Paul Sunderland excellent lecteur d’Alain Schmoll pour le site « Mauvaise nouvelle »

De l’anarchiste à l’anarque

Par Paul Sunderland 

Ouvrage: La tentation de la vague
Auteur : Alain Schmoll

Editeur : L’Harmattan

« J’ai compris que le pouvoir de changer le monde n’appartiendrait qu’à celui qui saurait dompter les vagues, les dresser à sa main, les conduire comme un guerrier mène sa monture à la victoire. J’ai compris surtout que ce guerrier n’existait pas, que nul prophète, nul combattant, sur cette terre, ne pourrait jamais maîtriser la puissance destructrice de la nature. J’ai compris que mes défis de nageur n’étaient que des jeux d’enfants, que ma fascination pour la vague ultime n’était qu’une chimère et que tout détruire dans l’idée de tout reconstruire n’avait pas de sens. »

Deux hommes que bien des choses séparent vont voir se rejoindre leurs destinées. Werner est ce qu’on appelle un fils de famille. Beau, riche, oisif, célibataire, il rechigne à reprendre en main la grande entreprise familiale spécialisée dans la filière fromages lorsqu’il apprend que son père est malade et ne pourra guérir. Romain est un activiste d’ultra-gauche formé dans les milices castristes. Très épris de sa camarade de lutte Julia, il organise une manifestation officiellement écologique dans une ZAD de la province française. Mais dans un contexte d’affrontements avec les forces de l’ordre en présence, un homme meurt. Comment cet événement est-il arrivé ? Comment son onde de choc va-t-elle impacter les protagonistes ?

Commençons par le plus évident : ce qui se tient à la surface du texte. La tentation de la vague est un thriller efficace et bien ficelé parce qu’on sait d’où on part mais on ne sait pas où on va et, en plus, peut-être surtout, on ne sait pas par quel chemin on va s’y rendre. Cela tient en partie au fait qu’Alain Schmoll parvient à planter des décors convaincants et facilement saisissables, crédibles dans un contexte francophone. Rappelons en effet qu’un récit à suspense n’est pas sommé d’avoir une origine américaine. (Oui, « récit à suspense » est bien un équivalent de « thriller »!) Dans ce cadre, la vague peut-être perçue comme une métaphore de l’Histoire. Cette Histoire, nous voulons ou ne voulons pas l’affronter. Être tenté par la vague, chez les uns et les autres, peut s’apparenter au surf : il s’agit soit de suivre la vague, soit de se laisser emporter (et détruire) par elle. Suivre le mouvement de l’Histoire, participer à ses révolutions : Romain, sur cette voie, se tient d’abord en arrière, dans la position du stratège. Cherche-t-il ensuite, sous le poids de certains impondérables, à jeter son froc aux orties ? Quant à Werner, nous le voyons à un moment nager à contre-courant des vagues artificielles d’une piscine : son Histoire semble l’appeler, qui le pousse vers l’héritage de l’entreprise paternelle. Lutte-t-il en fait pour maintenir son existence de bobo désœuvré, rester à l’abri du temps qui tout emporte ?

Werner et Romain doivent résoudre ce problème d’un blasonnement pas encore abouti malgré les apparences. Bien qu’ils soient adultes, ils ont encore à apprendre, ce qui donne à l’intrigue, outre son suspense savamment distillé, les couleurs d’un roman de développement (Entwicklungsroman). À ce point précis de notre lecture, essayons de prendre une direction un peu moins évidente que les considérations qui précèdent : les différents personnages de La tentation de la vague, au fond, n’en constituent qu’un, celui qu’on appelle l’anarque, et c’est à son épiphanie que nous assistons dans le roman d’Alain Schmoll.

