
L’ECHO-LA MARSEILLAISE
BREVES – INFOS
La culture au grand jour
Le Prix Brantôme obtenu en 2006 par Catherine Weinzaepflen (Orpiment, Des femmes-Antoinette Fouque) vient d’être décerné en 2009 à Bertran de Born de Jean-Pierre Thuillat…
Guilaine Depis, attachée de presse (Balustrade)
Rampe de lancement ! Appuyez-vous sur la balustrade !

L’ECHO-LA MARSEILLAISE
BREVES – INFOS
La culture au grand jour
Le Prix Brantôme obtenu en 2006 par Catherine Weinzaepflen (Orpiment, Des femmes-Antoinette Fouque) vient d’être décerné en 2009 à Bertran de Born de Jean-Pierre Thuillat…
publié sur ses deux blogs très fréquentés par Alan Argoul, jeudi 12 novembre 2009 (Argoul)
http://www.medium4you.be/Nathalie-Sarraute-Tropismes-et.html
http://argoul.blog.lemonde.fr/2009/11/12/nathalie-sarraute-tropismes-et-autres-textes-lus/
Les livres audio sont loin d’être des livres idiots. Vous me direz : « Mais la lecture se fait par le regard, prononcer les mots qu’on lit est archaïque et freine la pensée ! » Certes, mais rien ne vous empêche de lire, puis d’écouter ; ou d’écouter d’abord, puis de lire. Les deux démarches ne s’excluent en rien, elles sont complémentaires.
Surtout pour un auteur amoureux des mots, qu’elle aime à lentement prononcer en les laissant rouler sur la langue. Vous accédez alors à une autre dimension de l’œuvre, celle du conte, de la réflexion en causant, comme jadis le soir à la veillée. Nathalie Sarraute lit de sa voix lente, détachée, un peu traînante. Avec une pointe d’accent social du siècle dernier qui n’est pas le français standard mais un usage léger de salon. Elle rythme la lecture à haute voix comme si elle désirait ralentir la pensée pour bien faire pénétrer. Massage des mots, crème des idées, huile des formules. Le vibrato de la sensation pénètre la lecture, ce qui est impossible avec le seul regard.
Pour Nathalie Sarraute, les mots sont faits pour être dits.
Sur les 15h18 d’enregistrement, l’auteur partage la lecture avec Madeleine Renaud et Isabelle Huppert. Les œuvres suivantes sont lues à haute voix : Tropisme, Entre la vie et la mort, L’usage de la parole, Tu ne t’aimes pas, Ici. Deux CD Mp3, lisibles non en voiture mais sur ordinateur et tout autre lecteur Mp3, offrent des heures de mots lus. Et vous pouvez toujours emporter l’édition de la Pléiade en plus.
Nous sommes dans l’intime de la sensation première où mots et impressions se répondent. « Eh bien, quoi, c’est dingue ! » Ce leitmotiv qui revient dans L’Usage de la parole dit l’étonnement de l’auteur face à cette expérience inouïe.
Nathalie Sarraute, Tropismes et autres textes lus, éditions des Femmes Antoinette Fouque, La bibliothèque des Voix, novembre 2009
Nathalie Sarraute, Oeuvres complètes, Pléiade Gallimard, 67.15€
A l’occasion du millième numéro de La Quinzaine Littéraire, Gilles Nadeau a interviewé les membres du comité de rédaction. Si vous préférez regarder les extraits vidéos de l’interview de Laurence Zordan, écrivain, spécialiste en géopolitique et stratégie et collaboratrice de La Quinzaine Littéraire depuis mai 2008, plutôt que d’en lire le décryptage ci-dessous, suivez le lien : http://laquinzaine.wordpress.com/tag/laurence-zordan
1) Géostratégie et littérature
L’originalité de la Quinzaine c’est de ne pas en rester à des sujets extrêmement pointus ou spécialisés, qui forment le quotidien de mon activité, puisque je suis plutôt spécialisée dans les questions, les thèmes de géostratégie et de sécurité. Le propre de la Quinzaine ça a été de me permettre d’écrire sur ces sujets mais en intégrant mes contributions dans un ensemble évidemment plus vaste. Et, à une époque où on parle de pluridisciplinarité, de fécondation croisée, de fertilisation croisée des savoirs, c’était quand même une formidable opportunité que de voir un article sur le terrorisme voisiner avec la recension de tel ouvrage romanesque. Donc c’est cette façon de se côtoyer qui me semble éminemment intéressante. Et j’avoue que, non sans malice j’y ai vu l’occasion de rapprocher les sujets les plus austères de ceux qui sont beaucoup plus – je n’ose pas dire léger ce serait péjoratif – mais plus pétillants.
