Actualités (NON EXHAUSTIF)

PROGRAMME ECRIVAINS FEMMES 2007

Dans ce mois de mai tout en gruyère, petite souris, je me faufile dans le labyrinthe de la Toile, pour venir agrémenter (ou encombrer ! ) vos boites à lettres avec mes infos sur les parutions des éditions Des femmes.

Le thème de cet émile sera, comme annoncé dans son objet, les écrivains femmes – ce qui n’est pas surprenant pour ceux qui s’intéressent à l’identité de ma maison. En l’occurence, j’ai choisi ce soir de mettre deux livres à l’honneur, deux livres mettant en lumière l’extraordinaire force créatrice de celles qui sont peut-être les deux plus célèbres muses d’immenses écrivains.

J’ai d’abord le plaisir de vous recommander très chaudement le livre de Juliette Drouet : il s’agit d’un assemblage de textes de souvenirs inédits collectés par son plus grand spécialiste objectif, Gérard Pouchain. Hugolien mondialement connu et reçu pour des conférences, il a notamment été le commissaire scientifique de l’exposition consacrée à Juliette Drouet, à la Maison de Victor Hugo, qui vient de prendre fin. Son ouvrage est une somme biblique (et hétérogène : textes personnels, témoignages historiques, portraits intimes du poète etc) pour appréhender le grand amour de 50 ans ( » 50 ans d’amour, c’est le plus beau des mariages  » disait Victor qui n’a jamais manqué d’honorer son amante chaque nuit du 16 au 17 février durant un demi-siècle) de l’auteur des « Misérables » durant la période 1843 – 1854. D’autres tomes de cette épistolière de talent sont prévus.

Délice, ensuite, de vous entraîner à nouveau suite à mon courrier de la semaine dernière sur « La cape magique« , et cette fois grâce au philosophe François Guéry, plus en profondeur dans la découverte de l’inspiratrice de Nietzsche, Rilke et Freud, Lou Salomé. Accoucheuse de génie (et de génies), l’icône de la liberté a voué son entière existence à la fécondation des géants du XIXème. La puissance de « Lou Salomé, génie de la vie » réside dans le style enlevé, vivifiant de son brillant auteur comme dans la justesse des problématiques qu’il s’impose. Hyper documenté, écrit par un Normalien averti et familier de ses collègues « aimant la sagesse », cet essai mérite toute votre attention, c’est un document d’histoire et de philosophie de fond que les éditions Des femmes ont là l’honneur de rééditer en 2007.

Je vous remercie d’être arrivé (e) au terme de mon émile (n’eusse-je pas la plume de celles que je vous raconte !) pour sortir de l’ombre des Grands Juliette Drouet et Lou Salomé. Vous trouverez les argumentaires en pièces jointes.

Je vous envoie l’un, l’autre ou les deux livres sur simple retour de courriel à presse.desfemmes@orange.fr

A très vite !! …

Georges Kiejman chez Frédéric Taddéi le 21 mai

Du plaisir de tuer…

Invités : Michel Dubec, Georges Kiejman, Jean Hatzfeld, Sylvie Granotier

Michel Dubec, psychiatre
Psychiatre, expert auprès de la Cour de Cassation, Michel Dubec a expertisé la plupart des tueurs en série français, tels Guy George, Patrice Alègre, mais aussi des criminels de guerre comme Paul Touvier, ou des terroristes. Il a également expertisé Christine Villemin dans le cadre de l’affaire Grégory, ainsi que Maxime Brunerie, le jeune homme qui avait tenté de tuer le Président Jacques Chirac.
Né en 1948, petit-fils de déportés, il devient en 1974 pédopsychiatre au CMPP de Saint Denis. En 1976, il est interne à la prison de Fleury-Mérogis. En 1978, il soutient sa thèse de doctorat en médecine et établit sa première expertise psychiatrique.
En 1994, il est expert psychiatre au procès de Paul Touvier.
Il est l’auteur, entre autres, de « Les maîtres trompeurs » publié en 1996 au Seuil, « Crimes et sentiments » co-écrit avec Claude Cherki Nicklès et publié au Seuil en 1992. Son dernier ouvrage, « Le plaisir de tuer » co-écrit avec Chantal de Rudder est sorti en 2007 aux éditions du Seuil.

