« Père, Passe et Manque » un recueil de nouvelles de Jacques FIORENTINO

Père, Passe et Manque

de Jacques FIORENTINO

un recueil de nouvelles paru aux éditions Assyelles en janvier 2020

Pour le recevoir / interviewer l’auteur, merci de contacter guilaine_depis@yahoo.com

Beaucoup de choses ont été dites ou écrites sur les mères. Il n’en est pas de même pour les pères.

Quand devient-on père ? Quelle place pour le père…de la conception de l’enfant à son indépendance, en passant par la naissance ?

Pourquoi haine et amour s’affrontent-ils ou se conjuguent-ils ?

Autant de questions auxquelles l’auteur tente d’apporter des réponses, non comme le ferait un sociologue ou un psychologue, mais en simple raconter de vies.

Nous traversons donc avec lui des parcours de pères au cours d’histoires sombres souvent, émouvantes toujours, avec une écriture cinématographique qui nous plonge immédiatement et totalement dans la dramaturgie. Vécues à vif et vues par les yeux d’enfants, de pères, d’amis, ces histoires de vie reflètent la complexité et l’hétérogénéité de cet étrange statut qui est celui de père.

Jacques Fiorentino écrit depuis l’âge de quatorze ans.

De sa vie professionnelle, comme médecin et comme consultant, il a tiré une empathie profonde pour l’humain, croisant des femmes et des hommes qui tentaient de vivre ou simplement de survivre. Et puis un jour vint où il a décidé de donner vie à ces histoires.

Ce furent un premier recueil de nouvelles sous le titre un peu provocateur de « Et si le Diable était une femme ? » (2013) puis une publication récente d’un bref roman « Inachevé à quatre mains » au sous-titre évocateur « Une histoire d’amour des années 2000 ».

Le théâtre, une de ses passions, l’occupa ensuite avec deux textes, « Cancer pour un duo d’amour » et « La vie par-dessus tout » à la tonalité plus optimiste… Ce fut ensuite l’écriture d’un scénario « Basculements » pour assouvir une autre passion, le cinéma…

Il nous livre aujourd’hui ce nouveau recueil de nouvelles dans lequel il s’implique personnellement, plus qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent.

« Les 150 derniers jours » sur France Net Infos par Dominique Iwan

Les 150 derniers jours – Mission Humanis par l’auteur de L’âme de la fontaine étourdie Gérard Muller

Après la mécanique quantique, l’astrophysique et les trous noirs avec  L’âme de la fontaine étourdie, lire ou relire ma chronique https://www.francenetinfos.com/lame-de-la-fontaine-etourdie-le-dernier-roman-de-gerard-muller-193810/

… l’auteur nous plonge à nouveau dans un univers qu’il connaît parfaitement l’espace et le travail des ingénieurs qui maîtrisent un haut niveau de technologie.

Gérard Muller signe un thriller nerveux et haletant, troisième opus de sa trilogie de romans scientifiques publiés en 2019 aux Editions Lazare et Capucine.

L’épigraphe en début de livre « Si l’on apprenait que la fin du monde était pour demain, je planterais quand même un arbre. » citation de Martin Luther King, pourrait résumer à elle seule ce roman qui se passe en 2019 à moins de cinq mois d’un cataclysme annoncé.

Un astéroide non identifié se dirige vers la Terre qu’il devrait percuter dans 150 jours … Face à cette collision inévitable, les agences spatiales du monde entier vont se coordonner pour travailler sur des projets permettant d’éviter le chaos …

… 150 jours où chaque grand esprit scientifique de quelque pays que ce soit (ce sera plus difficile dans certains pays que dans d’autres), va tenter de mettre de côté son ego pour parler en enfin de notre bien commun la Terre …

… cette Terre que l’on s’acharne à détruire et je ne parle pas seulement du seul réchauffement climatique, mais des guerres, des conflits sans fin, des violences quotidiennes, de la radicalisation, du manque d’écoute, d’empathie, de respect pour les différences …

… cette Terre est pourtant notre bien commun. On a tellement pris l’habitude d’y naitre et d’y mourir qu’il nous est impossible d’imaginer que cet ensemble de choses qui sont supposées contribuer au bonheur collectif pourrait disparaitre.

C’est dans cette configuration sociale, politique et geopolitique que l’astéroide qui fonce vers nous va se charger de nous rappeler nos contradictions et nos ambivalences, à travers un décompte du temps anxiogène et alarmant.

