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La Montagne remarque l’artiste Vladimir édité par Luis Marcel à La Découvrance (5 mai 2015)

Capture d’écran 2015-05-05 à 15.53.46.pngEXPOSITION • L’Art Brut s’expose sur les cimaises dè l’Orée des Thermes

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Une centaine de peintures et de sculptures d’artistes de l’art brut sont exposées à la résidence L’Orée des Thermes. Avec conférence et ateliers avec des scolaires.

Par Fabienne Faurie

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L’art brut sort du musée de Lapalisse pour s’exposer sur les cimaises de la résidence seniors L’Orée des Thermes.

Au programme, une exposition d’une centaine de tableaux, des conférences et un projet pédagogique mené avec les écoles. Tout cela, autour de cet art singulier que valorise Luis Marcel, fondateur du musée et de l’association L’Art en marche.

Cet événement artistique s’inscrit dans les objectifs de Jean-Philippe Tardy, directeur de l’Orée desThermes : « II s’agit d’ouvrir la résidence sur l’extérieur et les résidents sur la ville. L’interventionde Luis Marcel est une sensibilisation à un art dont ils ne sont pas familiers.

Les échanges, lors du vernissage mercredi dernier, ont été riches permettant un autre regard sur les oeuvres exposées ».

Avec sa fougue habituelle, Luis Marcel a su séduire son auditoire autour des peintures et sculpturesexposées. Il y a Jacques Déal et ses collages en grand format qui composent un univers fantastique; les totems en bois polychrome de Moss ; les peintures de Dimisca, Tourlonias etc. Et, une dizained’artistes qui se sont exprimés sur la vigne et le vin en touches colorées et avec beaucoup d’humour :Françoise Pontanier ; Monique Le Chapelain ; Martine D’Olivo ; Eddy Vitalone, etc.

vladimir un .jpgÀ découvrir aussi une série d’autoportraits insolites de Vladimir ou Pascal Saint-Vanne un artiste atypique.

Luis Marcel vient d’ailleurs d’éditer ses écrits Ce cri qui nous décrit, aux éditions La Découvrance.

Durant l’exposition qui va durer jusqu’à fin août, est projeté un film sur l’art brut réalisé par des étudiants du Pôle Lardy. Quant au projet pédagogiquemené avec les écoles à l’Orée des Thermesautour de visites et d’ateliers, il permettra une rencontre intergénérationnelle. Il sera mené conjointement par Corinne Matéos et Didier Lutz, conseillers pédagogiques en arts visuels.

Rendez-vous. Conference sur l’art brut, animée par Luis Marcel, mercredi 27 mai à 15 heures et à 20 heures Ouvert a tous Réservations au 04 80 977 977

France inter interview Christian Rol sur l’assassinat d’Henri Curiel (Merci et bravo à Benoit Collombat pour son professionnalisme hors pair) 4 mai 2015

F-Inter-tourBlanc.pngBenoit Collombat interviewe Christian Rol sur France inter (diffusion lundi 4 mai 2015 à 13h)

Réécoutez Christian Rol ici : http://www.franceinter.fr/depeche-lassassinat-politique-dhenri-curiel-revendique

 

L’assassinat « politique » d’Henri Curiel revendiqué

collombat.jpgCe  militant communiste et anticolonialiste a été assassiné par deux hommes, le 4 mai 1978, dans l’ascenseur de son immeuble. 37 ans après, dans un livre « Le roman vrai d’un fasciste français », un homme revendique pour la première fois cet assassinat

Né en 1914 au Caire, Henri Curiel a, entre autres, participé au réseau d’aide au FLN fondé crée par Francis Jeanson, les « porteurs de valises », avant d’en prendre la direction, passe dix-huit mois à Fresnes, est  libéré après la signature des accords d’Evian et passe à eux doigts de l’expulsion de France après avoir été expulsé d’Egypte en 1950.

