Actualités (NON EXHAUSTIF)
Les Éditions de La Découvrance : leur histoire
Début 2005, je rachète La Découvrance après avoir créé une maison d’édition pyrénéenne en 2002. Le catalogue de La Découvrance est alors composé de livres régionaux (toutes régions) et de livres maritimes. Le fond est constitué de près de 400 titres qu’une personne commercialisait directement auprès des libraires.
En 2006, j’opte pour une diffusion distribution nationale par le biais de De Borée et je restreins le catalogue à l’univers maritime.
En 2008, après la réorganisation (déménagement) de De Borée, je suis dans l’obligation de déposer le bilan. De soixante parutions annuelles, je décide de n’en publier que douze à quinze par année et je travaille seule après avoir licencié les deux salariées. Le plan de continuation est accepté.
En 2011, je confie la diffusion distribution à Pollen jusqu’au 30 septembre 2014.
Le catalogue de La Découvrance est d’inspiration océanique, des récits de navigation anciens et actuels, des fictions littéraires. Des auteurs récompensés par des prix littéraires et dont les romans sont appréciés au-delà des habitués du maritime : Olivier Bass ; Corentin de Chatelperron dont le livre et ses exploits ont fait l’objet de la presse nationale (TV France 2, Canal +, radio et papier comme Libération, Le Point, etc) encore ce début d’année malgré un livre paru en mars 2011 ; Roger Taylor, auteur anglais, traduit, remarqué par son minimalisme dans la presse nautique et par le prix Yann Quéffelec 2013 ; un journal de bord inédit de Lapérouse édité, etc
Aujourd’hui, il est temps pour La Découvrance d’évoluer vers l’aventure terrestre – tout en privilégiant le texte maritime – c’est pourquoi dès la rentrée 2014 – et dans un premier temps – seront réédités des textes anciens de voyageurs.
Enfin, un beau livre de photographies d’art vient de paraître avec le concours d’un professionnel, le premier d’une lignée sur le thème des couleurs de l’eau et de la terre.
En parallèle de l’édition des livres sous forme papier, La Découvrance produit des e-books au format epub.
– Principaux salons auxquels participent La Découvrance et ses auteurs : Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, Printemps du Livre de Montaigu, festival Livre et mer de Concarneau, la Mer en livres de Le Conquet, festival de Saint-Vaast-la-Hougue, festival Amerigo Vespucci de Saint-Dié, Grand Pavois de La Rochelle, Nautic de Paris, etc.
Catherine Artheix, directrice de La Découvrance
Le récit biographique de Claude Delay, préfacé par Jacques Laurent, sur le fondateur du restaurant Roger la Grenouille (accueillant la remise du Prix de la Page 112 en 2015 à Sylvain Tesson)
Ce livre de Claude Delay est aussi un restaurant où a été remis le 3ème Prix de la Page 112 à Sylvain Tesson mercredi 11 mars 2015
« Je voulais trouver une place où l’on mange… Je pensais qu’à une chose, c’est de manger. » C’est Roger Spinhirni, dit Roger la Grenouille, qui parle. Sa mère qui l’abandonne, son enfance misérable, l’orphelinat d’Elancourt, il n’oubliera jamais. Sa vie entière est une faim insatiable ; il n’a de cesse de la nourrir des souvenirs qu’il collectionne dans l’antre fétichiste de son restaurant de la rue des Grands Augustins. Manger, et surtout, faire manger, c’est le coeur de sa vie. Balthus, Fargue, Vitrac, Picasso, les Joliot-Curie, Mistinguett, Malraux, et bien d’autres, tous ses habitués, ses familiers, sa famille, attablés serrés comme on fait chez lui, l’ont compris.
Aujourd’hui, à la suite des artistes, des intellectuels et des hommes politiques, les touristes du monde entier se bousculent pour connaître l’un des lieux célèbres de Paris.
Mais Roger qui ramasse encore les miettes de pain sur les tables, s’il aime les grands de ce monde, nourrit aussi, et pour rien, les carabins sans le sou, les poètes affamés, les clochards et les gosses du quartier.
Claude Delay, subtilement, le laisse parler, et comme c’est son métier, elle déchiffre ses dires avec science, sympathie et humour.
« Ce n’est pas un hasard, dit Jacques Laurent, dans sa préface, que Claude Delay, après avoir écrit un livre sur Coco Chanel, en écrit un sur Roger la Grenouille. Cette jeune femme est attirée par les mystères de Paris. »
Jean-Luc Jeener du Figaroscope donne son opinion sur la mise en scène de Marie Montegani (Supplément du Figaro N° 21837 du mercrdi 22 octobre 2014)
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photos marilyn
Livres hebdo C
Les assassinats d’Henri Curiel et de Pierre Goldman revendiqués
Pierre Goldman et Henri Curiel. – DR
Dans Le Roman vrai d’un fasciste français (La Manufacture de livres), paru le 24 avril, René Resciniti
de Says, décédé en 2012, revendique les assassinats des militants d’extrême gauche Pierre Goldman
et Henri Curiel, à la fin des années 1970.
Le 4 mai 1978, Henri Curiel, militant communiste et anticolonialiste, dirigeant du réseau d’aide au FLN des
« porteurs de valises », est assassiné par deux hommes dans l’ascenseur de son immeuble à Paris. Le 20
septembre 1979, Pierre Goldman, autre figure de l’extrême gauche des années 1970, est tué par balle à
bout pourtant à quelques mètres de chez lui, dans le XIII e arrondissement de Paris. Ces assassinats, signés
par une organisation d’extrême droite inconnue, « Honneur de la Police », n’avaient jamais été élucidés.
