Actualités (NON EXHAUSTIF)

Pandemic 2 « Culte de la mort » par Frederika Abbate

PANDEMIC 2
Printemps : Culte de la mort

Dire que c’est le printemps… Le temps du renouveau, de la reverdie et surtout du retour du soleil pour faire enfin de nouveau le stock de bien-être et de vitamines. Mais on ne peut pas prendre le soleil cette année, à moins d’habiter dans une maison avec jardin privatif ou d’avoir fui les métropoles, loin des gueux qui peuvent attraper la peste, dans sa résidence secondaire avec ou sans piscine mais du moins avec jardin. C’est tout de même idiot ces familles qui s’entassent dans des appartements minuscules, qui ne peuvent même pas sortir les enfants qui, en outre, traînent toute la journée à la maison puisque, figurez-vous, il n’y a pas école. Il faut occuper les enfants. Il faut travailler tout de même, par le si glorifié télétravail et dont il faudrait par ailleurs grandement se méfier, avec des enfants en bas âge qui réclament des jeux et des soins. Dire que c’est le printemps et qu’on ne peut pas en profiter. Dire que des gens ne le verront jamais plus, parce qu’ils sont morts prématurément, bêtement. La mort, c’est toujours bête. Cela fait mal de partir. Cela fait mal à ceux qui voient les gens aimés partir. Mais mourir faute de soins appropriés, faute de masques, faute de lits d’hôpital, faute de respirateurs, c’est comment  ? Je n’ai pas encore trouvé de mots pour le dire. En revanche, il y en a un qui me vient spontanément à la bouche quand je pense à ceux qui ont laissé faire cela. Criminel.

Cette année le printemps a pris une tournure autre. Ce n’est pas le soleil, ce ne sont pas les fleurs qui poussent, les robes fleuries qui nous attirent aux devantures des magasins, les rencontres à l’extérieur entre amis. Ce n’est pas la sensation si agréable de sentir l’air sur sa peau (même s’il est pollué à mort), ce n’est pas l’exposition tant attendue aux rayons solaires bénéfiques. Non, cette année, le printemps c’est  : Les gens qui se battent dans les supermarchés. Les petits mots à des homosexuels, à des infirmiers pour leur dire qu’ils doivent dégager. Les chiens passés à l’eau de Javel, comme si les animaux n’étaient pas des êtres vivants. Les femmes de ménage qui ne peuvent pas travailler et qui auront quoi? Les coursiers qui vont partout, exposés à la maladie, bien obligés de gagner leur croûte. Eux qui ont permis à celui qu’on appelle le président de faire baisser la courbe du chômage et de s’en vanter. Tant pis pour les coursiers s’ils n’ont aucun droit, tant pis pour eux s’ils sont les nouveaux esclaves qui vont livrer ces messieurs-dames. Et puis, n’est-ce pas, il faut bien se faire livrer puisqu’on n’a pas le droit de sortir.

Nous sommes tous en résidence surveillée. Je crois que c’est comme ça que ça s’appelle, quand on est coupables, quand on est persona non grata. On n’est pas mis en prison. Mais on ne sort pas de chez soi. Alors, je me demande. De quoi sommes-nous coupables pour être mis en résidence surveillée  ? Coupables d’être d’éventuels porteurs d’un virus (qui, soit dit entre parenthèses a été causé par la cupidité et la bêtise des humains). Coupables de ne pas avoir eu de masques pour s’en protéger. Coupables de ne pas avoir été avertis à temps (ce n’est qu’une petite grippe qu’on nous disait, pas de quoi en faire un plat). Coupables de ne pas se faire tester, grâce à quoi seules certaines personnes seraient prises en charge et écartées et pas des populations entières. Coupables d’être dans un pays qui n’a plus d’industries, qui est tributaire d’autres pays pour fabriquer des choses essentielles, coupables d’être dans un pays qui a recours à l’étranger pour 80 pour cent des substances de base pour fabriquer les médicaments. Cela fait froid dans le dos, cela. Dire qu’on pourrait nous faire crever en nous privant de ces substances de base. Les médicaments ne pourraient pas être fabriqués.

Il n’y a plus aucun respect pour la vie. Cette année, le printemps, ce n’est pas la reverdie. C’est le culte de la mort.

Ce qui me fait froid dans le dos aussi c’est le meurtre de la pensée. Imbus d’idéologie, tenant à paraître soi-disant larges d’esprit, mais ne faisant en vérité qu’obéir aux mots d’ordre lancés par le pouvoir qui, comme sur un coup de baguette magique, se transforment en belles idées que beaucoup de gens s’empressent de défendre, ces bien-pensants n’argumentent pas quand ils ne sont pas d’accord avec d’autres. Ils leur lancent des qualificatifs injurieux, des anathèmes préfabriqués. Je pourrais en donner la liste tant ce sont toujours les mêmes qui reviennent dans des ritournelles rancies qui, dans le fond,  ne veulent rien dire. Ou bien,  mieux encore, ils interdisent la parole à ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est ignominieux. Au milieu de tout ça, heureusement il y a aussi des gens merveilleux, qui aident les autres, qui s’entraident.

Dire que quand on n’a pas de nouvelles de quelqu’un, on se demande s’il n’est pas mourant ou mort. Ceci est une transformation radicale dans tous nos rapports essentiels. Et je dédie ce texte à tous ceux qui ne reverront jamais le printemps.

2 avril 2020 -17ème jour de «confinement» à cause de la rapacité et de la bêtise des humains.

Le docteur Jacques Fiorentino démonte la fake news sur le coronavirus dans Top Santé

Le coronavirus (Covid-19) a-t-il vraiment été créé en laboratoire ? par Apolline Henry

C’est une fake news largement relayée sur les réseaux sociaux : le coronavirus SARS-Cov-2 aurait été créé en laboratoire. Une info fausse et dangereuse.

Incroyable mais vrai : tandis que les chercheurs s’efforcent de trouver un traitement contre le coronavirus, les théories du complot, elles, n’en finissent pas de se propager. Sur les réseaux sociaux, il y en a une qui a la faveur des complotistes : le coronavirus SARS-Cov-2 (responsable de la maladie Covid-19) aurait été créé en laboratoire par des scientifiques maladroits… ou peu scrupuleux.

Ça vous semble absurde ? Et pourtant : selon une enquête de l’Ifop réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population française fin mars 2020, 26 % des Français seraient persuadés que le coronavirus a été créé en laboratoire – 17 % pensent qu’il a été fabriqué « de manière intentionnelle » et 9 % « de manière accidentelle« .

Le coronavirus SARS-Cov-2  a-t-il été conçu en laboratoire ? « Non » répond catégoriquement le Dr. Jacques Fiorentino, médecin. « À partir de modèles expérimentaux, les chercheurs ont pu reconstituer le trajet du coronavirus SARS-Cov-2 : si les spécialistes ne sont pas encore 100 % sûrs de ses origines exactes, le coronavirus est bel et bien passé de l’animal à l’homme.« 

Une déclaration confirmée par une étude internationale, conduite par des chercheurs britanniques, américains et australiens, publiée le 17 mars 2020 dans le journal Nature : « nos analyses montrent clairement que le SARS-CoV-2 n’est pas une construction de laboratoire ou un virus délibérément modifié » concluent les scientifiques. Limpide.

