Michèle Venard lit «À Voix Haute et Nue» ©

mv assise.jpgMichèle Venard se consacre au théâtre depuis l’âge de 16 ans.

Comédienne notamment, avec Roger Planchon ou Daniel Mesgich, elle poursuit des études de Lettres et de Philosophie jusqu’à l’obtention d’un doctorat sous la direction de Georges Couton (1978), et d’un diplôme d’arabe classique.

Sa double formation intellectuelle et pratique associée à un développement personnel la conduit à mettre en scène avec succès (cf. 100 pages du dossier de la presse nationale et européenne, dont Le Monde dès le premier spectacle sur Kafka avec Christian Fischer) une quinzaine de spectacles théâtraux et musicaux à Paris, (Centre Pompidou); en banlieue; à Bourges (Atn); à Malaga (Festival International) entreprenant avec des acteurs, des auteurs, des compositeurs, un éclairagiste, un travail artistique suivi.

L’un de ses spectacles De Sade, Juliette a fait l’objet d’une publication à l’Avant-Scène, d’un reportage diffusé au Journal de 20 h sur A2, un autre, Les 36 preuves de l’existence du Diable d’une invitation par Laure Adler au Cercle de Minuit (1996).

Ubu Enchaîné de Jarry, création pour laquelle la Compagnie de Michèle Venard En Perce Théâtre a salarié 35 personnes intégrait aussi des populations défavorisées. Un film commercialisé Permis de Passages en témoigne.

Michèle Venard a construit des émissions pour France-Culture dont le Cycle Présence Théâtrale de Jean Gillibert avec 8 heures d’émissions diffusées en février 2005. De cet homme de théâtre complet- acteur metteur en scène- adaptateur- auteur de plusieurs ouvrages sur le théâtre et l’art de ‘l’acteur et d’une trentaine de pièces-, elle a monté trois pièces et organisé plusieurs lectures de cette œuvre théâtrale complexe et flamboyante («le rêve d’une pensée»)

Michèle Venard a écrit deux livres d’histoire du théâtre, ainsi que de nombreux articles critiques et de réflexion.

Membre du Jury Capes Arts Plastiques, 3 ans professionnelle associée à l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre pour transmettre son art à de jeunes professionnels en formation, elle a été chargée par Robert Abirached du cours d’esthétique théâtrale à l’Université de Paris X.

Après un grave accident, elle crée et anime depuis 10 saisons, d’une manière indépendante, l’Atelier Permanent de Lectures et d’Écoute « À Voix Haute et Nue » © et active, dans ce cadre, des lectures de Nouvelles et textes brefs de grands auteurs très, peu, ou mal connus de la littérature mondiale, (Patricia Highsmith; Guy de Maupassant; Marguerite Yourcenar; Franz Kafka; André Hardellet; Gaston Bachelard; Paul Claudel; Léon Bloy; Bruno Schultz; Georges Bernanos; Dominique de Roux; Henry de Montherlant; Jean-Marie Turpin; Yukio Mishima; Edgar Poe; Auguste Villiers de l’Isle Adam; Anton Tchekhov ; James Joyce; Henri Michaux; Witold Gombrowicz; Stendhal; Henry James; Paul Verlaine; Jean Gillibert; Virginia Woolf; Stefan Zweig; Hans Christian Andersen; Luigi Pirandello; Alberto Moravia; Ernest Hemingway; Joseph Conrad; David-Herbert Lawrence; Herman Melville; Pierre Boudot; Knut Hamsun; William Faulkner; Pär Lagerkvist; Elsa Morante; Michel Tournier; Benjamin Péret; Julien Green; Jorge-Luis Borges; Tanizaki Junichiro; Ivo Andric; Joseph Kessel; Paul Morand; Yasunari Kawabata; Vassili Grossman; Jean Giono; Ambrose Bierce, Karen Blixen; Rainer-Maria Rilke; Julien Gracq; Jack London; Charles Baudelaire; Charles Dickens; Blaise Cendrars ; Pierre Jean Jouve; Fédor Dostoïevski; Mario Vargas Llosa;Oscar Wilde; Ivan Bounine; John Steinbeck; André Gide; Joseph Roth; Djuna Barnes; Arthur Rimbaud; Georges Bernanos; Albert Cossery; Michel Ossorguine; Mikhaïl Boulgakov; Miguel Torga; Scott Fitzgerald …