Aujourd’hui, alors que les tueurs courent toujours, et que le dossier est clos, un homme revendique ces
deux meurtres. Dans Le Roman vrai d’un fasciste français, publié le 24 avril par La Manufacture de livres et
signé par le reporter Christian Rol, René Resciniti de Says, membre de l’Action française disparu en 2012,
indique avoir tué les deux militants d’extrême gauche pour le compte du SAC, la milice du parti gaulliste.
Alors que les archives des services secrets français demeurent toujours inaccessibles, le député écologiste
Noël Mamère demande l’ouverture d’une commission d’enquête.
Les deux affaires continuent, 35 ans plus tard, à faire couler de l’encre. En 2011, Futuropolis publiait un
roman graphique d’Emmanuel Moynot retraçant le parcours de Pierre Goldman, sous le titre La vie d’un
autre. Un portrait d’Henri Curiel, Un Homme à part, par Gilles Perrault, est également disponible chez
Fayard. Enfin, les deux affaires sont retracées dans Les dossiers noirs de la Ve République: quand la France
assassine au nom de la raison d’Etat (City).
Plan de l’exposition de Yiming MIN à l’Espace Cardin du 13 au 16 décembre 2014
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L’OREILLE DE LACAN DE PATRICE TRIGANO
Dandy solitaire, hypocondriaque, rongé par les manies, aux prises avec d’insurmontables problèmes sexuels, Samuel Rosen vit reclus dans son hôtel particulier du VIIe arrondissement de Paris, entouré de ses livres et de ses œuvres d’art, dans le regret de ne pas être entré en analyse avec Lacan lorsqu’il avait vingt ans. Sur le point de faire publier un « livre-événement » qui fait sa fierté tout en nourrissant ses doutes et ses angoisses, Rosen cherche à apaiser ses conflits intérieurs en s’évadant par la peinture, la musique, la littérature, une ascension du mont Ventoux sur les traces de Pétrarque, un pèlerinage à Rocamadour dans les pas de Francis Poulenc… sans succès, jusqu’au jour où, à l’occasion d’une retraite chez les moines trappistes, tout bascule…
Extrait : III DIVAN
(…) Douce rêverie ! Je me revois jeune étudiant à la fin des années 60, après que la grande aventure de Mai 68 a de façon indélébile imprégné mon esprit. Des problèmes de vertige, dont je ne me suis jamais départi, ruinaient alors mon quotidien. J’aspirais profondément à devenir un pensionnaire attitré du divan de Lacan. Et pour me familiariser avec le personnage dont la légende m’attirait, j’allais jusqu’à observer ses allées et venues depuis le trottoir situé en face de son domicile. Parfois, gêné de faire le guet durant de longues heures, je feignais d’attendre un ami à la sortie de l’École des langues orientales. Que serait devenue ma vie si j’avais eu du cran à l’âge de vingt ans ? Que se serait-il passé si j’avais eu le courage de pousser la porte… cette porte du 5 rue de Lille ? Lacan m’aurait reçu dans son cabinet saturé de l’odeur âcre de ses cigares « culebras ». À coup sûr, le jeune homme que j’étais aurait été impressionné par le regard inquisiteur, perçant à travers ses lunettes. Après l’échange des quelques mots nécessaires au service minimum d’une prise de contact, le célèbre analyste se serait contenté de m’indiquer d’un geste le chemin du divan. J’aurais pris l’habitude d’y venir deux fois par semaine. Muet comme une carpe, le Dr Lacan ne m’aurait qu’écouté. Face à un mur de silence, j’aurais vécu la redoutable épreuve de l’analyse. Ma dépendance à l’endroit du médecin serait devenue de plus en plus grande au fur et à mesure que, tombant de Charybde en Scylla, j’aurais fini par atteindre le tréfonds de mon désespoir. Puis un jour, je serais tout simplement remonté à la surface. Transformé. Libéré. Mes blocages auraient trouvé leur terme. En adoptant la formule du thérapeute : « Il ne faut jamais céder sur son désir », j’aurais assouvi mes besoins de défoulement. J’aurais pris le pouvoir sur mes maux, domptant puis annihilant leurs pouvoirs ravageurs. Mon quotidien aurait alors cessé d’être une épreuve sans arrêt renouvelée. J’aurais constaté que le monde avait décidé de ne plus m’être hostile. La peur m’aurait quitté, mes craintes se seraient dissipées. J’aurais appris à gérer mon ego, à profiter des satisfactions que procurent l’échange, le partage, la générosité, l’amour. Mes doutes auraient fini de gripper le moteur de mon existence. J’aurais accepté de pouvoir être jugé et cela m’aurait permis de devenir homme d’action. Je ne serais plus ce vieux fils de famille, replié sur ses collections, vivant dans l’opulence grâce à son héritage. J’aurais peut-être même créé une famille. En tout état de cause, j’aurais cessé d’être l’esclave de mes angoisses, la victime de mon enfermement. Mon extrême susceptibilité, mes perpétuelles contrariétés seraient devenues des prétextes à sourire, des obstacles transformés en tremplins. Mes vertiges se seraient limités à la peur de tomber. J’aurais entrepris, modelé mon avenir, fabriqué mon destin. Mon ouverture au monde m’aurait tout simplement tracé la voie d’un bonheur possible. (…)
L’Oreille de Lacan
Auteur : Patrice Trigano
Genre : Roman
Collection : Littérature
Date de parution : 2015
Editeur : La Difference
Pen-Club (28 avril 2010)













