Dernière sélection du 90ème Prix Cazes (remis en avril 2026 chez Lipp)

Le Prix Cazes fête son 90ème anniversaire ; il sera remis à la brasserie Lipp en avril 2026
Dernière sélection : 

Les Explorateurs    Iegor Gran       (P.O.L.)   

L’extinction des vaches de mer    Adèle Rosenfeld  (Grasset)        

L’enfant du vent des Féroé       Aurélien Gautherie     (les éditions Noir sur Blanc)

Je suis la fille de Casanova  Cécile Guidot  (Mercure de France)

Fondé en 1935 par Marcellin CAZES, le Prix Cazes récompense un auteur pour un roman, un essai, une biographie, des mémoires ou un recueil de nouvelles. 
Il est décerné chaque année par un jury composé de :
Léa SANTAMARIA (Présidente)
Claude GUITTARD  (Secrétaire Général)
Mohammed AÏSSAOUI
Gautier BATTISTELLA
Mathilde BREZET
Marie CHARREL
Gérard de CORTANZE
Nicolas d’ESTIENNE D’ORVES

Christine JORDIS

Eric ROUSSEL

Contact presse : guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Anthologie d’un soupir sur Marie-Antoinette de Marianne Vourch

Anthologie d’un soupir — Silence à quatre temps : portrait musical de Marie-Antoinette

Par Bérine Pharaon

Portrait en musique de Marie-Antoinette de Marianne Vourch plonge le lecteur, qu’il soit spécialiste ou grand public, au cœur du XVIIIᵉ siècle européen, à la cour de France, où la dauphine, devenue reine, se tient à la croisée des passions intimes et des contradictions d’étiquette.

Entre la vie familiale de Schönbrunn et le faste de Versailles, Marie-Antoinette se révèle femme d’émotions et d’élans, traversée par une vie où grandeur et fragilité se répondent sans cesse. Éprise d’arts et préservée longtemps des affaires politiques, Marie-Antoinette trouve un sanctuaire dans un mécénat sincère, affirmant sa singularité et son droit à vivre selon ses désirs. Son éducation et son goût pour la musique, la danse, l’opéra et le théâtre aboutissent à des initiatives concrètes, transformant son entourage en espace de création et d’émancipation. Jardins, concerts, théâtres et Trianon deviennent des refuges où elle trouve inspiration et liberté.

Des extraits choisis de Mozart, Gluck, Haydn et de nombreux autres compositeurs jalonnent et tissent cet univers sonore aristocratique . Au-delà des mots, et semblable à l’esprit de l’ineffable « je-ne-sais-quoi » des émotions et du temps musical, du philosophe Vladimir Jankélévitch, l’ autrice restitue avec élégance, la complexité d’une femme de désirs et de quêtes, à la fois vraie, trahie et digne.

Le précieux portrait en musique de Marie-Antoinette s’impose comme une anthologie du soupir, où rythmes, humanité et force féminine universelle s’entrelacent, face à un destin tragique .

Portrait en musique de Marie-Antoinette, Marianne Vourch, Éditions Vilanelle, 2025.

« Bioutifoul Kompany » de Frédéric Vissense, le monde du travail chamboulé

Un roman… peut-être même un pamphlet… voire un essai sociologique… Bioutifoul Kompany est un véritable OLNI : objet littéraire non identifié. Décryptage.

Nous ne pourrons bientôt plus appréhender de la même façon les sujets d’emploi, de compétences et de recrutement. Certains thèmes prendront de l’ampleur, là où d’autres seront à minimiser. A nous de savoir anticiper l’imprévisible en fonction de ce que nous connaissons déjà.