« Anarque » fait référence à un type d’individu décrit par l’écrivain Ernst Jünger (1895 †1998) dans une série de textes, Passage sur la ligne (1950), Traité du rebelle (1951) et Eumeswil (1977). Il s’agit de l’anarchiste passant de la domination des autres (ou de ce désir) à la domination de soi-même. Ce faisant, s’il y parvient, il ne lutte plus pour infléchir le cours de l’Histoire, il vit dans l’Histoire sans être prisonnier des conditionnements de celle-ci. La lutte contre la vague devient, en quelque sorte, une marche sur les eaux. À bien y regarder, certains protagonistes du roman d’Alain Schmoll réussissent l’épreuve, d’autres non, mais ces différentes résolutions ne sont peut-être que des facettes d’un même processus vécu simultanément. C’est un peu iconoclaste : nous nous amusons à quitter délibérément la trame linéaire, chronologique de l’intrigue, nous détricotons La tentation de la vague pour assister au surgissement alchimique d’un être conquérant car centré, non pas égocentré. La lecture n’est plus linéaire, elle est sphérique, mais, bien entendu, si nous souhaitons nous en tenir à une approche conventionnelle, l’auteur nous laisse toute latitude pour cela.

Se posera pourtant la question de savoir si ce dernier a ou non conscience de la tradition qu’il véhicule. S’il n’en a pas conscience, on a presque envie de dire : ce n’est pas grave, et même tant mieux car cela illustre une fois encore les remarquables ruses de l’esprit qui souffle où il veut, y compris sur un pays désormais privé d’échine littéraire, y compris sur ce qui semble de prime abord une étude romancée d’un engagement social et rien de plus, publiée chez un éditeur connu pour pondre au kilomètre. Il est passé par ici (Jünger), il repassera par là (Schmoll). Dans le cas contraire (et l’auteur de la présente note ne connaît pas la réponse), eh bien, on pourra dire qu’il a de bonnes lectures et qu’il a parfaitement compris ce qui se passe autour de nous. Quelles sont les forces réellement mises en jeu dans le désir de révolution ou la direction d’un grand groupe industriel ? De quelles scories devons-nous purger notre être, quelle houle devons-nous surmonter (allégorisées sous forme d’adversaires dans l’intrigue) afin de parvenir au plein exercice du pouvoir éclairé ? « Connais-toi toi-même », c’est dit depuis longtemps. Le talent d’Alain Schmoll est d’avoir exprimé cette recherche dans un contexte où bien des forces se liguent pour ne nous faire scruter que la surface des choses. La tentation de la vague est par conséquent une lecture recommandée.

« Le populisme des bons sentiments » par François de Coincy (sur le congé paternité)

Le populisme des bons sentiments

Nous avions déjà eu cette année un extraordinaire exemple de la pression effectuée par le populisme des bons sentiments, lorsque avec raison, le gouvernement s’était d’abord opposé à la mise en place de congés supplémentaires pour un parent affecté par le décès d’un enfant. Comme si l’attribution de jours de vacances pouvait compenser le chagrin subi. Le gouvernement a cédé devant l’indignation facile des mondes politiques et médiatiques alliés objectifs dans cette course au populisme, les uns en vue des élections pour plaire aux électeurs, les autres en quête d’audience pour plaire aux lecteurs ou aux téléspectateurs.

Un autre exemple ces jours-ci avec la mise en place de 8 jours de congés complémentaires pour le père lors de la naissance d’un enfant qui est encore l’occasion de dégrader notre compétitivité et ce en pleine crise économique. Il ne s’agit pas ici de discuter du bien-fondé de la mesure qui est peut-être parfaitement justifiable. Il s’agit de voir que la durée du travail des Français va encore diminuer alors que c’est une des causes de notre absence de compétitivité. Les mêmes qui s’indignent de la fermeture d’une usine de fabrication de pneus du fait du coût du travail trop élevé continuent de créer les conditions d’augmentation de ce coût et donc de créer du chômage.

On aurait pu prendre cette mesure en décidant que ces congés seraient pris sur le quota des congés annuels, mais les défenseurs de cette disposition, qui veulent faire notre bien malgré nous, avaient peur qu’alors elle ne soit pas utilisée par les familles tandis qu’en la leur donnant gratuitement ils étaient sûr qu’elles n’allaient pas la refuser.

On aurait pu prendre cette mesure en diminuant les rémunérations nettes des travailleurs par la perception d’une cotisation ou par une augmentation des impôts. Mais on aurait entendu les mêmes défenseurs trouver insupportable toute baisse de pouvoir d’achat (ce sont souvent les mêmes qui fustigent la société de consommation).

