Actualités (NON EXHAUSTIF)

Livres Hebdo annonce la sélection du Prix 2015 de la Page 112 (16.02.2015)

Avant de découvrir la sélection annoncée dans Livres Hebdo, une visite s’impose !

Rendez-vous sur le site officiel du Prix de la Page 112, conçu par sa Présidente fondatrice – qui est en plus une très belle réalisation graphique, drôle et esthétique à souhait, dans l’esprit du Prix de la Page 112 : http://www.prix-de-la-page-112.com 

Attachée de presse (pour interviewer la Présidente Claire Debru ou les membres de son jury, ainsi que le futur lauréat) : Guilaine Depis 06 84 36 31 85 / guilaine_depis@yahoo.com  

logo_5723.jpgHuit titres figurent dans la sélection 2015 :


Babylone Underground, d’Eloïse Cohen de Timary (Serge Safran Editeur)
Une fille, de Juliette Kahane (L’Olivier),
L’homme qui aimait trop travailler, d’Alexandre Lacroix (Flammarion)
La lettre au capitaine Brunner, de Gabriel Matzneff (La table ronde)
Les événements, de Jean Rolin (P.O.L)
Je vous écris dans le noir, de Jean-Luc Seigle (Flammarion)
Berezina, de Sylvain Tesson (Guérin)
Un an après, d’Anne Wiazemsky (Gallimard)

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L’édition 2015 du Prix de la Page 112 chez Roger la Grenouille, notre partenaire batracien et germanopratin !

« Le tout dernier né des grands prix littéraires de l’automne »

Alain Beuve-Méry, Le Monde

Sélection 2015 en cliquant ici 

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Édition 2015 DU

Prix

de la

Page

112

 

 

« Don’t forget the poem on page 112 : it reminded me of you…

Page 112 ! »

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Créé en hommage à Woody Allen (et à une réplique d’Hannah et ses sœurs), le prix de la page 112 a « pour vocation de récompenser un ouvrage littéraire paru en début d’hiver, dont la tension stylistique et romanesque sera remarquable de la première à la dernière page”. Il sera décerné le 11 mars pour la 3e année, en partenariat avec le restaurant Roger la grenouille à Paris.
Originellement remis à l’automne, il s’est déplacé en début d’année, et porte sur des titres de la rentrée littéraire de janvier et février, pour se distinguer de son concurrent, le prix de la page 111 (pourtant créé après par Radio Nova).

Le jury se compose de Marcel Bénabou, Grégoire Bouillier, Christophe Bourseiller, Lidia Breda, Aymeric Caron, Claire Debru, Anne Goscinny, Brigitte Lannaud Levy, Nicolas d’Estienne d’Orves, François Taillandier, Bruno Tessarech et Guillaume Zorgbibe. 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Prix de la Page 112

sans jamais oser le demander :

http://www.prix-de-la-page-112.com Infos : contact@prix-de-la-page-112.com

Attachée de presse :  guilaine_depis@yahoo.com / 06.84.36.31.85

 

Capture d’écran 2015-02-24 à 11.07.38.pngNotre partenaire batracien et germanopratin,

le légendaire

Roger La Grenouille !

Un vieux bistrot des années 30 ; un décor unique en son genre, baroque et chatoyant ; une ambiance chaleureuse ; une cuisine authentique…

 

La famille Layrac vous attend dans ce lieu chargé d’histoire(s) pour déguster sa cuisine bistronomique ainsi que les cuisses de grenouilles , spécialité de la maison.

 

http://www.restovisio.com/restaurant/roger-la-grenouille-395.htm

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Extraits des retombées presse de la pièce de Sophie Jabès (partie texte/littérature de la presse sur son livre aux Éditions Lansman)

2702716354.2.jpgExtraits des retombées presse de

Sophie Jabès

Pour sa pièce Camille, Camille, Camille (Lansman Editeur)

Médiapart par Dashiell Donello, le 13 octobre 2014

« Camille, Camille, Camille » Une Pièce bouleversante de Sophie Jabès au Lucernaire

L’idée centrale de la mise en scène fait sens en liant la vie et l’oeuvre de Camille Claudel. C’est une belle réussite (…)

Télérama Sortir par Sylviane Bernard-Gresh, le 21 octobre 2014

Le texte de Sophie Jabès a le mérite de nous rappeler le génie et la tragédie de cette artiste délaissée de tous (…)

Reg’arts par Bruno Fougniès, le 11 octobre 2014

 Le texte de Sophie Jabès pose devant nous trois moments cruciaux de la vie de Camille Claudel : le soir où elle va donner ses lèvres et son génie à Rodin, le soir où elle va être bâillonnée par l’internement chez les fous et le soir de son dernier souffle. (…) La pertinence du texte de Sophie Jabès (…) est de donner à chacun des âges de Camille une personnalité, un rythme, un ton très tranchés.

