanuel Macron pour la dette trahit le fait qu’il n’a jamais été un libéral»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Une lecture attentive de son livre Révolution nous aurait convaincu il y a bien longtemps que le président de la République n’avait en réalité rien d’un libéral en économie, analyse François de Coincy. Selon l’essayiste, la politique économique d’Emmanuel Macron génère une dette colossale qui pèsera très lourd sur la vie de nos descendants.

François de Coincy est l’auteur de Mozart s’est-il contenté de naître ? (Bookelis, 2020).

D’aucuns ont pu penser qu’il virait libéral lorsqu’il a supprimé l’ISF, en oubliant que le critère n’est pas la baisse des impôts mais la maîtrise de la dépense publique. On a pu y songer aussi lorsqu’il a demandé à un jeune chômeur de se trouver tout seul du travail ou lorsqu’il a envisagé de supprimer l’ENA, mais ce n’était sans doute que mouvements d’humeur de sa part en constatant l’inefficacité de sa haute administration à traiter les problèmes sans son intervention personnelle. La pratique du pouvoir solitaire depuis la crise du Covid remet les pendules à l’heure.

Pour comprendre le fond de sa démarche, plongeons nous dans le livre qu’il a écrit avant son élection, un temps où sa réflexion n’était pas perturbée par les tensions de l’exercice de la plus haute fonction de l’État. Sous le curieux titre de Révolution, il y exprime sa philosophie du pouvoir et sa volonté de restaurer la volonté et l’efficacité de l’État: il veut par exemple que l’État reprenne en main les retraites qui dépendaient en théorie des partenaires sociaux ou qu’il doit intervenir dans les villes pour libérer le foncier. Il voit l’argent public comme principale arme, dans les écoles, les hôpitaux, l’écologie et dans la fibre numérique. Il refuse l’augmentation du temps de travail qu’il considère comme inacceptable pour les Français

Il accepte la délégation de gestion, mais le vrai patron doit être encore l’État qui acceptera volontiers les propositions en provenance du terrain mais conservera bien sûr la décision finale (belle préfiguration de ce que sera la mascarade citoyenne pour le climat).

La catastrophe économique redoutée par Roux de Bézieux est en train de se produire. On ne va pas la sentir tout de suite puisqu’on la gère à crédit

Pas une réflexion libérale, à l’exception des bonnes intentions du début du livre où il laisse échapper: «Qui peut sérieusement croire qu’il est optimal de tout régenter depuis Paris?». Lorsque Geoffroy Roux de Bézieux, au sortir d’une réunion avec l’État où il prend conscience de la catastrophe économique qui va être la conséquence du confinement, dit avec un parfait bon sens qu’il nous faudra travailler plus, il s’ensuit un déchaînement politique et médiatique sur l’ultralibéralisme du patron des patrons et son insensibilité aux malheurs à venir des Français.

Très peu de temps après, Roux de Bézieux, probablement abasourdi par les centaines de milliards que l’État promet alors de déverser sur les entreprises et sur les ménages, abandonne ses réserves, son rôle de défense des entreprises étant assuré. On imagine qu’il n’en pensait pas moins, rejoignant ainsi la position pragmatique du patron de Peugeot qui, interrogé par une journaliste sur les énormes subventions accordées aux voitures électriques, lui exposait avec une franchise rafraichissante son inquiétude en tant que citoyen devant le coût gigantesque des mesures en faveur des voitures électriques et sa détermination en tant qu’industriel à en profiter pour le développement de l’entreprise.

Le 16 mars 2020, Emmanuel Macron a manqué son rendez-vous avec l’Histoire. C’était le moment clé où il pouvait faire confiance aux Français en leur demandant ces suppléments d’efforts que chacun, par solidarité, était prêt à faire. Il «déclare la guerre» mais il n’y a pas d’effort de guerre hors celui du corps médical et choisit le renoncement par la dette pour éviter le sang la sueur et les larmes.

La catastrophe économique redoutée par Roux de Bézieux est en train de se produire. On ne va pas la sentir tout de suite puisqu’on la gère à crédit. Si on l’avait compensée par un travail complémentaire, comme il l’avait suggéré, elle aurait pu être dernière nous en quelques années.

La dette est une forme de mensonge d’État bien plus grave que celui des masques ou celui des nuages radioactifs qui s’arrêtent à nos frontières

La dette est une forme de mensonge d’État bien plus grave que celui des masques ou celui des nuages radioactifs qui s’arrêtent à nos frontières. Alors que le produit du travail est définitivement acquis, l’emprunt est une perte différée du patrimoine dont il faudra supporter les échéances (par un travail complémentaire ou un niveau de vie moindre) durant des décennies. C’est la politique de l’égoïsme keynésien: on peut euthanasier l’épargnant, et on ne se préoccupe pas de l’avenir car à long terme on est tous morts.

L’emprunt à long terme sans savoir comment on le remboursera convient parfaitement aux politiques dont l’horizon est à très court terme: il leur faut tenir 2 ou 3 ans alors que la ligne d’horizon est celle qui s’éloigne au fur et à mesure que l’on avance, c’est la perspective à long terme des entreprises familiales ou la vision du forestier qui plante un arbre avec le regard de ses futurs petits-enfants.

