Actualités (NON EXHAUSTIF)

La télévision est-elle halal ? Argoul a bien lu « Qu’est ce que l’islam ? »

Christian de Moliner, Qu’est-ce que l’islam ?

Il n’existe pas de guide de la pratique islamique, sauf le Coran. Mais le Coran est une collation de prêches du prophète (qui, lui, n’a rien écrit), effectué sur ordre du calife Otman un demi-siècle après la mort de Mahomet. Il est difficile à lire car les signes diacritiques n’existaient pas encore et la langue permettait plusieurs interprétations des mêmes mots. A ce Livre, réputé pour être la parole même d’Allah susurrée aux oreilles du prophète par l’ange Djibril (Gabriel), s’ajoutent les hadiths, commentaires plus ou moins autorisés qui s’annulent en fonction de leur chronologie. Pas simple, donc, de pratiquer la foi en toute bonne foi. D’où le pullulement des sectes dans l’histoire musulmane. Avec les nouvelles techniques de l’information et de la communication, c’est un pullulement de sites dont il s’agit (car, contrairement au catholicisme intégriste jadis, l’islam n’est pas contre la science).

L’auteur, qui n’est pas musulman, observe la religion avec curiosité et se veut néophyte. Il va donc consulter les sites accessibles en français en se mettant « à la place d’un croyant » qui cherche à « approfondir sa foi et comment ne pas commettre, par ignorance, des péchés » p.8. Déjà, c’est le maquis ! Outre les sites extrémistes et « les sites hostiles aux musulmans », que l’auteur a écarté comme minoritaires parmi les croyants en France (même s’ils braillent plus fort que tous les autres), il existe des sites d’oulémas et des forums de discussion où chacun peut donner son avis. « Le nombre de sites ou de blogs musulmans est particulièrement important » p.22. Parmi les oulémas, les « modernistes » sont minoritaires, les « rigoristes » sont les plus nombreux sur la toile. « J’ai choisi le principe suivant pour composer ce livre : j’entre une question et j’effectue la synthèse des réponses des trois premières pages » de Google (p.23).

D’où le troisième chapitre le plus copieux et le plus intéressant après le premier (« Les bases ») et le second (« Les dogmes ») : « L’islam au quotidien ». Il s’étale de la page 65 à la fin, page 170 – soit les trois-quarts du livre. Il ressort que l’islam (rigoriste) apparaît, comme l’écrivait Lévi-Strauss dans Tristes tropiques, comme une religion de caserne. La Loi vient d’Allah et l’homme est réputé trop faible pour qu’Il puisse lui faire confiance (et la femme encore moins !). La phobie est la souillure, dont la première vient du sexe, la seconde (associée) à la nourriture, et la troisième au contact avec les mécréants.

Le seul sexe licite est celui du mari sur la femme, dans la position de l’imam (dite ailleurs du missionnaire) – tout le reste est moins bien, voire appelant les feux de l’enfer. Après la femme, la gradation du progressivement défendu concerne les concubines, les esclaves, puis « la fornication » hors mariage ou possession, puis les hommes et les jeunes garçons (pour les jeunes filles, pas de problème, le Prophète en a « épousé » une qui avait 9 ans, c’est donc licite). L’homosexualité et – pire – la sodomie (sur mâle, femelle ou animal – dans cet ordre) sont illicites, interdites. Il faut des années de repentance prouvée et de prières renouvelées pour qu’Allah puisse (éventuellement) pardonner ce moment d’égarement. Les hommes et les garçons doivent éviter de se montrer nus (la honte suprême !) et doivent se couvrir « du col aux genoux », ce qui exclut le string, le slip de bain et le torse nu, considérés comme impudiques (car attisant le désir ? y aurait-il une perpétuelle tentation homosexuelle reconnue par la religion dans les pays d’islam ?). Les femmes étant réputées plus faibles que les hommes, leur surveillance doit être plus sévère : clôture domestique et voile à l’extérieur sont de rigueur, les cheveux et les seins étant les attributs les plus excitants, la présence constante d’un mâle pubère de sa famille est requise pour toute excursion au-dehors.

A cause de la souillure du sexe (pourquoi est-ce une souillure ? Parce que l’acte d’engendrer vous permet de créer un nouvel être vivant, à l’égal d’Allah ?), il faut se purifier corps, cœur et âme cinq fois par jour ! Les petites et grandes ablutions sont requises avant toute prière quotidienne ; la repentance pour ses fautes aussi, sans quoi la prière ne vaut pas ; la soumission totale à Allah enfin, sans restriction mentale, sinon l’enfer guette. D’ailleurs, deux anges adjudants sont là en permanence qui vous surveillent, ils comptabilisent dans un grand livre tout ce que vous faites, vous dites et vous pensez pour en rendre-compte au Jugement dernier.