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Web Théâtre par Gilles Costaz, le 29 octobre 2014

Camille Claudel n’en finit pas d’inspirer nos auteurs dramatiques. Sophie Jabès joue le jeu différemment. Ce n’est pas une Camille Claudel qu’elle ressuscite, mais trois ! (…)  Ayant entrecroisé les monologues de chaque personnage, Sophie Jabès les fait se rencontrer. (…) Les dialogues ont une belle force émotive. (…) une œuvre où se mêlent la sincérité du texte et l’insolite de la forme (…)

Mes illusions comiques par Audrey Natalizi, le 23 octobre 2014

C’est une plongée au cœur dans l’âme de Camille Claudel que nous proposent Sophie Jabès (pour le texte) et Marie Montegani (adaptation et mise en scène) au Lucernaire. Loin de se limiter à ce que l’on connait de la biographie de la sculptrice, les deux femmes nous livrent ses pensées les plus profondes dans un spectacle poignant intitulé Camille, Camille, Camille.Une introspection particulièrement réussie et un spectacle que l’on n’hésite pas à vous recommander (…)

Rue du Théâtre par Cécile Strouk, le 17 octobre 2014

« Camille, Camille, Camille », c’est le portrait de Camille Claudel à travers trois générations d’elle-même. L’histoire d’une vie, reconstituée par l’auteur Sophie Jabès, qui donne une belle cohérence au discours digressif de la sculptrice maudite (…)

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Théâtrorama par Dany Toubiana, le 15 octobre 2014

Dans ce corps à corps apparaissent d’autres forces en présence, les forces antagonistes d’une société qui met les femmes sous tutelle et les empêche d’exister par elles-mêmes. Le texte (de Sophie Jabès) prend le parti de faire exister Camille uniquement dans ce dénuement. L’œuvre vit encore au plus profond d’elle-même, comme détachée de la créatrice réduite à ses seules obsessions et à ce cri ultime de défi.

La Théâtrothèque par Philippe Delhumeau, le 3 octobre 2014

Le texte de Sophie Jabès, une résonance biographique de l’existence de Camille Claudel déclinée en trois dimensions humaines, l’élève de Rodin, l’artiste et l’internée. (…) Si l’histoire est d’encre, ces œuvres sculptées dans la terre cuite, le bronze et le marbre, correspondent aux matériaux de la construction et de la déconstruction de l’homme.

Le nouveau magazine « Histoire et civilisations » du Monde a déjà remarqué les Éditions La Découvrance – Merci à Jean-Marc Bastière (20 février 2015)

Jean-Marc Bastière a remarqué le livre de Philippe Collonge dans Histoire et Civilisations du 20 février 2015

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Chacun connaît Le Radeau de la Méduse, le tableau de Géricault inspiré de la dramatique histoire de ces hommes en dérive durant douze jours. Sur cent cinquante, ne resteront que quinze survivants. Parmi eux, le capitaine Dupont, dont voici les mémoires inédits.

Un rescapé de la Méduse : Mémoires du Capitaine Dupont 1775-1850 de Philippe Collonge (présentation) La Découvrance 162 p., 17 €
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Le 16ème Salon Culture et Jeux Mathématiques : thème 2015 « Mathématiques et lumière » (premier communiqué pour un Salon du 28 au 31 mai 2015)

 

Capture d’écran 2015-03-17 à 14.48.17.pngPREMIER COMMUNIQUE de PRESSE 

16e Salon Culture et Jeux Mathématiques 

organisé par le

Comité International des Jeux Mathématiques 

sous le parrainage de

Monsieur Jean Pierre Luminet 

astrophysicien, historien des sciences et des mathématiques 

 

du jeudi 28 mai au dimanche 31 mai 2015 

Place Saint Sulpice – Paris 6ème 

Entrée libre et gratuite 

Mathématiques et Lumière 

 

Lire l’introduction du parrain de l’édition 2015, l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet ici 

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L’Année Internationale de la Lumière a naturellement inspiré les organisateurs du Salon Culture et Jeux Mathématiques. 

