Texte recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :
Coline SerreauGuilaine Depis, attachée de presse (Balustrade)
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Texte recopié du catalogue des trente ans des Editions Des femmes :
Coline SerreauCatherine Deneuve lit
Heinrich von Kleist – La marquise d’O
1 CD – 83 mn – Texte intégral – Enregistrement réalisé en 2008
« A M…, ville importante de Haute-Italie, la marquise d’O…, dame d’excellente réputation, veuve et mère de plusieurs enfants fort bien élevés, fit savoir par la presse qu’elle était, sans savoir comment, dans l’attente d’un heureux événement, que la père de l’enfant qu’elle allait mettre au monde devait se faire connaître, et que, pour des considérations d’ordre familial, elle était décidée à l’épouser. »
Heinrich von Kleist (1777-1811) est écrivain, journaliste, passionné de philosophie. Auteur de pièces de théâtre, La cruche cassée, de drames, Penthésilée, ainsi que de nouvelles comme La marquise d’O, il fut incompris de son vivant et se suicide à 34 ans après l’échec de sa dernière pièce, Le prince de Hombourg. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands poètes romantiques allemands.
Catherine Deneuve lit
Letters Home de Sylvia Plath
Introduction lue par Madeleine Assas – Extraits 2 cassettes

Catherine Deneuve lit
Letters Home
de Sylvia Plath
Coffret 2 Cassettes – 24,50 €
Américaine d’origine autrichienne, née dans le Massachusetts en 1932, Sylvia Plath mena aux États-Unis une carrière d’universitaire, parallèlement à sa vocation et à son travail d’écrivain, avant d’émigrer en Angleterre, à l’âge de 23 ans.
Elle avait à peine 18 ans lorsqu’en 1950 elle envoya la première de quelque sept cents lettres qu’elle devait écrire, principalement à sa mère – qui les a recueil-lies après sa mort.
Dès le commencement, le désir d’écrire va de pair pour elle avec la volonté de s’insérer dans l’Amérique des années 50, une Amérique où l’aspiration au bonheur se confond avec un idéal de réussite forcené.
Toute sa correspondance reflète cet écartèlement entre une vocation – écrire – et l’obsession constante, souvent douloureuse, d’atteindre à la perfection dans tous les domaines, au prix d’un travail inlassable.
D’exaltations en dépressions, de crises destructrices en élans créateurs, ces lettres éclairent les raisons qui ont poussé Sylvia Plath, peu après la parution de son roman La cloche de détresse, à se donner la mort, à Londres, dans la solitude où elle se retrouvait, séparée des siens, au cours d’un hiver difficile.
Catherine Deneuve lit
Les petits chevaux de Tarquinia de Marguerite Duras
1 CD – 71 mn – enregistrement réalisé en 1981
« Dans un petit village d’Italie, situé au pied d’une montagne au bord de la mer, dans la chaleur écrasante du plein été, deux couples passent des vacances comme chaque été : Gina et Ludi, Jacques, Sarah et l’enfant. D’autres amis sont là, dont Diana. Ils se baignent, se parlent, s’ennuient… Dans la montagne, au-dessus du village, un jeune homme a sauté sur une mine. Ses parents là-haut, veillent.
« Qu’est-ce qui manque à tous ces amis ? demande Diana.
– Peut-être l’inconnu, dit Sarah. » »
Marguerite Duras
Catherine Deneuve lit
Les paradis aveugles de Duong Thu Huong – Extraits choisis par Phan Huy Duong – 1 cassette

Duong Thu Huong
Les Paradis aveugles
Traduit du vietnamien par Phan Huy Duong
Préface de Michèle Manceaux
398 p. – 23 € – 1991
Hang, l’héroïne des Paradis aveugles, travaille en URSS, comme beaucoup de Vietnamiens. Appelée à Moscou au chevet de son oncle maternel malade, elle se souvient de son enfance et de l’histoire familiale telle qu’elle l’a vécue et telle qu’elle lui a été racontée. Un passé meurtri afflue où elle se sent exilée. Son Viêt-nam natal lui revient en mémoire, avec ses odeurs et ses images, et par dessus tout la visage de sa mère.
