Eric Poindron dans Causeur inclut Christine Fizscher dans son « année poétique »

Poètes: ceux que j’aime prennent le train

Retour sur l’année poétique 2018

Ouvrons 2019 avec une sélection des poésies de 2018.

Nous l’avons encore entendu ce matin, dans le train, chuchoté, certes, mais articulé en conscience : « La poésie ne sert à rien. ». Et comme aurait pu l’écrire un autre poète, suisse et voyageur, égaré dans les îles d’Aran, « Mais c’est ce rien qui m’intéresse. »

Comment ne pas songer à ce bon mot de ce tout aussi bon Gérard de Nerval lorsqu’il écrit : « Il y a ici des médecins et des commissaires qui veillent à ce que l’on n’étende pas le champ de la poésie aux dépends de la voie publique. »

Les trains nous conduisent toujours vers l’enfance

Eugène Guillevic, le Breton et l’apprenti, a raconté que lorsqu’il a tendu à sa mère ses premiers poèmes, il aurait mieux fait de lui tendre de suite la seconde joue puisqu’elle lui a donné une gifle en guise de lecture.

Ainsi les trains nous conduisent toujours vers l’enfance. Et la poésie – qui ne sert à rien – , elle aussi.

Dans Les souvenirs m’observent, Tomas Tranströmer, poète absolument poète et prix Nobel de littérature en 2011, en octobre – car c’est important les saisons -, écrit : « J’espérais tout le temps que les cours prendraient fin, pour que je puisse enfin me jeter à corps perdu dans ce qui m’intéressait vraiment : l’Afrique, l’univers sous-marin, le Moyen Âge. »

Début d’année et période de jolies résolutions obligent, il est peut-être temps de ne rien changer et de continuer à lire de la poésie.  Aussi j’emprunte des trains et des poètes.

A travers la vitre, après la pluie, les pluies, toutes les plu
ies, il est de nouveau un ciel dans le ciel. Faites un vœu, ou plusieurs ; écrivez-les. C’est le moment. Et ce vœu, c’est peut-être un poème comme un aveu.

On ne naît pas impunément à Reims

S’il est bien un poète qui fait aveu de tout bois, c’est Marc Alyn, dans Le temps est un faucon qui plonge, ses mémoires.

« Chaque jour j’écris le premier mot de mon langage.

Je suis neuf jusqu’au crépuscule.

Chaque baiser de l’aube sur la bouche des arbres

Me fait don d’une peau nouvelle. »

Marc Alyn est un jeune homme d’âge mûr qui a connu beaucoup de monde. Ami de Roger Caillois ou de Lawrence Durrell, voyageur vénitien et collectionneur d’Orient(s), créateur de la collection Poésie Flammarion, le mémorialiste se raconte sans excès, pas à pas, et mot-à-mot choisis avec grâce. Marc Alyn, poète alchimiste et alchimique pour de vrai, a conscience que l’ange au sourire s’est presque penché sur son berceau. On ne naît pas impunément à Reims, ville de Paul Fort et du « Grand Jeu » de Roger-Gilbert Lecomte et Roger Vailland. Marc Alyn loue l’existence de Fantômas, fait chanter les tarots et célèbre le chemin de la Gnose.

Les derniers étourneaux de l’Est 

Marc Alyn est un solide et soliste compagnon de route, toujours sur « la ligne de départ, aspirant à rejoindre l’Ordre clandestin des poètes : Templiers privés de règle et de Grand Maître, en marche vers le feu. »

Un faucon plonge et, à travers la vitre, les derniers étourneaux de l’Est font leur bagage.

«  Un oiseau est du ciel. Il est plus proche de l’éternité que du monde » ; confie l’abbé Rancé à la marquise de Sablé ; et Pascal Quignard dans Sur l’idée d’une communauté de solitaires – Arléa 2018 -, de nous le faire remarquer. J’alterne les regards, des oiseaux aux poètes, et confond les cartes comme l’on rebat des campagnes ou des paysages.

Dans Compris dans le paysage, donc, Georges Guillain écrit :

Quand même / il n’y a pas de poésie descriptive / rien ne se représente ou n’est jamais là / totalement / que nous / du ciel / et dessous / la main qui tremble simplement / ces gros paquets de partout de nerfs / aboutissant à des images /

alors / on dira / que sur les toits ce sont des souvenirs d’école /des histoires qui glissent / un coin du monde saisissant / par les yeux / bien maté / qui nous traverse / se reconstruit, en sens inverse.