Dans la filiation des philosophes du XVIIIème siècle, ce Salon, à la fois grand public et pédagogique, est un vecteur d’échanges entre les âges, les disciplines et les pays. Les Mathématiques, science première et pièce maîtresse de la philosophie pendant des millénaires, flirtent ici avec les ondes, la vitesse, le rayonnement et les astres. 

 

Traditionnellement placé sous le signe de la connaissance, mais aussi du plaisir ludique, des rencontres et du partage international, le Salon Culture et Jeux Mathématiques espère cette année que ses feux nourriront les intelligences et les coeurs pour une humanité plus juste et responsable. 

 

La Lumière, source de vie et de connaissance est notre bien le plus fondamental. Elle est également commune à tous les hommes et femmes du monde entier. Elle dépasse l’humanité puisqu’elle est aussi source de toute forme de vie. 

 

Rendre hommage en 2015 à la Lumière, la glorifier, 

c’est ouvrir les yeux sur notre besoin d’elle.  

 

Capture d’écran 2015-03-17 à 14.48.28.png70 animations, jeux, découvertes, spectacles … 

Des moments forts 

• Appréhender le « monde numérique » avec les grands centres de recherche (Centre National de la Recherche Scientifique, institut national de recherche en informatique et en automatique), Universcience, les sociétés savantes (Société Mathématique de France, Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles, Société Française de Statistique, Femmes et Maths) et le Centre de Recherches Interdisciplinaires. 

 

Capture d’écran 2015-03-17 à 14.48.34.png• Rencontres et speed-meeting avec des chercheurs et des professionnels, hommes et femmes de tous les pays. 

 

• Coupe Euromath Casio, compétition par équipe venue de différentes régions du monde et sa finale, un vrai spectacle mathématique. 

 

Contact presse CIJM 

Guilaine Depis guilaine_depis@yahoo.com  06 84 36 31 85 

Marie José Pestel Présidente CIJM 06 08 04 38 65 

Pour toutes informations complémentaires : www.cijm.org

 

Comité International des Jeux Mathématiques Association nationale de jeunesse et d’éducation populaire CIJM – chez Institut Henri Poincaré 11 rue Pierre et Marie Curie 75231 PARIS cedex 05 – Tél : 01 42 77 83 62 cijm@cijm.org – N° SIRET : 433 879 343 00047 APE 927 C 

 

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Extrait de « Un capitaine des volontaires » de Joachim Maria Machado de Assis

machado un .jpgUn capitaine de volontaires (cliquez pour voir l’argumentaire)

–

Joachim Maria Machado de Assis

traduit du brésilien par Dorothée de Bruchard

 

En partance pour l’Europe, peu après la proclamation de la République, Simão de Castro fit l’inventaire de ses lettres et ses notes ; il déchira le tout. Ne lui resta que le récit que vous allez lire ; il le confia à un ami, le priant de le faire imprimer une fois qu’il aurait pris le large. L’ami n’agréa pas sa demande, trouvant dans cette histoire quelque chose qui pouvait sembler pénible, ce qu’il lui expliqua dans une

lettre. Simão répondit qu’il s’en remettait tout à lui ; n’ayant guère de velléités littéraires, peu lui importait d’être publié ou pas. Maintenant qu’ils sont tous deux décédés et ce scrupule n’existant plus, on donne le manuscrit à la presse.

 

Nous étions deux, et elles, deux. Nous y allions tous deux en visite, par habitude, par délassement, et finalement par amitié. Je devins l’ami du maître de maison, et lui devint mon ami. Le soir, après dîner – l’on dînait tôt en 1866 –, j’y passais pour fumer un cigare. Le soleil entrait encore par la fenêtre, d’où l’on voyait une colline avec des maisons. La fenêtre opposée donnait sur la mer. Je ne citerai ni la rue ni le quartier ; je puis citer la ville, c’était Rio de Janeiro. Je tairai le nom de mon ami ; mettons une lettre, X***. Elle, l’une d’elles, s’appelait Maria.