Le blog de l’artiste Michèle Venard

Contact presse : Guilaine Depis 06 84 36 31 85 / guilaine_depis@yahoo.com

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Libération a bien reçu le roman d’Olivier Javal ! Merci à Edouard Launet

1408483517.jpegArticle paru dans le Libé des Livres du 30 août 2012

« Rentrée en trois mots »

Par EDOUARD LAUNET

Chère Guilaine D., nous ne nous connaissons pas. Vous êtes attachée de presse dans l’édition, fonction pour laquelle nous avons non seulement du respect mais de l’affection. Fin juillet, vous avez envoyé au service Livres de Libération une enveloppe contenant un roman : rien de plus naturel à quelques semaines de la rentrée littéraire. Ce qui l’était moins, c’étaient ces quelques mots manuscrits ajoutés à l’encre violette sur l’enveloppe, juste à côté de l’adresse du journal:

«Premier roman (souligné)

* Judéité

* Trouble bipolaire

* Filiation»

Les critiques littéraires, ces gorets, se donnent rarement la peine d’ouvrir les livres. Ils se soucient encore moins de les lire, ni même de parcourir les communiqués de presse qui les accompagnent. Pis : sous l’avalanche saisonnière, certains n’ouvriraient même plus les paquets. C’est donc dès l’enveloppe qu’il faut capter leur attention. Pas avec un long discours (la Poste n’apprécierait pas), juste avec quelques mots-clés renvoyant à des thèmes jugés percutants, du moins en phase avec les préoccupations de l’époque. Judéité plus syndrome maniaco-dépressif plus transmission, cela forme un cocktail fort intéressant au regard des pathologies contemporaines. Mais d’autres triplets seraient tout aussi alléchants : * Inceste * Boulimie * Lubéron, par exemple. Ou encore : * Bouddhisme * Pédophilie * Psychanalyse.

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Jamais auparavant un roman ne nous était parvenu ainsi pré-indexé. Guilaine, vous avez innové. Mais votre souci d’efficacité cache sans doute un profond désespoir. Car si l’accompagnement des livres nécessite désormais de les résumer en trois mots sur l’enveloppe qui les véhicule, alors c’est qu’un pan entier de la culture est en train de s’effondrer.

Vous en êtes consciente. Vous avez choisi de résister, vous tenez bon malgré le profond écœurement qui vous saisit chaque fois que vous griffonnez des teasers sur les enveloppes. Bravo !

Accessoirement, vous venez de créer un nouveau divertissement pour salons parisiens – on dira «faire une Guilaine» -, consistant à résumer les grands classiques en trois mots incisifs chargés d’enjeux. Madame Bovary : * Infidélité * Pharmacologie * Produits bio. Les Misérables : * Incivilité * Seconde chance * Longues peines. L’Etranger : * Peine capitale * Trouble de la personnalité * Maghreb. Voyage au bout de la nuit : * Médecine sociale * Banlieue * Syndrome posttraumatique. Le Petit Prince : * Arts graphiques * Mouton * Aridité. Quelques ouvrages de référence peuvent subir le même traitement. La Bible : * Catastrophes naturelles * Judéité * Procréation assistée. Le Kama-sutra : * Hypersexualité * Géométrie dans l’espace * Maladies transmissibles.

En tout cas, Guilaine, votre technique s’avère d’une belle efficacité, puisque nous avons immédiatement ouvert le paquet, pour y découvrir le premier roman d’Olivier Javal (c’est un pseudo, semble-t-il), titré Clown blanc, nez rouge, aux éditions Kirographaires.

La quatrième de couverture tient assez bien les promesses de l’enveloppe puisqu’elle annonce : «Lorsqu’il découvre que sa mère a été une résistante et qu’une partie de sa famille a été déportée, Jacques s’interroge. Qui est-il vraiment : Juif ? Egyptologue ? Dépressif ? Entrepreneur ?»