Une histoire de l’avenir

L’humour n’est pas le principal à retenir du livre de Frédéric Vissense. Certains passages sont effectivement drôles, mais l’essentiel est ailleurs et beaucoup plus sérieux, puisque chacun d’entre-nous aura souvenir d’une des scènes racontées dans Bioutifoul Kompany, à tout le moins connaissons-nous quelqu’un en ayant vécues une, ou avons-nous envisagé pouvoir y être confronté un jour. Le plus distrayant n’est donc pas l’humour, mais bel et bien la prescience du narrateur à travers l’aventure collective qu’il dépeint comme un inévitable déclin.

Frédéric Vissense dévoile la manière dont (selon lui) évolueront les rapports entre subalternes et dirigeants… les divers mutations professionnelles… les formes qu’elles prendront… les changements de paradigmes… l’emprise croissante de la technologie et des idéologies… autant de métamorphoses qui vont chahuter notre quotidien et bouleverser nos vies. Ainsi, Bioutifoul Kompany propose-t-il une hypothèse de réflexions (presqu’un avertissement) sur ce que pourrait devenir le monde du travail d’ici 2050… ou avant. Peut-être même tout cela existe-t-il déjà et faudrait-il « se préparer à la résistance, du moins : à la prise de conscience de notre déchéance prochaine » *.

Entre patronat et salariat

Une multitude de personnages évoluent dans cette théorie entrepreneuriale futuriste.  Il y a bien entendu le narrateur, puis un intervenant nommé Le Philosophe, également l’iconoclaste Doktor Stürmer, s’y ajoutent les numérotés : Toby Ier… Robert II… John III…, suivis de Fifi, du Directeur Général adjoint et du Directeur Général tout court ; un bestiaire au sens propre (celui des gladiateurs qui combattaient la férocité) grâce auquel se dessine notre avenir professionnel tel qu’il est envisageable de l’imaginer à partir de ce que l’on sait du monde actuel. En fait, l’auteur taquine le lecteur.

Certaines phrases engagent des images parfois surréalistes : « Le Coca-Cola était humide » … parfois amusantes : « Les odeurs de transpirations stagnant à nos côtés, comme l’encens de synthèse d’un culte de bas étage ; » … parfois lucides : « Fifi n’avait pas tort. Nous étions certes des personnages secondaires, dépourvus de caractéristiques héroïques ou managériales, relégués aux marges des organigrammes, et cependant : nous étions quand même des êtres de chair et d’os, et non des spectres de pâleur et d’échos ;  » … avant que l’histoire ne s’achève par une allégorie en miroir, rappelant qu’au XVIIe siècle, les membres de l’Académie royale de peinture de Paris débattirent de la prééminence supposée du dessin (le patronat) sur la couleur (la salariat) : « Le trait serait le prolongement de l’esprit, la matérialisation de l’idée en peinture ; le coloris, lui, consacrait l’autonomie de l’art par rapport à toute justification idéologique ou théorique. »

Le terreau d’une réflexion globale

Au début du XIXe siècle, l’économiste anglais David Ricardo envisageait la technologie devoir un jour supplanter l’homme ; idem pour Marx quelques décennies plus tard, alors qu’à la même époque certain(e)s ouvrier(e)s du textile détruisaient leurs machines destinées à les remplacer. L’un des aspects du livre de Frédéric Vissense est sa capacité à faire triple écho entre hier, aujourd’hui et demain. Il sous-entend la question fondamentale qui effraye : et si les machines (aujourd’hui l’Intelligence Artificielle) devenaient concurrentielles avec la main d’œuvre et l’intellect humain au point de tous nous remplacer ! Dans ces conditions, quelle sera la variable sociale ajustable ?

Le management toxique dont il est également question, sera-t-il partie prenante de la réduction à venir des effectifs qui, dès lors, ne passeront plus par le licenciement, mais par une pression psychologique progressive visant à pousser naturellement les salariés vers la sortie ? C’est de tout cela dont il est question de Bioutifoul Kompany. L’histoire racontée par Frédéric Vissense expose comment des progrès techniques stupéfiants sont déjà en train de chambouler le travail, en conséquence de quoi suivront les bouleversements de nos loisirs, de l’éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques ; peut-être aussi comment des mœurs, aujourd’hui considérées comme scandaleuses, seront un jour admises. Un livre étrange. Surprenant. Malaisant tant il parait indispensable après l’avoir lu.