Au sexe est associée la nourriture, on le sait depuis Freud. Donc tout ce qui rappelle la souillure ou l’impureté ne doit pas être mangé (le cochon, le chien, l’animal trouvé mort, l’animal abattu de façon non rituelle par égorgement, les poissons sans écailles, etc.). L’alcool n’est pas vraiment interdit, mais pris dans l’interdiction de tout ce qui peut faire perdre le contrôle comme la drogue, le sexe illicite, la musique ou la danse. Dosé à 5% maximum, l’alcool est autorisé par exemple dans le vinaigre, dont Mahomet faisait grand cas, dit-on. Et l’alcool synthétique dit éthanol (dans les parfums par exemple) parce qu’il n’est pas issu de la macération de fruits (toujours la phobie de la souillure). Notez que les parfums sont plutôt réservés aux hommes, qui doivent se maintenir beaux pour plaire à Allah, mais déconseillés aux femmes qui n’ont à séduire que leur seul mari. Cette vision moralisatrice et normalisatrice est de retour aussi dans notre société laïcisée. Il ne faut pas fumer tabac ou cannabis, boire de l’alcool, se droguer, faire l’amour sans préservatif, manger trop sucré, trop gras, trop salé, trop de viande, du thon rouge ou de la baleine, se rendre dans des lieux trop bruyants, prendre le volant après boisson alcoolisée ou drogue, éviter le lait, manger sans gluten, consommer des oméga 3, se méfier des ondes radioélectriques, ne pas réutiliser une bouteille en plastique pour boire, recycler ses déchets, ne pas se promener torse nu en ville, ni seins nus sur les plages, ni consulter des sites d’extrême-droite, ni dépasser les limites de vitesse, ni traverser hors des clous, ni…

Toujours dans le registre phobique de la souillure, les contacts avec les non-musulmans doivent être évités au maximum aux croyants. Là encore existe une gradation, issue des contacts qu’a eu le Prophète en son temps. Les autres religions du Livre, Juifs et Chrétiens peuvent être côtoyés, à condition qu’ils ne disent aucun mal de l’islam et que l’on puisse garder l’idée de les convertir. Tous les autres, les polythéistes, les animistes et les athées sont des abominations qui n’ont presque rien d’humain. Ils seront rejetés par Allah à la fin des temps (après le retour de Jésus, prophète lui aussi dans l’islam – d’où l’alliance « objective » des chrétiens fondamentalistes américains avec les islamistes fondamentalistes wahhabites, par exemple).

Evidemment, avec les contradictions des textes entre eux et les silences sur ce qui est advenu depuis le VIIe siècle, les oulémas sont bien en peine pour trouver la voie droite au croyant. D’où les débats incessants sur les détails de la pratique. Car, ce qui est curieux pour nous, Occidentaux héritiers de Platon, est que la croyance compte moins que la pratique rituelle. Qui accomplit tout ce qu’il faut ira en paradis, même si « Allah » est pour lui un terme vague et abstrait. La pratique exige parfois des contorsions logiques. Par exemple sur le travail des femmes dans la société moderne, que le Prophète ne pouvait anticiper : « A noter la suggestion étrange d’un imam intégriste pour permettre à une femme de travailler seule dans un bureau sans enfreindre la loi islamique. Selon lui, il suffit que tous les deux sucent les seins d’une même femme afin qu’ils deviennent sœur et frère de lait. Ils n’ont plus le droit de se marier et peuvent cohabiter comme le ferait un frère ou une sœur (donc sans voile !) » p.121.

Il y a bien d’autres détails intéressants à picorer dans ce petit livre facile à lire et écrit par la base : le concret des questions qui taraudent les croyants en islam francophone. Sur la location, l’assurance de sa maison, l’héritage à laisser à ses enfants malgré la loi civile, le vote aux élections, les greffes, la télévision, les dessins animés, les photos, la météo (qui est une prévision mais pas une prédiction…). Eprouver une affection profonde pour un incroyant est interdit, mais le cambrioler n’est pas licite, ni le tuer s’il n’a pas lui-même attaqué, pas plus que le griller pour le manger (un imam affirme qu’on peut le manger cru).

Christian de Moliner, Qu’est-ce que l’islam ? Les sites musulmans français le dévoilent, mars 2018, éditions Jean Picollec, 170 pages, €15.00

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85

D’autres œuvres de Christian de Moliner chroniquées sur ce blog

Cette fois c’est l’Académie de Montpellier qui applaudit la saga d’Eric JEUX

Un auteur au collège Romain Rolland 

https://www.clg-rolland-nimes.ac-montpellier.fr/un-auteur-au-college-romain-rolland

Un auteur au collège Romain Rolland

Les élèves de 4 Euro ont joué les apprentis journalistes en rédigeant un premier article façon « Midi-Libre », et un deuxième, traduit en anglais, façon « The Times »…

  • Un auteur au Collège Romain Rolland

Le vendredi 19 Janvier, au CDI du collège Romain Rolland, les élèves de 4e A et de 4 Euro ont pu rencontrer Eric Jeux, l’auteur du livre  « Le Maître des temps ».
Après s’être présenté, il nous a lu un extrait de son livre. Il nous a parlé de ses projets d’écriture. Il fait parfois appel à ses enfants pour trouver des idées, mais pour le tome 2, il voudrait faire appel aux idées des lecteurs. Il propose un concours sur son site internet et les meilleurs gagneront un bon d’achat de 100 euros.  