Olivier Javal*, une autofiction ordinaire sur un sujet extraordinaire

clown.jpgDocteur puis chercheur en informatique, Olivier Javal, après un long passage dans l’industrie de l’informatique et des télécommunications bifurque vers la médiation familiale et le droit de la famille. Auteur d’une trentaine de nouvelles, dont certaines primées, il signe avec Clown blanc, nez rouge son premier roman.

* Ça, c’est la version officielle, celle écrite sur le roman. L’inavouable réalité, c’est qu’Olivier Javal est aussi polytechnicien, sous un autre nom. Il préfère le taire, pensant avoir davantage de chances d’être ainsi pris au sérieux comme écrivain.

Etrange appel téléphonique que le sien, hier matin, comme un cadeau du Ciel : « J’aimerais une attachée de presse… J’ai écrit un livre, oh pas grand chose, presque rien, mais peut-être quand même que si… C’est pourquoi je vous contacte, on ne sait jamais… »

Puis trois heures après en terrasse malgré l’orage au Flore « Ma femme me dit que j’ai une écriture « ordinaire »… Ce n’est pas très gentil : qu’en pensez-vous ? »

Plongée dans son roman depuis ce matin, j’en pense…le contraire ! Mais je vous laisse juge, aspirant à vous faire connaître et apprécier Clown blanc, nez rouge. L’écriture est « ordinaire » dans la mesure où tout est aussi compréhensible que dans Zola ou Balzac, ses maîtres.

S’il est fort humble, je ne trouve pas mon auteur si « ordinaire ».

« Clown blanc, nez rouge », premier roman d’Olivier Javal

Clown blanc, nez rouge, le premier roman d’Olivier Javal, vient juste d’être publié en juillet 2012 par les Éditions Kirographaires.

clown.jpgLa quatrième de couverture: 

Un père, un fils, une maladie transmissible.

Ce roman retrace la vie de Jacques, scandée par les ruptures engendrées par ses troubles, par ses amours et désamours, et ses relations compliquées avec son père et son frère.

C’est l’histoire de sa femme, Mary, qui n’arrive pas à assumer que son père était collabo.

C’est aussi l’histoire de Julien, leur fils, polytechnicien et bipolaire.

Lorsqu’il découvre que sa mère a été une résistante et qu’une partie de sa famille a été déportée, Jacques s’interroge.

Qu’est-il vraiment : Juif ? Egyptologue ? Dépressif ? Entrepreneur ? Tiraillé en permanence entre plusieurs parties de lui-même, Jacques finit par ressembler au duo le plus célèbre du cirque, le clown blanc et Auguste, le clown au nez rouge, qui se renvoient la balle sur scène, dans un jeu de rôles codé. 

Confronté à la retransmission des troubles bipolaires qui lui ont pollué la vie, Jacques va se battre.

Il a dominé sa maladie, il sauvera son fils.

ISBN 978-2-8225-0282-5

18,95€

Extraits de « Clown blanc, nez rouge » d’Olivier Javal

clown.jpgDans son roman, Olivier Javal raconte la vie  d’un bipolaire de 1968 à nos jours

 

« À peine avais-je terminé de domestiquer mes maux que je devais m’occuper de mon fils, touché sévèrement à tout juste vingt ans. Non ! Ce n’était pas à mon fils de pousser à nouveau le rocher. C’était à moi ! Mon fils était trop jeune, trop fragile, il n’était pas préparé, il allait se faire écraser! Je portais la souffrance de mon fils plus durement que j’avais porté ma propre souffrance. Au poids du boulet s’ajoutait le poids de la transmission. Je me devais de le guérir, c’était plus qu’un devoir de père, plus qu’une impérieuse nécessité humaine, c’était le sens même de mon existence qui était en jeu.»