Les passages en italique sont extraits du livre.

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Mars 2026 –Esperluette Publishing & Bretagne Actuelle

BIOUTIFOUL KOMPANY, un livre de Frédéric Vissense aux éditions La Route de la Soie – 485 pages – 27,00 €

« Comment une gifle trace un destin » : Christian Brûlard dans Saisons de culture

La géométrie de la rancœur : comment une gifle trace un destin

Par Erwan d’Harmental

Christian Brûlard signe avec Sans excuse un roman sec, implacable, où une gifle banale devient l’axe d’une vie entière. Fabien, 12 ans, humilié par son frère sous le regard complice de son père et le silence de sa mère, transforme cette blessure en programme de silence et de discipline. De la table familiale au commissariat, du foyer éducatif au tribunal, Brûlard raconte pas à pas la trajectoire d’un enfant qui refuse le pardon. Entre récit judiciaire et parabole morale, ce texte s’inscrit dans la lignée de Vallès, Renard ou Camus : l’enfance humiliée comme matrice d’un destin.

Une scène inaugurale qui fracture le monde

Tout commence « à l’initial » par « une gifle lourde, soutenue, appuyée ». Sylvain, le frère aîné, corrige Fabien sur une piste d’auto-tamponneuses. Le père approuve, la mère détourne le regard. Fabien encaisse « muet de rage et d’incompréhension ». Dès lors, la famille bascule : « père et fils aîné au recto, sa mère et lui au verso. »

Cette gifle est moins un geste qu’une topographie : elle redessine les rapports, installe l’enfant au revers du monde familial. Comme l’écrivait Jules Vallès dans L’Enfant, « une gifle suffit à faire un révolté ».

Le corps comme plan de revanche

Fabien ne se révolte pas par des cris : il se mure. Il quitte le football, choisit la musculation, s’inscrit au taekwondo : « Je veux le muscle », dit-il. Chaque soir, il prépare son sac, anticipe la semaine, révise ses leçons. « Chaque soir, il prépare et se prépare pour le matin à venir », note Brûlard.

Ce projet rappelle Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir, qui transforme sa rancune sociale en ascèse intellectuelle. Chez Fabien, l’ascèse est corporelle : le muscle remplace le verbe. La rancune devient géométrie, discipline, plan.

Le silence est une arme

Plus que son entraînement, c’est son mutisme qui intrigue. Fabien cesse d’embrasser sa mère, répond à peine à son père. Aux éducateurs, il oppose des monosyllabes. Lorsqu’un psychologue lui demande : « Qu’as-tu ressenti quand tu as frappé ton frère ? », il répond : « Rien. »

Ce « rien » est l’équivalent littéraire d’un mur. Le roman se construit autour de ce refus de langage. Albert Camus rappelait dans Le Mythe de Sisyphe : « Se taire, c’est aussi une manière de dire non. » Fabien incarne ce non obstiné.

Du repas au commissariat : le passage à l’acte

Un soir, lors d’un dîner banal, une pique de Sylvain déclenche l’explosion. Fabien frappe son frère violemment. Sylvain chute, se blesse, est hospitalisé. La police intervient.

Conduit au commissariat, Fabien découvre la machine judiciaire : « Pour la première fois, il ne maîtrisait plus rien. » La cellule, la paillasse, les néons : tout échappe à sa discipline. Lorsqu’on lui demande : « Pourquoi avoir frappé ton frère ? », il répond : « Parce qu’il m’a humilié. »

Cette confrontation rappelle Kafka : le geste intime traduit en « violences aggravées sur mineur ».