Cette curiosité n’est pas morbide mais on ne peut cultiver non plus le déni et faire comme si cela n’existait pas. Ce serait au contraire le conforter que d’en nier l’existence et de fermer les yeux, de jeter quelque voile pudique. Donc je crois qu’il y a un effort de lucidité et dans lucidité il y a lumière. Et quand je disais à l’instant que Maurice Nadeau était aussi un éveilleur, et pas simplement un fondateur ou un découvreur, Il y a une façon aussi de lire, d’apprendre à lire, car finalement on découvre, en écrivant, qu’on ne sait pas lire : à la limite on s’informe, on cherche à se divertir, mais lire c’est-à-dire essayer de relier, de faire en sorte que ce qui est étrange soit familier et, inversement, ce qui est bien connu soit non pas de la routine mais quelque chose d’étrange à son tour : ça c’est un véritable effort de lecture. Donc marcher en quelque sorte les yeux grand ouverts et non pas dans une espèce de somnanbulisme ambiant qui ferait que l’on se satisfait des images que l’on voit en croyant être informé. Donc, je le répète, pour moi, la lecture n’est pas seulement information ou divertissement, elle est effort de clairvoyance, de perspicacité.
2) Le décalage entre le monde et sa représentation dans nos esprits
Tout récemment encore, j’essaye de rapprocher deux ouvrages, l’un du Prix Nobel d’économie que je citais Paul Krugman sur la crise – il s’intitule Pourquoi les crises reviennent toujours – Et l’autre, celui du Professeur d’économie de l’Ecole Normale Supérieure Daniel Cohen La prospérité du vice. Et ce qui est tout à fait frappant c’est que ces deux ouvrages sont d’une limpidité phénoménale, et pour des sujets qui ont la réputation d’être abscons, être limpide c’est véritablement un tour de force, une prouesse, un défi, mais on aurait tort de croire que la limpidité ça consiste à être simplement éclairant. La limpidité ça consiste aussi à être clairvoyant et lorsqu’on traite de la crise et que l’on songe que la crise a été marquée par un accès au crédit en quelque sorte débridé, on s’aperçoit que, d’un côté, il y a accès au crédit et de l’autre information inaccessible et donc, dans un tel contexte, la limpidité devient un instrument de combat. Quand je parle de clairvoyance, c’est une limpidité pugnace, pour faire en sorte que les lecteurs soient non seulement informés, alertés, avertis, mais développent une certaine puissance de réflexion et finalement un langage critique.
Il y a cette incompréhension radicale tout au début, au principe des choses et, alors qu’on pouvait imaginer que les crises seraient récurrentes, eh bien non il y a une sorte d’aveuglement et c’est cela l’une des principales leçons. Les hommes font l’histoire mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font. Les plus grands – j’allais dire les plus grands exégètes des temps modernes – sont parfois impuissants à décrypter la réalité, donc, ça c’est la première leçon. La deuxième leçon c’est … qu’il n’y a pas de leçon, hélas, il n’y a pas de recette. On voudrait tellement formater, formaliser, modéliser, mais, à un moment donné, il y a quelque chose qui, dans la réalité, échappe et c’est la réalité elle-même et dans la réalité il y a res, la chose et les choses ne sont pas nos idées. Il y a quand même un décalage entre le monde et sa représentation dans nos esprits.