Le virus SARS-Cov-2 a-t-il pu « s’échapper » d’un laboratoire ? Peu probable, selon le Dr. Jacques Fiorentino : « le niveau de sécurité d’un laboratoire de virologie est encore plus élevé que celui d’une centrale nucléaire. Par ailleurs, pour répondre aux complotistes qui misent sur une maladresse de l’armée, ce sont principalement des bactéries qui sont étudiées dans le cadre militaire (comme dans « arme bactériologique ») – or, comme son nom l’indique, le coronavirus est un virus.« 

S’INFORMER, OUI, MAIS PAS TOUT LE TEMPS ET PAS N’IMPORTE COMMENT !

Puisque aucune publication sérieuse ne soutient l’hypothèse d’un virus créé en laboratoire, pourquoi les théories du complot sont-elles autant relayées ? « D’un point de vue psychologique, il est rassurant d’avoir un coupable à blâmer lorsqu’on est dans l’incertitude, analyse le Dr. Fiorentino. Pendant l’épidémie de peste du XIVème siècle, par exemple, on a accusé les populations juives : c’est un réflexe humain que de vouloir rejeter la faute sur quelqu’un.« 

Mais d’autres éléments plus terre-à-terre jouent aussi : « les complotistes trouvent étrange que le coronavirus SARS-Cov-2 ait été aussi rapidement identifié par les chercheurs, par rapport au virus du Sida, par exemple, qui a nécessité plus d’un an d’étude, souligne le Dr. Fiorentino. Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ce coronavirus appartient à une famille (les Coronaviridae) que l’on connaît bien, suite aux épidémies de SARS et de MERS. Nous avions déjà toutes les clés en main pour l’identifier.« 

En outre, « les (nombreuses) zones d’ombre qui subsistent quant aux origines de ce virus attisent les théories complotistes. Elles sont notamment liées au pays à partir duquel l’épidémie s’est propagée dans le monde : en Chine, l’information (même scientifique) est verrouillée, ce qui fait qu’on ne sait pas exactement de quand date le premier cas de Covid-19, combien de malades sont décédés, à quelle date est apparu le virus… » La liberté d’informer, premier rempart contre les fake news !

Le conseil du médecin ? « Il est tentant de rester bloqué devant une chaîne d’info en continu en ces temps difficiles. Mais je crois que la saturation a tendance à émousser le sens critique : plus on ingurgite d’information, moins on est capable de faire la part des choses entre ce qui est fiable et ce qui est fantaisiste. Je recommande donc un « temps » dans la journée consacré à l’information (une heure ou deux, ça suffit) avec des sources fiables (idéalement scientifiques). Il faut aussi accepter que, pour le moment, on ne sache pas tout : ne succombez pas à la tentation de « combler le vide » avec des théories farfelues !« 

Merci au Dr. Jacques Fiorentino, ex-urgentiste (SAMU et SOS Médecins), ex-instructeur pour la Croix Rouge Française.

Opération Balustrade coronavirus : Cours de philo-yoga gratuits avec la Gymnosophe

Durant le confinement,
Anne Bouillon propose des cours de gymnosophie (philo-yoga) gratuits que vous pouvez suivre à 18h sur sa page facebook en direct ici : https://www.facebook.com/lagymnosophe/

Les retombées presse la concernant : https://guilaine-depis.com/category/actu-la-gymnosophe-anne-bouillon/

Pour l’interviewer, merci de contacter guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85

Son site officiel : https://lagymnosophe.com

Son texte pour Balustrade Coronavirus : Un inattendu retrait du monde

par Anne Bouillon, gymnosophe. https://lagymnosophe.com

Une expérience inédite, à laquelle nous ne pouvions sans doute pas être préparés, nous est donnée à vivre depuis le 16 mars 2020. La pandémie a certes quelque chose de millénariste, nous pensions que les avancées de la médecine, de la science et de l’hygiène (si seulement…) nous écartaient pour de bon de cela. On a bien pu imaginer une guerre civile dans notre pays divisé, une guerre mondiale ridiculisant la précédente en terme de cruauté, mais, à la revanche de l’aimable animal qu’est le pangolin, nous n’aurions pas songé, si bien que dans un livre de Science fiction, cela nous aurait semblé trop invraisemblable. Mais ce n’est pas ce point que je vais développer.

Pourquoi le confinement – je ne parle pas de la maladie et de la souffrance – pourquoi le fait de rester chez soi et d’éviter tout contact avec autrui, pourquoi la réduction du monde social au minimum (sauf pour les caissiers, policiers, employés funéraires et personnels soignants – soutenons-les autant que possible) semble-t-il autant angoisser nos contemporains, outre son aspect financier et matériel (quand il n’est pas que pure spéculation) ?

Si l’on est en bonne santé (souhaitons-le, nous n’oublions jamais de nous souhaiter la Santé au Jour de l’An ou quand nous trinquons pendant nos bien aimés apéritifs, rituels que l’on peut regretter actuellement, j’en conviens), qu’y a-t-il de si grave là-dedans ? Notons que les plaintes des gens en pleine forme sont légions, quand les malades, eux, restent fort dignes pendant leur épreuve. A méditer.

Pourquoi la plupart d’entre nous, confinés, ne se réjouit-elle pas que cette injonction à sortir sous peine d’être une loque, un rebut de la société, une merde, dit plus simplement, cette injonction à s’extérioriser, à être « actif », soit abolie et que rester chez soi soit devenu la marque de l’héroïsme ? Outre les apéritifs joyeux, que perdons-nous vraiment sur le plan mystique et spirituel ? (Le vin reste une chose de l’esprit, in vino veritas, ainsi que la compagnie aimable des véritables amis que nous retrouverons bientôt pour tout se raconter et en rire, en attendant, nous pouvons enfin prendre le temps de prendre de leur nouvelle et de les appeler).

Pour les Anciens, l’expérience du désert, de la solitude, était l’initiation préalable à toute élévation spirituelle. Le stoïcien nous enseigne de dépendre le moins possible des autres, Socrate se retire du monde social pour pouvoir atteindre la contemplation des Idées, Jésus part dans le désert quarante jours (c’est le sens du Carême), on trouve aussi cette expérience initiatique nécessaire de la solitude et du retrait du monde dans le Bouddhisme et l’Hindouisme, Nietzsche disait que tout philosophe avait été ermite avant d’être philosophe, le yoga est une pratique solitaire même s’il a une visée collective, et même Sartre, à qui on peut pas donner tort cette fois, définit les autres comme un enfer dans Huis Clos. Insociable sociabilité kantienne : nous ne supportons pas vraiment les autres mais n’arrivons pas à nous passer d’eux.