Georges Kiejman, avocat
Fils d’un déporté mort à Auschwitz, célèbre avocat, ancien ministre délégué à la Justice de François Mitterrand, Maître Georges Kiejman s’est illustré dans les grandes affaires pénales (les procès Malik Oussetine, George Ibrahim Abdallah, Pierre Goldman, Bertrand Cantat…). Il est également spécialiste de la propriété littéraire et artistique.

Jean Hatzfeld , essayiste
Né en 1949 à Madagascar, où ses parents se sont réfugiés pour échapper à la déportation, Jean Hatzfeld retourne en France où il intègre, quelques années plus tard, le journal Libération et continue d’écrire pour Géo, Actuel, Autrement…Correspondant spécial et reporter de guerre, il sillonne les pays de l’Est et couvre, entre autres, la chute du mur de Berlin. De 1970 à 1990, il voyage dans les pays en guerre. En 1994, il est au Rwanda et décide d’arrêter le journalisme pour concentrer ses recherches sur le génocide.
En 2000, il publie le récit de souvenirs des survivants Tutsi dans « Le Nu de la vie », pour lequel il reçoit le Prix France Culture et le Prix Pierre Mille. Il recevra le Prix Fémina ainsi que le Prix Joseph Kessel pour « Une saison de machettes » sorti en 2004.
Son dernier roman, « La ligne de flottaison », est sorti en 2005 aux éditions du Seuil.

Sylvie Granotier, écrivain
Née en Algérie, Sylvie Granotier est auteur de romans noirs. Ses polars sont un brillant témoignage de l’irruption des femmes dans le roman noir français. Elle est l’auteur, entre autres, de « Double Jeu », « le Passé n’oublie jamais », « Comme un coq en plâtre »…Son dernier roman, « Belle à tuer » est sorti en 2006 chez Albin Michel.

PROGRAMME POESIE / THEATRE

Hello ! En cette fin de semaine qui s’annonce clémente et que je vous espère sereine, je profite de ce beau soleil pour vous en évoquer d’autres, féminins, aussi lugubres que troublants – d’essence magnétique.

D’abord, celui que porte en elle Patrizia Cavalli, poétesse italienne, romaine d’adoption depuis 1968, très en vogue, récompensée en 2006 par le Prix international de poésie Pier Paolo Pasolini. « Dans la langue poétique de Patrizia Cavalli, hymne et élégie s’identifient et se confondent sans restes (ou, peut-être, le seul reste est le moi du poète). La célébration se liquéfie en lamentation et la lamentation devient immédiatement hymnaire. C’est-à-dire que le Dieu de ce poète est tellement et exhaustivement présent qu’il ne peut être que regret ; la laude, ouvertement franciscaine, des créatures est parcourue en contre-fugue par un intime, sombre grommellement, elle est ce grommellement : miserere et osanna. » Giorgio Agamben [Rome, décembre 2006] in Patrizia Cavalli, Mes poèmes ne changeront pas le monde, id., préface, p. 12. édition bilingue, des femmes-Antoinette Fouque, 2007, pp. 122, 123. Traduit de l’italien par Danièle Faugeras et Pascale Janot. Une exceptionnelle soirée de lecture avec Patrizia Cavalli herself aura lieu le 27 juin dès 20 heures, grâce à la générosité et à la fidèle amitié dont nous honore l’Institut Culturel Italien, 50 rue de Varenne – Paris 7°. Un cadre splendide. Me contacter pour des précisions si vous souhaitez y assister (nombre de places limité)

Et si votre engouement pour le théâtre est supérieur à celui que vous expérimentez pour la poésie, vous risquez d’être tentés par la découverte d’une merveille méconnue, « La cape magique » de Lou Andréas-Salomé. Miracle de fantaisie, cette courte pièce-bijou est traduite et préfacée par Stéphane Michaud, le plus grand spécialiste de Salomé. Assoiffée d’absolu rendue célèbre pour avoir été la proche amie de Nietzsche, Rilke et Freud, toute la vie de cette figure essentielle à la bonne intelligence de la destinée et de l’oeuvre de ces trois penseurs majeurs est un élan ardent vers les cimes de l’esprit et de l’âme – une forme de liberté – la sublimation de la libido par la création. C’est tout le thème de « La cape magique ».