Et l’on s’aperçoit que face à notre anéantissement programmé, les états, les nations, les gouvernements au prix de nombreuses tergiversations basées sur le contrôle, le pouvoir et les arrières pensées politiques, vont conjuguer leurs connaissances et mettre de côté leurs individualités pour sauver ce qui peut être encore sauvé.

Ce roman d’apparence scientifique pose en fait les vraies questions, la vraie question … que sommes nous prêts à tenter, à faire pour sauver cette planète qui nous abrite depuis si longtemps, qui nous nourrit, qui nous désaltère, nous réchauffe ou nous rafraichit, nous protège ou nous agresse selon que notre attitude est généreuse ou vindicative ?

L’auteur Gérard Muller a-t-il écrit un livre d’anticipation ou de prospective ? Pouvons-nous encore imaginer un gouvernement mondial de la connaissance scientifique qui nous aiderait a émerger de l’individualisme forcené des états et des hommes en cas de catastrophe imminente ? je l’espère.

Ce livre a le mérite de nous faire réfléchir, c’est à ce titre que je le recommande vivement.

 

Philip Kayne est dans la prestigieuse revue Ultreïa grâce à l’égyptologue Florence Quentin

Ultreïa de janvier 2020

Bifurcations et empreintes

Beaucoup d’encre a coulé sur le légendaire couple d’Akhenaton, premier monothéiste de l’histoire, et de l’iconique Néfertiti : Philip Kayne nous entraîne tambour battant dans une histoire haletante où le roman peut prendre toutes les libertés mais aussi ouvrir des pistes à des questions très discutées, comme les liens entre le culte à Aton et le Dieu des Hébreux. Un bel hommage à « la magnificence sociale, culturelle et spirituelle des bords du Nil ». Florence Quentin

Le Dit des Mots fait l’éloge du « Pompéi » de Michèle Makki – Merci à Francois Cardinali

L’amour et le feu dans la Rome antique

Dans Pompei. Le sang et la cendre (*), Michèle Makki signe un roman à géométrie variable où, derrière l’histoire d’amour impossible entre une patricienne et un gladiateur, elle décrit avec une grande finesse la vie romaine au quotidien, les querelles de castes… Un tableau vivant et prenant.

Entre la ville détruite par l’éruption du Vésuve et Rome, Pompéi. Le sang et la cendre confie le lecteur au cœur de la vie des Romains à travers l’histoire d’un amour impossible. Celui d’une jeune femme de la haute société de Pompéi, Vera, et d’un gladiateur, Albanus, au premier siècle après Jésus-Christ. Peuvent-ils vivre leur passion au grand jour ou faut-il les cacher nuit après nuit ? Vera découvre l’amour et la sensualité avec un homme que la société lui défend d’aimer.  À travers les grandes vagues de l’histoire surgissent, dans la mosaïque de la vie quotidienne, les passions et les espoirs de ceux qui habitaient Pompéi,  disparue sous des coulées de lave et une pluie de cendres.

Titulaire d’un master en philosophie et d’un master en littérature française ainsi que d’un bachelor en italien, Michèle Makki  a enseigné le latin et le français comme professeur avant de devenir journaliste puis auteure. Dans ce roman très documenté et très précis,  la romancière déroule son histoire en multipliant les personnages secondaires qui donnent un indéniable relief à ce récit d’un amour consommé, mais que l’on sent impossible. D’autant plus qu’Albanus n’a jamais oublié la famille qu’il a dû abandonner après avoir été réduit en esclavage. L’auteure décrit ainsi ses réflexions nocturnes : « De cette faille avaient surgi sa femme et ses enfants plus nettement que jamais ses souvenirs ne les lui avaient montrés.  Sa pensée s’était mise à leur parler et il entendait leurs voix lui répondre. »

Traversant les règnes de Vespasien et de Titus ou, au gré des moments, la violence est plus ou moins présente, ou l’on sent monter la persécution contre les Chrétiens qui se cachent, comme un des riches patriciens, ce Marcus de l’histoire, le roman de Michèle Makki décrit de manière minutieuse et très vivante la vie sous la Rome antique, montrant aussi bien les fractures entre classes sociales que la vie quotidienne au cœur des marchés, la beauté de la capitale romaine ou la douceur de vivre dans les « villae », les riches résidences secondaires dans la campagne entourant Pompéi.

De gladiateurs, il est, bien sûr, question dans ce récit où la romancière sait nous faire partager le quotidien de ces combattants qui sont comme des champions sportifs du monde moderne, des figures qui prennent bien des risques, sans pour autant être condamnés à mourir automatiquement  en cas de défaite (Albanus en est la preuve dès le début), et qui fascinent certaines femmes de la bonne société romaine. Un « métier » qui a même pu être ouvert, durant une courte période, aux femmes.