Les paysages s’effacent derrière les paysages

Chez Georges Guillain, les paysages s’effacent derrière les paysages – ce mystère du paysage –  et les hommes qui file vers l’est en une douloureuse rhapsodie. Voyager avec Georges Guillain et ses dahlias de lumière, c’est voyager avec un ami.

Lecteur des deux rives, vous êtes : quel flâneur êtes-vous ? Lecteur des deux rives, vous êtes : quelles sont ces deux rives. Lecteur des deux rives, vous êtes : qu’attendez-vous de l’autre rive ? A ces questions, Flora Bonfanti, répond dans Lieux exemplaires :« La parole devient come un une note ; elle quitte le signe, devient chose. Sa forme n’est plus qu’une carcasse enceinte d’une semence de feu. Elle est moelle durcie. La sens a laissé en résidu sa fore même., sans marge : pierre volcanique de l’ancien magma. Les yeux du lecteur rallument le magma – qui, dans tous ses états, garde son épaisseur et la densité de ses courbes. C’est ce que nous appelons le poétique. » Il existe chez cette toute jeune poète de grande conscience, qui s’interroge sur le mal et explore le silence, une grâce d’écriture retenue et une maturité inouïe.

Le bruit du temps

Poète des saisons, douloureuses ou jubilatoires, Christine Fizscher, elle, dans L’Ombre de la terre, nous invite en sa maison et en ses vides, et retient les nuits qu’il lui reste ici.

« Ici veillera le séquoia funèbre,

Le foudroyé

Oh ! Le temps d’été, vent,

 Ici la nuit qui était à nous. »

Puis le 20 octobre – car c’est important les saisons – elle écrit :

« Ce matin aura été un matin

Sans tour Eiffel à l’horizon.

l’automne incendiait la forêt et le jours, gris, épais, lourd

mais allumé,

descendait sur l’autoroute. »

Christine Fizscher connait le bruit du temps qui broie et file, et goûte le plaisir de la compagnie des poètes ; et même seule, la voila bel(le) et bien accompagnée.

S’il y en a un qui ne perd jamais de vue la tour Eiffel, c’est bien Bernard Ollier, l’homme fou et sage, l’homme des livres d’artistes, l’arpenteur des sommets métalliques. Chez Pierre Mainard, l’éditeur scrupuleux et réjouissant, on lira l’étonnant Bernard Ollier exagère La tour Eiffel. Et le poète n’y va jamais de main ni de lettre morte. Il agrandit, escalade, échafaude. Avec lui tout va, car le bâtiment va ; et à tout va !« C’est sa force à la Tour Eiffel : des siècles que ça va durer, alors que toi, tu ne sais même pas pour toi.

Tu ne sais même pas pour toi, c’est toute la différence avec la Tour Eiffel.

La tour Eiffel, je te rappelle, qui sait, elle ! qui sait qu’on sait pour elle !
Si bien qu’elle sait qu’elle n’a pas besoin de savoir. Tranquille, la Tour Eiffel.

Tu te rends compte, aucun effort à faire, elle est sur d’avance et de tout temps, universellement sue qu’elle est, elle est sue d’être, c’est ça une Tour Eiffel.

Être sue et en tout temps, à toute heure, voilà comme elle est, la Tour Eiffel. »

Ce Bernard Ollier-là, n’est pas si loin d’être un zouave et c’est un sacré ingénieur du langage.

Le train arrive et il me reste un autre zouave pour la fin de route. Un poète encore, un poète toujours, jeune, increvable, irrévérencieux, magnifique. Il s’appelle Hans Limon : gourmand de vie et gourmet de mots. Il a lu ses classiques, et se faufile à leur suite à grands bruits pour faire entendre ses propres mots. Avec lui, ça charrie du verbe et convoie de l’énergie.

Mort à la poésie

Dans Poéticide, un recueil solide, solaire et de grand vent, le voilà Diogène et qui écrit à tue-tête : « Tu veux exterminer la poésie ? Alors prends ce couteau à pain sur ma table de cuisine, juste à côté de mon horoscope, et va poignarder le soleil, le point du jour qui maquille les toits des masures, les gamins qui sourient aux mendiants, les poules qui caquettent à heures fixes, Londres et ses pestilences, les opéras gouffres, les femmes et leurs tectoniques multiples, les quintes merveilleuses, les merdes fécondes, poignarde la terre entière, la terre infestée d’hommes, et alors même que tu l’auras fait, il te restera les idées, qui flottent un peu partout dans l’atmosphère, et les autres espèces, et les autres planètes, et les autres galaxies, et les autres univers ! Peine perdue ! Peine perdue ! »

Si Raymond Queneau célèbre les fous littéraires dans Les Enfants du limon, il faudrait, dare-dare – avant qu’on nous ne le pique -, dans les enfants du fou poète, célébrer le Limon !