3) Le terme même d’idéologie est suspect
Le terme même d’idéologie à l’heure actuelle paraît extrêmement suspect parce qu’on a tellement glosé sur la fin, la mort des idéologies que je finis par me demander si le thème de la mort des idéologies n’est pas à son tour une idéologie. Sans vouloir jouer sur les mots, Il est vrai que il n’y a plus d’idéologie dominante. Néanmoins, le déclin des idéologies ne peut pas tuer les idées, et ne peut pas faire abstraction des représentations. La question est de savoir si nos représentations dictent le réel ou sont dictées par le réel. Je crois que la question ne se pose pas, non plus, en ces termes et qu’on ne peut pas se contenter d’inverser les termes de la célèbre phrase de Marx « L’heure n’est plus à l’interprétation du monde, il faut le transformer ». Là, on aurait tort de croire que il faut inverser les termes en disant « L’heure n’est plus à la transformation du monde il faut l’interpréter ». Je crois qu’il faut sortir de ce clivage interprétation- action, réflexion- prise de décision. Non, ce n’est plus comme cela que les choses se passent et lorsque je disais que la grande leçon c’est qu’il n’y a pas de leçon.. .à l’heure du cyberespace, à l’heure finalement de la révolution numérique, on ne réfléchit plus comme avant. On est obligé, nous sommes en tout cas invités, il nous est en tout cas fortement suggéré de trouver d’autres pistes et l’idéologie, pour répondre plus concrètement à votre question, consiste peut-être à redonner une certaine place au logos – Idéologie, idée et logie c’est-à-dire le logos, la parole et non plus simplement à des clics d’ordinateur : je crois qu’il faudrait une certaine éloquence. J’en appelle au sentiment de la rhétorique, à l’art oratoire …pourquoi pas.
4) Questions sur l’arbitraire
Je m’interroge toujours sur l’arbitraire : qu’est-ce qui me pousse à commenter tel ouvrage plutôt que tel autre, qu’est-ce qui me pousse à choisir un texte plutôt qu’un autre, quand on est devant une telle surabondance, et qu’est-ce qui me pousse à montrer la nécessité d’un texte – un texte – un vrai texte – un bon texte – un ouvrage dense, c’est un ouvrage nécessaire. Un ouvrage nécessaire qui fait que s’il n’avait pas existé, s’il n’avait pas été écrit, on n’aurait pas compris le monde de la même façon. Donc, lorsque vous m’interrogez sur les questions que vous auriez pu ou dû me poser, vous renvoyez, vous mettez l’accent, vous mettez le doigt puissamment sur cette question de l’arbitraire. Pourquoi m’avez-vous posé telle question plutôt que telle autre et c’est ça qui est plus que redoutable, c’est absolument terrible, parce que, d’un coup, le lecteur ou celui qui ose prendre la plume – car il faut une certaine audace – est renvoyé à l’arbitraire, à l’air du temps : il se demande si, justement, il n’a pas tiré au sort le texte en question comme on piquerait des olives dans un cocktail – excusez-moi d’être aussi triviale – Mais c’est une question majeure que vous me posez là et c’est peut-être la vraie question. Il n’y a pas de réponse parce que si on vous répond, là c’est une pirouette et c’est très facile, c’est trop facile, et ça manquerait non seulement d’honnêteté intellectuelle mais singulièrement d’intérêt. Parce que montrer la nécessité d’un concept, montrer la nécessité d’un ouvrage et montrer la nécessité de sa lecture, c’est ça qui doit nous animer et c’est ça qui doit être un horizon que l’on n’atteint jamais : c’est le propre de tout horizon.

Catherine Guyot, représentante des éditions Des femmes-Antoinette Fouque, a été invitée par Line Tubiana à dérouler l’origine du projet et le contenu du nouveau coffret sur Marguerite Duras, coédité avec les éditions Montparnasse.