Ce retrait du monde social qui nous est imposé est en vérité une chance inouïe et inespérée, l’occasion de nous retrouver, voire de nous chercher nous-mêmes pour la première fois, de plonger en soi et de suivre le chemin de nos âmes parfois perdues dans l’agitation perpétuelle, la course effrénée dans vers le néant. Dans cet anéantissement provisoire d’une partie de notre « moi social », il nous est offert la possibilité de nous élever métaphysiquement, spirituellement, de réapprendre à contempler. Cet aspect positif de ce malheur qui arrive à l’humanité n’est pas des moindres. La Terre ne cesse pas de nous demander de ralentir : est-ce au fond Gaïa, la déesse Terre, élémentaire et primordiale qui, à sa manière, sauve l’ensemble de ces créatures, y compris une partie de l’humanité, en nous obligeant à ralentir ? Écoutez le chant des oiseaux, pensez aux dauphins dans les rues de Venise, aux écureuils bientôt à vos fenêtres, aux canards sur le périphérique parisien, observez le silence, la quiétude, retrouvez alors la joie et la sérénité, la sagesse et la grande santé. La santé des hommes n’est que le reflet de la santé de la Terre, disait Héraclite. Alors il est vraiment urgent de s’arrêter.

En tant que docteur en philosophie et professeur de yoga, contrainte comme grand nombre de personne à cesser mon activité professionnelle ordinaire, j’ai décidé de donner tous les jours de 18h à 19h20 un cours en live afin de faire découvrir la philosophie et le yoga, où vous pourrez puiser des clefs pour dépasser vos peurs et retrouver la liberté : la liberté n’est pas dehors, elle est intérieure, elle est en vous.

Informations ici : https://lagymnosophe.com

 

Véronique BERTRAND sensible au combat de Kathya de Brinon dans « PARENTS »

Confinement et violences sur les enfants : une chanson de SOS violenfance sensibilise le grand public

En cette période d’épidémie de coronavirus, si ce dernier ne représente qu’un très léger danger pour les enfants, en revanche, le confinement dans les familles est un vrai risque pour certains.

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité homme-femme et de la lutte contre les discriminations a annoncé, il y a quelques jours, que les femmes battues pourraient se rendre dans des points d’accueil éphémères situés dans les centres commerciaux, pendant le confinement. Mais que fait-on pour les enfants maltraités ? Ceux qui se retrouvent, en ce moment, 24 heures sur 24 dans leur famille, avec des parents maltraitants, qui humilient leurs enfants, qui abusent d’eux…

Des proches dans 80 % des cas

Il faut absolument protéger, en ce moment, les enfants. Dans 80 % des cas, ils sont maltraités par leurs proches : père, mère, autres membres de la famille, amis… Or, les enfants abusés sexuellement deviennent souvent des parents abuseurs. L’enfant victime refuse de voir ses parents comme ils sont, car cela mettrait son équilibre psychique en péril.

Inceste et coronavirus : une chanson pour alerter

Kathya de Brinon, présidente de S.O.S. Violenfance, souhaite attirer l’attention du grand public sur ce calvaire que vivent certains enfants en cette période de confinement. Elle-même, enfant, à 9 ans a été violée et prostituée par son grand-père. Pour que l’on n’oublie pas les enfants maltraités en cette période de confinement, elle alerte le grand public avec  une chanson dont les paroles et la musique sont de Denise Lengrand. Elle est à écouter sur Youtube.  En voici quelques paroles : « Certains se souviennent des pas qui s’approchaient dans le couloir… Trahir la confiance d’un enfant, le violer c’est lamentable, souiller tout son corps suppliant… Les pères, grands-pères, oncles et cousins, prédateurs vivants menacent enfants et bambins… Toutes ces vies que vous gâchez.
Alors, en cette période de confinement, écoutons les bruits qui nous entourent, les pleurs d’enfants qui nous semblent anormaux et agissons ! Comme le dit Kathya de Brinon « La pédocriminalité n’est pas une maladie contagieuse, pas de virus mortel ! Qu’a-t-on fait pour ces enfants ? Rien, ou si peu. En tout cas, aucune opération d’envergure mondiale comme celle que l’on vit aujourd’hui pour combattre le coronavirus. Et des millions de jeunes vies ont été massacrées, lorsqu’elles ne se sont pas terminées prématurément par le suicide. »

Comment signaler une maltraitance à enfant

Pour rappel, si vous êtes témoin, ou si vous suspectez des violences sur un enfant, contactez d’urgence :

    ▪    Le 119 par téléphone, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7
    ▪    le site du 119 : https://www.allo119.gouv.fr
    ▪    le 17 en cas d’urgence
    ▪    vous pouvez aussi vous rendre dans une pharmacie, où votre signalement sera enregistré et transmis à la police.

Présentation de Fabrice Rouillier qui coordonne l’organisation du Salon des Maths

Qui est Fabrice Rouillier (l’homme qui a formé le consortium du Salon des Maths de 2020 et le dirige) : 

Fabrice Rouillier est un pur produit de la fac  important pour notre journée « orientation », puisqu’il est diplômé en Maths (DEA, thèse) et en Informatique (Magistere, Habilitation)

Il a un taux d’encadrement de filles en thèse de 40% alors que le taux de chercheuses peine à dépasser 15% en maths ou en informatique (la thématique parité est un point très important pour l’ensemble des partenaires du Salon)

Il a pris la succession de Martin Andler, fondateur d’Animath lors des 20 ans de l’association (pour le thème : l’associatif est dynamique et se renouvelle).

Né le 01/09/1967 à Vannes, résidant à Compiègne (60200), PACS, 2 enfants.

Actuellement Directeur de recherche INRIA affecté à l’Institut de Mathématiques de Jussieu Paris rive gauche, Université Pierre et Marie Curie, Sorbonne Universités.

Formation

• 1986 Baccalauréat C
• 1989 Deug A, Université de Rennes 1
• 1990 Licence de Mathématiques, Université de Rennes 1
• 1991 Maitrise de Mathématiques, Université de Rennes 1
• 1992 DEA d’Algèbre Géométrie et Algorithmique, Université de Rennes 1
• 1992 Magistère Modélisation Mathématique et Méthodes Informatique, Université de Rennes 1• 1992 -1993 Service Militaire
• 1996 Doctorat de Mathématiques Fondamentales et Applications, Université de Rennes 1
• 2007 Habilitation à Diriger des recherches, Université de Paris VI

Thèmes de Recherche

Calcul Formel, Géométrie algébrique réelle effective et applications, Complexité.