« J’étais devenu un autre homme, avec une autre vie. Mon futur avait changé de perspective. Je n’étais plus celui que j’avais connu, l’entreprenant débordant d’enthousiasme, respirant la joie de vivre, je devenais potentiellement un légume se traînant d’hôpital en hôpital. »

« Je m’interrogeais, parce que je ne me reconnaissais plus tout à fait. J’étais tout à coup un autre qui s’était emparé de moi. Je ne m’habituais pas à l’idée d’être malade à vie, surtout d’une maladie psychiatrique. »

« Ma seule folie était d’être sûr que je vaincrai la folie, dût-elle être enracinée en moi, dans toutes les cellules de mon être, par un gène maudit. Ma maladie, devait se préparer de mauvais jours, car j’arrivais avec ma lance, sur ma mule caparaçonnée. »

« Je devais intégrer cette maladie psychiatrique et l’assimiler, c’est-à-dire la faire mienne pour la dompter, l’asservir, sans qu’elle disparaisse, sans que personne ne s’en aperçoive, et que moi-même je l’oublie. »

« Tout m’était facile. Il n’y avait plus de barrière. Je portais dans mon regard le pouvoir dont je me sentais imparti, et cela fascinait ceux qui le détectaient. J’étais devenu instantanément un héros, un peu surnaturel, comme tous les héros, mais tellement attachant. »

« Attention, le début de la phase d’excitation est trompeur. Je deviens progressivement plus intelligent, plus créateur, plus beau, plus puissant. Je pourrais trouver cela agréable, tu pourrais trouver cela génial ».

« C’est vrai, je suis revenu de tout. J’ai appris à m’assumer tel que j’étais, c’est sans doute ce qui me sauve. Je m’en tiens à une seule idée : accepter de regarder la vérité. Ca n’a pas été facile. J’avais démarré dans le déni. Depuis que je n’ai plus envie de me cacher, je m’estime guéri, même s’il y a encore quelques crises. »

« Car, sans qu’il y ait des preuves formelles, je savais que les prédispositions héréditaires du trouble bipolaire étaient mises en avant de nombreuses études. Le psychiatre n’avait sans doute jamais réfléchi au poids de la stigmatisation»

« La crise venait libérer mes pulsions fantasmatiques avec une grande violence. Cela ressemblait à des laves projetées sans préavis depuis les entrailles de la terre »

 

 

 

La transmission des troubles bipolaires, un problème de société ?

clown.jpgDans son roman Clown blanc, nez rouge, Olivier Javal raconte sa vie, touchée par les troubles bipolaires, et le calvaire de la transmission de la maladie à son fils.

Si l’on estime généralement autour de 1 million, le nombre de personnes atteintes de troubles bipolaires en France, la levée progressive du tabou sur la maladie et sa transmissibilité, en mettrait plusieurs millions dans le champ du doute : Puis-je être atteint ? Mon enfant peut-il être atteint ? Que faire ? Ce problème de société n’est encore traité que par les quelques spécialistes qui s’intéressent à la maladie. Il devrait se vulgariser pour répondre à une demande croissante. Troubles-bipolaires.com

Hypothèse génétique :

Tous les travaux scientifiques concordent pour constater que certaines familles sont plus marquées par la bipolarité que d’autres, et que cette fragilité particulière ne peut pas entièrement s’expliquer par les conditions partagées en termes d’éducation, de culture ou d’histoire familiale. Il existe bel et bien des facteurs génétiques associés à la maladie bipolaire. Ainsi le risque de développer une maladie bipolaire chez une personne donnée est multiplié par 5 à 10 lorsqu’un parent du 1er degré est atteint. De même, le risque est plus élevé pour des jumeaux identiques (40 à 70% de concordance) que pour des « faux jumeaux ».

Ces constatations vont dans le sens d’une transmission au moins partiellement génétique du trouble. Cependant, entre deux jumeaux identiques la concordance n’est pas de 100%, qu’ils soient élevés ensemble ou non : si l’un est atteint l’autre ne l’est pas toujours, infirmant ainsi la thèse d’un gène unique de transmission simple. Il est admis que plusieurs gènes de vulnérabilité interviennent et l’on parle de maladie « à héritabilité complexe ». 

Posséder les gènes de vulnérabilité ne détermine pas que l’on développera la maladie. Ainsi que dans l’hypothèse neuro-développementale, les conditions induites par la présence de ces gènes de vulnérabilité ne constituent qu’un état de fragilité, dans lequel le sujet est plus à risque de développer la maladie bipolaire que celui qui ne présente pas ces conditions. Des études génétiques ont permis d’identifier certaines régions pouvant contenir des gènes de vulnérabilité, notamment sur les chromosomes 9, 10, 14, 13, 22. Bien sûr d’autres pistes sont en voie d’exploration.

