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La Souciance d’Eric Louis Henri a charmé Breizh Info

La souciance est présentée comme un roman, mais cette qualification est quelque peu fallacieuse. Dans ce livre, il n’y a pas d’histoire, avec un début, une fin, voire éventuellement un suspense qui court tout au long du livre. Il n’y a pas vraiment de plan, à peine distingue-t-on une chronologie en arrière-plan. La souciance est avant tout un produit philosophique, à l’image de son auteur, Éric-Louis Henri qui se décrit comme philosophe de formation, spécialiste du postmodernisme et du mangement participatif. Il parcourt le monde au service des projets d’entreprises.

Dans la souciance dont on ignore la part autobiographique et celle qui est inventée, un couple parcourt le monde. On parle surtout de lui, à peine d’elle. Il a eu une enfance bourgeoise, élevé chez les jésuites. Il décrit sa mère comme une Folcoche à la Hervé Bazin, il l’a fuit à 18 ans pour suivre des études universitaires. Quand il était jeune, avec sa sœur, il s’était lié à la femme de ménage au grand désespoir de sa mère et la servante lui a plus apporté que sa génitrice. Il a déjà eu plusieurs compagnes, mais la dernière semble celle avec qui il va vieillir. Il a l’habitude curieuse d’emmener avec lui des cailloux rencontrés lors de ses pérégrinations. Le couple voyage au gré de ses envies sans avoir de plan bien défini. Il a testé autrefois un séjour organisé dans une contrée paradisiaque, mais ce dernier les a laissés sur leur faim. Ils préfèrent se fier désormais au hasard et le hasard les amène dans un village niché entre la mer et la montagne, probablement dans une île grecque, même si cela est suggéré et pas clairement indiqué. Le village est dépourvu de tout commerce, pour déguster un petit déjeuner, il faut gagner le café d’un hameau voisin. Beaucoup de ses maisons sont inoccupées et en ruine, il ne reste que quelques habitants. Le couple se sent aspiré par ce village, les cailloux d’eux même de la valise, comme pour indiquer que la quête est terminée. On leur offre une clé d’une maison où ils s’installent, ils finiront par l’acheter. Ils y fixent leur domicile principal, même s’ils continuent à s’accorder quelques moments d’escapade dans le vaste monde.

Le temps semble suspendu, ils montent un blog pour partager grâce à Internet leur coup de coeur, ils découvrent une bibliothèque où chacun peut prendre un livre et en déposer un autre, ils font des rencontres, un notaire, un professeur, le maire qui veut dynamiser son agglomération. On retrouve pour ceux qui ont plus de soixante ans, l’ombre de Pierre Bonté qui officiait sur Europe 1 avant de devenir le compère de Jacques Martin. Pierre Bonté avait l’art de présenter des petits villages inconnus et d’en faire savourer toutes les richesses.

La souciance est très bien écrit, dans un style élégant, sa lecture procure du plaisir à ceux qui savent apprécier la richesse de notre langue, ses trésors et sa poésie.

La souciance Éric-Louis Henri, éditions du Panthéon 12,9 € (à commander ici)

Christian de Moliner

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2021, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Grande interview littéraire de l’écrivain Pauline Deysson sur « Le Trésor des Edrei »

Interview. Pauline Deysson : « Je voulais créer un univers dans lequel l’Histoire puisse s’inscrire sans trop heurter la logique »

Les Éditions de la Chouette d’Or publient un beau livre dédié au Trésor de l’Entente Cordiale et lié à un nouveau jeu qui vient d’être lancé ce 8 avril 2021 par Michel Becker, artiste et co-créateur du jeu Sur la trace de la chouette d’or. Signalons dans la seconde partie de cette ouvrage la présence d’une jeune auteure, Pauline Deysson, qui signe un récit sous forme de légende historique sous le titre Le Trésor des Edrei. Grande lectrice et passionnée d’écriture, elle fait du mélange des genres une manière d’explorer des domaines divers comme l’évasion fantastique ou la quête philosophique.

Bonjour Pauline Deysson, vous travaillez comme documentaliste dans une banque et vous êtes passionnée de littérature et d’écriture. Quelle place occupent ces deux domaines dans votre vie ? 