Parcours Professionnel

  • 1996-1999 Chargé de Recherche INRIA, Nancy
  • 2000-2003 Chargé de Recherche INRIA , mis à disposition du Laboratoire d’Informatique de Paris VI
  • 2004-2006 Chargé de Recherche INRIA, Paris-Rocquencourt. Affecté au Laboratoire d’Informatique deParis VI.
  • 2007-2010 Directeur de Recherche INRIA, Paris-Rocquencourt. Affecté au Laboratoire d’Informatique deParis VI.
  • 2011- . Directeur de Recherche INRIA, Paris. Affecté à l’Institut de Mathématiques de Jussieu – Paris RiveGauche, Université de Paris VI.Principales responsabilités
  • 2004-2010 Responsable Scientifique que l’équipe-projet SALSA commune INRIA-Laboratoire d’Informatique de Paris VI – Université Pierre et Marie Curie Paris VI
  • 2008 – . Editeur Associé au Journal of Symbolic Computation
  • 2012- . Responsable Scientifique que l’équipe OURAGAN commune INRIA-CNRS (Institut deMathématiques de Jussieu Paris Rive Gauche) – Sorbonne Université – Paris Université.
  • 2018-. Chargé de mission médiation – Inria ParisEncadrement de doctorants• Mohab Safey El Din, Université de Paris VI (soutenue en 2001)
    • Luc Roland, Université de Nancy 1 (soutenue en 2003)
    • Solen Corvez, Université de Rennes 1 (soutenue en 2005)
    • Rong Xiao, Université de Pékin et Université de Paris VI (soutenue en 2007)• Guillaume Moroz, Université de Paris VI (soutenue en 2008)• Cuong Tran, Université de Paris VI (soutenue en 2015)
    • Ranjan Jha, Ecole centrale Nantes (soutenance en 2016)
    • Mahya Merhabdolahi, Sorbonne Université (soutenance prévue fin 2021)• Grace Younes, Sorbonne Université (soutenance prévue fin 2021)
    • Christina Katsamaki, Sorbonne Université (soutenance prévue en 2022)

    Publications

    Une centaine de publications à diffusion internationale, liste disponible à l’adresse http://who.rocq.inria.fr/ Fabrice.Rouillier/publications.php et 2 brevets.

Sophie Reverdi, fondatrice de « Smart and Light », donne des bons conseils de nutrition dans le confinement

Émission du 1 avril 2020 : Coronavirus, confinement : comment ne pas sombrer dans l’oisiveté ?

réécouter ici : https://radionotredame.net/emissions/enquetedesens/01-04-2020/

Xavier Laqueille : addictologue, psychiatre. Chef du service d’addictologie au centre hospitalier Sainte-Anne.

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Sophie Reverdi : « L’intuition zéro coupé ». Ancienne obèse qui a créé un programme absolument unique, conçu dans ses tripes d’enfant, dédié aux obèses et à leur personnalité : Smart and light.

Laurence Cottet : ancienne alcoolique, patient expert en addictologie rattachée au CHU de Grenoble.

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Laurent Vidal : auteur des « Hommes lents » (Flammarion)

Le site YOZONE recommande : « A reprendre absolument en folio tant il est original et plaisant » pour « Emmanuel, Brigitte et moi » d’Alain Llense

Emmanuel, Brigitte et moi
un roman d’Alain Llense http://www.yozone.fr/spip.php?article24522
Librinova, roman (France), janvier 2020, 195 pages, 14,90€

« Bref, ensemble, Emmanuel, Brigitte et moi, pour raconter leur vie, leur histoire d’amour, leur ascension et leur chute, nous allions écrire un livre. Ce livre, le voici.  »

Le narrateur, un journaliste sur le retour qui a autrefois connu la gloire, reconnaît par hasard, dans un petit restaurant, deux personnages autrefois célèbres : Emmanuel et Brigitte, autrefois maîtres d’une table prestigieuse, le Château de Saint-Arcapriès. Autrefois puissants, autrefois « people », autrefois riches, influents et célèbres, autrefois au sommet, à présent totalement oubliés. Il les aborde, gagne leur confiance et décide d’écrire avec eux l’histoire de leur vie. Une histoire qui sera donc polyphonique, avec des passages narrés par Emmanuel, d’autres par Brigitte, d’autres encore par l’auteur.

Lui, Emmanuel, d’une famille modeste, qui rêve de devenir cuisinier, et a juré qu’il sera le meilleur. Elle, vingt ans de plus, issue d’une famille privilégiée de Saint-Arcapriès, déjà mariée à un banquier. Ils se rencontrent, ils s’aiment, les braves gens glosent. Dès le départ, on est frappé par le ton : Alain Llense a fait le choix d’une narration qui évoque le roman de mœurs classique. Entre Stendhal, Flaubert et consorts, cette « Éducation sentimentale » amuse fortement dans la mesure où les parallèles avec le monde réel sont transparents, mais séduit aussi par cette tonalité qui est à mille lieues de tout sensationnalisme. L’histoire que raconte Alain Llense est sobre, jamais voyeuriste, joliment écrite, et brosse une série de tableaux beaucoup plus fins que des portraits relevant de la simple caricature.

On s’en doute : l’ambition d’Emmanuel est sans limites. Il se fait embaucher à la plus grande table de la région, le Château, dirigé par François, alias Flanby, et en gravit un à un les échelons. Celui qui dirige le prestigieux restaurant est élu : il faut donc s’assurer des voix des uns et des autres. Grâce aux banquiers, qui voient le potentiel d’Emmanuel pour les affaires, grâce aux entremetteurs, grâce aux réseaux d’influence et aux journalistes véreux, Emmanuel et Brigitte trahissent finement, mais sans vergogne, et emportent le Château. Les voilà enfin au sommet, maîtres absolus des lieux. On s’en doute : après le triomphe, après un moment d’embellie, la chute guette. Ce sont les mécanismes de cette chute, toujours dans une tonalité très classique, et avec toujours le même brin de nostalgie, de « déjà-passé », comme une photographie prise à l’instant mais déjà sépia, que l’auteur poursuit son récit.

« La cuisine d’Emmanuel avait fait perdre son identité au Château ? Marion reviendrait aux bonnes vieilles recettes du terroir, reprenant ainsi les vieilles promesses de sa tante. »

Dans sa seconde partie, cet « Emmanuel, Brigitte et moi  » devient un peu plus attendu. Emmanuel est au sommet, les difficultés commencent. On y retrouve ce « pognon de dingue » particulièrement tragique dont l’irréparable maladresse sera sans doute ce que beaucoup retiendront du quinquennat d’Emmanuel Macron, tous comme d’autres ont avant tout retenu, des années passées au pouvoir par François Hollande, ses frasques en scooter. Plus prévisible donc, un brin convenu, cette seconde partie évite néanmoins l’écueil de la facilité, de la caricature trop ostensible (le personnage n’en a pas vraiment besoin parce qu’il en est naturellement une, diraient les mauvais esprits), de l’acharnement contre un personnage qui apparaît victime des circonstances à la fois locales et internationales, ici une embrouille avec un petit groupe de migrants. Un comportement auquel on peut reconnaître une certaine logique, mais qui apparaîtra insupportable, une ou deux déclarations maladroites, et voilà l’opinion qui à Saint-Arcapriès se retourne. Inexorablement, tout s’écroule en dominos, une fréquentation moindre, l’économie du Château qui s’érode, une pression excessive sur les employés qui se gilet-jaunissent, des élections qui pourraient bien faire revenir Flanby, mais une certaine Marion promet tout, promet mieux, et pourrait bien emporter les suffrages.

