Philip KAYNE, romancier égyptologue, nous propose une duologie envoûtante,« Les conquérants d’Aton »,tomes 1 et 2 parus aux Editions Baudelaire en juin 2019.Arrivée au terme de ma lecture de « La part de vérité », je ne résiste pas à l’envie de vous citer la dédicace qui a accompagné ce livre :« Les secrets inouis de l’Egypte pour ceux qui savent les découvrir. » Quel bel hommage à ce livre captivant, véritable invitation à la ballade intellectuelle et spirituelle …… « En ces temps reculés, le sacré imprégnait la vie quotidienne des Egyptiens, habitués à s’en remettre aux divinités ancestrales », préface Roger Sabbah, expert incontestable, égyptologue et archéologue qui lit l’hébreu biblique, connaît l’araméen et dévoile le sens caché des hiéroglyphes égyptiens.La XVIII ème dynastie représente sans doute la quintessence de la civilisation pharaonique, le roman de Philip Kayne s’y glisse avec volupté, tant il est empreint de « la douceur du matin, la caresse du vent, les joies de l’amour, de victoire ou de détresse. » Le règne de Amenhotep III bat son plein, sa grande épouse royale, Tiy lui donnera sept enfants dont Khétarâ qui deviendra le quatrième Amenhotep, futur Akhenaton.
Ce même Khétarâ accompagne le futur héritier, son frère Thoutmosis à une chasse au lion dont le but est de rapporter à leur père la fameuse crinière … Cette chasse scellera le destin de Khétarâ car Thoutmosis sera blessé et décèdera peu après.
Plus tard, nous sommes en 1358 avant J.C., le futur Akhenaton(celui qui est bénéfique pour Aton) ceint la double Couronne dans la cité de Thèbes. A ses côtés se tient non seulement sa mère, la reine Tiy mais surtout la divine Néfertiti son épouse appelée Sahrâ dans l’intimité.
Un couple magique et légendaire qui va régner sur l’Egypte pendant une vingtaine d’années. Le nouveau pharaon va privilégier le culte du disque solaire Aton. Peut-être lassé par le conservatisme des prêtres d’Amon, il impose Aton comme seul dieu. Il s’oppose principalement au grand prêtre Aânen, son oncle qui le traite volontiers d’hérétique « l’idéologie que prône le prince royal met en péril la cohésion de notre Terre, son existence même ».
Malgré tout le jeune souverain va progressivement imposer une religion que certains qualifient d‘ hénothéiste et d’autres de premier monothéisme exclusif.
C’est pendant l’expédition de Nubie que le jeune Khétarâ va commencer a s’intéresser à l’art nouveau « les formes de l’art classique sont figées, steréotypées ; des images flatteuses qui ne véhiculent aucun sentiment (…) ». L’art amarnien, moins rigide et surtout non conventionnel est né.
Entre guerres, conflits religieux, intrigues et polémiques houleuses, Philip Kayne sait mêler harmonieusement réalité historique et intuition de romancier. Explorateur méticuleux de l’histoire égyptienne, il nous révèle par exemple que pour récompenser le dévouement de son beau-père Aÿ, Pharaon nommera le mont Horebmontagne d’Aÿ, le Sinaÿ …
… Et puis aussi … « le peuple Elu faisait partie de la prophétie »…« Yurusalem »… « Nous appellerons cette terre AïSaRâAl ».(Israël: traduit de l’égyptien ancien par Messod et Roger Sabbah).
On s’immerge avec délice dans cette lecture voluptueuse à la poésie ensorcelante, bercée par la sourde mélopée d’Akhenaton à la gloire de sa bien-aimée …
… « Elle était mon Orient et mon Occident, l’ardent baiser du printemps, la douce caresse de l’automne. Que me reste-t-il ? Les montagnes peuvent s’écrouler, les fleuves se tarir … ma vie n’est plus qu’un désert ».
Magnifique …
Dominique IWAN
Dominique IWAN : Parallèlement à une vie professionnelle tournée vers le monde des matériaux polymères et un bref passage dans la sphère publicitaire en tant que maquettiste, ma vie a été guidée par deux passions, l’écriture (un livre que je suis sur le point de terminer … je me mettrai ensuite en quête d’un éditeur … des nouvelles pour enfants, et la sculpture avec la création d’un blog en 2014 » entre Ciel Ether « . Je collabore au site www.francenetinfos.com depuis près de 4 ans, particulièrement dans le domaine littéraire, avec déjà l’écriture de près de 80 chroniques.