Les élèves de 4 Euro et Mme Bertelli                                                              

  • A writer in Romain Rolland middle school

On Friday, January 19th, pupils of 4 Euro and of 4A classes met Eric Jeux, the writer of Le maître des temps, at the library of Romain Rolland middle school.
He introduced himself and then he read an extract of his book to us.He talked about his writing projects. Sometimes,he asks his children  to give him ideas. But for his second book he would like to ask his readers to help him. He organizes a challenge on his website and the best pupils will win a 100 euros price.

Pupils 4 Euro and Ms. Cavignaux

Agoravox distingue l’écrivain Adriana Langer

Amaury Grandgil sur Agoravox (https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/portraits-sensibles-200796#commentaires) et sur son blog (http://mesterressaintes.hautetfort.com) 19 janvier 2018

Si en France de trop nombreux auteurs parlent surtout d’eux-mêmes et rien d’autres, exécutant leurs psychanalyse sauvage devant tous les passants à travers leurs livres, appelant ça abusivement des livres d’ailleurs, il existe aussi des écrivains qui savent encore évoquer toute l’humanité des personnes qu’ils côtoient quotidiennement que ce soit dans la vie réelle ou dans la vie rêvée. C’est d’ailleurs un des aspects les plus puissants et les plus intéressants de la littérature, ouvrir à l’autre, ouvrir d’autres univers mentaux que le sien… Radiologue de profession, déjà auteure de quelques livres, Adriana Langer est de ceux-là. Son livre est d’ailleurs un peu comme une radiologie des cœurs et des âmes de ses personnages.

Elle est aussi de celles et ceux défendant un genre méprisé et dédaigné dans notre pays en 2018 qui est celui de la nouvelle. Pourtant il eut ses grands maîtres. Celle-ci est souvent plus exigeante que le roman, elle demande plus de réflexion sur l’écriture car elle doit en quelques pages esquisser des personnages, leur psyché, leurs pensées, leurs sentiments, leurs joies, leurs peines, autant de portraits sensibles. Elle est dans la tradition de Guy de Maupassant, Ivan Tourgeniev et d’autres tel Marcel Aymé qui lui ont donné ses lettres de noblesse. On retrouve également dans cet ouvrage un peu de l’esprit de Dino Buzzati, un ton un peu doux amer.

Dans la rue, dans des soirées mondaines, au travail, on peut souvent avoir envie d’en savoir plus sur les personnes que l’on rencontre. Pourquoi a-t-il cette tête ce type à la fenêtre ? Qu’est-ce que ressent cette femme toute seule à la table d’un café ? Pourquoi ce vieux monsieur a-t-il l’ai si guilleret ? On voudrait leur parler, les aborder, voire même les consoler. On voudrait faire savoir à tout le monde ce qu’ils peuvent bien ressentir mais la pudeur nous retient ainsi que la crainte d’importuner. Adriana Langer fait preuve de beaucoup d’humanité et de bienveillance envers ses personnages. Elle sait les faire vivre avec sensibilité et douceur sans pathos ni causticité trop appuyée ainsi qu’il est d’usage chez des littérateurs confondant verve et hargne. Cela devient tellement rare cet art du portrait sensible que ce livre est d’autant plus précieux à lire…

(ET un commentaire de Panda, que je ne connais pas :

« Merci beaucoup pour ce compte rendu concernant ce merveilleux ouvrage. Je l’ai lu il est super extra.

L’article que tu lui consacre vaut largement le fait de le lire j’en parle et pour cause je l’ai approuvé et pour circonstances qui en vaut plus d’une.

Mais comme l’écrit moderatus, il est dommage de constater que les français lisent de moins en moins. L’article est le reflet presque intégral et je n’aurai pas pu faire mieux indiscutablement.»)

Le site de référence « Les 4 vérités » a repéré « Qu’est ce que l’islam ? »

POSTÉ LE 16 JANVIER , 2018, 3:12

L’excellent éditeur Jean Picollec a récemment publié un ouvrage de Christian de Moliner étudiant l’islam, à partir de ce qu’en disent les sites internet musulmans.

On obtient ainsi une vision bien éloignée de ce que la « grosse presse » en dit.

