Par LIBRE-LIVRE Rubrique SHOPPING, le 01 Mars 2021
Un roman ultra contemporain en résonance avec l’actualité immédiate autour du « racialisme ».
Le héros, courageux professeur accusé de non complaisance avec l’idéologie militante des « racisés », nous remémore celle tragique de Samuel Paty face au totalitarisme islamiste.
Une fresque lucide et subtile des conflits générationnels et civilisationnels qui ébranlent nos sociétés.
Un personnage au premier abord sans charisme auquel on s’attache et on s’identifie au fil des pages.
Une histoire qui nous tient en haleine jusqu’à son épilogue sanglant.
Un roman passionnant et mélancolique qui brosse le portrait tout en nuances d’un professeur au soir de sa vie.
Samuel Meiersohn, un universitaire désabusé et proche de la retraite, entame une croisade contre des étudiants et des professeurs « racisés » qui veulent créer au sein de sa faculté, un espace sans Blancs. Rejetant le prétendu « privilège blanc », il va se heurter à son administration et à la démission de la société française si prompte en 2019 à accepter les thèses radicales, aussi absurdes qu’elles soient.
» Une étudiante s’approcha de lui et lui tendit un tract qu’il prit. (…) il résistait à l’injonction bien- pensante de confondre allègrement progressisme, sens de l’histoire et usages islamiques. »
Auteur:
Christian de Moliner a publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux un autre romanLa Guerre de France (2018) et un essai Islamisme radical. Comment sortir de l’impasse ? (2019). Collaborateur au Figarovox, Causeur, Boulevard Voltaire, Breizh info …mondialement connu pour avoir créé le buzz en imaginant la partition de la France dès 2018 – (Moliner est plus célèbre en Russie, Angleterre, Hongrie, Roumanie, Italie, Allemagne etc qu’en France), ses essais de citoyen engagé dans l’analyse des problèmes du vivre-ensemble de son époque nourrissent l’inspiration de ses romans de politique-fiction, et réciproquement afin de former une œuvre littéraire cohérente et forte.
Agrégé de mathématiques et passionné d’histoire, ses connaissances pointues sur l’islam impressionnent beaucoup ses interlocuteurs.
Publié en partenariat avec le Fonds de dotation Marc Laskar de la SFCTCV (fonds destinés à la formation des jeunes chirurgiens / Société Française de Chirurgie Thoracique et Cardio-Vasculaire)
La photographe :Après un parcours professionnel pendant plus de trente ans dans le milieu culturel, Natacha Sibellas décide en 2014 de se consacrer totalement à l’art de la photographie auquel elle s’adonne depuis son adolescence. « Chaque photographe regarde la vie à sa façon. Je la vois en Noir & Blanc, avec parfois un soupçon de couleur. L’humain est au centre de mon travail : des scènes de vies, des gestes, des attitudes, des regards, des histoires… C’est la complicité qui se crée lors d’une fraction de seconde qui fait apparaître la photographie. » Natacha Sibellas
Jasmine Catou, détective est le premier opus d’une série écrite par Christian de Moliner et dédiée à Jasmine, un chat pas comme les autres. L’auteur zigzague avec aisance entre les genres littéraires du polar et du récit fantastique, en mettant en scène cinq événements inattendus de la vie du chat Jasmine Catou et d’Agathe, sa maîtresse, attachée de presse parisienne, habitant dans le quartier germanopratin.