Je vous communiquerai le lien de l’émission sur Judaïques FM, à écouter en ligne dès que je le connaîtrai !
Manuel de guérilla à l’usage des femmes – Sylvie Brunel
Rencontre-dédicace à l’Espace Des femmes-Antoinette Fouque
jeudi 12 novembre à 19 h 30. Venez nombreuses !


Actuellement professeur de géographie à la Sorbonne, Sylvie Brunel a passé de longues années au service de diverses ONG. Elle est, par ailleurs, l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, essais ou romans. Mère de trois enfants, elle s’interroge ici sur la situation des femmes dans nos sociétés dites évoluées. Sylvie Brunel – Broché – Paru le : 14/10/2009 – Editeur : Grasset
Nb. de pages : 277 pages –
CAUSETTE – NOVEMBRE-DECEMBRE 2009
Susan Faludi
Backlash
La revanche contre les femmes
Traduit de l’américain par Lise-Eliane Pommier, Evelyne Chatelain, Thérèse Réveillé
Broché 576 p. – 37 €
Poche 748 p – 8 €
1993
« Etre femme aujourd’hui en Amérique, à l’approche du XXI° siècle, quelle chance extraordinaire ! » Les femmes ayant atteint l’égalité, le problème de leur statut ne se pose plus : pourquoi se pencher une fois encore sur cette question que les années 70 ont résolue pour toujours, telle est la mentalité actuelle qui prévaut, dans la rue ou au sein des sphères dirigeantes ou médiatiques, que ce soit outre-Atlantique ou en Europe…
« Et pourtant… » : ces deux petits mots, ces trois points de suspension, contiennent en puissance la somme de travail effectuée par Susan Faludi depuis 1986, l’ampleur de son enquête, cinq cent pages d’analyses exhaustives et d’une honnêteté qui ferait croire que la déontologie journalistique n’est pas un vain mot, quatre années terribles passées à éplucher les statistiques triomphalistes, à décrypter les sous-entendus des discours prononcés ou des paroles » en l’air « , à passer au crible les nouvelles modes vestimentaires, esthétiques, publicitaires ou juridiques, bref à chercher ce qui fonde aujourd’hui la mise au ban du problème majeur du statut de la femme au sein de la société contemporaine.
Qu’a donc découvert Susan Faludi pour que son livre, fondé sur l’analyse de ce problème que l’on proclamait caduque et résolu, touche à ce point l’opinion publique et devienne un best-seller aux États-Unis ?
En 1947, dans un film hollywoodien intitulé Backlash, ( littéralement » le coup de fouet en retour », on dirait en français le » retour de manivelle », un homme faisait accuser sa femme d’un meurtre qu’il avait lui-même commis.
Dès la première page de son livre, Susan Faludi nous livre la clef de l’énigme, qui est aussi le moteur de son ouvrage : « Derrière cette victoire des femmes américaines célébrée à grand bruit, derrière cette reconnaissance unanime et sans cesse réaffirmée du droit des femmes à disposer d’elles-mêmes, un autre message se fait jour. Et il dit ceci aux femmes : vous avez conquis la liberté et l’égalité, mais pour votre plus grand malheur. »
L’auteur montre que ce » constat de désespoir » est faux de trois façon. Les femmes tout d’abord n’ont pas acquis l’égalité : une analyse des statistiques et de leur fonctionnement le démontre à tous les niveaux, que ce soit celui du quotidien et de la vie en commun, celui du travail, celui du pouvoir politique, administratif ou médiatique, celui de la culture. Ensuite, la liberté tant vantée n’est qu’un leurre — qu’on pense par exemple à la remise en question de l’avortement aux États-Unis, ou aux représentations traditionnelles de la » féminité » définie selon des critères masculins. Enfin, la femme libérée, active, diplômée, sans mari, sans enfant mais malheureuse n’est qu’un mythe, une façon pour certains hommes et certaines femmes de se venger de cette joyeuse liberté que des femmes, qui sont loin d’être la majorité ont effectivement acquise.