Le passé de Hang et de sa famille, c’est un pan de l’histoire du Viêt-nam, avec ses soubresauts et ses cruautés, avec ses trouées de lumière, ses souvenirs de douleur, en cette terre russe :
“ Dans ma mémoire surgirent des centaines de visages, ceux de mes amis, ceux des gens de ma génération. Visages rongés par le souci, délabrés, effondrés, grimaçants, poussiéreux. Visages éperdus, craintifs. Visages de la peur… La peur de ne pouvoir acheter quelques marchandises, la peur de ne pouvoir les envoyer, la peur d’apprendre qu’un vieux père, qu’une vieille mère n’avaient pas résisté à la misère en attendant ces misérables subsisdes… La peur qu’un dignitaire de l’ambassade ne… Visages du calcul. Il fallait penser à tout, (…) Penser à sa vie, aux lendemains douteux, à un avenir de brume sur l’océan… Comment pourraient-ils se confondre, dans la rue, aux visages des humains, de ceux qui jouissaient tranquillement de la paix, du bonheur, de la liberté ?… Avoir vingt ans, et sentir les rides des années sur son front, les cernes de la misère autour de ses yeux (…) Et la honte, et le mépris de soi sous le regard des autres… Une déchirure sans fin…
Un petit paradis naissait dans mon âme, sous la grande voile d’un bateau. Tout m’était alors cher, la voile rapiécée, le marchand grossier, le visage indifférent du passeur, celui, humilié, de la femme aux lourds paniers de pommes de terre. C’était ma part de ce monde, un petit coin de paradis s’attardant dans les derniers soirs de l’enfance. Le vent glacé, le clapotis de l’eau, le crépuscule mauve descendant sur l’horizon, les cadavres blanchis des éphémères flottant à la surface de l’eau… J’avais une mère… paradis unique, merveilleux de l’enfance. ”
» La Réforme agraire, comme un ouragan, avait dévasté champs et rizières, semé la désolation. La Section de rectification des erreurs fut naturellement incapable de recoller les morceaux. Elle réussit néanmoins à dégager un peu l’atmosphère sinistre qui étouffait le village. Ce fut un concert de rires, de pleurs, de soupirs. On se racontait publiquement les malheurs, les injustices subis. On invoquait à haute voix l’âme des innocents massacrés. Dans les demeures, les lampes à huile brûlaient toute la nuit. les maisons ouvraient leurs portes, les conversations roulaient, les réunions battaient leur plein… On réclamait le châtiment des délateurs, la réhabilitation de l’honneur bafoué, le règlement des dettes de sang… «
Les Paradis aveugles a fait partie de la dernière sélection 1991 du prix Femina étranger.
Duong Thu Huong
» Je voulais être chanteuse, mais je suis partie au front. C’était l’endroit le plus dangereux. J’ai toujours aimé le dangereux. «
Duong Thu Huong, née en 1947, est une combattante. A vingt ans, elle se porte volontaire pour aller, avec le groupe » Chanter plus haut que les bombes « , sur le front de Binh Tri Thien, dans la province du Viêt-nam alors la plus bombardée par l’aviation américaine. En 1979, elle se trouve parmi les premiers écrivains à la frontière septentrionale, lors de l’agression chinoise.
Elle ne voulait pas devenir écrivain.
» Cela m’est arrivé par hasard à cause de la douleur. « , dira-t-elle à Michèle Manceaux qui l’a rencontrée en 1991.
Auteur de nouvelles, romans, pièces de théâtre, poésies, mais aussi d’articles, Duong Thu Huong est actuellement l’écrivain le plus populaire du Viêt-nam. Par son courage et sa générosité, elle a ouvert la voie à la » renaissance de la littérature vietnamienne » qui tente de restituer au langage son humanité.