Le charme particulier de ce récit se nourrit du rôle invraisemblable d’enquêtrice douée d’une intelligence et d’une habilité hors du commun de la part de Jasmine qui prend ainsi, à l’aide de la personnification, une place prépondérante dans la construction narrative de ces histoires. Dans une interview que l’auteur nous avait accordée en 20191, il avait dévoilé son intention « de choisir un détective animal, qui pense et qui écrit l’histoire en utilisant « je », tout en restant un félin ». Le lecteur est ainsi prévenu quant au code déictique particulier et captivant permettant à Jasmine d’occuper la première place de l’action, à la fois de narratrice et de personnage principal, et de mettre ainsi en valeur ses capacités intuitives afin de résoudre ces intrigues et de les raconter avec charme. « Je tiens les mêmes raisonnements qu’un humain », précise-t-elle à l’intention des lecteurs au cas où ils en douteraient encore…
Avec assiduité et souci de précision, Jasmine assiste sa maîtresse en l’aidant à dénouer des énigmes invraisemblables, comme, par exemple, des morts inexpliquées, la présence de fantômes dans sa maison ou l’intervention salutaire d’un marabout dans ses relations amoureuses, le décryptage d’un rébus reçu en guise d’invitation au voyage, le mystère du destinataire d’un bouquet de fleurs ou à retrouver des objets perdus dans sa demeure. À travers ces situations mystérieuses vécues par les protagonistes dans chacune de ces histoires, son empathie prend la forme d’une complicité qui va s’avérer encore plus étroite lorsqu’il s’agira de comprendre les états d’âme d’Agathe et deviner ses sentiments, ses peurs et même ses lubies. En fine psychologue, Jasmine sait quand et comment intervenir pour apaiser les angoisses de sa maîtresse ou lui éviter de tomber dans un piège réel et très souvent imaginaire. Elle mérite ainsi le titre de vrai ange gardien félin et arrive même à convaincre de cela Armelle, la sœur de cœur de sa maîtresse.
Pour l’illustrer ces qualités, prenons le cas de la première de ces cinq énigmes décrites par Christian de Moliner, et intitulée « L’éditeur ». Agathe reçoit la visite de plusieurs personnalités du monde de l’édition, un écrivain, un auteur, deux journalistes et un éditeur célèbre. À la fin du déjeuner qu’elle donne en l’honneur de ces gens, et plus précisément au moment du café, l’éditeur meurt subitement après avoir bu la première goutte de ce breuvage servi par la maîtresse de la maison. Les urgences arrivent sur place et le médecin conclut à une mort suspecte par empoisonnement. Dès lors, tous les convives se cherchent un alibi en attendant l’arrivée de la police. La mission de Jasmine Catou est bien entendu de trouver le coupable et sauver Agathe, la maîtresse de la maison, qui, en tant que charmante hôtesse, serait la principale coupable de la mort de son invité. Avec les moyens dont elle dispose (rappelons qu’elle n’a pas le don de la parole) elle dirige les regards vers les objets utilisés pendant le déjeuner pour renvoyer les enquêteurs arrivés sur place vers la source de cet empoisonnement. Arrivera-t-elle à se faire comprendre ? Forcément oui, et brillamment en plus, comme elle le fera à chaque aventure racontée dans ce livre.
Dans la vraie vie, nous avait dit Christian de Moliner dans la même interview, il s’agit de son attachée de presse Guilaine Depis dont la personnalité l’avait inspiré librement, même si, rajoute-t-il avec précaution, il laisse une place prépondérante à son imagination. Nous le savons bien, la littérature joue souvent des tours à la réalité en bénéficiant amplement de sa liberté fictionnelle. C’est aussi le cas de ce recueil qui réussit à imprégner le portrait vivant de ce chat intelligent et attachant à qui il attribue avec tendresse le nom de Watson, l’assistant du grand détective Sherlock Holmes.
Désormais, tout le monde sait que sous l’attitude somnolente sous laquelle les chats se présentent souvent devant nous, ces animaux intelligents et agiles que Jean de la Fontaine décrivit dans son temps, en sauvant ainsi de la catastrophe leur image datant de l’époque du Moyen-Âge, possèdent des qualités exceptionnelles et une intelligence capable à mettre au défi les plus grands enquêteurs de la planète.
En tout cas, en ce qui concerne Jasmine Catou, vous êtes dorénavant prévenus…
Dan Burcea
Christian de Moliner, Jasmine Catou, détective, Éditions du Val, 2019, 110 pages.
Laure Minassian, « L’enseignement professionnel entre promotion et relégation », Editions Academia, 20.00€
Le titre du livre de Laure Minassian pose déjà la question centrale à propos de l’enseignement professionnel : faut-il y voir un type d’enseignement permettant à des jeunes de milieux moins favorisés ou moins à l’aise dans le contexte de l’enseignement général d’obtenir un diplôme valorisant et de s’engager dans une poursuite d’études et une carrière ou est-ce une voie de garage pour ceux qui ne réussissent pas ? Les recherches de l’autrice dans plusieurs établissements d’enseignement dans des contextes différents et un suivi longitudinal d’un groupe de lycéens professionnels sur près de dix années lui permettent de mettre en évidence, dans la 3e partie du livre, certaines réussites, donc d’apporter un regard nuancé et équilibré sur la voie professionnelle.
