52 ou la seconde vie, dernier roman de Geneviève Brisac, regroupe 52 histoires – une pour chaque semaine de l’année – racontées par des personnages féminins : Akka, Nouk, Tova, Mona, Retsinè… 52 histoires moyennes, courtes ou très courtes, souvent tirées de la vie quotidienne : récit de vacances d’une adolescente, relations entre collègues de bureau, discussion entre une femme et son jeune neveu, repas de famille, thé entre copines, réflexions sur l’écriture… Des histoires qui, émaillées de références intégrées de façon très harmonieuse dans l’univers de l’auteure, font la part belle à la littérature.
Ce roman polyphonique (dont on ne trouve bien sûr qu’une partie dans ce livre audio qui réunit une dizaine d’histoires) offre un portrait de la société au féminin. On y trouve tout ce qui fait cette « seconde vie » que Virginia Woolf, citée en exergue, avait définie comme projet d’écriture :
« Observez perpétuellement, observez l’inquiétude, la déconvenue, la venue de l’âge, la bêtise, vos propres abattements, mettez sur le papier cette seconde vie qui inlassablement se déroule derrière la vie officielle, mélangez ce qui fait rire et ce qui fait pleurer. Inventez de nouvelles formes, plus légères, plus durables. »
C’est ce que Geneviève Brisac fait admirablement dans ce roman où une écriture alerte mêle la légèreté à la gravité des sentiments, où l’intime n’efface jamais le politique, où la réalité la plus triviale devient support de rêverie ou d’humour.
Geneviève Brisac a publié un recueil de nouvelles et six romans. Elle a obtenu le prix Femina en 1996 pour Week-end de chasse à la mère. Elle a également consacré trois essais à la littérature anglo-saxonne (dont un essai sur Virginia Woolf, écrit avec Agnès Desarthe, V.W., publié en 2004).
Quand Duras nous parle
Les mots et la voix, le rythme des phrases, leur musique, tout cela fait partie du plaisir. La lecture décuplée par sa propre identité qui vous emporte au-delà de votre désir et s’impose tranquillement.
« Cher Voltaire »
Je voulais dédier ces premiers livres-parlants à ma mère, Vincente. A quatre-vingt-deux ans, elle dit avoir souffert toute sa vie, et souffrir encore de n’avoir pu aller à l’école apprendre à lire et à écrire. Fille aînée d’immigrants, vouée à s’occuper des plus petits ; même au cinéma, avant qu’il soit parlant, elle avait à lire sans savoir.
Parmi les premiers titres :