N’hésitez pas à vous manifester pour recevoir ce recueil de poésie ou cette pièce de théâtre Des femmes.

Sincèrement vôtre

PROGRAMME FICTIONS 2007

En espérant que vous passez tous un excellent jeudi de l’Ascension, je viens m’immiscer dans votre quiétude pour vous évoquer les deux fictions maîtresses des Editions Des femmes en ce premier semestre 2007. Il s’agit de deux beaux livres d’écrivains dont le talent a déjà été reconnu.

Le premier, Am See de la voyageuse passionnée Catherine Weinzaepflen, publié chez Flammarion en 1985, a suscité l’enthousiasme très vif des médias d’alors (c’est une réédition), son dossier de presse – que je peux vous adresser sur simple retour de courriel me communiquant votre adresse postale – est impressionnant. La signification de son titre, aussi intrigant que mélodieux ? L’expression Am See, littéralement « du lac », est un cliché de carte postale. Nombreux sont les hôtels Am See dans les pays de langue germanique. Le livre ainsi intitulé est un échange de lettres entre Camille et Dominique – prénoms ouvrant la porte sur l’imaginaire, permettant toutes les rêveries, puisqu’ils peuvent convenir aux deux sexes et que le mystère ne sera jamais levé. Il s’agit, dans cette correspondance, d’opter pour un endroit de villégiature qui provoquerait la rencontre. Autant de paysages que de lettres (l’Afrique, Rome, Amsterdam, certaines campagnes…). Paysages qui constituent l’espace virtuel de la relation qui se trame ainsi entre les deux personnages. Notons que Catherine Weinzaepflen a vu son magnifique Orpiment récompensé par un prix littéraire en 2006.

Le second, Res Nullius, est de Pomme Jouffroy. La pétulante chirurgienne de l’hôpital Saint-Michel à Paris est entrée dans les lettres par un essai en 2002, Il n’y a plus d’hôpital au numéro que vous avez demandé (Plon), et un premier roman en 2005, Les Immortelles (Éditions du Palmier). Ce mois-ci, une grande soirée organisée en l’honneur de Rue de Rome (éditions Des femmes, 2006)… par une banque située… rue de Rome ( ! ) a connu un succès remarquable. L’auteur dédicacera celui de cette année jeudi 7 juin à partir de 18 h à la librairie Le Divan dans le 15ème… elle vous attend…Extrait de Res Nullius : « La quatrième nuit, celle du Nord, on est passé de l’hiver à l’automne, les vignes autour du hogan avaient roussi, et le ciel somptueux, bleu et rouge, s’enflammait. Alors que ma grand-mère avait retrouvé des cheveux longs, châtains, qu’elle avait remontés en chignon derrière sa tête, nous avons mangé des nourritures étranges. Après le temps s’est arrêté sagement, et Arnaud a passé quatre nuits à faire díimmenses peintures de sable quíil détruisait au matin en les dispersant dans le vent. » P.J.

Avec l’espoir de susciter votre curiosité avec l’un, l’autre, ou les deux de ces livres…

Bien à vous

« Gravidanza » d’Antoinette Fouque, préfacé par Alain Touraine – Essais de féminologie II

« Gravidanza » – le second tome des essais de féminologie d’Antoinette Fouque – Préface d’Alain Touraine

Antoinette Fouque est une figure éminente de la lutte des femmes depuis les années 70. Son livre, « Gravidanza », regroupe une série d’essais de « féminologie » qui retracent le combat mené depuis la création du MLF (mouvement de libération des femmes) qui fut à l’origine d’une avancée sociale, culturelle, politique et symbolique.

