“L’OMBRE DE LA TERRE” DE CHRISTINE FIZSCHER : QUI PROTÈGERA LA MÈCHE QUI FAIBLIT ? – Pa Frédéric Dieu

Comment vivre dans une existence fragmentée ? Avec L’ombre de la terre, Christine Fizscher invite son lecteur à une méditation sur la mémoire et l’oubli, sur la douleur de l’absence, sur l’être humain à la lumière vacillante. Un recueil poétique pétri par l’absence et la solitude, publié aux éditions Dumerchez. On peut cependant regretter le caractère parcellaire et superficiel de ce journal, son confinement dans des aperçus d’états d’âme et des considérations inabouties et elliptiques.

Lire la suite sur le site Profession spectacle : https://www.profession-spectacle.com/lombre-de-la-terre-de-christine-fizscher-qui-protegera-la-meche-qui-faiblit/

Laurent Beurdeley face à Xavier Dolan chez Stéphane Bern sur RTL

Laurent Beurdeley, auteur de « Xavier Dolan, l’indomptable » aux éditions du CRAM (parution mi avril 2019 en France) invité de l’émission de Stéphane Bern « A La Bonne Heure » sur RTL avec Xavier Dolan

Xavier Dolan est de retour au cinéma avec « Ma vie avec John F. Donova », en salles à partir du 13 mars prochain. le cinéaste québécois est l’invité de Stéphane Bern le 04 mars 2019.

Germain Sastre Rédacteur émission

Le 13 mars prochain sortira en salles le nouveau film de Xavier Dolan. Intitulé Ma vie avec John F. Donovan, il s’agit du tout premier long métrage tourné en anglais par le réalisateur de 29 ans. A travers l’histoire, le cinéaste raconte comment les enfants peuvent s’approprier les codes qu’on leur inculque, non seulement dans les moments de désespoir ou de solitude, mais aussi quand ils atteignent une certaine maturité psychologique, pouvant parfois aller jusqu’à la folie.

Pour porter ce septième film, le cinéaste québécois s’est entouré d’un casting prestigieux : Kit Harington (Game Of Thrones), Jacob Tremblay (Room), Susan Sarandon (Thelma et Louise) ou encore Natalie Portman (Black Swan) mais aussi Kathy Bates (Misery, Titanic).

Réécouter l’émission : https://www.youtube.com/watch?v=YaL2SIrN9hY

2ème communiqué – Défendons ensemble les mathématiques menacées !

2ème Communiqué mars 2019 – Défendons les mathématiques en fêtant le 20ème anniversaire du Salon Culture et Jeux mathématiques qui leur est consacré ! attachée de presse guilaine_depis@yahoo.com 06 84 36 31 85
 
La Semaine nationale des mathématiques montre à tous les élèves des écoles, collèges et lycées ainsi qu’à leurs parents, une image actuelle, vivante et attractive des mathématiques. Sa huitième édition vient d’avoir lieu du 11 au 17 mars sous la houlette de son médaillé Fields et parrain Cédric Villani avec un franc succès.  

Le point d’orgue de cet événement fut la troisième édition du Festival international de mathématiques orchestrée par l’association « Les Maths en Scène »  du 13 au 16 mars sur le thème « Jouons ensemble aux mathématiques.

Surfant sur la très belle vague d’engouement pour ce thème porteur et fédérateur, le Salon Culture et Jeux mathématiques, beaucoup plus ancien, organisé par le Comité International des Jeux mathématiques, va quant à lui souffler ses 20 bougies Place Saint-Sulpice du 23 au 26 mai en entonnant le même chant d’amour et de gratitude pour les mathématiques à travers le prisme du plaisir de jouer.

Ainsi que l’énonce notre Parrain Jean-Marie de Koninck pour ce glorieux anniversaire d’un Salon très estimé, cet événement printanier est un genre de « Disneyland des mathématiques ». N’ayant jamais aussi bien porté son nom que cette année, le Salon Culture et Jeux mathématiques va déployer au centre de la capitale cette année davantage encore que dans toutes les précédentes son arsenal de jeux de toutes sortes, y compris ceux primés comme ses concours et compétitions pour tous les âges et tous les niveaux. En 2019, sa programmation est allée jusqu’à s’offrir la fantaisie d’inviter un Polytechnicien écrivain dont le vrai patronyme est Jeux !