Mais aussi un certain nombre de questions qui nous paraissent, à nous, plutôt « exotiques », comme celle de savoir s’il est permis de voir sa future épouse sans voile, à propos de la pratique des « mariages temporaires » (manière « islamiquement correcte » de justifier la prostitution), ou encore sur le port obligatoire de la barbe. Sans oublier des débats pour le moins étranges sur le droit de voler les « mécréants » !

« Un superbe roman agréable et cultivé » : Pierre Ménat chez Argoul

Pierre Ménat, Attendre encore

 

Un premier roman agréable et cultivé, bien écrit et édité superbement dans une typographie lisible. La couverture, au grain mat, est sensuelle au toucher, ce qui ajoute au plaisir de lecture.

L’histoire se passe dans le milieu diplomatique que connait bien l’auteur. Elle mêle une intrigue politico-mafieuse aux souvenirs de stages de l’ENA pour parvenir à la Carrière, et divague parfois dans la philosophie à la manière de Voltaire. Le style s’en ressent, ces quelques pages grimpant au jargon sans que cela fasse avancer l’intrigue. Ce sont les défauts d’un premier roman. J’ai noté une contrevérité p.283 à propos de la volonté de puissance de Nietzsche : l’auteur écrit « cette volonté crée des pulsions pouvant modifier le cours d’une vie ». Que non pas ! Cette « volonté » n’a rien de volontaire, elle est l’expression irrésistible de l’instinct vital… dont les pulsions sont la résultante au niveau instinctif, mais également les passions au niveau affectif et les idées ou même « la science » (la volonté de savoir) au niveau intellectuel. Ces digressions savantes, mal intégrée dans le récit, sont heureusement rares.

L’auteur coupe l’amour en quatre dans une typologie peu convaincante mais imagine une conscience après la mort fort réjouissante et originale. Sauf qu’il oublie la conquête du feu dans les étapes de l’humain, qu’il voit les peuples paléolithiques en « villages » (alors qu’ils nomadisaient sous tente ou sous grottes) et ignore la démographie comme fléau de notre monde contemporain : ce n’est pas mince, en une génération la population mondiale a doublé !

Pour le romanesque, un ambassadeur du Luxembourg en Roumanie se fait piéger par une journaliste d’investigation locale sur les ordres du chef des services secrets attachés au président, afin de compromettre l’ancien chef de la sécurité intérieure au temps du communisme reconverti dans les affaires lucratives (et un brin mafieuses). Tout le monde manipule tout le monde, ce qui est fort gai.

Le complot est bien monté, faisant appel aux dernières trouvailles de la finance – mais fondé sur cette indémodable technique de la pyramide de Ponzi dont Bernard Madoff usa avec profit. L’ambassadeur est doté d’une épouse intelligente et morale, ce qui fait que le piège échoue dans la déconfiture – non sans galipettes sexuelles de l’ordre de la pulsion que le lecteur a du mal à placer dans les cases des quatre types de l’amour.

Le temps se passe en attente, d’où le titre du livre, doté d’un « avant-propos » peu engageant qu’il aurait mieux valu mettre à la fin. Il ne fait que quelques pages que le lecteur peut sauter sans peine pour entrer dans le vif du sujet. Durant les attentes, comme chez le coiffeur, la conversation avec un autre ambassadeur devenu ami (mais qui ne dit rien de lui…) égrène les anecdotes et souvenirs d’une existence de haut-fonctionnaire diplomatique, énarque à titre étranger. La Guinée de Sékou Touré est un morceau d’anthologie, tout comme les démêlés avec « le ministre » du stagiaire de préfecture en l’absence de son patron. Les polissonneries avec le beau sexe ne manquent pas non plus avant mariage (et plusieurs fois après).

Une façon romanesque de dire que le monde diplomatique est tissé d’attente (durée) et d’attentes (espérances), plus que le reste peut-être, manière aussi de distiller des conseils aux impétrants à propos des usages, visites et tutoiement. Et surtout à cette attente particulière qu’est l’euphémisme, le relativisme et la prudence : ainsi, pourquoi appeler Carville le très reconnaissable Deauville, à propos duquel l’auteur n’écrit rien de compromettant ? Comme me disait jadis Monsieur Le Blanc, ambassadeur de France en Haute-Volta, la diplomatie est une seconde peau qui vous recouvre à vie.

Pierre Ménat, Attendre encore, 2017, Les éditions du Panthéon, 293 pages, €20.90, e-book format Kindle, €12.99

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 balustradecommunication@yahoo.com

Entretien entre Pierre Ménat et Sylvie Ferrando

Rencontre avec Pierre Ménat, Paris, le 5 janvier 2018, par Sylvie Ferrando

Ecrit par Sylvie Ferrando le 12.01.18 dans La Une CED, Les Chroniques, Entretiens

http://www.lacauselitteraire.fr/rencontre-avec-pierre-menat-paris-le-5-janvier-2018-par-sylvie-ferrando

Rencontre avec Pierre Ménat, Paris, le 5 janvier 2018, par Sylvie Ferrando

 

 

1/ Vous avez effectué plusieurs missions diplomatiques, et en particulier vous avez été nommé aux postes d’ambassadeur de France en Roumanie, en Pologne, en Tunisie et aux Pays-Bas. Pouvez-vous revenir sur votre carrière ? Quels ont été les points forts de ces missions ? Laquelle de ces missions ou lequel de ces pays avez-vous préférés ? Quels souvenirs marquants pouvez-vous nous confier ?