Au-delà de la connaissance du terrain et de la littérature spécialisée, didactique comme sociologique, sur le domaine, qui permet de faire le point sur l’enseignement professionnel, l’ouvrage de Laure Minassian présente deux attraits principaux pour les professeurs de langue, une étude fine et précise de la parole des enseignants dans l’échange en classe, qui vaut pour toutes les disciplines, mais fondamentalement pour les langues (2e partie) et une approche comparative sur l’enseignement professionnel dans différents pays européens et au Canada (1re partie). Le cadre décrit pour l’Allemagne et l’Angleterre-Pays de Galles permettra aux professeurs d’allemand et d’anglais de lycée d’avoir un tableau des systèmes scolaires et des processus de sélection et de classement scolaires à l’œuvre, et de s’en servir dans le cadre d’un travail sur des axes comme « Les univers professionnels, le monde du travail », « Représentation de soi et rapport à autrui » ou « Diversité et inclusion ».
L’analyse des interactions enseignant-élèves, orales aussi bien qu’écrites, est menée avec finesse par Laure Minassian, qui pose clairement la question en termes de volonté de se mettre au niveau des élèves versus nécessité de les faire accéder à des formes élaborées de discours. Elle montre de façon très éclairante comment « l’évitement des écrits scolaires » de la part des professeurs et la demande d’« écrits d’évitement » aux élèves ressortissent à ce que Bourdieu décrivait comme une « indifférence aux différences » et à « l’évitement de la parole de l’élève », qui sacralisent la parole et le pouvoir du maître et légitiment la culture dominante. Laure Minassian met en regard ce type d’interaction, qu’elle nomme « pratico-scolaire » et la co-construction des connaissances en situations-problèmes, à la fois cognitivement plus structurante et socialement plus inclusive, qu’elle nomme « scolaro-technique ».
On perçoit bien que ce que Laure Minassian traite ici dépasse largement le cadre de l’enseignement professionnel. De toute évidence, tout professeur gagne à s’interroger sur l’adéquation entre son mode d’interaction avec ses classes et ses objectifs cognitifs et socio-politiques. Et ce livre sur l’enseignement professionnel est de nature à nous aider dans une telle démarche.
Philippe ENQUIN. Tiré de « De mon balcon. Chronique d’un confinement parisien » : www.philippeenquin.net
On pourrait l’écrire de tous les bourgs de France, des places de village aux centres villes des grandes métropoles comme Marseille, Lyon, Lille. Paris incarne la France et vit ce que vivent tous ces poumons (bien altérés par la Covid) de nos pays de France que sont les cafés, les petits commerces, les salles de culture et de sport. Paris est comme nos 34.970 communes (au 1er janvier 2020), elle se meurt du désert dans lequel l’a plongée une politique obtuse, administrative et hospitalo-centrée de la gestion de la crise de la Covid.
Pendant trois jours, jusqu’au 1er mars, notre édition LifeStyle Week-End se penche sur un Paris blessé, genou à terre, déserté de ses 80 millions de touristes, de ses commerces et de ses bistrots débordants de vie. C’était hier !
Pendant trois jours, nous reviendrons sur ce Paris qui se meurt sous nos yeux !
Place Saint-Michel, les 4 librairies Gibert Jeune vont fermer fin mars 2021. Le Paris littéraire, le Paris étudiants disparaît…. Dans le même style, nous reviendrons demain sur ce désastre d’un quartier comme Le Marais dont les bruits de fermeture définitive du BHV annoncent la mort d’un quartier. Vous imaginez ? Les grands magasins de Paris remontaient au Baron Haussmann. 150 ans dont la page sur le point de se tourner ! Et pendant ce temps, la maire de Paris aggrave la situation en coupant Paris de la région francilienne côté mobilité et en jouant sur les nerfs des Parisiens en proposant (puis en revenant dessus à la suite de la levée de boucliers suscitée) un confinement général.