Ceux qui ont pris cette mesure vont nous dire qu’en contrepartie, ils sont en train de baisser le niveau des impôts des entreprises. Ils oublient que l’argent n’est pas le travail. Au niveau global le produit du travail est acquis alors que l’argent à crédit doit se rembourser. La baisse de charges financée par le déficit budgétaire n’entraîne aucune amélioration à long terme de notre compétitivité nationale. 

Curieux cadeau que celui qui consiste à faire payer à nos enfants les vacances que nous prenons pour mieux s’occuper d’eux. Je ne suis pas sûr qu’ils seront heureux de rembourser la dette que nous avons contracté « pour leur bien ».

La Nef a choisi le livre d’Anne-Lise Blanchard, superbe article d’Annie Laurent

CARNET DE ROUTE
De l’Oronte à l’Euphrate, les marches de la résurrection
ANNE-LISE BLANCHARD
Via Romana, 2020, 132 pages, 15 €

D’août 2017 à août 2018, A.-L. Blanchard a parcouru la Syrie, la Jordanie et l’Irak dans le sillage de l’association SOS Chrétiens d’Orient, notant, étape après étape, tout ce qu’elle a pu observer ou écouter à travers ses visites et ses rencontres. Avec simplicité, l’auteur évoque les destructions causées par les djihadistes dans des lieux qui ont marqué l’histoire du Proche-Orient ; elle relate surtout les souffrances et injustices que ces militants islamistes ont infligées aux chrétiens et aux Yézidis du nord de l’Irak. Des pages intéressantes concernent cette communauté dont la croyance plonge ses racines dans l’Iran ancien. L’hospitalité offerte par les Kurdes sunnites aux victimes de ces horreurs ne doit pas tromper car elle est intéressée, disent les chrétiens, qui mettent en garde les Occidentaux contre les illusions entretenues par une idée irénique de l’islam. C’est sur elle que repose la nocivité de la politique française en Syrie. Mais A.-L. Blanchard insiste aussi, exemples à l’appui, sur l’héroïsme dont elle a été le témoin, sur la vocation des chrétiens et l’espérance qui habite les représentants des Églises locales. La sincérité de son récit et l’amour qui s’en dégage lui valent la reconnaissance du patriarche émérite de l’Église grecque-orthodoxe, Grégoire III, et du curé de Maaloula, Toufic Eid, qui lui offrent une préface et un avant-propos émouvants.

Annie Laurent

Lolo Leblog a sélectionné « Les Anges de l’Histoire »

 

Publié par Lolo Leblog

Les Anges de l’Histoire

Copyright © By Lolo. All Rights Reserved.

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Les Anges de l’Histoire

un roman de Frederika Abbate

aux Nouvelles Editions Place

Prix 23€

Parution le 1er Octobre 2020

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Au cours d’une aventure initiatique le menant de la Thaïlande chamanique à la Russie postmoderne jusqu’à un Paris complètement transformé, Soledad découvre un univers broyé par la machine capitaliste.

L’humanité, enivrée par sa propre démesure, s’abandonne à ses instincts les plus primitifs : rituels barbares, manipulations génétiques, hybridations monstrueuses… Bientôt, l’apocalypse advient, déclenchée par le complot du siècle.

Il programme ni plus ni moins le remplacement de l’espèce humaine. Soledad rejoint un groupe de résistants en lutte contre cette catastrophe planétaire.

Ensemble, ils bâtissent leur utopie propre, fondée sur la défense de la singularité. Pour cela, Soledad dispose d’une arme magique : Art/Sexe/Cybernétique.

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D’une écriture sensible et précise, avec des personnages particulièrement incarnés et une imagination luxuriante, Les Anges de l’Histoire, roman initiatique, épique et prémonitoire, exalte la vie authentique tout en disant la barbarie de notre monde actuel.

Le code massacre la nature.

L’universalité neutralise le monde. L’humanité disparaît. 