La littérature a chronologiquement précédé la banque. J’ai décidé d’écrire des livres vers mes 10 ans, estimant qu’il s’agissait là de l’un des métiers les plus pertinents du monde, par son universalité, et le plus à ma portée, étant donné mon goût prononcé pour les livres. Pendant longtemps, écrire est demeuré ma seule ambition : j’ai produit plusieurs contes pour ma famille et commencé un certain nombre de romans sans les terminer. J’ai eu très tôt l’idée de La Bibliothèque, la série de romans sur laquelle je travaille aujourd’hui, mais je ne m’y suis pas sérieusement attelée avant mes quinze ans, estimant que l’histoire réclamait une maturité qu’excluait mon jeune âge, et ne voulant pas risquer de gâcher mon idée en la sous-exploitant.

La banque est venue plus tard : il fallait travailler, et j’ai longtemps considéré mon emploi comme un mal nécessaire (quoique de plus en plus passionnant) pour gagner ma vie. Mes études ont éveillé en moi un réel intérêt pour le métier de documentaliste. L’ironie veut que l’on m’ait d’abord conseillé d’être bibliothécaire, et je me trouvais assez bête de n’y avoir pas pensé de mon propre chef, alors que je construisais depuis plusieurs années déjà La Bibliothèque. Je me suis inspirée de ce que j’apprenais pour alimenter mon roman et mes talents littéraires ne se sont pas révélés inutiles à la banque : les deux mondes se sont peu à peu entremêlés, jusqu’à occuper une part égale dans mon estime. Le plus difficile fut de trouver le bon rythme de cohabitation, l’écriture demandant un exercice régulier que ne permettait pas mon travail de prime abord !

Comment expliquer votre présence dans le beau livre Le trésor de l’Entente Cordiale qui vient de paraître ?

Ma participation au Trésor de l’Entente Cordiale résulte d’un coup de cœur pour La Bibliothèque plus subjectif que la moyenne : c’est grâce à mon père et illustrateur Michel Becker que j’ai été amenée à écrire Le Trésor des Edrei. M’ayant aidée dans la correction de mes romans, il connaissait mon écriture, et savait assez mon amour des contes pour avoir de longue date fait partie de mon lectorat. Lorsqu’il m’a parlé de ce projet et de la nécessité d’écrire un conte pour y glisser des énigmes, je n’ai pas hésité une seule seconde !

Vous qualifiez votre récit Le Trésor des Edrei comme un mélange de faits historiques, légendes, mythes fondateurs et d’autres genres. Pourriez-vous nous dire quelles ont été les grandes ressources narratives qui ont nourri votre inspiration ?

Le Trésor des Edrei devait au commencement être un conte. Étant donné le contexte dans lequel il allait être publié, je ne pouvais pas ne pas tenir compte de l’histoire franco-britannique, et je craignais de ne pas trouver le ton juste en écrivant un récit trop ancré dans la réalité historique : je voulais créer un univers dans lequel l’Histoire puisse s’inscrire sans trop heurter la logique. Je suis friande de mythologie grecque depuis mon plus jeune âge, aussi l’idée du mythe s’est-elle naturellement imposée. À la croisée du conte et de la légende, le mythe a longtemps précédé l’histoire dans de nombreuses cultures. Je me suis aussi inspirée de récits que j’apprécie de longue date, tels que Le Magicien d’Oz, ou encore la légende du roi Arthur et des chevaliers de la table ronde.

Je vous propose de nous arrêter d’abord sur ce mythe fondateur que vous mettez en scène au tout début de votre récit : des personnages au noms glanés à travers des langues ou dialectes peu connus du grand public sont invoqués dans un scénario de création du monde. Comment avez-vous construit cet univers légendaire à forte connotation cosmogonique ? 

Je voulais un mythe qui rappelle tous les mythes. Lorsque je m’intéresse à une mythologie, j’aime remonter au récit de la création du monde, source de toutes les histoires et de tous les conflits. Une cosmogonie commence très souvent par l’affrontement de deux entités opposées et complémentaires : on retrouve selon les mythes le jour et la nuit, l’amour et la mort ou encore le ciel et la terre. J’ai volontairement choisi des noms éloignés géographiquement pour ne pas donner la préséance à un mythe sur un autre.

Vos personnages s’appellent des Edrei. Pouvez-vous nous parler de ces êtres éthériques ?