Le foyer éducatif : obéissance glaciale

Le juge des enfants ordonne un placement. Au foyer, Fabien se conforme à tout. Les éducateurs le décrivent comme « obéissant, discipliné, mais mutique ». Il étudie, s’entraîne, ne trouble jamais l’ordre. Mais rien ne transparaît.

Une éducatrice résume : « Tu fais tout bien, mais tu ne dis rien. » Eugénie, la grand-mère, lui écrit des lettres de pardon : il les lit, mais ne répond pas. Honorine, la cousine infirmière, s’inquiète : « Il s’enferme. »

La mécanique familiale se rejoue : les adultes parlent, exhortent, supplient. Fabien reste opaque.

Eugénie et Honorine : l’illusion d’un refuge

Deux femmes incarnent, dans ce récit saturé de silences, un possible chemin de traverse. Eugénie, la grand-mère pieuse, voit chez Fabien autre chose qu’une faute : une quête d’absolu. Honorine, la cousine infirmière, se croit investie d’une mission de sauvetage. La scène où Fabien, à table, demande à être adopté par Eugénie, est l’un des moments les plus forts du livre : un instant suspendu, aussitôt refermé par un silence collectif que Brûlard décrit comme « absence de courage ».

On pense ici aux grandes scènes familiales chez Balzac, où chacun calcule au lieu de s’avancer. Mais chez Brûlard, ce possible refuge se dissout : Eugénie reste impuissante, Honorine se brise contre « les chemins tracés par la loi ». L’horizon se réduit, et la mécanique familiale reprend son empire.

Le jugement : un monosyllabe pour verdict

Au tribunal, le juge tente une dernière fois : « Regrettes-tu ? » — « Non. »

Tout le livre est là : un refus nu, qui défie la justice autant que la famille.

Le magistrat tranche : placement éducatif prolongé, sans incarcération. Fabien reprend sa routine. Brûlard conclut : « Il n’avait rien oublié, rien pardonné. »

On songe à Meursault dans L’Étranger : condamné non seulement pour son geste, mais pour son refus d’endosser le rôle attendu de l’accusé repentant.

Un roman de la rigueur et du refus

Brûlard écrit sec, sans pathos. Pas d’explication psychologique, mais une suite de constats : une gifle, un silence, un coup, une cellule. Cette sécheresse narrative rend le récit implacable.

En cela, Sans excuse se situe dans la lignée de Jules Renard (Poil de Carotte), de Vallès (L’Enfant), ou d’Ernaux (La Place) : l’enfance comme lieu d’humiliation. Mais Brûlard franchit une étape : l’humiliation ne mène pas au récit réparateur, elle mène au mutisme et au drame judiciaire.

« Les blessures d’enfance gouvernent toute une vie », écrivait Paul Valéry. Fabien en est la démonstration : sa vie se réduit à la géométrie d’une rancune, tracée par une seule gifle.

« la musique en interaction avec l’Histoire » Marianne Vourch dans Bretagne actuelle

Le XVIIIe siècle est assurément celui des premiers grands mélomanes. Dans un portrait en musique de Marie-Antoinette, Marianne Vourch nous fait découvrir les goûts musicaux de la plus célèbre Reine de France.

 

Ce livre est formidable. D’une part, il réhabilite culturellement la plus célèbre reine de France ; en outre, il se pose au-dessus des basses polémiques concernant la vie de Marie-Antoinette d’Autriche ; au reste, il s’agit d’un portrait accessible à tous, permettant d’initier les jeunes et leurs ainés à une figure incontournable de l’Histoire, grâce au souffle intemporel de la musique classique.

Portraits en musique

Marianne Vourch est coutumière des biographies musicales. Outre ses nombreuses émissions sur France Musique, on lui doit la création des éditions Villanelle, chez qui elle a publié quantité de livres-disques pour enfants racontant moult compositeurs, tels Chopin… Mozart… Tchaïkovski… Vivaldi… et tant d’autres ; ainsi qu’une collection autour du Journal intime de…, mettant en scène le parcours de chanteurs, danseurs et musiciens divers sous la forme d’un journal intime apocryphe publié simultanément en livre et en podcast sur France Musique. De cette façon peut-on découvrir (entre autres) la vie de Bach… Léonard Bernstein… Edith Piaf… Nina Simone… ou Rudolf Noureev.