Mes enfants vont-ils être atteints de troubles bipolaires ? 

Rassurez-vous, le fait d’avoir des prédispositions à développer la maladie, ne veut pas dire que l’on va la développer. Cette maladie se caractérise par l’alternance de périodes d’excitation marquée, appelées phases maniaques, et de dépression profonde. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé situe ces troubles au 6e rang mondial de handicap.Au fur et à mesure que les patients se dévoilent, le risque sur leur parenté se révèle. Il faut le gérer, répondre aux multiples interrogations, de ceux qui pourraient être atteints et dont les enfants pourraient être atteints.

Vus les millions de personnes concernées le nombre de professionnels formés se révèle insuffisant. Connaissez-vous une maladie qui atteint 750 000 personnes en France, avec un risque important de transmission sur leurs proches ? Cela veut sans doute dire que plusieurs millions de personnes ont des prédispositions pour la développer. Il s’agit des troubles bipolaires, appelés autrefois, psychose maniaco-dépressive, d’un nom à faire peur. Les frères et sœurs de personnes touchées par un trouble bipolaire ont un risque dix fois supérieur à celui de la population générale d’être eux-mêmes atteints. Ce risque est multiplié par trente lorsque les enfants ont leurs deux parents atteints de troubles bipolaires. L’agrégation familiale ne témoigne pas forcément de l’influence de facteurs génétiques. D’autres éléments, à commencer par les facteurs environnementaux, sont également très fortement partagés par les familles.

Taboue, depuis des siècles, occultée comme honteuse, la maladie commence à se faire connaître, d’autant plus que de nombreux traitements, médicamenteux ou non, permettent d’éviter et de contrôler les crises. A ce titre, la psychoéducation, permet au patient et à sa famille de gérer les situations critiques. Au fur et à mesure que les patients se dévoilent, le risque sur leur parenté se révèle. Il faut le gérer, répondre aux multiples interrogations, de ceux qui pourraient être atteints et dont les enfants pourraient être atteints. Vus les millions de personnes concernées le nombre de professionnels formés se révèle insuffisant.


La maniaco-dépression est-elle une maladie génétique ? (10.10.2010)

clown.jpgLa réponse du Dr Stéphane Jamain, chargé de recherche dans l’équipe de psychiatrie génétique de l’unité inserm 955 à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), membre de la fondation fondaMental. 

La psychose maniaco-dépressive, également appelée trouble bipolaire, est une maladie mal connue du grand public en dépit d’une fréquence élevée dans la population. En effet, on estime que ce trouble affecte plus de 1% de la population dans le monde, soit près de 750.000 personnes en France.

Cette maladie se caractérise par l’alternance de périodes d’excitation marquée, appelées phases maniaques, et de dépression profonde. Ces variations d’humeur sont entrecoupées de phases durant lesquelles l’humeur des patients est stable. Les phases maniaques peuvent se manifester par des périodes d’euphorie, d’excitation exagérée, d’infatigabilité avec un sentiment de toute-puissance, mais ce sont également des périodes de grande irritabilité et d’hypersensibilité émotionnelle, les rendant aussi difficiles à vivre que les périodes dépressives. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé situe ces troubles au 6e rang mondial de handicap.

De nombreuses études ont suggéré une contribution importante des facteurs génétiques dans la manifestation des troubles bipolaires. En effet, on constate que lorsqu’une personne est atteinte de troubles bipolaires, ses proches parents ont plus de risque de développer également la maladie, avec un risque qui augmente proportionnellement aux liens de parenté. Par exemple, les frères et sœurs de personnes avec un trouble bipolaire ont un risque dix fois supérieur à celui de la population générale d’être eux-mêmes atteints. Ce risque est multiplié par trente lorsque les enfants ont leurs deux parents atteints de troubles bipolaires.