« Ces derniers temps, ma plume aussi retrouvait un peu de sa vigueur de jeunesse. À vingt-cinq ans je la trempais dans le mouvement d’un monde dont je pensais être rouage, je l’aiguisais à la meule de toutes les injustices, de toutes les barbaries que je me croyais le seul à pouvoir dénoncer. »

Si le roman n’est pas vachard, sa fin apparaît grinçante à souhait. Car si les personnages politiques ont par essence la trahison dans l’âme, ils ne sont pas non plus seuls au monde. Et il se pourrait bien qu’en raccrochant astucieusement le passé au présent, notre journaliste sur le retour, un vieux de la vieille qui se verrait bien revenir en pleine lumière, leur en réserve à tous deux une de derrière les fagots. L’auteur concrétise donc son essai avec une fin à la fois inattendue et parfaitement réussie : joli point d’orgue (après un retour au Château ruiné lui aussi parfaitement classique) pour un roman à la fois classieux et drôle, qui n’est pas seulement un roman sur la chute d’Emmanuel et de Brigitte Macron, mais sur la Chute au sens biblique du terme, celle qui attend tout un chacun, et à laquelle chacun essaie de se dérober par de nouvelles infamies.

Caustique, plein d’humour, calibré à moins de deux cents pages, ne cédant jamais à la facilité, cet « Emmanuel, Brigitte et moi » a été publié chez Librinova, une maison d’auto-édition. On ne s’appesantira pas sur une écriture qui semble se relâcher dans le dernier tiers, ni sur les coquilles, que l’on trouve hélas de plus en plus fréquemment chez les grands éditeurs, mais le nombre d’occurrences d’une faute de plus en plus fréquente (« tâche » au lieu de « tache) est impressionnant, d’autres erreurs sautent aux yeux, et il est regrettable de chuter encore dans la toute dernière phrase – « (…) espérons au moins qu’il restera la mer pour laver nos pêchers (…) ». Des défauts qui ne grèvent en rien la qualité d’un « Emmanuel, Brigitte et moi », qui, avec un travail éditorial de quelques heures pourrait être épuré de ses scories et arriver sur les tables des libraires. C’est dire qu’on le verrait bien repris, par exemple, en Folio, au Livre de Poche, ou encore chez Pocket. Original et plaisant, cet « Emmanuel, Brigitte et moi » le mérite assurément.

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Titre : (Emmanuel, Brigitte et moi, 2020)
Auteur : Alain Llense
Couverture : Raphaël Hardelin / Air Création
Éditeur : Librinova
Site Internet : page roman (site éditeur)
Pages : 195
Format (en cm) : 14 x 21,5
Dépôt légal : janvier 2020
ISBN : 9791026238898
Prix : 14,90 €


Hilaire Alrune
1er avril 2020

Opération Coronavirus, la nouvelle de Christian de Moliner sur Jasmine Catou

Jasmine Catou et le Covid 19

Je m’étire voluptueusement sur notre canapé, en m’efforçant de reproduire au mieux une posture présentée dans l’émission de télévision, le chat, son maître et le yoga. Je me sens bien, détendue. Je savoure pleinement l’instant présent et le rayon de soleil qui réchauffe mon ventre. Ah ! Maman s’approche de moi en souriant. Ma récréation est terminée, je crois ; elle me saisit et m’affuble d’un drôle de masque, un cône blanc, avant de me porter jusqu’à ma cage de transport. Je savais que je devais sortir ce matin, mais ce déguisement ridicule me surprend et m’exaspère. Ma mère m’a avertie hier que nous étions attendues aujourd’hui dans un studio d’une radio parisienne pour présenter Les enquêtes de Jasmine Catou, le livre dont je suis l’héroïne. Heureusement, les auditeurs ne me verront pas si on excepte ceux qui suivent l’émission sur Internet. Ceux-là se moqueront de moi. L’animateur estime que ses invités se livreront d’autant mieux en présence d’un animal et, malgré mes réticences à quitter le havre de notre appartement, je pensais jusque-là qu’il avait raison. Mais si cet accoutrement est obligatoire pour accéder au studio, je refuse de m’y rendre ! Foi de Jasmine Catou ! 

Je m’agite derrière les barreaux et j’essaye de retirer le masque avec mes pattes, si bien que Maman doit me sortir quelques instants pour me caresser et m’apaiser.

– Je sais, mon cœur : tu es gênée par ce bout de papier, mais il n’est là que pour te protéger du virus.

Maman, voyons ! Je suis une chatte, pas une humaine. Je ne risque absolument pas d’attraper ou de transmettre la maladie. Tu n’as pas pris au sérieux ce reportage que nous avons vu à la télévision sur ce chien de Hong Kong testé faiblement positif au Coronavirus, j’espère ! Je tourne la tête pour lui signifier que je trouve son idée grotesque.

– Pardon, ma chérie, mais Augustin l’animateur a imposé le port du masque à tous ses invités y compris aux deux animaux présents.

Parce qu’en plus, je ne serais pas la seule créature à quatre pattes à participer à cette émission ! Je devrais partager la vedette ? Maman s’est bien gardée de m’en informer de cette cohabitation qui change tout.

Elle me remet dans la cage et s’apprête à son tour. J’ai envie de m’esclaffer en la voyant ainsi harnachée, avec ce papier blanc qui couvre sa bouche, avant de me renfrogner. Je dois moi-même prêter à rire.

Nous partons pour le studio de Radio Tour Eiffel. D’après ce qu’a expliqué Agathe à son amie Armelle par l’intermédiaire du téléphone – elles n’ont plus droit de se rencontrer depuis lundi dernier– Augustin, l’animateur, se gargarise d’être entré en résistance contre la quarantaine ; il essaye de maintenir une grille de programmes proche de la normale. Maman a beaucoup hésité à accepter son invitation du fait des risques encourus, mais elle a choisi d’y aller par conscience professionnelle. Elle estime de son devoir de promouvoir son auteur qui a su mettre en musique mes exploits. C’est aussi sa contribution au maintien du moral des confinés puisque la lecture est l’une des dernières activités permises aux humains avec la télévision, la radio et Internet. J’espère que, pour la récompenser de s’être déplacée, nous gagnerons la sympathie d’un large public.

Nous grimpons à l’arrière du taxi qui nous attendait au bas de chez nous. Je suis d’abord amusée par le spectacle d’Agathe ouvrant la portière de la Mercédès avec la manche de son manteau, avant de me reprocher mon ironie : la situation est suffisamment grave pour qu’on prenne le maximum de précautions. Je dois arrêter d’être sarcastique ; tout n’est pas prétexte à moqueries. 