La grossesse est au centre de la pensée d’Antoinette Fouque. Ses essais de « féminologie » permettent l’émergence d’une nouvelle pensée sur la femme. Elle critique la théorie freudienne de « l’envie de pénis » en affirmant, face à celle-ci, l’existence de l’envie d’utérus, qui se traduit notamment, chez les hommes, par la tentative de maîtriser et de contrôler ce qui leur échappe : l’engendrement, cette expérience unique que la femme découvre dans la grossesse par le biais de ce lieu utérin qui porte la mémoire humaine de la nuit des temps. Ce livre nous propose de revisiter la psychanalyse : il critique l’affirmation d’une libido unique, mâle, qui donne lieu au célèbre postulat de Lacan : « La femme n’existe pas. » Antoinette Fouque affirme que faire un enfant existe, a existé et existera, et rappelle que les femmes, avec une sereine et muette insistance, continuent le mouvement infini de l’humanité.

« Gravidanza » nous permet de percevoir, par le biais d’une analyse historique et conceptuelle, la possibilité de mutation d’une culture à une autre. Antoinette Fouque signe un acte de création et de libération à caractère révolutionnaire pour notre société. Cette voie nouvelle, d’une rare ouverture et modernité, est l’espérance d’un nouveau contrat humain, comme le souligne Alain Touraine dans la préface.

Cofondatrice du MLF, créatrice du groupe « psychanalyse et politique » et des éditions Des femmes, directrice de recherche à Paris VIII et psychanalyste, Antoinette Fouque a été députée au parlement européen (1994-1998). Elle a publié « Il y a deux sexes », premiers essais de féminologie en 1995 (Gallimard, « Le Débat », édition revue et augmentée en 2004).

« Accrochages, conflits du visuel » de Jean-Joseph Goux

Accrochages. Conflits du visuel
Jean-Joseph Goux

Office 16/05/2007

Accrochages est un recueil d’articles écrits entre 1989 et 2005. Suivant différents angles d’attaque, mais reliés par le même fil conducteur théorique, ils ont tous pour but d’élucider les conflits du visuel qui ont traversé le siècle qui vient de s’écouler et se prolonge dans celui qui commence. Y est abordée la question de l’image dans sa dimension esthétique, mais aussi politique, philosophique, théologique. L’image au XXe siècle, un siècle explosif : secoué par l’art moderne avec ses défigurations cubistes et ses échappées non-figuratives, décontenancé par la psychanalyse avec ses forages dans la profondeur des images oniriques, bouleversé par la nouveauté des moyens mécaniques de saisie de l’apparence des choses et des êtres (photographie, cinéma), le siècle passé a connu la refonte complète de la visualité gréco-romaine et renaissante. Ces articles s’attachent tous à montrer comment, en quelques décennies, le régime visuel a basculé dans une nouvelle ère.

Jean-Joseph Goux est philosophe et professeur à l’université de Rice (USA). Il a été directeur de programme au Collège International de Philosophie et professeur associé à l’École des Hautes Études en sciences sociales. Il a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels Économie et symbolisme (1973), Les iconoclastes (1978), et Œdipe philosophe (1990). Entre philosophie, économie, psychanalyse et esthétique (littérature et arts plastiques), son travail trace le champ d’une « économie symbolique ».

« Am See » de Catherine Weinzaepflen

Am See
Catherine Weinzaepflen

Première édition : 1985 (Flammarion)

Office 16/05/2007

Am See est un roman épistolaire : un échange de lettres entre deux personnages, Camille et Dominique. On ne connaîtra jamais ni la nature de leur relation, ni même leur identité sexuelle : le texte, en évitant les accords d’adjectifs ou de participes passés, prendra soin de ne pas lever l’ambiguïté des prénoms choisis.
Les deux personnages essaient de convenir d’un lieu pour se retrouver. Tout au long des lettres seront décrits des maisons, des paysages, des villes : à chaque lettre son lieu, son atmosphère, son charme propre. Mais la rencontre ne se produira pas : les paysages décrits constituent alors l’espace virtuel de la relation entre Camille et Dominique.
Am See, (« Au bord du lac », cliché germanique de la villégiature) est une invitation au voyage, ou plutôt une rêverie autour du voyage : autour de lieux attirants, mais jamais rejoints ; autour d’une rencontre désirée, mais pourtant toujours évitée.