« La vérité, c’est que nous assistons depuis dix ans à une revanche, à une puissante contre-offensive pour annihiler les droits des femmes”, pour faire croire que “le chemin qui conduit les femmes vers les sommets ne fait que les précipiter, en réalité, au fond de l’abîme « .
L’ouvrage de Susan Faludi nous enseigne que l’esprit critique est l’une des valeurs fondatrices de la démocratie.
Susan Faludi est enquêtrice au Wall-Street Journal ; elle a reçu le prix Pulitzer pour Backlash.


Au-delà des plaisirs qu’ils procurent, les jeux en disent beaucoup sur l’équilibre psychique et psycho-affectif de nos enfants. Dans son nouveau livre
Dites-moi à quoi il joue. Je vous dirai comment ll va, Sophie Marinopoulos, psychologue, léve le voile sur le pouvoir qu’ils possèdent.
Entretien. Par Dorothée Blancheton
PsychoEnfants : Pourquoi avoir écrit un livre sur le jeu ?
Sophie Marinopoulos : Parce que les jeux en disent long sur la santé psychique de nos enfants. Quand un enfant a de la fièvre, nous savons que quelque chose d’anormal se passe et nous allons consulter. La santé psychique, elle, n’a pas de visualisation. Cependant, en analysant la manière dont un enfant joue, il est possible d’établir des repères pour savoir ce qui se passe dans sa tête s’il se sent bien avec lui-même, s il a une estime de lm suffisante, si le rythme du quotidien lui convient.
PE. : De manière générale, qu’apportent les jeux à nos enfants ?
S. M. : Ils les aident à gagner en autonomie.
PE. : Est-ce aussi vrai pour le bebé ?
S. M. : Tout à fait. Dès la naissance, le bebe joue avec sa bouche pour decouvrir le monde et s’autonomiser. Le jeu lui donne la possibilité de sans faire sa curiosité. Le bebe fait ainsi ses premières expériences par lui-même. Cette découverte est possible par l’espace que ses parents lui laissent.
PE. : Dans votre ouvrage, vous créez un ludomètre, De quoi s’agit-il ?
S. M. : II s agit d’un outil qui permet aux parents d’être plus attentifs à l’évolution psychique de leur enfant. A travers le ludometre, j’explique ainsi que pour grandir, un enfant doit passer par des stades de croissance mesurables par le jeu. Ces stades sont un peu nouveaux par rapport a ceux de la psychanalyse qui sont le stade oral de O a I an, le stade anal de I à 3 ans, le stade phallique de 3 a 5 ans Ici, les phases se succèdent et se superposent.
PE. : Qu’est-ce que les enfants découvrent à travers ces stades ?
S. M. : De O a 8 mois l’enfant s’éveille essentiellement par la stimulation sensorielle les sons, les odeurs, le toucher, les paroles le nourrissent. Les tapis d’éveil, hochets, boîtes à musique sont donc à privilégier. II est aussi possible de fabriquer soi-même des jouets en faisant contraster les matières, les couleurs. De 8 a 20 mois, c’est la motricité qui prime L’enfant s’éloigne peu a peu du corps de ses parents pour explorer le monde qui l’entoure. Les cartes a tirer, les livres d’images ont du succès a cet âge. II faut opter pour des jeux avec une qualite de compréhension. L’enfant sera fier de pouvoir tenir son jouet tout seul.
PE. : Et au-delà de 20 mois ?