Grincement d’essieu et le train est presqu’à quai ; je n’ai pas vu les poètes passer.

Amis, J’ai eu vent des peines dites indicibles et de votre disposition mélancolique, des joies de mots acrobatiques. À la nuit tombée, les filles fantômes et filantes sont des étoiles comme les autres.Le temps est un flocon qui tombe

Et les poètes, mes héros de l’enfance.

Le Temps est un faucon qui plonge, Marc Alyn, éd. Pierre-Guillaume de Roux.

Rentrée littéraire de janvier 2019, POESIE « L’Ombre de la Terre » de Christine FIZSCHER

Rentrée littéraire de janvier 2019 – Pour une année poétique – Parution le 18 janvier 2019

L’Ombre de la Terre, le premier recueil de poésie de l’écrivain Christine FIZSCHER

Editions DUMERCHEZ

54 pages * 15€ *ISBN 978-2-84791-192-3

Contact presse : 06 84 36 31 85 / guilaine_depis@yahoo.com

L’OMBRE DE LA TERRE est enrichi de photographies de Jonathan ABBOU.

Christine FIZSCHER a aussi publié :

Pluies d’été (sous le nom de Christine Guinard), Dumerchez, 1999

La Nuit prend son temps, Le Seuil, 2007, dont sont tirés deux des poèmes de L’OMBRE DE LA TERRE

La Dernière femme de sa vie, Stock, 2011

Une FEMME poète : Lectrice chez Gallimard, Flammarion, Julliard et aux côtés d’Ivan Nabokov pour «Feux croisés» chez Plon, Christine FIZSCHER a aussi collaboré à la revue « Les Temps modernes » de 2000 à 2009.

Assumant pleinement et jusqu’au bout sa féminité, elle s’étonne que la poésie, quintessence de l’expression verbale, compte si peu de représentantes lues et honorées par le passé et dans la France contemporaine : si la poésie est l’art synthétique de transmettre l’universel et l’intemporel, les femmes passant pour extérioriser davantage leurs émotions, devraient en être les fers de lance. Métaphysiquement inquiète jusqu’à la torture, la chair et la littérature l’ancrent au monde et justifient sa vie.

Nourris de mélancolie, ses poèmes intimes pris dans une narration s’inscrivent dans une temporalité, expriment un double amour et le deuil d’une maison et de ce qui n’a pas pu y être vécu.

Ces poèmes vont basculer au rythme des saisons : solaires et radieux pendant la splendeur de l’été, ils vont s’enfoncer dans l’ombre de la Terre lorsqu’arrive l’hiver. Cette ombre de la Terre qui isole les artistes et enfants de Saturne, les fait rester à l’extérieur de la vie – plus vivants peut-être encore.

« La nuit prend son temps (roman dont la rédaction fut concomitante aux poèmes de L’OMBRE DE LA TERRE») fournit des réponses à une question centrale. Christine FIZSCHER fouille son désir, et l’illusion de son désir, dans un texte sûr, parfois puissamment érotique et superbement écrit.» Vincent ROY, Le Monde des Livres, 2007

« Christine Fizscher (…) a su trouver les mots pour l’écrire (ndlr : ce qui n’est plus, ce qui a brûlé), et le sens du récit. »  Mohammed Aïssaoui, Le Figaro Littéraire, 2011

« Christine Fizscher possède une très belle plume »  Nils C. Ahl, Le Monde des Livres, 2011

« Christine Fizscher signe sa présence d’incontestable écrivain » Joël Schmidt, Réforme, 2011

« Le livre de Christine Fizscher est saisissant, il a ses défauts, plein, mais un souffle qui les emporte, loin, dans un monde que les anxieux connaissent : la douceur d’écrire, la fragilité du résultat. »  Christophe Donner, Le Monde Magazine, 2011

Les éditions Bernard Dumerchez : Diffusées par les Belles Lettres, elles ont publié à ce jour plus de 250 ouvrages de poésie, littérature, théâtre et autres. Attachant une attention toute particulière à l’objet livre, chaque publication est souvent associée à un artiste contemporain et déclinée dans un ouvrage de bibliophilie. Une exposition « Bernard Dumerchez, éditeur, une vie de livres et d’art » a eu lieu en 2018 au musée départemental de l’Oise pour ses 35 ans d’édition.