J’ai en effet exercé la fonction d’ambassadeur de France en Roumanie de 1997 à 2002, en Pologne de 2004 à 2007, puis en Tunisie de 2009 à 2011 et enfin aux Pays-Bas de 2011 à 2014. Auparavant, j’avais été affecté à New York à la mission française auprès de l’ONU entre 1988 et 1992 et j’avais servi de nombreuses années à Paris, en particulier en tant que conseiller à l’Elysée pour les affaires européennes sous la présidence de Jacques Chirac. J’ai une affection particulière pour mon premier poste d’ambassadeur en Roumanie, qui a duré cinq ans. C’était une période charnière, celle de l’après-Ceausescu, il y avait un enjeu important de restauration des relations diplomatiques. Au cours de cette mission, j’ai appris le roumain, qui est une langue latine pas si éloignée du français. Le peuple roumain est fier de sa langue et exigeant sur son expression, ce qui m’a encouragé à bien savoir la parler.

Une autre expérience très intéressante et intense a été celle de la Tunisie. Ma mission a coïncidé avec la révolution tunisienne, le printemps arabe, et lorsque je me suis trouvé en difficulté au bout de deux ans, j’ai dû regagner la France. J’ai fait état de cette expérience dans mon précédent livre, Un ambassadeur dans la révolution tunisienne, qui est une analyse politique documentée, et j’ai été invité à faire des conférences dans les pays d’Europe à l’occasion de sa parution. J’ai une grande proximité avec la Tunisie et le peuple tunisien, qui entretient majoritairement un islam modéré. Mon regard sur l’islam s’en trouve aujourd’hui ouvert.

Mais j’ai également beaucoup apprécié ma mission en Pologne, nation qui retrouvait sa fierté après deux siècles de malheurs. Et aux Pays-Bas, pays très proche de la France et dont le modèle est pourtant si différent.

2/ Dans votre roman, vous énoncez une théorie de l’amour : selon vous, l’amour qui fonctionne, l’amour viable est celui qui répond favorablement à quatre facteurs. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Je ne sais pas si j’ai énoncé une théorie de l’amour. En tout cas, il m’apparaît qu’effectivement quatre composantes entrent en jeu dans l’amour, chacune de ces composantes pouvant être associée à l’une, à l’autre ou à plusieurs des autres. Il y a tout d’abord le sentiment ou le ressenti, qui est l’attirance, l’intérêt, l’émotion que l’on éprouve pour quelqu’un. Il y a ensuite ou en même temps l’expression de ce sentiment, qui est le discours que l’on tient sur cet amour ou cette personne et/ou l’acte sexuel. Voilà pour le versant passionnel. Ensuite, il y a le versant rationnel ou intellectuel et social, qui consiste en premier lieu en l’idée de l’amour, c’est-à-dire en la conception personnelle que l’on s’est forgée de l’amour, les stéréotypes, les a priori que l’on a sur l’amour et qui relèvent de notre histoire personnelle (épouser un homme ou une femme riche, rencontrer le prince charmant…), et enfin il y a la raison (ou la déraison), qui est l’insertion de cet amour dans la vie, l’aspect sociétal, sociologique, de cet amour, sa confrontation à des amours existantes, sa rationalisation et son transfert possible et durable dans le monde familial, social, réel et non plus fantasmé.

La réussite et la durabilité de l’amour sont évidemment mieux assurées quand les quatre composantes sont réunies autour du même objet. Mais toute relation amoureuse repose sur un certain dosage entre ces quatre éléments. Et celui-ci évolue dans le temps, affectant ainsi souvent le devenir de l’amour. 

3/ Ce livre est votre premier ouvrage de fiction. Sur le plan des relations biographie/fiction ou faits réels/faits fictionnels, quelle transposition fictionnelle avez-vous mise en place dans ce roman ? Comment concevez-vous la relation auteur-personnage ?

Le personnage qui est le plus proche de moi est Henri Roubissat, l’ambassadeur de France, ami qui suscite et recueille les confidences de Luigi di Scossa, dans un dialogue philosophico-libertin. De même, le récit des aventures de jeunesse de Luigi est peu transposé (ce sont mes stages de l’ENA, en Guinée et en Champagne-Ardennes). Les expériences de Luigi en Roumanie et au Luxembourg s’inspirent de l’histoire d’un autre ambassadeur francophone, librement transposée.