Ce « Paris je t’aime », c’est forcément un Paris vintage avec demain un hommage nostalgie à Serge Gainsbourg dont la maison rue de Verneuil, au cœur de Saint-Germain des Prés, deviendra un musée fin 2021 ou courant 2022.
Beauté de Paris enfin avec le lancement lundi 1er mars d’une rubrique « Actu Photos » avec un dossier « C’était Paris en mars 2020 » qui nous fera revivre ce que nous revivons en fait tous les jours en sillonnant la capitale : le premier confinement des années Covid. Avec un jeune photographe de 85 ans, Philippe Enquin [la photo de l’article], et le Revival des créations de notre photographe préférée, Romane Berthier Binckly.
Mais commençons avec la fougue de Catherine Fuhg et un engagement fort car, à Opinion Internationale, nous aimons bien transformer nos colères en solutions : cette semaine, le CPEI (Comité ethnologique du patrimoine immatériel) du ministère de la culture de la République française devait rendre son verdict sur l’inscription de l’art de vivre dans les bistrots et cafés de France au patrimoine culturel immatériel français. Etape préalable à l’inscription à l’UNESCO.
Pour l’instant silence de la rue de Valois, trop occupée, nous imaginons, à préparer la réouverture des salles de spectacles après 36 expérimentations qui s’étaleront dans les prochains mois…
Pétition, message vidéo au président de la République : Alain Fontaine, président de l’association « Bistrots et cafés de France » qui a présenté cette inscription, fait feu de tout bois. Il est aussi président de l’Association française des (4000) maîtres restaurateurs (AFMR), et à la tête d’un bistrot parisien, Le Mesturet, entre Palais Brongniart et Opéra, qui sert l’excellence : goûteux, généreux, produits frais, esprit des pays de France. On adore ! Contraint au click and collect, comme beaucoup d’autres bistrotiers que nous saluons comme Sabrina et Mouss du Bac Saint-Michel en face du Luxembourg, ou près du Val-de-Grâce, Sylvain et la bande à Nono au Gamin de Paris.
Avec ces bistrots, c’est Paris qui se bat pour survivre !
Paris vaut bien une messe ? Paris vaut bien trois jours d’articles dans notre Edition LifeStyle Week-End.
« DE MON BALCON – Chroniques d’un confinement parisien »
du jeune photographe de 85 ans Philippe Enquin (site officiel https://www.philippeenquin.net), un beau livre historique avec un préambule de François Morel
contact presse pour recevoir le livre / interviewer Philippe Enquin : guilaine_depis@yahoo.com / 06 84 36 31 85
Anne Ghesquière reçoit Denis Marquet et sa philosophie du Christ, pour les amoureux de l’intensité du vivant. Ou comment oser tout désirer pour une vie infinie…
Dans cet épisode passionnant, j’aborderai avec Denis Marquet les thématiques suivantes :
Qu’est-ce que la philosophie du Christ ?
Comment désirer infiniment ?
Regarder. Écouter. Humer. Goûter. Toucher. Vivre. Là, où est « moi » ?
Se croire coupable est-il un sommet d’orgueil ?
Comment devenir ou faire advenir l’être que nous sommes ?
Il est complexe de se défaire de nos pulsions et compulsions, de nos névroses et psychoses et des egos et liens qui nous attachent comme le désir de reconnaissance ?
Comment Dieu nous parle-t-il ?
Comment accueillir nos blessures et nous guérir ?
Et le rôle du corps dans la philosophie du Christ ?
Faut-il que l’ego s’effondre pour toucher la grâce ?
Pour toi la voie Christique affirme-t-elle la vérité de toutes les traditions spirituelles humaines ? Est-elle l’ultime vérité ?
Qui est mon invité de la semaine, Denis Marquet ?
Agrégé de philosophie, il est aussi romancier et thérapeute. On pourrait aussi dire qu’il est un « amoureux de la philosophie du Christ » et c’est avec ce prisme que nous allons explorer les thèmes de son livre. Denis Marquet se partage entre l’écriture et l’accompagnement de personnes en quête d’accomplissement spirituel et humain auxquelles il apporte, par son savoir-faire autant que son savoir-être, une aide précieuse.