Lettre de François CHENG,  de l’Académie française, reçue par Christine FIZSCHER en réponse à l’envoi de « L’OMBRE DE LA TERRE »

Christine Bini nous livre sa lecture de « Merveilles », « un tout cohérent et paradoxal »

Retrouvez cet article en intégralité sur le site de Christine Bini : https://christinebini.blogspot.com/2018/12/merveilles-de-francois-coupry.html

samedi 29 décembre 2018

Merveilles de François Coupry

François Coupry, Merveilles, cinq contes illustrés par Cyril Delmote, éd. PGDR et FCD Livres, novembre 2018, 580 pages.

Le recueil Merveilles reprend cinq de ce que Coupry nomme ses Contes paradoxaux. (… LIRE LA SUITE SUR  https://christinebini.blogspot.com/2018/12/merveilles-de-francois-coupry.html …)

La fiction nous est indispensable, au moins pour deux raisons : le monde n’est pas conforme, il faut le remodeler ; la mort est inacceptable, il faut remédier à cela. François Coupry s’y emploie, avec constance et talent.

Argoul, fidèle lecteur de François Coupry, toujours aussi intransigeant et objectif

François Coupry, Merveilles

De 1982 à 2016, l’auteur invente des contes paradoxaux où, dit-il, « le vilain se pare du Merveilleux » (avec majuscule). La merveille est ce que l’on remarque, ce qui se distingue, ce qui suscite l’admiration. Pas sûr que ce soit le cas de plusieurs de ces contes, dont le premier est déclaré dès le titre « amoral ». Jour de chance est d’ailleurs le plus ancien publié – et pas le meilleur à mon avis. Il est dommage que le recueil commence par le pire avant d’ouvrir enfin l’imagination.

Car Le fils du concierge de l’Opéra est une pure merveille, ne commençant qu’à la page 200. Un titre énigmatique, l’odyssée en accéléré d’un enfant, les murs du monument parisien sur la place du même nom… et puis la découverte ! La psychologie est bien rendue, les émois de l’enfance et de l’adolescence finement observés. Déjà publié chez Gallimard en 1992, ce conte fait honneur du titre du recueil et entraîne vers la mirabilia, le merveilleux, jamais loin du miserabilia, le malheureux.

Le fou rire de Jésus est aussi une performance dans l’espace et dans le temps, l’histoire sainte chrétienne revisitée par un conteur facétieux qui sait être profond.

Mais Jour de chance, vraiment, n’est pas à la hauteur, encore moins que La femme du futur, un tantinet dans la même veine mais publié 34 ans plus tard. Les deux contes, longuets et délayés, mettent en scène le premier un homme, le second une femme. Tous deux sont des « innocents » au sens où ils n’ont pas vraiment choisi leur destin, malgré l’affirmation d’un orgueil outrancier de la seconde – bien le reflet de son époque, qui est une projection amplifiée de la nôtre.

Dans Jour de chance, le personnage ne fait rien, n’est utile à personne, nuit même à la société en voulant se faire remarquer, sinon aimer. Il va jusqu’à tuer. Mais le système social a décidé une fois pour toutes qu’il était irresponsable, un déchet toxique mais collatéral. Il n’est pas « fou » mais en marge, impossible à juger et à punir.

La femme du futur est « la plus belle du monde », elle ne travaille pas et ne sert à rien mais se mire dans son miroir filmé diffusé immédiatement sur les réseaux sociaux mondiaux. Elle est aussi insignifiante, aussi nulle que le premier, mais se croit au-delà, reflet d‘une société des loisirs où les machines font tout et s’autoreproduisent.

Notre univers au présent pour l’homme et au futur pour la femme, ne font vraiment pas envie – mais c’est le mérite des contes de susciter la réflexion. Dommage que, dans ces deux opus, l’auteur cède trop volontiers à sa facilité de plume. Des histoires resserrées seraient plus percutantes.

