Le Journal du Dimanche annonce le lancement de S.O.S. VIOLENFANCE

Pierre Bafoil qui a interviewé pendant deux heures Kahya de Brinon annonce dans le Journal du Dimanche le lancement de S.O.S. VIOLENFANCE

Briser le tabou de l’inceste dans les familles aisées. Voilà l’objectif que s’est fixé Kathya de Brinon en fondant SOS Violenfance, association de prévention et de lutte contre la pédocriminalité qu’elle lance ce jeudi soir à Paris, au café François Coppée (6e arrondissement), en présence du psychiatre spécialiste de ces questions, Gérard Lopez. Cette ancienne journaliste de 71 ans entend faire de la prévention en intervenant dans les écoles, lycées ou les universités. « Attention, ce n’est pas une énième association de lutte contre la pédophilie, se défend-elle d’emblée. Je veux me concentrer sur l’inceste dans les classes supérieures où la parole est parfois plus compliquée à libérer du fait de la pression sociale. Je veux prévenir plutôt que de guérir. Car on ne guérit jamais. »


D’après une étude de 2017 sur « les violences sexuelles à caractère incestueux sur mineur(e)s » réalisée dans le cadre de la mission « Sciences et société » mené par le CNRS, l’inceste est présent dans tous les milieux sociaux.

Culture du silence

 

La coordinatrice de l’étude, Sylvie Cromer, battait en brèche l’idée reçue selon laquelle les milieux paupérisés étaient plus touchés par le phénomène. Selon cette maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lille 2 et directrice de l’Institut du genre, ces dernières semblent plus sujettes à ces violences car elles sont plus étroitement surveillées par les travailleurs sociaux. Autre raison, rapportait alors dans le journal du CNRS, « les familles à fort capital économique et culturel disposent de stratégies fortes de déni et de maintien d’une culture du silence ».

Ça va, ça n’a duré que quelques jours

Kathya de Brinon en sait quelque chose. De ses 9 à 12 ans, cette « survivante », comme elle se décrit, a été violée et prostituée par son grand-père paternel à des notables de sa ville d’enfance. Dans le silence assourdissant de sa famille. Lorsqu’elle s’en ouvre à ses parents, si son père tente de la soutenir, sa mère prend le dessus et impose une omerta familiale. Cette dernière évacuera l’affaire de ces mots glaçants : « Ça va, ça n’a duré que quelques jours. »

Double peine

Car l’histoire de Kathya de Brinon, c’est aussi celle d’une double peine : les sévices intrafamiliaux d’abord, le tabou ensuite. Et le second survit même si les premiers cessent. Après le déni de sa mère, Kathya de Brinon s’est confronté à celui de sa propre fille qui l’a à son tour accusée de détruire la famille lorsqu’elle a souhaité en parler. Qu’importe, la sexagénaire a coupé les ponts et publié coup sur coup deux livres témoignages, où elle raconte les viols endurés pendant l’enfance et la complicité passive de son entourage.

L’argent couvre tout. Rien n’est plus facile que de menacer ou acheter un enfant

« L’inceste est présent dans toutes les familles, mais dans les classes supérieures peut-être plus qu’ailleurs. Car l’argent couvre tout, décrit-elle. Rien n’est plus facile que de menacer ou acheter un enfant. Et ça continue à l’âge adulte, on entre alors dans une espèce de logique de prostitution : argent contre silence. 

Pour l’instant, SOS Violenfance n’a pas encore de financements pérennes, mais engrange le soutien de municipalités huppés comme celles de Puteaux ou Reuil-Malmaison. Kathya de Brinon compte également sur ses contacts dans les Rotary Club, haut-lieu de l’entre-soi élitistes, où son combat a fort bien été reçu, assure-t-elle.

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