Une petite histoire de l’opéra…
Ils sont six dans une bande de Normands. Ils revivifient la « grande » musique sous couvert du jazz. Ils usent de nombreux instruments incongrus tels qu’accordéon, balafon, banjo, batterie, boite à rythme, clarinette, cornemuse, cymbalum, glockenspiel, guimbarde, guitare, marimba, piano et piano « séparé », saxophone, soubassophone, trombone, tuba, vibraphone – sans parler de la Voix. Elle est celle de Tineke Van Ingelhem, soprano.
Leur projet ? Composer des morceaux inspirés de morceaux d’opéras : la toccata de l’Orfeo de Monteverdi, la Habanera de Bizet, Tristan de Wagner. Ils sont drôles, inventifs, joyeux. L’opéra se réinvente comme aux beaux jours du XIXe siècle où il était fredonné dans les rues.
Laurent Dehors est le directeur artistique et explore dans cet opus 2 ce qu’il avait débuté dans l’opus 1. Une histoire et ses cassures, une composition et un décalage. Une image renversante de l’opéra trop sérieux.
« Tous dehors » est le nom du groupe et la région Normandie le soutient, tout comme le Ministère. On se demande ce que deviendrait « l’Art » sans l’Etat en France…
L’album est sorti hier 20 septembre, après un concert de lancement le 18. A Paris.
Attachée de presse BALUSTRADE : Guilaine Depis, 06 84 36 31 85 guilaine_depis@yahoo.com
Tous Dehors, Une petite histoire de l’opéra opus 2, 2019, €13.99
Tous Dehors, Une petite histoire de l’opéra opus 1, 2011, (indisponible pour le moment)


Samedi 21 septembre 2019

Vient de paraître, septembre 2019 – Ouverture philosophique, L’Harmattan

Un concert décalé et fantaisiste qui réinvente avec finesse le genre opératique avec de nombreux instruments : glockenspiel, balafon, vibraphone, marimba, batterie, trombone, tuba, soubassophone, saxophones, clarinettes, guimbarde, cornemuse, banjo, guitare, piano… Préparez-vous à en prendre plein les oreilles ! 
On entre dans ce CD par la Toccata de l’Orfeo de Monteverdi, soit un peu plus de quatre minutes (instrumentales) de pur bonheur dominées par une guimbarde de science-fiction et des cuivres endiablés. Il faut bien sûr revenir à l’original pour mesurer le travail incroyable que fait subir Dehors à la partition de Monteverdi. La cornemuse qui intervient à mi-chemin apporte une énergie insensée et projette le morceau dans une sarabande hypnotique qui fait tourner la tête et nous transforme en derviches tourneurs. Le tour de force est enchaîné par un plus sobre Air de Micaëla(Bizet) chanté remarquablement par la soprano Tineke Van Ingelgem, laquelle va nous accompagner tout au long de la sélection. Le traitement est plus conventionnel mais il y a une légèreté et un naturel dans la lecture de Dehors qui font tomber les barrières de genre traditionnellement associées à l’opéra. Le renfort des cuivres, essentiels dans le travail du musicien, y est pour beaucoup. Tout y passe des tubas, balafon et glockenspiel, saxos et clarinettes, ce qui confère aux morceaux un caractère profane, voire comiquement contestataire, qu’on n’avait pas forcément perçu dans les versions originales.
Le chœur des enfants de Bizet retrouve toute son impertinence enfantine tandis que l’Habanera de Carmen (« l’amour est un oiseau rebelle etc »), pourtant usé jusqu’au trognon, est lui donné dans une version relativement dépouillée, joueuse et pop qui lui restitue toute sa force, sans volonté d’en rajouter. Dehors ne prend pas systématiquement le parti pris de détourner les œuvres ou de les jouer à contre-courant. Il alterne les partitions allégées et les réaménagements ou les glissements de genre, ce qui est évidemment bien vu pour « donner à voir » les œuvres différemment. Il ne s’agit pas de vandaliser ou de profaner pour le plaisir mais bien d’éclairer et de laisser apparaître dans des titres que chacun connaît des recoins ou des possibilités qui étaient en sommeil ou dans l’ombre. Le Mambo de Bernstein est à cet égard un bonheur dansant et aérien qui met en exergue la malice du compositeur new-yorkais. C’est exactement ça !, s’écrie-t-on alors, comme si grâce à Dehors Bernstein était enfin libéré de sa gangue de sérieux et de solennité. Mambo est ici notre morceau préféré. On ne prendra pas les titres un par un pour en dire du bien mais le Tristan de Wagner subit un traitement de cheval particulièrement radical qui s’inspire de la musique de film des années 30 puis du minimalisme expérimental, tout en conservant une forme de puissance romantique (affaissée) assez extraordinaire. L’Air de Didon de Purcell (qui nous a toujours ennuyé) est splendide et sec comme les larmes d’une femme, ce qui ne manquera pas de faire se retourner Klaus Nomi dans sa tombe. On recommandera le magnifique Una Furtiva Lagrima (Donizetti), l’une des séquences/chansons les plus poignantes et touchantes du disque (et probablement de notre année musicale) mais plus encore ce final néo-réaliste, Les Oiseaux, qui fait penser autant à du Brecht tant il sonne populaire et capricieux qu’à une bande son de Michel Legrand. « Le résultat, à l’image de l’ensemble, est charmant et insondable, surprenant et délicieux.
Patrick Poivre d’Arvor a eu un COUP DE COEUR pour « Les Conquérants d’Aton » de Philip Kayne lors de son émission « VIVE LES LIVRES » sur CNEWS du lundi 16 septembre 2019