La première version du texte Am See, intitulé La Parole nomade, a été mise en onde sur France Culture en 1980. Am See a été publié pour la première fois en 1985 aux éditions Flammarion.

« Catherine Weinzaepflen cultive la simplicité du style, les phrases courtes, l’économie, le dépouillement. » Josyane Savigneau, Le Monde des livres, samedi 12 janvier 1985.

« L’art et le talent de Catherine Weinzaepflen résident dans son écriture, créatrice d’une atmosphère captivante où tout est suggéré et rien précisé, où les mots coulent comme l’eau (omniprésente dans le livre), s’insinuent, murmurent ou s’enflent et nous tiennent sous le charme. » Michelle Gautheyrou, Le Figaro, 8 mars 1985.

« Seule l’idée de partir et de s’établir ailleurs se dégage avec force dans ces lettres sensibles et oniriques. » Michel Ehrsam, La Croix, 9 février 1985.

« Pas une description qui ne nous émeuve. Nous ne pouvons nous retirer de cette lecture qui nous balade d’un point à l’autre de notre univers intérieur. Quel voyage ! » Jean David, VSD, 1985.

Catherine Weinzaepflen a publié ses premiers livres aux Éditions Des femmes : Isocelles (1977) et La Farnésine, jardins (1978). Romancière et poète, elle est également l’auteure, entre autres, de Portrait et un rêve (Prix France Culture 1983), L’Ampleur du monde, Totem (Flammarion), Ismaëla (Atelier des Brisants), Les Mains dans le jaune absent (Éditions du Scorff). En 2006, elle a reçu le prix Brantôme pour son roman Orpiment (Des femmes-Antoinette Fouque).

PROGRAMME HISTOIRE / SOCIETE

Re-Bonjour,

Suite à mon courriel « Bibliothèque des voix », je souhaite vous informer de la naissance de la « Bibliothèque des regards » aux Editions Des femmes.

Maître Georges Kiejman a inauguré cette nouvelle collection en partenariat avec les Editions Montparnasse en choisissant notre maison pour publier « Les grands procès de l’histoire ». Dans ce DVD, nous pouvons voir le célèbre avocat nous raconter trois procès historiques : l’affaire Caillaux (un procès politique), l’affaire Kravchenko (un procès idéologique) et le procès Pétain (une affaire d’Etat). Un DVD essentiel, idéal pour tous.

Par ailleurs, je vous rappelle que Monia Haddaoui, la maman de la jeune femme lapidée à Marseille en 2004, aujourd’hui apaisée par l’issue du récent procès des meurtriers de sa fille, a choisi les Editions Des femmes pour éditer son livre choc « Ils ont lapidé Ghofrane » au sein de la collection « Témoignage ». Encore brûlant d’actualité.

… J’attends impatiemment votre intérêt/vos réactions sur le DVD de Georges Kiejman et/ou sur le livre de Monia Haddaoui, vos demandes de complément d’information etc

Restant à votre disposition

BIBLIOTHEQUE DES VOIX

Bonjour,

Nouvelle attachée de presse des Editions Des femmes, j’ai le plaisir de vous informer des huit livres audio (ou CD-livres) du printemps 2007, qui se répartissent comme suit :

Bibliothèque des voix des auteurs :
« La dernière femme » lu par Jean-Paul Enthoven
« La vie parfaite » lu par Catherine Millot
« Faire l’amour » lu par Jean-Philippe Toussaint
« Fritna » lu par Gisèle Halimi

Bibliothèque des voix des Voix :

« La maladie de la mort » de Marguerite Duras lu par Fanny Ardant
« Mélodrames romantiques » (Liszt, Schumann, Schubert) interprétés par Daniel Mesguich et Cyril Huvé
« Simplement compliqué » de Thomas Bernhard lu par Jacques Frantz
« L’excursion des jeunes filles qui ne sont plus » de Anna Seghers lu par Ariane Ascaride