 

Lorsque j’arrivais, il était déjà dans sa chaise à bascule. Les meubles du salon étaient peu nombreux, les ornements rares ; toute simplicité. X*** me tendait sa main large et forte ; j’allais m’asseoir auprès de la fenêtre, un oeil sur le salon, un oeil sur la rue. Maria, si elle n’était déjà là, se montrait peu après. Nous n’étions rien l’un pour l’autre; seule l’affection de X*** nous liait. Nous bavardions ; je les quittais pour rentrer chez moi ou pour une promenade, eux restaient et allaient se coucher.

 

Parfois nous jouions aux cartes, et les derniers temps c’est là que je passais la plupart de mes soirées.

 

Tout, en X***, me surpassait. Son apparence, d’abord. Il était robuste, j’étais frêle; ma grâce féminine, chétive, s’éclipsait face à son allure virile, ses fortes épaules, ses fortes hanches, sa jambe vigoureuse et son pied solide qui frappait ferme sur le sol en marchant. Prêtez-moi une fine et maigre moustache ; voyez-lui de longs favoris, épais et bouclés, et l’un de ses gestes habituels, réfléchissant ou écoutant, était de les entortiller en y passant les doigts. Les yeux terminaient le portrait, non seulement parce qu’ils étaient grands et beaux, mais parce qu’ils riaient plus et mieux que sa bouche. Outre l’apparence, l’âge ; X*** était un homme de quarante ans, je n’en avais guère que vingt-quatre. Outre l’âge, la vie ; il avait beaucoup vécu, dans un autre milieu, d’où il était sorti pour se blottir dans cette maison, avec cette dame ; moi, je n’avais rien vécu avec personne. Enfin – et c’est là un trait capital – il y avait en lui une fibre castillane, une goutte de ce sang qui circule dans les pages de Calderón, une attitude morale que je puis comparer, sans mépris ni raillerie, à celle du héros de Cervantès.

 

Comment s’étaient-ils aimés ? Cela datait de loin. Maria avait alors vingt-sept ans, et semblait avoir reçu quelque éducation. On me dit que leur première rencontre avait eu lieu lors d’un bal masqué, à l’ancien Teatro Provisório. Elle portait une jupe courte et dansait au son d’un pandeiro. Elle avait des pieds admirables qui furent, ou ce fut son destin, la cause de l’amour de X***. Jamais je ne lui demandai l’origine de cette (en a-t-il déjà parlé ?) alliance ; je sais seulement qu’elle avait une fille, qui se trouvait en pension et ne venait jamais à la maison ; c’était sa mère qui allait la voir. Nos rapports étaient véritablement respectueux, et le respect allait jusqu’à accepter la situation sans l’examiner.

 

Quand je commençais à y aller, je n’avais pas encore mon emploi à la banque. Je ne l’eus que deux ou trois mois plus tard et ne cessai pas de les fréquenter pour autant. Maria jouait du piano ; avec son amie Raimunda elles parvenaient parfois à entraîner X*** au théâtre ; je les accompagnais. Nous prenions ensuite le thé dans un salon privé et, une fois ou l’autre, les nuits de pleine lune, nous terminions la soirée en allant à Botafogo en voiture.

 

Barreto, qui ne commença que plus tard à fréquenter la maison, n’était pas de ces parties-là. C’était cependant un bon compagnon, gai et bouillonnant. Un soir, alors que nous sortions de là, il dirigea la conversation vers les deux femmes et m’invita à les courtiser.

— Tu en choisis une, Simon, et moi, l’autre.

Je m’arrêtai en frémissant.

— Ou plutôt, j’ai déjà choisi, continua-t-il ; j’ai choisi Raimunda. Elle me plaît beaucoup, Raimunda. Toi, tu choisis l’autre.

— Maria ?

— Et qui d’autre ?

 

Le trouble où me jeta ce tentateur fut tel que je ne trouvais nul mot de refus, nul mot ni geste. Tout me parut alors naturel et nécessaire. Oui, je fus d’accord pour choisir Maria ; elle était de trois ans mon aînée, ayant toutefois l’âge qu’il fallait pour m’apprendre à aimer. Maria, c’est convenu. Nous nous mîmes à nos conquêtes avec ardeur et ténacité. Barreto n’eut pas beaucoup à vaincre ; son élue n’avait pas d’amours, mais elle en avait souffert jusqu’à récemment et avait dû rompre contre son gré, son amant ayant épousé une jeune fille de Minas Gerais.

