Le Monde de la Photo a remarqué Philippe Enquin

Le Monde de la Photo février 2021

Ces gens-là

« Philippe Enquin saisit la générosité, la bienveillance, les petits gestes du quotidien, immenses et minuscules, quand l’épidémie tourmente la planète. » Le comédien et humoriste François Morel en connaît un rayon en matière de générosité et de bienveillance, c’est dire la valeur de cet adoubement. De la joie, de la légèreté, malgré le confinement et la rudesse de la rue et des cartons (lire le témoignage de Jojo…) : c’est cet aspect de la vie quotidienne que le photographe, âgé de 85 ans, a choisi de mettre en images, depuis son balcon parisien. Sa photographie noir et blanc est un humanisme. 106 pages ; 21×29,7cm, 26 € »

 

François de Coincy invité par Catherine Rouvier à la radio

Catherine Rouvier reçoit : François de Coincy, chef d’entreprise, écrivain 

Sujet : Nous contentons-nous de naître ? ; Naît-on homme ou femme, ou bien le devient-on ? ; Confession d’un enfant hors du siècle ; La grande famille ou règlement […]

Réécouter l’émission ici (François de Coincy y parle dans la première partie de la 28ème minute à 1h06 après le début de l’émission) 

« une vraie gouaille dans l’écriture de Maurice Daccord, proche de celle du Frédéric Dard »

Tantum ergo, quand Gendarmerie et Police ne font qu’un

D’un côté le commandant de gendarmerie Crevette qui accepte de travailler dans la police (le rapprochement de ces deux corps de l’état est encore proche de la science-fiction en France, mais n’est-ce pas dans le sens de l’histoire. Ce qui est certain pour un puriste comme moi en ce qui concerne la police et la procédure judiciaire, c’est que Maurice Daccord ne fait aucune erreur à ces niveaux et que même ce commandant a toute sa place dans un service de police de province normal).

De l’autre Baccardi un gratte-papier dans une compagnie d’assurances qui à la veille de la retraite décide de monter un cabinet d’écoute pour personnes délaissées (à son domicile, la cuisine servant de salle d’attente). Pas un cabinet de psychothérapie, non, d’écoute, il soigne avant tout par l’écoute, par le silence, tout au plus peut il partager son expérience de ses nombreux divorces et il sait faire montre d’empathie. Il a une vraie éthique (qu’il invente étant le seul à exercer ce métier) : ne jamais prendre les coordonnées de ses patient(e)s, il ne vérifie même pas si le prénom donné est le bon.

Dans cette ville de province, le commandant Crevette se voit obligé sur une série de meurtres assez ignobles : des femmes sont assassinées, éventrées, un crucifix enfoncé dans leur vagin et les mots Tantum Ergoscarifiés sur leur ventre.

Tantum ergo, un hymne des vêpres Pange linguacomposé par Saint Thomas d’Aquin et qui depuis le XIX siécle fait partie de la liturgie catholique pour la célébration du Saint Sacrement. Une grande partie des victimes s’avèrent être des clientes de Baccardi. Il devient le premier suspect, mais à force de repas et d’apéritifs, les deux hommes apprennent à se connaître et finissent par collaborer. 

Leurs investigations les amènent dans un monastère isolé qui, bien des années avant, servait de pension pour jeunes filles de bonne famille. Quel secret renferme ses murs épais ? Et si tout cela n’était autre qu’une vengeance longuement mûrie ? Et si le vrai n’était pas si évident qu’il en ait l’air ?

Quand j’ai lu ce roman policier de Maurice Daccord publié chez L’Harmattan, j’ai pensé à un autre que je venais juste de finir : L’écrivain public de Dan Fesperman paru dans la collection grands détectives aux éditions 10/18. Le même principe, deux personnages que rien ne devrait réunir et qui collaborent ensemble pour résoudre un meurtre. La similitude s’achève à ce niveau.

Il y a une vraie gouaille dans l’écriture de Maurice Daccord, proche de celle du Frédéric Dard, celui des premiers romans policier essentiellement. Ces deux héros sont sympathiques, avec leurs blessures, leurs cicatrices, leurs pudeurs. Un peu d’argot, mais toujours à bon escient, qui rend dialogues et texte très vivants, naturels. 

Un roman policier très classique, mais que l’on lit toujours avec grand plaisir.

Emile Cougut

Dans Marianne : Un article du grand philosophe Robert Redeker sur le roman de Pablo Daniel Magee

https://www.marianne.net/culture/litterature/selection-marianne-nos-romans-preferes-de-la-rentree

LE ROMAN VRAI DE LA VIE DE MARTIN ALMADA

L’Europe ne le sait pas : Martin Almada est un grand homme, un véritable héros qui a marqué le XXème siècle de l’Amérique latine. Sa vie, son caractère, son environnement familial, culturel, et politique, son engagement de chaque heure en faveur d’une existence plus digne pour tous, forment la matière de ce roman vrai, superbement écrit, exhaustivement documenté, Le Condor vole toujours. Si certains désespèrent de l’homme, sombrent dans la misanthropie, ne broient que du noir, ne voient pas d’issue aux misères de notre espèce, qu’ils lisent ce livre ! Livre de l’espoir quand tout paraît perdu. Quand tous paraissent corrompus. Quand la politique a été remplacée par la terreur. Quand la pensée conduit à la salle de torture. Quand la brutalité voulue par le pouvoir s’exerce jusque dans les plus petites choses de la vie. Quand la perversité semble avoir le dessus. Quand il semble que le Diable a pris possession du monde. Quand un triste néo-catharisme semble de mise. Les complots de grande envergure existent. Engagé du côté du communisme, professeur et militant d’une pédagogie renouvelée, Almada tombe en 1975 dans la cruelle machine répressive du général Stroessner. Ce dernier est un allié dans le crime avec Pinochet et les militaires argentins. Malgré 1000 jours de torture, physique et psychologique, Almada ne sera pas broyé. Comme chez Soljénitsyne, quelque chose en lui résiste, lui permettant de tenir. Après son évasion rocambolesque, son exil à paris, il découvre les archives du plan Condor, ce complot organisé par Washington, orchestré par Henry Kissinger, pour installer et maintenir au pouvoir des dictatures sanguinaires dans le sous-continent sud-américain. Le combat d’Almeda est de tous les temps et de toutes les contrées : c’est celui de l’éternelle lutte pour la justice, la dignité, et la vérité. Le roman vrai de Pablo Daniel Magee, haletant comme un roman policier, attendrissant comme un roman d’amour, politique comme un roman d’espionnage, et instructif comme un roman historique, installe dans l’imaginaire européen un personnage digne de figurer au côté d’Antigone.

Opération Condor. Un homme contre la terreur en Amérique latine Pablo Daniel Magee, Éd. saint-Simon, 378 pages, 22 euros.

François de Coincy critique le livre de Bruno Le Maire

L’ANGE ET LA BÊTE PAR BRUNO LE MAIRE