Au total, l’anthologie des cinq contes suggère un point commun qui est la prison. Celle de soi dans Jour de chance, celle du corps dans Nos amis les microbes (un brin complaisant et allongé), celle de la fonction dans Le fils du concierge de l’Opéra, celle de la croyance qui se coule dans toutes les formes avec Le fou-rire de Jésus, celle du narcissisme dans La femme du futur. L’auteur n’est pas à l’aise avec notre époque, ce pourquoi il lâche son imagination au-delà du présent. Il invente des mondes, pas toujours très jolis ni humains, qui sont la projection fantasmée de ses craintes sur la loi, la santé, l’illusion, la religion et le bonheur.

François Coupry, Merveilles – Cinq contes illustrés par Cyril Delmotte, Pierre Guillaume de Roux éditeur, 2018, 580 pages, 23€

Attachée de presse Guilaine Depis, 06 84 36 31 85

« Merveilles » de François Coupry par Christian de Moliner

Merveilles de François Coupry 23 € aux éditions Pierre Guillaume de Roux 575 pages

M. Coupry est un héritier de Franck Kafka et en même temps un poète. Dans son nouveau livre « Merveilles », publié par l’excellent éditeur Pierre Guillaume de Roux et admirablement illustré par Cyril Delmote, il nous régale avec 5 contes.
Le premier, Jour de chance, est Kafkaïen et amoral. Un homme qui n’apparaît nulle part dans les fichiers de notre société si informatisée, à qui on prête gracieusement un appartement, à qui on donne chaque mois 10000 euros alors qu’il ne paye jamais rien veut exister, mais il se heurte au mur d’airain de l’administration. Il n’est ni malade ni fou, et lorsqu’il se met à commettre des délits, il est excusé car en quelque sorte il serait exempt du péché originel, opprobre dû à notre ancêtre Adam. Le héros (anti-héros ?) aura beau sans se lancer dans une escalade de crimes, jusqu’à devenir un serial killer, rien n’y fera. C’est bien entendu une fable sur notre univers trop policé, trop normatif et il est jouissif d’imaginer quelqu’un qui n’entre pas dans les petites cases trop étroites d’un formulaire.
Le second, Nos amis les microbes, est poétique et kafkaïen. Il décrit le monde des microbes qui habitent le corps d’une femme et François Coupry décrit leur lutte contre une étrange maladie qui les frappe : ils se mettent à penser et se transforment en femme rousse et nue. Pour finir, seuls trois d’entre eux survivront, l’un car il possède le livre de la connaissance, les deux autres car ils se sauvent par l’oreille et explorent notre vaste monde.
Le troisième, Le fils du concierge de l’opéra, est poétique et décrit un univers où le merveilleux affleure, où nos existences sont prédéterminées.
Le quatrième, le fou rire de Jésus, décrit l’existence de Ponce-Pilate qui comme le juif errant est devenu immortel. Peu à peu le récit de la rencontre du Christ et du procurateur romain se dévoile et on s’aperçoit que Ponce-Pilate a condamné Jésus, car celui-ci l’a demandé. L’auteur expose de la « vraie « doctrine » du Christ qui n’est certainement pas celle de l’église.
Le dernier conte, La femme du futur, est une dystopie. Dans un siècle, notre planète a vaincu tous les maux. Les habitants sont sans exception riches et ne travaillent que parce qu’ils le veuillent bien. Des machines ultra perfectionnées qui se réparent elles-mêmes produisent l’indispensable nourriture et les biens matériels. Les morts sont rares et les naissances encore plus. Il existe un train en Alaska particulier : les voyageurs qui l’empruntent se réveillent âgés et ne souviennent plus de ce qu’ils ont fait après être monté dans ce train, symbole de l’ennui d’une vie qui tourne à vide. Mais ce monde irénique n’est qu’une façade, un village Potemkine et il va s’écrouler. Les hommes redonneront un sens à leur vie en retournant à l’état sauvage.
N’hésitez pas à acheter ce livre, vous ne serez pas déçu !

