Qui connaît le Storytelling ? Jeanne Bordeau – admirable jonction du monde littéraire et du monde de l’entreprise – m’y a initiée aux côtés d’entrepreneurs dans son Institut de la Qualité de l’Expression (23 avenue d’Iéna)
Auteur : Guilaine Depis
Muriel Mayette, Administrateur général de la Comédie française, et Les Valseuses
Café de Femmes 3000, au Flore de 19h à 20h30, avec ce mardi 3 mai pour invitée…
Muriel Mayette. Carrément celle qui m’a le plus subjuguée depuis que ces rencontres existent.
Sa présentation sur le site de Femmes 3000 :
Muriel Mayette est administrateur général de la Comédie Française, et première femme à diriger cette institution tricentenaire. Tombée dans la marmite théâtrale très jeune, lauréate du Concours du Conservatoire en 1982, elle fut engagée en 1985, à 21 ans à peine, au Français, où elle fut dirigée par Antoine Vitez et Jacques Lasalle. Elle a joué avec Jean-Paul Roussillon, J.L Boutté et bien d’autres. Elle a signé elle-même des mises en scène de Corneille, Thomas Bernhard, Shakespeare ou Marivaux, faisant rentrer au répertoire Koltès ou Dario Fo. Issue de la troupe, en connaissant bien les habitudes, elle est un administrateur apprécié et les dernières productions sont autant de gages de haute qualité artistique, comme de succès populaires.
Venez écouter une dame qui n’a pas froid aux yeux dès qu’il s’agit de promouvoir une certaine qualité française…
NB : Muriel Mayette est officier de l’ordre des Arts et Lettres. Petite curiosité : son poste d’administrateur fait d’elle le 39e personnage de l’État par ordre protocolaire
Puis…
…Linguines aux palourdes, sauce à l’ail et piments ici
Merci la France et vive la culture !
5 euros mon billet d’hier pour la pièce de Shakespeare à la Comédie française, 8 euros mon billet pour le sublime ballet « Mats Ek » à l’Opéra Garnier la veille.
Dans les deux cas, billets simplement trouvés au guichet une heure avant et places excellentes avec parfaite visibilité. Il faut être bien bête pour se priver de tels spectacles proposés par Paris.
Merci la France et vive la culture !
« Les Joyeuses Commères de Windsor » à la Comédie française
Pas ma tasse de thé, « Les Joyeuses Commères de Windsor », je n’ai pas été émerveillée comme je le suis si souvent aux spectacles.

L’humour lourdingue de ce gros Falstaff ne m’a pas fait rire, ni attendrie, et tout m’a paru grandiloquent, frôlant le ridicule – en particulier le langage à la sauce Zyva qui ne sied pas du tout à Shakespeare.
« Mats Ek » à l’Opéra Garnier
D’une beauté à couper le souffle : le ballet « Mats Ek » (« La Maison de Bernarda » et « Une sorte de… ») dont je sors ce soir à Garnier.

Absolument renversant, surtout dans la représentation des corps amoureux…
« La Pompadour et les créatures » par Mâkhi Xenakis
Ce soir, la présentation de « La Pompadour » à la Galerie de la céramique, de Mâkhi Xenakis sur le livre de laquelle il y a un article de moi dans le Magazine des Livres en kiosques…
Divines créatures, par Guilaine Depis 😀
Le livre est rose et précieux, comme l’irrésistible biscuit en porcelaine de Sèvres représentant la Pompadour réalisé par Mâkhi Xenakis pour répondre à une commande de l’illustre Manufacture royale. Délicatement érotique, gourmande, émouvante, cette nouvelle statuette de la sculptrice est une ode supplémentaire à l’éternel féminin. Regroupant tous les fantasmes, en particulier celui de la fécondité, dans ses généreuses rondeurs, la créature dernière-née à l’effigie de la Pompadour exhale une troublante candeur pouvant être appréhendée comme un sortilège de séduction. Figure emblématique du XVIIIème siècle, courtisane libre, pompeuse et zélée, la raffinée maîtresse de Louis XV ainsi que l’envisage Mâkhi Xenakis est d’abord animale, vulnérable, fortement sexuée. Il ne s’agit pas d’une erreur, simplement d’un autre regard posé sur elle, celui d’une artiste toute puissante faisant renaître un radieux personnage de l’Histoire de France pour notre bon plaisir. Dans cet écrin relié, on trouve un long texte poétique inédit de Gilbert Lascault, incontournable critique d’art, disgressions infinies sur la couleur rose. Ainsi qu’un second, plus bref et plus intense, témoignage de Mâkhi Xenakis sur les racines et l’expérience de sa création tellement géniale – « géni(t)ale » dirait Antoinette Fouque – et singulière. Gisent encore quelques trésors sous forme de photos où nous contemplons de plus célèbres dessins et œuvres de ciment ou résine issues des mêmes mains de fée, celle de la créatrice qui est un jour allée trouver outre atlantique Louise Bourgeois, herself, en lui demandant de lui « sauver la vie ». Ca a marché !
La Pompadour et les créatures, par Mâkhi Xenakis, éd. Actes Sud/Sèvres-Cité de la céramique, 17 euros.
« Maurice Nadeau, le chemin de la vie » au Théâtre de l’Odéon / Dominique Noguez
Un pastiche érudit et subtil, par Guilaine Depis
Ce que Noguez, normalien, agrégé de philosophie, docteur ès lettres, Prix Fémina et bien d’autres choses préfère, c’est sans aucun doute mettre son immense talent et sa culture infinie au service de l’humour. En effet, l’auteur du très drôle Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot, 2001) revient avec le meilleur des canulars littéraires de l’année. Il n’est pas surprenant que Maurice Nadeau, connaissant sur le bout des doigts les auteurs classiques et les œuvres d’origine exquisément parodiées par l’espiègle Dominique, ait souhaité en l’éditant en faire partager la délicate saveur au plus grand nombre. Constitué d’une succession d’exercices d’imitation aussi féroces que divers, cet ouvrage est un régal en soi. L’imagination farfelue de l’auteur nous fait décoller de nos êtres confortablement installés dans la facilité de lectures conformistes et assoupis par leur monotonie. Ici, comme le titre l’indique, enfin un quatrième livre des Essais de Montaigne, sur sa période partouzes… Moult détails à l’appui ! Egalement la vie d’un « cul de zatte » décapité, pour éviter les lettres à jambage : g, j, p, q et y, commise par un Oulipien ultra-intégriste, deux Mythologies inédites de Roland Barthes, un inédit d’Henri Bergson, des indiscrétions sur la rentrée littéraire de 2016 et un scoop sur l’élection présidentielle de 2027. Dominique Noguez, sublime farceur, s’en donne à cœur joie et la mayonnaise prend corps. Soyez prêts à être décoiffés : le style est ébouriffant!
Montaigne au bordel et autres surprises, par Dominique Noguez, éd. Maurice Nadeau, 145 pages, 20 euros.
Fabrice Luchini pour toujours
Christine Spengler et Coco Dias
Le grand Coco Dias, maître du tango argentin et professeur de mon époustouflante Christine Spengler, m’a convaincue ce soir avec elle d’essayer le temps d’un cours le lundi de Pâques. Le blog de Christine Spengler, photographe de guerre et tant d’autres choses, à découvrir absolument !
« Tosca » de Puccini, mise en scène Werner Schroeter, et le Café des Anges avec Greta et Philippe
Mercredi soir, la première de Tosca à Bastille, très belle mise en scène de Werner Schroeter…