collombat-rol.jpgIl met ensuite son expérience au service des mouvements de libération nationale du tiers-monde et crée Solidarité, où les militants du monde entier viennent apprendre d’autres militants comment s’organiser, se cacher, et même se battre. Son dernier engagement est pour une tentative de solution du conflit israélo-palestinien. Convaincu que seul le dialogue permettra une issue, il organise des contacts clandestins entre « colombes » israéliennes et palestiniennes.  

rol inter.jpgS’il est parfaitement  « connu » des services, Henri Curiel ne l’est pas du grand public jusqu’à un article de l’hebdomadaire Le Point, de 21 juin 1976 où Georges Suffert, l’accuse d’être « le patron des réseaux d’aide aux terroristes ».

Deux ans après, celui qui a toujours détesté le terrorisme selon Gilles Perrault, est assassiné par deux hommes, dans l’ascenseur de son immeuble, le 4 mai 1978. Aujourd’hui, ses tueurs courent toujours et le dossier est officiellement classé, mais dans un livre, « Le roman vrai d’un fasciste français », un homme revendique pour la première fois cet assassinat.

christian-rol-le-roman-vrai-d-un-fasciste-francais.jpgCet homme s’appelle René Resciniti de Says. Membre de l’Action française, proche des « services français » et des mercenaires de Bob Dénard. Il meurt en 2012, mais dans ce livre posthume, il revendique l’assassinat du militant d’extrême gauche Pierre Goldman et celui d’Henri Curiel.

Le feu vert pour le meurtre lui aurait été donné par Pierre Debizet, le patron du SAC, la milice du parti gaulliste. C’est en tous cas ce qu’il confie au journaliste Christian Rol à qui il raconte pourquoi et comment il a assassiné Curiel.

Christian Rol : (…) « Deux personnes se sont occupées de l’exécution avec des armes prélevées à la Préfecture de Police de Paris et rendues ensuite »

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L’Observatoire de Paris annonce le Salon « Mathématiques et lumière » du 28 au 31 mai 2015

 

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28-31 mai 2015 | L’Observatoire de Paris au Salon des Jeux Mathématiques

L’Observatoire de Paris sera présent au 16e Salon de la Culture et des Jeux Mathématiques qui se déroulera du 28 au 31 mai 2015, place Saint-Sulpice, à Paris (6e). Il y tiendra un stand avec, pour les scolaires et le public, de nombreux ateliers pour mieux comprendre la lumière et son utilisation en astrophysique. L’entrée est libre et gratuite. 

Salon Culture & Jeux Mathématiques 2015
Salon Culture & Jeux Mathématiques 201Organisé par le Comité International des Jeux Mathématiques, ce salon est placé sous le thème « Mathématiques et Lumière » à l’occasion de 2015, année internationale de la lumière décidée par l’UNESCO.

Organisé par le Comité International des Jeux Mathématiques, ce salon est placé sous le thème « Mathématiques et Lumière » à l’occasion de 2015, année internationale de la lumière décidée par l’UNESCO.

Cette nouvelle édition est parrainée par Jean Pierre Luminet, astrophysicien, directeur de recherche CNRS, historien des sciences et des mathématiques à l’Observatoire de Paris et au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille.

Comme tous les ans, le salon propose de nombreuses animations autour des mathématiques et de leur histoire.

Au programme, plus de 70 stands, ateliers, jeux, concours, conférences, rencontres, spectacles.

L’Observatoire de Paris proposera des ateliers autour des thématiques suivantes :

  • cadran solaire, 
  • spectroscopie, 
  • méridienne,

Grâce à l’enthousiasme de ses chercheurs à transmettre leur passion, l’Observatoire de Paris participera au programme général des rencontres et conférences :

  • Speed-meeting avec Alain Doressoundiram, astronome de l’Observatoire de Paris (LESIA [1]) et Jonathan Freundlich (LERMA [2]), Michèle Ba-Trung (LERMA) ;
  • Conférence « Les relations agitées du Soleil et de la Terre révélées par les aurores boréales » par Fabrice Mottez, chercheur CNRS à l’Observatoire de Paris (LUTh [3]).
 