Dans la dernière partie du livre, j’ai placé des personnages réels, historiques, comme De Gaulle, qui délivre un message politique très actuel : l’Europe se fera sans la Grande Bretagne, tant mieux si les Anglais en sortent ! J’ai également voulu donner la parole à des philosophes comme Socrate ou Nietzsche, qui développent leur leçon de vie. Pendant cette partie du roman on ne sait pas si Scossa est bien décédé et s’il habite une forme d’au-delà ou bien s’il rêve pendant une période d’inconscience. Au lecteur de le dire, en fonction de ses croyances et de son interprétation et au-delà de l’option finalement proposée par l’auteur.

Sylvie Ferrando

 

 

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A propos du rédacteur

Sylvie Ferrando

Sylvie Ferrando

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Rédactrice

Domaines de prédilection : littérature française, littérature anglo-saxonne, littérature étrangère

Genres : romans, romans noirs, nouvelles, essais

Maisons d’édition les plus fréquentes : Gallimard, Grasset, Actes Sud, Rivages, Minuit, Albin Michel, Seuil

Après avoir travaillé une dizaine d’années dans l’édition de livres, Sylvie Ferrando a enseigné de la maternelle à l’université et a été responsable de formation pour les concours enseignants de lettres au CNED. Elle est aujourd’hui professeur de lettres au collège.

Passionnée de fiction, elle écrit des nouvelles et des romans, qu’elle publie depuis 2011.

Depuis 2015, elle est rédactrice à La Cause littéraire et, depuis 2016, membre du comité de lecture de la revue.

https://www.edilivre.com/?s=Ferrando

 

Pierre Ménat, encensé par LA CAUSE LITTERAIRE

couv menat.jpgAttendre encore, Pierre Ménat

Ecrit par Sylvie Ferrando 12.01.18 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman

http://www.lacauselitteraire.fr/attendre-encore-pierre-menat

Attendre encore, Editions du Panthéon, novembre 2017, 296 pages, 20,90 €

Ecrivain(s): Pierre Ménat

 

Pierre Ménat nous propose ici une variation philosophique et fictionnelle sur l’attente, concept illustré ou développé par des auteurs aussi différents que Proust, Beckett, Gracq, Ionesco, Buzzatti ou Winnicott.

L’attente, dans les domaines tant personnels ou amoureux que professionnels, est ce qui caractérise l’espèce humaine, et les personnalités du monde diplomatique, quelles que soient la vitesse et l’intensité auxquelles se déroule leur existence, n’y échappent pas. Savoir attendre (jusqu’à la mort ?) tout en comblant cette attente est une compétence appréciable que possède Luigi di Scossa, nommé ambassadeur du Luxembourg en Roumanie après avoir pantouflé dans le secteur bancaire pendant une dizaine d’années.

« Car l’attente est d’abord le propre de ceux qui cherchent, sans toujours savoir qui ou quoi. »

« […] cette mécanique, observée aux jeux de l’amour, était propre à son être et envahirait tous les versants de sa vie. »

A l’instar des romans du XVIIIe siècle de Marivaux ou de Diderot, on trouve dans ce roman contemporain plusieurs intrigues entrelacées : la première et non la moindre consiste en une combine orchestrée par l’Etat roumain autour de la création, dans le Bucarest d’après Ceausescu, à la fin des années 1990, d’un premier fonds d’investissement roumain garanti par une fédération bancaire luxembourgeoise, dans le but de faire tomber un chef de la pègre local. On retrouve ici quelques échos des thématiques du roman Cendrillon d’Eric Reinhardt, avec la mécanique spiralaire implacable des fonds d’investissement ou hedge funds.

Une deuxième intrigue est la relation à la fois passionnelle et perverse qui se joue entre Magda, jeune journaliste roumaine, et Luigi, liaison qui les conduit des premiers émois et ébats à une collaboration contrainte et dangereuse.

Enfin, une intrigue secondaire réside en le récit que fait Scossa à un collègue ambassadeur de France de ses premières années d’études et de vie professionnelle : stage en Afrique, en Guinée, puis en préfecture de Champagne-Ardennes, aventures et déboires sexuels et professionnels, le tout accompagné de réflexions sur l’amour qui, pour rencontrer le plein épanouissement, doit être, selon Scossa, à la confluence du sentiment, de son expression, de l’idée et de la raison. Combinaison à la fois rare et peu durable, comme le montre sans ambages la suite du roman. C’est ici à Milan Kundera et à son Insoutenable légèreté de l’être que le lecteur ne peut s’empêcher de penser.