Le 14 Avril 1991, les autorités vietnamiennes l’arrêtent. En France, une pétition signée par de nombreux intellectuels français et vietnamiens demande sa libération immédiate. Duong Thu Huong sera libérée en Octobre 1991.
Catherine Deneuve lit
Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke
Intégral – 1 CD – 75 mn – Enregistrement réalisé en 1991
A la fin de l’automne 1902, un jeune homme de vingt ans, élève de l’Ecole militaire décide d’envoyer ses essais poétiques à Rainer Maria Rilke et lui demande de les juger.
Ce qu’il attendait sans trop y croire arriva, “ le prince ” répondit, et une correspondance s’établit entre les deux hommes. Dix lettres constituent ce recueil.
A la demande que lui fait le jeune homme, Rainer Maria Rilke ne répond pas.
» Vous me demandez si vos vers sont bons… Votre regard est tourné vers le dehors ; c’est cela qu’il ne faut plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n’est qu’un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il poussse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s’il vous était défendu d’écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de la nuit : « Suis-je vraiment contraint d’écrire ? » Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple « je dois », alors construisez votre vie sur cette nécessité », lui répond Rilke dans l’une des dix lettres qu’il lui adresse.
Dix lettres, dix manières d’apprendre à dire “ comme si vous étiez le premier homme ”.
Catherine Deneuve lit Bonjour tristesse de Françoise Sagan
Prologue : Bertrand Poirot-Delpech – Texte intégral – 3 CD – Durée totale : 157′ – Enregistrement réalisé en 1986

Françoise Sagan a dix-huit ans au printemps 1954 lorsqu’elle écrit Bonjour tristesse, qui lui vaut le prix des Critiques et fait d’elle l’enfant terrible des années 60.
Message personnel par Catherine Deneuve (dans Le Nouvel Observateur, janvier 1987 )
Bonjour tristesse est la seconde cassette que j’ai enregistrée. La première, c’était Les Petits Chevaux de Tarquinia, que Marguerite Duras avait adapté spécialement pour une lecture à haute voix. Le côté très narratif m’avait fait penser à Antonioni, à cette lenteur inexorable des choses de la nature… J’ai eu un plaisir fou à lire Sagan. Je souriais souvent en la lisant. Sans doute parce que tout m’attendrissait, le côté Saint-Tropez, Jaguar et pieds nus, bref, les images des années 60, et des années Sagan, précisément. C’est un texte qui n’a pas vieilli, toujours aussi juste, exact, avec cette simplicité qui vous donne du plaisir. Pour moi, les deux livres – Les Petits Chevaux et Bonjour Tristesse – sont des livres cinématographiques, enfin je veux dire par là qu’ils s’approchent, dans leur ton et par leurs descriptions, davantage du cinéma que du théâtre. Mais en même temps le travail que l’on me demandait ressemblait un peu à celui qu’exige le théâtre. Et, on le sait, le théâtre est quelque chose qui me fait peur et qui m’attire. Alors ça m’enchantait, ce travail-là, c’était comme une manière d’apprivoiser le démon.
Enregistrer un texte, pour moi, c’est un exercice entre le sprint et la course de fond. Il faut se lancer. On lit d’une seule traite, comme s’il s’agissait d’une représentation. Tout doit passer par la voix. Je suis très sensible aux voix, elles évoquent des visages, ce sont des formes magiques, elles portent un message personnel. Grâce aux voix, l’intimité passe entre le lecteur et l’auditeur…
Le texte, il faut qu’il me parle à l’oreille, à l’oreille interne. Comme les mots de Sagan. Pour Bonjour Tristesse, j’ai pris des notes. Je voulais jouer plat, trouver un rythme, travailler les dialogues. Je relisais souvent des passages mais je ne les apprenais pas par coeur. Je n’avais pas le livre en mémoire, j’avais envie plutôt d’être empoignée par lui. Il y a encore une chose que je voudrais dire : lire de cette façon, ça me donne envie d’écrire. Il faut que je passe à l’acte, il le faut.