[1] LESIA : Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique

[2] LERMA : Laboratoire d’Etudes du Rayonnement et de la Matière en Astrophysique et Atmosphères

[3] LUTH : Laboratoire Univers et THéories

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Livres Hebdo a lu l’excellent livre de Christian Rol (5 mai 2015)

Capture d’écran 2015-05-07 à 10.46.50.pngLes assassinats d’Henri Curiel et de Pierre Goldman revendiqués dans un livre

 

http://www.livreshebdo.fr/article/les-assassinats-dhenri-curiel-et-de-pierre-goldman-revendiques-dans-un-livre

 

 Pierre Goldman et Henri Curiel. – DR – Article de Pierre Georges

 

Capture d’écran 2015-05-07 à 10.42.01.pngDans Le Roman vrai d’un fasciste français  (La Manufacture de livres), paru le 24 avril, René Resciniti de Says, décédé en 2012, revendique les assassinats des militants d’extrême gauche Pierre Goldman et Henri Curiel, à la fin des années 1970.

 

Le 4 mai 1978, Henri Curiel, militant communiste et anticolonialiste, dirigeant du réseau d’aide au FLN des « porteurs de valises », est assassiné par deux hommes dans l’ascenseur de son immeuble à Paris. Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman, autre figure de l’extrême gauche des années 1970, est tué par balle à bout pourtant à quelques mètres de chez lui, dans le XIII e arrondissement de Paris. Ces assassinats, signés par une organisation d’extrême droite inconnue, « Honneur de la Police », n’avaient jamais été élucidés.

 

Aujourd’hui, alors que les tueurs courent toujours, et que le dossier est clos, un homme revendique ces deux meurtres. Dans Le Roman vrai d’un fasciste français, publié le 24 avril par La Manufacture de livres et signé par le reporter Christian Rol, René Resciniti de Says, membre de l’Action française disparu en 2012, indique avoir tué les deux militants d’extrême gauche pour le compte du SAC, la milice du parti gaulliste.

 

Alors que les archives des services secrets français demeurent toujours inaccessibles, le député écologiste Noël Mamère demande l’ouverture d’une commission d’enquête.

 

Les deux affaires continuent, 35 ans plus tard, à faire couler de l’encre. En 2011, Futuropolis publiait un

roman graphique d’Emmanuel Moynot retraçant le parcours de Pierre Goldman, sous le titre La vie d’un

autre. Un portrait d’Henri Curiel, Un Homme à part, par Gilles Perrault, est également disponible chez

Fayard. Enfin, les deux affaires sont retracées dans Les dossiers noirs de la Ve République: quand la France assassine au nom de la raison d’Etat (City).

Le Musée d’art brut prépare sa saison estivale avec Vladimir (3 mai 2015)

Capture d’écran 2015-05-05 à 15.53.46.pngLAPALISSE

Le Musée d’art brut prépare sa saison estivale

Programmation : Une réunion constructive entre Luis Marcel et ses artistes.

Une réunion vient de se tenir au Musée d’art brut en vue de définir les prochaines activités de la saison estivale.

Capture d’écran 2015-05-05 à 16.08.06.pngParmi les artistes invitées, Odile Gantier, artiste plasticienne, prépare une exposition sur les tatouages avec les détenus de Moulins et Roanne. On pourra la découvrir en septembre.

Magalie S., créatrice de la compagnie « Le goût de la peau », travaille pour la première de « Pasiphaé ou le désir insoumis », où elle gère conception, chorégraphie, mise en scène, écriture et interprétation, etc. Cette artiste polyvalente devrait être présente une semaine, en juin, pour une résidence d’artiste. 

Le directeur du musée, Luis Marcel, pour sa première comme éditeur d’ouvrages de collection, a également présenté le livre de Vladimir (Pascal Saint-Vanne) Ce cri qui nous décrit.

vladimir un .jpgCet artiste autodidacte peint d’instinct, sans calcul, sans chercher à plaire. Et chaque oeuvre est un cri, un appel à la liberté.

