Pierre Ménat sur LCI le 27/03/23 chez Bénédicte Le Châtelier
Le livre de Pierre Ménat « L’Union européenne et la guerre », paru chez L’Harmattan, est présenté. Itw de l’auteur.
Guilaine Depis, attachée de presse (Balustrade)
Rampe de lancement ! Appuyez-vous sur la balustrade !
Le livre de Pierre Ménat « L’Union européenne et la guerre », paru chez L’Harmattan, est présenté. Itw de l’auteur.
La fin des haricots, de Christian de Maussion, est un pamphlet retraçant presque comme une histoire drôle, le premier quinquennat de Macron. Presque, puisqu’au travers des bons mots et des saillies drolatiques de l’auteur, est exposé le grand déclassement de notre pays, l’abaissement de notre nation comme le constate avec désolation Christian de Maussion. Le récit est burlesque, on se replonge dans ce passé proche et on n’y croit pas ! On a avalé tellement de bêtises. On revit les gilets jaunes, la pandémie du Covid 19, l’incendie de Notre-Dame, le début de la guerre en Ukraine et à chaque fois, nous nous remémorons ce président qui ne se démonte jamais, ce Macron qui fait la leçon à longueur d’allocutions, qui manifeste sa volonté de « Jouir du pouvoir sans entrave. »
Au revoir d’abord toute l’arrogance du stagiaire devenu Jupiter, qui « dispose désormais de la légitimité à tapoter la joue de ses aînés. » L’épisode des gilets jaunes occupe une bonne place dans ce livre, symbole d’une France réelle qui ne se reconnait plus dans ce président qui ne parle pas son langage et réduit le pays à la start-up nation. Et Christian de Maussion nous fait revivre l’épisode grotesque de Jupiter retranché dans son bunker. La giletjaunisation des manifestations anti-retraite nous fera peut-être vivre un Bis repetita. Il est vrai que l’histoire ne se répète qu’en farce selon Marx, mais quand la farce est première, on peut facilement entrer dans une perpétuelle farce, un monde du recyclage. Car ce qui est caractéristique à travers ce récit, c’est l’art de la comédie de Macron. Macron copie et recopie sans cesse, « Emmanuel excelle dans l’art d’imiter. » Il imite ses prédécesseurs, tantôt Mitterrand pour son machiavélisme, souvent Sarko pour son volontarisme affiché, et Giscard dans sa conceptualisation du progressisme marchant. Il recycle sous forme de wording quelques lectures. Macron est donc le symbole du monde du recyclage, et j’ose me poser la question en refermant le pamphlet : serait-il la première intelligence artificielle à exercer le pouvoir ? Macron, le premier ChatGPT vivant ?
Au travers de La fin des haricots, nous revivons également la crise Covid et sa gestion à la petite semaine. Et nous goûtons la synthèse de Maussion : « La peur a dicté sa loi, provoqué les erreurs et déboires du pouvoir. (…) L’impéritie d’Etat s’est camouflée derrière une politique de terreur généralisée. »
Nous lisons donc ce livre et sommes réconfortés, notre intelligence a été rétablie. Maussion utilise la langue, la littérature et l’esprit pour démasquer le comédien de l’Elysée. Contrairement à Macron, il ne recycle pas pour faire la leçon, mais écrit en héritier, dans l’esprit français, refusant d’être dupe. Nous sommes consternés qu’après tant d’inconséquence, d’arrogance et de mépris, nous ayons reconduit Macron sur le même siège. Les bras nous tombent de voir qu’aucune leçon ne sera tirée et que la France prolongera sa chute. Le plus étonnant arrive à la fin du livre quand nous apprenons que l’auteur a lui-même voté Macron, simplement parce qu’il préfère ne pas avoir Marine Le Pen, comme les réfractaires majoritaires qu’il pointait du doigt plus haut dans son livre. Il dit qu’il n’a pas eu le choix, qu’il a voté Macron, le pistolet sur la tempe… Etrange aveu qui laisse perplexe, plein de questions et de colère. Gageons qu’il ne l’a pas fait dans l’unique optique de nous livrer un tome deux tout aussi truculent.