Mais l’ange de l’apocalypse apporte l’arme magique de l’art, de la cybernétique et du sexe aux êtres de bonne volonté – l’utopie d’un universel riche de tous les singuliers. 

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Voici un roman saisissant qui saura vous captiver !!

Lettres capitales, lecteur fidèle des livres de Pierre Ménat, en rend compte le premier

Pierre Ménat : «Dix questions sur l’Europe post-covidienne: Entre défiance et puissance»

Nous ne soulignerons jamais assez l’importance des ouvrages sur l’Europe, surtout lorsqu’ils ont le mérite de la rigueur, du regard objectif et de l’esprit d’ouverture. C’est le cas du nouveau livre de Pierre Ménat, diplomate, ancien conseiller pour les affaires européennes et ambassadeur de France, Dix questions sur l’Europe post-covidienne: Entre défiance et puissance, où ceux qui s’intéressent à ces questions auront l’occasion de profiter des bénéfices d’une analyse minutieuse de dix aspects du mécanisme de fonctionnement de l’Union européenne, surtout en cette période de crise où la Covid semble avoir tout mis devant une évidente et inédite urgence. Il s’agit, comme ce fut le cas de son précédent livre, France cherche Europe désespérément (2019), « de repenser le débat européen », dans un climat « impensable quelques mois auparavant ». Sont abordés – tels qu’annoncés dans l’Avant-propos – des aspects concernant le rôle de l’Europe dans le monde, les effets du Brexit, la question de la dévolution à l’Union de parts de souveraineté, du dogme libéral et de la reprise économique, de la protection des frontières externes, de la souveraineté européenne et, enfin, du modèle institutionnel idéal.

Ce sommaire ambitieux trouvera peut-être la réprobation et le réquisitoire faits à la fois par des eurosceptiques et euro-indifférents qui ont toujours dénoncé l’excès de telles entreprises qu’ils considèrent avec indulgence, sinon avec une certaine arrogance. « Encore un livre sur l’Europe », s’exclament-ils à chaque parution, d’un ton rappelant le fameux « in aqua scribere » des Antiques.

Il revient à la critique objective de défendre la démarche de Pierre Ménat en redisant d’abord son premier souci d’analyse politique et institutionnelle fidèle aux documents et à l’objectivité du regard historique face à l’engrenage décisionnel et à la facilité avec laquelle des responsables nationaux sont « prompts à montrer Bruxelles du doigt dès qu’on problème se pose ». Il ne s’agit sans doute pas d’un regard de sycophante de la part de quelqu’un qui connait de l’intérieur de fonctionnement de l’Europe. Il suffit de se pencher sur un ou l’autre des sujets abordés, que ce soit sur l’analyse pertinente du Brexit, sur la souveraineté et sa ramification sociale de la solidarité dans des temps de crise comme c’est le cas de celui que nous vivions actuellement ou sur la doctrine libérale qui est, selon de nombreux citoyens européens le talon d’Achille de l’UE. Sur ce thème de la souveraineté, Pierre Ménat rappelle que l’Union Européenne assure ces fonctions de souveraineté « dans la stricte limite de ses compétences ». « Les attributions de l’Union – écrit-il – sont par exemple exclusives pour la monnaie, la concurrence ou l’Union douanière, partagées pour le marché intérieur ou l’immigration, inexistantes pour la diplomatie, la santé ou la défense ». De quoi répondre, selon nous, à des commentaires trop fréquents ces derniers temps sur le manque de solidarité devant la crise de la Covid. Même les grands journaux et les media ont fait semblant d’ignorer cette évidence, alors qu’il ne s’agit que d’une vérité que la réalité tient à nous renvoyer dans les cordes de nos limites de pensée.

Sans doute, chacun de ces sujets mérite de s’y arrêter longuement, tellement leur complexité et leur importance sont grandes. Le lecteur retrouvera des réponses à ces questionnements.

Disons juste en guise de conclusion que ce livre de Pierre Ménat a, par-dessus des mérites déjà cités, celui de sortir des sentiers battus, s’élevant avec autorité au-dessus des clichés, sans pour autant tomber dans l’académisme.