Néanmoins, l’agrégation familiale ne témoigne pas forcément de l’influence de facteurs génétiques. D’autres éléments, à commencer par les facteurs environnementaux, sont également très fortement partagés par les familles. C’est pourquoi seules les études de couples de jumeaux nous permettent véritablement de différencier la part environnementale de la part génétique. Ainsi, on constate que le risque pour l’un des jumeaux d’être atteint sachant que l’autre a déjà manifesté la maladie est de 50% chez les vrais jumeaux, qui partagent 100% de leur patrimoine génétique, alors qu’il n’est que de 10 % chez les faux jumeaux, qui ne partagent que 50% de leur génome. Ceci nous permet d’estimer à un peu plus de 60% la part de la maladie expliquée par les gènes dans les troubles bipolaires.

De nombreuses études génétiques ont essayé d’identifier ces gènes de vulnérabilité à la maladie et les modifications qu’ils subissent pour augmenter le risque d’être malade. Cependant, aucun gène n’a clairement été identifié à ce jour comme jouant un rôle dans la vulnérabilité au trouble. 

Difficultés de diagnostic

Les études les plus récentes ont comparé l’ensemble du génome de plusieurs milliers de personnes avec un trouble bipolaire à plusieurs milliers de personnes non atteintes. Elles ont ainsi pu suspecter que certains gènes pourraient très légèrement influer sur cette vulnérabilité, mais surtout que ces troubles provenaient de l’action combinée de plusieurs milliers de gènes, qui, selon les combinaisons, pouvait augmenter le risque individuel d’être malade. Ces résultats soutiennent parfaitement l’observation faite au sein de familles de la très grande hétérogénéité des symptômes observés au cours du trouble bipolaire, qui, selon toute vraisemblance, proviendrait de la variation de ces combinaisons. 

De cette très grande variabilité clinique provient également la très grande difficulté du diagnostic, accentuée par l’absence de marqueur objectif de validité, comme peut l’être le taux de glycémie dans le diabète.

C’est pourquoi le ministère de la Recherche a créé en 2007 la fondation FondaMental, une fondation de recherche et de soins en santé mentale, permettant d’apporter une aide au diagnostic par une consultation en centres experts sur le trouble bipolaire. Cette fondation a également pour objectif de proposer de participer à des projets de recherches, qui aideront, grâce à la participation de grandes familles, à identifier les gènes de vulnérabilité aux troubles bipolaires et ainsi à mieux comprendre les mécanismes biologiques impliqués dans ces troubles (informations et dons à la fondation FondaMental). 

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Maladie maniaco-dépressive ou troubles bipolaires dans Orphanet (2004)

clown.jpgMaladie maniaco-dépressive ou troubles bipolaires. 

Encyclopédie Orphanet, janvier 2004

http://www.orpha.net/data/patho/FR/fr-troublesbipolaires.pdf 

Auteurs : Dr Chantal Henry, Dr Christian Gay 

Résumé 

Les troubles bipolaires  sont caractérisés par la survenue généralement répétée d’épisodes dépressifs, maniaques, hypomanes ou mixtes, séparés par des périodes au cours desquelles les  sujets sont a priori indemnes de dysfonctionnement psychique majeur. Les troubles de l’humeur ont été baptisés  successivement psychose maniaco-dépressive, maladie maniaco-dépressive  puis  selon les classifications actuelles troubles bipolaires. Il s’agit d’une pathologie fréquente dont la prévalence sur la vie entière au sein de la population générale est estimée à environ 1 à 2%. 

Son déterminisme est complexe, il associe des facteurs de vulnérabilité génétique et des facteurs environnementaux. L’existence d’une vulnérabilité génétique vis-à-vis  de la maladie maniaco-dépressive  est  établie depuis longtemps. Elle repose sur  l’observation d’une augmentation du risque de présenter la maladie chez les apparentés de premier degré (10%) ; les  études de jumeaux donnent également des arguments en faveur de  cette hypothèse. Le traitement des troubles bipolaires repose sur le traitement des accès aigus et sur la prévention des rechutes. Si les traitements médicamenteux sont essentiels, il est indispensable de proposer une aide psychologique adaptée au patient et à son entourage immédiat. Dans une grande proportion des cas, lorsque le traitement préventif des rechutes est correctement suivi le  retentissement social, relationnel et professionnel  est minime. 