Elle se laissa vite consoler. Barreto vint un jour, alors que je déjeunais, m’annoncer avoir reçu une lettre d’elle, qu’il me montra.

— Vous vous êtes entendus ?

— Oui. Et vous ?

— Moi, rien.

— Alors, c’est pour quand ?

— On verra bien, je te le dirai.

Je me sentis, ce jour-là, quelque peu vexé. Malgré la meilleure volonté du monde, en effet, je n’osais parler à Maria de mes sentiments. Ne vas pas imaginer là une quelconque passion. Je n’éprouvais aucune passion, plutôt de la curiosité. Quand je la voyais, fraîche et élancée, toute vie et chaleur, je me sentais envahi par une force mystérieuse et nouvelle; mais si, d’une part, je n’avais jamais aimé, Maria était, d’autre part, la compagne de mon ami. Je ne cherche pas par là à expliquer des scrupules, mais juste à faire comprendre ma gêne. Ils vivaient ensemble, l’un pour l’autre, depuis quelques années. X*** me faisait confiance, une confiance absolue, il m’entretenait de ses affaires, me racontait des choses de sa vie passée. En dépit de la différence d’âge, nous étions semblables à des étudiants de la même année.

 

Comme j’en venais à penser plus souvent à Maria, il est probable que par quelque geste je lui aie dévoilé mon état récent ; le fait est qu’un jour, en lui serrant la main, je sentis que ses doigts s’attardaient plus longuement entre les miens. Deux jours plus tard, me rendant à la poste, je l’y trouvai timbrant une lettre pour Bahia. N’avais-je pas encore dit qu’elle était Bahianaise ? Elle était Bahianaise. Ce fut elle qui m’aperçut en premier et qui vint me parler. Je l’aidai à mettre le timbre, puis nous prîmes congé. À la porte, j’allais dire quelque chose, lorsque j’aperçus X*** devant nous, immobile.

 

— Je suis venue poster ma lettre pour Maman, s’empressa-t-elle de dire.

Elle nous dit adieu et rentra chez elle ; lui et moi prîmes une autre direction. X*** en profita pour faire l’éloge de Maria. Sans entrer dans le détail de l’origine de leur relation, il m’assura que ça avait été un grand coup de foudre pareillement partagé, et conclut que sa vie était dès lors toute tracée.

— Je ne me marierai plus désormais ; je vis maritalement avec elle, avec elle je mourrai. Je ne regrette qu’une chose, c’est de devoir vivre séparé de ma mère. Ma mère le sait, dit-il en s’arrêtant. Puis, reprenant sa marche : elle le sait, elle m’en a même déjà fait une allusion, très vague et lointaine, mais j’ai saisi. Il semble qu’elle ne me désapprouve pas ; elle sait que Maria est une fille bonne et sérieuse, et du moment que je suis heureux elle n’en demande pas davantage. Le mariage ne m’apporterait rien de plus…

 

Il me dit bien des choses encore, que j’écoutais éperdu ; mon coeur battait ferme, mes jambes marchaient flasques. Je ne trouvais aucune réponse appropriée ; les quelques mots que je prononçais s’étranglaient dans ma gorge. Au bout d’un moment, il perçut mon état et interpréta de travers ; jugeant que ses confidences m’ennuyaient, il me le fit remarquer en riant. Je rétorquai d’un ton sérieux :

 

— Je t’écoute avec intérêt, au contraire, et il s’agit de gens très dignes de considération et d’estime.

 

Je pense aujourd’hui que je cédais là inconsciemment à un certain besoin d’hypocrisie. L’âge des passions est un âge confus, et je ne peux bien discerner, dans cette situation, les sentiments et leurs causes. Il n’est toutefois pas exclu que je cherchais alors à dissiper dans l’esprit de X*** toute ombre de méfiance. Toujours est-il qu’il m’écoutât reconnaissant. Ses grands yeux d’enfant m’enveloppèrent en

entier, et lorsque nous prîmes congé, il me serra vigoureusement la main. Je crois même l’avoir entendu qui disait : « Merci ! ».