On ne pouvait attendre d’Emmanuel Macron une approche libérale et si son implication personnelle dans les moindres décisions de cette crise fait preuve de courage et d’engagement, elle remet en cause de manière implicite la capacité de la haute administration dont il est issu à assurer la direction du pays. «Dans le même temps» en décidant que l’État seul est à même de gérer une crise majeure on se prive de la capacité de nos organisations, qu’elles soient publiques ou privées, à prendre localement des décisions responsables.

Certains fantasment sur un renforcement du rôle de l’État lorsque la crise sera terminée. L’analyse des évènements confirmera au contraire ce que l’on aperçoit déjà des limites et des défaillances de l’État centralisateur et omnipotent. Beaucoup voudront alors mettre en œuvre une société moins dirigée où les décisions «ne se prennent pas à Paris», où les citoyens ne sont pas des assistés et où les initiatives individuelles sont favorisées.

Emmanuel Macron est suffisamment intelligent et agile d’esprit pour le comprendre et nous expliquer qu’après la nécessaire période de pouvoir spéciaux ayant permis de sauver la vie de nombreux Français durant la crise sanitaire il est temps désormais d’effectuer des changements permettant d’améliorer notre fonctionnement démocratique. Mais d’une part il ne le fera que si les Français et les médias en sont eux-mêmes persuadés et d’autre part que si un autre ténor ne s’est pas emparé de ce thème de campagne avant lui.

L’Hebdo Bourseplus consacre trois pages au livre de François de Coincy

Littérature

Hebdo Bourse Plus n°1063

Yannick URRIEN

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Mozart s’est-il contenté de naître ?

La période de confinement a au moins le mérite de nous permettre de découvrir des auteurs qui publient des essais uniquement en format numérique et qui ont parfois des analyses intéressantes. Tel est le cas de François de Coincy, chef d’entreprise à la retraite, qui développe des idées libérales en partant d’une analyse quasi philosophique sur l’inné et l’acquis dans son ouvrage intitulé « Mozart s’est-il contenté de naître ? ».

L’auteur, que nous avons interrogé, revient sur
l’origine de ce titre : « Il y a une question que l’on peut
se poser et qui va définir un choix de société et, en
fonction de ce choix de société, la réponse économique apparaît plus claire. Le choix d’une économie, c’est aussi le choix d’une vie et d’une philosophie d’existence. Si l’on choisit la liberté plutôt que le collectivisme, c’est parce que, fondamentalement, on a envie d’être libre et d’être soi-même. C’est une philosophie d’existence. Si l’on n’est pas capable de répondre à la question posée, on doit déjà essayer de se poser la question pour se comprendre soi-même. »

Selon lui, lorsque l’on entend le gouvernement expliquer que l’on résoudra tout par la croissance, cela ne signifie pas grand-chose car, derrière la croissance, il y a l’emploi : « Il y a surtout des projets. Les hommes sont faits pour faire des projets car sans projet, on n’existe pas. Notre existence est d’abord ce que l’on a envie de réaliser, même si on ne le réalise pas. Notre activité, c’est de pouvoir se projeter pour faire quelque chose, car c’est ce qui donne un sens à notre existence. C’est le mouvement et l’action. C’est pour cela qu’il ne faut pas se tromper de sens quand on réfléchit sur l’économie. Donc, c’est l’emploi qui fait la croissance et ce n’est pas la croissance qui fait l’emploi. »

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Derrière l’emploi, il y a aussi l’analyse que nous pouvons faire sur notre contribution

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personnelle au système économique et l’auteur nous incite à réfléchir sur la richesse que nous apportons individuellement : « On se compare souvent par rapport à ses revenus, sans se poser la question de ce que l’on apporte comme richesse. Il n’y a pas uniquement le revenu que l’on tire, c’est ce que l’on apporte qui est intéressant. C’est ce qui justifie une certaine inégalité dans les revenus. Les gens ont des capacités productives très différentes. Elle est très forte chez certains et plus faible chez d’autres. C’est ce qui justifie la nécessité d’avoir une grande solidarité entre les gens. Mais il ne faut pas oublier que la richesse se crée. Dans un monde libre, si les gens sont riches, ce n’est pas un hasard. Dans un monde contraint, c’est différent, la richesse n’est pas nécessairement celle de notre travail. Le principe de la liberté, c’est que l’on a droit au produit de son travail et la richesse n’est pas un système de répartition, mais d’abord un système de production. »

Cependant, François de Coincy n’hésite pas à dénoncer les travers de la société : « Il y a une tentation permanente de se laisser aller vers la protection de l’État, donc vers davantage de réglementation, sans avoir beaucoup de degrés de liberté. Ce que je crois, c’est que les degrés de liberté permettent l’initiative, mais aussi de nouvelles richesses et de nouvelles avancées. Il ne faut pas oublier que seulement 40 % de la société économique est réellement libre. Le reste est un monde dirigé : je ne parle pas de réglementation, mais de marché dirigé. Quand vous avez des prix qui sont imposés, on est dans un marché dirigé. Mais quand vous avez une réglementation qui permet de clarifier les échanges, cela permet beaucoup plus de libertés. »