Paris est vide. Alors que d’ordinaire les rues sont encombrées, que des travaux ralentissent la circulation, nous ne mettons que quelques minutes pour gagner le studio d’enregistrement qui se trouve place du Trocadéro. Après avoir payé à l’aide de sa carte bleue, être sortie du taxi et m’avoir posée avec ma cage sur le sol, ma mère s’est lavé les mains avec un liquide contenu dans un petit flacon. Je n’aime pas l’odeur de ce produit que je trouve trop forte. Je sais : je suis bien grincheuse aujourd’hui et tout m’est prétexte à râler. Ce masque stupide est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ! Déjà que participer à cette émission ne m’emballait pas même si j’apprécie que les feux des projecteurs soient braqués sur moi. Vous savez comme je suis casanière : je n’aime que notre petit appartement. Allez détends toi Jasmine Catou ! C’est la rançon de la gloire. Cent mille personnes vont entendre parler de toi et de tes exploits. Il faut les convaincre d’acheter notre livre.

Maman appuie sur le clavier extérieur et sur la clinche par l’entremise de son manteau. Une dame est en train de nettoyer le hall, Maman la contourne en se plaquant contre le mur, pour mettre le maximum de distance entre cette employée et elle. En d’autres circonstances, je trouverais ses contorsions amusantes, mais ce matin je dois m’efforcer de garder mon sérieux. Que c’est difficile !

Radio Tour Eiffel est située au rez-de chaussée. La porte du studio est entre-ouverte sans doute pour éviter qu’on ne la touche. Maman la pousse de l’épaule avant de la refermer à demi avec le pied. Les humains sont passés en quelques jours d’un extrême à l’autre : la semaine dernière ils se pressaient dans les parcs si j’en crois les images des reportages télévisés. Désormais ils voient partout des virus grimaçants qui cherchent à sauter sur eux et à les mordre : un vrai film d’horreur, comme celui avec des zombies que Maman a regardé le mois dernier. Enfin je ne suis qu’une chatte, je ne comprends pas tous les tenants et aboutissants de cette situation complexe !

Un homme assis autour d’une table salue Maman de la main et nous convie à prendre place sur un siège placé à un mètre de distance de lui. Il doit s’agir d’Augustin. Un autre invité est déjà arrivé. 

– Docteur Yves de Pérec, vétérinaire exerçant à Neuilly Agathe Boulay et la célèbre Jasmine Catou, nous présente l’animateur.

Je me rengorge. Voilà un homme qui sait parler aux félins !

– Votre livre est amusant, commente le médecin pour animaux, excessif bien sûr, mais nous en reparlerons à l’antenne.

Que voulez-vous sous-entendre docteur avec ce mot « excessif » ? Le poulain de Maman qui rapporte mes aventures n’exagère nullement contrairement à ce que vous semblez insinuer. Hum ! Mon interview ne sera pas une partie de plaisir : j’aurai un contradicteur qui cherchera à me dénigrer. Heureusement, Maman a du répondant.

Un homme tenant en laisse un westie affublé d’un masque aussi comique que le mien, nous rejoint. Voilà sans doute le troisième humain invité. Il s’installe à la dernière place libre. L’animateur fait les présentations :

– Griffouille et Bernard Perroche, professeur de philosophie au lycée Louis le Grand de Paris et auteur de dialogue entre Socrate et mon chien, nous apprend-il.

L’enseignant a un bouc grisonnant hirsute et est mal peigné. Ses verres de lunettes sont sales. Quant à son animal ! En principe il devrait être blanc, puisque c’est la couleur de cette race canine. Mais son poil est emmêlé, et il est roux en de nombreux endroits. Et je ne parle pas de sa barbe : une horreur. Même s’il se disent philosophes tous les deux, ils n’ont pas la classe de notre ami Michel Becker toujours tiré à quatre épingles. Ils me font penser à Diogène, le clochard qui vivait dans un tonneau et qui a répondu à Alexandre le Grand « Ôte toi de mon soleil », alors que le roi lui demandait ce qu’il pouvait faire pour lui. Je tiens cette anecdote de Michel, il l’a racontée à Maman. Je ne manque jamais une occasion de me cultiver en écoutant les convives qui viennent se régaler chez Agathe ou les reportages à la télévision. Miaou, je ne suis pas une chatte ignorante des rues.

Je soupire en regardant les nouveaux venus. M. Perroche et son animal aurait dû faire un effort, aller chez le coiffeur et chez le tondeur. Ils seront filmés et seront vus par les auditeurs qui suivent l’émission sur internet. L’image qu’ils donnent est désastreuse et rejaillit négativement sur Maman et moi alors que, nous, nous faisons attention à notre apparence.

– Nous commençons dans cinq minutes, prévient Augustin.

– Puis-je permettre à Jasmine de quitter sa cage ? demande ma mère. La pauvre va faire de la claustrophobie.

– D’accord si elle reste près de vous.

– Bien sûr. Mon cœur tu ne t’éloigneras pas de moi ? Promis ? Ne va surtout pas réclamer des caresses.

Maman, j’ai compris la situation. Compte sur moi pour rester sage comme une image. 

Ma maîtresse me pose sur le pupitre ; je me redresse et repère la caméra ; je m’entraîne à faire un sourire enjôleur, enfin à ma manière de chatte. Comme je vous l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, j’aime paraître à mon avantage.

– Je vous remercie d’être venus, reprend Augustin. Je trouve important pour la qualité de nos émissions qu’elles soient enregistrées en direct. Nous perdrions de la spontanéité en utilisant le téléphone pour recueillir l’avis des intervenants.

– J’espère, réplique ma mère avec une pointe d’inquiétude dans la voix que cette rencontre n’aura aucune répercussion fâcheuse pour l’un d’entre nous.

– Nous avons pris toutes les précautions, enfin je l’espère.

– Montaigne a quitté son poste de maire de Bordeaux, pérore l’enseignant, juste avant que n’éclate une épidémie de peste. Il ne se cache pas dans ses essais avoir fui la contagion et cette attitude lui a beaucoup été reproché par ses commentateurs. Nous serons donc plus courageux que lui.

Quel prétentieux ! Faire la leçon à Michel de Montaigne ! Si je savais parler, je le lui clouerais le bec.

– L’émission commence, prévient Augustin.

Il entame un décompte avant d’ouvrir le débat en professionnel de la radio. 

– Bienvenue sur l’antenne de Radio tour Eiffel pour notre débat, l’animal et la littérature

Il poursuit en gratifiant chacun d’entre nous de quelques mots aimables ; même Griffouille est présentée comme une chienne lettrée, alors que pour ma part je l’aurais qualifiée de sac à puces.

– Monsieur Perroche, dans votre livre, votre compagnon à quatre pattes tient des propos philosophiques de haute tenue et répond au grand Socrate. Bien entendu, c’est vous qui vous exprimez à la place de votre animal.