Je comptais initialement mettre en scène des humains. En orientant mon histoire du côté du mythe, j’ai songé qu’il serait plus intéressant de la peupler de créatures imaginaires. Je ne voulais pas réinventer une ribambelle de dieux, au risque de perdre le lecteur par trop de références et de m’imposer une logique trop rigoureuse. Créer des êtres imaginaires m’offrait davantage de souplesse dans la conception de caractères que j’ai volontairement asexués, pour les rendre aussi universels que possible. Les nuages me paraissaient être l’environnement idéal pour ces créatures capables de tout et offertes à l’imagination des lecteurs autant qu’aux aléas cosmogoniques.

Comment devons-nous lire ce voyage à travers un magma cosmique auquel vous invitez vos personnages ? Sans doute, il peut être lu comme un conte fantastique, comme une odyssée légendaire ou comme les deux à la fois. Ce serait intéressant de savoir comment l’avez-vous inventé. Fait-il partie de votre univers habituel ? L’avez-vous créé pour l’occasion ?

Le récit se veut à la croisée des genres. La Bibliothèque, que j’ai continué à écrire en même temps que Le Trésor des Edrei, mêle récit fantastique, dystopie et conte philosophique : à cet égard, Le Trésor des Edrei peut être considéré comme faisant partie de mon univers habituel, celui des mondes imaginaires. J’y ai exploré des thèmes chers à mon cœur, comme le réenchantement du quotidien ou le dépassement de soi. À ces préférences, j’ai mêlé clins d’œil historiques, images que je souhaitais explorer de longue date et idées exigées par la chasse au trésor. Cette absence de frontières permet à chaque lecteur de construire son interprétation et donne lieu à des échanges d’autant plus passionnants !

Petit à petit, vous quittez ce temps initial, cet illo tempore, pour nous introduire assez rapidement au fait dans le temps historique par la création des clans. De quoi et surtout de qui s’agit-il ?

Les clans sont une référence à peine voilée aux Anglais et aux Français, mais peuvent en même temps être rapprochés de quantité d’autres peuples. Limiter mes allusions historiques au strict minimum m’a permis de donner à ce texte une portée universelle : la division des hommes, quand elle s’explique de manière logique, n’en reste pas moins absurde. J’ai cherché à mettre en avant l’absence de toute rationalité dans le conflit, quel qu’il soit.

Vous maniez avec brio l’antithèse, figure de style si nécessaire à la construction des récits à grande envolée épique et fantastique. Sur quelle base avez-vous construit cette tension entre d’un côté les Albes et de l’autre les Phryges ?

En classe préparatoire, j’ai étudié avec passion la traduction littéraire : chercher la formule juste pour rendre en français le sens et la beauté d’un texte anglais s’est avéré un exercice recouvrant des domaines plus vastes que la seule linguistique. Le choix de certaines catégories de mots trahit une forme d’esprit, une sorte de psychologie collective et inconsciente. Pendant deux ans, j’ai comparé l’esprit anglais, qui aime les verbes, ne craint pas les répétitions et se trouve naturellement porté vers le concret, à l’esprit français, qui préfère les noms, hait les répétitions et tend vers l’abstrait. Cet exercice prolongé m’a donné ample matière à réflexion sur les différences entre nos deux peuples et la manière dont nous transposions, à travers la langue, le quotidien qui nous entoure.

Je me suis aussi inspirée, quoique de très loin, de l’histoire franco-britannique, et particulièrement des différences entre les religions protestante et catholique, dont les désaccords, s’ils ne sont pas toujours dénués de sens, n’auraient jamais dû prêter à une telle escalade de violence.

Ce sont toutes ces considérations que j’ai cherché à incarner dans les Albes et dans les Phryges, à la fois si semblables et pourtant différents, jusque dans leur manière d’être au jour le jour.

Plusieurs motifs, sur lesquels je souhaiterais vous interroger, traversent votre histoire. Le premier est celui de la quête de l’unité secrète de la création dans laquelle se lancent les deux clans. En quoi consiste cette géographie imaginaire où tous les éléments cosmogoniques sont présents (liane, arbre, eau, feu, etc.) ?