La nouvelle collection des éditions Villanelle traite de Portraits en musique. Le premier tome est consacré à Marie-Antoinette. Il s’agit de raconter l’existence de la plus célèbre Reine de France à travers les compositions de l’époque et ses propres goûts musicaux ; car, n’en déplaise aux républicains bas du front, l’épouse de Louis XVI était une mélomane avertie. De sa tendre enfance autrichienne à sa triste montée sur l’échafaud, elle fut curieuse de découvrir les mélodies qui firent l’enchantement des cours européennes de la fin du XVIIIe siècle, parmi lesquels celles de Joseph Haydn… Jean-Baptiste Lully… Jean-Philippe Rameau… Antonio Vivaldi… et, bien entendu, son compatriote Mozart.

Un peu d’histoire

Marie-Antoinette manifesta très tôt un intérêt dans le domaine des arts. Elle meubla et décora ses appartements de Versailles et Trianon avec un raffinement et une rare implication pour une souveraine. Afin de satisfaire son goût prononcé du spectacle : théâtre… musique… opéra… Louis XVI chargea l’architecte Richard Mique de lui édifier un véritable théâtre au sein du château de Versailles ; il s’agit d’un espace lyrique privilégié, habilement dissimulé derrière les frondaisons par une entrée discrète. Les travaux furent achevés au printemps 1780 et l’inauguration eut lieu le 1er juin de la même année. De 1780 à 1785, Marie-Antoinette usa de son Petit Théâtre de deux façons. Commanditaire de spectacles, la Reine sollicita des œuvres qui témoignaient de son goût pour la musique de son temps : elle fit jouer Gluck, Grétry, Sacchini, et Le Barbier de Séville de Giovanni Paisiello, créé à Saint-Pétersbourg devant Catherine II, il fut interprété pour la première fois en France à Trianon en 1784.

Des anecdotes à profusion

Le livre de Marianne Vourch commence aux adieux à l’Autriche, lorsque la jeune Marie-Antoinette quitte Vienne pour Paris, elle écoute alors Mozart et Haydn, pour s’achever le mercredi 16 octobre 1793, jour de sa décapitation place de la Révolution – ex place Louis XV et actuelle place de la Concorde. Le livre est ponctué d’anecdotes racontant maints détails historiques avec un petit air curieux et passionnant. Par exemple, lorsque la Reine traversa Paris pour la dernière fois, le peintre Jacques-Louis David l’attendit à un angle de la rue Saint-Honoré. « Il l’aperçoit, assise dans une charrette, vêtue d’un déshabillé blanc et d’un fichu de mousseline croisé sous le menton (…). David, antimonarchiste, annote froidement son esquisse, inscrivant ces mots : « Marie-Antoinette allant à l’échafaud, dessin de David le peintre, l’un de ses juges. » *

Autre anecdote pittoresque. Les femmes de l’époque ne jouaient jamais d’instrument à vent, car, disait-on, le souffle risquait de déformer les traits de leur visage. La Reine « pratiquait (donc) le chant, le clavecin – le piano n’existait pas encore – et le ballet, mais la harpe était son instrument favori. »* ; Ce Portrait en musique de Marie-Antoinette regorge d’historiettes qui en font le sel ; un livre adapté à tous les âges, avec un QR code fort utile qui, sans nul doute, séduira les plus jeunes. Il permet un accès numérique gratuit à une lecture musicale au format audiolivre : soixante-dix minutes lues par l’auteur, facilitant les écoutes familiales ou en groupe pour une meilleur transmission didactique.