Dix questions sur l’Europe post-covidienne: Entre défiance et puissance se construit sur le schéma de cette dichotomie largement argumentée qui alimente les deux poumons de notre perception de l’Europe et du quotidien. Au fond, un livre sur nous-mêmes, sur qui sommes-nous mais surtout sur ce que nous semblons ignorer de l’être.

Pierre Ménat, Dix questions sur l’Europe post-covidienne: Entre défiance et puissance, Éditions Pepper, 2020, 104 pages.

Pour plus d’informations sur Pierre Ménat : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_M%C3%A9nat

Dominique Iwan voit « un roman onirique et déjanté » dans « Les Anges de l’Histoire » sur France Net Infos

Les anges de l’histoire, le dernier roman de Fréderika Abbate


Le  code massacre la nature.

L’universalité neutralise le monde.

L’humanité disparait …

Incroyable roman d’anticipation, épique et prémonitoire nous livrant le meilleur du pire ou le pire du meilleur, écrit par Frederika Abbate et qui nous est proposé par les Nouvelles Editions Place.

L’auteur née en 1960 à Tunis a publié 5 romans, écrit de nombreux récits et participé  à plusieurs ouvrages collectifs. Son dernier livre paraitra le 1er octobre.

Elle nous entraine dans une quête initiatique atrocement inquiétante mais que j’ai fait mienne avec délectation. …

… Me laissant guider par l’auteur dans les méandres d’un nouveau monde laissé aux mains de transhumanistes dégénérés, s’abandonnant à des rituels barbares et autres manipulations génétiques, j’avance dans la foulée de Soledad artiste magique, cybernéticien de génie et passionnément épris de sexe depuis ses 15 ans.

Après une première partie consacrée à son initiation qui le mènera vers la Thailande chamanique et lui permettra de  parfaire son art, Soledad rejoindra la communauté de la Canopée et m’entrainera avec lui vers la cime des grands arbres dans le quartier de Saint Germain des Prés …

… après une visite, entre autres, au musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg et sa rencontre avec l’oeuvre de K. Malevitch, “il aimait l’exaltation gracieuse de l’artiste russe, son radicalisme sans fard, sa spiritualité pragmatique qui prenait racine dans l’art”.

Il entre en résistance aux côtés d’improbables personnages incroyablement doués, flamboyants d’utopie, prêts à tout pour contrer l’ignoble complot planétaire visant la disparition de l’espèce humaine, notre héros va créer furieusement, aimer prodigieusement, et décrypter frénétiquement les messages assenés par Télomervie : “Telos du Grec ancien : fin …

… s’agirait il de la fin de la vie, d’euthanasie ? la lutte sera sans merci pour épargner ce qui fait notre identité, notre singularité.

Travaillant sur des croquis de Demeter, Soledad pénètre le royaume d’Hades … “Les Grecs pensaient que les morts n’avaient plus de visage. Ils erraient dans l’Hades, sous la  terre, n’étaient que des ombres (…)”, au moment où son atelier s’effondre, le monde qui l’entoure se dissout en proie à un capitalisme effrené où toutes les barrières morales sautent …

Au paroxysme de son art et de ses dons en informatique, Soledad tentera l’impossible guidé par “l’utopie d’un universel riche de tous les singuliers”.

Ce roman ne ressemble à aucun autre, atrocement magnifique, son écriture lyrique, parfois surréaliste nous attire dans le Quartier des Plaisirs, à la rencontre de divines putains nommées Eau de Pluie ou Étang Crasseux, Grenouille Rose, Myrtille et Lotus Blanc … en passant par le Musée des Rêveset nous pousse malgré nous à pénétrer sous le chapiteau de l’Apocalypse Circus pour découvrir l’indicible.

Philip K. Dick, Kasimir Malevitch, et aussi l’élégant et incontournable Musée Solomon R. Guggenheim de New York sont autant de repères émotionnels qui me relient à l’auteur … et comment ne pas évoquer le film fantastique “L’Imaginarium du Docteur Parnassus” de Terry Gilliam auquel ce roman me fait parfois penser dans ce qu’il peut avoir d’onirique et de déjanté, ce qui est un compliment.