Carte blanche à Jean-Pierre Luminet (Halle Saint-Pierre)

Voici la présentation de la soirée, « Carte blanche aux écrivains fous de piano » (à 19h30, sur une idée de Catherine David), recopiée du site de la Halle Saint-Pierre, splendide lieu montmartrois dédié à l’art et à la pensée animé avec brio par Martine Lusardy   

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Carte blanche à Jean-Pierre Luminet, astrophysicien, romancier, poète, pianiste…

Eléments biographiques

 

Recherches scientifiques, écriture et musique, l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet mène toutes ces activités avec une égale passion. Directeur de recherches au CNRS, spécialiste des trous noirs et de tout ce qui est invisible dans l’univers, il travaille aussi sur la mystérieuse théorie des cordes et sur les harmoniques du rayonnement fossile. Il a été maintes fois récompensé par des prix internationaux.

Son impressionnante bibliographie peut –être consultée sur le site  http://luth2.obspm.fr/~luminet/ . Elle contient à la fois des ouvrages théoriques sur les modèles d’univers ou la naissance des étoiles et des romans inspirés de l’histoire des sciences, dont les héros s’appellent Copernic, Galilée ou Newton.

Ce n’est pas un hasard si son laboratoire de recherches à Meudon a été baptisé le LUTH, car Jean-Pierre Luminet est aussi pianiste depuis l’enfance, et contrairement à la plupart d’entre nous il circule aisément entre le classique et le jazz, entre Thelonious Monk et Astor Piazzolla, Jean-Sébastien Bach et Franz Schubert. Il lui arrive aussi de composer et il nous en donnera des exemples, entrecoupés de lectures de textes et de poèmes.

 

A lire, son dernier ouvrage, paru en mai 2010 : Bonnes nouvelles des étoiles, Jean-Pierre Luminet et Elisa Brune (éd. Odile Jacob)

 

Dîner offert par Jean-Pierre Luminet et l’exquise poétesse Vivian Lofiego à « L’été en pente douce », 23 rue Muller et retour en Vélib. Pour le repas (souris d’agneau confite, purée, jus de cèpes), j’étais à côté d’Etienne Klein, autre physicien écrivain.

 

Sur « L’été en pente libre », on trouve sur internet :

 478234_430x.jpgUn bel ancrage près du Sacré-Coeur

Un jour, une ancienne boulangerie du début de siècle est transformée en restaurant. Entre déjeuner et dîner, le lieu devient salon de thé. Côté cuisine, découvrez grâce à Jean-Luc Brillet la diversité des champignons – vous les retrouverez même au dessert (aspelstruddel aux cèpes ou nougat glacé aux cèpes)-, mais aussi d’autres plats plus traditionnels de la cuisine française.

Côté décor, c’est un charmant bistrot parisien clair, situé à quelques pas du Sacré-Coeur, et surtout avec une terrasse mi-ombragée, mi-ensoleillée, donnant sur le parc de la Butte Montmartre. Un moment de détente assuré en période estivale…

« La Walkyrie » en direct du Met (New-York) au Gaumont Parnasse

WalkyrieMet01.jpgPremière fois que j’assiste depuis une salle de cinéma (le Gaumont Parnasse) à un opéra en direct de New-York

Recopé du site de La Croix : « La Walkyrie » clôt la saison du Met au cinéma

C’est avec une retransmission wagnérienne, en direct depuis le théâtre lyrique new-yorkais, que s’achève la saison 2010/2011 du Met sur grand écran.

Dans la mise en scène de Robert Lepage, James Levine dirige l’orchestre de la maison et un plateau de chanteurs de grand luxe.

 Sur l’affiche du spectacle, opulente chevelure rousse et visage altier, la soprano Deborah Voigt toise de son regard de Walkyrie le public venu en nombre écouter cette nouvelle production du Met. Il faut dire que le spectacle collectionne les « ingrédients » aptes à aiguiser l’appétit des amateurs. Extrait ICI.

Comme le prouvera sans doute la retransmission en direct samedi prochain 14 mai, dans les salles de cinéma de 44 pays différents – dont plus d’une centaine en France – la promesse d’excellence fut parfois tenue, parfois non.