L’élégance des belles choses

Marianne Vourch a en elle l’élégance des belles choses. Elle replace la musique dans son véritable contexte : celui de tous les jours, dans une interaction continue avec l’Histoire. Outre sa maison d’édition, ses livres et ses émissions de radio, elle propose des rencontres thématiques. Chacun de ses rendez-vous dévoile les mystères des partitions, mais aussi les liens indéfectibles entre l’histoire de la musique, des hommes et des arts. Ce sont des instants de poésie, d’émotions et de découvertes autour des mots, des sons et des regards dans le cadre exceptionnel de la salle Cortot – Paris XVII. Les prochaines rencontres auront lieu le samedi 28 mars 2026 à 15h, il s’agira d’y découvrir le royaume des fées en écoutant les cinq pièces de Ma mère l’Oye pour piano à quatre mains de Maurice Ravel ; également le samedi 16 mai, avec au programme le cygne blanc de Tchaïkovski, en l’écoute de son célèbre Lac des cygnes. Et c’est chaque fois passionnant. Toutes générations confondues.

Passage extrait du livre.

Jérôme ENEZ-VRIAD
© Février 2026 –Esperluette Publishing & Bretagne Actuelle

Portrait en musique de Marie-Antoinette – Un livre de Marianne Vourch aux éditions Villanelle – 111 pages couleur – 19,90 €

« Marianne Vourch a l’élégance des belles choses » (Tribune juive) –

« Portrait en musique de Marie-Antoinette ». Un livre de Marianne Vourch. Par Jérôme Enez-Vriad

Le XVIIIe siècle est assurément celui des premiers grands mélomanes. Dans un portrait en musique de Marie-Antoinette, Marianne Vourch nous fait découvrir les goûts musicaux de la plus célèbre Reine de France.

Ce livre est formidable. D’une part, il réhabilite culturellement la plus célèbre reine de France ; en outre, il se pose au-dessus des basses polémiques concernant la vie de Marie-Antoinette d’Autriche ; au reste, il s’agit d’un portrait accessible à tous, permettant d’initier les jeunes et leurs ainés à une figure incontournable de l’Histoire, grâce au souffle intemporel de la musique classique.

Portraits en musique

Marianne Vourch est coutumière des biographies musicales. Outre ses nombreuses émissions sur France Musique, on lui doit la création des éditions Villanelle, chez qui elle a publié quantité de livres-disques pour enfants racontant moult compositeurs, tels Chopin… Mozart… Tchaïkovski… Vivaldi… et tant d’autres ; ainsi qu’une collection autour du Journal intime de…, mettant en scène le parcours de chanteurs, danseurs et musiciens divers sous la forme d’un journal intime apocryphe publié simultanément en livre et en podcast sur France Musique. De cette façon peut-on découvrir (entre autres) la vie de Bach… Léonard Bernstein… Edith Piaf… Nina Simone… ou Rudolf Noureev.

La nouvelle collection des éditions Villanelle traite de Portraits en musique. Le premier tome est consacré à Marie-Antoinette. Il s’agit de raconter l’existence de la plus célèbre Reine de France à travers les compositions de l’époque et ses propres goûts musicaux ; car, n’en déplaise aux républicains bas du front, l’épouse de Louis XVI était une mélomane avertie. De sa tendre enfance autrichienne à sa triste montée sur l’échafaud, elle fut curieuse de découvrir les mélodies qui firent l’enchantement des cours européennes de la fin du XVIIIe siècle, parmi lesquels celles de Joseph Haydn… Jean-Baptiste Lully… Jean-Philippe Rameau… Antonio Vivaldi… et, bien entendu, son compatriote Mozart.