Montrant la fascination que ces jeux du cirque pouvait exercer auprès d’une large partie de la population et qui étaient aussi l’occasion pour ses organisateurs d’afficher leur puissance financière, Pompéi. Le sang et la cendredépasse une simple histoire de gladiateurs. Avec une grande curiosité s’appuyant sur la vulgarisation d’une belle érudition, Michèle Makki fait revivre tout un moment de l’histoire de Rome, décrivant aussi bien l’éruption du volcan qui détruisit la ville antique, plongeant dans la misère quelques patriciens qui y survécurent, que la magnificence de Rome marquée elle-aussi par des drames : son incendie comme l’épidémie de peste.

Sous sa plume (ou plutôt sa souris), la romancière fait revivre avec brio ce quotidien antique. Ainsi quand elle décrit la découverte par l’entrepreneur Mercilius du forum romain : « Ses abords étaient encombrés de mulets, d’ânes, de chevaux attachés à un anneau planté dans le sol. Le forum réservait aux seuls humains son dallage de marbre brillant. Les animaux attendaient leurs propriétaires qui baguenaudaient, quêtant les premiers ragots. Hors du forum, point de salut ! On y apprenait les nouvelles officielles, on assistait à un sacrifice devant le temple de Jupiter, les amateurs de poésie s’extasiaient à écouter les déclamations du poète Paulus, célébrité désargentée; le portique offrait à la population un abri contre le soleil tapant ou les intempéries. »

Un roman historique aussi prenant que vivant – les pages sur l’éruption du Vésuve sont très réussies – que vivant et respectant la vérité historique.

(*) Ed. Baudelaire

 
 

Valérie Fauchet au Salon Parapsy Porte de Champerret les 13 et 16 février 2020


Valérie Fauchet fera deux conférences au Salon Parapsy 2020 :

Jeudi 13 février 2020 de 17 h 15 à 18 h 15:
La médiumnité / la voyance
Parcours de vie – une certaine philosophie de l’existence
Avec la participation de Claude – Eric Martin / psychanalyste qui a fait la préface de son livre .

Et dimanche 16 février 2020 de 13 h 30 à 14 h 30 La médiumnité / la voyance Un autre accès à l’inconscient

Elle dédicacera également  son livre jeudi 13 et vendredi 14 sur place .

« Noblesse clandestine » : Youri FEDOTOFF sur Critiques libres ! Vive François Martini

Le testament du Tsar : Chaos 1917-1945 de Youri Fedotoff

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Romans historiques

Étonnant roman comme surgi d’un autre temps que ce Testament du Tsar. Il s’annonce comme le premier volet d’une trilogie, laquelle débute en 1917 et traverse le XXème siècle, son début au moins pour ce premier volume.


On s’en doute, le titre est clair, il est question du Tsar, de la révolution russe, bolchévique, puis soviétique. L’intrigue est mouvementée, complexe, très russe, pourrait-on dire tant les personnages abondent (et l’auteur a eu la délicatesse d’en proposer un index en fin de volume) mais elle est de notre temps, et l’on ne se perd jamais en descriptions ou en narrations détaillées. Cela avance à grand pas, toujours. Il faut toutefois se consacrer pleinement à la lecture qui ne pardonne pas la rêverie. Heureusement l’auteur présente l’action en courts chapitres datée et situés. C’est une chronique.

À peine a-t-on le temps de suivre les personnage de Saint-Petersbourg à Sébastopol ou Irkoutsk que l’auteur nous en propose d’autres, à Paris, Genève ou à Vienne. Le temps passe vite, les années défilent. Le style est nerveux et le lecteur, pas plus que les héros ne peuvent se laisser aller à la nonchalance : il faut suivre. De grands hôtels en stations de ski, de bivouacs improvisés dans l’Himalaya aux aérodromes de Sibérie, l’auteur nous déplace sans cesse, comme au sein d’un puzzle immense dont nous visitons les pièces dans un désordre apparent savamment maîtrisé.

C’est que, plus que testament encore, il y a un trésor que, bien sûr, il faut sauver des bolcheviks. Tout une aristocratie en détresse, héroïque malgré tout ses malheurs, s’active, qui à sauver sa peau, qui à aider les autres, qui a survivre au sein de l’enfer révolutionnaire… ou des salons genevois.