Rentrée littéraire janvier 2019 : un thriller fascinant de Pascal Framont

Rentrée littéraire janvier 2019 : Le thriller de la rentrée littéraire de janvier

L’affaire Mirage Life  de Pascal Framont

éditions Le Lamantin

Relations presse : Balustrade / Guilaine Depis 06 84 36 31 85 / guilaine_depis@yahoo.com

Le contexte du livre, l’univers original  :

–       Le damianisme dans ce thriller est une véritable dictature (prisonniers politiques, parti unique, censure,…) et son inspiration, très actuelle, est avant tout celle de la Chine, à laquelle viennent s’ajouter les influences d’autres pays totalitaires  (Cuba, Venezuela,…), le tout transposé dans un pays d’Amérique centrale ;

–       Des cités comme Maths Paradise qui constituent un univers construit et cohérent ;

 

 

Arguments de lecture :

 –       Le roman qui vous emporte dans un pays imaginaire dont les pratiques de la Police politique sont terrifiantes ;

–       Une intrigue bien ciselée au suspens haletant ; 

–       Une réflexion philosophique à partir de Machiavel profonde et ambitieuse ;

–        Un style concis et une langue efficace qui donnent un plaisir de lecture ;

–        De nombreux rebondissements et faux-semblants avec une fin totalement inattendue ;

–        Un univers particulier, des personnages hauts en couleur ;

–        Pose la question du comportement vis à vis d’un régime totalitaire : collaboration ou résistance.

Résumé : La vie de Luisa Portero bascule un soir quand son mari est assassiné sous ses yeux. Brillante conseillère au Ministère de l’Economie du Montelagos, elle ne croit pas à un crime crapuleux et soupçonne la Police politique de vouloir étouffer l’affaire.

Ses recherches vont l’amener à enquêter sur sa famille comme sur les arcanes du régime pour lequel elle a dévoué sa carrière. Elle va ainsi remettre en question toutes ses certitudes, à commencer par la devise nationale : la fin justifie les moyens.

L’auteur : Sa carrière dans une entreprise internationale a amené Pascal Framont à vivre en Allemagne, au Mexique et en Chine. Amateur d’histoire et de cinéma, il pratique les échecs et les jeux mathématiques en compétition.

Avec « L’affaire Mirage Life », il mêle ces passions à son goût du thriller.

Florilège de la presse déjà obtenue par le « Catalogue déjanté des expressions de la langue française »

« L’album a des allures d’inventaire à la Prévert auquel on aurait saupoudré quelques idées oulipiennes » Le Figaro.fr

« Shadok dans l’âme, véritablement inédit » «  Fou rire garanti ! »  Actualitté 

 « Prendre une expression au pied de la lettre, c’est le projet amusant de cet ouvrage » Page la revue des Libraires

«  Belle réussite, c’est drôle, jouissif ! » Wukali 

«  Pour égayer les fêtes de famille ou il arrive trop souvent que l’on s’ennuie » Yozone

« Petit bijou d’humour absurde » un lecteur 

 

Bertrand du Chambon signe le premier article SUBLIME sur « Merveilles » de François Coupry

Coupry est vaste

 

Nous voici devant une sorte de grand roman, de roman-monde, mondes et Merveilles, qui au départ s’aventure dans le saugrenu, vers le nonsense : « on monte dans une voiture de course très basse, je lui dis une adresse au hasard, je ne me souviens plus de la mienne, on roule à toute vitesse, le docteur fait pin-pon ! pin-pon ! avec sa bouche, il me dépose devant mon immeuble »… tout ceci ayant lieu après que le narrateur a demandé à être mutilé par ledit médecin, « à l’hôpital des Enfants-Malades », bien sûr.
Univers du rêve, sans doute, un peu comme chez Alice et son pays des – .

Il y a Nabucco, narrateur principal quoique changeant, il y a Pierre-André qui souffre de la mythomanie d’Hélène dans le deuxième conte, il y a Yrpuoc, détenteur du Livre et de nombreux secrets… Chacun de ces avatars de l’auteur désire être coupable – coupable de vouloir zigouiller tout le monde, y compris un pauvre commissaire de police nain qui a la bonté d’écouter ses absurdes revendications, coupable d’occuper une place, parmi des milliers d’autres créatures, dans le corps d’une femme, avant que tant d’autres personnages ne soient à leur tour coupables ou coupry : ils ont pris des coups !

… Enfermé dans l’opéra où travaille son père, un gamin raconte : « Ainsi, chaque jour, Valentine m’installait dans cette salle de spectacle et j’assistai à des représentations dont j’étais l’unique spectateur. » C’est souvent dans cette posture que nous met le conteur : nous avons l’impression d’être l’unique spectateur de ce monde immense et foisonnant, comme si la simple lecture de ce livre nous donnait accès à Un Autre Monde, que de nombreux autres livres ne nous donnent pas.