Quelques citations du podcast avec Denis Marquet :
« Tout est grâce ou impasse »
« Tous les événements de la vie sont là pour réveiller les blessures et les guérir »
« Nous guérissons quand nous prenons conscience de notre unité avec l’humanité ».
« Le divin aspire à descendre dans les entrailles pour illuminer les ténèbres »
« A l’homme c’est impossible, si je m’ouvre au divin et à Dieu tout est possible »
Son livre : « La véritable philosophie du Christ : « Oser désirez tout pour vivre une vie infinie » aux éditions Flammarion et le site de Denis Marquet : www.denismarquet.net. Son nouveau livre à paraitre le 13 mars chez Flammarion : « La véritable philosophie du Christ : Aimez à l’infini » chez Flammarion.
La Croisade du mal-pensant de Christian de Moliner est un roman ultra contemporain en résonance avec l’actualité immédiate autour du « racialisme ».
La Croisade du mal-pensant
Voici un roman passionnant et mélancolique qui brosse le portrait tout en nuances d’un professeur au soir de sa vie. C’est Une fresque lucide et subtile des conflits générationnels et civilisationnels qui ébranlent nos sociétés. Une histoire qui nous tient en haleine jusqu’à son épilogue sanglant.
Le héros, courageux professeur accusé de non complaisance avec l’idéologie militante des « racisés », nous remémore celle tragique de Samuel Paty face au totalitarisme islamiste.
Samuel Meiersohn est un personnage au premier abord sans charisme auquel on s’attache et on s’identifie au fil des pages.
Résumé
Samuel Meiersohn, un universitaire désabusé et proche de la retraite, entame une croisade contre des étudiants et des professeurs « racisés » qui veulent créer au sein de sa faculté, un espace sans Blancs.
Rejetant le prétendu « privilège blanc », il va se heurter à son administration et à la démission de la société française si prompte en 2019 à accepter les thèses radicales, aussi absurdes qu’elles soient.
Christian de Moliner
L’auteur : Christian de Moliner a publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux un autre roman La Guerre de France (2018) et un essai Islamisme radical. Comment sortir de l’impasse ? (2019).
Collaborateur au Figarovox, Causeur, Boulevard Voltaire, Breizh info …mondialement connu pour avoir créé le buzz en imaginant la partition de la France dès 2018 – (Moliner est plus célèbre en Russie, Angleterre, Hongrie, Roumanie, Italie, Allemagne etc. qu’en France), ses essais de citoyen engagé dans l’analyse des problèmes du vivre-ensemble de son époque nourrissent l’inspiration de ses romans de politique-fiction, et réciproquement afin de former une œuvre littéraire cohérente et forte.
Agrégé de mathématiques et passionné d’histoire, ses connaissances pointues sur l’islam impressionnent beaucoup ses interlocuteurs.
Gary F. Bengier l’auteur du livre en rubrique non seulement sait de quoi il parle et est maître dans l’art de communiquer. Son livre Un voyage sans entravesqui connait un immense succès aux USA vient juste d’être traduit en français ainsi que dans huit autres langues dont le chinois. Un livre de science-fiction, voilà qui était inhabituel dans les colonnes de Wukali, et voilà qu’en moins de deux mois, je fais la récession de deux livres appartenant à ce genre littéraire. Je persiste et signe, je ne suis pas du tout spécialiste de la science-fiction, mes références sont plus « classiques », je suis incapable de comparer, d’évaluer par rapport à un autre écrivain, à un style, à des histoires proches. Donc, quand je prends un livre comme Un voyage sans entraves de Gary F. Bengier, j’ai peu, très peu de référents (un peu d’Asimov, quand même), ce qui fait, et ça tombe bien vu le fil conducteur de ce volume, je garde, à peu près intact, mon libre arbitre.
Ainsi nous sommes au XXII siècle, dans les États (tout court, mais nous comprenons sans mal qu’il s’agit des États Unis d’Amérique), après la guerre climatique qui a ravagé la terre. Pour reconstruire les dégâts de celle-ci, les humains ont employé des robots grâce à l’Intelligence Artificielle.