Luis Marcel a préfacé l’ouvrage dans lequel il joint à chaque tableau un texte de Vladimir, un texte tout aussi cruel, violent, sans concession. On peut trouver l’ouvrage au musée lapalissois.

Livre Hebdo annonce la parution du livre de Christian Rol (1er mai 2015)

lh_logo__hd.jpg320.9 Politique, Conditions et conjonctures politiques, Personnages politiques

00765 ROL Christian 

 

Le roman vrai d’un fasciste français / préface Gilles Perrault

Paris Manufacture de livres, 2015 256 p ,21 x 15 cm

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Portrait de Rene Resciniti de Says (1951-2012), militant de la Restauration nationale et proche des milieux d’extrême droite dans les annees 1970 L’auteur revient sur sa responsabilité dans certains assassinats, notamment celui du militant d’extrême gauche Pierre Goldman en 1979

Tout public

Br. 19,90 €

ISBN 978-2-35887 099-3

 

Jacques Pradel donne la parole à Christian Rol sur RTL (30 avril 2015)

rtl.jpgRTL

Réécoutez l’émission où Christian Rol a été interviewé par Jacques Pradel ici 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/l-assassinat-de-pierre-goldman-7777518779

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L’édito de Jacques Pradel

A la Une de l’heure du crime aujourd’hui, l’assassinat en 1979, d’une figure de l’extrême gauche de l’époque,  Pierre Goldman, par un mystérieux commando…Qui était véritablement Pierre Goldman ? Quelle est l’identité des membres de ce commando qui l’ont abattu en plein Paris, le 20 septembre 1979? 
Qui a donné l’ordre de le tuer ? Plusieurs pistes ont été suivies à l’époque, par les enquêteurs. Elles ont toutes débouché sur des impasses. Près de 30 ans plus tard, en 2009, un livre du commissaire Lucien-Aimé Blanc, ancien chef de l’OCRB, l’office central de répression du banditisme, révélait le témoignage et l’aveu d’un de ses anciens indicateurs, qui aurait participé à cet assassinat commandité par une officine politico-mafieuse. Mais aucune preuve n’était apportée. Aujourd’hui encore, cet assassinat impuni et son mobile précis, demeurent une énigme. Mais, un nouveau livre, signé du journaliste Christian Rol, relance à nouveau l’affaire, ces derniers jours, en révélant, après son décès, l’identité d’un autre tueur.
Nous revenons sur ces révélations, mais aussi sur la trajectoire et la personnalité de Pierre Goldman, avec le journaliste Mickaël Prazan qui a, lui aussi, mené une longue enquête sur cette affaire…

Nos invités

Michaël Prazan, écrivain et réalisateur. Auteur du livre « Pierre Goldman, le Frère de l’ombre »,( Seuil -2005)
Auteur et réalisateur du film « L’assassinat de Pierre Goldman » (Kuiv productions – France 3), diffusion le 13 janvier 2006 – Sélection officielle FIPA 2006 (Biarritz, janvier 2006)
Christian Rol, journaliste et écrivain. Auteur du livre « Le roman vrai d’un fasciste français »  qui vient de paraître aux éditions La Manufacture de Livres

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Le Salon littéraire repère le livre de Roger Taylor, MERCI à Bertrand du Chambon ! (23 avril 2015)

Géant des mers par Bertrand du Chambon

Thèmes : 
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roger jolie.jpg   Il est des jours où nous aimerions avoir, comme Victor Hugo, la diarrhée de l’antithèse : l’homme est grand, et cependant il est petit ; la mer est douce, mais l’océan est terrifiant, etc… On pourrait broder ainsi longtemps quand on commence à lire le récit – ce n’est pas un roman – de Roger Taylor, homme d’affaires et coureur des mers. Cet homme-là est d’une modestie incroyable. Il accomplit les exploits les plus improbables, parcourt l’Atlantique nord à la barre de son humble voilier, croise autour du Svalbard qui est un archipel de la Norvège, barre au large du Groënland, risque sa coque en lisière des icebergs et revient les mains dans les poches, l’air de rien. Il a tout de même remporté la médaille Jester « pour sa contribution exceptionnelle à l’art de la navigation » et a reçu d’autres récompenses, mais bien sûr il n’en dira rien : lui, ce qui le passionne,ce sont les déferlantes, la laltitude 80° Nord, les puffins majeurs et les « albatros à sourcils noirs ». 