Le Nouvel Observateur, janvier 1987
Livre aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque


LIVRES
Antoinette Fouque dirige les Éditions Des femmes qu’elle a créées en 73 parce qu’« après la parole, il fallait prendre le stylo ».
Antoinette Fouque : les 40 ans d’une femme libre
Antoinette Fouque fête les quarante ans du Mouvement de libération de la femme avec un livre, « Génération MLF 1968-2008 ». Rencontre avec cette femme de 72 ans, figure du MLF, qui, quarante années après, défend la liberté de la femme avec une force restée intacte.
PAR ANNE-SOPHIE HACHE ashache@lavoixdunord.fr
Chevelure noire embroussaillée à la Starsky, regard noisette, pas de fard. Antoinette Fouque n’est pas jolie, elle est séduisante : dans les yeux et la voix de cette femme de 72 ans, la fougue fait mentir un physique un peu sobre.
La polémique qui entoure la naissance du MLF – avec elle, à l’automne 68 ; en 1970 lors d’une manifestation féminine sous l’Arc de Triomphe dans les livres d’histoire – ? « Un débat entre les historiens et les témoins », répond-elle sans ciller. Elle oppose aux historiens « des actrices
de l’histoire », des femmes « qui pouvaient dire, moi j’y étais » et qu’elle fait témoigner dans son livre anniversaire Génération MLF. « L’événement que nous n’avons pas créé, c’est Mai 68, on en a bénéficié. On s’est aperçu que peu de femmes prenaient la parole.
Nous nous sommes revues cet été-là, on se disait que toutes les questions soulevées à La Sorbonne étaient intéressantes mais, et nous ? et nous ? les femmes ? (…) Dans le Quartier latin, il y avait partout des affiches : “Le pouvoir est au bout du phallus ou le pouvoir est au bout du fusil”. C’était une révolution viriliste et guerrière. On s’est dit : ça c’est pas nous. Nous, nous voulions entamer un combat, pas une guerre.
Ce n’était pas contre les hommes, mais contre une domination qui empêchait les femmes de tout faire. »
«On s’est battues pour avoir des droits ; aujourd’hui, il faut se battre pour les faire appliquer. »
« Cette génération, gentille héritière »
Quarante ans après, l’auteure d’Il y a deux sexes (Gallimard) est toujours au combat. « On s’est battues pour avoir des droits, aujourd’hui, il faut se battre pour les faire appliquer. » Pour cela, dit-elle, pas besoin d’entrer dans une action publique ou de militer au MLF « dont plus personne ne parle aujourd’hui », ni même d’être une féministe. « Je dis toujours que je ne suis pas féministe, tous les “ismes” paraissent suspects de fossilisation, ils portent ombrage à ma liberté. Le mot femme me plaît plus. » Pour Antoinette Fouque, être une femme « doit
d’abord être une prise de conscience, être une femme c’est se qualifier comme sujet pensant et désirant. C’est irremplaçable, intransgressable.» Aussi se doit-on de la défendre. Même s’« il y a moins d’écart entre ma mère, qui est pourtant née au XIXe siècle, et moi, qu’entre moi et ma fille », il reste « beaucoup à faire » pour la liberté féminine. Première ligne de combat : « Le chômage, la pauvreté, la misère des femmes abandonnées avec des enfants. 80 % des très pauvres dans le monde sont des femmes et des enfants. L’indépendance économique c’est le sol premier de la liberté. » Antoinette Fouque rêve d’un Grenelle de la femme. « Il faut que nos sociétés riches prennent
conscience que ce que la femme donne à l’humanité, c’est l’humanité elle-même ». Elle dit de son ton ferme que « cette génération, gentille héritière, ne lâchera pas ». Elle non plus. Sa voix déterminée l’affirme : « On ne déracinera pas la misogynie, mais il faut tenir les misogynes en respect. »
« Génération MLF 1968-2008 », Éditions
Des Femmes, 18 €.