La fin des haricots, Christian de Maussion, Les 5 sens éditions, 114 pages, 12 €
Pierre Ménat dans L’Hebdo Bourse Plus le 24 mars 2023


Vents contraires
Jean-François Kochanski
Éditions AZ / Content Publishing, biographie romancée, 199 pages, 18 €

« Son visage ressortant au milieu des photos des autres soldats décédé (sic) durant la deuxième guerre mondiale me donna envie de raconter son histoire. »
L’histoire d’un livre est parfois brève : une étincelle, une fascination, une rencontre. Un exemple célèbre est celui de l’écrivain roumain Petru Dumitriu qui, dans les années soixante, tombe en arrêt devant le « Portrait d’un jeune anglais » ou « Portrait d’un homme aux yeux gris » attribué au Titien, et en tire un roman éponyme qui sera le premier tome d’une trilogie historique. Même fascination pour Jean-François Kochanski découvrant au temple Yasukuni, parmi les photographies des soldats japonais morts au cours de la Seconde Guerre Mondiale, le visage d’un jeune officier d’apparence occidentale. Il s’agit de Ryo Kurusu, né aux États-Unis d’un père japonais et d’une mère américaine, qui n’arrivera au japon qu’à l’âge de huit ans et mourra officiellement des suites d’une blessure contractée lors d’un combat aérien le 16 février 1945, mais sans doute, en réalité, décapité par l’hélice d’un autre appareil sur son terrain d’aviation.
Fasciné, Jean-François Kochanski rassemble, entre livres et articles, ce qui a déjà été écrit sur Ryo Kurusu et sur sa famille. Il complète cette documentation par des témoignages recueillis auprès de sa sœur et par l’étude de la correspondance entretenue par cette dernière avec son fils et son époux, ainsi que par la lecture des lettres envoyées par le jeune officier à son père. Ces compléments lui fourniront des éléments d’atmosphère familiale propices à la recréation romanesque de la vie de Ryo Kurusu, narrée à la première personne du singulier. Une recréation émaillée d’éléments d’origine, comme des extraits de lettres authentiques traduits du japonais par Emeric Leusie.
« Mon pays marchait vers le néant comme nul autre peuple. »
Une recréation riche en éléments historiques propres à ces périodes troubles de l’histoire, puisque le père de Ryo Kurusu, diplomate de carrière, fit partie en 1939 des signataires du Pacte entre le Japon, l’Allemagne et l’Italie – un pacte qu’il désapprouvait. Une vie familiale compliquée par un retour au Japon après une petite enfance passée en Europe, les absences d’un père au gré de ses affectations, les difficultés d’être à la fois américain et japonais dans un pays à la politique de plus en plus radicale, un nouveau séjour en Europe à l’âge de la majorité, les tensions croissantes dans la vie quotidienne au Japon alors que se dessinent les déterminants du conflit à venir sont ainsi décrits à travers la vision de Kurusu. Jusqu’au basculement mondial qui survient en 1939. Kurusu rejoint alors l’industrie aéronautique, puis se trouve incorporé et, en juin1942, voit sa candidature comme pilote être acceptée – le mois même du revers de la flotte japonaise à la bataille de Midway, étape clef de la défaite à venir et revers qui reste alors secret vis-à-vis de la population japonaise. Une ignorance de l’inéluctable qui le conduit à refuser un poste de diplomate et à poursuivre son engagement au service du Japon comme pilote d’avion de chasse, scellant ainsi son destin. Il pilote un chasseur japonais KI-43, examine des chasseurs capturés aux forces américaines et comprend peu à peu, mais trop tard, que le Japon recule et va perdre la partie. Les premiers bombardements américains sur l’île et la naissance, en octobre 1944, des unités kamikazes, sont des éléments particulièrement éloquents : le Japon refuse de voir se dessiner la défaite. Les bombardiers américains sont défendus par des chasseurs Grumann F6 Hellcat, premiers artisans de la supériorité aérienne américaine au-dessus des mers, qui effacent littéralement les chasseurs japonais du ciel. Ironie du destin, c’est par un accident sur son terrain d’aviation que Kurusu trouvera la mort.
Complété en fin de volume par la liste des sources de l’auteur, pour une part des documents privés de la famille Kurusu, pour une autre part des références bibliographiques qui permettront au lecteur anglophone d’aller plus loin, ce « Vents contraires » ne manque pas d’intérêt. Il permettra au lecteur de revivre un pan capital de l’histoire du vingtième siècle – un conflit dont on a tendance à ne plus connaitre que les grandes lignes – à travers une vision non occidentale. Une guerre vue par un perdant, un destin d’autant plus poignant que ledit perdant, américano-japonais situé sur une étroite ligne de crête entre les deux mondes, aurait très bien pu basculer dans l’autre camp, et qu’il s’en est sans doute fallu de peu, au gré de ses tribulations et de celles de son père diplomate, pour que cela soit le cas.