Un peu d’histoire

Marie-Antoinette manifesta très tôt un intérêt dans le domaine des arts. Elle meubla et décora ses appartements de Versailles et Trianon avec un raffinement et une rare implication pour une souveraine. Afin de satisfaire son goût prononcé du spectacle : théâtre… musique… opéra… Louis XVI chargea l’architecte Richard Mique de lui édifier un véritable théâtre au sein du château de Versailles ; il s’agit d’un espace lyrique privilégié, habilement dissimulé derrière les frondaisons par une entrée discrète. Les travaux furent achevés au printemps 1780 et l’inauguration eut lieu le 1er juin de la même année. De 1780 à 1785, Marie-Antoinette usa de son Petit Théâtre de deux façons. Commanditaire de spectacles, la Reine sollicita des œuvres qui témoignaient de son goût pour la musique de son temps : elle fit jouer Gluck, Grétry, Sacchini, et Le Barbier de Séville de Giovanni Paisiello, créé à Saint-Pétersbourg devant Catherine II, il fut interprété pour la première fois en France à Trianon en 1784.

Des anecdotes à profusion

Le livre de Marianne Vourch commence aux adieux à l’Autriche, lorsque la jeune Marie-Antoinette quitte Vienne pour Paris, elle écoute alors Mozart et Haydn, pour s’achever le mercredi 16 octobre 1793, jour de sa décapitation place de la Révolution – ex place Louis XV et actuelle place de la Concorde. Le livre est ponctué d’anecdotes racontant maints détails historiques avec un petit air curieux et passionnant. Par exemple, lorsque la Reine traversa Paris pour la dernière fois, le peintre Jacques-Louis David l’attendit à un angle de la rue Saint-Honoré. « Il l’aperçoit, assise dans une charrette, vêtue d’un déshabillé blanc et d’un fichu de mousseline croisé sous le menton (…). David, antimonarchiste, annote froidement son esquisse, inscrivant ces mots : « Marie-Antoinette allant à l’échafaud, dessin de David le peintre, l’un de ses juges. » *

Autre anecdote pittoresque. Les femmes de l’époque ne jouaient jamais d’instrument à vent, car, disait-on, le souffle risquait de déformer les traits de leur visage. La Reine « pratiquait (donc) le chant, le clavecin – le piano n’existait pas encore – et le ballet, mais la harpe était son instrument favori. »* ; Ce Portrait en musique de Marie-Antoinette regorge d’historiettes qui en font le sel ; un livre adapté à tous les âges, avec un QR code fort utile qui, sans nul doute, séduira les plus jeunes. Il permet un accès numérique gratuit à une lecture musicale au format audiolivre : soixante-dix minutes lues par l’auteur, facilitant les écoutes familiales ou en groupe pour une meilleur transmission didactique.

L’élégance des belles choses

Marianne Vourch a en elle l’élégance des belles choses. Elle replace la musique dans son véritable contexte : celui de tous les jours, dans une interaction continue avec l’Histoire. Outre sa maison d’édition, ses livres et ses émissions de radio, elle propose des rencontres thématiques. Chacun de ses rendez-vous dévoile les mystères des partitions, mais aussi les liens indéfectibles entre l’histoire de la musique, des hommes et des arts. Ce sont des instants de poésie, d’émotions et de découvertes autour des mots, des sons et des regards dans le cadre exceptionnel de la salle Cortot – Paris XVII.

Les prochaines rencontres auront lieu le samedi 28 mars 2026 à 15 heures, il s’agira d’y découvrir le royaume des fées en écoutant les cinq pièces de Ma mère l’Oye pour piano à quatre mains de Maurice Ravel ; également le samedi 16 mai, avec au programme le cygne blanc de Tchaïkovski, en l’écoute de son célèbre Lac des cygnes. Et c’est chaque fois passionnant. Toutes générations confondues.

* Passage extrait du livre.

© Jérôme Enez-Vriad

© Février 2026 –Esperluette Publishing & Tribune Juive

« Portrait en musique de Marie-Antoinette »

Un livre de Marianne Vourch

Éditions Villanelle

111 pages couleur – 19,90 €

Éditions Villanelle : https://editions-villanelle.com

Salle Cortot : https://sallecortot.com