Ouest-France a adoré le premier roman de Christian Brûlard

Guilaine Depis, attachée de presse (Balustrade)
Rampe de lancement ! Appuyez-vous sur la balustrade !
Ouest-France a adoré le premier roman de Christian Brûlard

INVITATION A LA CONFERENCE DE PRESSE
DE MARIANNE VOURCH, MARDI 18 NOVEMBRE 2025 à 11h à
l’ECOLE NORMALE DE MUSIQUE DE PARIS Alfred Cortot,
SALLE MUNCH, 114 bis BOULEVARD MALESHERBES, 75017 PARIS

BROCHURE




























Article des Sables Vendée journal 
Billet de blog 18 octobre 2025
Stanislas Verlaine, à peine remis de sa précédente aventure contre le Mandarinia, est parti se faire oublier en Suède, où il suit un master de criminologie. Il va se retrouver malgré lui au cœur d’une guerre souterraine entre des forces occultes, puissantes, qui joueront l’avenir de l’humanité à la roulette russe.
Stanislas Verlaine a besoin, d’une part, de se changer les idées car il a souffert au niveau personnel et professionnel, et, d’autre part, de se faire oublier. Il a donc pris la décision de s’installer en Suède, où il a une tante qu’il n’a pas vue depuis longtemps et de suivre dans ce pays, un master de criminologie. Il a déjà participé, un peu par hasard, à une enquête où sa contribution a été appréciée. Il voit là l’occasion de compléter ce qu’il a découvert sur le terrain et de, peut-être, orienter sa carrière.
Il s’installe dans une partie du logement de la tantine qu’il partage avec deux autres étudiants : Erik et Ida. Cette dernière est étudiante en médecine, fait de nombreuses gardes et il la croise peu. Il se sent plus proche d’Erik avec qui il passe de bons moments. Échangeant même quelques confidences, celui-ci lui explique, en détails, comment Ida et lui arrondissent leur fin de mois. C’est assez surprenant mais Stanislas n’est pas un homme qui juge. Il absorbe les informations, et respecte les choix de ses colocataires bien que cela l’interroge.
On sent que ce qu’il a vécu le « travaille », il est parfois un peu torturé, il se questionne sur ce qu’il n’a pas maîtrisé et qui a provoqué la situation de mal être dans laquelle il se trouve. C’est quelqu’un qui a besoin d’actions, de challenge, de mouvement…Si l’occasion se présente de pouvoir agir et enquêter, il ne dira pas non, bien au contraire !
Dans le cadre d’un stage, et parce que les policiers ont entendu parler de ses précédents « exploits », il se retrouve à mener quelques investigations en binôme. Il est étudiant, on ne peut pas l’autoriser à se lancer seul. Mais bien sûr, il est très volontaire et il cherche, fouille et observe, quelques fois en cachette, sans rien dire. Il a également une espèce de sixième sens qui lui permet de visualiser et d’interpréter les événements. J’aime bien cet aspect de sa personnalité et je pense que ça pourrait être encore plus exploité dans les titres suivants (tout en dosant correctement pour ne pas tomber dans l’exagération). Au cœur de l’action, il se démène et essaie d’obtenir des réponses. Il est intuitif, opiniâtre, intelligent, un peu fougueux, attachant.
Avec des chapitres courts, Nicolas Gorodetzky nous entraîne rapidement dans son récit. L’histoire débute tranquillement puis le rythme monte et la tension s’intensifie au fil des pages. L’atmosphère calme devient angoissante et la peur s’installe. L’auteur sait bien manier les mots pour retranscrire les scènes, les ressentis. Il y a de l’action, des rebondissements et on ne s’ennuie pas une seconde. Comme, de plus, il est musicien, il glisse de temps en temps un titre et souvent, j’écoute les morceaux évoqués.
L’écriture est plaisante, fluide, sans temps mort, avec des phrases courtes qui vont à l’essentiel. C’est addictif et j’avais sans cesse le souhait d’aller plus vite, de comprendre. J’ai particulièrement aimé que des informations médicales étoffent le texte (l’auteur est aussi médecin). C’est le plaisir d’apprendre et ça me donne toujours envie d’aller plus loin.
Ce roman est très bien fait, intéressant et captivant. J’espère retrouver Stanislas dans d’autres aventures.
Nathalie de Baudry d’Asson, une femme d’histoiresDans Miniatures et pointes sèches, Nathalie de Baudry d’Asson raconte des destins de femmes. En découvrant ces histoires, au tempo très rapide, le lecteur passe sans interruption du rire aux larmes et de la compassion à l’admiration. Si la mémoire émotionnelle est la plus persistante, alors ce livre ne tombera pas dans l’oubli.
Pourquoi cette double référence, dans le titre, à l’art pictural ? Les cinquante petits textes qui composent Miniatures et pointes sèches dressent, en quelques lignes ou au plus quelques pages, les portraits de femmes d’hier et d’aujourd’hui, tels de petits tableaux, avec une écriture à l’os, un sens de la concision et une spontanéité – bien sûr très travaillés – qui renvoient à l’art du graveur.