S. M. : De 20 mois a 3 ans, les enjeux affectifs sont plus compliqués. L’enfant se sent plus fort. II casse, crie, court et devient bruyant. Preuve évidente qu’il grandit. Les parents ont alors un rôle une fonction interdictrice à tenir. Ce qui, bien entendu, est épuisant puisque l’enfant désobéit. Celui-ci est encore trop petit pour intérioriser chaque règle, chaque non, chaque interdit. A cet âge, il a besoin de jouets solides, de pâte a modeler, de jeux d’eau. Les sorties au parc sont également importantes, elles canalisent son energie. Vers 4 5 ans, l’enfant devient plus calme. Il se construit des reperes et intègre davantage les interdits. Il aime ses jouets et veut les garder pour lui. Durant cette période, il découvre qu’il est un enfant sexué et comprend qu’il existe des jouets pour les garçons et des jouets pour les filles. C’est le début du triangle oedipien. Les petits garçons ont besoin de jouer avec leurs petites voitures et leurs circuits et les petites filles avec leurs poupées.
PE. : Et pour les 5-6 ans ?
S. M. : Place au relationnel, aux invitations d’anniversaire, aux amitiés On joue à faire comme si, à faire semblant. On opte pour la dînette, les déguisements, la marchande. Au delà de 6 ans, les sports sont conseillés, ainsi que les soirées pyjama l’enfant peut commencer à dormir à l’extérieur de la maison. Cette période est aussi celle du savoir et des activités qui vont avec maquette, jeux de societe, labo de chimiste. Attention toutefois à ne pas cristalliser d’attente narcissique sur l’enfant, à ne pas trop exiger de lui. Il doit aussi grandir seul, à travers l’ennui et l’échec.
PE. : Vous parlez du jeu du « cache-coucou » à partir de 12 mois. En quoi ce passe-temps est-il important ?
S. M. : Le « cache-coucou » a une fonction symbolique : Papa et maman se cachent derrière leurs mains pour reapparaître ensuite. Ce jeu permet à l’enfant de maîtriser son angoisse de la separation. Il lui donne l’impression de maitriser l’éloignement de ses parents et de mieux supporter leur distance.
PE. : Les enfants jouent-ils toujours autant qu’autrefois ?Sophie Marinopoulos – LLL 1790 €
S. M. : Ils joueraient autant si on leur laissait plus d’espaces et moins d’éc
rans. Les écrans annulent la créativite et la curiosité. Face aux écrans, on n’est plus dans la rencontre avec un autre.
À lire…
Quand s’inquiéter ? Quand votre bébé ne repond pas aux stimulations sensorielles. Quand votre enfant manifeste une peur
excessive face au monde qui l’entoure. Quand votre enfant n’évolue pas dans ses activites ludiques. Quand votre enfant manifeste de fortes désorganisations d’ordre corporel.
S. M. : Ils joueraient autant si on leur laissait plus d’espaces et moins d’écrans. Les écrans annulent la créativite et la curiosité. Face aux écrans, on n’est plus dans la rencontre avec un autre.
À lire…

MLF : 40 ANS ET TANT A FAIRE sur www.elle.fr (02/11/09)
Elles étaient une quinzaine, âgées de 17 à 33 ans, bien décidées à ne plus s’en laisser conter. C’était en octobre 1968. Réunies dans un petit studio de la rue de Vaugirard, à Paris, elles posaient les bases d’un mouvement qui allait faire avancer les droits des femmes à pas de géant. Elles s’appelaient Antoinette Fouque, Monique Wittig… et venaient de fonder le Mouvement de libération des femmes. Quarante ans après, le MLF est toujours là en dépit des attaques et il a accompagné toutes les conquêtes des femmes : de l’IVG à la parité en passant par l’égalité au travail. « Nous avons plus fait en 40 ans qu’en 4 000 ans », déclarait récemment Antoinette Fouque. Aujourd’hui, la relève est-elle assurée ? « Oui, répond Jacqueline Sag, militante de la première heure. Mais c’est plus difficile. Les jeunes femmes qui ont bénéficié de nos acquis sont beaucoup moins politisées. Elles n’utilisent pas forcément les mêmes armes. En tout cas, il y a encore fort à faire. »
Catherine Robin
A lire : « Génération MLF » (Editions des Femmes). Sortie le 16 octobre.