J’ai toujours eu l’ambition d’une littérature universelle, où s’inscrivent tous les possibles, tous les textes, réels aussi bien que fantasmés, et tous les mondes, à commencer par le nôtre. L’univers est écrit en langage mathématique, disait Galilée : c’est cette profonde cohérence que je cherche à explorer à travers mes histoires. J’aime mêler les niveaux de lecture et confondre les genres, à condition de suivre une logique d’ensemble. Rien n’est aussi évocateur pour la création d’un monde que les éléments primordiaux dont il se compose. Comme l’eau, l’air, la terre et le feu se prêtent davantage à la métaphore que l’azote ou l’hydrogène, ils ont naturellement structuré Le Trésor des Edrei. Cette géographie du sens s’allie à mon goût prononcé pour les puzzles : je compare souvent la lecture à ce jeu, où l’on ne comprend le sens et l’importance d’une pièce, d’un détail, qu’après avoir achevé le tout.

Le deuxième motif est celui de la solidarité des personnages à l’intérieur de chaque clan et plus loin entre ces deux derniers pour la survie de tous. Comment inscrivez-vous cette nécessité dans le contexte historique dans lequel se déroule ce périple cosmique ?

Au vu de l’événement historique autour duquel s’articule le projet, je me devais de mettre le thème de l’entente au centre du Trésor des Edrei. Cependant, je ne voulais surtout pas donner dans le mièvre d’une amitié béate. J’ai été frappée par la justesse de l’analyse de Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique, sur l’intérêt comme moteur naturel des affections et des actions humaines : j’ai donc cherché à construire une histoire où l’alliance résulterait de la force des choses. Quoi de mieux pour mettre en avant cette nécessité que la lutte pour la survie, le plus primordial et universel des intérêts ?

Comme le rappelle Stephen Clarke dans sa présentation du coffret d’or, le texte de l’Entente Cordiale est bien moins noble que les sentiments qu’on en retient, et consiste en un échange de bons procédés bassement matériels, même s’il a par la suite donné lieu à de belles actions.

Et, enfin, pour revenir à l’entente, quelle preuve y a-t-il pour pouvoir parler d’une solidarité encore plus large, disons au niveau de l’espèce tout entière prise dans le mécanisme d’une renaissance salvatrice ?

Le Trésor des Edrei s’arrête sur un espoir plutôt qu’une preuve : celui d’êtres qui ont appris de leurs erreurs et s’efforcent de reconstruire un monde meilleur. Si l’on s’en tient aux statistiques mondiales, la guerre n’a jamais provoqué aussi peu de morts qu’aujourd’hui, et l’on ne peut s’empêcher d’espérer que cet état de fait mathématique devienne le sens de l’histoire. Néanmoins, la nature humaine reste égale à elle-même et autodestructrice. L’avenir reste à écrire et le conte ne s’arrête pas fortuitement au début de l’ère des hommes : chacun de nous est maître de ce qui advient à l’espèce.

On ne peut pas conclure cette série de questions sans attirer l’attention de vos lecteurs sur la maîtrise avec laquelle vous maniez l’art de la fiction du récit de quête. Quelle clé de lecture conseillez-vous en secret aux lecteurs qui souhaiteraient se lancer dans la quête du trésor de l’Entente Cordiale ?

Toute quête est par nature individuelle : à la façon des chevaliers de contes, les lecteurs à la recherche du trésor de l’Entente Cordiale devront chercher en eux les ressources nécessaires à la victoire. Chaque lecture reste une aventure ouverte à tous les possibles, et la liberté intérieure est la qualité maîtresse de ceux qui souhaitent ressortir grandis de ce périple. Qui sait si le véritable trésor ne réside pas dans le voyage, plutôt que dans son aboutissement ?

Propos recueillis par Dan Burcea

Michel Becker, Stephen Clarke, Vincenzo Bianca, Pauline Deysson, Le Trésor de l’Entente Cordiale, Éditions La couette d’or, 2021, 150 pages

Le Quotidien des ZEP a repéré Laure Minassian

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L’enseignement professionnel entre promotion et relégation
Ue approche sociologique

Laure Minassian
Louvain-la-Neuve [Belgique] : Academia/L’Harmattan, 2021, 200 p. 
Collection : Les Sciences de l’éducation aujourd’hui