L’idée sous-jacente qui soutient ce noble édifice de promotion des mathématiques est que l’on n’apprend jamais aussi efficacement que par le biais de l’amusement ludique, que le divertissement peut être source de savoir et d’élévation.

Au moment où la place des mathématiques dans les programmes scolaires est en train de changer – en devenant un enseignement facultatif mais plus exigeant pour permettre au niveau en chute libre de remonter – il apparaît plus que jamais nécessaire de se pencher sur la nécessité de ne pas le voir tout à fait disparaître.

Ainsi que l’a rétorqué Cédric Villani à Luc Ferry qui avait osé dire l’année dernière sur LCI que « Dans la vie quotidienne, les maths ne servaient strictement à rien » : « Ce n’est pas le résultat mathématique qui sert dans la vie de tous les jours, c’est la démarche ». Cette démarche mathématique, cet esprit mathématiques, ce style mathématique, cette gymnastique mathématique, cette hygiène mathématique et cette diététique mathématique doivent être inoculées à nos chères jeunes élèves comme à leurs aînés.

Repères de vie, véritables piliers et solides ancrages, les mathématiques sont pour le développement de la pensée stratège qu’elles font grandir une source inépuisable d’intelligence, de sagesse, mais aussi de jouissance : « Tout mathématicien digne de ce nom a ressenti, même si ce n’est que quelquefois, l’état d’exaltation lucide dans lequel une pensée succède à une autre comme par miracle… Contrairement au plaisir sexuel, ce sentiment peut durer pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. » (André Weil cité par Cédric Villani dans « Théorème vivant »)

Enfin, une note d’espoir sur fond de repentir de la part de Luc Ferry : l’ancien Ministre a concédé qu’avec la troisième révolution industrielle et notamment la puissance extraordinaire de l’intelligence artificielle, les mathématiques vont redevenir une discipline utile, parce qu’on aura besoin d’énormément de datascientists ». 
 
Les mathématiques sont donc, en plus de nos racines cérébrales et de notre volupté présente, notre trésor pour affronter l’avenir. La meilleure façon de les aimer et de les défendre sera de participer, nombreux, au 20ème Salon qui les célèbre joyeusement.

 

Quatrième de couverture de « France cherche Europe désespérément » de Pierre Ménat, parution 11/03/19

Journalistes politiques intéressés par l’Europe, merci de prendre contact avec moi en tant qu’attachée de presse de « France cherche Europe désespérément », le nouveau livre de Pierre Ménat.
Vu la qualité et l’objectivité de son livre sur l’Europe, et surtout sa légitimité à traiter ce sujet de brûlante actualité en ponctuant son ouvrage par ses souvenirs personnels de haut diplomate, d’ambassadeur de France, ce livre publié peu avant les élections devrait attirer l’attention de la presse et avoir la visibilité qu’il mérite !

France cherche Europe désespérément

de Pierre MENAT

Parution le 11 mars 2019 aux éditions L’Harmattan

Attachée de presse : Guilaine Depis 06 84 36 31 85

guilaine_depis@yahoo.com

En cherchant désespérément une Europe à son image, la France s’est cherchée elle-même, ne s’est pas retrouvée et a saisi l’occasion pour se déchirer un peu plus. Une rupture s’est produite lors du référendum négatif du 29 mai 2005.

Ce livre a d’abord pour ambition de relater cette longue quête, en remontant à la source, voici soixante-dix ans. Il se propose ensuite d’analyser les causes d’un malaise installé, avant de suggérer quelques pistes de réconciliation.

Le monde de 2019 est en alerte rouge. Les désordres économique, militaire, terroriste, climatique, migratoire, démographique sont à l’œuvre. Mais les acteurs internationaux et d’abord les Etats-Unis jouent le chacun pour soi. Jamais le rôle de l’Europe comme puissance n’a été aussi attendu. Mais jamais l’Union européenne n’a été aussi contestée en son propre sein.

A l’heure du Brexit, le rôle de la France est essentiel. Pour que notre pays puisse remplir pleinement sa vocation, il faut tout mettre sur la table. Examiner en profondeur les sujets du débat européen : souveraineté, libéralisme, notion même d’Europe-puissance, partenariat franco-allemand. Réfléchir à l’adaptation du modèle européen aux défis actuels. Reprendre le projet le plus ambitieux jamais formulé en matière de politique étrangère et de défense : le plan Fouchet présenté par le Général de Gaulle en 1961.