Et soudain, brusquement, l’auteur quitte le grotesque et l’incongru. Il nous raconte une histoire poignante. Cela confine à la tragédie, d’une beauté surprenante, surtout dans le troisième conte intitulé Le Fils du concierge de l’Opéra. En effet, voilà une merveille, et le titre du recueil prend alors tout son sens. Ajoutons que les très beaux dessins de Cyril Delmote augmentent encore notre fascination.

Le monde où François Coupry nous invite est littéralement immense, très vaste, prodigieux, vertigineux, comme lorsque le gamin contemple les cintres et les dessous de ce théâtre à l’italienne en lesquels on a fait descendre des centaines de cercueils, ceux de cantatrices ou d’acteurs disparus. Toutefois, ce monde gigantesque, cyclopéen, n’est pas toujours menaçant ; il y règne un puissant désir d’innocence, d’irresponsabilité, comme le dit Nabucco à la fin du dernier conte : « Je, Toi et moi Nabucco, nous serons des anges, ou des dieux, des illusions ou de vrais démons, qui enchanterons l’humanité, perturberons le monde, mettrons la pagaille dans l’univers, changerons l’eau en vin, multiplierons les rats, les araignées et les chauves-souris. Et il est possible qu’à l’image de mes poupées, moi, Nabucco, je me mette à me rajeunir, pour être pour toujours un enfant, de cinq ans, mettons, et pour pourrir la vie des grandes personnes, car j’en ai assez d’être trop sage, responsable. »
C’est dans cet univers secret, sans devoir ni sagesse, sans contrainte ni pesanteur, que nous convie François Coupry. Il sait cependant qu’il n’existe, à cet univers, qu’un seul accès : « Malheur à moi, si je perds le Livre. »

Bertrand du Chambon

François Coupry, Le livre des merveilles, illustrés par Cyril Delmote, éditions Pierre-Guillaume de Roux, novembre 2018, 575 p. -,. 23 €

Le coach Philippe Rosinski reçoit le Prix du plus innovant coach en leadership

COMMUNIQUE DE PRESSE 

Philippe Rosinski, Coach belge de langue française et de réputation internationale se voit attribuer le Prix 2019 du

« MOST INNOVATIVE LEADERSHIP DEVELOPPER- Belgium »

Pour ses prestations et l’excellence de son dernier ouvrage :

Leadership et Coaching Global

Et reçoit des félicitations du monde entier

Le lectorat de Global Business Insight  est composé de 138.000 dirigeants d’entreprise : 32 % de présidents/CEO/CFO/CIO/CTO, 48 % de top managers, 17 % de conseillers professionnels. Les lecteurs se répartissent de la façon suivante : 17 % d’Asie-Pacifique, 27 % aux USA, 31% de résidents en Europe et 25 % d’autres régions du globe. Le prix est décerné selon un processus bien au point : réception des candidatures, recherches par nos experts, évaluation des prestations et programmes, vote par notre panel international.

Philippe Rosinski est interviewé par RFI Roumanie, en français : https://vimeo.com/305225168

Philippe Rosinski Reçoit les témoignages de ses clients

Jean-Luc Narcisse : L’intérêt de cette formation est multiple, comme d’ailleurs son articulation.

Sans dogmatisme, elle permet de mettre de l’ordre et de la clarté dans la multitude des concepts, facettes, éclairages, techniques, et modèles du coaching professionnel… Le travail de Philippe relève, à mon sens, d’une vraie gourmandise de la vie dans son ensemble. Il a su nous accompagner à progresser dans la joie, la bonne humeur, l’esprit d’équipe et l’implication, et ainsi donner la tonalité générale d’une pièce créative.

Peter Leyland, CEO at Sibelius Natural Products : Congrats on your work anniversary! Philippe, my career would not have developed so well and to my liking had it not been for meeting and working with you at an important stage in life. All the very best and thank you. Peter

Dr. George Simons et  Soumia Ben Amar à propos de Leadership & Coaching Global: Un ouvrage époustouflant, puissant, utile et d’une exceptionnelle complétude qui donne envie de le relire à peine sa lecture achevée afin de mieux apprivoiser les infinis précieux détails. Une démarche multidimensionnelle adaptée à l’individu, au groupe, à la société, à l’humanité où tous les champs de la connaissance sont convoqués, de la politique à la psychologie en passant par la santé, la spiritualité, le management et la culture.

Pour l’interviewer : attachée de presse Guilaine Depis 06 84 36 31 85