Le professeur de philosophie n’a pas le temps de répondre, le vétérinaire intervient et lui coupe la parole :

– L’exercice d’antropo-morphisme réalisé par cet auteur est intéressant tout en atteignant rapidement ses limites ; il prétend présenter le point de vue d’un chien qui réagirait sur des problèmes et des questions essentiels en usant à la sagesse inhérente à son espèce, mais son exposé reste terriblement humain. La logique employée est nullement canine, elle appartient en fait au monde des hommes.

L’enseignant contre-attaque au quart de tour et défend son œuvre. Il emploie des mots abscons, fait appel de grands principes, mais je ne dois être qu’une chatte stupide, je ne comprends rien à ses arguments.

La discussion devient confuse, le vétérinaire et le professeur parlent en même temps, s’empêchent mutuellement de s’exprimer. Il ne manquerait plus que Griffouille ne se mette à aboyer pour que le chaos soit à son maximum. Augustin essaye de reprendre le contrôle de son émission et se tourne vers Maman.

– Et vous Agathe, vous nous présentez des énigmes qui seraient résolues par votre chatte. Évidemment, il ne s’agit que d’une fiction parodique.

– Pas du tout, mon auteur n’a pas écrit une œuvre d’imagination : il a rapporté des histoires réelles.

Le vétérinaire éclate d’un rire sonore.

– Votre chatte ne sait pas parler. Donc ces nouvelles ne sont qu’interprétation et affabulation de la part d’un écrivain à la plume trop prolixe.

Il dresse la liste des prétendues invraisemblances et exagérations qu’il a relevées. Il met en pièces Les enquêtes de Jasmine Catou et Maman peine à me défendre. Comment lui venir à l’aide et faire taire ce praticien trop acerbe ?

J’ai bien une idée qui me trotte dans la tête, mais de quelle façon puis la faire comprendre à mon entourage ? Je rencontre toujours le même problème. Je m’en remets à la télépathie, qui à quelques reprises dans le passé a fonctionné. Je songe très fort à ma solution et me concentre pour toucher l’esprit de ma mère. Hélas le lien ne s’établit pas aujourd’hui ; Agathe ne propose pas le test que j’essaye de lui suggérer. Essayons autre chose. Je traverse la table et vais me planter face au vétérinaire, droite sur mes pattes.

– Pour nos auditeurs, je précise que Jasmine vient de se placer juste devant Yves, s’amuse Augustin. Docteur, vous lancerait-elle un défi ?

– Votre remarque n’a aucun sens. Elle est incapable de comprendre que j’émets des doutes sur ses capacités de détective, car elle est une chatte qui ne décrypte pas le langage humain. Aussi, ne vous lancez pas dans des explications anthropomorphiques, ne vous imaginez surtout pas qu’elle vient protester. Elle s’est approchée de moi uniquement parce que je suis celui qui parle le plus dans ce studio.

Vous vous trompez du tout au tout ! Comment vous le faire comprendre ? Et si je secouais la tête ?

– Yves, j’ai l’impression qu’elle vous dit « non » en hochant sa gueule de gauche à droite, remarque hilare l’animateur.

– N’importe quoi, rétorque M. de Pérec.

– Peut-être attend-elle que vous lui proposiez une énigme à résoudre ? s’esclaffe Augustin. 

Tout à fait ! N’est-ce pas là le meilleur moyen de faire taire ce vétérinaire si catégorique ?

– Votre émission sombre dans le grotesque, proteste M. de Pérec. Un chat détective, quelle absurdité ! Vous nagez en plein délire à l’Ionesco.

– Vous connaissez le but que nous poursuivons, réplique amusé l’animateur, nous mettons en présence des personnalités dont l’approche est totalement différente et nous suscitons ainsi des débats. Jouez le jeu !

– Vous devenez un émule en pire de M. Hanouna.

– Je me dévoue, intervient ironique M. Perroche. Je vais poser une devinette à notre Sherlock Holmes félin : qu’est-ce qui marche sur quatre pattes le matin, sur deux le midi et sur trois le soir.

Pff c’est facile. Notre ami Michel Becker nous a déjà expliqué lors d’un déjeuner chez Maman le fin mot de cette charade philosophique posée par un drôle d’animal à un roi antique. Je traverse la table et me dirige vers l’enseignant avant de poser ma patte sur sa main.

– Voudrait-elle signifier que la réponse est l’Homme ? s’étonne Augustin.

– Je m’interroge en effet, confirme M. Perroche.

Le vétérinaire hausse les épaules :

– Arrêtez de délirer et cessez de prêter des sentiments humains à cette chatte pourtant banale.

– Elle n’avait pas d’autre moyen de donner la solution de cette devinette, s’insurge Maman. Elle ne sait ni parler ni écrire. 

– Vous seriez-vous tous les trois concertés pour me jouer un tour ? s’interroge caustique le médecin. Avez-vous dressé Jasmine pour qu’elle fasse semblant de résoudre des énigmes ?

Eh ! Je ne suis pas une chatte savante ou un animal de cirque.

– Si vous émettez ces doutes, c’est que vous êtes troublé, rétorque ma mère. Pour emporter votre conviction, donnez-lui à votre tour un mystère à résoudre et elle le fera à sa manière.

– Certainement pas. Je suis un scientifique sérieux et respectable. Je refuse de participer à cette farce.

– Agathe a raison, se gausse Augustin. Un chercheur fait des expériences pour découvrir la vérité, non ? Nous vous suggérons donc d’en effectuer une.

– J’ai lu Les enquêtes de Jasmine Catou, fort amusant du moment qu’on les considère comme une œuvre d’imagination. Cet animal aurait démasqué un assassin, découvert le lieu où se cachait un chien. Je n’ai aucune enquête policière de ce type à lui proposer.

– Dommage, regrette l’animateur.

– J’ai une idée, raille M. de Pérec. Je viens tout juste de perdre mon téléphone. Votre magicienne féline a-t-elle le pouvoir de le retrouver ?

– Oh ! Vous placez la barre fort haute, constate Augustin.

– Jasmine Catou est-elle géniale ou pas ?

– À l’impossible nul n’est tenu !

– En fait je plaisantais. Je n’attends absolument pas qu’elle me restitue mon smartphone. Je ne suis pas envoûté comme vous par cette chatte et ne lui prête pas des pouvoirs extra-sensoriels.

– Avez-vous seulement égaré votre portable ? interroge le philosophe.

Sa voix est empreinte d’hostilité. Sans doute reproche-t-il au vétérinaire d’avoir dénigré les qualités philosophiques de sa chienne.

– Je ne l’ai plus et j’ignore ce qu’il est devenu.

– Quel est le dernier endroit où vous vous souvenez l’avoir eu en votre possession ? demande ma mère.

– Dans un taxi.

– Vous l’avez probablement oublié dans ce véhicule.

– Non j’ai joint la compagnie qui m’a dirigé vers le chauffeur. Il a fouillé sa voiture en vain.

– Un des clients qui vous a suivi l’a peut-être pris, avance le maître de Griffouille.

– Il l’a gardé pour lui alors. Il ne l’a pas donné au conducteur

– De quelle façon est verrouillé votre smartphone ? 