Présentation longue du livre ici : https://guilaine-depis.com/presentation-longue-par-pierre-menat-de-france-cherche-europe-desesperement/

Pierre Ménat, (biographie ici) diplomate de carrière, a suivi de l’intérieur la marche de l’Europe pendant plus de trente ans. Conseiller de deux ministres des Affaires Etrangères (Jean-Bernard Raimond et Alain Juppé), puis conseiller du président Chirac pour l’Europe, deux fois directeur des Affaires européennes au Quai d’Orsay, il a également servi comme ambassadeur de France en Roumanie, Pologne et aux Pays-Bas. Son livre est ainsi tout à la fois récit et analyse, témoignages et force de proposition.

« Xavier Dolan, l’indomptable », le premier portrait du jeune cinéaste engagé, parution 17/04/19

Parution le 17 avril 2019 aux Editions du CRAM

Xavier Dolan – L’indomptable

de Laurent Beurdeley

Un portrait de 454 pages, 22 €

contact presse : guilaine_depis@yahoo.com / 06 84 36 31 85

En 2009, au festival de Cannes, un jeune réalisateur québécois remporte plusieurs distinctions. Il s’appelle Xavier Dolan. Il a 20 ans. Début d’une ascension fulgurante. Depuis, Dolan ne cesse de produire et d’étonner un public de plus en plus grand.

Ce portrait propose la description minutieuse de l’univers créatif de ce metteur en scène. L’auteur décortique chacun ses films, analyse sa personnalité, tout en évoquant les grandes lignes de son histoire personnelle.

Dans cet ouvrage de référence incontournable se dévorant comme un roman on découvrira :

  • Un cinéaste hors norme, précoce, anticonformiste,passionné, opiniâtre – indomptable.
  • Un autodidacte cultivé, un être souffrant au sens aigu de la repartie.
  • Une « icône pop », une vedette incontournable et clivante, suscitant la controverse.
  • Une vaste filmographie reflétant une âme et ses blessures.
  • Un penseur engagé, sensible aux maux de son époque, assumant son orientation sexuelle, interpellé par le bouleversement des sociétés.
  • Un artiste multifonctions (acteur, scénariste, monteur, costumier) ayant accru la visibilité du cinéma du Québec sur la scène internationale ainsi que la notoriété de ses actrices muses (Anne Dorval, Suzanne Clément).
  • Un réalisateur unique en son genre et en pleine ascension.

Laurent Beurdeley est maître de conférences à l’Université de Reims. Il a été profondément impressionné par Xavier Dolan dès le visionnement de son premier film. Beurdeley est le tout premier spécialiste du jeune cinéaste à publier une étude de fond sur son oeuvre et son parcours, aussi approfondie que respectueuse.

Richard Joffo organise une réunion « Médias & démocratie » dans le cadre du Grand Débat National le 14 mars 2019

Inscriptions : acadtv@free.fr 33 6 07 88 22 66 /  https://guilaine-depis.com/category/richard-joffo/

INVITATION CI-DESSOUS après la présentation de Richard JOFFO :

Homme de médias au génie multifacettes, Richard Joffo s’est illustré tout au long de sa vie et de son oeuvre par l’importance qu’il attribue à l’oralité en matière de communication.

Auteur à succès de livres écrits par ailleurs, Richard Joffo a toujours privilégié le mode oral de communication (les textes de chansons qu’il a écrites, son programme de maîtrise du langage, ses célèbres Story sur RFI…) pour créer du lien social entre les hommes, les toucher et les élever par la force inimitable de la voix.

Créateur de l’Académie Audiovisuelle qui forme les journalistes de télévision, les animateurs, présentateurs, mais qui, depuis 20 ans constitue aussi un véritable observatoire des médias et de leurs relations avec notre société, il était naturel que Richard Joffo souhaite, dans le cadre du GRAND DÉBAT NATIONAL, introduire le questionnement MÉDIAS & DÉMOCRATIE au travers de trois grands thèmes :

1.   Indépendance des médias – liberté de la presse et responsabilité – protection des sources

2.   Journalisme sauvage et éthique  dans les réseaux sociaux et les blogs

3.   Représentativité de la diversité dans les médias

Jacques Boutault, Maire du 2ème arrondissement, a spontanément répondu présent pour s’associer à l’organisation de ce grand débat.

