Critique Babelio 3 d’Alphonse

Critique de Osito

Osito
10 février 2026
Alphonse est un être de la forêt, au caractère doux et rêveur. Un petit singe aimé de sa mère et de ses amis. Un jour, il est surpris dans sa félicité enfantine par l’irruption de l’âge de raison, qui lui vole le dixième de son âme. Commence alors un voyage initiatique et poétique, pour Alphonse et pour ses deux amis, Philomèle la Grive musicienne, et Eyquem, la fleur d’Elis. Les voici partis à la recherche du songe premier, que la forêt a envoyé dans le monde des hommes pour qu’il y estompe le chaos et y pourfende la laideur. Dans le monde des hommes et la Métronimique, rien n’est simple et beau, tout peut advenir, le pire surtout, et tout est gris, d’un gris métallique, menaçant et infiniment triste.
Le texte charme et bouleverse, il enchante tout en faisant réfléchir. Les personnages sont attachants, le style poétique, l’ambiance doucement onirique. On se surprend à craindre pour Alphonse et Philomèle, pour la candeur, pour la beauté, pour le chant des oiseaux et les nuages folâtres. Nos aventuriers sortiront-ils vivants et forts des épreuves qu’il faudra affronter? Echapperont-ils, corps et âmes, à un monde étranger à la belle nature, à un monde qui semble s’être voué à la violence et à la cupidité? Heureusement, ils font de belles rencontres, qui tout en illustrant les erreurs de l’homme (ou sa nature perverse et destructrice) confèrent à la quête d »Alphonse quelques moments de joie, l’expérience du mystère, le levier du dépassement..
Je remercie les éditions Fine Pluie qui m’ont donné la précieuse occasion de cheminer avec Alphonse. Merci également aux opérations Masse Critique, grâce auxquelles nous lisons souvent hors de nos sentiers battus, découvrant des auteurs et des livres que nous ne serions pas allés chercher sur les rayonnages des libraires. 
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