Des qualités, donc pour ce « Vents contraires », mais, fort malheureusement, négligence de l’auteur ou de son entourage mais surtout témoignage indiscutable de l’absence d’accompagnement éditorial des « éditions » AZ, le volume souffre fortement d’une absence de relecture. Les virgules sont placées au petit bonheur la chance, non seulement sans aucun sens du rythme naturel des phrases, mais aussi au mépris des règles élémentaires de la grammaire, assez souvent entre le sujet et le verbe, ou entre le verbe et le complément d’objet direct. On trouve des coquilles à toutes les pages, des confusions entre imparfait et passé simple, entre pluriel et singulier, des fautes d’accord, des erreurs de ponctuation. Et ceci jusqu’à la quatrième de couverture (sept lignes) avec “inspiré d’une histoire vrai“ (sic). Les éditions AZ apparaissent, il est vrai, particulièrement décomplexées vis-à-vis de l’orthographe. Pour l’anecdote, on peut lire sur leur site, dans la notice bibliographique de Peter Randa (quelques lignes), “Ses œuvres de science-fiction prennent pour la plupart place dans un univers futuriste où action et dilemme politique se conjuguent habillement pour former des intrigues qui restent plus que jamais d’actualité.” Nul doute que la notice « habillement » rédigée s’apparente à la posture et à la vêture, à la fois bohèmes et désinvoltes, de ceux qui affichent vis-à-vis des impératifs de la langue une indifférence et une décontraction absolues. On ne peut que regretter une telle attitude – quelques heures de travail auraient en effet suffi à rendre ce « Vents contraires » beaucoup plus lisible – car la démarche de Jean-François Kochanski était estimable et méritait un meilleur traitement.
Titre : Vents contraires
Auteur : Jean-François Kochanski
Couverture : Content-Publishing
Éditeur : AZ éditions / content publishing
Pages : 199
Format (en cm) : 14 x 21
Dépôt légal : mars 2023
ISBN : 9782382101179
Prix : 18 €
Hilaire Alrune
21 mars 2023
Entre deux camps
Des destins sont parfois compliqués. Ainsi le fut celui de Kurusu Ryo, comme le raconte dans son premier livre, Vents contraires, Jean-François Kochanski (ci-contre), une biographie écrite sous une forme romanesque. De fait, né aux États-Unis d’un père japonais et d’une mère américaine, le jeune Kurusu Ryo ne découvrit le Japon qu’à 8 ans. Malgré des relations empreintes de xénophobie, il fut le seul officier métis à combattre au sein de l’armée de l’air japonaise durant la Deuxième Guerre mondiale où il perdra la vie.Nourri de nombreux documents conservés par la famille du défunt pilote, et de livres déjà publiés Jean-François Kochanski redonne vie à ce jeune homme tiraillé entre deux cultures, et fils d’un diplomate important du Japon qui a œuvré dans des ambassades du monde entier : il fut même un temps l’artisan de la paix avant l’attaque soudaine de Pearl Harbor, ce qui lui vaudra certaines accusations après la défaite de son pays.
Au fil du récit écrit comme s’il s’agissait d’une confession du principal intéressé, on mesure à quel point Kurusu Ryo fut victime d’une xénophobie certaine au pays du Soleil Levant. Victime d’un geste hostile d’une jeune femme dans un parc l’été 1942, il se souvient : « Une forme de mépris m’avait continuellement questionné sur la place me revenant au sein de la société nippone. Une attitude dénuée de sens dont les raisons finalement m’importaient peu. Mais aujourd’hui, le Japon se devait d’être uni face à un ennemi commun. Le comportement de cette personne, se révélait être une insulte vis-à-vis de l’uniforme d’officier que j’arborais en ce jour. »
Pierre Ménat, diplomate et auteur du livre « L’Union européenne et la guerre », publié chez L’Harmattan, est invité pour parler de l’actualité. Itw de celui-ci.
Pierre Ménat, diplomate et ancien conseiller du président Jacques Chirac. Auteur de «L’union européenne et la guerre» (L’Harmattan), invité de Louis Daufresne sur Radio Notre Dame
Réécoutez l’émission ici : https://radionotredame.net/emissions/legrandtemoin/15-03-2023/
Rien n’est plus étranger à l’Union européenne que la guerre puisque cette organisation fut conçue pour dépasser des Etats-nation qui, en quelques décennies, avaient provoqué deux guerres mondiales sur le sol du Vieux continent, ce qui allait précipiter son déclin. La guerre est donc “l’antithèse existentielle” de l’UE, selon l’expression de Pierre Ménat, diplomate, ancien conseiller du président Jacques Chirac.

Marie Charrel avec Les mangeurs de nuit de (L’Observatoire) est la lauréate du 87ème Prix Cazes.
Elle a été élue au premier tour.Son Prix lui sera remis jeudi 6 avril 2023 à 12h15 à la Brasserie Lipp 151 boulevard Saint-Germain 75 006 Paris(inscriptions au cocktail pour les journalistes par sms en précisant le nom du média et l’adresse postale pour recevoir le carton en papier obligatoire pour accéder au cocktail au 06 84 36 31 85.)Contact Presse pour le Prix Cazes : guilaine_depis@yahoo.com