Parti en mer, il se régale. Avec un soin précautionneux, une précision hallucinante, il décrit la houle, la texture des glaces, la coque du chalutier qui a manqué l’écrabouiller, un pétrel cul-blanc : « je le voyais pirouetter dans notre sillage, si près que son beau plumage brun chocolat, la barre légèrement plus claire en travers de ses ailes, son croupion blanc et même la fourche de sa queue étaient perceptibles dans les rares millièmes de seconde où mon œil parvenait à capter le mouvement et fixer une image quasiment nette. »

Oui, voilà ce qu’il est, ce marin-là : attentif. Il ne s’ennuie jamais. Il porte une attention effroyable aux détails du monde, il observe la nature, goûte le moindre mouvement : on l’imagine en train de pêcher ou de baguer un oiseau.

Parfois, ayant peur, la nuit il se dresse hors de sa bannette tandis qu’il sent tanguer son embarcation, et il chante des bêtises pour se donner du courage, hurlant contre l’insolente immensité du monde : 

« In South Australia I was boooorn !

Heaaaave away ! Haaaaul away !

South Australia round Cape Hoooorn !

Bound for South Austraaaalia !

Je n’avais pas chanté ces paroles depuis quarante ans. Je me suis souvenu de mes compagnons d’équipage. Je me suis rappelé comment nous nous cramponnions les uns aux autres et comment nous les chantions pour avoir moins peur de mourir de froid. »

Même si comme moi vous ne connaissez rien à la mer, si naviguer vous paraît fastidieux, angoissant, vous aimerez ces pages gavées d’eau salée et de noroît. C’est un autre monde : nous découvrons ainsi que nous sommes des terriens, des gens qui ont besoin d’un sol, des rocs et des routes, alors que d’autres hommes, assez loin de nous, ont besoin de marées, de focs et de soutes. Ils vivent pour être sur de l’eau ! C’est à peine croyable. Le style de Roger Taylor, surprenant et pointu, affûté, d’une extrême précision, nous permet de commencer à explorer un tout autre univers. C’est fascinant : c’est comme découvrir une autre planète, et pourtant celle-ci est la nôtre. 70 % environ de la surface du globe. Nous autres, nous occupons les 30 % qui restent.

Ce qui n’est pas désagréable, à force d’arpenter les mers, c’est qu’il est seul. Il regarde l’univers, demande des comptes à Dieu et au personnel navigant. Blessé, et dervant s’opérer seul, il convoque l’équipage : « Le Médecin et Dentiste du bord a soigneusement rangé toute la panoplie (…). Le Skipper a suggéré de se concentrer sur la navigation. Le Garçon de cabine, étrangement silencieux pendant tout cet intermède, avait un discret sourire de soulagement. » Mais ces quatre personnes, c’était lui, et lui seul.

Reste alors un soir à croiser l’albatros, l’apercevoir enfin, créature de Baudelaire et de Coleridge (une note de bas de page nous rappelle Le Dit du vieux marin, au cas où nous l’aurions oublié) qui évoque la folie de notre monde : « Aucun autre oiseau ne peut causer une réaction aussi complexe. L’albatros est innocence et reproche, à parts égales. Il nous montre ce à quoi nous aurions pu aspirer et comment nous y avons échoué. »

Hardi marin, grand écrivain, bon philosophe, Roger Taylor est tout cela, et d’autres hommes encore. On peut se risquer à le lire : on se surprend à être comme lui, seul, mais en bonne compagnie.

 

Roger Taylor, Mingming au rythme de la houle, éditions La Découvrance 2015, 21 €.