Après une série d’échecs tant financiers que diplomatiques et amoureux, Luigi, ambassadeur retraité, s’endort une nuit au volant de sa voiture et semble passer de vie à trépas. Une partie métaphysique s’ouvre alors dans l’ouvrage, qui n’est pas la moins intéressante, car l’attente après la mort est bien plus lente et source de réflexion que l’attente pendant la vie humaine, et c’est alors la quête de savoir et de pouvoir qui prend le pas sur la quête de l’argent ou de la jouissance immédiate. Une fin philosophiquement ironique et délicieuse d’humour, qui fraye avec les codes du roman d’anticipation ou de l’utopie, et qui réconcilie peu ou prou le lecteur avec les turpitudes du monde terrestre.

 

Sylvie Ferrando

 

« Sanglots la nuit » est un « GRAND ROMAN » pour Wukaki

couv GERARD.jpgSanglots la nuit d’Olivier Gérard, quelque chose de Dabit ou Mc Orlan

 Une force d’écriture, un style incisif et rude, un regard lumineux et sans concession

An impressive style, an implacable story, a harsh look on our society

 Un grand roman d’Olivier Gérard, un style qui vous prend aux tripes. Une histoire d’hommes, une histoire dure, de notre temps.

Perpignan, plus exactement le vieux Perpignan, ce centre-ville en déshérence, ses commerces disparus, son cadre dégradé, ses toxicomanes, ses gens perdus vivant en marge de la société. Heureusement il existe des endroits, des hommes dévoués pour leur tendre la main, pour essayer de leur apporter un peu de chaleur humaine, un peu d’empathie, Abram est l’un d’entre eux. Artiste peintre, il est sous le coup d’une dénonciation calomnieuse. Grâce à un commissaire de Police, il a trouvé cet emploi et un toit pour sa famille, Manassa sa fille et Marthe sa compagne, une couturière douée qui va voir réaliser son rêve : devenir styliste.

Abram, un soir rencontre une ombre qui finit par devenir un individu, Asso, un franco israélien qui est revenu sur les lieux de son passé après avoir été accusé d’être l’auteur d’un attentat meurtrier en Palestine. Les deux hommes sont attirés l’un vers l’autre, un vrai coup de foudre réciproque qui ne durera que peu de temps. Chacun des deux hommes repartira vers son destin, mais marqué à jamais par cette rencontre.
Abram, repart vers son univers : son local, ses toxicomanes, mais refuse de suivre Marthe quand elle part pour progresser professionnellement. Ayant perdu sa famille, il part à la recherche d’Asso.

Ce dernier, par étapes, en se cachant, arrive en Israël pour retrouver sa femme et son fils. Mais ce qu’il trouve sur place est loin d’être à la hauteur de ses espèrances. Il ne lui reste plus qu’à fuir.

Sanglots la nuit est un roman d’une grande violence, un cri poussé contre l’injustice, contre les injustices, contre les « abus », le pouvoir des « puissants » sur les plus faibles, contre les manipulations dont sont victimes ces derniers. C’est aussi un vrai pamphlet contre les agissements des extrémistes religieux juifs contre les Palestiniens et la passivité des forces de l’ordre face à ces exactions. De fait Olivier Gérard nous montre un univers glauque, dur, violent où seuls l’amour, l’empathie peuvent, peut-être, sauver certains individus, alors que certains sont irrémédiablement « perdus ».

Ce roman d’ Olivier Gérard n’est pas sans faire penser à des œuvres écrites par Dabit ou par MacOrlan, même univers, même écriture, même lueur d’optimisme dans un univers noir, voire glauque. S’il n’y a aucune naïveté, il n’y a aucun pathos. Mais des faits, des faits bruts, ils sont et c’est tout, ils se suffisent par eux-mêmes, ils sont le résultat d’enchaînements venant d’un passé plus ou moins proche sur lequel les protagonistes n’ont aucun pouvoir. Ils sont broyés par eux sans vraiment avoir la possibilité tout au plus de fuir. Seule une rencontre peut leur permettre de construire leur destin. Une vision pessimiste du réel pour certains, réalistes pour d’autres.

Emile Cougut


Sanglots la nuit
Olivier Gérard

éditions Auteurs d’Aujourd’hui.21€

Barde-Lons dans la sélection du très exigeant Thomas Morales (Causeur de décembre 2017)

couv piletta.jpgLittérature : Poindron & co, le sommet des non-alignés

Goûtez Piletta-Zanin, Poindron, Hanrez, Debur et les autres

https://www.causeur.fr/eric-poindron-marc-hanrez-debur-148572

 

 
 

La littérature file sur des rails bien rectilignes. Elle déboule à pleine vitesse dans les librairies comme une bête inhumaine traînant derrière elle, sa cohorte de wagons bien rangés où aucune dissidence n’est acceptée. La mondialisation n’aime pas les têtes qui dépassent du cadre. Elle hypnotise, elle lisse, elle ratiboise, elle nivelle pour mieux nous endormir, nous ensevelir. Elle se veut bienveillante, elle en devient toujours plus oppressante. C’est le corps de nounours avec le cerveau d’un commissaire politique.