Ces Russes blancs, il s’agit donc d’eux, croient en la Russie, mais celle-ci disparaît progressivement, fondue au fur et à mesure dans l’Union soviétique qui se construit. Parmi eux, deux personnages extrêmement attachant, le héros, héritier du Tsar et son amie eurasienne, la sublime princesse siamoise Soraya Tin, que l’auteur nous laisse imaginer toute de séduction et de passion, se trouvent, se perdent, se retrouvent, au hasard des tribulations de Michel Trepchine, porteur de l’inestimable secret du trésor tsariste, et de son ami Sacha Bouganov. 


C’est un roman sérieux, qui demande de l’attention. Farci d’indications historiques souvent méconnues du public, il donne envie sans cesse d’aller lire ailleurs le détail des événements indiqués, puis de revenir participer, d’ambassades en grands hôtels, puis en biplan volé ou en Spitfire soviétique, de refuges de montagne en camps de concentration, à l’aventure de la Russie clandestine.


Le volume s’achève au printemps 1945, dans une Allemagne enfin libérée, sans que tout ne soit révélé. Nous attendons le tome 2.

Citizen Jazz a craqué pour Laurent Dehors

LAURENT DEHORS

UNE PETITE HISTOIRE DE L’OPÉRA : OPUS 2 

Laurent Dehors (comp, dir, saxes, cl, bcl, cornemuse, guimb, voc), Matthew Bourne (p, voc), Michel Massot (tb, tu, voc), Tineke van Ingelgem (voc), Gabriel Gosse (g, keyb, dms, voc), Jean-Marc Quillet (perc, cla, dms, voc) 

Label / Distribution : Autoproduction

 Il y a peu d’instants dans la vie d’un chroniqueur musical où l’on peut utiliser le mot opus sans être voué aux gémonies et aux quolibets. Mais voici que Laurent Dehors nous en offre l’occasion. Par deux fois. De sa Petite Histoire de l’Opéra, il avait fait un Opus 1. Voici, presque dix ans après, l’Opus 2 avec une équipe largement remaniée : reste le fidèle Jean-Marc Quillet, qui livre dans une « Intro Toccata  » une tangente africaine au balafon. Monteverdi ne sera jamais le même, c’est ce que l’on attend principalement des visites du patrimoine avec Dehors et ses détours ingénieux. Il a ses marottes, bien sûr, comme cet « Air de Micaëla » de Bizet aux airs de bastringue où la soprano Tineke van Ingelgemfait montre d’une grande rigueur rythmique, bien soutenue par le piano de Matthew Bourne qui signe de sa présence cet album enregistré à la Buissonne.

Sans préjuger de la suite, la démarche de Laurent Dehors est la même que sur l’Opus précédent : il utilise la matière première, la mâtine avec des vieux camarades à l’image de Michel Massot et des jeunes pousses comme Gabriel Gosse et la fait sienne. Mais contrairement au précédent round, il ne s’attache pas forcément aux « Grands Airs », même si l’emblématique « Habanera » (Carmen, toujours, fondateur…) est présente avec cette boîte à rythmes facétieuse. Mais il y a quelque chose de plus personnel, de plus émotif dans la sélection. C’est souvent le cas lorsque Bourne est au piano, et l’on perçoit très vite que les choix du programme ont été fait collectivement autour de figures de femmes fortes, de Carmen à Didon jusqu’à la défiance attroupée de « Mambo » où Massot et Dehors se poussent du col avec une joie turbulente que Bourne soutient main gauche avec son style tonitruant. De la lave et des séismes. Même le très moderne Bernstein, incursion XXe dans cette sélection marquée par le baroque italien, trouve des habits neufs.

Laurent Dehors s’amuse, c’est indéniable, de la même façon qu’il sait parfaitement verser dans l’émotion voire une certaine mélancolie. Il nous fait aller du sourire à la chair de poule en quelques instants. « L’air de Didon » cher à Purcell est à ce titre une petite bulle dans ce disque et réoriente la toute fin de cet Opus 2, qui se pare de nuages sombres. On est loin, dans « Sento in seno » où Bourne plonge dans les tripes de son piano, des rodomontades électriques de Gabriel Gosse. Son échange avec la soprano, à petites touches, fait de Vivaldi une jolie construction sensible, qui ressemble à ces désuètes boites mécaniques où une danseuse en stuc tournoie sans cesse… Une fois de plus, Laurent Dehors dépasse son image iconoclaste pour soulever le voile et montrer une vraie sensibilité. C’est ainsi que ce clôt ce second voyage opératique, dans la brève « Una Furtiva Lagrima » de Donizetti, suspendue à la performance vocale de Tineke van Ingelgem, avant de se lancer dans « Les Oiseaux ». Une réussite qui nous songer au futur : et si Laurent Dehors nous proposait un opéra de son cru ? C’est le moment.