À cet égard, il en est résulté un changement total de la population : tout est devenu technologie (le trans-humanisme est partout), les robots font tout, surtout les métiers pénibles voire dangereux. Résultat, il n’y a plus ou très peu de travail, donc il est interdit, sous peine de prison de travailler plus de 12 heures par semaine. Parfait pour certains, mais la réalité du monde décrite par Gary F. Bengier est très loin d’être idyllique : les moyens de production ont été « nationalisés » et surtout une société hiérarchisée a été établie, chacun ayant une valeur de 1 (les meilleurs ayant tous les droits) à 100 (qui n’ont aucun droit).
De fait on est dans une société de castes mais avec un véritable système d’apartheid : si les « castes inférieures » n’ont pas de droit de vote, les mariages entre valeurs sont interdits, et j’en passe. Un système totalement inégalitaire où chacun est prié de rester à sa place et de profiter des droits que lui ouvre sa classe, sans en vouloir d’autres. Un monde où la vie (quelque soit sa classe) est totalement protégée et où l’effort (surtout physique) est quasiment inexistant grâce au travail des robots.
Joe, le héros, mathématicien et physicien de la classe 42, vient de prendre une année sabbatique et se trouve invité dans une petite une université pour réfléchir à son travail, à la finalité de son travail : l’intelligence artificielle (IA) a-t-elle des sentiments ? Vaste problème sur lequel je reviendrai.
C’est qu’en effet Joe travaille, consulte, boit beaucoup de whisky, abuse de psychotropes et progresse. Lors d’une manifestation contre les inégalités, il prête assistance à une jeune femme (de niveau 76) qui s’avère être la chef de file du mouvement. Celui-ci est durement réprimé, au nom de l’ordre par le terrible ministre de la sécurité publique et son adjoint. Bien sûr, ils vont tomber amoureux l’un de l’autre.
Concomitamment, Joe travaille avec un groupe pour essayer de débusquer un « ver » qui déprogramme des robots les incitant à se retourner contre les humains. C’est alors que Joe et la belle Evie vont être arrêtés, condamnés et bannis pour trois ans dans la zone interdite avec une probabilité de survie de 1% (cette société est évoluée, donc il n’y a plus de peine de mort). En outre ils se retrouvent tout deux dans un monde hostile et sans aucune technologie.
Après bien des épreuves, ils arrivent à apprendre à survivre et sont aidés par un couple qui réside dans cette zone. Nous sommes non dans Robinson Crusoé, mais bien plus dans L’île mystérieuse de Jules Verne. Ce retour à la vie « primitive », fait évoluer la pensée de Joe.
C’est alors qu’à leur peine achevée, ils reviennent « au monde » avec les trois enfants qu’ils ont eus. Retour triomphant, ils sont devenus le symbole de la liberté et de l’égalité. Après un dernier affrontement avec le terrible ministre, la société devient libre, mais le prix à payer pour Joe est très lourd.
Gary F. Bengier est écrivain, technologue et philosophe (voir en appendice*). Et tout cela se retrouve dans ce livre. Car au-delà de l’histoire, il y a avant tout des réflexions philosophiques autour d’un thème principal : science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
Mais qu’est-ce que l’âme, surtout pour de l’intelligence artificielle ? Qu’est-ce que le libre arbitre ? Le libre arbitre est-il imaginable dans une société technologique où tout est prédéfini, où l’homme n’intervient pas ? Dans la nature, quand l’homme est seul avec son instinct de survie, quand il doit tuer pour manger, inventer pour cultiver, faire preuve d’empathie avec les autres, revenir à des tâches physiques que font les robots, être responsable de nouvelles vies, alors là, oui, à chaque instant, on doit faire des choix et donc faire jouer notre libre arbitre.
Et de fait, Gary F. Bengier aborde des sujets aussi divers que la présence (ou l’absence) de divinité ou de concept comme l’acrasie. Il pousse le lecteur à réfléchir à sa dépendance à la technologie, à toutes les technologies, même médicales et donc, à ce qui fait son humanité. Mais il aborde aussi des problèmes de sciences politiques comme la servitude volontaire, ce qui fait État, les libertés publiques, etc…
Alors, à partir du moment où on arrive à surmonter le jargon technologique et les instruments qui existent à l’époque du récit et non à celle du lecteur (aidé par un glossaire bien fourni à la fin du livre), on finit par être bercé par cette histoire qui est loin de n’être que de la science-fiction.