Soupçonnons-nous toutes les facettes de l’enseignement professionnel ? Quelle est son histoire en France, en Europe et au Québec ? Qu’apprennent les élèves et que deviennent-ils ? Par une approche ouverte aux comparaisons internationales jusqu’aux réalités concrètes des élèves, l’ouvrage discute cet enseignement sous l’angle des inégalités. Il comprend un état des lieux clair et concis de la recherche, ainsi qu’une série d’enquêtes de l’auteure sur les apprentissages en classe, le choix du stage, le devenir des élèves. Les analyses reposent sur une comparaison entre les lycéens professionnels et les apprentis, pris entre relégation et promotion. L’ouvrage est construit afin que les lecteurs puissent porter l’attention sur l’un ou l’autre des chapitres proposés selon leurs besoins, qu’ils soient étudiants, formateurs, enseignants-chercheurs ou plus largement impliqués et/ou intéressés par l’enseignement professionnel. (4ème de couv.)

Extrait de editions-harmattan.fr

https://pmb.cereq.fr/index.php?lvl=notice_display&id=69502

Causeur présente la proposition économique radicale de François de Coincy

Pour s’en sortir après le coronavirus, l’investissement déductible

Une proposition économique radicale

Pour relancer l’économie, il faut rendre l’investissement immédiatement et intégralement déductible fiscalement. Une proposition économique de l’entrepreneur François de Coincy1

En ayant l’intégralité de leurs nouveaux investissements déductibles du résultat fiscal, les entreprises vont être incitées à investir chaque année, au moins l’équivalent de leurs résultats annuels.  Beaucoup de petites et moyennes entreprises, celles qui investissent le moins et dont les patrons sont souvent allergiques à la fiscalité, choisiront d’acheter des biens d’équipement productifs pour éviter de payer des impôts. Ils vont rechercher plus activement les occasions d’engager des projets au-delà des seuls investissements de remplacement qu’ils effectuaient habituellement. Pour les entreprises françaises, engagées sur l’économie mondiale, investir à l’étranger va devenir moins intéressant et pour les entreprises internationales, le choix de l’implantation française va devenir au contraire  bien plus attractif. Cette mesure va générer des emplois immédiats pour effectuer ces investissements qui génèreront  par la suite une activité régulière implantée localement.

Un allégement fiscal qui génère immédiatement des emplois et dont l’État récupère le coût dans les années ultérieures

On a vu dans le passé que les  incitations fiscales à l’investissement, sous des formes diverses d’abattement, de suramortissement ou d’amortissements accélérés,  avaient des effets positifs dans la mesure où la répercussion fiscale était significative. L’amortissement à 100% de l’investissement dans la limite du résultat annuel aura des effets bien plus importants que tout ce qui a été timidement fait dans ce sens jusqu’à présent.

Bien qu’elle ne concerne que les nouveaux investissements, cette mesure pourrait entraîner des réticences du fait de son coût immédiat. L’impôt payé par les entreprises, de l’ordre de 40 milliards par an, représente une assiette fiscale d’environ 150 milliards. Si ce potentiel était utilisé à raison de 50% cela représenterait un investissement complémentaire de 75 milliards, et si cet investissement était au 2/3 réalisé par des entreprises françaises cela représenterait de l’emploi pour 1 million de personnes.

La perte de recettes de l’État, qui serait dans cette hypothèse de 20 milliards, est un simple décalage dans le temps. Le bien étant amorti dès la première année, les années suivantes verront la base fiscale de l’entreprise s’élargir et l’État récupèrera progressivement son manque à gagner initial. 

À cette occasion, on pourrait supprimer toute une série d’avantages fiscaux qui, bien qu’appréciés par les entrepreneurs car ils abaissent le taux réel d’imposition des bénéfices, n’ont pas d’effets réels sur l’activité et l’emploi. L’exemple emblématique en est le Crédit Impôt Recherche (CIR), incitatif à embaucher des gens très qualifiés qui n’ont aucun problème d’emploi et effet d’aubaine qui pousse les entreprises à comptabiliser en frais de recherche et développement des dépenses qui n’auraient pas été qualifiées ainsi en l’absence du dispositif.