Richard Joffo Président de l’Académie Audiovisuelle

1ère école de Formation professionnelle :
Journalisme audiovisuel
Animateurs, Présentateurs, Chroniqueurs TV
Perfectionnement des journalistes à la télévision
Conception de programmes TV
ASBL : CREAACTIS
http://www.academie-audiovisuelle.com 

EXPERTISE TV  (Ingénierie en création et développement de chaîne de télévision)
BRUITS D’IMAGES (Créations Audiovisuelles et Créations graphiques)
Séminaires 
MEDIA-MANAGER (prise de parole en public – intervention dans les médias)

30, rue Eugène Carrière
75018 Paris
Tel : + 33(0)1 77112836 – + 33 6 07 88 22 66
BBM : 228EC325
http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Joffo

Breizh-info met à l’honneur le thriller de Pascal Framont, merci à Christian de Moliner !

Lire l’article sur le site ici : https://www.breizh-info.com/2019/02/24/112789/chronique-litteraire-laffaire-mirage-life-pascal-framont

Luisa Portero voit sa vie basculer lorsque son mari est assassiné devant elle par des cambrioleurs. Mais elle a des doutes et soupçonne la police politique d’être derrière ce crime. Car la république sud-américaine où vit Luisa a depuis 20 ans porté volontairement au pouvoir Roberto Damiano qui a supprimé les élections et gère son pays d’une main de fer tout en assurant son développement et le bien-être de ses habitants.

L’affaire Mirage Life de Pascal Fromont est un thriller qui sort de l’ordinaire. Certes l’auteur utilise les ficelles communes à ce genre de récit, multiples rebondissements, rythme effréné, suspense, fausses pistes en série. Quand on ouvre ce roman, on n’a plus envie de laisser tomber.

Mais ce thriller est également un thriller politique qui pose une question crue : et si un pays faisait un deal avec un dictateur : l’abdication de la liberté individuelle en échange d’un régime autoritaire certes, mais efficace et protégé par des règles drastiques de toute corruption ? En cette période de désenchantement, marqué par la crise des Gilets jaunes, le marché peut paraître tentant. Évidemment, il est un leurre, comme le découvrira l’héroïne et la réalité n’est pas aussi reluisante ! Si on supprime la liberté de la presse qui est l’élément le plus important de la démocratie occidentale plus que le droit de vote, tout régime invariablement sombrera dans la corruption. Il n’y a eu au cours des siècles aucune exception à cette règle.

Pour avoir exploré en détail et d’une manière crédible une société originale différente de celle que nous connaissons, nous pardonnerons à l’auteur quelques défauts sans doute de jeunesse : improbables révolutionnaires décrits d’une manière naïve, méchants peu crédibles, fin en miroir avec des solutions emboîtées comme des poupées russes mais dont la dernière semble illogique. Il ne faut jamais bouder son plaisir.

Christian de Moliner

L’affaire Mirage Life, de Pascal Framont – 400 pages – Le Lamentin – 19 euros

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

« Mauvaise nouvelle » signe un très beau papier sur « La Guerre de France ; Paul Sunderland est un EXCELLENT lecteur

Lire l’article sur le site où il est paru : http://www.mauvaisenouvelle.fr/?article=livres-la-guerre-de-france-de-christian-de-moliner–1363

Dans un futur proche (entre 2035 et 2040), la France se compose en gros de trois entités rivales :

  • L’Etat, qui semble ne plus contrôler grand-chose en matière de sécurité.
  • Le Front des croyants, organisation islamiste responsable d’attentats innombrables sur le territoire français.
  • L’Armée secrète française, composée de nationalistes tout aussi déterminés que les précédents.

L’enjeu n’est ni plus ni moins que la maîtrise du territoire. Cette guerre n’a pas commencé dans un monde fictif mais, selon l’auteur, à l’occasion des attentats du 13 novembre 2015. Il n’est donc pas aisé de dire à quel point ce roman est une anticipation. Dans ce contexte, la dernière chance pour la paix se joue à l’initiative des Russes et des Saoudiens : la conférence de Chisinau, Moldavie, doit déboucher sur un accord de cessez-le-feu entre les nationalistes et les islamistes.