« En 1980, j’ai eu envie de faire une « bibliothèque des voix ». A l’époque, il n’y en avait pas en France et très peu, non plus, ailleurs. Je voulais dédier ces premiers livres parlants à ma mère, fille d’émigrants, qui n’est jamais allée à l’école, et à ma fille qui se plaignait encore de ne pas arriver à lire, et à toutes celles qui entre interdit et inhibition ne trouvent ni le temps, ni la liberté de prendre un livre.
Je crois que par l’oreille on peut aller très loin… On n’a peut-être pas encore commencé à penser la voix. Une voix, c’est l’Orient du texte, son commencement. La lecture doit libérer, faire entendre la voix du texte -qui n’est pas la voix de l’auteur-, qui est sa voix matricielle, qui est dans lui comme dans les contes le génie est dans le flacon. Voix-génie, génitale, génitrice du texte. »
Antoinette Fouque

Formant des voeux pour que ces titres de livres audio sachent attirer votre attention, je me tiens à votre disposition pour tout complément d’information sur « La Bibliothèque des voix ».

Cordialement

« Res Nullius » de Pomme Jouffroy

Res nullius

Pomme Jouffroy

Office 10/05/2007

Un soir, regardant par la fenêtre, Arnaud surprend une femme dans son intimité. Il se découvre voyeur, puis amoureux. Pourtant cette femme pourrait être sa mère. Après l’avoir observée plusieurs fois en cachette, un jour il la rencontre, et lui dit : « Vous êtes la plus belle femme que j’aie jamais vue. » Elle s’appelle Hélène. Il naît entre eux une relation amoureuse, qui prend pour lui la forme d’un apprentissage : apprentissage de l’amour, apprentissage de la vie. Le récit, raconté par lui, puis à la troisième personne, nous offrira d’entrer brièvement, le temps d’un chapitre, dans ses pensées à elle, de découvrir le versant féminin de la relation.

Cette première histoire est entrecoupée par une seconde qui commence au troisième chapitre : celle de Paul (personnage-narrateur) et de Majnouna, son arrière-grand-mère. Majnouna est un surnom, qui signifie « la folle ». C’est ainsi que l’ont rebaptisée des membres de sa famille : parce qu’elle a eu la sagesse de comprendre que la proche disparition du pétrole allait bouleverser l’organisation mondiale, et qu’elle a réorganisé sa vie en vue de ce grand bouleversement. Paul trouve refuge auprès de Majnouna qui lui apprend tout ce que ses parents ne lui ont jamais appris : les livres, la cuisine, les chevaux, l’affection, les souvenirs, la valeur des choses. Son apprentissage se fait aussi auprès de ses cousins, tous engagés dans le cirque de ses parents. Mais Majnouna est très âgée, et Paul risque de la perdre. Juste avant de mourir, elle l’emmène dans un long voyage : elle veut lui faire voir le monde avant de s’en aller.

Ces deux histoires ont un point commun : grâce à une femme, un garçon et un jeune homme font l’apprentissage de la vie, ouvrent les yeux sur ce qui jusqu’alors leur était inconnu, et qui va pour toujours élargir leur horizon. Or ces deux histoires se rejoignent : le lecteur découvre progressivement que ces deux femmes n’en sont qu’une, racontée à deux périodes de sa vie. Et Arnaud réapparaît à la fin de la vie d’Hélène-Majnouna, pour l’aider à partir.

Dans un style dynamique et percutant, Pomme Jouffroy imagine deux périodes de la vie d’une femme, la première dans une France actuelle, la seconde dans une France d’après le pétrole : une femme vue à travers le regard de deux hommes, deux regards émerveillés qui font d’elle un personnage quasi mythique. Mais aussi un personnage miroir, puisqu’il renvoie au lecteur un regard très pertinent sur notre monde.

Pomme Jouffroy est chirurgienne à l’hôpital Saint-Joseph à Paris. Elle a publié un essai en 2002, Il n’y a plus d’hôpital au numéro que vous avez demandé… (Plon), et deux romans : Les Immortelles (Éditions du Palmier, 2005) et Rue de Rome (Des femmes-Antoinette Fouque, 2006).