LE BLOG LITTÉRAIRE DE DAN BURCEA
Pourquoi vouloir présenter les cinq textes qui composent votre livre comme tout autant d’énigmes (mot prometteur) posés à Jasmine ?
Cela veut souvent dire que le manuscrit a été refusé par les maisons dites bonnes, ou encore prestigieuses. C’est un cercle vicieux
Pour qui ne sait pas grand-chose de la vie de Camille Claudel, sœur de Paul, amante de Rodin, flamme de Debussy, etc., le texte proposé par Caillat – féru de musique et d’architecture,
Ce n’est pas un reproche. La démarche de Caillat, sous le label roman, est
Il n’en reste pas moins
Certes, la question
L’injustice de cette vie se situe exactement là. D




Toute la première partie de ce récit concerne les mésaventures familiales, et nous plongeons en apnée dans le monde de cette Mitropa si complexe aux confins de la Roumanie menacée par l’Union soviétique. C’est tout un autre monde, souvent évoqué par Stefan Zweig, aux habitants talentueux et courageux, car dans toutes les bonnes familles on apprend la littérature, la musique et tant d’autres choses. Alors que leur monde s’écroule, ils parviennent in extremis à rejoindre l’Occident encore épargné, mais plus pour longtemps. Nous découvrons l’infinie débrouillardise de ces fugitifs sans cesse menacés.
On pourrait craindre que passer des tribulations d’une famille en détresse à la construction d’un centre de traitement de l’obésité serait l’occasion d’une baisse de la densité du récit. Il n’en est rien. Sophie – qui n’est pas encore Reverdi – sait compliquer son existence au-delà du pensable et c’est, on reconnaît là l’Europe centrale, en tout compliquant qu’elle saute tous les obstacles.
Dans son essai, À l’origine des sensations, des émotions et de la raison – sous-titré « J’aime donc je suis » – l’ex-urologue Guy Vallancien nous éclaire d’une lumière qui n’est pas exclusivement scientifique ou médicale. Le médecin nous parle des hommes comme un homme. Il troque son costume de clinicien pour celui du philosophe.
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Ainsi qu’on peut l’observer depuis les élargissements successifs de l’Union européenne à des pays d’Europe orientale et centrale jadis soumis au joug soviétique et libérés depuis la chute du Mur de Berlin et de l’ex-URSS, l’Europe est loin d’être réunifiée. Plus que jamais, un double rideau de fer géopolitique, idéologique, sociologique et historique divise les pays du Continent européen: tout d’abord la « ligne de front civilisationnelle » (pour paraphraser Samuel Huntington) qui sépare et souvent oppose, l’Europe atlantiste-occidentale et la Russie, et ensuite la ligne de haute tension qui oppose politiquement et sépare psychologiquement les pays de l’Europe orientale et centrale (entrés dans l’UE depuis 2004, marqués par le populisme « illibéral » à la Orban), attachés à leur identité chrétienne et marqués par un fort anti-communisme, et, de l’autre côté, une Europe de l’Ouest historique engluée dans son politiquement correct, hostile à l’identité assimilée aux vieux démons. Malgré ce constat, force est de reconnaître que les lignes bougent. Alexandre del Valle a rencontré pour s’en convaincre l’écrivain, publiciste et stratège franco-russo-hongrois Youri Fedotoff, fin observateur géopolitique qui incarne par ses origines ces divisions continentales et qui vient de publier un roman épique (« Le Testament du Tsar, Chaos 1917-1945″*), où la fiction et le fait historique se conjuguent pour nous offrir un éclairage historique d’Est en Ouest aux origines de l’Europe orientale contemporaine.
Alexandre Del Valle : Dans votre roman, saga épique qui se déroule sur trois continents, et qui traverse une révolution puis deux guerres mondiales, la fiction et le fait historique se conjuguent et les personnages dont nous suivons les aventures paraissent servir un véritable éclairage historique concernant une Europe orientale encore très mal connue de l’Occident. Dans votre roman géohistorique, conservateurs, libéraux et révolutionnaires incarnés par les familles Trepchine, de Villeneuve et Boulganov, s’affrontent tout au long de cette période tragique du début du XXe siècle. Quelle est l’originalité de votre point de vue d’Est en Ouest ?
ADL : Pourtant, vos personnages sont des incarnations idéologiques puissantes ?
ADL : En 1939, votre héros Michel Trepchine rencontre un personnage à Paris qui ressemble fort à Arthur Koestler.
Parution le 14 novembre 2019 de