Une étudiante en journalisme, Djamila Loufi, est approchée par les services secrets français afin de servir d’intermédiaire entre les deux factions ennemies. Le choix n’est pas fait par hasard : Djamila, qui jusque-là se croyait née de père inconnu à la suite du viol de sa mère, apprend qu’elle est la fille de François Bavay, le chef de l’Armée secrète. Elle ne dispose pas d’ailleurs d’une grande marge de manœuvre : si elle ne coopère pas, sa meilleure amie Pauline, qui a été kidnappée, mourra.

Kidnappée par qui ? Les Français ? Peut-être, mais c’est là une des ambiguïtés voulues du roman : on ne sait pas qui manipule qui, en définitive. Avant même son arrivée à Chisinau, Djamila est victime de tentatives de meurtre. Ou d’intimidations ? Le danger demeure omniprésent tandis que, sur fond de surveillance russe, Djamila, contre son gré, fait la navette entre François Bavay et El Idrissi, l’émir du Front des croyants.

Tout procède par écartèlements. Que ce soit à l’interne ou dans son rayonnement, la France n’est plus rien. Intra-muros, le pays est quotidiennement défiguré par des attentats commis par le Front des croyants et l’Armée secrète. Climat psychique sinistre que nous commençons à bien connaître : « La vie continue… était désormais le leitmotiv d’un peuple extraordinairement résilient. » « Les Français dominaient les tueurs en faisant comme s’ils n’existaient pas, comme s’il n’y avait pas plusieurs milliers de morts chaque année. Il n’existait pas d’alternative. Au début, on avait multiplié les commémorations et les meetings de protestations, avant de comprendre l’inanité de ces rassemblements. » Par le biais d’une comptabilité macabre, les deux adversaires ne peuvent paradoxalement s’entendre que sur la base d’un accord voyant la création de deux zones géographiques d’exclusion mutuelle, à l’intérieur de la France métropolitaine. Les critères d’appartenance à l’une ou l’autre zone sont d’ailleurs assez intéressants ; nous allons y venir.

Même si l’Etat tente de sauver la face, la France, dans ses rapports à l’extérieur, semble morte. Pourtant, et c’est un autre paradoxe, ce cadavre est l’objet de convoitises géopolitiques : autour de la conférence de Chisinau se tiennent, plus ou moins visibles, les Russes, les Saoudiens et les Américains. Christian de Moliner touche ici du doigt un très ancien et très sensible débat sur l’identité, pour ne pas dire le rôle providentiel de la France dans l’Histoire mondiale, rôle fait d’éminence et d’abaissement dans l’ordure. Que l’on s’attache à la prophétie de saint Rémi (le Grand Monarque) ou au débarquement des saintes Maries en Camargue (avec le Graal), ces traditions n’envisagent de toute façon la France que comme royaume.

Côté Front des croyants, il faut renoncer à la loi républicaine et se soumettre à la loi coranique (pléonasme). Sur un territoire en principe régi par la première, nous voyons là une extrapolation possible, dans ses conséquences extrêmes, de l’abandon de l’autorité, pour ne pas dire de la « trahison des clercs ». Cela dit, insistons quelque peu sur le discours tenu à ce sujet par le chef du Front, un homme austère répondant au nom d’El Idrissi : « Nous, les croyants, nous ne pouvons pas et ne souhaitons pas conquérir la France tout entière, et nous ne voulons pas la convertir à la foi du Prophète. » Le même déclare : « Les terroristes qui se réclament de l’islam ne m’obéissent pas. » S’agit-il là d’un discours hypocrite derrière lequel se retrancher en cas d’échec des négociations ?