Cela lui donne l’opportunité de rappeler qu’un emploi de fonctionnaire a pour effet de tuer deux emplois dans le secteur marchand : « C’est une tentation permanente des politiques, parce qu’ils ont les moyens de l’État à leur disposition, des demandes permanentes, et la tentation est de répondre par un certain dirigisme en disant qu’ils vont faire toute une série de choses en embauchant des gens. Cette tentation est horrible, parce que cela nous emmène dans un monde contraint. Il faut savoir en sortir. Il aurait fallu que les décisions soient de plus en plus proches des gens : c’était l’idée de la régionalisation. Mais on a créé des régions qui n’ont en réalité aucun pouvoir et qui ne décident rien. On n’a pas réussi à créer un système politique qui nous libère davantage. »

Le point le plus important de la démarche intellectuelle de François de Coincy porte sur les paradoxes de cette société de plus en plus égalitaire, qui consiste à faire passer le plus productif pour un voleur : « Ce n’est pas nouveau. On dit depuis très longtemps qu’il est plus difficile à un riche d’aller au paradis… Donc, c’est depuis toujours. Il y a beaucoup plus de gens pauvres que de gens riches. Le principe du politique est de satisfaire une certaine demande, donc la tentation populiste est très importante. Elle a toujours existé, sous différentes formes. Je pense que l’on avait commencé à en sortir en parlant de la raison et non de la croyance, mais j’ai l’impression que l’on oublie cela. Il faudrait voir les choses avec beaucoup plus de raison que de croyance ».

C’est à partir de ce moment de notre entretien avec François de Coincy que nous revenons sur le titre de son livre. En effet, il rappelle que la société cherche à corriger les inégalités d’origine sociale à la naissance, mais pas les inégalités d’origine physique : d’un enfant riche, on dira qu’il s’est contenté de naître, ce que l’on ne dira pas d’un enfant doué… Donc, on n’a pas dit de Mozart qu’il s’était contenté de naître…

L’auteur explique : « La réponse n’est pas facile. Elle demande une réflexion assez forte sur le plan philosophique, mais il faut se poser la question. On fait ce reproche aux riches, parce que c’est le hasard, mais on ne reproche pas aux gens d’être plus intelligents que les autres. Les gens qui sont plus forts ou plus beaux ont cette chance, mais cela fait

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partie des inégalités que, clairement, on ne corrigera jamais. Il faut que chacun s’accepte en essayant de se battre avec ses moyens. Les inégalités de fait, c’est la solidarité, mais on ne doit pas rechercher l’égalité à tout prix, parce que l’on n’y arrivera jamais. »

Dans le cadre de ce débat sur l’égalité et sur les inégalités à la naissance, on en arrive à la question de l’héritage, que certains technocrates veulent remettre en cause. François de Coincy a une approche presque royaliste en la matière : « Je dis qu’il faut voir l’héritage comme une perspective. Si l’on considère que l’on est unique et que tout disparaît après nous, effectivement l’héritage n’a plus aucun sens. Si l’on se considère dans une continuité, on ne travaille pas pour soi, mais pour les gens qui vont nous succéder. C’est cette vision qu’il faut avoir. Si l’on prend un haut fonctionnaire qui va diriger une entreprise, il a comme seul horizon l’État et c’est relativement à court terme. Un patron de PME va penser autrement. C’est un peu comme le forestier qui plante un arbre : quand il le plante, il le voit avec les yeux de ses futurs petits-enfants. C’est en cela que l’héritage peut être une bonne chose, parce que cela engage les gens à investir, plutôt que de consommer et de dépenser. Investir, c’est travailler en n’ayant rien en compensation, l’investissement est au bénéfice des autres. En réalité, le riche est celui qui ne consomme pas ce qu’il a produit. D’une manière générale, il y a un esprit qui arrive à se construire au sein d’une famille et l’on va être plus tenté de faire prospérer une saga, que d’aller s’acheter un yacht ou une villa dans les Caraïbes. La vie d’un entrepreneur, c’est quand même de faire des projets et de faire de nouvelles choses. »

En conclusion, notre chronique littéraire dédiée à cet ouvrage numérique, ou e-book, permet de mettre en exergue cette réflexion : « L’acceptation individuelle de l’inégalité est possible dans un monde libre où la modification de son destin est choisie. » Cet entrepreneur a donc voulu partager avec ses lecteurs ses idées libérales en expliquant en quoi elles permettent de faire progresser la société et de nous faire progresser nous- mêmes.

« Mozart s’est-il contenté de naître ? » de François de Coincy est publié par Bookelis.com (uniquement en e-book)

« La monnaie, indicateur des prix » par François de Coincy sur Economie Matin

LA MONNAIE, INDICATEUR DES PRIX (EXTRAIT)