– Par l’empreinte de mon pouce et la reconnaissance faciale. Je suis prudent : j’ai doublé les sauvegardes

– Ces codes seront vraiment difficiles à casser. Si un passager du taxi l’a gardé, il n’en aura pas l’usage, remarque Augustin. Il va s’en débarrasser.

– En effet. Sans doute mon smartphone va-t-il finir dans une poubelle ou dans la Seine.

– Avez-vous malgré tout tenté de faire votre numéro depuis un autre appareil ? Si vous n’avez pas encore essayé, je vous prête mon portable, propose le papa de Griffouille.

– Je vous remercie, mais cela ne servirait à rien. J’avais fermé mon téléphone après avoir raccroché vu je me rendais dans ce studio et que je ne voulais en aucun cas que nous soyons dérangés par un appel intempestif

– Comment avez-vous joint le conducteur, si après le taxi, vous nous avez immédiatement rejoint, interroge soupçonneux M. Perroche.

C’est la deuxième fois que le philosophe exprime des doutes. Cette histoire de téléphone disparu serait-elle une fake-new comme disent les humains, une fausse énigme posée par ce vétérinaire pour me ridiculiser ?

– Je suis passé chez ma mère avant de venir ici, elle m’a prêté son téléphone. Elle a quatre-vingt-dix ans ; avec le covid 19, elle ne sort de plus de chez elle. Je lui ai apporté ses courses de la semaine. Arrivé à son domicile, je me suis aperçu que je n’avais plus mon appareil.

– Avez-vous fouillé chez elle ? s’enquiert Agathe.

– Bien sûr, j’ai regardé si je ne l’avais pas fait tomber dans son entrée, dans le hall de son immeuble ou sur le trottoir devant chez elle. Mais je n’ai rien trouvé.

– Vous avez téléphoné lorsque vous étiez dans le taxi ?

– Tout à fait : à ma mère pour la prévenir que j’arrivais.

– J’en tire la seule conclusion possible :  vous avez oublié votre smartphone dans le VTC, conclut Augustin. Vous n’avez pas vraiment donné une énigme à résoudre à la chatte d’Agathe. Sa solution était évidente depuis le début.

– J’ai fait semblant de jouer votre jeu. C’était une plaisanterie, bien sûr.

– Nous allons alors clore cette parenthèse, avance l’animateur.

Sur une défaite de Jasmine Catou ? Certainement pas. Je saute à terre et frôle Griffouille qui se met à japper. Désolé, mon frère je prends au plus court. Arrivé près de Maman, je pose sur mon postérieur sur le sol et bat l’air avec mes pattes avant, tout en frottant mon museau et mon masque contre le manteau d’Agathe. Hélas Griffouille m’a suivie en grognant et je dois sauter sur la table pour mettre de la distance entre lui et moi, même s’il ne peut me mordre avec son masque. Quel chien stupide !

– Attention à vos animaux, reprenez-les en mains ordonne Augustin.

Maman fait mine de me saisir, sans doute pour me remettre dans sa cage, mais je me réfugie au centre du pupitre.

– Jasmine aurait-t-elle voulu nous faire passer un message ? s’amuse l’animateur.

– Encore une fois : arrêtez de l’humaniser, proteste le vétérinaire.  Elle n’est qu’un animal.

Maman, Augustin : réfléchissez que diable ! Je ne peux plus vous donner d’autres indices : je suis au centre de la table et il vaut mieux que je ne bouge pas.

L’enseignant accroche sa laisse au collier de Griffouille et l’oblige à s’éloigner. En principe avec le confinement, les humains doivent se tenir à un mètre l’un de l’autre. Je culpabilise d’avoir, par ma maladresse exposé Agathe à la contagion.

– Si ma chatte essayait de nous expliquer quelque chose, marmonne Maman, c’est en rapport avec mon manteau.

Oui, tu es sur la bonne voie !

– Madame Boulay, je suis découragé de toujours me répéter : votre minette est dépourvue d’intelligence.

Eh ! Ne m’insultez pas docteur ! 

– Je connais ma chatte, reprend Maman malgré les injonctions du vétérinaire. Elle avait une idée derrière la tête en touchant mon vêtement, mais laquelle ?

Enfin Maman, c’est évident pourtant ! Augustin fronce les sourcils :

– Docteur, comment vous êtes-vous aperçu que vous n’aviez plus votre smartphone

– Il ne pesait plus contre ma jambe. Je le place toujours dans la poche droite de mon pantalon.

– Avez-vous vérifié si votre téléphone n’était pas dans votre loden ? C’est peut-être ce que Jasmine voulait nous suggérer.

– Inutile. À chaque fois, je replace mon appareil dans mon jean.

– Regardez rapidement dans votre parka et changeons de sujet. Nous en avons fait le tour et nos auditeurs vont s’impatienter, tranche Augustin.

Le vétérinaire s’exécute maussade. Il explore de la main dans sa poche droite. Apparemment elle est remplie de d’objets divers qu’il a du mal à identifier, car sa paume reste au même endroit.

– Videz le contenu sur la table, vous verrez mieux grince le philosophe.

– Je ne préfère pas, se défend Yves de Pérec.

Soudain de la stupéfaction se reflète sur son visage.

– Ce n’est pas possible, grommelle-t-il.

Il en sort son smartphone.

– Il n’a aucune raison d’être là. Je ne comprends pas.

– Avez-vous fait autre chose pendant que vous teniez le téléphone, interroge le professeur de philosophie.

– Non, enfin si le chauffeur de taxi, m’a indiqué le prix à payer. J’étais arrivé à destination.

– Voilà l’explication. Vous avez été dérangé dans vos habitudes.

Son ton est ironique. Le chien pousse un petit cri plaintif. Approuve-t-il son maître ? Serait-il moins idiot qu’il en a l’air ? C’est vrai qu’avec sa barbe sale, je l’ai peut-être mal jugé. Je partage les doutes de Griffouille et de son papa : cette histoire de téléphone égaré était-elle véridique ? Ne s’agit-il pas d’une fausse énigme ?

– Le test est concluant, constate l’animateur. Nos auditeurs ont vécu un grand moment de radio : une enquête en direct de notre chatte détective, la grande Jasmine Catou.

– Tout est dans l’interprétation des faits et gestes du félin de madame Boulay, bougonne Yves de Pérec. Je reste sur ma position. Je ne crois pas qu’elle ait découvert quoi que ce soit.

Mauvais joueur va !

– Au public de juger ! tranche Augustin. Monsieur Perroche, pensez-vous que Socrate aurait aimé débattre de philosophie avec Griffouille ?

Quelle question naïve ! Comment auraient-ils pu échanger ? Le philosophe antique aurait été incapable d’interpréter les aboiements de Griffouille même s’il est aussi intelligent que moi. Le vétérinaire aurait eu raison de souligner que le présentateur confond allégrement humains et animaux. Mais il se tient coi pourtant, il est devenu prudent. Jasmine Catou tu as encore triomphé !

 

Christian de Moliner