El Idrissi, en tout cas, est d’apparence plus hiératique que Bavay. Son nom évoque le prophète Idris, équivalent musulman du prophète hébreu Hénoch et aussi, selon certaines traditions, d’Hermès Trismégiste. Il peut également faire penser à la figure du Mahdi, rédempteur eschatologique dont plusieurs personnes ont déjà revendiqué la fonction au cours des siècles. De nom d’état civil, point. Ce qui est ici bien souligné par l’auteur, c’est la différence entre le discours à prétentions traditionnelles avancé par El Idrissi et celui, d’aspect plus « profane » (ce qui ne veut pas dire illégitime), de Bavay. La Guerre de France oscille, de par ses protagonistes et ses péripéties, entre le roman apocalyptique et la tragédie grecque. Dans la perspective musulmane aussi, il est question de fin des temps et de dévoilement. El Idrissi serait donc une sorte d’hypostase, la manifestation dans l’Histoire de quelque chose de plus grand que le seul individu ayant revêtu sa fonction et avec lequel Djamila Loufi se retrouve en contact. Bavay, en comparaison, est plus « historicisé », il se réfère moins à l’aspect providentiel des événements et se tourne davantage vers l’influence civilisatrice, pourrait-on dire « horizontale », qui a été celle de la France. Cela dit, la figure d’El Idrissi demeure ambivalente dans la mesure où il ne détient peut-être pas entièrement le contrôle du mouvement qu’il prétend diriger ; d’autres personnes se tiennent peut-être derrière lui, dans l’ombre ; des factions dissidentes du Front des croyants entendent peut-être faire valoir leurs propres revendications. En cela, El Idrissi aurait un point commun (en dehors de leur point de vue concordant sur la fin désormais consommée de l’Etat de droit en France) avec Bavay qui, lui-même, a maille à partir avec des éléments de son propre camp refusant la moindre compromission avec le Front.

Reste le « cas » Djamila Loufi. Ici revient avec force l’aspect plus spécialement tragique du roman, dans ce personnage qui éprouve les pires difficultés à se positionner idéologiquement d’une part et à traiter la vérité irréfutable de sa double origine : elle est bel et bien la fille de Bavay. La petite histoire vient se mêler à la grande, mais les souffrances, de part et d’autre, sont terribles. C’est précisément parce qu’elle est la fille de Bavay qu’elle peut approcher celui-ci dans le jeu dangereux des négociations avec le Front des croyants. Malgré cela, et autant le dire de manière brutale, Djamila Loufi peut donner l’impression d’être une impulsive petite dinde survitaminée à la bien-pensance. Son père lui détaille sa vision pour la France : « Ma zone sera basée sur la religion et la culture, et non sur la race. Un pur aryen converti à l’islam ne pourra pas y habiter, mais un Arabe qui a rompu avec la foi de ses ancêtres sera le bienvenu, s’il respecte nos valeurs. » Pour autant, tout ce que sa fille trouve à lui répondre est un discours préfabriqué : « votre racisme est odieux », « préjugés tenaces, idée haineuses et arguments nauséeux ». N’est-elle rien d’autre qu’une excroissance docile de son alma mater ? Christian de Moliner présente en effet Sciences-Po comme une université pratiquant l’auto-censure et dans laquelle les étudiants n’abordent que des thèmes jugés neutres. Lui-même est-il en phase avec le personnage de Djamila Loufi ou a-t-il sciemment élaboré une caricature ? Dans une de ses rares notes de bas de page, il propose la définition suivante du terme « remigration » : « La remigration est une théorie raciste qui propose d’expulser les musulmans hors de France et d’imposer une immigration à l’envers vers les pays du Maghreb. » Ce n’est pas tout à fait ce que dit François Bavay, c’est même en définitive (outre la réaction de Djamila) plus proche du discours d’El Idrissi : « La  »remigration »est une illusion et une chimère. » On peut en conclure que La Guerre de France ne fera pas l’unanimité chez les réactionnaires.

Il n’en demeure pas moins que ce roman est un prudent exercice de futurologie, prudent et pessimiste malgré la toile de fond des négociations visant un accord durable entre les groupes en présence. Comme le dernier roman de Jean-Louis Costes, La dernière croisade, qui est une autre spéculation sur l’avenir proche (quoique proposée dans une perspective très différente), La Guerre de France (publié chez Pierre-Guillaume de Roux) narre des événements très ponctuels dans le temps et l’espace et dont les conséquences n’auront de cesse de se déployer à grande échelle. Le pessimisme qu’on y inhale à grandes goulées vient de l’écart minimal entre le futur imaginé et notre actualité. On n’y trouvera donc pas les allégories et ironies propres à une certaine science-fiction, mais une ambiance oppressante bien restituée, même s’il n’est pas demandé d’avoir de l’empathie pour la protagoniste.