La machine déteste les ratés

Les écrivains qui ne respectent rien et qui osent s’aventurer dans des zones étranges sont bannis du jeu. On accepte la singularité du créateur quand il ne dérange pas le système établi. La machine déteste les ratés, les à-coups, sa puissance d’intimidation se déploie sans discontinuité. Alors, celui qui a la prétention, le goût, la folie, l’imprudence de faire un modeste pas de côté est rappelé immédiatement à l’ordre. Ses livres connaissent le sort le plus atroce, la plus terrible des injustices : le silence médiatique. Cet hiver, après des Prix essentiellement tournés vers la Seconde Guerre mondiale, intarissable source d’inspiration, certains auteurs semblent s’être donnés le mot pour casser le train-train quotidien. Leurs ouvrages sont bizarres, tordus, jamais formatés par les règles du marketing éditorial, ils expriment une sensibilité esthétique forte.

 

Une dinguerie qui redonne confiance dans le genre humain. Ils méritent donc notre attention car le critique croule souvent sous des tombereaux de bien-pensance. La littérature lacrymale et victimaire lui sort par les yeux. A Causeur, la défense des causes perdues, des Don Quichotte de la plume, des vagabonds célestes, de tous ces flibustiers du désespoir est un honneur et un devoir. Pirotte et Blondin ne quittent pas ma table de chevet depuis mon adolescence, mais j’aime aussi les vivants comme le chantait François Valéry, toujours plus pénétrant dans ses textes que son homonyme, Paul.

 

Cette année, nous avons eu la chance de lire un très grand Philippe Lacoche et un splendide Yves Charnet. Ces écrivains des bordures n’ont pas leur rond de serviette dans les émissions de télé, ils pratiquent leur art dans la pénombre, loin de la capitale, dans cette province qui résiste tant bien que mal au bétonnage de l’esprit. Avant Noël, faites donc aussi l’expérience du poète surnaturel Eric Poindron et lisez son étrange questionnaire paru au Castor Astral. Le dandy aux belles bacchantes est un enlumineur de l’existence. Un chasseur de fantômes. Tout simplement un esthète. Dans un registre à la lisière du fantastique, partez à la conquête du roman de Stéphane Piletta-Zanin, Le temps s’écoule à Barde-Lons  publié chez Xénia dans la Collection Iréniques. Vous n’en sortirez pas tout à fait indemne, c’est tourbillonnant d’érudition. « Mais là encore, il y aura(it) du travail tant le Je et le Moi (et on n’aborde même pas le Surmoi !) peuvent être choses complexes » écrit-il, dans un texte flamboyant. Pourquoi les « petites » maisons d’édition semblent-elles se moquer des modes et des oukases ? La liberté guide leur choix. Elles défrichent le champ littéraire souvent dans l’indifférence générale sans renoncer à notre plaisir. La poésie, parent pauvre de l’édition, en fait souvent les frais. Les éditions du Bretteur sortent « America Felix », un recueil de Marc Hanrez, une échappée solitaire et solaire dans une Amérique éternelle. Un road-movie aux accents jazz où le chrome des voitures et le souffle des paysages décoiffent l’amertume. Dans son poème « Deer Hunting », Hanrez fait le pont entre les deux continents :

aurais-je imaginé jamais

retrouver l’Ardenne au cœur

du Wisconsin et revivre

là-bas mon service militaire

en chassant le chevreuil        

Encore plus insensée et improbable, les éditions Atlantica reviennent sur l’aventure Sigma, l’histoire d’un festival d’avant-garde entre 1965 et 1996 dans un livre illustré et formidablement documenté de Emmanuelle Debur. C’était un temps où Bordeaux, la somnolente, la nonchalante bourgeoise était réveillée en sursaut par le théâtre expérimental. Magic Circus, Pink Floyd, Bartabas ou les travestis Mirabelle secouaient les pavés bien ordonnés de la capitale girondine. Vous n’en aurez pas fini avec l’incongru car, en début d’année prochaine, le 10 janvier exactement, un nouveau roman de Laurent Graff aux Dilettante qui s’intitule « La Méthode Sisik » risque de perturber le sommeil de nombreux lecteurs.

L’étrange questionnaire, Éric Poindron, Le Castor Astral, 2017.

L’étrange questionnaire d’Eric Poindron

Price: EUR 14,90

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Le temps s’écoule à Barde-Lons, Stéphane Piletta-Zanin, Éditions Xénia, 2017.

Le temps s’écoule à Barde-Lons : Retraits amoureux, ou les avatars d’Emilienne

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America Felix, Marc Hanrez, Poèmes , Éditions Le Bretteur, 2017.

Sigma 1965/1996, histoire d’un festival d’avant-garde, Emmanuelle Debur, Éditions Atlantica, 2017.

SIGMA 1965/1996 – Histoire d’un festival d’avant-garde

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