 

Je n’étais pas accablé en le quittant, ni touché de remords préalables. La première impression de cette confidence se dissipant, ne restait que la confidence, et je sentis croître en moi l’agitation de la curiosité. X*** m’avait parlé de Maria comme d’une personne chaste et conjugale ; aucune allusion à ses attributs physiques, mais mon âge me dispensait de toute référence directe. Là, dans la rue, je me représentais par coeur l’image de la jeune femme, ses gestes aussi languides que robustes, et je me sentais de plus en plus bouleversé. Sitôt rentré, je lui écrivis une lettre longue et diffuse que je déchirais au bout d’une demi-heure, puis je sortis dîner. Après dîner, je me rendis chez X***.

Deux auteurs des Éditions de La Découvrance à l’honneur dans CHASSE-MARÉE (Jean-François Marquet et Philippe Collonge) de Février 2015

Capture d’écran 2015-01-21 à 17.28.30.pngChasse-Marée février 2015 

n°265

Par X.M.

Capture d’écran 2015-01-21 à 17.25.19.pngLivres

Quand les marins mettent sac à terre

Issu d’une émission éponyme de Radio France produite par Jean-François Marquet, cet ABCMer, plaisamment illustré par le dessinateur Sébastien Léger, est un manuel aussi insolite que savoureux. Tout le monde connaît les mots qui y sont étudiés, car s’ils sont souvent nés sur l’eau, ils ont mis sac à terre en passant dans le langage courant. Ce faisant, ils ont changé de sens et il faut déployer des trésors d’étymologie – science approximative s’il en est – pour remonter aux origines. Ainsi le patachon doit-il son nom au cocher, réputé franc-buveur, des pataches, ces diligences qui sillonnent tous les romans de La Comédie humaine ; mais avant cela, le terme fut le sobriquet attribué aux pilotes des pataches, petits bâtiments de la douane. Comme le patachon, le lascar – selon Littré, « un matelot indien issu de la classe des parias » – peut prendre une biture, mais en tout bien tout honneur, car en parler matelot cela signifie disposer une longueur de chaîne en zigzag sur le pont avant de mouiller l’ancre. Allez ! un dernier mot, pour la route : selon Jean-François Marquet, corbillards pourrait venir de corbillat, terme désignant le coche d’eau qui assurait le service entre Paris et Corbeil ; cette embarcation aurait charrié quantité de cadavres lors d’une épidémie dans la région de Corbeil. X.M.

ABCMer de Jean-François Marquet, illustré par Sébastien Léger, Éd. La Découvrance, 92 p., 11 €

Capture d’écran 2015-01-21 à 17.25.30.pngNous avons aussi reçu :

* Un rescapé de « La Méduse » : mémoires du capitaine Dupont, 1775-1850, manuscrit original de Daniel Dupont présenté par Philippe Collonge. Éd. La Découvrance, 170 p., 17 €

 

Ouest-France trouve INDISPENSABLE l’ABCMer de Jean-François Marquet ! (19 décembre 2014)

DhBml.jpgOuest-France du 19 décembre 2014

RECOMMANDATION DE LECTURES !!!

448186093-1.pngL’ABCMer ou la poétique du mot maritime

Journaliste, réalisateur et producteur nantais, Jean-François Marquet propose, avec son ABCMer, une promenade illustrée dans la langue imagée des gens de mer. Où l’on (re) découvre que les mots draguer, vadrouille, panne ou chiourme, passés dans le langage courant sous d’autres sens, ont une histoire et une illustration bien précises, souvent oubliées.

Les dessins de Sébastien Léger, illustrateur de livres, appuient, avec humour, ces définitions insolites et très documentées. A embarquer au moment de tenir son « quart » comme un authentique « lascar ».

ABCMer de Jean-François Marquet, illustrations de Sébastien Léger, éditions La Découvrance,

92 p., 11€

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France Bleu choisit « Camille, Camille, Camille » de Sophie Jabès comme LIVRE DU JOUR (par Thierry Chareyre dans le Berry, émission du 18 décembre 2014 à réécouter sur le site de Radio France)

Capture d’écran 2015-01-20 à 22.18.50.pngCHAREYRE Thierry.jpgExceptionnellement, Thierry Chareyre a décidé de choisir une pièce comme livre du jour.

La qualité de celle de Sophie Jabès, publiée chez Lansman, l’a convaincu.

Vous pouvez réécouter cette belle émission ici : http://www.francebleu.fr/culture/le-livre-du-jour-de-france-bleu-berry/le-livre-du-jour-de-france-bleu-berry-106

 

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