 Au rang des déceptions, la mise en scène du Canadien Robert Lepage semble bien conventionnelle compte tenu du dispositif technique formidable dont elle bénéficie. Pourtant, le prélude laisse augurer du meilleur. Tandis que l’orchestre déchaîne un torrent de violence contenue et de passion à fleur de notes, les longues planches de bois mobiles qui sculptent le décor deviennent autant de sombres et gigantesques troncs d’arbres d’où émergera Siegmund fuyant ses ennemis.

 Cette forêt en marche est impressionnante, grandiose. Mais, si l’on excepte le rocher vu du ciel où s’endormira, à la fin de l’ouvrage, la Walkyrie rebelle, rares sont ensuite les images aussi spectaculaires. Comme si les idées avaient manqué au metteur en scène pour exploiter l’ingéniosité irréprochable de son outil mariant informatique et vidéo.

 LA DIRECTION DE JAMES LEVINE AVANCE SANS LOURDEUR

WalkyrieMet02.jpgQuelques images sont mêmes franchement ratées comme cet affreux fond vert salade qui accompagne de manière bien trop littérale le sublime chant du printemps au Ier acte.

Réserves aussi face au rôle-titre. Engagée, belle en scène en dépit de son costume sorti d’un film d’héroïque fantaisie pour adolescents – tous les protagonistes hors Sieglinde et la déesse Fricka, arborent cottes de mailles, armures passées au Miror et perruques aux boucles sauvages cascadant sur les épaules – Deborah Voigt n’a ni le timbre ni la ligne vocale rayonnante que l’on attend de Brünnhilde.

Sa vaillance certaine ne triomphe qu’aux dépens de la justesse parfois, du charme souvent, de la musicalité presque toujours. En revanche, ses sœurs les Walkyries ne sont jamais ces mégères glapissantes auxquelles nous condamne trop fréquemment la célébrissime Chevauchée. Prouvant que, bien chantée, cette page est d’une vigueur somptueuse mais non brutale.

Les spectateurs des salles de cinéma pourront goûter pleinement les atouts de la production. Déliée, colorée, soucieuse de ne jamais écraser les chanteurs sous le flot orchestral, la direction de James Levine est de celles qui avancent sans lourdeur, épousant l’élan dramatique. Peut-être, notamment au Ier acte, un zeste de lyrisme supplémentaire eût magnifié encore davantage l’émotion de cette partition incroyable. 

WalkyrieMet03.jpgD’autant qu’aux côtés de la frémissante Sieglinde d’Eva-Maria Westbroek, le magnifique – à tous les sens du terme – ténor Jonas Kaufmann incarne un Siegmund irrésistible. Pour sa prise de rôle, l’artiste traîne aussitôt tous les cœurs après soi. Son timbre sombre et pourtant irradiant creuse les notes graves tandis que les aigus éclatent comme des soleils, soudain voilés de nuances d’une douceur troublante dont il a le secret.

Autre « vedette » masculine de la Walkyrie , la basse Bryn Terfel campe un Wotan dont on ne doute pas une seconde qu’il est le dieu des dieux, le maître du tonnerre. Sa stature majestueuse s’accommode sans l’ombre d’un ridicule du costume « too much » dont il est revêtu. Sa voix mordante sur l’ensemble de la tessiture et sa diction superlative nourrissent le feu dont il enflamme son personnage de père sacrifiant successivement ses deux enfants.

WalkyrieMet04.jpgÀ la fin du IIIe acte, ses adieux à sa fille tant aimée sont à la fois superbes et bouleversants, laissant l’auditeur pantois. Et reconnaissant face à tant d’intense splendeur. Extrait 2 ICI

PROCHAIN ÉPISODE DE CE « RING » NEW-YORKAIS LE 5 NOVEMBRE 2011

On l’attend maintenant avec impatience dans Siegfried , le prochain épisode de ce Ring  new-yorkais, retransmis le 5 novembre 2011. Une séance parmi les onze que prévoie la 6e saison (2011/2012) de « The Metropolitan opera on the big screen » (le Metropolitan sur grand écran)… Elle s’ouvrira le 15 octobre sur Anna Bolena  de Donizetti, là encore avec une constellation lyrique !

WalkyrieMet05.jpgÀ voir la page consacrée au cycle de Wagner sur le site du Met, une mine de renseignements, de vidéos, d’interviews, où se perdre avec délectation. EMMANUELLE GIULIANI, à New-York