CORRESPONDANCE
Une lettre d’Antoinette Fouque
LE MONDE | 13.12.08 | 13h19 • Mis à jour le 13.12.08 | 13h19
À LA SUITE de l’article intitulé « Le féminisme pour les nuls » (Le Monde du 10 octobre), nous avons reçu d’Antoinette Fouque la mise au point suivante :
Contrairement aux propos de Caroline Fourest auquels j’entends répondre, c’est bien un jour d’octobre 1968 que le MLF est né. Le 1er octobre, Monique Wittig, Josiane Chanel et moi-même, nous avons proposé pour la première fois une réunion entre femmes. Nous venions d’un comité d’action culturelle (le CRAC) créé en mai 1968 dans la Sorbonne occupée, nous étions de gauche, mais sans lien avec une quelconque organisation politique. Auparavant, il n’existait pas de groupes non mixtes indépendants. Cette non-mixité et cette indépendance politique programmées ont fondé l’identité du Mouvement de libération des femmes.
Plusieurs facteurs, économiques, politiques, culturels, ont rendu possibles cette rupture historique et ce saut qualitatif. Le mouvement n’a pas été « décrété » comme il est dit dans l’article, il n’y a pas de génération spontanée, mais il y a eu, assurément, un engagement fondateur.
D’octobre 1968 à mai 1970, date de sortie publique du MLF à l’université de Vincennes, il y a eu deux ans de réunions et d’actions à Paris et en banlieues, de voyages en Europe, de rencontres. Souvenirs, agendas, notes de réunions, tracts, photos, l’attestent. Les femmes qui ont vécu cette période sont pour certaines toujours là, archives vivantes, actrices et auteures de leur propre histoire.
Pourtant, dire cette réalité a été qualifié d' »OPA » dans l’article précité. Deux ans de vie y sont effacés, deux années de lutte éradiquées, pour faire de l’année 1970 l' »année zéro » du MLF. La reconnaissance du MLF par les médias – sa légitimation par la société du spectacle -, à l’occasion du dépôt d’une gerbe à la femme du soldat à l’Arc de triomphe, le 26 août 1970, est ainsi substituée à sa naissance réelle. Mais faire prévaloir le baptême sur la naissance revient à priver les femmes de leur pouvoir propre de création.
Ce coup d’éclat médiatique a été suivi en novembre 1970, en assemblée générale, de la distribution d’un tract « Pour un mouvement féministe révolutionnaire ». La proposition de remplacer « femmes » par « féminisme » et de supprimer le terme de « libération » a alors provoqué un débat houleux. Refusant la rupture de 1968, certaines tenaient à se situer dans la continuité d’un féminisme ancien et à se réclamer de la pensée du Deuxième sexe (1949) de Simone de Beauvoir.
Le travail de Psychanalyse et Politique s’attachait, quant à lui, au contraire à déconstruire le féminisme comme idéologie et à faire émerger un sujet femme.
J’aurais encore décidé en 1979 d' »exploiter » le « sigle MLF ». A cette date le mouvement était menacé d’émiettement ou de détournement par les partis. Beaucoup de féministes avaient abandonné ce sigle. Nous qui l’avions toujours revendiqué avec une permanence irréfutable, nous avons réinscrit son existence en créant une association 1901. Et nous en avons protégé le nom, bien plus précieux qu’une marque.
Ainsi, le 1er octobre 1968 est né un puissant mouvement de civilisation qui a ouvert un champ nouveau de pensée. Les femmes sont passées de l’expérience à un savoir. Aujourd’hui, il y a une science des femmes, une féminologie. Tandis que d’autres sigles sont tombés dans l’oubli, MLF rayonne.
Article paru dans l’édition du 14.12.08.