Une mesure de bon sens économique qui remet en cause la doctrine comptable des amortissements

Lorsqu’un entrepreneur engage un investissement, le système comptable ainsi que le système fiscal sur lequel il est basé, lui indique qu’il a fait un profit alors qu’il n’a pas encore récupéré sa mise. Si je dépense 1 million d’euros pour construire un pont qui va générer des recettes dans le futur, le système comptable et fiscal, considérant par exemple un amortissement sur 50 ans soit 20 000€, indique que si j’ai eu des recettes nettes de charges de 50 000 euros sur une année, j’ai un résultat de 30 000 euros (donc je paierai 10 000 euros d’impôts). La réalité est que j’ai mis un million et que j’ai récupéré 50000 (40 000 après impôts). Je n’ai donc encore rien gagné. Cette approche vient de ce que le système considère que le pont a encore une valeur de 980 000 euros ce qui relève d’une projection aléatoire de l’avenir. Car rien ne nous dit, ni que nous pourrions trouver un acheteur de notre pont à 980 000 euros, ni que dans les années futures, nous aurons une recette permettant à terme de couvrir le cout du pont. La notion d’amortissement telle qu’elle est pratiquée actuellement est l’application d’un taux arbitraire, fonction de la durée d’utilisation supposée du bien sur lequel elle est appliquée. Elle est en réalité contre-intuitive, mais tellement ancrée dans nos manières de raisonner qu’elle nous apparait de bon sens. En logique économique, l’amortissement ne devrait être basé ni sur des valeurs forfaitaires, ni sur des durées de vie, mais sur les marges nettes que l’investissement dégage. Ainsi, dans notre exemple on devrait avoir un amortissement de 50 000. 

Plus généralement cela revient à amortir les investissements de l’entreprise à hauteur des marges nettes dégagées. Et si les investissements sont importants cela ramène à zéro le résultat de l’entreprise tant qu’ils n’ont pas été couverts par les recettes nettes qu’ils dégagent.

Cela peut inquiéter ceux qui sont habitués à la présentation actuelle des comptes qui est plus un indicateur (utile) qu’une véritable représentation du résultat. Cela choquera aussi ceux qui pensent voir disparaitre la rémunération de l’actionnaire parce qu’ils croient naïvement à la distinction entre les résultats et les capitaux propres. La présentation des bilans suivant cette méthode apportera aux dirigeants et aux actionnaires une vision de plus long terme 

En sortie de Covid, la relance publique par la consommation est absurde

En sortie de Covid, la relance par la consommation n’est pas nécessaire, toute l’épargne accumulée par les Français va avoir cet effet naturel dès que l’offre, gelée par le confinement, redeviendra disponible. Alors qu’une relance par la consommation n’a pas d’effet direct sur l’emploi (l’augmentation de 10% des ventes d’une entreprise ne nécessite pas 10% de travail en plus), la relance des investissements entraine directement un besoin de travail complémentaire.

En valorisant l’investissement et en en allégeant son financement, on donne à la France un avantage compétitif. Cela pourra faire prendre conscience aux entrepreneurs qui justifient leur absence d’investissements par le manque de trésorerie, qu’il est plus facile à celui qui a un bon projet de trouver un financement qu’à celui qui a un financement de trouver un bon projet.

Actualités du jour annonce le Trésor de l’Entente cordiale

http://www.actualites-du-jour.eu/article/le-tresor-de-l-entente-cordiale-750-000-euros-a-gagner-dans-une-chasse-au-tresor-franco-britannique/5625174

« Le Trésor de l’Entente cordiale » : 750.000 euros à gagner dans une chasse au trésor franco-britannique

La chasse au trésor de l’Entente cordiale débute ce jeudi. Neuf énigmes sont à résoudre depuis un livre d’énigmes Le Trésor de l’Entente cordiale, afin d’espérer découvrir le butin : un coffret d’une valeur de 750.000 euros, offert par Edouard VII au président Emile Loubet pour symboliser l’entente franco-britannique. 

A vos pelles et vos méninges ! La chasse au trésor de l’Entente cordiale débute ce jeudi avec la publication de l’ouvrage Le Trésor de l’Entente cordiale. Simultanément, deux livres sont publiés en France et en Angleterre, comportant des énigmes à résoudre et permettant aux chasseurs volontaires de découvrir le butin, un coffret d’une valeur de 750.000 euros. La récompense est aussi historique : il s’agit du vrai coffret remis par Édouard VII au Président français Émile Loubet…
source: Europe1