Nathalie de Baudry d’Asson est d’abord la biographe de celles qui ignorent tout du métier d’écrire : elles sont médecins, journalistes, artistes, parfois encore lycéennes, ou même religieuses consacrées. Ce sont tantôt des vies entières, tantôt des « tranches de vie », de simples anecdotes, qui prennent forme sous sa plume. Mais ce qui intéresse à chaque fois l’auteure dans la vie des unes et des autres, ce sont les péripéties, les rebondissements, ces moments incertains entre l’échec et le succès, ces dialogues en apparence anodins, mais qui peuvent conduire d’un cabinet de radiologie à la salle Pleyel. Les enjeux sont donc énormes – il s’agit de mener la vie qui correspond à ses aspirations – et l’existence semble être un jeu à somme nulle : « Le bonheur d’Emmanuelle a été la souffrance atroce de Philippe », lit-on à la fin de l’un de ces récits. Les héroïnes de Nathalie de Baudry d’Asson font preuve d’ingéniosité face à l’adversité : quand elles se vengent, c’est avec sang-froid et subtilité. Elles vivent à l’occasion des expériences étranges, à faire réfléchir les plus rétifs à l’ésotérisme : quand elles guérissent d’un mal, elles le font en défiant la science. Elles se soumettent parfois, se rebellent le plus souvent.
Entre peinture et littérature
Si l’auteur manifeste par le titre un goût pour les arts plastiques, c’est toutefois sa longue expérience d’éditrice qui donne à son livre toute sa variété, toute sa richesse. Ainsi, de biographe – ou d’ « écrivain public » –, elle se fait épistolière, quand elle rédige une cruelle et émouvante lettre d’adieux à un amoureux… qui a tout fait pour gagner sa disgrâce. Elle est aussi parfois historienne : Miniatures et pointes sèches dresse le portrait de Résistantes encore peu connues, telle la Britannique Noor Inayat Khan, opératrice radio en France dans les années décisives, trahie et capturée, puis évadée et héroïque jusqu’au bout.
Enfin, à la marge, Nathalie de Baudry d’Asson offre au lecteur quelques fragments d’autobiographie, tel ce séjour new age à la campagne, forcément un peu étrange, avec ses namasté et son inévitable pleine conscience, ou des instants d’émotion artistique, avec des cantatrices légendaires : Dame Felicity Lott ou Jessye Norman. Il est ainsi souvent question de poésie et d’art lyrique dans son livre : Franz Schubert, le maître du lied, est au cœur de la plus belle histoire d’amour du recueil.
Une écriture romanesque
Miniatures et pointes sèches est en fait bien plus qu’un simple recueil d’anecdotes et d’histoires vraies. À tous ces épisodes de vie, dont les grandes lignes lui ont un jour été confiées par des amies ou des anonymes, l’auteure donne corps et voix, action et dialogue, par son imagination et sa faculté à transposer (car les noms et les circonstances ont été modifiés pour préserver la vie privée). On ne dirige pas en vain des maisons d’édition, comme ce fut son cas au sein du groupe Hachette, où l’on accompagne les auteurs par un travail suivi sur le manuscrit. Nathalie de Baudry d’Asson recourt ainsi aux techniques de l’écriture romanesque pour sublimer des histoires qui, autrement, seraient simplement intéressantes.
L’histoire de Jacqueline, la nourrice en apparence irréprochable, est exemplaire : la narratrice omnisciente, comme dans un bon roman réaliste du XIXe siècle, feint un moment de ne pas tout savoir des pensées du mari et de sa femme qui l’emploient, pour réserver une surprise dans le dénouement. Et mettre en valeur la profonde humanité des personnages. Entre par moments en jeu la licence de l’auteure : une femme vit seule ses derniers instants ou va commettre le geste fatal, et nul ne peut savoir avec certitude quelles ont été ses pensées. Personne sauf le romancier ou l’auteur, qui conclut : « Avec une joie absolue, elle s’immole. » Ces « tranches de vie » se lisent souvent comme des nouvelles, aussi cruelles que celles d’un Maupassant. La chute est brutale : l’auteur ouvre le tiret du dialogue et un personnage prononce une seule phrase, glaçante, violente, que le lecteur gardera longtemps en mémoire.
Si Miniatures et pointes sèches revendique de mettre à l’honneur les femmes et de pratiquer un féminisme par l’exemple, Nathalie de Baudry d’Asson n’est pas non plus béate devant son propre sexe : il y a aussi dans son livre quelques personnages repoussoirs, à l’égoïsme incurable ou à l’arrogance crasse, que l’auteur tient à distance en les moquant, entraînant le lecteur dans son rire sarcastique. Ils ne sont qu’une minorité.
Nathalie de Baudry d’Asson
Miniatures et pointes sèches (préface de Marc Lambron, de l’Académie française)
Éditions la Trace, 170 pages
